MORPHINE
. : par le refroidissement, il en laisse déposer une grande "tité et retient la narcotine échappée à Faction de ralcool
!• Hottot a apporté à ce procédé de légères modifications y
doyen desquelles il parait qu'on obtient la morphine plus
i&ptement et avec moins de dépense. « Prenez opium du
lûnerce, i Lilogr.; faites macérer à froid, dans suffisante
.titë d'eau pour épuiser le marc; réunissez les liqueurs;
torez jusqu'à ce que le liquide marque 2 degrés environ :
iz dans le liquide , à demi refroidi , assez d'ammoniaque
que la liqueur soit neutre ou très peu alcaline , à-peu-
8 grammes; laissez déposer la matière grasse, décantez,
Joutez de nouveau de l'ammoniaque liquide , environ 64
Dmes ; laissez déposer i a heures ; versez le précipité sur
iiltre; lavez-le à l'eau froide, puis chaufiez-le au bain-
^^e avec 3 Lilogr. d'alcool à 34^ et 64 grammes de char*
- animal , et lorsque l'alcool sera bouillant , filtrez -le :
le refroidissement , la morphine se précipitera en cristaux
t le poids sera de 6 à 8 gros, » {Joum. de Phatm.^ x, 476-)
^ais, comme la morphine, quelques soins que l'on prenne
'"kis la pratique de ces deux procédés , retient toujours un
'=^~ ^u de narroline, elle doit être réduite en poudre très fine et
**^itée par l'éther , qui dissout la narcotine et n'a point d'ac-
'^ ; 4on sur la morphine , ou plutôt on doit en opérer ta solution
^ ^^ans l'acide suliurique affaibli , et faire en sorte que la li-
^~ «jaeur soit neutre. La narcotine tout entière se retrouve dans
i :^ « résidu. Le sulfate de moiphine est d'ailleurs très facile à
c «purifier par la cristallisation.il ne faut donc plus, pour avoir la
. oiorphine pure, que la précipiter par la magnésie ou une quan-
:.>^të convenable d'ammoniaque, et la reprendre par l'alcool
~ -bouillant.
^ On peut encore, et ce procédé parait même préférable aux
^eux précédens : i" faire macérer l'opium dans l'eau ; 2**ver- . ^er dans la liqueur un très petit excès d'ammoniaque qui ;j>rëcipite la morphine, la narcotine, et un peu de matière - ^colorante; 3^ rassembler le précipité sur un filtre, le laver «t le mettre en contact avec la potasse caustique qui dissout txès facilement la morphine et n attaque point la narcotine ; r 4° filtrer la dissolution, y ajouter assez d'acide sulfurique pour saturer les deux bases, et précipiter de nouveau la morphine par une quantité convenable d'ammoniaque; 5^ ennn, traiter cette base par de l'alcool bouillant et du charbon, et laisser refroidir la liqueur alceeHque .après l'avoir filtrée : la morphine se dépose peu-à-peu parfaitement pure.
Propriétés. — La morphine ainsi obtenue est incolore ,
f 62 BASES SALIFIABLES ORGANiQlTKt.
bien constatée , sont au nombre de dix-sept : la mofphine^]! codéine j la narcotine, la quinine ^ la cincTuminèy Varkùte^Xk strychnine j la brucine y la delphincy la vératrine^ la sabàdHibUf Vémetiney la so/anine^ V atropine j la ménispermincy la melamim et Vammelme; toutes ont i;lé analysées.
Divers chimistes en admettent encore UB grand nombre d'autres; mais il est évident que ce nombre est singulièrement exagéré. Nous nous contenterons de jeter plus tard un ooi^ d'œil sur celles dont l'existence nous paraît la moins douteme. (2198). Plusieurs de ces substances, lorsqu'elles auront ët^ analysées, qu'on aura déterminé leur capacité de saturation, et qu'on les aura soumises à un examen plus approfondi , devront sans doute passer dans la première classe; JKsque-là, elles ne peuvent appartenir qu'à la seconde.
2177. Propriétés. — Toutes les bases végétales sont solides, blanches, sans odeur, plus pesantes que l'eau; J>resque tontes sont amères ou acres, et ramènent au bleu la teinture de tournesol rougie par les acides. La vératrine, la delphine, l'émétiue, la solanme, Tamméline, ne peuvent être obtenues qu'en poudre ; les autres sont susceptibles de cristallisation.
