ÉTHER CYANIQUE
C06I9 d'eau 9 d'acide succiuique , d'acide chlorhydrique et d'ëther succinique. L'addition de l'eau y dëtermine la précipitation de gouttelettes huileuses , brunes , qui ne tardent point à se réunir au fond du vase; elles forment un liquide qui , lavé à l'eau froide à plusieurs reprises , chau£Pé sur de l'oxide de plomb jusqu'à ce que son point d'ébullition soit constant , et enfin distillé, est de l'éther succinique pur.
Il se présente sous forme d'un liquide incolore , huileux au toucher , doué d'une saveur aigre et brûlante et d'une odeur qui rappelle celle de l'éther benzoïque. Sa densité est de i^oSô, à iS"; celle de sa vapeur de 6,22.11 ei^tre en ébullition à 214**- Il brûle avec une flamme jaune.
Le chlore le décompose très lentement à la lumière diffuse , mais instantanément à la lumière solaire directe : de Pacide chlorhydrique se substitue au gaz chlore , et sut les parois du flacon dans lequel on opère, se dépose bientôt une foule de petits cristaux d'acide succinique, mêlés aune matière jaunâtre et visqueuse. '
La potasse, en agissant sur l'éther succinique , donne lieu à du succinate et à de Palcool. L'ammoniaque sèche est sans action sur lui ; mais si l'éther est agité avec de Tammoniaque liquide , il ne tarde point à disparaître , et, au bout de quel-
2ues heures, une matière blancne cristalline, qui paraît avoir e l'analogie avec l'oxaméthane, se précipite. L'éther succinique a pour formule atomique : C^H^O^-}- C^H^-j-H^O. En supposant qu'elle représente 2 vol. de vapeur, la densité de cette vapeur devra être 6,06 , nombre qui diflFère peu de celui que l'expérience a donné. ( Journal de Pharm.^ XX, 667.)
§ 9. Ether cy unique.
23 16. L'acide cyanique est le seul des acides organiques azotés, qui ait été combiné avec le bi-carbure d'hydrogène C^H*.
Fait-on passer de la vapeur d'acide cyanique hydraté dans de l'alcool absolu? Elle est rapidement absorbée , l'alcool s'échaufîe au point d'entrer en ébullition , sans toutefois qu'il se dégage aucun gaz permanent; le liquide se trouble et laisse ap-
})araître un abondant précipité blanc , cristallin , dont le reroidissement augmente encore la quantité. La substance qui constitue le précipité est l'éther cyanique de MM. Wôhler et Liebig. Pour l'obtenir pur, il suffit de le laver à plusieurs reprises avec de l'alcool , et de le faire sécher.
Ainsi préparé, l'éther cyanique est sous forme d'une poudre cristalline , d'une blancheur éclatante , sans saveur et sans odeur prononcées. Il se dissout à peine dans l'eau fnoldi^ \ >uql
440 SUBSIAUCIS NEUTftEft.
peu plus dans Feau bouillante , sans lui commumquer de réaction acide ; plus encore dans l'alcool et dans l'éther, sortoat k chaud. Sa aissolution dans l'alcool ou dans un mélange d'alcool et d'éther , l'abandonne sous forme de cristaux r^nlieis et prismatiques , soit par l'évaporation spontanée ^ soit par un refroidissement ménagé, après avoir été saturée boaillante«Gc8 cristaux sont transparens, doués d'un éclat nacré, plus denses que l'eau, et cependant susceptibles de flotter à sa sur&œ»
Exposé à l'action du feu, 1 éther cyanique se résout bientèt en un liquide incolore et transparent, au-dessus duquel de la Tapeur s'élève sous forme d'une fumée inodore j et produit dans l'air, en se condensant , une neige cristalline très légère. Cette vapeur peut s'enflammer à l'aîr, et brûle avec une flamme semblable à celle du cyanogène.Par le refroidissement, l'éther fondu se prend en une masse cristalline. En vase clos, il ne se volatilise qu'en très petite quantité; la plus grande partie est décomposée : à la température à laquelle l'acide snlfurique commence à fumer, une vive ébullition se nunifeste^ de l'alcool, accompagné d'un peu d'éther cyanique, vient se condenser dans le récipient, tandis qu'il reste dans la cornue de l'acide cyanurique pur.
Les acides sulfurique et azotique dissolvent l'éther cyanique sans l'altérer. Chauffé avec une dissolution de potasse caustique , il donne lieu à de l'alcool qui se vaporise , et à de l'acide cyanique qui s'unit à l'alcali.
L'étlier cyanique a été trouvé formé de Si, 63 de carbone , i3,5i d'eau, et 34^86 d'alcool; ce qui correspond k la formule :
a(C*Az^O)+C8H84-4H'0.
D'après ces résultats, le composé dont il s'agit différerait considérablement par sa composition des autres éthers & oxacides, ou plutôt devrait être regardé, malgré la nullité de son action sur la couleur de tournesol, comme un bi-cyanate de bi-carbure d'hydrogène, uni à 4 proportions d'eau. (Y. Ann* de Chim. et de Phys.j xlvi, 56.)
AJLTIGLE VI.
Chlorures j cyanures et oxides métalliques èthérés^ au unis au bi^
carbure cC hydrogène C*H*.
a3 1 7 . Le bi-carbure d'hydrogène &H^parait susceptible d'entrer en combinaison avec les proto-chlorures de platine et d'iridium, le proto- cyanure et le protoxide de platine. C'est M. Zeise qui a découvert ces sortes de composés : il les appelle ft/ié'rs^ parce qu'ils contiennent la base des éthers.
