ACIDES GAAS VOLATILS SA19S ALTÉRATION
ir GROUPE.
Acùles gras volatils sans altération.
ri&iGi. Huit acides gras sont susceptibles d^étre distilles soas la pression ordinaire sans éprouver de décomposition : ce sont les acides butyrique, cuprique, caproïque, phocénique, hircique, yalcriauique, crotonique et cévadique. A la vérité, quelques-uns, comme Pacide butyrique, subissent une légère altération , lorsqu'on les distille dans une cornue remplie d'air; mais la décomposition qu'ils éprouvent doit être attribuée, non pas à Faction de la cnaleur, mais à celle de Toxigénê de l'air qu'ils absorbent d'une manière très sensible.
Tous sont incolores et doués d'une saveur et d'une odeur fortes et désagréables. Tous sont liquides à la température ordinaire, excepté les acides caproïque et cévadique, qui le deviennent, 1 un à i8^ et Tautre à 20<^. Il n'en est aucun qui ne passe à la distillation avec de Teau portée à rébullition. L'alcool, l'éther, les builes les dissolventwcilement. Quelques* uns, tels que l'acide butyrique, sont aussi très solubles dans Teau; mais le plus grand nombre ne s'y dissout qu'en très petite quantité. Ils s'unissent, comme les acides du groupe précédent, avec les bases salifiables, à cela près qu'ils forment plus de sels solubles.
État naturel. — La plupart de ces acides existent tout formés dans la nature, mais en très petite quantité. Ils font presque toujours partie des huiles ou des graisses dont on les extrait par la saponification. La raison en est simple, c'est que l'air altère peu-à-peu ces sortes de matières et les acidifie d'une manière très marquée. Nous citerons pour exemple le beurre, l'huile de dauphin qui donne l'acide phocénique.
Préparation, — Il paraît que les acides gras volatils se forment dans les mêmes circonstances que les autres acides gras (2076), et qu'il suffit même quelquefois, pour en obtenir des quantités sensibles, de traiter certaines graisses ou certaines huiles par l'alcool. C'est aussi comme les acides gras du groupe précédent qu'on les obtient presque tous, c'est-à-dire, en saponifiant les matières grasses par la potasse ou la soude, et décomposant les sels par les acides sulfurique, phosphori- 3 ne, etc. D'ailleurs, indépendamment de l'acide gras volatil , se forme de la glycérine, et la théorie est la même que celle que nous avons exposée précédemment (^076).
ÀCtDË IPHOCÉNIQDE. ' \6i
ARTICLE I,
Acide phocénique.
2ioa. L'acide phocënique est le produit de l'action des alcalis fciir une huile particulière que M. Chevreul appelle pho^ cénifle^ et qu'il a trouvée unie, savoir : avec l'oléine dans l'nuile de marsouin {delphinus phocœnd)^ avec l'oléine, la céline, une matière colorante et une matière odorante, dans celle du dauphin.
Propriétés. — L'acide phocénique est incolore, liquide à la température ordinaire; il ressemble à une huile volatile; sa densité à 28'' est de o,q32. Son odeur est très forte eta de l'analogie avec celles de l'acide acétique et du beurre fort. Sa saveur, d'abord acide et très piquante, rappelle ensuite la saveur de la pomme de reinette.
Cet acide conserve sa liquidité à 9® au-dessous de zéro, et ne bout qu'au-dessus de 100°. Dans le vide, il peut être distillé sans éprouver d'altération; mais dans une cornue pleine d air, il s'altère sensiblement, à moins qu'il ne soit en dissolution dans l'eau : alors il passe très pur avec elle dans les réci- Î liens* C'est même sur cette propriété qu'est fondé l'art de 'extraire. ^^
L'acide phocéniqu^^ar le contact d'un corps en combustion, s'enflamme à la manière des huiles volatiles.
L'eau à 3o° n'en dissout que la i8' partie de son poids; l'alcool d'une densité de 0,794 le dissout, au contraire, en toutes proportions. La solution aqueuse d'acide phocénique se décompose spontanément dans un flacon qui n'en est pas entièrement rempli, et acquiert l'odeur de cuir apprêté avec Thuile de poisson. Enfin, Tacide phocénique forme avec les bases salifiables des sels qai ne permettent de le confondre avec aucun autre acide. Dans les phocénates neutres, la quantité d'oxi gène de Toxide paraît être à la quantité d'acide comme 8,65 a 100, et à la quantité d'oxigène de l'acide comme i à 3; d'où il suit que la capacité de saturation de cet acide est presque trois fois aussi grande que celle des acides stéarique, margarique et oléique.
Etat naturel^ préparation. — M. Chevreul, d'après l'odeur que les baies de viburnum opnlus exhalent lorsqu'on les écrase entre les doigts, a été conduit à rechercher dans ces fruits et à y découvrir l'acide phocénique. lien existe aussi une très petite
Ïuantité dans les huiles de dauphin et de marsouin. Jusqu'ici n'a été trouvé dans aucune autre matière. Lorsqu'on veut se le procurer» ce qu'il y a de mieux à faire^ est de saponifier par Ja posasse l'huile de maisomu oxidi^ d^^^àc*
164 ÀCIBKS GRAS VOLAtlLS.
pliin, et de délayer la masse savonneuse dans une grande quantité d'eau, comme nous l'avons dit au sujet de la préparation de l'acide stéarique : de là résultent un snr-margarate qui se dépose avec un peu de sur-oléate, de l'oléate, du pliocénate et de la glycérine, qui restent en dissolution avec une petite quantité de margarate et l'excès d'alcali. L'acide mai^arique vient de Poléine; l'acide phocénique de la phocénine; quant à l'acide oléique et à la glycérine, ifs proviennent des deux substances grasses contenues dans Thuile. Après avoir traité la masse savonneuse par l'eau, on la tire à clair autant que possible; puis on y verse un petit excès d'acide tartrique ou phospborique, qui en sépare de l'acide oléique et de Tacide margarique, et qui en même temps rend libre Tacide pbocénique. Celui-ci reste en dissolution dans la liqueur : on la décante ou
produit par del'hydn baryte, et quand, par évaporation, le pbocénate de baryte a été dessécbé, on met dans u,n tube ferme par un bout loo part, de ce pbocénate sec, avec 33,4 p- d'acide sulfurique à 66^, préalablement étendu de 33,4 parties d'eau; on agite le mélange, et l'on obtient, i° du sulfate de baryte ii^luble; 2** un liquide aqueux, qui n'est que de l'eau satufll d'acide pbocénique^ 3° de l'acide pbocénique hydraté qui se rassemble à la surface du liquide aqueux. En décantant l'acide avec une pipette, et ajiiutant au résidu 33,4 parties d'eau, on obtient une nouvelle quantité d'acide hydraté qu'on décante comme le premier; après quoi il est impossible d'en extraire d'autre : le pbocénate est épuisé.
Composition. — Cent parties d'acide hydraté contiennent 9,89 d'eau pour 100 d'acide sec. Abstraction faite de cette eau, M. Cbevreui l'a trouvé composé de 65, 00 de carbone, 8,25 d'hydrogène et 26,75 d'oxigène.
La formule atomique du nombre proportionnel, qui s'accorde le mieux avec ces nombres, estC^H^^O*^. Elle supposerait toutefois I pour cent de carbone de plus que l'expérience n'en a donné.
En l'admettant pour l'acide anhydre, l'acide hydraté serait représenté par C^^H^^O^ -f H'O. (Voy. l'ouvrage de M. Cbevreui.)
ARTICLE II
Acides butyrique^ caproïque et cuprique*
2io3. Les acides butyrique, caproïque, caprique sont le produit de J'actiom de& alcalis sui: une buue particulière^ la bu-*
ACIDE BUTYEIQUE. , 16S
tyrine ; qu'on trouve dans le beurre, unie à l'olëîne et à la stéarine. Le nom du premier est dérivé de huiyruniy beurre; et celui des deux autres, de capra^ chèvre.
Etat naturel, préparation. — L'acide butyrique à l'état libre existe en très petite quantité dans le beurre; l'acide caproïque et caprique n'ont encore été trouvés tout formés dans aucune substance.
Tous trois s'obtiennent en traitant le beurre de la même manière qu'on traite l'huile de marsouin ou de dauphin pour se procurer l'acide phocénique; c'est-à-dire, qu^on saponifie le beurre par la potasse, qu'on délaie la masse savonneuse dans l'eauy qu'on décompose la dissolution par l'acide tartrique ou phosphorique, et qu'on soumet à la distillation la liqueur décantée ou nltrée. Lics trois acides, qui sont volatils , passent avec l'eau dans les récîpiens; mais comme presque toujours il
5 a un peu de liqueur projetée qui contient de la glycérine et u phosphate ou tartrate de potasse, il est bon de distiller ces acides une seconde fois.
On les neutralise ensuite avec de l'hydrate de baryte cristallisé : or, comme loo parties d'eau dissolvent 36 parties de butyrate à lo"*, qu'elles n'en dissolvent que 8 de caproate à io*,5, et que o, 5 ae caprate à 20**, on conçoit qu'en évaporant la dissolution à siccité, et traitant ces sels desséchés par d^ l'eau en quantité convenable, il doit rester une matière presque uniquement composée de caprate; on conçoit également que, par des évaporations et cristallisations successives, il doit être possible d'obtenir pur plus ou moins de caproate et de butyrate, d'autant plus que ces sels affectent des formes différentes et sont très faciles à reconnaître. Tels sont, en effet, les moyens que M. Chevreul a employés. Du reste, dès qu'on a du butyrate, ou du caproate, ou du caprate de baryte, il ne faut plus pour en extraire l'acide, que le mettre en contact avec l'acide sulfurique, en se conformant, sauf les proportions, à ce que nous avons dit au sujet de l'extraction de l'acide phocénique.
On peut aussi décomposer le mélange des butyrate, caprate et caproate de baryte au moyen de l'acide phosphorique, enlever avec une pipette le liquide oléagineux qui se sépare de la liqueur aqueuse, agiter cette dernière liqueur à plusieurs reprises avec de Féther qui s'empare des acides gras qui y étaient restés dissous, vaporiser Téther pour obtenir ceux-ci et les réunir au premier produit oléagineux obtenu. Le mélange des trois acides est agité plusieurs fois de suite avec son poids d'eau. Ce liquide, la première fois surtout, ne dissout presque que de l'acide butyrique. Le résidu qu'il laisse indissous, coïlsiste en un mé)ange d'acides caprique et caproiqfie, eXx^XvfewV
166 ACIDES GRAS YÛLATIU.
seulemenl des traces d'acide butyrique. Leur s^pantinv chève du reste comme il vient d'être dit.
jêcide butyrique. — Pour la préparation de cet acide, <m ploie 63 parties d acide sulfurique, que Ton étend de63{i d*ean, sur loo de hutyrate de baryte. L'acide butyriqueit: semble à la surface de la liqueur; ou le décante avec u]ie|î
L'acide butyrique est liquide, semblable à une h tile, limpide, incolore ou presque incolore. Sa densité i est de 0,9675. Son odeur est analogue à celle de Facidei cénique, mais moins forte, et quand on la connaît, il at facile de l'en distinguer. Il a une saveur acide très pi et un arrière-goût douceâtre.
A 90 sous zéro, il est encore liquide. Pour entrer en tion, il exige plus de 1 00°. Chaude dans le vide, il se volai sans s altérer, tandis que dans un vase plein d'air il se pose en partie.
Mis en contact avec les corps en combustion, il s'ei sur-le-champ. L'eau le dissout en toutes proportions^ il en de même de l'alcool et de Féther.
Il s'unit à la plupart des bases salifiables et forme des neutres dans lesquels la quantité d'oxigène de la base esta quantité d oxigène de Tacide comme i à 3, et à l'acide ni comme 10, 3 à 100.
L'acide hydraté contient 11,6 d'eau sur 100 d'acide sit A part l'eau, il est formé de 3o,58 d'oxîgéne, de 62,42lt carbone, et de 7.00 d'hydrogène.
Ce qui correspond à la formule C*^H^^O^ pour l'acide tf* hydre, etC^4I^^O-+H^O pour Tacide hydraté.
On voit que, sous beaucoup de rapports, il se rapproche i l'acide phocéniquc.
