‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 2)Chapitre 24 sur 92 · CYANURE DE MERCURE · texte numérisé non relu

CYANURE DE MERCURE

dans l'eau, le faire bouillir avec un excès de bi-oxide de m6r« cure et filtrer la liqueur. Il en résulte, à la vérité, que le cyanure se cbarge d oxide de mercure; mais rien de plus facile que de convertir cet oxide en cyanure : c'est d'ajouter de l'acide cyanhydrique; à l'instant même Toxigène de l'oxide s'unit à Thydrogène de l'acide et le cyanogène au mercure. On peut encore, et ce procédé est plus économique, faire passet du gaz suif hydrique à travers le cyanure, jusqu'à ce qu'il se manifeste une odeur permanente a'acide cyanhydriqUe. On filtre de nouveau pour séparer le sulfure de mercure, et de nouvèatc aussi l'on fait cristalliser le cyanure.

Ce cyanure parfaitement neutre est incolore et cristallise en longs prismes quadrangulaires coupés obliquement, tantôt transparens, tantôt opaques, et toujours anhydres. Sa saveur est très styptique et très désagréable. Il excite fortement hk ès^ livation. Son action vénéneuse est telle, qu'il serait dangereux de le prendre à la dose de quelques grains. Sa pesanteur spécifique est très grande. Il est sans odeur et sans action sur le tournesol.

Lorsque le cyanure mercuriel est bien desséché, et qu'on le chau£Ee convenablement dans une cornue ou dans un tube fermé par une de ses extrémités, il commence bientôt à noiràr; il paraît se fondre comme une matière animale, et se t^aûs^^ forme alors en cyanogèiie qui se dégage abondamment, et eu mercure qui se volatilisé.

On observe en outre qu'il se sublime un peu de cyanure, qu'il se décompose une petite quantité de cyanogène^ et que de cette décomposition produite par l'affinité du mercure pour le carbone, résultent de l'azote qui altère le produit gazettx et un carbure mercuriel qu'une température plus élevée résout en mercure qui se dégage et en noir de fumée très léger.

Mais lorsque le cyanure est humide, au lieu de cyanogène,^ on obtient de l'acioe carbonique, de l'ammoniaque, et beatl* coup de vapeur cyanhydrique^ d'où il suit que, dans ce casl^ l'eau est décomposée.

Le soufre favorise beaucoup la décomposition du cyanure mercuriel. Que l'on mêle, comme l'a fait M. Berzelius, ce cyanure avec le tiers de son poids de soufre, que l'on chauffe, et Ton observera, au moment de la fusion de ce dernier corps, une réaction très vive; il se dégagera du gaz azote, du sulfure de carbone et beaucoup de cyanogène mêlés ensemble, .et il restera dans la cornue un proto-sulfo-cyanure de mercure (composé de soufre, de cyanogène et de mercure) très boursouflé, qui refroidi, pulvérisé et chauffé de nouveau, se réduira en cyanogène et en cinabre. {Ann. de CH, et de PKys%^

900 ÀGiûES Azorés.

xvi, 4û; d'ailleurs voy. plus loin le sulfo^yanure de marun.) Le cyanure de mercure se dissout bien dans l'eau; il y est plus soluble à chaud qu'à froid : aussi l'eau bouillante qui en «st saturée, en laisse-t-elle déposer, par le refroidissement, sous forme de cristaux.

La dissolution concentrée de potasse ne décompose pas le cyanure de mercure; elle le dissout seulement à Paide de la cnaleur et le laisse cristalliser par le refroidissement.

De tous les acides dont on ait éprouvé l'action sur le cya-

LOgène de ce composé à l'état d'acide cyanhydrique. Il se produit en même temps du bi- chlorure, du bi-suliure ou du bi-iodure. L'acide azotique, par l'ébullition, ne fait que le dissoudre. L'acide sulfurique concentré agit à la vérité sur lui, mais en se décomposant, et de là résultent du gax sulfureux, du gaz carbonique, du sulfate d'ammoniaque et du sulfate de mercure. 11 serait possible qu'il ne se formât que du sulfate de mercure, du sulfate d^ammoniaque et de l'oxide de carbone, comme on le voit dans la formule suivante : (Hg,C*Az-*)+2SOî^+3H^O=C*0^+(2ffAz,SO«)-HHgO,SO») Mais probablement que l'oxide de carbone opère la décomposition de l'acide sulfurique et produit l'acide carbonique et ' l'acide sulfureux que l'on recueille. Dans tous les cas, il y a de l'eau décomposée.

