Plosz, ib., t. IV, p
7- Von Jaksch, P /luge r’ s Archiv fur Physiologie, t. XIII, p 469.
matique du saumon, de la carpe, du taureau1. Enfin M. Lubavin dit avoir obtenu le même corps en soumettant la caséine du lait à une longue digestion avec le ferment gastrique.
Il ne nous paraît pas probable que les substances plus ou moins pures isolées par les observateurs qu’on vient de citer aient constitué un seul et même produit. De fait, M. Miescher admet l’existence d’un groupe de substances voisines qu’il désigne sous le nom de nucléines. Il en serait donc de la nucléine comme de la lécithine. En tout cas, le corps primitivement retiré des globules du pus présentait une composition très différente de la substance extraite de la laitance du saumon. Nous allons décrire ces divers corps.
Nucléine clés globules du pus. — Pour isoler les noyaux des globules du pus, on commence par épuiser le pus trois à quatre fois avec de l’alcool chaud pour enlever les lécithines, puis on fait digérer le résidu à une température de 34 à 45°, avec un extrait des glandes pepsinifères du porc2. Au bout de 18 à 24 heures, il se rassemble au fond du vase un sédiment qui est formé parles noyaux entièrement débarrassés de peptone. On épuise ce sédiment grisâtre à plusieurs reprises avec de l’alcool, puis on le traite par une solution étendue de carbonate de soude qui le dissout partiellement. La solution jaune donne, par l’acide chlorhydrique, un précipité qui renferme 13,47 p. 100 d’azote et que M. Miescher désigne sous le nom de nucléine soluble. Le résidu insoluble constitue la nucléine : ce sont les noyaux purifiés. Ils se dissolvent dans les alcalis caustiques ; les acides précipitent de la solution une substance qui se dissout maintenant dans une liqueur étendue de carbonate de soude. Les noyaux purifiés se dissolvent de même, mais non pas instantanément, dans l’acide chlorhydrique concentré, et la solution récemment préparée est abondamment précipitée par l’eau.
La nucléine, ainsi purifiée, renferme d’après M. Miescher :
Azote 14,00 13,99 13,87 p. 100
Soufre 2,00 1,77 p. 100.
1. Miescher, Verhandlungen der naturforschenden Gesellschaft in Basel , t. I, p. 138, 1874.
2. Pour préparer cet extrait, on fait digérer un estomac de porc bien lavé avec de 1 eau renfermant 1/100 d’acide chlorhydrique.
NUCLÉINE.
et donne :
Acide phosphorique. 5,70 5,96 p. 100.
Elle est donc riche en soufre et surtout en phosphore. Ce dernier n’y est pas contenu sous forme d’un phosphate : il y est uni, d’après M. Miescher, aux autres éléments organiques.
M. Hoppe-Seyler a extrait la nucléine du pus à l’aide du procédé suivant :
Après avoir isolé les globules du pus en traitant ce dernier par une solution de sulfate de soude, il les lave avec de l’acide chlorhydrique très étendu et avec beaucoup d’eau, puis il les dissout dans une solution alcaline et précipite la nucléine par l’acide chlorhydrique. Le produit, lavé à l’eau et à 1 alcool, a été analysé. Il contenait :
Carbone 48,58
Hydrogène "MO
Azote 15,02
Phosphore 2,25
Cette proportion de phosphose correspond à 5, 15, p. 100 d’acide phosphorique.
La nucléine, ainsi préparée, contenait sans doute une petite quantité de manière albuminoïde ; mais les chiffres obtenus par l’analyse font voir qu’il s’agit ici d’une matière azotée particulière, riche en phosphore.
M. Hoppe-Seyler a obtenu le même corps phosphoré en traitant le pus par le sulfate de soude, qui isole les globules, lavant le dépôt d’abord avec de l’acide chlorhydrique très étendu, puis avec beaucoup d’eau ; l’ayant dissous ensuite dans une solution alcaline, il a précipité la nucléine par l’acide chlorhydrique. Le produit, lavé à l’eau et à l’alcool, a été analysé. Il renfermait 2.25 p. 100 de phosphore, proportion qui correspond à 5.75 p. 100 d’acide phosphorique. Mais, d’après l’analyse même (G.49,58 — 11.7, 10 — Az. 15,02), le corps ainsi obtenu sans le secours du liquide digestif n’était pas exempt de matières albuminoïdes.
Nucléine du liquide spermatique. — D’après M. Miescher, qui a publié un travail étendu sur la laitance du saumon, ce liquide renfermerait un corps azoté riche en phosphore et jouant le rôle d’acide, la nucléine; celle-ci y existerait à l’état de combi-
liaison avec une base organique qu’il désigne sous le nom de protamine et qu’il ne paraît pas avoir obtenue à l’état de pureté. Le liquide spermatique renfermerait donc de la nuclèine-protamine .