Acide caproïque. — Cet acide qui, comme les précëdev est liquide, incolore, semblable à une huile volatile, très b flammable, a une saveur acide piquante et un arrière-oi douceâtre plus prononcé que celui de l'acide butyrique, m odeur analogue à celle de l'acide acétique ou plutôt de Ta sue» une densité de 0,922 à 260.
Il s'altère sensiblement lorsqu'on le distille dans une conm Cent parties d'eau n'en dissolvent pas i,o4 à 7^*5 l'alcool le di sout en toutes proportions.
Sa capacité pour les bases est telle que la quantité d'oxigè de l'oxide est à la quantité d'oxlgène de l'acide comme i i et à celle de l'acide comme 7,5 à 100.
I/acide hydraté contient 8,66 d'eau pour 100^ d'acide M celui-ci est composé de 22,46 d'oxigène, de 68,67 de carbon
* ) 8,87 d'hydrogène.
ACIDE YALArIANIQUE. 167
La formule de Pacide anhydre est C**H*^0^, celle de lacîde hydraté C»*H»»05+ffO.
JÊcide capriquCn — L'acîde caprique. sous forme de petites aiguilles incolores à 1 6^,5 , se licjuéfie à i8*; sa saveur est acide, brûlante; son odeur est la même que celle de Tacide caproïque et se rapproche en même temps un peu de celle du bouc. Sa densitë à iS'^estde o,9io3.
L'acide caprique est presque insoluble dans l'eau à 20**^ 100 parties d'eau n'en dissolvent en effet que 0,1 5. L'alcool le dissout en toutes proportions.
En s'unissant auLX bases salifiables, il forme des sels neutres dans lesquels la quantité d'oxigène de Toxide est à la quantité d'oxigène de l'acide comme 1 est à 3, et la quantité d'acide comme 5,89 à 100.
L'acide hydraté contient 7,4 d'eau pour 100 d'acide sec; ' celui-ci est formé de 16,16 d'oxigène, de 74? 10 de carbone et de 9,74 d'hydrogène.
Ce qui correspond à la formule C^H*^0^ pour l'acide anhydre, et à C»«H«903+ffO pour l'acide hydraté.
A&TiGLB ni;
Acide hircique,
2104. L'acide hircique est, selon M. Chevreul, le produit de l'action des alcalis sur une huile particulière qu'il appelle hircine y et qu'il a trouvée unie à la stéarine et à l'oléine dans les graisses de bouc et de mouton.
Cet acide s'obtient , de même que l'acide phocénique , en substituant l'une de ces deux graisses à l'huile de marsouin.
qu il a rôdeur de 1 acide acétique et celle du bouc; qu git le tournesol ; qu'il est peu soluble dans l'eau et très soluble dans l'alcool ; qu'u forme avec la potasse un sel déliquescent , avec la baryte un sel qui n'est pas très soluble dans l'eau , avec l'ammoniaque un sel qui a une odeur de bouc plus prononcée que celle de l'acide.
ARTICLE IV
Acide valérianiquem
2io5. L'acide valérianîque , observé d'abord par MM. Pentz et Grote, a été étudié avec plus de soin par M. Trommsdorff dans ces derniers temps ( Ànn, de Ch. et de Phys, , l. liv , p. 208 ). Il paraît exister tout formé dans la valérvau^. Çows:
i68 ACIDES GRAS VOLATILS.
le préparer, on distille avec de l'eau des racines de TMlerw» ofjficinalis coupëes longitudinalement. Aji-dessus du produit aqueux , surnage une huile qui doit en être séparee« EUe contient une quantité notable d'acide valérianique* Agitée fortement et assez long-temps avec de l'eau et du carbonate de magnésie , elle abandonne l'acide qui passe à l'état de Valerianate de magnésie, soluble dans l'eau.
On se débarrasse de l'huile en la distillant , et après sa toUtilisation on verse dans la liqueur restante une quantité d'adde suif urique proportionnelle au carbonate de magnésie emplojé. L'acide valérianique , devenu libre , vient nager à la surface de la dissolution.
Le produit aqueux de la distillation des racines de valériane retient aussi en dissolution de l'acide valérianique;. vil peut être obtenu en saturant la liqueur par du carbonate de soude, la concentrant par l'évaporation et y ajoutant de l'acide sulfurique affaibli, comme au valérianate de magnésie.
Dans tous les cas , l'acide obtenu a besoin d'être distillé à une douce chaleur. Il faut refroidir convenablement le récipient , et en changer , dès que les gouttes qui s'y rendent ne sont plus laiteuses. C'est alors de l'acide pur qui se vaporise. La distillation peut être effectuée sur du chlorure de calcium, mais dans ce cas une partie de l'acide valérianique est détruite et transformée en une autre liqueur oléagineuse, brune et chargée d'acide chlorhydrique , sur laquelle nage l'acide non altéré.
L'acide valérianique se présente avec l'aspect d'une -huile limpide et incolore, qui reste liquide même à — 21*. Sa saveur extrêmement forte , très acide et repoussante , laisse un arrière-gout douceâtre , lorsque l'acide a été dissous dans une grande quantité d'eau. Il produit sur la langue une tache blanche , comme le font les autres acides gras volatils. Son odeur présente beaucoup d'analogie avec celle de la valériane. Il a
!)Our densité 0,994 à la température de 10^^ il entre en ébulition à i32^ sous la pression de 27?- 6^- , et se distille sans s'altérer; d'ailleurs il commence à se vaporiser bien avant cette température. Chauffé dans une cuiller de platine, il brûle avec une flammé intense et sans résidu. Les taches huileuses qu'il laisse sur le papier , disparaissent complètement par la chaleur. Le papier de tournesol est fortement rougi par sa dissolution; mais exposé à l'air chaud, il redevient bleu promptement.
L'acide valérianique peut prendre environ 20 pour 100
d'eau , sans cesser d'être oléagineux. Il exige 3o fois son
poids d'eau â 12^ pour sa dissolution, complète* Il se mêle à
ACIDE O&OTONIQUË. ^ 169
l'alcool en toutes proportionâ , se dissout abondamment dans Pacide acétique concentré, et dissout lui-même l'iode et le camphre. A froid , l'acide sulfurique fumant le jaunit fortement ; k chaud , il le charbonne en dégageant de l'acide sulfureux. Uacide azotique fumant agit à peine sur lui, même en les distillant ensemble à plusieurs reprises.
D'après les analyses , que M. Gh. Ëttling a faites de l'acide valérianique dans le sel ae baryte et le sel d'argent , cet acide doit être tonné , à Tétat anhydre, de 64996 de carbone; 9,S4 d'hydrogène, et 25, 5o d^oxigène.
Ce qui correspond à la formule C^^ H^^ O^.
L'acide valénanique oléagineux, privé d'eau autant que^ possible, en retient encore i at. et se trouve représenté par C«>H«05 + H»0.
Falérianates. — Les valérianates neutres , qui sont les seuls oue l'on ait produitsjusquHci, renferment une quantité d'oxide dont l'oxigène est à celui de l'acide comme i à o , et à la quantité d'acide même comme i à 12,892.
Us se préparent en combinant directement l'acide et la base
Sar l'intermède de l'eau, ou, lorsqu'ils sont insolubles, par ouble décomposition.
En général, ils sont un peu gras au toucher, ils possèdent une odeur particulière et une saveur douce avec un arrièregoût piquant. Parmi eux, quelques-uns , comme ceux de potasse et de soude, tombent en déliquescence à l'air; d'autres s y effleurissent , un certain nombre s'y conserve sans altération. Beaucoup d'entre eux se dissolvent dans l'eau; la plupart sont solubles dans l'alcool. Plusieurs peuvent être obtenus en cristaux bien déterminés; d'autres, au contraire , ne donnent que des masses salines amorphes. La chaleur les détruit et en dégage souvent de l'acide valérianique non altéré. Leurs dissolutions concentrées sont décomposées par les acides sulfurique, azotique, arsénique , phospnorique , chlorhydrique, , tartnque, malique, succinique, acétique. L'acide oléagineux se sépare instantanément. L'acide benzoïque , loin d'exercer une action sur les valérianates , cède sa place à l'acide valérianique , mis en contact avec les benzoates.
ARTICLE V
Acide crotonique.
2io6. C'est de l'huile de la semence dncrotontigUum ( graine de pignon d'Inde) que l'on extrait l'acide crotonique, dont la découverte est due à MM. Pelletier et Caventou. A cet effet on emploie encore le procédé que nous avons dèctVl )^^kx\^
■A-— •réparet, on diaticinalùi coupées Jo^'jtxa. , surnage m» -* tient une quantiC-' ement et assez \or»^ Bagnésie , elle aba. ^^ ate de magnésie , hi se débarrasse dc^ ation on verse dai urique proportioi :ide valérianique, a dissolution.
iC produit aqueuX| le retient aussi enj t être obtenu en sf de,laconccnlraiii ) urique affaibli. ■" )ans tous les ci - , !
douce chaleut-. 11 3t, et ea changer* t plus laiteuses. C* distillation peut et!
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d'acide valérianiqi pîde et incolore , r extrêmemenl i'o ère-goùt douci;i(i ride quantité (l'eau
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e Uamme intei il laisse sur le pa' leur. Le papier solution ; ; imptement.
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"■'ise A '"'«On: tj»"
AB.TIGLB YI.
Acide céifadique.
ai07.L*acidecévadique, découvert par MM. Pelletier et Caventouy est un produit delà saponification de la matière grasse de la cévadille. Il s'obtient comme Facide pliocéniaue, à cela
5rèS| qu'étant solide, il faut le séparer par voie de aistillation u cévadate de baryte, en chaufTant celui-ci dans une cornue avec de l'adde phosphorique. {Fojr. l'extraction de l'acide phocénique.)
Cet acide est sous forme d'aiguilles ou de concrétions cristallines d'un beau blanc ; son odeur est analogue à celle de l'acide butyrique. Vingt degrés de chaleur suffisent pour le fondre ; à une température qui n'est pas beaucoup plus élevée, il se sublime en cristaux aiguillés^ il est soluble dans l'eau, l'alcool, l'étber *, il s'unit aux bases salifîables et forme des sels peu odorans. Le céyadate d'ammoniaque précipite en blanc les sels de sesqiii-oxide de fer. (^Ann. de Ch, et de Phjrs,^ xiy, 71.)
SECTION III
Dbs acides azotes*
aio8. Il est des acides azotés qui ont ou peuvent avoir le cyanogène pour radical , et d'autres dont le cyanogène ne fait point partie; mais, parmi ceux-ci, quelques-uns sont gras. Il est donc naturel de partager les acides azotés en trois groupes.
I" GROUPE
Acides à radical de cyanogène.
a 109. Ces acides sont aunombre de neuf, savoir : l'acide cyanique,. l'acide cyanurique, l'acide cyanilique, l'acide pafa-cyanuriquc, l'acide fulminique, l'acide cyanhydrique, l'acide cyanhydrique proto-cyano-lerruré , l'acide cyanhydrique sesquicyano - ferrure , et l'acide sulfo - cyanhydrique. \jt^ acides» cyanurique , cyanilique , para-cyanuriquc , sont isomères avec Tacide cyanique hytfraté , et l'acide fulminique l'est avec l'acide cyanique anhydre. Nous allons les examiner, ainsi que leurs sels, dans Tordre où ils viennent d'être nommés. Nous examinerons ensuite les sulfures de cyanogène, les chlorures, bromures , iodures de cyanogène , et le mellon^ corps récemment découvert par M. Liebig , et qui , comme le cyanogène, est formé de carbone et d azote.
ARTICLE I
Acide cyanique.
