ETHER CHLORHYDRIQUE
La potasse^ la soude , l'ammoniaQue ne déconrposent pa« sensiblement l'ëtlier clilorliydrîque dans l'espace d^ quelques heures , à une température inférieure à celle de Teau bouillante ; sous quelque état qu'on présente ces corps les uns aui: autres , la décomposition ne devient sensible que dans l'espace de plusieurs jours , même lorsqu'on établit un contact intime entre l'élber et l'alcali, par l^lcool, qui a la propriété de les dissoudre tous deux : il ne commence en effet , à se former de chlorure alcalin , que le deuxième ou le troisième jour.
L'azotate d'argent et l'azotate de protoxide de mercure, sels qui forment subitement des précipités dans les eaux où se trouve de l'acide chlorhydrique libre ou uni à des bases salifiables , agissent sur l'éther avec tout autant de lenteur que les alcalis ^ ils n'y occasionnent aucun nuage sur-le-champ ; on ne commence à en apercevoir que quelques heures après le contact : et même trois mois après , la décomposition est bien loin d'être complète. Toutes ces expériences se font facilement dans un petit flacon bouché à l'émeri.
2277, Composition. — Lorsqu'on fait passer l'éther chlorhydrique très sec à travers un tube de porcelaine chauffé seulement au rouge brun , on le transforme sensiblement en un mélange de parties égales en volume de gaz oléfîant et de gaz chlorhydrique (Thenard). Or, comme en ajoutant la densité du gaz oléfîant à celle du gaz chlorhydrique, on obtient celle de la vapeur de cet éther , il s'ensuit que l'on doit considérer cette vapeur comme formée d'un volume de gaz chlorhydrique et d'un volume de gaz oléfîant , condensés en un seul. C'est, en effet , à cette conséquence que sont arrivés MM. Colin et Robiquet dans leurs observations sur l'éther chlorhydrique (^Ann. de Chim. et de Phyé.^ t. i, p. 348 et suiv.). D'après cela , la formule atomique (H^Ch'^,C®H®) représentera 4 volumes d'éther chlorhydrique.
2278. État naturel y préparation* — L'éther chlorhydrique n'existe point dans la nature ; on le forme en saturant l'alcool de gaz chlorhydrique, oubien encore en mêlant ensembleparties égales , en volume , d'alcool et d'acide chlorhydrique liquide concentré , et chauffant le mélange. Après avoir introduit ce mélange dans une cornue de verre , on la place sur un fourneau par le moyen d'un triangle de fer , et l'on y adapte un tube à boule qui va se rendre au fond d'un flacon à trois tubulures , égal en capacité à la cornue qu'on emploie et & moitié rempli d'eau à 20 ou 25^. La deuxième tubulure porte un tube droit de sûreté , et la troisième , un tube recourbé qui plonge dans une éprouvette longue , étroite y bien sèche et mi-
touree Se glace , au'on renouvelle à mesure qu'eUe fond. Il est bon de tenir l'ouverture de Teprouvette fermée par un bouchon percé d'un trou , pour donner issue à la petite portion de vapeur d'éther qui pourrait ne pas se condenser.
L'appareil étant ainsi disposé, on porte peu-à-peu la liqueur jusqu'à une légère ébullition. Alors, par Faction qu'exerce l'acide chlorliydrique sur les élémens de l'alcool, celui-ci se artage en bi-carbure d'hydrogène, et en eau; le carbure ^hydrogène s'unit à une portion de l'afcîde , et de là l'éther qui , déposant dans l'eau du flacon tubulé une petite quantité
aalcool et d'acide qu'il entraîne à l'état de mélange , arrive pur et gazeux dans 1 éprouvette , où il se condense. On juge que l'opération va bien lorsque les bulles ne se succèdent ni trop rapidement, ni trop lentement, dans le flacon intermédiaire. De 5oo grammes d'acide , et d'un volume d'alcool égal à celui de ces 5oo grammes , l'on peut retirer facilement 60 grammes d'éther.
Si on voulait l'obtenir à l'état de gaz , il faudrait adapter à la troisième tubulure du flacon un tube convenablement recourbé , qui irait s'engager sous des flacons pleins d'eau à la température de 20 ou 25°; Ton pourrait encore se contenter de faire passer un peu d'éther liquide dans des éprouvettes pleines de mercure à cette même température.
Il ne peut être conservé à l'état liquide que dans des flacons bouchés à l'émeri, renversés et placés dans un lieu frais, Î)ar exemple , à la cave : encore est-il nécessaire de maintenir e bouchon avec de la peau et du fil.
