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Maly’s Jahresbericht , 1870, p

WÜRTZ BIOL. &

11i MATIÈRES ALBUMINOÏDES ET CONGÉNÈRES.

SYNTONINES.

§ 34. Nous comprendrons dans ce groupe trois corps voisins de la caséine, et qui ont été souvent confondus soit entre eux, soit avec la caséine. Les corps dont il s’agit sont : 1° la matière albuminoïde, qui résulte de l’action des alcalis sur l’albumine et ses congénères. M. Hoppe-Seyler désigne cette matière sous le nom impropre d 'albuminate, qui impliquerait l’idée d’une combinaison d’albumine avec une base. Ne voulant pas introduire un nouveau mot dans une nomenclature déjà si embarrassée, nous désignerons ce corps sous le nom à’ albuminose, 2° La matière albuminoïde, qui résulte de l’action des acides sur la myosine, et qu’on a nommée synlonine. 3° La matière qui résulte de l'action des acides sur l’albumine et sur d’autres matières albuminoïdes, et qu’on désigne sous le nom d 'aciclalbumine. Cette dernière matière paraît identique avec la synlonine, et, selon une opinion qui sera exposée plus loin, il n’est pas impossible que les trois corps dont il s’agit ici -soient identiques. En tout cas, ils sont très voisins l’un de l’autre.

ALBUMINOSE.

§ 35. C’est la substance qui résulte de l’action des alcalis concentrés sur toutes les substances albuminoïdes, et que Mulder avait nommée protéine1.

Pour préparer la combinaison potassique de l’albuminose, c’est-à-dire le corps qu’on nomme communément « albuminate de potasse », M. Lieberkühn conseille d’opérer de la manière suivante : on bat du blanc d’œuf avec son égal volume d’eau, 011 passe à travers un linge fin, et l'on réduit le liquide filtré à la

1. M. Bouchardat avait nomme albuminose le produit de la dissolution de la fibrine dans l’acide chlorhydrique très étendu. Ce corps est généralement désigné aujourd’hui sous le nom de syntonine ; la dénomination «albuminose », d’ailleurs bonne, étant donc disponible en quelque sorte, nous proposons de l’appliquer au produit de l’action des alcalis sur les matières albuminoïdes, produit que nous avons longtemps désigné dans nos leçons sous le nom d 'albuminéine, et que les chimistes allemands nomment improprement « protéine » ou « albuminate ».

ALBUM INOSË.

moitié de son volume, par l’évaporation à 40°. Après le refroidissement, on y ajoute, goutte à goutte, de la potasse très concentrée, en agitant continuellement, jusqu’à ce que le tout se soit pris en une gelée ferme et transparente. Celle-ci étant coupée en petits morceaux, le tout est jeté dans une grande quantité d’eau distillée. Après avoir agité pendant quelques instants, on passe le liquide à travers un linge, qui retient les fragments. On renouvelle ce lavage aussi longtemps que l’eau prend une réaction alcaline. M. Lieberkühn recommande d’opérer, autant que possible, à l’abri du contact de l’air et de se servir d’eau bouillie. L’eau enlève l’excès de potasse, qui se diffuse plus vite que l’albuminosate ne se dissout; ce dernier est d’ailleurs soluble dans l’eau et dans l’alcool et doit se dissoudre dans ces liquides bouillants en formant des solutions claires. Lorsqu’on ajoute avec précaution de l’acide acétique à ces solutions, l’albuminose se précipite sous forme de flocons, qui s’agrègent en masses fibreuses ou en pellicules.

Par l’action de la potasse sur d’autres matières albuminoïdes, on peut obtenir des corps possédant une composition et des propriétés analogues à celle de l’albuminose provenant de l’albumine. Toutefois, on ne peut affirmer que toutes ces substances soient absolument identiques entre elles. Quoi qu’il en soit, on peut préparer facilement l’albuminose avec le lait, en agitant ce liquide d’abord avec une solution concentrée de soude caustique, et puis avec de l’éther. La liqueur éthérée étant décantée, on précipite le liquide alcalin par l’acide acétique, on recueille le précipité, et on l’épuise par l’eau, l’alcool et l’éther.