21 10. Vauquelin avait annoncé la formation de l'acide cyanique dans la réaction de l'eau et du cyanogène-, mais c'est
17f ACIDBS AZÛTiS. ftlies
iML WoMer qui mit son existence hors de doute* ('^'■•^Skieii et de Phjrs.j t. xx, p. 353, — xxvii, p. 1969— *xunyK^E^
Etudié d*abord par M. Wohler seul, il le fut aH^i^Klfi MM. Wôhler et Liebig dans un travail très remaicpilk^p leur est commun. (Jnru de Chim. et de Phys.j t. XLTi||bl
Etat naturel j préparation. — L'acide cyankme est tÏH un produit de Tart ^ il se forme dans plusieurs circoniUiMiB marquables : 1° en calcinant un cyanure métalliqne,pird| pie le double cyanure de potassium et de fer avec lufllll potasse, et surtout le peroxide de manganèse : le ptodntfl tient du cyanate de potasse que Ton peut dissoudre davl cool bouillant et qui se dépose en cristaux lamelleiix H refroidissement ; 2^ en cbauflànt la potasse au milieu m^ nogène ; il se forme tout à-Ja-fois du cyanure de potMiJai du cyanate de potasse ; 3** en dissolvant le cyanogène dinii dissolution de potasse ou de soude \ 4® en traitant le cUonwpu de cyanogène par les alcalis, d'où résulte du cysnate ^m^ chlorure alcaliu; 5<> eu décomposant par le feu, dans uu W 4i nue, l'acide cyanurique ou l'urée pure et sèche. K j
C'est même en décomposant ainsi l'acide cyanariqaeiv 1 une cornue, que l'on se procure assez facilement l'acidetMf * nique. L'opération se pratique, comme nous Pavons AtfK cédemmeat, en ayant soin de chauffer peu-à-peu levsKlH tillatoire jusqu'au rouge, et d'entourer le récipient dWvB lange frigorifique. L'acide s'y condense à l'état d'hydnte V un liquide incolore très fluide, très volatil , d'une odeur vl piquante et très pénétrante, qui affecte fortement les yeux- ■
La plus petite goutte mise sur la peau produit à l'iiistfl même une ampoule blanche, en donnant lieu à des donlaBl très vives. I
Mis en contact avec les gaz, il se vaporise, rougit le Jf^Y^\ de tournesol , et possède alors la propriété de se conserTtfl très long-temps 3 mais lorsqu'on le retire du récipient, oèl s'est condensé, et qu'il a repris la température ordinaire, Sis décompose en quelques minutes, il se trouble, devient lii' teux , bout en s'écbauffant spontanément et fortement, s^épiî' sit, et produit dans la masse des explosions telles que la mi' vtière est projetée de tous côtés, et qu elles font craindre q* le vase ne se brise en mille pièces; il se transforme en BSsJk para-cyanurique , substance isomère avec l'acide cyaniqtf hydraté. Une température de zéro retarde cette transfonnf tion , mais ne l'empêche pas \ au lieu de se faire en quelque minutes , elle ne s'opère plus qu'en une heure : aussi Tacâdi panique , dans sa préparation , est-il souvent mêlé à un pei a'acide para-cyanurique auquel il d^ 'ssance.
IODE CtANiQUE. |7S
Les phënQmènes qu'il nous présente avec Feau sont des plus znrieuiL. Si l'on fait passer de la vapeur d'acide cyanique sur 3e petits morceaux de glace, ceux-ci se fondent rapidement, 3t la liqueur qui répand lodeur de l'acide, laisse à peine dësager des bulles tant qu'on la maintient à zéro. II n'en est plus le même,, quand elle reprend la température ambiante^ elle Tait bientôt une vive effervescence, due à un dégagement rapide le gaz carbonique ; il se dépose de l'acide para-cyanurique, et elle ne se trouve plus contenir que de l'urée. Pour concevoir ce qui se passe , il faut, savoir : i^' que i at. d'acide cyanique -|- 3 at* d eau, équivalent ^ 2 at. de oi-carbonate d'ammoniaque : C*Az*04-3IPO = (H«Az^,C*0*)5 20 que i atome de cyanate d'ammoniaque -|~ ^ atome d'eau équivalent à i atome d'urée : ( A2««,C* Az^O) + mO=C*Az WO^; 3« que i at. d'acide cyanique hydraté équivaut à i at. d'acide para-cyanurique (C^Az^O -f"H'0) = C*Aï'*H'*0'^, d'où l'on voit que l'acide cyanique se partage en 3 parties; que la première, en s'unissant aux élémens oe l'eau, forme du bi-carbonate d'ammoniaque; que la seconde décompose le bi-carbonate, en dégage le gaz carbonique, et donne lieu à du cyanate d'ammoniaque qui, avec l'eau, passe à l'état d'urée; que la troisième devient acide para-cyanurique; peut-être même la réaction est-elle simultanée, et la conversion de l'acide cyanique et de l'eau en gaz carbonique et urée se
Îroduit-elle, sans qu'il y ait formation passagère de carbonate 'ammoniaque et de cyanate d'ammoniaque.
L'alcool ansolu produit également des phénomènes remarquables avec la vapeur d'acide cyanique ; il l'absorbe rapidement , s'échauffe au point d'entrer en ébuUition sans dégagement de gaz permanens , se trouble tout-à-coup et laisse déposer une grande quantité d'un précipité blanc cristallin , qui peut être considéré comme un composé d'atomes égaux, d'aade cyanique, d'eau et d'alcool. ( f^oj. éther cyanique. )
Composition, — En analysant le cyanate d'argent et le cyanate de potasse, M. Wôhler a trouvé que l'acide cyanique était composé de 35,29 de carbone; de 4i?i8 d'azote, d^ 23,53
d'oxigène.
Ce qui , d'après sa capacité de saturation , donne pour formule G* Az^d
Libre et le plus concentré possible, il contient i at. d'eau , et est alors représenté par C* Az^ O -f- H^ O.
Cjranates..
2111. Les cyanates alcalins, lorsqu'ils sont anhydres, résistent à l'action de la chaleur rouge : c'est même en calcinant un mélange de cyanure double de potassium et de fer avec^ V^ bv-
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ACIDE CYAItlQOE. I7S
nsactionsurlui-, l'eau froide li- rllssout il taffît de faire chauffer lu ilIssolutîoD le réacUon entre l'eau et l'acide cyanî- I pour chaque atome de cyanatti 4 atomea de 'ome de potasse et s atomes d'ammoniaque. :st cf^tte transformation à la tempéralure llae'té dit précédemment.
oninque. ■ — Lorsqu'on fuit rendre peu-à- peu iquea travers le mercure dans une tipruulu gaz ammoniac sec , il y a dégagemgiH uctîon subite d'un nuage bîauc et l'nais qui les parois du vase en uue masse crislalliiit^ tiès uelle ne se compose que de cyanate basique : a tempt'raluic s'élève trop au moment de la forme en même temps de lurée , qui appapidea.
soluble dans Tcau froide : aussi, pour obteraoniacal en dissolution, sulBt-il de traitera e de plomb par l'ammoniaque.Li j>otassecn met les acides eu iratisfurmeut l'acide cyanique, aux 'mens de IVau , en acide carbuaitjue et in ams dissolutions salines de plomb et d'argent eu scyanates blancs.
d'ammoniaque se conserve très bien au milieu du
~ te; mais si on le dissout daus l'eau et si l'ou
issolutiou , il laisse eihalcrl'exjèsd'aiumonia-
,t , et chaque atome de cyauate neutre, en
principes <
atome d'eau, fore
fef (H6 Az', C' Az-'O) + IP O = {WO Az'O')
irL-e. L'évaporationspuntunée ut à plus fuitr raison
-■lyanate cristallist:, douuciitiieuau môme résultat;
*:~: d'eau que celui-ci contient et qui provient ue
«^4ne hydrattf se trouve decompost?, —Jte plomb. — C'est en versant du cyatiale de po- «3.e dissolution d'acétate de plomb qu'on l'obtient ;
t.« en poudre blanche composée de petites aiguilles
*it l^èrement solubles dans l'eau bouillante; mis avec l'ammouiaque à froid, il est décomposé, et G du cyanate d'ammoniaque.
'largent. — Il se précipite tout-à-coup eu poudre légèrement sotuble dans l'eau bouillante, lors- «mpose l'azotate d'argent par le cyanate de potasse. isqtrau rouge, il devient noir, entre eu fusion , s'enlËme à l'abri du contact de l'air el brûle avec bruit. J^i£ue le dissout aisément.
ACDlU IZOTift.
AKTICLÎ n.
Jcida
:iiia. L'acide cjannrîque entrem par Schëeie, i Williams Henry comme un acide particulier, fut d'u| ngn^ par MM. Chevallier et Lassaignesotu lenomd'ao* nriqne , parce que c'est un des produits de la disdl l'acide unque proprement dit, et qu'alors on n'était ]i^ Gore parvenu à le produire autrement; maïs MM. ^ Liebig, ayant observé d'une part qu'il puuTait être a comme de l'acide cyanique hydraté, et d'antre pittri formait lorsqu'on dïjcompoaait l'acide urique et I'htAt feu , ont cru devoir changer son nom en celui qu'il pi jourd'hui , et qui a été adopté par les chîinistes.
L'acide cyanurique est solide, incolore, presque insH rougit le tournesol d'une manière sensible. Il est peu M dans l'eau froide, beaucoup plus dans l'eau Jxiuinanteil il se sépare par le refroidissement en prismes rhoi obliques, transparens,qui contiennent ai, 56 pour i s'effleurissent à l'air et deviennent d'un blanc de laitf cristaux se forment mieux et sont plus beaux, lorsque q sur une dissolution saturée et bouillante, on l'évaporé n de sable, aune température de 60 à 80% et que réduite l4 tié on la laisse refroidir avec le bain.
Exposé à la chaleur de l'eau bouillante , l'acide cyaii- , perd son eau de cristallisation ^ chauffé ensuite peu-à-M jusqu'au rouge , dam une cornue, dont le col se x&AA un récipient entouré d'un mélange de glace et de sel marii) se décompose et se transforme en acide cyaniquc liydi^U l'on recueille dans le récipient sous forme d'ua ligoideîl lore, très volatil, extrêmement piquant, ordinairement^ blé par une petite quantité d'acide para- cyanurique, anh. blanche, isomère avec l'acide cyanurique, et dans laqudîe! dde cyanique hydraté se convertit rapidement à la t " tare ordinaire [voyez acide cyanique) : aussi ii'obt pour ainsi dire que de l'acide para-cyanuriquc en poudnl che, si l'on n'a pas le soin de refroidir le récipient.
L'acide azotique est sans action sur l'acide cyanurioMi en opère seulement la dissolution à chaud ; il en est de nh de l'acide sulfurique concentré-, étendue d'eau , la disûdd* sulfurique laisse précipiter l'acide cyanurique.
État naturel, préparation. — L'acide cyanurique est torno*'! un produit de l'art ; il se forme , soit en décomposant Tun'l ou l'acide urique par le feu, soit en faisant bouillir le chb-1 rare solide de cyanogène avec beaucouo d'eau.
ACIDE CYÂNUWQtlE. Hi
Le procëâë le plus simple pour le préparer consiste à faire usage d'urëe pure et sèche. Ou la cbauffe peu-à-peu dans une cornue de verre* Elle se fond à 120° c. , se décompose bientôt ensuite, s'épaissit et donne pour résidu une poudre d'un Uanc jaunâtre, qui n'est autre chose que de l'adde cyanurique retenant plus ou moins d'ammoniaque. B.ien ^e plus facile à concevoir que ce qui se passe dans cette opération* L'urée peut être représentée par i at. de cyanate d'ammoniaque-f-i at* d'eau. Or, comme l'acide cyanurique peut l'être lui- môme par I atome d'acide cyanique -j- i atome d'eau , il s'ensuit que Purée, soumise à 1 action d'une chaleur convenable, pourrait être transformée en i atome d'acide cyanurique et en 1 atome d'ammoniaque; mais nous avons vu plus haut que l'acide cyanurique porté jusqu'à un certain degré de chaleur, se convertissait en acide cyanique hydraté; par conséquent, il se pourra faire qu'en décomposant l'urée sèche par le feu, l'on obtienne : I* de 1 acide cyanique légèrement ammoniacal dans la cornue ;, 2^ du gaz ammoniacal et du cyanate d'ammoniaque hydraté : et si nous faisons remarquer dès à présent que le cyanate d'ammoniaque hydraté passe à l'état d'urée par la fusion , on comprendra sans peine que le produit volatil contiendra plus ou moins de cette substance régénérée : tel est en effet ce qui arrive.
Quoiqu'il en soit, l'acide cyanurique qui forme le résidu de la distillation, se purifie facilement en le dissolvant à chaud dans l'acide sulfunque concentré, y ajoutant goutte à goutte de l'acide azotique jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'effervescence et que la liqueur soit clevenue incolore ,1a laissant refroidir et l'étendant d'eau: l'acide cyanurique se précipite en poudiie cristalline d'une blancheur éclatante.