2279. L'éther que Ton produit en traitant certains chlorures , surtout le bi-chlorure d'étain par l'alcool , n'est , pour ainsi dire , que de l'éther chlorhydrique {Mémoires cC^rcueil^ t. I p. 142)- Il contiendrait seulement, suivant M. Liebig, un peu d'éther ordinaire. La production de l'un et de l'autre est facile à concevoir en observant qu'une partie de l'eau ap-
Sartenant à la constitution même de l'alcool , est décomposée e telle manière que l'oxigène s'unit au métal et l'hydrogène au chlore ; de là* par conséquent del'acide chlorhydrique, et la réunion de toutes les conditions nécessaires pour former les deux éthers en question.
n parait qu'il en est de même de l'éther provenant de la réaction du clilorure de phosphore sur l'alcool : la sieule diflfé^ \GxiQQ qui existe entre l'un et Pautre , c'est que l'éther f?it ayef l'fiicidje est un peu plus volatil que Péther fait avec les chlorures. , ^ L'éther chlorhydrique a été obtenu en grande quantité , j)i;)^ir. }a première fois.,, par IVI. Basfe de H^i^çln , . .Qj étu^é ^uocessivoment par GeuVen , î\vx\ >f ^ âifemûtAx:^ V^^\&t.eÀbe aè
irOEK lODHTDRIQUE. 407
Pacide chlorhydrique ; par M. Tlienard et par M. Boullay. (^Mémoires d^Arcueily t. i, p. ii5 et SSj. )
$ 2. Éther bromk)rdrique.
aaSo. M. Serullas, qui a obtenu le premier cet ëther^ le prépare en introduisant dans une petite cornue tubulée 4o p« d'alcool à 38^ du pèse -liqueur de Baume, i p. de phosphore, et 7 à 8 p. de brome qui doivent être versées eH petites portions , par la tubulure. Aussitôt que le brome touche le phosphore placé sous ThIgooI, il y a production de chaleur , d'acide bromhydrique et décide phosphoreux. Le nyélange est distillé a une douce chaleur, et le produit recueilli dans un récipient bien refroidi. Ce produit étant (kendu d'eàn , l'éther bromhydrique s'en sépare à l'instant , et se dépose mi fond, du vase en un liquîd.e d'un aspect oléagineux. Il lue reste plus, pour l'avoir pur , qu'à le laver avec de l'eau, i laquelle on ajoute une petite quautité de potasse , puis à le dessécher en le distillant sur du chlorure de calcium.
L'éther bromhydrique est hquide , incolore , très tolatii , d'ude saveur piquante, d'une odeur forte et éthérée, d'une densité plus grande que celle de l'eau. Il eflt trésr solnble dims l'alcogolvduquel l'eau- )« précipite. Il ne change pas. de couleur comme l'éther iodhs^drique lorsqu'on le conserve sous Tcau.
( Ann. de CfUrn. et de, Phys. , t. xxxiv, p. 99.)
§ 3. Ether iodhydrique.
2281. M. Gay-Lussac, à qui la découverte de cet éther est due , l'a obtenu en faisant un mélange de deux parties , en volume, d'alcool et d'une d'acide iodhydrique coloré, ayant i ,70 de densité , distillant le mélange au bain-marie , et étendant d'eau le produit qui se rassemble peu-à-peu dans le récipient. L'éther se précipite sous forme de petits globules qui sont d'abord un pcoi laiteux, mais qui, en se réunissant, forment un liquide transparent. On le purifie en le Uvant à l'eau froide à plusieurs reprises.
M. SéruUas , au lieu de ce procédé , en indique un autre analogue à celui par lequel on prépare l'éther bromhydrique : il consiste à introduire dans une petite cornue tubulée 4op* d'iode et 100 p. d'alcool à 38*» , à y projeter; par petits fragmens , et en agitant , 2 -^ P* de phosphore , puis à distiller la liqueur presque entièrement; on verse alors sur le résidu a5 à 3o p. de nouvel alcool quand le liquide a été presque, entièrememt volatilisé, et l'on continue la distillation, jusqu'à c#
410 SUMTAEfCES IfEITr&ES.
autr? prt, si l'on met le polyeulfure d'hydrogène en< l'alcool , il se décomposera cl se transformera peu-à-jeii soufre et en gaz sulfliyuriquequi se dégagera; maisnroniîi un peu d'acide sulfurique à ralcool j le gax 9 au liea At m\ gager , formera une combinaison fétide semblable i la dente , et qu'on obtiendra, du moins en partie , en < la liqueur alcoolique , etc. N'est-il pas extrêmement d'après cela , et d'après la propriété que possèdent lei cidcs de s'unir au gas olénant , que cette matière fétide
Sect oléagineux est de l'étber sulfbydrique? Je me pro; e l'analyser; malheureusement, dans lea recbercbes <|Kf faites sur le polysulfure d'hydrogène , J'ai été atteint , ni
Îirant la vapeur de polysulfure , d'une a£Fection très 1* L membrane pituitaire, affection qui n'est point enœrei rie , et qui s'est opposée à ce que je misse fin à oe geoci travail.