Propriétés. — L’albuminose ainsi préparée se présente, à l’état sec, sous forme d’une masse transparente, jaunâtre, qui se gonfle dans l’eau sans s’y dissoudre. Sèche, elle se dissout lentement dans l’acide acétique et dans la potasse. La solution potassique donne une gelée par l’évaporation. Récemment précipitée, elle se dissout facilement dans l’acide chlorhydrique très faible, moins facilement dans les acides acétique et lactique. Elle est aussi très soluble dans l’eau renfermant une petite quantité d'alcali ou de carbonate alcalin. Cette solution renferme l’albuminate de potasse de M. Lieberkühn : elle présente la plupart des réactions de la caséine.

La combinaison d’albuminose et cle potasse possède, d’après M. Lieberkühn, la composition 2KOH, C72 H112 Az18 O22 S.

Après dessiccation, elle constitue une poudre blanche, qui n’est plus soluble dans l’alcool et dans l’eau. La solution aqueuse neutre est précipitée à froid par l’alcool , mais le précipité se dissout, partiellement du moins, dans l’alcool bouillant.

La solution alcoolique donne, avec les sels de baryte, un précipité qui renferme Ba (O H)2, C72 H112 Az18 O22 S.

La solution aqueuse d’albuminosate barytique ou potassique (albuminate de Lieberkühn) donne des précipités avec les sels métalliques, tels que ceux de zinc, de cuivre, de plomb, d’argent. L’acide acétique précipite Palbuminose de la solution potassique. Un courant d’acide carbonique la précipite de même (Lieberkühn), lorsqu’elle ne renferme pas un excès d’alcali. La présence du phosphate de soude empêche la précipitation par l’acide acétique*.

Lorsqu’on ajoute du sulfate de magnésie à une solution neutre d’albuminose ou de caséine, dans un alcali, ces corps se précipitent en flocons, à mesure que le sulfate de magnésie se dissout; le précipité se dissout aisément dans l’eau pure. Le chlorure de calcium se comporte comme le sulfate de magnésie.

L’albuminose, en solution dans une liqueur alcaline, possède un pouvoir rotatoire plus considérable que les autres matières albuminoïdes, à l’exception de la caséine. M. Hoppe- Seyler a observé les pouvoirs rotatoires suivants, pour les solutions de sérine, d’albumine du blanc d’œuf et d’albumine coagulée dans la potasse très concentrée :

Solutions alcalines d’albuminose provenant de

la sérine — 8G°

l’albumine du blanc d’œuf.. — 47° — coagulée — 58°, 8

SYNTONINE.

§ 36. Liebig a nommé ainsi une substance qu’on peut extraire de la chair musculaire par l’acide chlorhydrique étendu. D’après M. Kühne1, cette substance n’existerait pas toute formée dans les muscles, mais résulterait de l’action de l’acide sur la myosine. Elle se forme aussi par l’action de l’acide chlorhydrique faible

L Lelirbuch der Physiolocjischen Chemie. Leipzig, 18G8, p. 274.

sur la vitelline et sur les substances fibrinogènes. On admet, d’un autre côté, l’identité de la syntonine avec le corps qui se forme par l’action de l’acide chlorhydrique fumant sur certaines matières albuminoïdes. Lorsqu’on étend avec de l’eau et qu’on neutralise la liqueur bleue obtenue par digestion de la fibrine avec l’acide chlorhydrique fumant (page 54), il se précipite une matière qui possède les propriétés de la syntonine musculaire, et qui se rapproche beaucoup de l’acidalbumine (page 83), ou même qui se confond avec elle. Ajoutons que le contenu de l’estomac renferme la même substance, qui est, en effet, le premier produit de la digestion des matières albumioïdes. M. Meissner l’avait nommée parapeptone.