Composition. — En analysant le cyanurate d'argent, MM. Wôhler et Liebig ont trouvé l'acide cyanurique composé de 60,825 de cyanogène, de 86,874 d'oxigène, de 2,3oi.dL hydrogène.
Ce qui , d'après sa capacité de saturation , donne pour formule ZC?kzRO=\ (OAz'0-fH*0)=i f atome d'acide cyanique , plus I 7 atome d'eau.
A l'état d'hydrate , il contient a atomes d'eau , et par conséquent , la formule devient G^Az^H^O^+aH^O.
M. Sérullas l'avait cru formé de i atome de cyanogène et de 2 atomes d'oxigène. Il avait proposé en conséquence de le désigner »ous le acide cyaneux {^Ann. de Chim, reur qui fut aperçue par Içs deux chimistes qu^ novis Newow%
lY: Sixième édidon^ -i-x
179 AGIIKS AZOTÉS.
de nommer, dans le beau travail qui leur esl du. (^ mi. de CL et de Phys.y t. xLVi, p. aS.)
Cyanurates^
21 13. Dans les cyanurates neutres , la cniantité d^oxig^e de Poxide est à la quantité d'oxîgènê del'aciae comme i à 3 , et à la quantité d'acide même comme i à 9,636.
Aucun cyanurate n'existe dans la nature.
On les obtient directement , lorsqu'ils sont solubles , et par la voie des doubles décompositions , lorsqu'ils sont insolubles. C'est ainsi qu'en versant du cyanurate d'ammoniaque d-ins l'azotate d'argent, il se précipite du cyanurate d'argent en flocons blancs qui, sécbés, ne noircissent pas à la lumière.
Le cyanurate de potasse a été le sujet de quelques observations intéressantes. MM. Wcibler et Liebîg ont vu : i" qu'il avait une grande tendance à devenir acide ^ 2^ que pour Tobtenir neutre, il fallait mêler le cyanurate alcalin avec de l'alcool qui retenait l'excès d'alcali et précipitait le cyanurate en aiguilles cristallines blancbes et très fiues ; 3® qu en redissolvant le cyanurate neutre et l'évajx)rant , il se déposait des crîsiuiux de cyanurate acide peu solubles , et que la liqueur devenait alcaline; 4° q^c soumis à l'action du feu , le cyanurate neutre fondait, bouillonnait vivement et se transformait en cyanàle de potasse fixe , et carbonate d'ammoniaque qui se sublimait ; ju'en effet la formule du cyanate neutre de potasse est : C*Az*0,KO); que celle du cyanurate neutre est: (G^Az^O^H®, tO) ou (C*AzH),KO) 4-f (C*Az»0) +i ± HH), d'où l'on voit que 7 atome d'acide cyanique -j- ^ ^ atome d'eau, c'est-à-dire les pàrtiies constituantes du carbonate d'ammoniaque , peuvent se dégager sans que la neutralité soit changée; mais il paraît que le cyanurate acide de potasse, au lieu de donner un subliahé de carbonate d'aqpigioiliaque , donne de l'acide cyanique hydraté et de l'acide para-cyanurique , ce qui peut être , puisque, comme nous l'avons vu précédemment , l'acide cyanique hydraté a lar jfrôjjriété.de se transformer en acide paracyanùnqub. [Aàw. de Chîra. et dé Phys.^ t. xliii, p. 33.)
ARTICLE iii.
Acide cyanilique.
21 14« L'acide ai^uel M. Liebig a donné ce nom paraît être
différent de l'acide cyaggrique, quoique d'aiUeurs ilaitla même
composition , et qu'ildpnne à la distillation les mêmes produits.
Ses cristal^, qiû 30ht tpal cUff&ei» dû <^\ul q^uie donne l'jaci^A
AGn>E CTANILIQUE. f 7^
cya&nnque ont ptmr type Toctaèdre à base carrëe, et se pr^^* sentent sous forme de larges feuilles , douées d'un éclat métallique ou nacré. Il est plus soluble dans Tèau froide que Pacide cyanurique; il cristallise uni à 21 pour 100 d'eau qu'il abandonne complètement et avec facilité dans un air chaud. L'acide anhydre, soumis à la distillation, se transforme, comme l'acide cyanurique (a 1 1 9) , sans laisser de résidu, en acide cyani> que hydraté, qui lui-même se change promptement en a€ide para-cyanurique. Dissous dans l'acide sulfurique concentré , et précipité par Peau , l'acide cyanilique se trouve converti en acide cyanurique, et ne cristallise plus avec sa forme primitive.
Uni à la potasse, l'acide cyanilique se trouve avoir la n^me capacité de saturation que l'acide cyanurique ^ mais uni à l'ammoniaque, il en a une qui est moitié moindre, résultat facile à constater en précipitant l'asotate d'argent par le cyànilate dé potasse et le cyànilate d'ammoniaque. Il semble donc que la potasse convertit l'acide cyanilique en acide cyanurique, tandis que l'ammoniaque ne l'altère pas.
D'après l'analyse de l'acide cyanilique et celle du cyànilate d'ai^ent obtenu en précipitant razotate d'argent par le cyànilate d'ammoniaque , une proportion d'acide cyanilique se trouve représentée par la formule atomique G^^Az^H^O®.
Hydraté , sa formule est G^^Az^ffiO^+^H^O.
Pour le préparer, il faut faire bou'diir avec de l'acide azotique concentré le mellon (G^Az*^) jusqu'à ce qu'il splt devenir blanc. On laisse refroidir la liqueur , on eu sépaire la partie solide par la décantation , on la lave avec de l'eau froide, et on la traite par l'eau bouillante. L'acide cyanilique qui la constitue se dissout et cristallise par le refroidissejnent. Outre cet acide , il se forme de l'ammoniaque qui reste uni à l'acide azotique. De plus, il arrive souvent que de l'acide. cyanuri-
3ue accompagne l'acide cyanilique. Dans ce cas, on f^t usage e leur inégale solubilité pour les séparer. G'est l'acide cyanurique qui cristallise le premier. Le mellon joint à une .certfdiae quantité d'eau offîre les élémens du cyànilate d'anunqni^ue , comme on peut le voir par l'équation ; G^^Az^ ,-|- ^^*0^ = C»*Az6H«0« + Az^HS dans lacjueUe G^^Az» représente le mellon* M. Liebig pense que l'acide azotique se borne à agir sur le mellon et l'eau , comme il le feiuiit si\r le cyànilate d'an^moniaque, puis seulement en outre à décoû^oser une portion de l'acide cyanilique produit ; car, sans cette dernière supposition j la quantité obtenue serait inférieure à celle que donnerait le calcul théiurique. Il existe toutefois contre cette explication une objection que ne se dissimule pas le dbimiste aUeoiftiid. Goaunent se &it-il que l'acide as^Aj»^ W\X\^ «k^^
3 ai fasse subîr au meflon cette transfonnation? (Vojes e Chîm. etdePhrs.j t. lvi, p. 4o. )
ARTICLE lY.
jicide para-cjramtriqué:
211 5. L'acide para-cyanuriqne, désigné sous le nom d' cyamuique insoluble^ par MM. Wo hier et Liebig, qui l'ont d vert , est la substance blanche dans laquelle se convertitti cide cyanique hydraté à la température ordinaire.
U contient pour loo, comme Tacide cyanurique, 6o,a83 carbone , 36,874 d*oxîgène, 2,3oi d'hydrogène , et peutl représenté par i atome d'acide cyanique -|- i atome d' (C*Az«0+HO).
On peut l'obtenir en mêlant une solution de cyanatedep tasse concentrée avec l'acide chlorhydrique , ou en déconipsant ce sel fondu par le gaz chlorhydrique sec ^ mais il s'en p» duit beaucoup plus lorsqu'on triture le cyanate de potasse «e l'acide oxalique cristallisé, et qu'on chauffe le mélange aapit de le rendre pûteux. Ce mélange laisse exhaler une odeur & cide cyanique très forte, et se prend en masse compacte ^ que temps après. Il suffit alors de traiter la masse par Td lîouillantc à ()lusieurs reprises. Une petite quantité de matife blanche s(ï dissout. Quant à l'acide cyanurique , il reste a poudre très ténue et très abondante. La matière blanche pi^ ratt Aire de Tncide para-cyanurique hydraté ou représenlépr 1 ntonie d ucide cyanique et 2 atomes d'eau : du moins, tcb tHit sa composition , et ce qui tend à la prouver ^ c'est qnelV cide para-cyanurique , pur une ébullition prolongée dans Teia semble donner lieu ik un peu d'acide hydraté.
L'acide para-cyanuriquc est insipide , inodore , complet' ment insoluble dans Teau , dans l'alcool, sans action sur IV cide azotique , l'acide chlorhydrique , l'eau régale. L^acidt sulfurique concentré le déconipase à l'aide d'une douce chaleur , et agit sur lui, comme tous les acides, sur lacide çyanioue. D y a donc un grand dc'^agement de gaz carbonique €t formation de sulfate d'ammoniaque (21 10).
La potasse dissout facilement l'acide para-cyanurique.Lali-
Sseur donne par Tévaporation du cyanurate et du carbonate 'ammoniaque , d'où il est probable qu'il se produit un peu de cyanate.
M«Mimi< à l'action d'une douce chaleur, l'acide para-^cyanmiqm:*t:i ««< traïuffunne comme l'acide cyanurique en acide cyanique byiliali.
l''^ tkfi seules expériences auxqueU-» l'^^çide para-(^
ACIDE FULBUNIQtrE. 181
nuricpie a été soumis. En établissent-elles réellement l'acidité? Pour moi, j'en doute. La question reste .indécise. Il ne serait pas extraordinaire, au reste, qu'une substance acide fût isomérique avec une substance non acide.
ARTICLE Y
Acide fulminique.
21x6. L'acide fulminique, reconnu par MM. Liebig et Gay- Lussac dans les poudres fulminantes d'argent et de mercure, n'a
Eoint encore pu être isolé. Aussitôt qu onle sépare de ses corninaisons, il se transforme en proauits nouveaux, tant est grande la mobilité de ses élémens : aussi, les fulminates ont-ils tous la propriété de détoner par le choc ou la chaleur avec plus ou moins de force.
Sa composition et sa capacité de saturation sont les mêmes que celles de l'acide cyanique : il a donc pour formule C*Az*0. Mais ses propriétés sont essentiellement différentes. D'une part , les cyanates ne donnent jamais lieu à la moindre détonation , et d'autre part , lorsqu'on décompose les fulminates par les acides, l'acide fulminique n'est jamais cbangé, comme Test l'acide cyanique, en acide carbonique et en ammoniaque.
Nous n'examinerons en particulier que les fulminates cTargent et de mercure.
2 II 7. Fulminates d! argent. — Pour obtenir le fulminate d'argent , MM. Gay-Lussac et Liebig ont suivi un procédé qui est sensiblement le même que celui qui était connu avant leurs expériences. « On met dans unmatras de 7 litre 458'""' d'acide azotique à 38 ou 4o^ de Baume (i,36 à i,38 de densité) et une
Eièced'argent de { franc, contenant 2,26 grammes d'argent pur. orsque la dissolution de l'argent est terminée, on la verse dans 6o«""* d'alcool au titre de 85 à 87 degrés centésimaux. Le liquide porté à l'ébuUition se trouble bientôt , et commence â déposer du fulminate d'argent : on éloigne aussitôt le matras du feu, et on ajoute successivement, en plusieurs portions, une quantité d'alcool égale à-peu-près à la première, pour ralentir 1 ébuliition, qui néanmoins continue encore d'elle-même. Lorsque l'ébuUition a cessé, on laisse refroidir ^ on jette le fulminate sur un filtre, et on le lave avec de l'eau acidulée jusqu'à ce qu'elle n'entraîne plus d'acide : le fulminate est alors d'un blanc de neige, et aussi pur que si l'on eût employé de l'argent fin. On enlève alors le filtre \ on le développe sur une assiette que l'on place sur une casserole remplie a eau à moitié, en la recouvrant d'une feuille de papier, et l'on chauffe jusqu'à l'ébuUition, pendant 2 à 3 heures. On obtieul ordinaire-
nient un poids de fulminate égal à celui de l'argent employé : on devrait en obtenir à-peu-prës un tiers en sus; mais ce tiers reste en dissolution dans l'acide azotique et dans les eaux de lavage. )>
Indépendamment du fulminate, il se forme plusieurs autres produits, savoir : de l'éther azoteux , du gaz carbonique, de l'eau. Comment interpréter tous ces phénomènes? De la manière suivante:
I atome d'alcool = C*H* + WO.
