SALI Y K
avec de l'alcool, on obtient un précipité de ptyaline qu’on purifie en le dissolvant à plusieurs reprises dans l’eau pure et en précipitant la solution par l’alcool absolu. On dessèche le précipité à une basse température.
Ainsi obtenue, la ptyaline est une matière amorphe, soluble dans l’eau, même lorsqu’elle a été évaporée à siccité en présence de l’acide acétique. Elle est azotée et brûle sur la lame de platine en répandant l’odeur de la corne brûlée. Sa solution aqueuse convertit rapidement l’amidon en glucose. Elle n’est précipitée ni par le tanin, ni par le sublimé corrosif, ni par le chlorure de platine. L’acétate et le sous-acétate de plomb la précipitent. Chauffée avec de l'acide azotique, elle ne donne pas la coloration jaune due à l’acide xanthoprotéique et qui caractérise les matières albuminoïdes.
Les réactions et la nature chimique de la ptyaline ne nous paraissent pas établies avec certitude. Rien ne prouve, en effet, que la substance obtenue parM. Conheim soit pure, carle procédé qu’il a employé ne permet pas de séparer exactement la ptyaline des autres matières solubles qui peuvent l’accompagner. La dyalise n’a pas encore été appliquée à la purification de cette matière. En résumé, une seule chose est établie aujourd’hui, c’est que la salive mixte de l'homme renferme une matière azotée capable de convertir rapidement l’amidon en glucose.
On avait émis l’opinion que la ptyaline n'existait pas dans la salive, d’ailleurs rare, des enfants nouveau-nés. 11 n’en est pas ainsi d’après M. J. Schiffer1. En introduisant dans la bouche de nouveau-nés des sachets de toile remplis d’empois d’amidon frais, cet observateur a pu y constater au bout de cinq minutes la présence du glucose. M. Korowin2 est arrivé à des résultats semblables en ce qui concerne le pouvoir saccharifiant d’une infusion de la glande parotide. Ce pouvoir saccharifiant existe dès le premier âge, mais s’accroît avec le développement corporel de l’enfant.
La salive de la plupart des chiens est exempte de ptyaline. M. C. Roux n’a pas rencontré ce ferment dans la salive des
1. Archiv fur Anatomie u. Physiologie von Reichert, 1872, l'asc. IV, p. 469.
2. Centralblatl fur die medizinischen Wissenschaften, 1873, n° 17, p. 261.
SALIVE MIXTE