Quelques sels seulement ont de l'action sur le cyanure de mercure. L'azotate d'argent s'y unit et forme un composé qui se précipite en peu de temps sous forme de petits cristaux blancs, surtout quand les dissolutions sont concentrées. (Woh- 1er, jinn. de Ch^ et de Phys., xxviii, 167.)

Lorsqu'on verse dans une solution de cyanure de mercure, de l'iodure de potassium lui-même en solution, il se produit tout de suite une foule de cristaux blancs nacrés, que M. Caillot a observés, et qu'il regarde comme un composé d'iodure et de cyanure mercuriels.

Le cyanure de mercure se combine également avec le cyanure de potassium, le chromate de potasse, le formiate de potasse, et forme des composés doubles susceptibles de cristalliser.

Les sulfures alcalins y occasionnent un précipité noir de sulfure de mercure.

Uni à Veau, le cyanure de mercure a la propriété de dissoudre à chaud une quantité considérable debi-oxide de mercure. De neutre qu'il est, il de>'ient très alcalin, plus soluble, et cristallise non plus en prismes, mais en très petites houppes. Evaj>oix^ jusqu'à ^ccitéy il se charboune très aisément: aussi pour

I CTÂmjRE D*AEGÈNT. 901

lé dessécher sans le décomposer, est-on obligé de n'employer (pe la chaleur du bain-marie. Hmnide, il donne, dans sa décomposition par le feu, de l'acide carbonique, de l'ammoniaqae, de la vapeur cyanhydrique, de l'azote, et un liquide brun qui n'est point huileux; tandis que, privé d'eau, on n'en retire cpie du ^anogène, du gaz carbonique et du gaz azote.

L'oxide de mercure, en se dissolvant dans le cyanure de mercure, ne constitue point de sous-cyanure; l'oxide n'est point réduit, il fait partie du nouveau composé qu'on obtient et c'est î sa présence qu'il faut attribuer le gaz carbonique qm prônent de la calcination du composé parfaitement sec.

Quelques médecins emploient le cyanure de mercure dans le traitement des maladies syphilitiques; les chimistes s'en servent uniquement pour se procurer Vacide cyanhydrique et le cyanogène.

Gest Schéele qui l'a obtenu le premier. Après lui, Proust et M* Gay-Lussac sont ceux de tous les chimistes qui l'ont le plus et le mieux étudié. (j4nn. de CA., lx, 2^7, et xcv, i36.)

2 133. Cyanure depcdladium* — Le cyanogène aune très grande affinité pour le palladium, plus peut-être que pour aucun autre métal : aussi, lorsqu'une dissolution saline contient du protoxide de palladium , et qu'on y verse du bi -cyanure de mercure , se fait-il un précipité de proto-cyanure de palladium. Cependant , si la dissolution ne contenait que très peu de métal, le dépôt n'aurait pas lieu tout-à-coup, et cesserait de pou-

YAÎf fi^ T^rrkrflllîr^ si f>11o /^f aîf- ciiffîcammckni- Q/«îr1r» (^\^^\ mAlTIf* SWV

queurs exemptes de cuivre. La plus petite quantité de ce métal rend verdâtre le cyanure qui par lui-même es t chamois très clair.

Le proto-cyanure de palladium, bien sec, donne à la distillation du cyanogène et du palladium. Il s'unit au cyanure de potassium , et forme un cyanure double cristallisable 5 en versant de l'azotate de palladium dans la dissolution de ce cyanure double, il se produit un dépôt de cyanure et d'azotate de palladium, qui brûle comme de la poudre quand on le chauffe après l'avoir desséché.

2 1 34« Cyanure d^ argent. — Le cyanure se précipite sous forme d'une poudre blanche en versant une dissolution d'acide cyanhydrique dans une dissolution d'argent.

La chaleur rouge le transforme, à l'abri du contact de l'air, en cyanogène et en argent , s'il est bien sec. Les acides chlorbydrique^ sulfhydrique en opèrent la décomposition , de mamère à produire de l'acide cyanhydrique et du chlorure ou du.