Préparation. — Pour retirer la syntonine des muscles, on hache ceux-ci, on les lave à l’eau, et on les fait digérer avec de l’acide chlorhydrique faible. 11 convient d’employer une liqueur acide formée de 4 cent, cubes d’acide chlorhydrique et de 1 litre d’eau. On laisse reposer le tout pendant quelques heures, en agitant fréquemment, puis on filtre; on étend la liqueur filtrée avec de l’eau, et on la neutralise exactement par le carbonate de soude; il se forme un précipité floconneux et gélatineux, qu’on recueille sur un filtre et qu’on lave à l’eau.

Pour extraire la syntonine de la solution bleue de fibrine dans l’acide chlorhydrique concentré, on étend cette solution avec deux fois son volume d’eau. 11 se forme un précipité qui est une combinaison de syntonine et d’acide chlorhydrique. On le dissout dans l’eau pure, et l’on neutralise exactement la solution. La syntonine se précipite en flocons gélatineux.

L’albumine du blanc d’œuf se dissout plus difficilement dans l’acide chlorhydrique que la fibrine et la sérine, et ce n’est qu au bout d’un ou de deux jours que la solution renferme de la syntonine précipitable par l’eau.

Composition. — La syntonine retirée des muscles présente la composition suivante :

Carbone 54^

Hydrogène 7,2

Azote 16,1

Owne 21,5

Soufre ] i

Propriétés. — Récemment préparée et encore humide, elle constitue une masse blanche gélatineuse, qui devient bientôt assez ferme pour se détacher facilement des filtres en lames foliacées ou en pellicules. Elle est insoluble dans l’eau, dans la solution de chlorure de sodium et dans celle de nitrate de potassium. Arrosée avec de l’acide acétique concentré, elle se transforme en une gelée trouble qui se dissout incomplètement dans l’eau. La syntonine encore humide se dissout très facilement dans l’acide chlorhydrique au millième, et dans les solutions très étendues des alcalis et des carbonates alcalins. Préalablement bouillie avec de l’eau, elle devient insoluble dans l’acide chlorhydrique au millième. Épuisée par l’alcool et l’éther, puis séchée, elle s’y dissout difficilement. Par l’addition de chlorure de sodium solide à la solution chlorhydrique, la syntonine se précipite, en combinaison avec l’acide chlorhydrique. Elle se précipite de la même solution, lorsqu’on y ajoute de l’acétate et du phosphate de soude, par la raison qu’elle est moins soluble dans les acides acétique ou phosphorique que dans l’acide chlorhydrique.

La syntonine se dissout facilement dans l’eau de chaux, et cette solution est coagulée partiellement par l’ébullition. Lorsqu’on neutralise exactement la solution de syntonine dans les solutions alcalines très étendues, il se forme un précipité, même en présence du phosphate sodique, caractère qui distingue la syntonine de l’albuminose. La solution de syntonine dans la soude très étendue est précipitée par le sulfate de magnésie, mais seulement par l’ébullition.

La solution de syntonine dans l’acide chlorhydrique très étendu est douée du pouvoir rotatoire. Pour la lumière jaune, le pouvoir rotatoire spécifique est de [a]i = — 72°. 11 est sensiblement le même dans une solution légèrement alcaline de syntonine. 11 s’élève à — 84°, 8, lorsqu’on chauffe la solution acide en vase clos, au bain-marie.

Au reste, il n’est point démontré que les syntonines formées par l’action de l’acide chlorhydrique étendu ou concentré sur les diverses matières albuminoïdes soient identiques entre elles. Le pouvoir rotatoire de ces matières varie entre — 70° et — 74°, suivant leur origine.

ACID ALBUMINE.

ACID ALBUMINE.