2284* Mercaptan ou acide svlfhjrdro^tfiniqtie. — Le posé que M. Zeise a nommé mercaptan^ de mercuriumeq par la raison qu'il attaque avec énergie le bi-oxide de cure, n'exerce aucune action acide sur le-ipapierdetoun Néanmoins il se «comporte comme un hydpacide avecleii lis et surtout avec loxide de mercure, montrant demtMf l'acide cyanhydrîque et l'acide sulfhydrique bcauooapf de tendance à réagir surcetoxideque sur la potasse etlaW Les réactions qu'il exerce , les cii constances de sa prodndtf sa composition élémentaire, tendent également à nous le p senter comme de l'acide sulfhydrique à moitié satura ptf^ bi-carbure d'hydrogène , ou en d'autres termes, ca0^ bi-sulfhydrate de ce bi-carbure : il correspondrait tt ^ sulihydrate d'ammoniaque, qui est c-galement nefl»" papiers colorés. Nous adopterons cette supposition , et l*' sou de la similitude de composition du mercaptan envittgi cette manière, et des acides sulfo-vinique et pliospho-vis qui sont aussi des bi-sels de bi-carbure d'hydrogène, proposons pour lui le nom ai acide svdfhydro-mnique*
Il se produit par la décomposition réciproque d'un ï vinate et d'un proto ou bi-sulfure alcalin, ou mieux sulfliydrate de sulfure. Dans tous les cas, il y a en mèmet formation d^une matière moins volatile , dont la nature
Sas encore connue (i), et en outre dégagement de gazsn rique. Mais la matière dé nature inconnue et Tacidesi] driquc u<^ se montrent qu'en très petite quantité, si l'a téagir sur le sulfo- vinate un suif hydrate de sulfurei ce
lui donne le nom ^êther ihiaUque.
MERCÂPTÂIf. 411
par exemple le sulfhydratc de sulfure de barium sur le sulfovinate de potasse. En ne tenant pas compte de ces deux produits <ini paraissent accidentels, l'i^uation suivante représentera les xïîsultats de l'action du suif hyarate et du sulfo-ymate : (H S, BaS)+(SO% KO+SO\ C^H», H*0^)=(2H»S,C«H*)
-f^SOS KO)+(SO%BaO)+H^O.
Pour se procurer pur V acide suljfhydro-viniquej il faut xnet- ? en contact avec le bi-oxide de mercure le produit de la dîs-
care ou composé de sulfure de mercure et d'éther sulfhydrique (HgS-f-H^SjC^H®). Délayé dans l'eau et traité par du gaz suif hydrique , ce corps est décomposé \ et tandis que du sulfure de mercure se dépose , de l'acide sulfhydro-vinique nage à la surface de l'eau.
L'acide sulfhydro-vinique est un liquide incolore, que ne ^congèle pas un froid de 22°. Sa saveur est sucrée et éthérée tout à-la-fois^ son odeur, alliacée et excessivement pénétrante^ sa densité, de 0,842 à i5"; son point d'ébuUition , à environ 6a®. L'eau n'en dissout qu'une petite quantité; maïs l'alcool et l'éther le dissolvent presqu'cn toutes proportions. Ses dissolutions n'ont point d'action sur les papiers réactifs»
Dissous dans l'eau ou dans l'alcool, il forme avec l'acétate de plomb un préci])ité jaune citron : il n'agit point, au contraire , sur l'azotate de ce niiital.
Le potassium le décompose à la temp(^rature ordinaire avec Tiyacité, en dégageant de Thydrogène et donnant naissance à on sulfo'ifinure.
L'acide sulfhydro-vinique convertit lentement Toxide de cuivre en une substance incolore, pulvérulente. Versé sur le bi-pxide de mercure, il agit sur lui avec violence , produit de l'eau et un composé représenté par la formule 2 C^H^^S^Hgou (SHg-f-SHSC8H8). C%?st (le cette réaction qu'a été déduite la com|30sition de l'acide sulfliydro-vinique. Il donne le même corps avec le bi-clilorure de mercure \ de Pacide chlorhydrique prend nais^isance en même temps. Il exerce une action analogue sur les per-clilorurcs d'or et de platine ; mais les sulfo-vinur€s produits ne (correspondent point aux chlorures em-
{iloyés : ib ont pour formule , l'un , ( Au?S-j-H^S, C^H® ) , 'autre, ( PLS4'ivS,C®IP). Leur formation est donc accompRgnée d'un antee corps que ne donnent point le bi-oxide et le bi- chlorure de mercure.