91 s ACUMBS AZOTÉS.

qu'elles oontleimeiit l'excès de per-cUorure ferragiueux ^ les secondes sont prescjué incolores; les troisièmes redeviennent jaunes , et les suivantes conservent cette teinte pendant longtemps : elles la doivent à un cyanure double de potassium proto-cyanuré et de fer sesqui-cyanuré provenant de l'action de Tair de l'eau sur le bleu. Ce n'est que quand elles la perdent que l'on peut regarder le bleu comme pur. Il ne faudrait pas rendre le cyanure jaune prédominant dans la préparation ; l'on obtiendrait du bleu de Prusse soluble (2137).

Dans le^s arts, voici le procédé que Ton suit : après avoir fait unmë^nge de parties égales de potasse du commerce et d'une matière animale y qui est ordinairement du sang desséché ou des rognures de corne, Ton calcine le mélange jusqu'à ce qu'il devienne pâteux; ce qui n'a lieu qu'à la température rouge (i) : lorsqu'il est refroidi, on le projette par parties dans douze à quinze fois son poids d'eau , on l'y délaie , et on le laisse en contact avec elle pendant environ demi-heure , en le remuant de temps en temps ; après quoi l'on filtre sur une toile la liqueur, qui contient du cyanure de potassium, du carbonate de potasse , un peu de sulfure et de chlorure de potassium. La liqueur étant filtrée, on l'agite avec un bâton, et l'on y verse en même temps de l'eau dans laquelle on a fait dissoudre 2 parties d'alun (2) et i partie de sulfate de fer du conmierce. Il se fait aussitôt, d'une part, une efiervescence due à du gaz carbonique et à un peu de gaz sulfhydrique, et d'autre

Sart, un précipité très abondant formé d'alumine, de beaucoup e proto-cyanure blanc de fer et de potassium , et enfin d'une petite quantité de proto-sulfure de fer hydraté qui colore quelquefois le tout en brun noirâtre. Ce n'est que quand la liqueur contient un excès d'alun et de sulfate de fer qu'on doit cesser d'y ajouter de ces sels (3). Ce précipité est ensuite lavé par décantation avec une grande quantité a'eau limpide qu'on renouvelle toutes les douze heures. Par ce moyen , il passe

' (i) GeUe cakination 8*opère dans un fourneau à réverbère ou dans un grand creuset de fonte : ce creuset est placé dans un fourneau surmonté d*un dôme dont la partie antérieure est munie d*une porte par laquelle on introduit le combustible •t la matière; la parlie supérieure est surmontée d*un long tuyau qui se rend dans une dieminée : de cette manière on évite toute mauvaise odeur, dans Tatelier.

En petit, la calcination se fait dans un creuset ordinaire.

(a) Au lieu de a parties [d'alun, on en emploie souvent 4.

(3) Pour se préserver du gaz sulfhydrique^ toujours très incommode et très dangereux à respirer, il faut faire Topcralion en vase clos. On peut employer à cet effet, avec succès, Vappareil qui a été décrit par M. d'Arcet dans les Jnn. de 0t,^ t. i.xjLXir, p. z65. Cet appareil consiste dans une tonne fermée par les deux \iovAs, t\ présentant; d'une part, à sa partie inférieure et latérale^ un robinet ser-

Bfldit à l'fme de oes «Mictions^ en cyanogène au^el il ë^t uni^ en quadri^i^Bafbure de fer et en gaz azote.

le la calcination a lieu avec le contact de l'aîr^ le car^^

bonë dû cyanogène est toujours brûlé, l'azote toujours mis eh liberté, le fer s'oxide, et l'autre métal s'oxide aussi, & moins qu'il ne fasse partie des deux dernières sections.

Les ejannreâ alcalins ferrugineux sont solubles et abandonnent leisr eaù de cristallisation dans le vide ^ la plupart des au* tre»^ et anrtout ceux des quatre dernières sections sont iitsqlubies^ plusieurs ^'abandonnent toute leur eau de combinaison qii'aa degré de cbajeilr où ib commencem; ai se décomposer : tel efct entre autres le bien de Prusse.

