AMIDON. SUS
l'enveloppe n'entre dans le poids de l'amidon que ponr 4 ou 5 millièmes au plus, il s'ensuit qu'en faisant l'histoire chimique de l'amidon, on fait par cela même celle de sa partie intem«. Action du feu» — ooumis à l'action du feu, Tamidon se fond, noircit, se boursoufle, se décompose à la manière des substances végétales» Projeté sur un corps incandescent, il
1>rend feu et répand une fumée d*une odeur piquante. Une égère torréfaction en modifie seulement les propriétés , suivant MM. Yauquelin et Bouillon-La^ange : alors il se dissout dans l'eau à la température ordinaire , comme la gomme^ et
S eut être employé dans presque tous les arts où l'on fait usage e ceUe-ci. ( Bullet. de Pharm. , m, 54 et SgS.) Action de tiode. -^ Trituré avec plus ou moins d'iode , il forme des combinaisons dont la couleur varie. Ces combinaisons sont violâtres quand la quantité d^iode est petite , bleues quand elle est un peu plus grande , d'un bleu noir quand elle l'est plus encore (MM. Colin et Gaultier de Claubry, Ann, de Chinu , xc, pa», M, Pelletier , Ballet, de Pharm, , vi, 28g ). Ne proviendraient-elles pas toutes de la plus foncée , mêlée à de 1 amidon libre ? Quoi qu'il en soit , on peut toinours obtenir la plus belle couleur bleue en traitant l'amidon avec un excès d'iode, dissolvant le composé dans la potasse liquide , et précipitant la dissolution par un acide végétal. Cette couleur se manifeste même à l'instant , soit en versant de l'eau bouillante sur de l'iode dans une liqueur qui contient de l'amidon en suspension, soit en mêlant la décoction d'amidon avec de l'eau saturée d'iode. C*est en effet par ce dernier procédé que M. Lassaigne l'a préparée pour les recherches dont il a communiqué les résultats à l'Académie; seulement, après avoir évaporé le mélange des deux liqueurs dans le vide sec , il a repris le résidu par Teau froide , et a obtenu ainsi un iodure soluble et un iodure insoluble , tous deux colorés en bleu : il n'a examiné que le premier.
Cet iodu^ , séché dans le vide sec, est d'un bleu foncé ; il est complètement soluble dans l'eau et insoluble dans l'alcool. La solution aqueuse ne se trouble pas avec le temps et conserve sa couleur. Le carbone très divisé , le phosphore , le chlore, le brome, le fer , le zinc , le cuivre , le mercure , l'argent , la décolorent , savoir : le carbone en absorbant l'iode ; le phosphore, en donnant lieu, par la décomposition de l'eau, à de Tacide phosphoreux et à de l'acide iodhydrique ; le chlore , le brome , en formant dû chlorure et du bromure d'iode ; le fer, le zinc , le cuivre , le mercure , l'argent , en s'emparant de Tiode et passant à Tétat d'iodure.
Les alcalis décolorent aussi cette solution d'iodure , et les
saDs
356 SUBSTANCES NSUTRES.
acides rétablissent la couleur; quant aux acides minëraiiiya 'aux acides végétaux cristallisés , ils précipitent l'iodure ealo' cons bleus.
De toutes les propriétés de Piodure, la plus remarquable es I Qs contredit la suivante. Lorsqu'on chauffe la solution an certain degré, de 89 à 90" , si elle est concentrée, à un mcHBdre degré , si elle est étendue d'eau , elle se décolore et reprend ensuite sa couleur par un refroidissement lent ou brusque, phénomène analogue à celui que nous présente dans m sens inverse Tacide hypo-azotique ( 396 ) ; mais si on lajpoitt à TébuUition pendant deux minutes, elle reste incolore: alors, suivant M. Lassaigne, il se forme de l'acide iodhydn-'
L'iodure solubie contient 4^979 d*iode sur loo.
La propriété que possèdent l'iode et l'amidon de former un composé bleu, permet de se servir d'iode pour reconnaître l'amidon, et d'amidou pour reconnaître l'iode.
