‹ Traité de chimie biologiqueChapitre 50 sur 570 · I. Pflüger's Archiv, t. XI. p · texte numérisé non relu

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même plasma exigerait au moins une heure. Certains liquides séreux ne se coagulent pas spontanément, bien qu’ils renferment les deux générateurs de la fibrine : la coagulation a lieu immédiatement par l’addition d’une certaine quantité de ferment. Celui-ci ne paraît pas être entraîné par la fibrine, car le liquide, séparé ducoagulum, peut servir à coaguler une nouvelle portion d’un liquide séreux coagulable. La température la plus favorable à l’activité du ferment de la fibrine est celle du corps humain. Ces faits sont dignes d’attention, mais auraient besoin d’être confirmés.

MYOSINE.

§ 30. M. Kuhne1 a désigné sous ce nom la matière albuminoïde qui est contenue, à l’état de dissolution, dans le sarcolemme et qui possède la propriété de se coaguler spontanément après la mort, produisant ainsi le phénomène de la rigidité cadavérique. Le liquide spontanément coagulable contenu dans le sarcolemme est le plasma musculaire. En traitant des muscles, nous décrirons, d’après M. Kuhne, un procédé propre à l’obtenir. Le coagulum qui s’y forme spontanément, ou mieux par l’addition d’eau froide, est la myosine. Ce corps possède, comme la para globuline et le fibrinogène, la propriété de se dissoudre dans les solutions moyennement étendues de chlorure de sodium (10 pour 100) et de s’en précipiter par la saturation, au moyen du sel marin et aussi par l’addition d’une grande quantité d’eau. Le procédé de préparation de la myosine est fondé sur ces propriétés.

Préparation. — On épuise avec l’eau froide de la chair musculaire préalablement hachée aussi finement que possible. On broie le tout avec une solution de sel marin formée de 1 volume de solution saturée et de 2 volumes d’eau, et l’on ajoute assez de liquide pour former une bouillie claire. On peut aussi broyer les muscles, divisés et décolorés par macération dans l’eau, avec du sel marin en poudre, et ajouter une quantité d’eau suffisante pour obtenir une solution à 10 pour 100 de chlorure sodique. Après une digestion de quelques heures à froid, on

L Lehrbuch der Physiologischen Chemie. Leipzig, 1808, p. 274.

VITELLINE.

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jette le tout sur un filtre et l’on introduit dans la liqueur filtrée quelques fragments de sel gemme pur. Celui-ci se dissout lentement et la myosine se précipite en flocons. On recueille le dépôt sur un filtre et, pour le débarrasser du sel marin qui l’imprègne, on le dissout dans une petite quantité d’eau pure (il y est soluble à la faveur du chlorure de sodium) et on précipite la solution par une grande quantité d’eau. La myosine se sépare en flocons mucilagineux qui se rassemblent difficilement sur le filtre L

Propriétés. — Encore hurqide, la myosine se dissout aisément dans les solutions salines, surtout dans la solution de chlorure de sodium à 10 pour 100, d’où elle est précipitée par l’addition du sel solide. La dessiccation dans le vide lui fait perdre sa solubilité dans les solutions de sel marin.

La myosine humide décompose le peroxyde d’hydrogène, comme le fait la fibrine.

L’acide chlorhydrique très étendu dissout la myosine d’abord sans altération, mais en la transformant bientôt en syntonine. Celle-ci ne se dissout pas dans la solution de sel marin.

Les solutions de myosine dans l’acide chlorhydrique trèsfaible ou dans le sel marin se coagulent de 55 à 60°. Il se précipite une matière semblable à l’albumine coagulée, insoluble dans la solution de sel marin à 10 pour 100 et qui se gonfle à peine dans l’acide chlorhydrique au millième. L’alcool coagule pareillement la solution de myosine. Un contact longtemps prolongé avec l’eau fait perdre à cette substance la propriété de se dissoudre dans la solution étendue de chlorure de sodium.

Les alcalis très dilués dissolvent la myosine d'abord sans altération, mais en la transformant au bout de quelque temps en albuminose.

VITE LLl NE.

S 31. MM. Dumas etCahours1 2 ont nommé ainsi une matière albuminoïde qu’on rencontre dans le jaune d’œuf et qui est très voisine, identique peut-être, avec la globuline du

1. Hoppe-Seyler, Physiologisch-Pathologische Analyse. Berlin, 1875, p.23ü.

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