Las acides ënergiqties forment, à la température, ordinaire^ ateo'les cjanutes akaliite ferrugineux en dissolution^ de Pacide q^bydriqne proto-eyand-ferré ^ et un nouveau sel alcalin ; mià du moins ce que nond offre l'acide tartrique et l'acide cUcnrbydriqvie ayec le proto-cyanure de fer et aé potassium,^ et l'acide snlfbnqae avec celui de fer et de barium (ai25)»

G'est tnéine ainsi qu^on se procure les cyanures doubles al-; câlins^ lesquels sont tous solublçs ^ quant aux cyanures insolu- Uw^ on les. obtient par la Yoie des dpubles déconipositîons.

Lotsfjuc/^ au Ben aopérér à froid^ l'on opère à la cbaleur de Fera bouillante, et que le cyanure est en excès sexisible, il se dégage de la vapeur cyanliydrique, et il se fait un dépôt blanc de proto-cyanure dé ter : d'où Pon voit qu'à ce degré de cbaleur Pacide cyanhydrique ne s'unit point au cyanure ferrugineux 2 l'acfde cyanhydrique se décomposerait en acide formique et en ammoniaque , ai Pacide ajouté était prédominant (a 12a). D'autres phénomènes remarquables ont lieu avec l'acide snlfurl^ue concentré. Tous les cyanures doubles réduits en poudre s'unissent à cet acide; la plupart même peuvent s'y dissoudre (yoy. le proto-^cyslnure de fer et de potassium) : il en résulte des composés dans lesquels le double cyanure joue le rôle d'oxide, et qui sont analogues à ceux que M. Peligot à observés en combinantles chlorures avec Pacide chrômique( i SSa). Lorsqu'on vient à étendre d'eau la dissolution, le cyanure double se précipite s'il est insoluble; il se décompose au contraire s'il îBBt soluble : do Pacide cjranhydrîque proto-cyano-ferruré et {un nouveau sel sont le résultat de cette décomposition. Il n'est aucun cyanure double dont le proto-cyanure dé fcr puisse être décomposé par les alcalis ; le cyanure double, s'il appartient ' aux cinq dernières sections , est presque toujours alors changé en un cyanure ferrugineux alcaun; Palcali échange donc son oxigène avec le cyanogène de l'autre cyanmre, et par conséquent le métal de celui-ci se trowe oiiÀàÂ%

204 ACIDES AZQTéâ;

c'est là ce qui a lietc en traitant le bleu de Prusse (cyamure aimable de fer proto-cyanuré et de fer sesqui-cyaiiurë) par une dissolution de potasse; lesesquî-cyanure cède son cyanogène au potassium^ et la poudre bleue passe à l'état de sesqui-oxide defer.'

a 1 36 bis, Prvto-^j-aiiurejaune de/er et ele potassium. — C'est en traitant convenablement le beau bleu de Prusse du commerce^ qui est un mélange de cyanure doublé de fer sesqui-cyanuré et de fer proto-cyanuré et d'un peu d'alumine, qu'on obtient le protocyanure double de fer et de potassium dans les laboratoires.

Après avoir broyé ce bleu, on en dissout l'alumine et les au* très matières étrangères, en le faisant chauffer avec son poids d'acide sulfurique étendu de 5 à 6 parties d'eau. Au boat de demi-beiire, le tout est mis sur un filtre et lavé à grande eau. Lorsque celle-ci ne précipite plus l'azotate de baryte ou le chlorure de barium, on verse le résidu par parties dans une dissolution d'hydrate de potasse bouillante et suffisamment étendue, et on en ajoute jusqu'à ce qu'il cesse d'être décoloré, on dépasser du bleu au brun jaunâtre : alors on filtre la liqueur, oa la concentre, on la laisse refroidir, et peu-à-peu le double cya-> nure s'en dépose sous forme de prismes quadrangulaires : cil le purifie en le dissolvant et le faisant cristalliser de nouveau.

Il est évident que, dans cette préparation, l'alcali échange son oxigène ainsi que nous l'avons dit précédemment^ contre le cyanogène du sesqul-cyanure de fer.

Plusieurs fabriques le préparent en grand pour les besoins du eommerce. Le procédé qu'elles emploient consiste à calciner dea matières animales, telles que du sang desséché, de la corne, etc.,< avec la potasse, à dissoudre dans l'eau la masse calcinée et refroidie, puis à mêler la dissolution avec du sulfate de fer du commerce, jusqu'à ce qu'il commence à se former du bleu de Prusse, à décanter la liqueur, et à la faire évaporer pour en séparer successivement, par la cristallisation , le sulfate de potasse et le double cyanure, que l'on purifie en le faisant cristalliser de nouveau.