1 atome d'acide azotique = Az^O*.
Or, comme i atome a'acide fulminique = C*Az*0;
(C<H* + H^) + Az^O* peut être représenté par C«AzH)+
Mais que deviennent les deux atomes d'oxigène de la formule précédente : ils transforment le carbure d'hydrogène de I second atome d'alcool en eau et acide carbonique, à l'aide de 4 atomes d'oxigène fournis par 2 atomes d'acide azotique, qui passent ainsi à l'état d'acide azoteux, comme on le voit dans la formule suivante :
aO + aAz^Qs + (C*H* + ffO^ = 4CO + 3tf O + a AzHJ*.
Dès que les deux atomes d'aciae azoteux (aAz*0®) sont formés, il réagissent sur 4 atomes d'alcool et forment 2 atomes d'étber azoteux (2Az^<> + sC^H® +H-0) en mettant i atome d'eau en liberté (tt^O).
Dans le cas où il y aurait excès d'acide azotique et d'alcool par rapport à l'argent pour la préparation du fulminate, ils réagiraient à la manière ordinaire. [P^of. éther azoteux.)
Composition, — Le fulminate d'argent détone seul très facilement par le feu ou le choc ; cependant, une fois qu'il est mêlé à certains corps, particulièrement au bi-oxide de cuivre, il peut être Broyé sans danger dans une capsule avec un bouchon de liège ou le doigt, et être ensuite exposé à l'action du feu.
MM. Gay-Lussac et Liebig ont mis cette propriété à profit
Sour déterminer la quantité de carbone et d'azote contenue ans l'acide du fulminate; ils se sont assurés ainsi que ces deux corps étaient dans les proportions qui représentent le cyanogène, car l'expérience leur a donné un mélange de 2, volumes de gaz carbonique et de i volume d'azote.
Pour connaître la proportion d'oxide d'argent , ils ont traité ensuite une portion de fulminate bien sec par l'acide chlor-
peu d acide azotique, vers la tm de J evaporatiôn, dêf détruire une petite quantité de sel ammoniac formé aux dépens des éïémens de l'acide fulminique et de l'eau. La quan-
ACIDB FULBUmQUE. IM
tité de chloTtire a été telleqne le falminate doit contenir 77,5^8 d'oxide d'argent.
Connaissant la quantité d'oxide du fulminate et sachant le rapport de l'azote au carbone, ils ont dierchë à déterminer les autres élémens. C'est encore au moyen de i'oxîde de cuivre qu'ils ont procédé à cette nouvelle recherclie*, ils ont donc mêlé le fulminate avec Foxide dans les proportions convenables et n'ont rien négligé pour opérer sur des matières bien sèclies [jinn. de Chim. et de Phys.y xxv, 290). L'opération a été faite sur 3 décigrammes de fulminate et a été répétée 4 ft>is. Ils n'ont obtenu que des traces d'eau; et en considérant le carbone et l'azote dégagés comme étant à l'état de cyanogène, 100 de fulminate leur auraient donné 17,160 de ce dernier gaz.
Or, 100 de fulminate contiennent 77,628 d'oxide d'argent ou 72,187 d'argent et 5,34i d'oxigène; il s'ensuit que l'analyse, en négligeant les traces d'eau, offre une perte de 5,3 12.
Ces 5, 3 12, qui équivalent très sensiblement à la quantité d'oxigène de l'oxide, ne peuvent être attribués ni à de l'eau ni à de l'hydrogène; par conséquent, ils ne peuvent provenir que de l'oxîgéne appartenant à 1 acide fulminique.
Le fulminate doit donc être composé de
77,528 d'oxide d'argent, 22,472 d'acide fulminique.
En conséquence, dans ce fulminate, la quantité d'oxigène de l'acide doit être égale à celle de l'oxide, et la composition dû sel doit être exprimée par la formule AgO,C*Az^O.
Propriétés, — Le fulminate d'argent résiste à une température de i3o**. Chauffé plus fortement, il ne tarde point à produire une forte explosion. Le plus léger choc entre deux corps durs su£Bt pour le faire détoner, à la température ordinaire, même au milieu de l'eau. Il ne faut le toucher qu'avec des baguettes de bois, et ne le prendre qu'avec des cuillers de papier. Sa saveur est métallique; il n'a point d'odeur, ne rougit point le tournesol , et colore la peau à la manière des sels d'argent.
Exposé à l'air, il devient rougeâtre et ensuite noir.
L'eau bouillante eii dissout un trentième de son poids et en laisse déposer une partie, par le refroidissement, sous forme d'aiguKles cristallines blanches et soyeuses. Une goutte d'acide sulfurique concentré le fait fulminer.
H parait qu'en le mettant en contact avec les dissolutions alcalines, on en précipite la •; de l'oxide (t); qu^ en résulte
(i] L'aoïnioDiaque fait exceptiun ; elle n'y cause aucun trouble : le double fulminate qu'elle forme est très fulminant.
itU ACIDES AZattS,
uu fulmiiiale double plus ou moins toluble et crilalKnaMe^
3 ne la solution de ce fulminate, cjnoigne contenant de Foxide 'argent, n'est pas troublée par les cblonires; que Pacide azotique s'empare de la base alcaline et produit un dépôt blanc de bî-fulminate d'argent. Toutefois, conune il se pourrait cine l'action de la base alcaline fût Tariable et mît en liberté plus ou moins d'oiide d'argent, il Tant mieux préparer les doubles fulminates d'argent solubles en décomposant i prop. de fulminate par ~ proportion de cblorure de potassium ou même un peu moÎDs, puisque le fulminate d'argent indéconinosëy étant très peu soluble, reste avec le cblorure d^argenL D'ailleurs les doubles fulminates détonent ions avec plus on moins de force par le cboc ou la cbaleur i ce sont, comme le fulminate d'argent, des corps sur lesquels on ne doit opérer qu'avec de grandes précautions.
La magnésie, par l'intermède de l'eau, produit des phénomènes analogues.
Le mercure, le cuivre, le fer, le zinc, plongés dans ane solution bouillante de fulminate d'argent, en opèrent la décomposition; tout l'argent est précipité et l'on obtient de nouveaux fulminates. Celui de mercure détone fortement, les autres beaucoup moins.
Les acides chlorbydrique , iodhydrique et sulfbydrique produisent avec le fulminate d'argent des phénomènes remar*-
3uables. Tou& le décomposent, même à froid, par l'intermède e leau : il en résulte, i avec l'acide cblorhydrique, du cblorure d'argent, de l'acide cnranhydrique et un nouvel acide contenant du cblore, du carbone et de l'azote, qu'il est facile d'ol)tenir pur en versant peù-à-peu de l'acide chlorbydrique sur le fulminate d'argent jusqu'à ce que le liquide filtré cesse de se troubler; 2° avec l'acide iodhydrique, des composés analogues, et par conséquent un acide dont l'un des principes est l'iode; 3** avec l'acide sulfbydrique, un acide où l'on retrouve le soufre; mais sa formation n'est point accompagnée de celle de l'acide cyan hydrique : seulement il se produit du sulfure d'argent; 4° avec i'aciac sulfurique et l'acide oxalique, de l'acid(; eyanhydrique et de l'ammoniaque sans aucune eflFervescence. Observons toutefois que ces derniers résultats ne se concilient pas avec la composition de l'acide fulminique. La lh(M)ric fait voir qu'il devrait se produire de Tammoniaque et de Tacidc carbonique. (P^oj'ez pour plus de détails les mémoires de MM. Liebig et Gay-Lussac, jénn. de Cfdm. et de Phys,^ t. XXIV, p. 294, et t. xxv, p. 280.)
21 1 8. Fulminate de mercure. — C'est à Howard qu'on doit la découverte de cette poudre ; et c'est par suite de cette décou-
ACIDE GTANHTD&IQUE; 185
verte qu'on fut conduit à faire celle du fulminate d'argent.
Ce sel s'obtient aisément, en dissolvant, à la température ordinaire, une partie de mercure dans 1 2 parties d'acide azotique à 34° de 1 aréomètre de Baume, ajoutant 1 1 parties d'alcool du commerce à la dissolution, chau&nt le tout au bain marie, et ôtant le vase du feu, lorsque des vapeurs très épaisses commencent à se montrer, vapeurs qui parabsent dues à de la vapeur mercurielle et qui ne se manifestent pas dans la préparation du fulminate d'argent. La poudre se précipite peu-àpeu par le refroidissement en petits cristaux.
Si on craignait qu'elle ne fut pas pure, il faudrait la dissoudre dans l'eau bouillante; elle s'en précipiterait sous forme d'aiguilles par le refroidissement. Les corps qui peuvent l'altérer, sont Vazotate ou Toxalate de mercure : elle contient une certaine quantité du premier, quand on ne cbaiiffe pas jusqu'à ce qu'il se manifeste d'épaisses vapeurs, et plus ou moins du second, quand on fait cbauffer trop long-temps.
Cette poudre est blanche ou d'un blanc gris; placée entre des corps durs, elle détone avec grand bruit par un choc assez léger : aussi ne doit-on la toucher qu'avec des baguettes de bois et des cuillers de carte. Projetée sur des charbons incandescens, elle brûle avec une flamme d'un bleu tendre, accompagnée d'une légère explosion. Elle est sans odeur, sans action sur le tournesol; sa saveur est métallique; ses propriétés chimiques ont la plus grande analogie avec celles du fulminate d'argent. C'est cette poudre qu'on emploie aujourd'hui pour faire des amorces détonantes par le choc. On commence par la broyer sur une table de marbre avec une molette en bois, après l'avoir mouillée avec 3o pour 100 d'eau; on ajoute ensuite 6 parties de poudre ordinaire ou de nitre sur 10 de fulminate et l'on continue à broyer. On obtient ainsi une pâte ferme qui, essorée au degré convenable, est mise en grams : chacun d'eux fait une amorce. (^Foyez le rapport sur les poudres fulminantes pouvant servir d'amorces, par MM. le colonel Aubert, Pélissier et Gay-Lussac, jinn, de Cfdm. et de Phys.^ xlii, 5.)
ARTICLE VI
Adde cyanhjdrique {^acide hydro-cyanique j acide prussique)^
2119. M. Gay-Lussac ayant trouvé que l'acide prussique ou l'acide du bleu de Prusse était composé d'hydrogène , d'azote et de carbone ; que l'azote et le carbone unis ensemble formaient un corps qui lui servait de radical , a cru devoir ap-
Îelerce corps cyanogène (^A^yvnéuùyf engendre^ et de xuavoç, /eu) (149); de là i^ar conséquent les expressions d'ocicfe cyanily-
186 ACIDS8 âZOTES.
drique au lien d'acide pmssiqne , de cjranum an fien de pnn- fa siure. L'acide cyanhydrique est donc le même crae Tacàde 3 pmssique. Nous verrons bientôt que dans * les combinaison!, il joue le même rôle que les acides chlorbydrique , iodhydrique , brombydrique , fluorbydrique.
C'est à Schéele que nous devons la découverte de Facide cyanhydrique 5 il la fit en 1780; mais il ne le connut qn'oni à une grande quantité d'eau ( i ). M. Gay-Lussac est le premier qui soit parvenu à l'obtenir pur^ Prescpie tout ce qui précède est tiré ae son Mémoire (2). Un grand nombre d autres chimistes ont également fait des recherches sur l'acide cyanhydrique. Les plus remarquables sont celles de M. Proust (3), celtes de M. Porret (4)? celles de M. Vauquelin (5), celles de M. Robiquet (6) , celles de M. Berzelius (7) , celles de M. Kuhlman (8) et celles de M. Pelouiie (9) : nous aurons occasion de les citer par la suite.
