GOMME
riHbine et dé la cc'raslnc. Souveiït elle est colorée en rouge fihm. Celle qui provient de l'abricotier, de l'amandier, du cerisier, flù pécner, du prunien en renferme de 8a à près d);9oi>our lôo; le reste ne se compose, pour ainsi dire, que d'eau et de matières salines. Par exemple : loo parties de j^mtAe de cerisier renferment 52, lo d'arabine ; 34)96 de cér^isine; ii2,ood'eati; i de matières salines»
La gôminë de pays s'emploie pour donner du brillant aux cdnleurs, à Pencre, ptir exemple.
aaaS. Gomme adraganthe. — Cette gomme, que Ton ramasse sur la fiil du mois de juin, provient de iosïragahis tmèacantha de l'île de Crète et des îles environnantes. Elle a l'aspect de petits rubans entortillt^s , et est blanche ou xtnigèfttte, opaque, un peu ductile. C'est à cette dernière propriété qu il faut attribuer la difficulté avec laquelle on la réduit en poudre : on n'y parvient même qu'en cliaufTanl le mortier. Sa densité est i,384«
Mise en contact avec Teau, elle se dissout en partie, se gonâè considérablement, et forme un mucilage fort épais.
lOO parties se composent de 53,3o d'arabine, de 3Î,3o de Bassttrine et d'amidon, de 1 1 , i o d'eau, et de s à 3 parties de matiîtëâilàliheà qui sont les mêmes que celles des autres gommes*
La présence de Tâniidon peut être rendue très sensible en traitant la gomme adragantlic par l'eau bouillante jusqu'à ce qu'elle ait la consistanc^c de l'empois, et versant dessus quelques gouttes d'une solution alcoolique d'^iode : à Tinstant, la mdtière devient bleue. L'on peut encore examiner la goninu? au tiicroscope , et l'on verra deux sortes de grains, les uns arrondis , d'autres j)lus gros, beaucoup plus nombreux et de forifie oblique. Les premiers seront formés d'amidon, les autres dé gomme pure. Aussi , quand , après avoir divisé le plus possible de la gomme adragantlic humectée, on la porte sur le porte-objet du microscope, et qu'on ajoute une solution d'iode , n'y a-t-il que les grains ronds qui bleuissent.
2229. Gomme de Bassora. — Elle est d'un blanc légèrement jaunâtre et en morceaux qui présentent, les uns des cavités, d'autres des excroissances ; if en est qui sont aplatis et sillonués. Sa densité est 1,359.
Mise en contact avec l'eau , elle se gonfle prodigieusement et forme un mucilage extrêmement épais. L'eau bouillante ù'étl diront qu'une très petite quantité*
<66 parties de cette gonime contiennent 61, 3 de bâssorine; n,d6 d'ai-Jabine ; 21,89 d'eàu; 5 à 6 de matières Salines.
Gomme de graines et de racines. — Lorsqu'on traite une partie de graine de lin mondée par 8 parties d'eau a 6o« çend^wV.
une demi-heure , et que l'on presse la matière dans une twle à larges maiUes , en la soumettant à la torsion, l'on obtient on mucilage acide très épais, qui, évaporé promptement au bain-mariç dans une capsule de porcelaine, contient environ 52,70 d'arabine, 29,89 d'une matière insoluble, laquçUe ne donne point d'acide mucique avec l'acide azotique; io,3o d'eau ; 7,11 de substances salines. Mais lorsque, au lieu d*eaii chaude , on emploie de l'eau froide en la renouvelant nombre de fois , le produit de l'évaporation contient jusqu'à 67,60 pour 100 d'arabine mêlée d'un peu de matière azotée, pin» i4 d'eau, et i8,5o de sels ou de terres. Les racines mudlagineuses fournissent des résultats plus ou moins analogues. Il suit donc de là que les graines et les racines ne contiennent ni bassorine , ni cérasine, et qu'elles ne renferment d'autres principes gommeux que l'arabme.
ARTICLE III
Lactine ou sucre de lait.