Toutes , exposées peu-à- peu à l'action du feu ^ entreai en fusion; chaufTces plus fortement ensuite , elles se décomposent, donnent des produits ammoniacaux, etc., en raison de l'azote qu'elles contiennent.
La cînchonine et l'atropine sont les seules qui se volatilisent, du moins en partie; il paraît même que , à une douce clialeur , l'atropine peut être volatilisée sans subir d'altération*
Elles sont insolubles ou peu solubles dans l'eau , surtout î froid ; leur véritable dissolvant est l'alcool, assez souvent Péther et quelquefois les huiles essentielles.
L'acide azotique concentré décompose à froid tontes les bases naturelles , et forme avec presque toutes à chaud^ de l'acide oxalique.
L'acide sulfurique concentré altère aussi à la température ordiiiaire la plupart des bases naturelles.
Lorisque ces deux acides sont étendus, ils sV Unissent comme les autres acides, et forment des sels dont les propriétés sont quelquefois remarquables.
Les sulfates, azotates, chlorhydrates, acétates, sont généralement solubles. Beaucoup de tartrates, oxalates,gâllates neutres , sont au contraire insolubles. Un excès d'acide rend toujours bolubles les sels qui ne le sont pas, et ajoute à la solubilité de ceux qui le sont.
Le sels solubles s'obtiennent en dissolvant les basçsd^ii^les ^aibles, et faisant évaporer la dissolution au point ccAi-
BASES SÂIiFUBLES ORGANIQUES. MS
'eiiaUej pour les avoir en cristaux^ les sels insolubles^ par la ie des doubles décompositions.
Tons les sels à bases organiques sont incolores quand l'acide lui-même. Tous sont décomposables par le feu. Les aao«le sont très facilement, en raison de Poxigène de l'acide cjui se porte bientôt sur les principes combustibles de U ^ase. Les sulfates donnent toujours du gaz sulfhydrique.
Combinée à un acide, une base organique quelconque en. est constamment séparée par un courant Toltaïque, et 'transportée au pôle négatif, tandis que l'acide se rend an pèle positif.
Les alcalis, et même la magnésie, enlèyent les aoidiS aux bases orsaniques ; mais à leur tour, celles-ci enlèvent les acides i la plupart des autres oxides.
Lorsqu'un sel à base organique est neutre^ l'infusion dé noÎE de galle et le tannin y forme , pour peu qu'il stiit solnbte , un précipité que les acides redissolvent. 11 n y a guère d'exception à cette règle , si tant est qu'il y en ait. Vvittstork, assare à là vérité, que les sels de morpbine exempts de narcotine ne sonC pas troublés par la noix de galle ; mais il se sera sans doute servi d'une infusion ancienne : une infusion récente les trouble constamment. (PelouEe.)
2178. Etat naturel. — Les bases organiques ont toutes été trouvées jusqu'ici dans les végétaux, excepté la melamirte et Yammeline qui sont arlificielles , et que M. Liebîg est parvenu à produire en traitant le melam par une dissolution de potasse. Toutes , excepté la narcotine , sont unies à des acides , et presque toujours à un excès de ceux-ci; elles communiquent ordinairement aux végétaux des propriétés très actives , et de là , sans doute , la cause pour laquelle on a été port^à admettre ces sortes de matières dans toutes les plantes dont Faction sur l'économie animale était très grande. Cette observation^ ûÉipoitante sans doute , ne doit point toutefois être généraKséè dans l'état actuel de la science. ^
2179. Préparation^ — Gomme les bases végétales sont unies aux acides, qu'elles ont moins d'affinité potar oeiix-<» ^e la magnésie, et à plus forte raison que la cbaux, quelles.nl> sont bien solubles dans l'eau qu'à Tétat de sels , qu elles sont , au contraire , solubles par elles-mêmes dans Talcool , Ton conçoit
ue, en faisant infuser les substances qui les renferment, dans
e Teau, à laquelle on ajoute au besoin de l'acide sulfurique ou
de lacide chlorhydrique, faisant chauffer ensuite la liqueur avec
de la magnésie ou derhydrate de chaux, recueillant et lavant le
Frécipité , puis le traitant par de l'alcool déflegmé et bouillant, on aevra obtenir la base végétale dans la solution alcoolique,