§ 37. Nous avons mentionné ce corps (page 83) comme résultant de l’action de l’acide acétique sur des solutions d’albumine additionnées de divers sels, tels que le chlorure et le phosphate de sodium. Il semble donc se former par l’action des acides sur l’albumine (Panum, J.-C. Lehmann). Par ses propriétés, il se rapproche de la syntonine. M. Eichwald a obtenu un corps analogue en délayant la mucine dans l’acide acétique, et en faisant bouillir jusqu’à dissolution; la liqueur filtrée, neutralisée par l’ammoniaque, donne un précipité d’acidalbumine. On le lave avec une solution d’acétate d’ammoniaque, puis avec de l’alcool.

L’acidalbumine se dissout dans les acides minéraux et organiques étendus, ainsi que dans les alcalis. Beaucoup de chimistes admettent qu’elle est soluble dans l’eau, mais cela n’est pas démontré (voir plus loin). Elle se dissout dans les acides concentrés et dans l’alcool. Les solutions des sels neutres, tels que le chlorure de sodium, précipitent la solution acétique d’acidalbumine. Cette solution n’est pas coagulée par l’ébullition, mais elle est précipitée par l’acide galliqueet parles sels métalliques. Nous avons mentionné plus haut les combinaisons d’albumine avec différents acides qui ont été obtenus par M. Johnson (page 84). Ces combinaisons renferment de l’acidalbumine ou de la syntonine.

D’après des recherches récentes de M. J. Sovka1, l’acidalbumine serait identique avec le corps qui résulte de l’action des alcalis sur l’albumine et. que nous avons désigné sous le nom d’albuminose. M. Soyka prépare l’acidalbumine en faisant digérer au bain-marie du blanc d’œuf avec de l’eau renfermant 0.1 pour 100 d’acide chlorhydrique, et neutralisant exactement la solution. Il se forme un précipité, lequel, convenablement lavé à l'eau, présente toutes les propriétés de 1 albuminose. Il est insoluble dans l’eau pure, et se dissout dans des solutions très faibles de carbonate de sodium. La

J . Pflüger's Archiv fur Physiologie, t. XII, p. 347.

solution alcaline est précipitée par les acides; mais, lorsqu’elle renferme du phosphate de sodium neutre, la précipitation n’a lieu que lorsque les 9/10 de ce phosphate sont convertis en phosphate acide. Ce sont là exactement, d’après M. Soyka, les caractères des solutions d’albuminose (albuminate de Lieberkühn). Au surplus, le pouvoir rotatoire des solutions d’acidalbumine et d’albuminose est sensiblement le même, [a] D = — 63,12 pour la solution d’acidalbumine, et [a]D = — 62,20 pour la solution d’albuminose (albuminate de Lieberkühn)1.

SUBSTANCE AMYLOÏDE.

§ 38. La substance amyloïde, ainsi nommée par M. Virchow, est un produit qui se dépose dans divers organes, sous forme de granulations fines, à couches concentriques ou de corpuscules transparents. On l’a rencontrée dans la substance nerveuse, surtout à la périphérie, dans la pie-mère, dans la prostate. Elle se dépose aussi, sous forme d’infiltration vitreuse, dans les organes les plus divers, tels que le foie, la rate, les reins, lorsqu’ils sont atteints de dégénération cireuse.

Pour préparer la substance amyloïde, qui n’a été étudiée qu’incomplètement, on emploie avec avantage le foie ou la rate atteints de dégénération cireuse. On divise ces organes, en éloignant avec soin les vaisseaux et les conduits biliaires, puis, après les avoir épuisés par l’eau froide, on les fait bouillir pendant quelque temps avec de l’eau, pour dissoudre le tissu cellulaire. On épuise ensuite le résidu avec l’alcool et l’éther bouillants, qui enlèvent la matière grasse et la cholestérine. Ce qui reste, après ce traitement, est un mélange de substance amyloïde, de libres élastiques et de membranes cellulaires. On le fait bouillir avec de l’alcool aiguisé d’acide chlorhydrique et on le fait digérer avec du suc gastrique, à à0(' (Kïihne). Cet agent n’attaque pas la substance amyloïde, qui forme le résidu de ces diverses opérations. On voit qu’il n’est pas facile d’obtenir ce corps en quantité un peu notable, et à l’état de pureté.

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