‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 2)Chapitre 52 sur 92 · AMIDON · texte numérisé non relu

AMIDON

chaux ) de baryte, pr«$cîpltent toiit-à-coup Famidon de sa dissolution aqueuse; il eu est de même de ririfusîon de noix de galle; l'alcool est encore dans le jueme cas , mais alors l'amidon se dépose en nature sans contracter d'union avec la matière précipitante.

Lorsqu'on fait digérer de l'amidon dans l'eau bouillante , jusqu'au point où la liqueur se transforme en une gelée d'une faible consistance, qu'on môle ensuite cette gelée avec une dissolution elle-même bouillante d'un excès de sous-azotate ou de sous-acétate de plomb, et qu'on laisse pendant long-temps les matières en contact, l'on obtient un précipité qui , lavé et séché soigneusement, se trouve composé de loo u amidon et de 38,89 ^® protoxîde de plomb ( Berzelius, Ann. de Chim. , xcv, 82). Il suffit même de verser le sous-acétate de plomb en liqueur dans la dissjolution d'amidon pour obtenir un précipité d'amidon et d'oxide de plomb.

2248. Action des acides. — L'acide azotique aiFaibli dissout l'amidon à froid; à l'aide de la chaleur, il le convertit en acides oxalhydrique , oxalique , etc. (igSi), et sépare en même temps une petite cjuantité d'une substance grasse, d'apparence cireuse , qui, par le refroidissement, se fige à la surface de la liqueur. 100 parties d'amidon , traitées par 800 d'acide azotique d'une densité de i,34, ont donné à M. Guérin 21, 10 parties d'acide oxalique anhydre. ( Ann, de Chim. et de Phys. , LVi, 23 1.)

L'acide sulfurique peut s'unir à l'amidon, et former avec lui un composé cristallisable. Que l'on prenne de l'acide sulfurique étendu de douze fois son poids d'eau ; que l'on dissolve, en élevaiU un peu la température, l'amidon dans quarante fois son poids de cet acide faible , et que l'on verse de l'alcool dans la dissolution, il en résultera un précipité qui devra être regardé comme un mélange d'eau, d'acide sulfurique , d'amidon pur et du composé cristallin. Si , après avoir lavé le précipité avec l'alcool pour enlever l'excès d'acide , on verse sur le résidu une petite quantité d'eau , celle-ci dissoudra le composé; mais comme elle en séparera un peu d'amidon , et que par cela même elle mettra de l'acide en liberté , il faudra verser la nouvelle liqueur sur un filtre, la faire cristalliser par évaporation spontanée , et délayer à plusieurs reprises les cristaux dans de l'alcool. L'acide libre sera emporté, et le composé d'acide et d'amidon restera pur. ( Th. de Saussure, Ann. de Clum. et de Pkjrs.^xi^ 287.)

2249* Des produits tout autres se forment, lorsque, au lieu de favoriser l'action par une douce chaleur, Von fait bouillir la liqueur, et qu'on soutient pendant long-tem^& Vâa\îl\\\\^\!t\

alors ramîdon peut se transibrmer d'abord en une matière d'apparence gommeuse qui est la dexirine^ et bientôt après oiu ])eut^*tre en même temps , en un sucre semblable à celui de raisin. Pour obtenir ce sucre, dont la découverte est due à M. Kirchofi' , voici à-peu-près le procède qu'indique ce chimiste : il faut prendre 2 kilogrammes de fécule , les délayer dans 8 kilogrammes d^eau aiguisée de ^o grammes diacide sulfurique à &&"*. On fait bouillir le mélange pendant trentesix heures dans une bassine d'argent ou de plomb , en ayant soin de Tagiter avec une spatule de bois pendant la première heure de l'ébuUition. Au Dout de ce temps , la masse devenant plus liquide n'a plus besoin d'être remuée que par intorvalle. A mesure que 1 e.iu s'évapore , elle doit être remplacée. Quand la liqueur a suffisamment bouilli , il faut y ajouter de la craie et du charbon , puis la clarifier au blanc d œuf , la filtrer à travers une chausse de laine, et la concentrer jusc[u'à ce qu'elle ait acquis une consistance presque sirupeuse. Alors on ôte la bassine de dessus le feu , afin que, par le refroidissement, il se précipite le plus possible de suliate de cbaux ; on décante ensuite le sirop, "et on en achève l'évaporation.

Il est à remarquer que plus la quantité d'acide est considérable, moins il faut laisser bouillir l'amidon pour le convertir en matière sucrée ( Mémoire de M. Vogel, Ann, de Chim. , LxxMi, 148). Suivant M. Persoz, deux heures suffisent, lors-* qu'on emploie 5oo grammes de fécule, 120 grammes d'acide, et 1400 grammes d'eau, en ayant soin de remplacer celle dont la japorisalion a lieu, {jirui, de Chim, et de Phjrs. , lu, ^3.)-

Il était curieux de rechercher ce qui se passait dans cette * opération ; c'est ce qu'a essayé de faire M. Th. de Saussure : après avoir analysé comparativement Tamidon et la substance sucrée , et s'être assuré qu'il ne se dégageait aucun gaz pen- , dant la réaction ; que l'air ne jouait aucun rôle ; que l'acide sulfurique n'était pas décomposé, ainsi que l'avait annoncé M. Delarive; que 100 parties d'amidon produisaient iiop,i4 de sucre*, il en a conclu qu'une portion de Teau était solidifiée; que le sucre d'amidon n'était, par conséquent , qu'une combinaison d'aïnidon avec l'hydrogène et l'oxigène dans les proportions nécessaires pour faire l'eau , et que l'acide sulfurique n'avait d'autre influence que d'augmenter la fluidité de la solution acjueuse d'amidon. {Bibliothèque britannique^ Sciences et Aris^ Lvi, 333.)

Il paraît que beaucoup d'autres acides minéraux et organiques peuvent opérer la transformation de l'amidon en sucre, comme le fait l'acide sulfurique : tels sont, l'acide oxalique, l'acide tartrique^ l'acide malique , d'après M. Couverchel, et

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