170 BASES SAUFIABUa OaGAHIQUBS.
prédpttë : il en résulte da mëooiute de chaux iiisoliiUc( eUornydrates de morphine et de codéine aolnbles,* tient en filtrant la liqueur , et la concentrant conven Ils se déposent en cristaui. On les purifie par de cristallisations, (i)
Ces sels purifiés sont redissous dans l'eau , mèlààdej moniaque qui précipite la morphine et ne décompose chlorhydrate de codéine , lequel par une éyapbration i cristallise, et peut même être obtenu pur et exempt deidi moniac , en le faisant cristalliser de nouveau.
Enfin , après avoir encore redissous le chlorhydrate iti déine dans reau, on y ajoute une dissolution de potasse ci tique , qui en sépare la base sous forme d^un hydrate pnM lent. La codéine ainsi mise en liberté , doit être recofil lavée avec un peu d'eau froide et dissoute dans Véthor bfli
de l'eau par portions à la dissolution. Elle se change Û£ en une masse cristalline de codéine hydratée.
loo parties d'eau dissolvent iP-,a6 de codéine à i5%^ à 43** et 5p- ,88 à loo^. La dissolution manifeste une alcal très sensible. Saturée à chaud , elle fournit , par un refin sèment bien ménagé, des cristaux réguliers. Lorsqu'on en dans de l'eau bouillante , plus que celle-ci n'en peutdissoi elle forme au fond du vase une couche d^aspect oiéagii Elle est sans doute alors à l'état d'hydrate plus fusible l'alcali sec^ car, exposée seule dans un tube de verreàrie de la chaleur, elle n'entre en fusion que vers x5o**.
L'éther est son meilleur dissolvant.
EUle ne bleuit point par les sels de sesqrui-oxide de' ainsi que le fait la morphine , ni ne se colore en roiig( Tacide azotique. Ses dissolutions sont précipitées par It * ture de noix de galle. Elle s'unit aux acides et forme da parmi lesquels Tazotate surtout cristallise aveciaplasgr facilité.
Suivant M. Robiquet , la codéine anhydre doit avoir formule Gfi^Az'^H^^^OS et la codéine hydratée C6*Az»H*^ a H'O, d'où l'on déduit pour son nombre proportionne poids atomique 3296,206. Cependant il a trouve d'une; part que i**' d'acide ehlorhydrique sec sature y'^'ySàj i
• «*' (i) Ccft ee méknige de sels, préparé depuis auelcnies années mr M. W
ffj, sous le nom de muriate de morphine, 9- *> ii Èd&aUMMiif i
mj, sous le
et norpliias pireoB de sel de norphine.
NAECOXniE. J71
dëiiie$ ce qai^ d'après son calcul ^ donnerait pour nombre prraortionnel 3a5o,93 , peu diifërent du premier, mais ce qui féeJlement donne le nombre 3566,859 beaucoup plus fort. Nous signalons cette discordance à l'auteur de la découverte de la codéine. U lui appartient de la faire disparaître.
L'action de la codéine sur l'économie animale paraît être bien diffétente de celle de la morpbiue. Â la dose de 4 à 6 grains , l'axotate de codéine produit d'abord une accélération du pouls, ensuite une excitation agréable , semblable à celle des liqueurs enivrantes, accompagnée d'une démani>eaison générale, puis , m bout de quelques heures , ime dépression désagréable , des nausées , et quelquefois des vomissemens ( W« Gregory* Joum, de Pharm.^ U xx, p. 85 ). D'une autre part , M. Barbier regarde cet alcali administré à la dose d'un grain à Tétat de solution ou de sirop , comme susceptible de provoquer le sommeil sans fatigue , incapable de troubler les lonctions digesti- Tes, et d'un emploi très utile pour combattre la gastralgie. {loum* de Phann,y t. xx, p. 174. )
A&TIGLE lU.