Le proto-cyanure de fer et de potassium est transparent, de couleur citrine, sapide , inodore.

Il a pour formule : (FeC*Az% aKG^Az^) -{- 3ff O, c'est^dire qu'il contient précisément la quantité d'eau nécessaire pour convertir les métaux en protoxide, et le cyanogène en acide cyanhydrique.

Exposé à une température de 6o**, il perd son eau de cristallisation et devient blanc. Si, dans cet état, on le chauffe graduellement dans une cornue de verre munie d'un tube 9 on observe : i** qu'il n'entre en fusion que près de la chaleur rouge} 2^ gue jusque-là il ne laisse dégager rien de gazéifoxme

tm ^e volatil $ â^ ^'en éJevant la température au point de le bien fairerougir, u se remplit de petites bulles qui apparaissent i de longs intervalles , et qu'il conserve cette apparence même lorsque le feu est assez tort pour ramollir le verre ; Jp que le gaz dégagé n'est que de Fazote ^ 5^ que la masse restante est un mélange de cyanure de potassium et de quadri- Garbure dé fer: aussi, mise en contact avec l'eau, donne- t-elle d'une part une solution qui sent l'acide cyanhydrique et qui réagit comme un alcali , et d'autre part un petit résidu en floeons noirs, qui a tous les caractères du quadri-carbure ferrugineux* Tous ces phénomènes sont faciles à expliquer ^ il est évident que c'est le cyanogène du cyanure de fer qui commence à se décomposer; son azote devient libre, tandis que son carbone reste uni au fer.

L'air est sans action sur le proto-cyanure de fer et de potifisium.

loo parties d'eau en dissolvent 271""', 8 à 12**, 2; et 9oP"^,6, 493^,3. En ajoutant de l'alcool à la dissolution, le cyanure se précipite.

n n'éprouve aucun changement , ni par l'acide sulfhydriqne, ni par les sulfures, ni par l'infusion de noix de galle.

I/acide sulfurique concentré s'unit à ce sel et le dissout très bien , en produisant beaucoup de chaleur. La dissolution n'éprouve aucune altération à 100°; ce n'est que bien au-dessus qu'elle commence à s'altérer*, alors il s'en dégage beaucoup de ^z sulfureux , d'acide carbonique et d'azote ; et il reste des sulfates acides de potasse, de fer et d^ammoniaque. Abandonnée à elle-même dans un vaisseau ouvert, pendant quelques jours , cette même dissolution devient pulpeuse , attire l'humidité et laisse déposer des cristaux qui sont un composé d'acide et de cyanure de fer et de potassium. Tous les cyanures dou- Ues présentent, suivant M. Berzelius, à qui ces observations «ont dues, la propriété de s'unir intimement à l'acide^sulfurique. (^F'oyez ces composés, Ann* de Chim, et de Phys.^ t. xv, p. 253. Voyez aussi l'action des autres acides ^2180 )•

L'oxide rouge de mercure décompose facilement le protocyanure de fer et de potassium à l'aide de l'eau et de la chaleur; de cette décomposition facile à concevoir résultent.du cyanure de mercure ,. de l'alcali libre et un précipité jaune-rou-

geâtre qui est du peroxide de fer ^Vaùquellnj. Ce peroxide provient évidemment de l'action réciproque du cyanure de fer et de l'oxide de mercure : cependant , quelque chose qu'on fasse , il reste une portion de cyanure de fer dans la liqueur , et lorsqu'on l'évaporé, on obtient un sel qui contient tout à-lafois du cyanure de fer, du cyanure de mercure et de la i^U%^^ «

IM kcmss ÀSuyrÉs.

La dissolution du firolO'-cyanurc de fer et de potassium if!pi point tTQublëe par les alcalis ^ elle ne Test point non pins w les sels alcalins ; elle l'est au contraire , par pres^pie toate^ Ici dissolutions des sels appartenant aux quatre dernières sectiow, et par quelques sels terreux. Les précipités qui en résultent sont des cyanures doubles de fer proto-cyanuré et du métal de la dissolution saline que l'on emploie. Leur couleur est très variable, comme ou le verra dans le tableau suivant. Quelqoefuns se dissolvent dans un excès de proto-cyanure de fer et if potassium : tels sont ceux de titane et de zirconium, M. Chevreul.