M. Balard conseille à ce sujet, lorsque l'iode est à l'état d*iodure métallique, ce qui a toujours lieu dans les eaux salées, de mêler avec l'amidon et l'acide sulfurique, la liqueur qui contient l'iodure, et de verser par-dessus une petite quantité de solution de chlore^ celui-ci, en raison de sa moindre densité, leste à la surface, et au point où les deux liqueurs se touchent, on voit se manifester une zone bleue. Par une légère agitation, la teinte bleue se dc'veloppe; elle disparaîtrait si le chlore était en excès : il se produirait, comme on sait , des acides iùH^' drique et chlorhydrique. L'acide sulfurique agit dans eeite épreuve en décomposant l'iodure , produisant de f»â4fi iodhy drique et le mettant en contact avec le chlore. ( Jwi i« C/iim, et de Phys. , xxviii, 178. )
2245. Action de Veau. — L'eau froide est sans action sur l'amidon en grains-, mais elle se comporte tout autrement avecl'amidon broyé a la mollette et dont les enveloppes ont été brisées. S'il n'y a que peu d'eau , l'amidon se gonfle et forme une sorte d'empois-, s il y en a beaucoup, l'amidon se dissont en partie. Du moins eu évaporant la liqueur âltrée et parfaitement limpide , elle donne, d'après M. Guérîn, un résidu ♦'Hjuivalant aux 9 millièmes de son poids, et en y versantdc l'eau chargée d iod<;, elle se colore en bleu.
IVautres pbénomènes ont lieu avec l'eau à une certaine tempéra tui-e.
!> Qii€*ron vtrsi: vili ij parties d'eau bouillante sur i partie d'amidon, '1 ^ï^ lésultcra lout-à-c' '■smpoisj qu'on
AMIDON. S8t
emptoîe Peau de 60 à 6S degrés, elle produira le même effet, pourni qu'on la maintienne à ce degrë de chaleur : dans les deux cas, les enveloppes s'ouvrent, les grains se vident, comme l'a si bien observé M. Baspail au microscope , et la combinaison entre l'eau et la partie interne s'opère. Âu-des- ^sous de 60 degrés, par exemple à 5o, l'empois ne se forme pas : les grains restent intacts. Abandonné à lui-même , l'empois est susceptible de beaucoup d'altérations remarquables dont il sera question plus bas. Placé sur des doubles de papier qu'on renouvelle, il abandonne de l'eau , diminue de volume et se réduit en une masse qui a l'apparence de la corne. . â^ Que l'on fasse bouillir l'amidon pendant un quart d'heure dans 100 fois son poids d'eau, l'amidon se dissoudra, sauf les enveloppes ou vésicules qui le recouvrent et qui , dans un espace de temps plus ou moins considérable^ se déposeront au fond de la liqueur en entraînant un peu de la partie interne à laquelle elles adhèrent plus ou moins fortement.
Si l'on filtre ensuite la liqueur décantée eÇ qu'on l'évaporé à l'aide d'une légère ébullition 3^ presqu'en cousistance siru- ' peuse. il s'en séparera une matière blanche insoluble que l'on pourra recueillir sur une toile par la torsion. De nouvelles évaporations qui seront répétées jusqu'à quatre fois à une température inoindre que 100 degrés, et de nouvelles filtrations à travers la toile, produiront de nouveaux dépôts : après quoi l'on obtiendra un liquide qui , évaporé à siccité , laissera un résidu complètement soluble dans l'eau froide.
L'on voit donc qu'en traitant ainsi l'amidon, l'on en retire trois substances^ savoir, une substance soluble dans Teau, une autre substance qui, comme celle-ci, se dissout d'abord , mais qui par l'évaporation devient insoluble , même dans l'eau bouillante*, enfin la substance tégUmentaire : ce sont ces trois substances que M. Guérin connaît sous les noms d!amidine, à^amidin soluble , àiamidin tégumentaire. Il pense que la parlie interne de l'amidon est composée Xamidine et à^cumdin soluble dans le' rapport de 60, 45 à 39,55 , opinion qui sera discutée plus bas, lorsqu'il s'agira de la composition de l'amidon : nous ne ferons maintenant qu'exposer les propriétés de ces trois substances sous les simples dénominations aamidine^ dUamidln et de tégumens.