2280. La dénomination de sucre de lait^ donnée par Schéele, à une substance qui ne s'est encore rencontrée que dans le lait et dont la saveur est douce, a le double inconvénient de se composer 3e deux mots , et d'induire en erreur , puisque la substance à laquelle elle s'applique , n'est point susceptible de fermenter, et par conséquent n'est point un véritable sucre. C'est pourquoi je propose de l'appeler lactine.
Propriétés. — La lactine est solide , sans odeur 5 sa densité est 1,543 5 elle cristallise ordinairement en prismes à quatre iiiCijS , terminés par des pyramides à quatre faces , blancs, demi fransparens , durs, croquant sous la dent, contenant la pour 100 d'enu , et qui, projetés sur les charbons incandescens, décrépitent, se boursouflent et se charbonnent.
Chauffée peu-à-peu et avec précaution, elle se fond en nn liquide incolore , abandonne son eau de cristallisation, et se pn nd par le refroidissement en une masse blanche et opaqae. Une température un peu plus élevée la jaunit, la caramélise: alo)s elle devient plus soluble dans l'eau, incristallisable ^ et ac(]uiert , pour ainsi dire , d'après "Vauquelin, toutes les pronriotés de la gomme. ( Bulletin de Pharmacie ^ t. m , p. 49«)
I exposée à Tair , la lactine n'en attire point l'huinidité et ne s'altère en aucune manière.
L'eau , à la température ordinaire , en dissout à-peu-près la neuvième partie de son poids ^ l'eau chaude en dissout beaucoup plus, de sorte que, par le refroidissement, elle en laisse déposer sous forme de cristaux. La potasse et la soude 1^ rendent beaucoup plus solublç. L'alcool concentré n'en dis<
LAOTINE. SSS
lont qu'une ouantité presque insensible : Téther^ pas la moindre trace. Elle n'est précipitée de sa dissolution aqueuse })ar aucun sel , par aucun alcali , par aucun acide ; l'infusion de noix de galle ne produit non plus aucun nuage dans cette dislolntion; mais l'alcool, en raison de son affinité pour l'eau, la trouble fortement au bout de quelques minutes, et en sépare un grand nombre de petits cristaux de lacline.
Traitée par l'acide azotique, clic donne absolument les mêmes produits que l'arabine, c'est-à-dire, des acides oxalliydrique, mucique, oxalique, etc. (^221). Elle peut, comme Famidon, être transformée en sucre analogue à celui du raisin, lorsqu'on la fait bouillir avec quatre fois son poids d'(*au aiguisée de 2, 3, 4 ^ ^ pour 100 d'acide sulfurique : l'acide cUorhydrique produit aussi le môme effet. (M* Vogel, Annales de Chimie^ t. lxxxii, p. i56.)
Enfin, il paraît que la lactine peut s'unir aux bases salifiables puissantes : en effet, Bcrzelius a observé, i" que le protoxide de plomb cbasse l'eau de cristallisation delà lactinc à une douce cbaleur ; 2^ qu'agité avec une solution de lactiuc à la température de 5o^, il donne lieu à un composé blanc, nresque insoluble , qui, recueilli et lavé sur un filtre, à Fabn du contact de l'air, puis desséché dans le vide sec, le trouve contenir sur cent, 63,53 d'oxlde et 36,47 ^® ^'*''" tine(C*°H®0*,PbO)5 3<* que la liqueur filtrée tient en dissolution un autre composé formé de 10,12 d'oxîde de plomb, et de 8i,88 de lactine (4C^"H80SP1)0)-, 4" qu'en faisant digérer
Cîndant long-temps l'oxide de plomb en excès avec, la sotion de lactine , il se produit un troisième composé dans lequel loxigène de l'oxide est égal à celui de la lactine. (d«H»0% 4PbO).