Tableau des couleurs des précipités produits par le prot<hcyatiffft

double de potassium et de fer*

Dans les solutions salines Des métaux alcalins. . • .

De DULgucsium , gludnium, aluminium. . . .

D'yttrium

De cérium

De thorioium

De zirconiuni

De manganèse

De fer protoxidé

D'ox. de fer FeO+Fe'^G'

De fer j>eroxidé

D'éUin

De zinc.

De cadmiu^m , • • •

De cobalt.

De nickel • •

De chrome

De molybdène ,> • •

De vanadium •• • . <

D*antimoine J

De titane

D^urane ,

De bismuth

DjB cuivre protoxidé. . . .

De cuivre bi-oxidé. . . » .

De plomb..

De mercure bi-oxidé. . .

D'argent. . . . . De palladium.

De rhodium. .

De platine. . . .

D'or

Point de préoipilé.

Idem,

Ppté blanc avec le chlorure, point avec Paeétat^^j

Ppté blanc.

•Ppté blanc.

Blanc ou jaune serin, solublç (|Uns un exoèi de]

réactif. j

Blanc. Il devient après quelque temps coukardei

fleurs de pêcher.

Blanc, abondant.

Bleu clair, abondant.

Bleu foncé, abondant.

Blanc.

Idem, Idem,

Vert d'herbe.

Vert-pomme pâle.

Vert gris.

BniB foncé*

/aane-ciiran tvtt^i un yey 9)ir le vert. BUnc.

Rouge brun, soluble dans un excès de réactif. Couleur de sang.

Blanc.

ldem>

Cramoisi.

Blanc tirant sur le jaune.

Blanc. Il se décompose rapidement ea bi-eyattunl

de mercure soluble et en proto-cyaimre de Iprl

qui bleuit a Tair.

Blanc H bleuit à Tair.

Olive.

Blanc •

CÏWUSMS SOtTBLES. Mf

PrQt9rey€aimé blanc de fer et de poUusùfm» ^^ Ge protojspjUfss est le prëcipité qu'on obtient en versant une 4^9^ jôlutiau de proto-cyanure de fer et de potassium' dans une dtfsqlution de sulfate de protoxide <hl de proto-chlprure de fer 5 il se dépose en flocons blancs légèrement verdâtres. Exposé il'air^ ou mieux encore, layé un grand nombre de fois avec de Peau aérée qu'on décante et qu'on renouvelle , il se traus- ' forme peu-à-peu en beau bleu de Prusse qui, quand il est pur, doit être regardé comme un composé bydraté de proto-cyanure et de sesqui-cyanure de fer. Dans ce cas , l'oxigène de l'air fait passer une partie d^ fer du cyanure ferrugineux à l'état de peroxide, et, par conséquent ce cyanure même à celui de ses- ^-cyanure, qui s'unissant au proto-cyanure non décomposé constitue le bleu. Mais que devient le cyanure de potassium ? Une portion se dissout, chargée de proto ou de sesqui-cyanure r de fier^ une autre reste intimement unie avec le bleu, au point que des lavages réitérés ne l'enlèvent que difficilement. La quantité de cyanure de potassium qui fait partie du précipité et qui varie , est la plus grande possible , lorsque l'on verse goutte à goutte le sel de fer protoxide dans un excès de dissolution de cyanure de fer et de potassium. Alors un phénomène remarquable se présente dans les lavages : à une certaine épomiej l'eau se colore en bleu , et donne par évaporation un résidu de même nuance qui se redissout dans l'eau en la colorant de nouveau j c'est du bleu de Prusse rendu soluble par le cvi^^ure de potassium ferrugineux, ou un composé formé de deipL cyanures doubles, dont l'un communique sa solubilité à l'wtre.

Proto-cyanure de fer et de sodiunu — • On le prépare comme celui de potassium avec lequel il a les plus grands rapports : il est jaune , soluble dans quatre fois et demie son poids d'eau froide , et dans beaucoup moins d'eau bouillante ; il cristallise en prismes étroits à quatre pans et à sommets dièdres , s'effleurit et tombe en poussière à l'air. Sa formule est : (FeG*Az'*, aNaiG*Az^)-f-i2H»0.