Le sulfo-vinure de potassium est incolore, très soluble dans l'eau et dans l'alcôbl, susceptible de supporter s^jx&fTÀXfx^x^V
Purifié avec soin par des lavages à l'eau et à la potasse, l'éther jnroto -chloré présente les propriétés suivantes : il ne rougit
Kint le papier de tournesol; il est incolore, plus pesant que BLVL'y sa saveur est fraîche , analogue à celle ae la menthe, et odeur toute particulière; il est très soluble dans Palcool et
très peu soluble dans l'eau. Distillé avec l'acide azotique , il se "▼olatilise et se décompose en partie : l'un des produits de la décomposition est le chlore. Lorsqu'on l'introduit en vapeur âan^ un tube incandescent , il y a beaucoup d'acide chloi^hy- ^Irique mis à nu. Cependant les alcalis les plus forts l'attamient à peine, d'où il faut conclure que le cnlore ou Facide âilorhyarique qu'il contient est intimement combiné avec le lli-carbure.
M. Despretz , qui en a fait l'analyse, le regarde comme un composé de i volume de chlore et de 2 volumes de gaz oléfiant. M 87. Ether bi-chloré^ on huile des Hollandais^ ou hydro-bicarbure de chlore. — Il se forme en combinant directement le chlore et le bicarbure gazeux d'hydrogène. Si les deux gaz sont secs et que le chlore ne soit en excès dans aucune partie du mélange, l'éther est le produit unique de leur action, ainsi que l'a observé M. Dumas. Il n'en est plus de même dans le cas contraire ou si les gaz sont humides : il y a alors production de plus ou moins d'acide chlorhydrique , et il est même difficile d'éviter qu'il n'en soit ainsi.
Pour préparer cetéther chloré, on fait arriver dans un ballon du gaz olénant et du chlore secs ou humides en volumes à-
ru-près égaux. Un liquide huileux se forme aussitôt ; quand quantité produite est suffisante , il est retiré du ballon, lavé avec de Peau, puis avec une dissolution de potasse, décanté et distillé au bain-marie, d'abord avec de l'acide sulfurique concentré , puis sur de la baryte finement pulvérisée.
Les matières diverses qui peuvent prendre naissance en même temps que l'éther chloré, sont le résultat de l'action du chlore sur lui, ou sur les vapeurs dont est accompagné le gaz bi'Carbure d'hydrogène , lorsqu'il n'a pas été soigneusement purifié.
Quant à l'éther chloré lui-même, il provient de la combinaison, à volumes égaux, des deux gaz employés à sa préparation. En elfet , il se trouve composé de 2456 de carbone , 4,1 d'hydrogène, et 71,8 de chlore (Dumas , Ann» de Chim, et de Pnys.j xlviii, i85, et lvi, i45 ). Ce qui équivaut à la formule : C^H^, Ch , représentant i seul volume de vapeur, comme le fait voir la densité trouvée par M. Gay-Lussac.
L'éther bi-chloré est un liquide incolore, sucré, sans action sur la teinture de tournesol, d'une odeur agréable et ianalogueà
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Millft tU' I <-lli<-i liyiliii|iir. Sa pesanUrur spécifimie est i^^
lu |iii4«iifii flrii"*77o. Il ft(! (iÎAlilie sans altëratioa, i iiiiii n rtvitii l'ir fti^lf' h tU: Tacide sulfurique ooncentR mil' iliamiliilîiiii ilr |M»luNfircuuatiiiue. Verse dans anee iriii(^i-iil lin iii'ii rliiiiiilf, il preiiu feu à rappro€hed'ia< III iiiiitlitiilKiii I |iitiiliiit une flatiime verte et des ^ l'iiiii-i-t-i, |iiiiiiiiiili-.ii lu îdi'.H , eliargiVs d*une grande ( ilr nnii lit iitiiiri' ; tl'oii Ton |H*ut conclure qu^alors ih f..^iii «i trdtlitir t'iiiiivM'iit ri (|uo le carbone est mis d iuilr. Ti'U ntiiii iiitMii It'.H iv>ullats qu'il présente en le &4 |iii^»ri A ltii\ri« itti lulu' iiuMiuU'scrnt : stulementil « ^ ili- pliii iiiir (ril.iitii* ipuiititi' lit* i;az inlLimniable*
i lt.iu(U' l>>;(Si'Uui(l .iM'iMir Titlier chloré^ le potui t'i'^' un pix^luii ^.ucux, (oiniô lie gaz oléfiant par os. »l U\%U\'^v \w. Si»u% Itullux-iuv ilo la lumière solaire ec fl *u la Uu»îuS\* \liix\u* » U- vlïlvMV traii^toriue l'iîditfJ* ,u *, uU- vliU'ilî\x'.;uiuv' cl 1*11 sosjui-chlorure de w-afiŒfc
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