Préparation. — C'est en Suisse que la lactine se prépare \ là existe une grande quantité de petit-lait provenant de la fabrication du fromage de Gruyère \ on l'évaporé jusqu'à un certain point , et en abandonnant la liqueur à ellemême pendant quelques jours, on en retire des couclies épaisses d'environ 20 millimètres de lactine cristallisée ,
S 'on purifie par de nouvelles dissolutions et cristallisations. 8 conciles cristallines sont brisées en morceaux de difTérentes grosseurs et versées dans le commerce. En traitant de la même manière toute autre espèce de petit- lait provenant de la coagulation spontanée du lait ou de sa coagulation par les acides , on en retirerait également de la lactine. Dans tons les cas, cette préparation sera facile à concevoir, en observant que le petit-lait n'est autre cbose qu'une grande quantité d'eau tenant en dissolution une assez grande quan-
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lîté de laclinç, et une petite quantité die iiu|tiére d'acide et de sek.
A moins cru'on ne l'ait fait criftaUiser |ui gwid de fois , la lactine retient toujours quelques praoe^ ( stances animales que , suivant M. Yauquelin , l'oii peixti sensibles en le réduisant en poudre , et le triturant àsA mortier avec un peu d'eau légèrement alcaline : il se tout entier par l'eiTet de TalcaU , tapdis que I4 matière 1 reste isolée et apparaît sous forme de flocons*
Composition* — La lactine a ëté analysée successif par MM. Gay-Lussac et Thenard^ Berzelius, Prout et voici les résultats qu'ils ont obtenus :
Gay-Lusstc et Tfaenard. Berzelias. ProiiL
Carbone 18,825 39,574 40,00
Hydrogène... 7,341 7,167 6,67
OïLJgèoe 53,434 53,359 53,33
D'où l'on peut conclure que la lactine cristallisée apoui mule atomique : OH^O, équivalant à 40,4^ de carbone, i d'hydrogène, 52,64 d*oxigène.
Mais comme elle contient 12 pour 100 d'ea^ de cristi! tion , elle doit atoir pour formule, à l'jitat anhydre, CI qui représente une proportion.
La formule de la lactine cristallisée devient ak
la fraude au moyen de l'alcool à 33o , qui dissout le sd et n'a que peu d'action sur la lactine : le résidu ja"< tablement de la lactine , si , par l'acide azotique ii K co vertit en partie en acide mucique.
▲&TIGLE IT.
Pectine ou gelée végétale.
223 1. Il existe dans tous les fruits une substance uni lière qu'il est facile d'en précipiter par l'alcooï sous ron gelée. C'est cette substance qui a été connue jusqu'ici « ment sous le nom de gelée végétale^ et que IVf. Br^cpnnot pose d'appeler jD^c/i/K?.
Pour l'obtenir , on doit mêler l'alcool au jus du fmii Gemment exprimé. L'opération s'exécute très bien avec 1 de groseilles. Si la quantité d'alcool est assez cpnsidén le dépôt se forme presque instantanément ; si au oont^ veut ménager l'alcool , la pectine ne se prend <^n massi ktineuse qu'en abandon nar*^ ^-^ -*^élange a lui-mêpij&Mii
SUCRJi. 385
l k 9 jours. Dans tous les cas, la pectine doit être pressée mdpellenient , lavée avec de Palcool faible et dessécnée.
j^jnsi préparée , la pectine est insipide , sans action sur le tourne^î» fit en fragmens demi transparent ^ membraneux , semblables à la colle de poisson. Plongée en cet état dans 100 fois son poids d^eau froide ^ elle se gonfle extrêmement ,
repce , au point qu'alors elle parait comme dissoute.
L'eau bouillante parait avoir moins d'action sur la pectine que l'eau à la température ordinaire.
Soumise à la distillation, la pectine se décompose sans se fondre , donne de l'acide acétique , de l'huile empyreumatique, etc., point d'ammoniaque , et un grand résidu charbonneux qui contieiit ordinairement un peu de carbonate, de phosphate et de sulfate de chaux, et d'oxide de fer.