ProtO'Cyanure de fer et de barium* — On peut se le procurer comme celui de potassium, en traitant le bleu de Prusse par la baryte^ mais comme il est peu soluble, il vaut mieux mêler une dissolution bouillante de 2 parties de proto-chlorure de fer et de potassium avec une dissolution également bouillante dWe partie de chlorure de barium. Le nouveau cyanure cristallise, par le refroidissement de la liqueur, en petits prismes rhomboïdaux , de couleur jaune , qui ont pour formule : (FeC*Az% a BaC^Az») + 6 H^O. Ge sel exige environ 100 d'eau bouillante et 1900 d'eau froide pour se dissoudre.

218 ACmfiS AZOTÉS.

164995 -{- I atome de soufre 201,16 (OAïS). 2 atofbes de sulfo-cyanogène équivalent à 1 atome d^oxîgène.

Le sulfure de cyanogène est solide, pulvérulent, rongeâtre, doux au toucher^ il taclie fortement les corps avec lesquels on le met en contact.

Lorsqu'il est anhydre, et qu'on le chauffe peu-à-peu jus- 1 i qu'au rouge naissant dans une cornue, il se transforme en soufre et sulfure de carbone, qui se vaporisent, et en un résidu jaune qui est le mellon de Liebîg : C*Az^S* donnent S4-CS-j-C*Az* (mellon). Si le sulfure de cyanogène renfermait ae l'eau (qi'îl retient avec force), celle-a se décomposerait en même temps que le sulfure, et la réaction des principes donnerait lieu à au -, soufre, à du carbonate d^ammoniaque volatil, et à une masse noire qui s'embraserait dans l'air, et brûlerait à la manière àxk charbon.

Le sulfure de cyanogène est insoluble dans l'alcool comniie dans l'eau*, chauflé avec le potassium , il s'y unit en prochû- ' sant un vif dégagement de lumière, du sulfo-cyanure, dtf sulfure et du cyanure de potassium.

L'acide azotique le décompose avec production d'acide attU furique, d'acide carbonique et d'ammoniaque.

L'acide sulfuriquc le dissout et le laisse précipiter ensiiite par addition suffisante d^eau.

Fondu avec l'hydrate de potasse, il donne lieu à une masse formée de carbonate alcaKn , de l'excès d'hydrate, et de sulfure et sulfo-cyanure de potassium.

La lessive de potasse caustique le colore en rouge^ et le transforme en une matière, rouge, solide qui , mise successivement en contact avec l'alcool et l'eau se dissout en très grande partie, et laisse un résidu jaune clair, queLiebig regarde comme un degré plus élevé de sulfuration du cyanogène, (i)

(t) M..La^6ai^ac a trouvé un autre composé de soufre et de eyanogène, quîoBD* tiendrait 4 atomes de cyaiwgèuo, pour r de souArc.

Ce sulfure est v) corj^s solide, blanc, cri^tallisable eu lames rhombatdale^vjkb;^ til à une Lasse têm^éi^turé. Sou odeur piquante ei très forte a quelque analogie avec cullc du chl(5i*ufe db cyanogène. Appliqué sûr la langue, il détermine une sensation doiitoiireuse, semblable à celle qui résulterait de IHntrdduciioft d'ue pointe très a;gjLi(V^iË:«poGCf è^ liimière diffuse, ià. ae colore d*abord ea jaww^pvi»

Imposé a l'action d'un courant ^Ivani-

sont d'^argeut, ce métal se âulfui^ab

en orsuij^ dons l!eipace,id^qu^}i|ncs sainaiues.

Humecté d'une petite ciimutité d*eau et exposé a Tactii que, il se décmiîpôse'. Sr{és''fîls cèhiducteurs sont d^argei pôle positif et roii sent ilnb-légène* odeur d'ainauctes amères -au péfe négatif ! e^' péiienec qui démQsfpe quc-ie si^ol^e eat négatif relativeœent an cyioiogèat» . .

L'giU.peut le dis^oudi'ç et acqu^ir ainsi la propûété de rougir I^toun^eso}. H fiii est autrement de J'alboot' qui cc|ftndau\* eu &Ào\x\ d^^oiàu^e.

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