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ASSIMILATION DE L’HYDROGÈNE

§ 3. L’hydrogène que les végétaux fixent en même temps que le carbone provient évidemment de l’eau qu’ils absorbent et qu’ils décomposent. Nous avons déjà admis plus haut cette intervention et cette décomposition de l'eau, mais il convient d’entrer dans quelques développements à ce sujet.

Th. de Saussure avait nié la décomposition de l’eau. Il admettait que ses éléments s’ajoutent intégralement au carbone provenant de la réduction de l’acide carbonique. Les expériences de M. Boussingault, que nous avons mentionnées plus haut (p. 10), ne semblent point confirmer cette opinion, ou montrent, tout au moins, qu’elle est trop exclusive. La décomposition de l’eau est prouvée par ce fait que le volume de l’oxygène dégagé est quelquefois supérieur à celui de l’acide carbonique absorbé. En second lieu, des analyses exactes ont établi que des végétaux cultivés dans le sable exempt de matières organiques, renfer-

PAR LE RÈGNE VÉGÉTAL

ment une proportion d’hydrogène supérieure à celle qui existe dans l’eau. Cet excès d’hydrogène, ne pouvant provenir de matières organiques toutes formées et absorbées par les racines, était évidemment le résultat de la décomposition de l'eau.

Cela étant admis, revenons à la formation de ces hydrates de carbone, si abondamment répandus dans les organes des végétaux, sous forme de cellulose, d’amidon, de gomme, de sucre, etc. Th. de Saussure admettait qu’ils résultent de la fixation des éléments de l’eau sur le charbon provenant de la réduction de l’acide carbonique. D’après ce qui précède, une autre hypothèse se présente et semble plus légitime.

Les corps dont il s’agit peuvent prendre naissance par la réduction simultanée de l’acide carbonique et de l’eau , sous l’influence de la radiation solaire. Supposons que la moitié de l’oxygène dégagé provienne de l’acide carbonique, l'autre moitié de l’eau, et que l’oxyde de carbone et l’hydrogène, formés à volumes égaux par suite de cette réduction, s’unissent à l’état naissant, il pourra se produire, comme nous l’avons vu plus haut, de l’aldéhyde formique ou un polymère de ce corps, tel que la glucose : l’oxygène dégagé aura précisément le volume de l’acide carbonique employé.

n C O2 -f- u H2 O = n C H2 O -f nO2

Aldéhyde formique ou polymère.

Diverses considérations viennent à l’appui de cette manière de voir. En premier lieu, on connaît d’autres exemples d'une réduction simultanée de deux composés oxygénés donnant naissance à une molécule d’oxygène libre OO.'ll en est ainsi dans la réduction réciproque de certains peroxydes (peroxyde d’hydrogone et oxyde d argent). En second lieu, la production d’aldéhyde formique, par l’union de l’oxyde de carbone et de l’hydrogène naissants, ne paraît pas improbable. Nous avons rappelé (page 11) avec quelle facilité l’oxyde de carbone s’unit directement au chloie. I) un autre côté, ne peut-on pas envisager la réaction de 1 oxyde de carbone sur la potasse, réaction qui a été découverte par M. Berthelot, et qui donne naissance à l’acide formique, comme une hydratation de l’oxyde de carbone? En s hydrogenant, celui-ci donnerait de l’aldéhyde formique, comme

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