2 1 1 9 bis. Propriétés physiques. — L'acide cyanhydrique pur, i la température ordinaire, est liquide, transparent, sans couleur; sa densité à -j- 7 degrés est de o,7o583 , et celle de sa vapeur de 0,9476. Il rougit légèrement la teinture de tournesol. Son odeur est si forte , qu'elle produit presque sur-le-ehamp des maux de tête et des étourcfissemens ; elle ne devient supportable qu'autant que l'acide est répandu dans une tirés grande quantité d'air : alors elle est la même que celle des amandes amères.
2 1 20. jiction sur l^ économie animale. — L'action de l'acide cyanhydrique sur l'écouornie animale est des plus vénéneuses : c'est ce qui résulte des expériences de MM. Coulon, Emmert ( i o) , Robert ( 1 1 ) , Orfîla ( 1 2) , e t surtout de celles de M. Magendie (i3). Pour le prouver, nous ne pouvons înieux faire que de citer ce que ce dernier physiologiste a publié à cet égard. « L'extrémité d'un tube de verre trempé légèrement « dans un flacon contenant quelques gouttes d'acide pmssique
(i) Mémoires f t. ii.
(2) Ann. de Chim,, t. lxxvii, p. laS, et t. xcv, p. x36.
(3) Ann, de Chim,, t. i.x, p. aaS.
(4) Ann. de Ch. et de Phjs,, t. i, p. lao, et txii, p. 37a et 87 S.
(5) Ann. de Ck. et de Phjrs., t. ix, p. 1 13.
(6) Ann. de Ch. et de P/irs., t. xvii.
(7) Ànn. de Ch. et de Phrs.y t. xv.
(8) Ann. de Ch. et de Pnjs.y t xl, p. 441.
(9) Ann. de Chim. et de Phys., t. XLVin, p. 3^5.
(10) Ann. de Chim., t. Lxxri, p. io3.
(it) Ann.de Ckiin.^ t. xcii, p. 5a.
(12) Toxicologie.
(t3) Ann, de Ch. et de Phys,^ vi, 347 .
AaDÉ ctaishtdrique: §87
« por, fîit transportée immédiatement dans la gaenle d'un « chien vigoureux : à peine le tube ayait-il touché la langue, « que l'animal fit deux ou trois grandes inspirations précipi- « tées , et tomba raide mort. Il nous fut impossible de trouver « dans ses organes musculaires locotomeurs aucune trace d'ira ritabilité.
« Dans une autre expérience, quelques atomes d'acide « ayant été appliqués sur l'œil d'un chien , les effets furent « presoue aussi soudains que ceux dont je viens de parler^ et « d'ailleurs semblables.
K Une gouttetl'acide étendue de quatre gouttes d'alcool ayant « été injectée dans la veine jugulaire d'im troisième chien , « l'animal à tinstant même tomba mort y comme s'il eut été « framé éCun boulet ou de la foudre.
fi En un mot, l'acide prussique pur est, sans aucun doute , « de tous les poisons connus le plus actif et le plus prompte- « ment mortel ; sa puissante influence délétère nous permet « de croire ce que les historiens rapportent du coupable talent «( de Locuste , et rend moins extraordinaires ces empoisonne- « mens subits si communs dans les annales de l'Italie. »
L'on voit, d'après cela , que l'on ne saurait prendre trop de soins pour se mettre à l'abri de sa vapeur. C'est toujours en détruisant la sensibilité et la contractilité volontaire des muscles
l'il agit sur les animaux à sang chaud , et la mort qu'il pro-
is ra-
ihydri-
(pc soit si délétèr^î , il paraît d'après les expériences de MM. Siméon, Nonat et Persoz, qu*on peut en détruire les effets par l'emploi inunédiat du chlore : ainsi , lorsqu'on fait une incision à un animal et qu'on y applique une quantité d'acide su£Bsante pour le tuer , on le rappelle promptement à la vie, au moyen de quelques gouttes de chlore en dissolution dans l'eau. Il est évident qu'alors le chlore détrait l'acide en s emparant de l'hydrogène [Ann, de Chim, et de Phys,^ t. xl, p. 334 et t. XLiii, p. 324)- Il paraîtrait aussi, suivant M. Murray, que l'ammoniaque serait l'antidote de l'acide cyanhydrique. aI. Frémy a fait une expérience tendant à confirmer cette assertion, (/of/m. de chim. med. 1. 1, p. 482.)
M. Lassaigne assure qu'on peut presque toujours reconnaître la présence de l'acide prussique dans les alimens d'un animal qui n'en aurait avalé qu'une quantité extrêmement petite ; il suffit alors de les soumettre à une douce chaleur dans une cornue, de recueillir le liquide distillé , d'y ajouter un peu de potasse y puis du sulfate de bi-oxide de cuivre , et ew^n. d^
«88 ACIDES AZOOft. -
^'acide chlorbydriaue qui dissoudra Tezcès d'aùde la solution prendra aussitôt un aspect laiteux, moins intense , dû à la formation du bi-e^amue St\ {^Ann. de Chinu et dePhjs.^ t* xxvii, p. aoo.)
aiai. Composition, — C'est en faisant passer, d'i une certaine quantité d'acide cyanbydnque en ti] exemple , deux grammes , dans un tube incandescenta du fer, et, d'une autre part, la m^me quantité d'aciiej hydrique dans un autre tube également încandesceBl,! contenant un excès de bi-oxide de cuivre, qu'on] — cilement à déterminer la nature de cet acide et la de ses principes constituans. En effet, tout Tacide sei pose complètement dans les deux cas ; et l'on obtient,
Sremier , un dépôt de charbon et parties égales d'azotedi rogène en volume; dans le second , de l'eau , et dugaii nique et du gaz azote dans le rapport de a à i. Mais unii de gaz carbonique représente un volume de vapeur de Cad dont la densité est 0,4^20, c'est-à-dire celle du gaz ai
Sue moins celle du gaz oxigèue : par conséquent, lui i e vapeur cyanhydrique doit être composé deunT de vapeur de carbone , un demi-volume drazote et un volume d'hydrogène , ou de un demi-volume de cyai et de un demi-volume d'hydrogène : aussi, en ajoo densité de la vapeur de carbone, qui est de 0,4^2 moitié de la densité du gaz azote ou à 0,4878 , et à la de celle de Thydrogène ou à o,o344 > trouve-t-on 0,94 est, à trois millièmes près, la densité de la vapeur c drique, et parvient-on au même résultat en ajoutante de la densité du gaz hydrogène à la moitié de celle du gène. Il suit donc de là que l'acide cyanhydrique < sur 100, en poids, 449^9 de carbone, 5 1,66 d'azote, d'hydrogène.
Ce qui , d'après sa capacité de saturation , donne p mule atomique de son nombre proportionnel G* Az* 1 2122. Propriétés chimiques. — Sa volatilité est très En effet, il bouta 26,5 degrés sous une pression de et à 10'*, il soutient une colonne de mercure de o""congélation est facile à opérer : elle a lieu à - — 1 5 aussi , lorsqu'on verse quelques gouttes de cet acîd
Sapier, la portion qui se vaporise presque instantanén uit-elle assez de froid pour faire cristalliser l'autre : c'< liquide qui possède cette propriété. On Vobtient bien cilement cristallisé, en plongeant le vase qui le<3ontieni mélange de 2 parties et demie de glace ^*^ '''ne parti' alors il affecte quelquefois la forme de ^ ' unim
ACIDE CTANHTDRIQUE. 189
Soumis & l'acdon de la pile , il se dëcompose : l'hydrogène se porte an fil iiégatif et le cyanogène au fil positif.
Abandonne à lui-même dans des vaisseaux fermds, il se décompose aussi, quelquefois même en moins d'une heure ; rarement on le conserve au-delà de quinze jours, à moins qu'on . ne le place dans l'obscurité; car il parait que c'est à la lumière qu'est due la décomposition qu'il éprouve; il commence par prendre une couleur d'un brun rougeâtre qui se fonce de plus en plus, et bientôt il se convertit en une masse noire qui exhale une odeur très vive d'ammoniaque.
En analysant cette masse, M. P. Boullay l'a trouvée formée de cyanhydrate d'ammoniaque et d'un composé de 50,67 ^^ carbone, 47»64d'azote et 1,69 d'hydrogène, qu'il appelle acide axubniqiie^ et qui aurait pour formule G^Âz^H, de telle sorte que 6 atomes d'acide cyanhydrique se transformeraient en z atome de cyanhydrate d'ammoniaque -{- 2 atomes diacide axulmiquej comme 1 indique la formule 6(G^Az,H)=(G^Âz,H-f* AxH*)-|-C*^Az*H'*, Le cyanhydrate d'ammoniaque se sépare, soit en chaufiant la masse noire au bain-marie, soit en la traitant par l'eau : dans tous les cas, le cyanhydrate se vaporise on se dissout , et Yacide azulnUque reste en poudre d'un brun noir, (i)
Cependant, lorsqu'on le fait passer en vapeur à travers un tube incandescent , jamais sa décomposition n'est complète ;
(i) Ls matière noire» appelée acide azulmique par M. Boullay, pour indiquer •■ia-Cois son rapprocbemeut avec l'acide ulmique et la différence de sa nature diimiiiue, est insipide, inodore, susceptible de se décomposer pnr la chaleur en don* amtdacyanhydrated'ammouiaqueducyanogèneet du charbon, insoluble dans Teau, èusraleool, soluble à froid dans Tacide azotique coucentré qu'elle colore en beau itnge aurore, soluble surtout dans les alcalis et Tammoniaque, qui alors prennent Que couleur d'un brun foncé. Les acides précipitent la matière brune des dissolutioDi alcalines, et la plupart des sels des 5 dernières sections lès décolorent en y formant an précipité brun. Dans toutes ces propriétés, il n*en est qu'une seule qui tende à faire croire que cette matière soit acide ; c'est celle de se dissoudre dans leialotlis et de s'unir aux oiides. Mais elle ne suffit point évidemment pour carac< tériser an acide. Plusieurs substances, qui ne sont poiut acides, possèdent cette propriété: telle est entre autres l'albumine. A la vérité, nous avons admis au nom- Itte des acides Vuimine, qui se rapproche à beaucoup d'égards de l'acide azulmique et M. Boullay. Mais l'ulmine neutralise les bases , elle rougit le tournesol, elle dèeumpose les carbonates alcalins.
Quoi qu'il en soit, cette matière noire, qu'on pourrait peut-être désigner sous le nom à*atuimine, parait se former, ainsi que l'a remarqué M. Boullay, dans un pand nombre de circonstances, par exemple dans les décompositions spontanées dn cyanhydrate d*ammoniaqneet du cyanogène dissous dans l'eau, dans la réaction dn cyanogène sur les ba%es, et aussi dans celle qu'exerce l'acide azotii|ue faible sur la fbnie, c'est-à-dire sur le charbon très divisé qu'elle contient : ce qui semble certain, c'est qne lerésidu que fournit alors la fonte possède les principales propriétés èé Vazuimine, (P. Soulla/.)
190 kcSBÊB àixmts.
il en résulte un léger dépôt de chadbon y du gpa hydrogéné» et un peu de gaz azote et de cyanogène mêlé de beaucoup dV cide.
Mis en contact avec les gaz, à la température de ao^, il ta augmente singulièrement le volume.
Il prend feu sur-le-champ dans l'air par l'approche d'an corps en combustion : aussi sa vapeur mêlée à l'côigène oousdtue-t-elle un mélange détonant sous l'influence d'une chakiir rouge ou d'une étincelle électrique. • &
L*hydrogène, le bore, le silicium , le phosphore, l'iode, l'a- a zote ne lui font éprouver aucune altération. Le chlore enlèTe facilement Thydrogène à Tacide cyanhydrique ; de là de l'acide chlorhydrique et du chlorure de cyanogène.
L'action du brome est probablement la même que celle du ii chlore. Le soufre volatilisé dans la vapeur cyanhydrique l'ab- i sorbe très bien : le résultat de l'absorption est un ccMnpoaé so* l lide qui paraît être formé de cyanogène et d'acide sàSr hydrique.
L'eau et l'alcool le dissolvent en toutes proportions.