Pour isoler la nucléine, M. Miescher recommande le procédé suivant :
Environ 25 grammes de laitance, préalablement épuisée par l’alcool, sont traités par l’acide chlorhydrique à 1 p. 100, qu’on rénouvelle jusqu’à ce que le ferrocyanure ne trouble plus les extraits. 11 faut éviter de mettre la masse en contact avec de l’eau pure, qui la gonflerait. Le résidu insoluble est broyé avec de l’eau renfermant 0,5 p. 100 d’acide chlorhydrique, et le tout est additionné, après décantation, de soude caustique, en excès sensible. Après une digestion de quelques minutes à froid, le liquide est distribué sur plusieurs filtres en papier grossier, et les solutions claires sont immédiatement additionnées de la moitié de leur volume d’alcool, puis d’acide chlorhydrique. Il se forme un précipité incolore et floconneux de nucléine, qu’on recueille et qu’on fait digérer pendant quelques jours avec de l’alcool absolu qui le rend insoluble. On lave ensuite ce précipité à l’eau distillée pour enlever les sels, et on épuise par l’alcool et l’éther. Le corps ainsi obtenu a donné à l’analyse des nombres1 qui s’écartent sensiblement de ceux qui ont été indiqués plus haut et que l’auteur représente par la formule C29 H49 Az9 Ph3 022.
Propriétés de la nucléine. — Fraîchement précipitée, elle est incolore, amorphe, un peu soluble dans l’eau. La solution est troublée par les acides. La nucléine se dissout facilement dans les alcalis, dans l’ammoniaque, dans le phosphate neutre de sodium. Elle possède une réaction franchement acide et paraît capable de neutraliser les alcalis. Elle se dissout dans l’acide chlorhydrique concentré, en s’y modifiant, car, au bout de quelques minutes, l’eau ne précipite plus la solution. La nucléine se dissout dans l’acide nitrique concentré sans donner, comme les matières albuminoïdes, une solution jaune.
L G. 30, M. — H. 5,15. — Az. 13,09. — Ph. 9,59. — O. 30,00. La formule C29 II *9 Az01 Pli3 O22 n’est pas admissible, Az9 et Ph® ne pouvant pas être associés à un nombre impair d’atomes d’hydrogène.
CHITINE.
Les solutions neutres de nucléine additionnées de Z* 0 p. 100 d’alcool donnent, avec les chlorures de baryum, de calcium, de magnésium, des précipités qui sont des combinaisons de nucléine avec les bases terreuses. Les mêmes solutions sont précipitées par le sulfate cuivrique, le chlorure de zinc, le nitrate d’argent.
Une solution de nucléine dans l’ammoniaque forme, dans la solution d’un sel de prolamine1, un précipité dense pulvérulent, insoluble dans l’eau et dans l’ammoniaque, soluble dans les alcalis fixes. Au microscope, ce précipité apparaît sous forme de masses sphériques, fortement réfringentes, et offrant, d’après M. Miescher, une grande ressemblance avec certains éléments figurés, tels que les noyaux des cellules. Par ses propriétés, cette combinaison de nucléine et de protamine se rapprocherait beaucoup de la substance qui forme l’enveloppe des spermatozoaires. Elle se gonfle dans une solution de sel marin en formant une gelée mucilagineuse.
Telles sont les principales propriétés que M. Miescher attribue à la nucléine provenant de la liqueur spermatique. Ce corps ne lui paraît pas constituer une espèce unique; en raison de la nature polybasique de la nucléine, il pourrait exister diverses combinaisons, entre cette substance et la protamine, les alcalis, les bases alcalines. Ces données nous paraissent un peu vagues au point de vue chimique et semblent exiger de nouvelles recherches.
CHITINE.
§ 52. Cette substance constitue la partie organique de la caîapace et de certains tissus des animaux articulés. On ne l’a pas encore rencontrée chez les vertébrés. Elle possède une stabilité remarquable et résiste à l’action de tous les dissolvants, à l’exception des acides concentrés. Pour la préparer, on fait bouillir pendant longtemps, avec une lessive de soude, les
1. M. Miescher attribue à cette base la formule C9lI2 * * *iAz«03. Elle donne
un chlorhydrate cristallisable et un chloroplatinate insoluble. Pour l’ex-
traire de la laitance de saumon, on épuise ce produit, préalablement dé-
barrassé de matière grasse, par l’acide chlorhydrique très étendu et l’on
ajoute du chlorure du platine à la solution.
/j 44 MATIÈRES ALBUMINOÏDES ET CONGÉNÈRES.
hannetons découpés ou les carapaces d’écrevisses préalablement épuisées par l’acide chlorhydrique faible. Le résidu décoloré est bien lavé à l’eau, traité par le permanganate de potassium et épuisé successivement par les acides étendus, l’alcool,
et l’éther.
Ainsi préparée, la chitine constitue une masse cornée, transparente, insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, les lessives alcalines, peu attaquable par les acides étendus. La chitine des carapaces de crabes, soumise à une longue ébullition avec l’acide sulfurique étendu, est à peine attaquée à la surface ; le liquide acide ne renferme ni lcucine ni tyrosine, mais un sucre amorphe et fermentescible1. Les acides chlorhydrique, azotique, sulfurique concentrés dissolvent la chitine. La solution sulfurique étant versée dans 100 fois son poids d’eau bouillante, et la liqueur étant soumise à l’ébullition pendant une heure, on peut y constater la présence d’une matière sucrée 2.
La composition de la chitine est indiquée par les analyses suivantes :