Maly's Jahresbericht, 187i, p. 12G
GÉLATINE
venant des tanneries, des mégisseries, clés parchemineries. On commence par plonger les colles-matières dans un lait de chaux vive, au contact duquel on les laisse pendant deux ou trois semaines, dans le but de les débarrasser du sang, des poils, de la graisse. Elles sont ensuite lavées, exposées à l’air pendant quelque temps, puis portées dans des chaudières d’extraction en cuivre et à double fond, où on les fait bouillir avec de l’eau, jusqu’à ce qu’une petite portion du liquide se prenne en gelée par le refroidissement.
On arrête alors la cuite, et, après avoir laissé reposer pendant une demi-heure, on fait écouler doucement le liquide par un robinet placé entre le fond et le faux-fond, dans une chaudière de clarification placée au-dessous de la chaudière d’extraction. Là, après avoir couvert la chaudière, on laisse reposer pendant quatre à cinq heures, puis on reçoit le liquide clair dans des moules où il se prend, au bout de quinze à dixhuit heures, en une masse gélatineuse. Les plaques de colle détachées du moule sont ensuite disposées sur des filets de chanvre supportés par des châssis. Ces derniers sont exposés en plein air ou superposés dans un séchoir, jusqu’à dessiccation de la gélatine.
La quantité d’eau ajoutée aux colles-matières pour la première cuite étant insuffisante pour dissoudre le tout, on ajoute une nouvelle quantité d’eau après le premier soutirage et l’on recommence la cuite. Après le second, on épuise les matières par une dernière addition d’eau. L’opération est donc fractionnée, le premier soutirage fournissant la colle la plus estimée, qui est la colle de Flandre ou de Hollande.
On réserve spécialement le nom de gélatine à la colle qu’on extrait des os des grands animaux domestiques, soit en épuisant préalablement ces os à l’aide de l’acide chlorhydrique et en soumettant le résidu cartilagineux à la cuite, soit en faisant digérer les os concassés dans des autoclaves, avec de l’eau chauffée de 120° à 130° (D’Arcet).
Composition. — On admet généralement que la gélatine possède la même composition que les substances collagènes. Cela semble résulter des analyses suivantes dues à Mulder 1 :
\. Pogg. Ann., t. XLV, p. 281.
Gélatine de la Gélatine de la corne de cerf. colle de poisson.
Carbone 49,4 50,4
Hydrogène G, 6 6, G
Azote 18,4 18,3
Il est vrai que ces nombres se rapprochent beaucoup de ceux qu’ont donnés les analyses des substances collagènes (page 123). Mais il est à remarquer qu’il serait difficile de constater, par des dosages, un commencement d’hydratation, qui paraît d’ailleurs très probable, à en juger par l'analyse d’une gélatine modifiée par une longue ébullition avec l’eau, analyse publiée par M. de Goudœver1:
Carbone 48,9
Hydrogène G, 5
Azote 17,4
Ajoutons qu’on a trouvé dans la gélatine 0,14 p. 100 de soufre, et que cette substance laisse toujours à l’incinération, surtout lorsqu’elle provient des os, une certaine proportion de phosphate de chaux.
Propriétés. — La gélatine est insoluble dans l’eau froide, dans laquelle elle ne fait que se gonfler, et dont elle peut absorber jusqu’à quarante fois son poids. Elle se dissout dans l’eau chaude, et ses solutions ont la propriété de se prendre en gelée par le refroidissement, lorsqu’elles renferment au moins 3 p. 100 de matière dissoute. La consistance de la gelée diffère suivant la proportion de gélatine dissoute et la qualité de la colle. La présence des acides et des alcalis empêche la prise ou la rend moins complète. Une ébullition prolongée avec de l’eau fait perdre à la solution de gélatine la propriété de se prendre en gelée, mais le résidu de l’évaporation acquiert au plus haut degré les propriétés adhésives qu’on recherche dans la colle forte. Chauffée à 140° dans la marmite de Papin, la solution de gélatine perd la propriété de se prendre en gelée, la matière dissoute ayant subi une transformation complète.
La solution, longtemps bouillie, peut être filtrée. Elle dévie fortement à gauche le plan de polarisation. Le pouvoir rotatoire