De tous les métaux , c est le potassium qui nous offre, avec k vapeur cyanhydrique, les phénomènes les plus curieux et les plus importans à connaîtie. t
Lorsqu'on chauffe dans uu excès de vapeur cyanhydrique | une quantité de potassium capable de produire avec l'eau 5o ^ mesures de gaz hydrogène, ce métal décompose loo mesures de cette vapeur, absorbe tout le cyanogène de ces lOO mesures» et en dégage en même temps tout l'hydrogène, c'est-à-dire, ~ OU 5o (i) : si Ton verse ensuite de l'eau sur le cyanure dé potassium produit , il le dissout \ d'où l'on voit que le potassium agit sur l'acide cyanhydrique, comme sur les acides chlorhydrique, fluorhydrique, bromhydrique, iodhydrique, puis- 3u'il dégage des uns et des autres la moitié de leur yolume 'hydrogène, et que, dans le cyanure^ le cyanogène joue, relativement à ce métal, le même rôle que le chlore, le fluor, le brome, l'iode dans les chlorures, fluorures, bromures, iodu» res : nouvelle preuve que l'acide cyanhydrique doit être oonr sidéré comme un véritable hydracide.
(i) Pour faire cette expérience commodémeot, il faut faire paiser la ?apew cyanhydrique mêlée d'azole daiis une petite cloche courbe pleine de merrare, y introduire le potassium, le chauffer, mesurer le gaz après la transformation du métal en une substance fusible et d'une couleur jauoàlre, qui est le cyanure, traiter le résidu gazeux par une dissolution de potasse pour absorber l'acide cyanhydrique non attaqué, et déterminer dans rendioiBàtrtt. la quantité d'hydrogène coB« teoue dlaos Je gai aoQ aUorbé par l'iilcali.
'ACtDE CTANHUUUQUE. 191
lotrodoît avec du £er sous une éprouvette pleine de mercure, il ne change pas de nature , et n'est pas absorbé; mais, en ajoutant de l'eau au mélange, il se dégage peu-àpeu du gaz bydrogène, et il se produit du bleu de Prusse. (Vauquelin.)
Les oxides métallicjues en général tendent à exercer sur lui la même action que sur les acides cblorbydrique, fluorbydrique, bromhydrique , iodbydrique, c'est-à-dire à former de Peau et des cyanures. Voilà ce que nous offrent d'une manière remarquable les oxides des dernières sections, par exemple ceux de ^lercure, d'argent. La réaction se manifeste promptement, et l'on observe même que si l'opération se faisait à chaud dans une clocbe coiu'be, où 1 on aurait introduit de la vapeur acide et de l'oxide d'argent desséché, la température, au moment de la décomposition réciproque des deux corps, se trouverait si élevée que le cyanogène deviendrait libre, et qu'il serait dangereux d'opérer sur une trop grande quantité de matière à-la-fois. On ne pourrait employer alors la chaleur sans danger qu'autant qu'on affaiblirait l'acide en l'unissant à Teau, ou qu'eu mêlant sa vapeur à de l'hydrogène où de l'azote. Il n'en est pas de même avec les dissolutions alcalines : ce n'est qu'autant qu'elles sont en grand excès que l'acide se trouve neutralisé. On dirait qu'ail se forme un oxi-cyanurie ; et ce qui tendrait à faire adopter cette opinion , c'est que le cyanure de potassium en se dissolvant dans l'eau laisse exhaler <l'odeur de l'acide cyanhydrique. (i)
L'acide chlorhydriqueetsans doute les autres acides le transforment sous l'iimuence de l'eau , en ammoniaque et en acide formique (2o58).
Il d!ecompose les sels de mercure protoxidé , en sépare l'adde , en réduit l'oxide, et de là résultent du mercure libre et dn bi-cyanure mercuriel. Il précipite la dissolution d'azotate d'argent en blanc, celle de carbonate acide de fer en vert de mer qui devient bientôt bleu; il trouble aussi les dissolutions des sulfures et de savon; mais il paraît qu'il n'agit point sur la plupart des autres combinaisoni salines.
ai 23. Etat naturel, préparation. — Jusqu'à présent cet acide n'a point été trouvé dans la nature, si ce n'est, du moins d'après quelques chimistes , dans les feuilles de laurier-ccric^ii [prujsuis laurO'Cerasus ), les amandes amères (am/gdaliis coinmunis) ^ les amandes de cerises noires {prunus aiflum)^ les amandes, les feuilles et les fleurs de pêcher ( amygdalus per-
(i)GeltaodiiiriieprQn«airail^ejiasdoraetioa(lek'aùâAC^^
192 AGIOÊS AZOTÉS.
sica\ et âans quelques ëcorces (Jounud de Physique, pour i8oo). Gependaiiit il se forme dans un grand nombre de nos opérations : on ne peut distiller auctlne substance végétale on animale azotée sans en former une certaine quantité ; il s'en roduit beaucoup plus, lorsque l'on calcine ces substances avec e la potasse ou de la soude , qu'on lessive le résidu et qu'on verse un acide dans la dissolution ; on en obtient également beaucoup en substituant y dans l'opération précédente , des cbarbons animaux aux substances aniixLales; c'est l'un des produits constans de l'action de l'acide azotique sur les matières végétales et animales , et, suivant Glouet, de ceHe du gaz ammoniacal sur le charbon incandescent.
On l'obtient en traitant le bi-cyanure de mercure ou le cyanure de potassium par l'acide chlorbydrique liquide et légèrement fumant, ou bien encore le bi- cyanure de mercure par l'acide suif hydrique.
he premier procède s'exécute dans un appareil qui se compose : 1** d'une cornue tubulée qu'on place sur un fourneau 5 2" d'un long tube; 3** d'un petit flacon qu'on entoure de glace. Le long tube est presque courbé , à angle droit, à Tune de ses extrémités ; à partir de sa courbure , les deux tiers de sa capacité sont pleins de fragmens de chlorure de calcium , et l'autre tiers de fragmens de marbre 5 il communique d'une part avec le flacon par la partie courbe, et de l'autre avec la cornue : il est bon de lentourer de glace dans presque toute sa longueur, de même que le flacon. L'appareil étant monté, on introduit le cyanure de mercure en poudre par la tubulure de la cornue *, puis Ton adapte à cette tubulure un tube à trois branches pour verser l'acide par petites portions , faisant en sorte que la cornue soit chaude avant que la deuxième portion d'acide ne soit versée, et entretenant le feu pendant tout le cours de l'évaporation. L'acide et le cyanure se décomposent réciproquement •, il en résulte du bi-cyanure qui se dissout en partie et de l'acide cyanhydrique qui se vaporise i mesure qu'il se forme et vient se condenser dans le tube. Lorsque la quantité de liquide devient très sensible, il faut sospenare l'opération pour purifier le produit déjà obtenu : cette opération se fait en enlevant la glace qui entoure le tube et le cnaufiant doucement. Par ce moyen, Facide êyanhydriqûe
Easse seul dans le petit flacon, car Teau et le peu d'acide chlorydriquequi auraient pu être entraînés, sont retenus; savoir : l'eau par le chlorure de calcium , et l'acide chlorbydrique par la chaux.
C'est aussi de cette manière que l'on se procure l'acide cjranijdrique avec le cyanure de 'çot^Àum'^ seulement il faut
ÀCIDE CTATmYDRIQUË Pë:OÏÔ.CYANO-FEË.RÉ. 19S
se contenter de plonger la cornue dans de l'eau à la température de 5o à 60^. Ce procédé est même beaucoup plus économique que le premier , en raison de la facilité que 1 on a à faire le cyanure alcalin.
Le dernier procédé consiste à mettre en contact', à une température un peu élevée, du gaz suif hydrique avec le cyanure de mercure. Le gaz formé dans un ballon , par un mélange de sulfure de fer artificiel et d'acide sulfurique étendu d'eau, est conduit par un petit tube recourbé dans un autre tube horizontal , plus large , placé au-dessus d'un fourneau, et contenant le cyanure mercuriel , plus du carbonate de plomb et du chlorure de calcium. Ceux-ci doivent être introduits séparément à la suite du cyanure , et occuper chacun à-peu-près quatre centimètres de long. A peine le gaz sulfhydrique touche-t-il le cyanure , qu'il en résulte du sulfure de mercure et de l'acide cyanhydrique en vapeur. Cet acide arrivant bien- ■ tôt à l'extrânité du grand tube, cède l'eau qu'il entraîne au chlorure de calcium , et le peu de gaz sulfhydrique qui pourrait ne pas être décomposé , au carbonate de plomb : de là ,^ par un tube ordinaire, il se rend et se condense dans un flacon entouré d'un mélange de glace et de sel.
2ia4* Usages. — Jusque dans ces derniers temps, l'acide cyanhydrique était resté sans usages. M. Magendie , en 1817, en a conseillé l'emploi , à très petite dose , contre plusieurs maladies de poitrine. {Ann. de Ch. et de Phys., vi, 347*)
Acide cyanhydrique proto-cyano-ferré, et acide cyanhydrique
sesqui^cyano-ferré.
a 125. Acide cyanhydrique proto-cyana-^erré, — Nous appelons ainsi l'acide qui fut désigné d'abord par M. Porrett à qui la découverte en est due, sous le nom diacide cyanique-ferruré , puis par d'autres chimistes, sous les noms ^ acide hydro^ ferro-cyanique^ diacide hydro-cyano-jerriqucy d^acid^e-hydro^cya" mque^ferniré j de cyanure-ferreux acide.
Sa composition est représentée par 4 atomes d'acide cyanhydrique et I atome de proto-cyanure de fer 4( H,C*Az ) -j- (Fe,aŒÂz); il renferme en outre i atome d'eau. On l'obtient par divers procédés.
L'un de ces procédés consiste à dissoudre dans l'eau le double proto-cyanure debariumetdefer(2BaC*Az^-|-FeC*Az*), et à y verser la quanti té convenable d'acide sulfurique étendu pour en précipiter le bariimi à l'état de baryte. Il y a décomposition de 1 atomes d'eau (2HO) , et production de 2 atomes de sulfate de baryte et de 4 atomes d'acide cyanhydrique qui s'unit à l'atonie de proto-cyanure de fer comme onL\e noVX àaxvA^
IV, âlMàme édition, -^^
194 ]U3DE& AZOTES.
formulc:.(2BaC*A2*+FeC'Az*;,+2HK)+2S03=a(BaO,SO) 4* (2C^Az^lP, FcC^Az^). Ces! donc le cj'anogène w cyaniire de barium qui passe à l'état d'acide cyanhydiique pour s'unir au proto-cyanure ferrugineux.
Ai| lieu de cyanure double de barium et de fer, on peut employer le double cyanure de potassium et de iev piotoc^'ané. Alors , comme le conseille M. Porrett , on dissout 3o graine de ce double cyanure dans 2 ou 3 dracbmes d'eau cliaudc, et Ton y v(;rse ensuite 58 grains d'acide tartrique en dissolution dans i'csprit-dc-vin; par ce moyen, tout l'acide tartrir{ue se combiur.' avec la potasse et la précipite à l'état de sur-tartrate; la liqueur filtrée ne contient plus que de l'acide cyanliydriqiu; prolo-cyano-fcrrc : en la soumettant à une évaporatiou spontanée, elle le laisse bientôt déposer sou^ forme de cristaux. {Ann. de Chiin. et de P/ijrs., t. zn, p. S^S.)
Enfin , c'est en traitant par Tacide suifhydrique le cyanure de fer et de plomb, provenant d'une solution de proto-cyanure jaune de potassium et de fer , versée dans une solution de plomb , que M. Berzelius prépare Tacide cyanhydrique protocyano-ferré: il lave le cyanure avec soin, le met encore humide dans Teau et Tcxpose à un courant de gaz suifhydrique; il enlève ensuite Pcxcès d'acide suifhydrique par l'addition d'une quantité convenable de cyanure de plomb ferrugineux, filtre la dissolution et l'évaporé dans le vide : dans cette opération, le soufre se combine au plomb, l'hydrogène au cyanogène du cyanure de plomb, et l'acide cyanhydrique qui en résulte au proto-cyanure de fer faisant partie du double cyanure. Ce procédé est fort simple et s'exécute facilement.