Lorsqu'on verse un acide dans une dissolution de pectine , cette substance n'éprouve aucun changement réel^ mais^ duose bien digne de remarque, elle se trouve transformée touti-coup en acide pcctique sous Tinfluence de la plus légère trace d'un oxide ('Ucalin. Aussi, quand après avoir ajouté au jps de groseille étendu d'eau et filtré un peu de potasse ou de sonde , qui n'en trouble point la transparence, on le mêle avec m petit excès d'acide sulfurique , y produit-on un abondant précipité gélatineux d'acide pectique. Si la quantité de potasse on de soude était suffisante , l'acide pectique se déposerait à l'instant à l'état de sous-pectate.
Le carbonate de potasse peut comme la potasse transformer h pectine en acide pectique. Le carbonate de soude, ni même l'ammoniaque concentrée, ne possèdent cette propriété.
Enfin la pectine , de même que l'acide pectique , donne de l'acide mucique et de l'acide oxalique avec l'acide azotique.
Composition, — La pectine , d'après les produits de sa distillation, ne contient évidemment que du carbone, de l'hydrogène et de l'oxigène. Probablement qu'elle est isomérique iivec l'acide pectique : c'est du moins ce qu'autorise à croire sa facile transformation en acide* pectique ; malheureusement, iosqu'ici on n'a fait l'analyse élémentaire d'aucune de ces deux substances. ( Voyez le Mémoire de M. Braconnot^ Annales de Chim. et de Pays. , xlviï , 274. )
AaTIGLE y.
Du sucre, 2232. Nous désignons par le nom de sucre tout corps qui ,
356 SUBSTAIfCES IIEUT&ES.
dissous dans Teau et mis en contact avec le ferment, peut dt-romposë et transformé en gaz acide carbonique et enak (Voyez Fermentation spiritueuse.) D'après cette défimi nous devons admettre au moins aujourd'hui cinq espèca sucre : le premier est le suciro ordinaire , ou le sucre prog ment dit ; le second est ce même sucre , rendu inaisbi sable en le dissolvant dans Peau , et faisant bouillir long-tei la dissolution ; le troisième est celui que nous trouvons di presque tous les fruits^ le quatrième, le sucre d&chain gnons ^ et le cinquième, le sucre qu'on rencontre dansl^ rine d'une certaine sorte de diabètes.
Sucre ordinaire ou de canne,
2a33. Le sucre ordinaire est connu depuis nombre des clés ; mais ce n'est que depuis la découverte de rAmàif que Ton s'en est servi comme aliment. Avant cette époque
désirer.
Le sucre est solide , blanc , d'une saveur très doncefS pesanteur spéciGque est i,6o65. Il devient luminenxknqu'on le frotte dans l'obscurité. Il cristallise assez fadlemeoi: ses cristaux prennent le nom de sucr^cantU; on les obtieute plongeant des fils dans une dissolution sirupeuse, que lot abandonne à elle même dans une terrine pendant dix i^aôize jours : ils renferment , d après Berzelius , i atonie ittu sur n atomes de sucre, ou 5,3 d'eau pour loo, qu'ils nCÎBUKiit même en les cbauifant au point de les faire fondre é,^'^ se dégagent qu'en unissant le sucre aux bases , par esa^^ protoxide de plomb, (i)
(i) M. Biot a recherché TactioD que pouvaieut exercer 'des solatioBide* tières organiques sur un rayon de lumière polarisée qui les travenait'ilti*^ la direclioa du plan de polarisation était changé par plusieurs d'entre ellOi^ construit un appareil propre à mesurer ce changement avec beauconir de fR sion. Il a observé:
1° Que le sucre de canne dévie le plan de polarisation vers la droite,
a° Que le sucre de canne rendu iucristaliisable, le dévie vers la gauc^;
3® Que le sucre du raisin, cristallbé et redissous dans Teau ou raJoooL kdi ▼ers la droite, mais qu'avant sa crislallisation, il le dévie vers la gancbe '
4* Que le sucre d*amidon le dévie toujours vers la droite;
5° Qu'aussitôt que la fermentation commence à s'établir dans use iolatiai sucre de canne cristallisé, l'actiou d'agir à droite passe brusquement i eaiidie;
6*^ Que la fermentation n'intervertit pas le sens de ia rotation dans le m d'aoBÎdoB et le sucre de raisin; qu'elle l'affaiblit seulement;