2,ij\.6.Uamidine^ parfaitement desséchée, est à peine jaunâtre quand elle a été traitée par le charbon animal^ elle est blanche à Tétat d'Jiydrate *, elle n'a ni odeur ni saveur ^ elle est transparente en plaques minces ^ elle se réduit facilement en poudre. L'eau froide la dissout complètement en devenant très mucilagineuse ^ elle est plus soluble dans l'eau bouillante
35S SUBSTAI9GES NEUTRES.
et tout-à-fait insoluble dans l!a1cooI et l'éther ; sa solution âiqueuse dévie le plan de polarisation 3 fois autant que le sucre de canne , d'après M. Biot. L'iode lui donne la couleur bleue de la pensée; le sous-acétate de plomb y forme un précipité blanc très abondant ; lacide azotique la transforme eh acides oxalhydrique et oxalique, sans traces d'acide muciqae; Tacide sulfurique, en sucre de raisin. La lerurene la fait point entrer en fermentation.
loo parties d'amidine sont composées , d'après l'analyse de M. Guérin, de Sp^ja de carbone , de 7,1 3 d'hydrogène^ et de 53,1 5 d'oxigène, ce qui donne pour formule C*®H**0*.
Uami(tin est insipide , sans odeur , sans action sur les couleurs bleues, insoluble dans l'eau froide ou chaude , dass l'alcool , l'éther, soluble dans la potasse et la soude, d'où il est précipité par les acides. Il forme avec une solution aqueuse d'iode ime belle couleur bleue, qui disparaît à 90 degrés de chaleur , et reparaît par le refroidissement. Il donne sensiblement la même quantité d'acide oxalique àyec l'acide azotique et la même quantité de sucre de raisin avec l'acide suUurique que le ligneux ( 2255 ). M. Guérin en a retiré 62,74 ^^ carbone, 6,59 d'hydrogène, 40,67 d'oxi gène, d'où ce chimiste a concile, en tenant compte de ses propriétés^, qu'il était isomérique avec le ligneux proprement dit , et qu il devait avoir pour formule G^*H^^O*. Observons cependant que dans le ligneux l'oxigène est à l'hydrogène dans les mêmes proportions que dans l'eau. (Ann. de Chim et de Phys, , lvi, 225.J
La substance tegumentaire ne saurait être obtenue pure qu'en faisant bouillir l'amidon avec l'eau et la diastase. Lorsqu'on emploie l'eau seule, elle retient toujours plus ou moins de la partie interne altérée ou modifiée, probablement AeVamimn; elle constitue, suivant M. Payen , les 4 à 5 millièmes du poids de l'amidon , et , suivant M. Guérin , les 22 millièmes. Quoi qu'il en soit , elle est insipide, sans action sur les couleurs bleues, insoluble dans l'eau, l'alcool , l'éther ; l'iode ne la colore pas. M. Guérin a trouvé qu'elle donnait sensiblement avec l'acide sulfurique la même quantité de sucre de raisin que le ligneux , et qu'elle contenait 52,74 de carbone , 6,59 d'hydrogène, ^o^6'j à*oiîi%hTie\ mais la substance tegumentaire sur laquelle il a opéré, avait été préparée avec l'eau seule et n'était point pure. Une nouvelle analyse est nécessaire.
2247» Action des bases. — L'amidon , broyé avec une dissolution concentrée de potasse ou de soude, forme un composé transparent, gélatineux , soluble dans l'eau ; ta U^eur filtrée est limpide et troublée par les acides , qui , ise l^eiiibinant avec Talcaii, mettent Vamidou en libeÉté* Les èatxx ée