Narcotine.
ai 83* La narcotine est une matière particulière qui fait par-tîe de l'opium , et qui a été découverte en i8o3 par M. Deroues : il la fit connaître alors sous le nom de sel d opium» D'après les observations de MM. Pelletier et Bobiquet, elle s'y trouve libre , et non combinée comme la morphine avec l'acide méconique.
Plusieurs chimistes ne mettent pas la narcotine au nombre des bases salifiables , parce qu'elle n exerce point de réaction alcaline sur les couleurs végétales , qu'elle ne neutralise point les acides , et qu'elle se précipite de sa dissolution dans l'acide acétique , lorsqu on la fait évaporer. Mais , comme d'une autre part , elle forme des combinaisons stables et définies avec les acides puissans , et que le chlorhydrate et le sulfate sont même susceptibles de cristalliser, elle se rapproche beaucoup plus par cela même des bases proprement dites , que de toute autre classe de corps. C'est une base faible, analogue dans ses affinité à plusieurs oxides métalliques.
Préparation* — Nous avons vu précédemment ( ai8i ) que la narcotine se trouvait mêlée avec la morphine, lorsque, après avoir fait une infusion d'opium , on venait à chauffer la liqueur avec la magnésie , pour décomposer le méconate de morphine; noua avons fait voir en même temps , qu'on pouvait la sé^giascsi
pm de ïtituoal £iiUe et mienz eacart par I'^Ali, ce GM, k majeure fiartie de in Darcatine à^Xi le juart- . surtout si ^ au lien de mettrp rtmhnii^ f eau cbaude . ou le lait macérer eu le makoBnit dias èel froide, qu'on reanouvelle detempsec tempb. Il MaCkH olileiiir la uarcotiue qui s'y trouve oantenne. de traiter] par de J'alociol à 'M*' non bouillanu de laisser T>e&Qi&] queur • de la filtrer pour es s<^parer un peu de caoutdm se pr«^ipiie. de l» réduire aux ^ par la autîliatiac ei de Fi dotijuer « elle-même : ellt laibse déposer ainài mie sd quant îté de uarcotiue. ^'au besoin on purifie par de noint «riauUibationc •
Le ael d'opium ou plutôt la narcotine est blanclif; . inni inodore , hUàb acûou sur le louruebol et sur le sàrop de^ tet* EJle cribla Uiiie eu prismes droits, â Lase rhomboiJ souvent réunis eu petiteb lioupeb. CLaufiée oai» nue cm eUe se fond d'abord . puib se décompose et damif lien à les produits qui pro^ieuniriit de la distillation Acb nuft animales* Projeta sur les charbons ardens - «Jle bruis AMuaaku. Klle ^st insoluble dans Teiju froide, et soluble quatre cents fois m:/» poids dVau â 200" . dans 100 dais la li-njwriatureordinîiire cl dans 24 d'alcool bonilkm. tbcr, ie& huiles \0latilcS9 diss<^Ivent aussi très bien la n tine à cltaud.
Less<'lsde uarorAtne s'obtierjrjent en mettant un eux ï^ette base eu «^intact av^rc les acidf-s étendus , et cxmocD <:onvenahleniefit la dissolution. lis sont très amers, ^^^W lubies dans Teau en général, décomposés parles alcsilu* magnésie qui en précipitent la narcotine, et troublé iRir I fusion de noix de galic.
Ijç sulfate de narcotine et le chlorhydrate sont extrèmm solubles, et ont été obtenus sous forme de cristaux par H. biquet. Ce chimiste rapporte que le chlorhydrate crisi assez facilement, en évaporant la dissolution aqueuse in siocité, dissolvant le résidu dans de l'alcool bouillant laissant refroidir. II a trouvé qu'un poids d'acide chiofh' que liquide, représentant i gr. d'acide sec, dissolvait 11 f mes de narcotine parfaitement scche et pure , et que la d lution conservait une réaction acide, bien qu'elle fût nei la saveur (^Journ. de Pharm.^ t. xix, p. 58). Ce nombre corde à -^ prés, avec celui qui a été obtenu par M. JLiebi saturant la narcotine par du gaz chlorhydrique.
Il est impossible d'obtenir l'acétate de narcotine eu crisI A la vérité, l'ocidc acétique dissout cette base à froidelle se dépose, dés qu'on soumet la dissolution à l'évaporal