L'acide cyanhydrique proto-cyano-ferré se dépose, par Pévaporation spontanée de sa dissolution, en petits cristaux dépourvus d'odeur. Ces cristaux sont incolores et transparens naturellement ^ mais par le contact de l'air, ils prennent peu-à-peu une légère teinte bleuâtre , due à ce qu'il se forme du sesquicyanurc ferrugineux, parce que l'oxigène de l'air s'unit, soit à l'hydrogène d'une partie de l'acide cyanhydrique , soit au fer d'une partie du proto-cyanure et que dans tous les cas il se produit un composé double de proto et sesqui-cyanure de fer (bleu de Prusse); ils bleuissent moins dllTicilement étant humides que secs. Leur saveur est franchement acide et bien marquée; elle n'a rien de commmi avec celle de l'acide cyanliydriuue ordinaire. Us se dissolvent facilement dans l'eau et dans 1 alcool , sans leur communiquer la moindre couleur. La solulioii aqueuse versée sur le pcroxide de fer, ou mêlée au sulfate de peroxide de ce métal , donne tout de suite du jb/t^tf da Prusse j elle ncutcali%e complètement la potasse, la
sa^Ae , la chaux, |a b^yte, etc., et forme avec toutes ces bar 8^ de4i se]$ très stables , et en tQut sei^lables à ceux qu^bn obtient en traitant le bleu de Prusçje par ces alcalis. Lorsqu'on U £»it bouillir en vase clos , elle finit par laisser dégager tout spn 9cide et donupr lieu à un précipité blanc de proto-cyaûiMTç de fer qui l)leuit à l'air. L'acide cristallisé est a plus forte raUpn décomposé p^r la chaleur : il se dégage d'abord, de l'iicide cyanhydrique-, mais bientôt l'eau de l'acide est ellemême décomposée ; il se produit du carbonate d'ammoniaque et il reste du fer carburé.
On voit donc que l'acide cyanhydrique proto-cyano-ferré a des propriétés acides bien plus énergiques que l'acide cyanhydrique pur , et l'on va voir qu'il en est de même de l'acide cyanhydrique sesqui-cyano-ferruréi^
2126. Acide cyanhydrique sesqm-cyanjO'ferré. — Lorsqu'on vecse xlai^s une dissolution de plomb, un cyanure double de proto-cyanu^re de potassium et de sesqui-cyanure de fer, il en résulte un précipité de proto-cyanure de plomb et de sesqui-cyanure de Uix , avec lequel il est facile de se procurer l'acide cyanhydrique sesqui-cyano-ferruré : il suffit pour cela de laver ce prédmté et de le traiter p^ une quantité proportionnelle d'acide suwmque. Lç cyanure est décomposé \ l'acide cyanhydrique feriwré $e forpxç et se dissout dans l'eau, qu'il colore en rouge, eC qui Iç laisse déposer en aiguilles jaune-brunâtre par évappration spontanée.
L'ftcide cristallisé yougit lie tournesol. Sa saveur est acide aviec un arrière-goût astringent; la chaleur en dégage l'acide cy^phydrique» 11 agit sur les dissolutions salines de même que le double cyanure /de potassium protorcya»#ré et de fer sesqui- (panure : ainsi il ne trouble en aucune i^anière les sels de peniHKide de fer et précipite en bleu ceux de protoxide.
Sa composition est e^^primée par la fo^rmule 3(H,C^Az )-{- (Fe,3G*Az) , c'est-à-dife par 3 atomes d'acide cyanhydrique et I atome de sesqui-cyanure de fer. EUe correspond donc an cyanure double de potassium et de fer qui sert à le former
i3KOAz*-j-2FeG<^Az^) : c'est le cyanogène du projto-cyanure e potassium , qui se trouve transformé en acide cyanhydrique et combiné avec les 2 atomes de sesqui-cyanure de fer.
Cyanhydraie d'ammoniaque»
2127. Ce sel cristallise en cubes , ou en petits prismes entrelacés, ou en feuilles de fougères. Sa volatilité est telle , qu'à la température de 22*" , la tension de sa vapeur est égale à environ 45 centimètres dem&GitX6y de, sorte cjo?V "iC? âùsi.
196 ÀODES AixyrkL
jknt ùite ^{àifibfé à la pression deratmospli^. tl se déo(nii«pose avec une extrême facilité , et se convertit en un cbarbon azote qni conserve la forme des cristaux.
Cest en saturant de gaz ammoniaque l'acide cyanhydrique, qu'on se procure le cyanbydrate d'ammoniaque. Il se forme pendant h distillation delà plupart des cyanures doubles ferrugineux hydratés, et surtout en distillant le composé deproto-cjanure de fer et de cyanbydrate d'ammoniaque. ( Gay- Lussac. jinn. de Chim., U xgy, p. 216. )
Cyanures métalliques,
aiaS. Les cyanures alcalins résistent, lorsqu'ils sont anhy* dres, à une haute température. La plupart des autres sont au contraire susceptibles oe se décomposer.
Les produits varient quand on fait intervenir l'eau dans la réaction. Çf^ctjrez cyanure de potassium et cyanure de mercure.)
Les cyanures à radicaux alcalins, celui de magnésium, le bi-cyanure de mercure, sont solubles. Ceux de manganèse, de zinc, sont insolubles.
Traités par l'acide cblorhydrique , la plupart des cyanures, surtout les cyanures solubles , donnent de l'acide cyanhydrique ou de l'acide formique et de l'ammoniaque , suivant les
ranti^s de matières respectives que l'on emploie. L'acide esttrès prédominant? Il y a production d'acide formique et d'ammoniaque. Est-ce , au contraire , le cyanure qui est en excès ? n se forme de l'acide cyanbydrique. Dans tous les cas , de l'eau est décomposée. Par exemple , i atome de cyanure de potassium -j- 3 atomes d'eau -|- un excès d'acide cblorhydrique donnent i atome d'acide formique, 2 atomes d'ammoniaque, et par suite de chlorhydrate d'ammoniaque -j- I atome de chlorure de potassium , comme le fait voir la formule suivante : (C*AzSK) 4-3H»0 + 4 HCb = G*HK)* + 2(AzHSHCb) + KCb^).
Tous les cyanures, ou presque tous les cyanures, possèdent la propriété de s'unir au proto-cyanure de fer et de former des cyanures doubles qui sont très remarquables et jouissent d'une grande stabilité.
Leur composition est analogue à celle des chlorures , iodnres , bromures , fluorures.
Le cyanogène joue donc, par rapport aux métaux , absolument le même rôle que le chlore, l'iode, le brome et le fluor.
Aucun ne se trouve dans la nature.
On les obtient , soit en faisant réagir l'acide cyanhydrique rar J€9 oxides libres ou unis aux adàes ^ ^\1 eu çréàpitant
PROTO-CTANCRE DE POTASSroM. 197
les disaolutions salines par le cyanure de potassium , soit en calcinant les doubles cyanures ferrures , procède qui s'appli* que particulièrement à la préparation des cyanures alcalins , soit en décomposant des cyanures faciles à faire par desoxides qui échangent leur oxigène ayçc le cyanogène de ces cyanures^ quelquefois même en combinant airectement le cyanogène avec les métaux.
A 129. Proto^anure de potassiufji^^'^lue proto-cyanure de potassium peut se faire directementvil suffit ae cbauffer le po* tassium avec un excès de cyanogène .dans une petite cloche courbe sur le mercure. L'absorption est rapide et accompagnée de lumière. Il se forme encore, quand on calcine des matières animales avec de la potasse; mais alors il est difficile à purifier. Le meilleur procédé pour l'obtenir est de dessécher le cyanure double de potassium et de fer proto-cyanuré , et de l'exposer à l'action a une chaleur rouge dans une cornue de porcelaine^ jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'azote. Le cyanure de fer est décomposé : en laissant dégager son azote, il passe à l'état de ' ' ^ * î mêlé avec
ssolvant d évaporant le vide , par l'intermède de l'acide sulfurique.
Le cyanure de potassium est jaunâtre ; sa saveur est alcaline, n résiste en vase clos à la plus haute température ; mais il se décompose sous l'influence de l'eau. Il suffit même de dissoudre le cyanure dans l'eau et de porter la liqueur à l'ébuUition pour déterminer la réaction. Chaque atome de cyanure de potassium , en s'unissant aux principes de 4 atomes d'eau , donne lieu alors à a atomes d'ammoniaque qui se dégage , et i atome de formiate de potasse , comme le montre la formule suivante : K,C*Az«+4HHJ=2AzH34-(KO,C*HK)3).L'hydratedepotasse produit le même effet \ mais si la température est portée prèsqu'au .rouge obscur, le formiate de potasse (KO,C*HH!)*) s'empare de I at. d'eau de l'hydrate , et donne lieu à 2 at. de carbonate de potasse 2(KO,ÔO*), plus un dégagement de 4 atomes d'hydrogène. ( Pelouze , Ann. de Chim. et de Phys.j t xLviii, p. 396.)
Le cyanure de potassium est très soluble dans l'eau et très peu soluble dans l'alcool. U est décomposé par tous les acides^ il l'est même par l'acide carbonique. V oilà pourquoi la dissolution de cyanure de potassium laisse exhaler sans cesse de l'acide cyanhydiîque, dans son contact avec l'air, et passe à l'état de carbonate de potasse.
D s'unit au proto-cyanure et au sesqui-cyanure de fer avec lesquels il forme des cyanures doubler , qui ont bt'duci^u^ de,
stabîlilc ( 2r36 et 21 38). Leprotoxide àe fer hjdratë agit sor lui comme leproto-crannre oè fer. Probablement qa'alon mie partie ^u cyanare «t d^omposée par Toxide de fer, et qae Je là râulte du proto-cyanure de fer et de la notasse.
Le cyanure de potassinm ne trouble pas les dissohitions al- C'Aiites ; il pn^cipite an contraire un assez grand nombre de seb ;ippartcnant aux quatre dernières sections.
a 1 3o. Cyanures dé sôekitm, de barium^ de calcium^ de magnésium»— Us se prf^arent comme celui de potassium en calcinàlit les cyanures de sodium, de barium, de calcium, de magnésiimi ferrures.Ceux de sodium, deealcimn, demagnësium^se dissrivent très bien dans Peau; celui dé barium est beanootm moilis soiublé. Tous jouissent ians doute de propriétés arnOogliei i celles du cyanure de potassium.
ai3i. (panures defer. — Lorsque l'on cbanffedaitsuii^oohlliè le cyanhydratc d'ammoniaque uni au proto-cyatiure dé fér, f'^raposf^ que l'bh obtient en traitant le bien de Prusse pttr l'ammoniaque , le cyanhydrate se subliiiie, et le protXM^^tU^ r(»te en poudre grise jaunâtre. Le proto-cyanure doit Se xÉfiy duire aussi, lorsque l'on rerse du cyanure de potassium cMlîs un cx(!(*;s de sulfate de protoxide de fer en dissoltttidtii Ge (jn'tl y a de certain, dû moins, c'est qu'alorS il se fait UU prlSèipité or.ingd (rc^s abondant, qui , par le contact de l'air, detwnt d'uhord d'un vctl sale , puis d uli bleu foncé.
Go cyanure est surtout remarquable en ce qu'il peut dé bôtnbiiior avec les autres cyanures simples et former des cyanmes doubles qui en gënérnl ont beaucoup de stabilité ; tels èoiit surtout les cyanures doubles alcalins.
:Ai3a. Cyanure de mercure. — Il n'existe point de protô-cyauuro d<; mercure; mais lebi-cyanure à une si grande tendance à se former, que le bi-oxide de mercurie a la propriété de décosiposcr le cyanure depotassiuin et presque tous les autres cyânnrès : de lelltî vSorl(» que le cyanogène du cyanure alcalin, pat eielttple, s'unît au mercure, et quc^ l'oxigène de l'oxide de mercure se cèmbîne avec lopolassium.De l€\ le procédé par lequel on prépare le bi-cyaiiure niorcurîel. On fait Douillir dans unniatras 8 parties d*cau, apartîosdt^ bon bleu de Prusse en poudre fine et i paittie do bî-oxid(î do mercure. Lorsque le mélangié, de bleu qu'il Àait l'abord, est devenu jaune, on filtre la liqueur, et le CVanixie
refroidîssemens successifs. Mais comme dans cet état le cyanure contient une certaine quantité d'oxide de fer, il faut, pour h st'^Kirer de celui-ci, suivant M. Proust, le redissondie