P&OTO*GHLORIT&E DE PLATINE ÉTHÉEÉ; 441
' a3i8» ProtihcfUorure de platine éthéré* — 11 prend naissance^ Otsqu'on réduit à-peu-t>rèis jusau'au <|uart, par la distillation, me dissolution de bi-cnlonire de platine dans l'alcool: de l'a-
s temps^ souvent en outre La liqueur réduite conproto-chlôrure éthéré. Pour l'en retirer à l'état de pu- «té, M. Zeise y ajoute un excès de < Uorhydrate d'ammoniaque, [uiy s'unissant à-lafois au bi-chlorure de platine non décom- M>8ë et au proto-chlorure éthéré, forme avec le premier un sel Ipnble insoluble qui se précipite, et avec le deuxième un sel L^uble soluble que l'on fait cristalliser .Débarrassé de l'eau-mère adhérente et redissous dans l'eau , ce sel est ensuite mêlé avec le l'eau saturée de bi-chlorure de ptatine , sans excès d'acide, ne l'on y Verse peu-à-peu, tant qu'il se dépose du chlorhyirate ammoniacal de bi-chlorure. Séparée ensuite du dépôt Mr la filtralion, la dissolution ne renferme plus que du prolbshlorure de platine éthéré. En l'évaporant dans le vide , à Sièté d'un vase contenant de l'acide sulfurique que Ton remplace plus tard par un autre plein de potasse caustique , elle Misse le chlorujre éthéré à l'élat solide.
Il reste sous forme d'une masse gommeuse sans aucune texture cristalline, d'une couleur jaune clair, que la lumière fait Ipasser d'abord au verdâtre et ensuite au noir. Sa formule atottliiaue est PtCh',C8H8.
Soumis à la distillation sèche, le proto-chlorure de platine ■fthéré donne du gaz chlorhy drique et du gas^ bi-carbure d'hy- ^dbrogène et laisse un résidu de platine mêlé de charbon.
Il est très soluble dans Veau, sans être déliquescent , et la colore en jaune. Il se dissout aussi dans l'alcool.
La dissolution étendue sur du verre ou de la porcelaine , puis séchée et brûlée, laisse un enduit métallique, miroitant
brune. L'ébuUition accélère la décomposition
dépôt de platine , la production d acide clilorhy drique et un
dégagement de gaz bi-carbure d'hydrogène.
L'addition d'acide chlorhydrique dans la liqueur empêche la manifestation de ces phénomènes et donne de la stabilité an chlorure éthéré.
L'azotate d'argent, en agissant sur lui par l'intermède de l'eau, n'en précipite d'abord que la moitié du chlore qu'il contient. La liqueur filtrée aussitôt après le mélange ne tarde pas à se troubler de nouveau, et donne un dépôt noir abondant.
Le cuivre métallique, plongé dans une dissolution aqueuse ide chlorure de platine éthéré , en précipite une -çouàt^e; t\w^
flont la nature n'est pas encore bien connue, et qui fait nploilEei t sion lorsqu^on la chauffe. pt'li
Proto-chlornrr de platine aminoniacal éthéré. — Ce compQlf v r se forme par l'action de Tammoniaque liquide sur le pïoto'|iîfr//é chlorure de platine rtht'ré dissous dans l'eau. H se sépare swfct si forme d'une poudre jaune, légèrement soluble dans Tcaiiéllife c dans l'alcool , qiii noircit sous l'influence de la lumière. llil&^^e « pour formule : aPtCh^+Azff+CsHs. Ition
âSip. ProtO'Cynnure de platine éthêré. — D se forme pirkfcle < double décomposition du bi-cyanure de mercure et duproli-fclile j chlorure de platine étliéré, et se dépose lentement delâB-ifiiit i queur au sein de laquelle il se produit. Il est blanc etd'a^ rence mucilagineuse ; la lumière le noircit.
23 ao. Proto-chlorure d^iridium éthéré. — Ce proto-cUonn r éthéré s'obtient comme celui de platine et offre les mén» " phénomènes dans sa préparation. Il paraît qu'il possède dfl propriétés analogues. ^^3
2321. Chloinr es éthéré s doubles. — Le proto-chlorure ium^ platine éthéré et vraisemblablement celui d'iridium , peuTot \^^ s'unir à un grand nombre de chlorures électro-posîtife et n^ ^ chlorhydrate d'ammoniaque. Les composés doublés quefoiDe|{jp^, le proto -chlorure de platine éthéré avec le chlorure depoto-ltjj 5 sium et le chlorhydrate d'ammoniaque, prennent facilemrtj une forme cristalline et renferment de l'eau de cristallisatioB) qu'ils perdent à une température d'environ 100 à iio'.Ul double chlorure de platine éthéré et de sodium est au contrant' incristallisable , ou du moins il ne cristallise que très diffiâlemeiit.
M. Zeise a conclu de ses expériences sur la composition dn chlorure double de platine élliéré et de potassium, que cesd desséché devait avoir pour formule atomique : 2PtCh*-|-KCtf +C8H8 ou (PlCh%C«H8 +PtChSKCh^). Mais M. Liebig qm 1 mis en doute tous les résultats des analyses de M. Zeise, a fût voir que les nombres moyens fournis par ces expériences s'accordent mieux avec la supposition d'après laquelle les ëlémens d'un atome d'eau seraient joints à la formule qui précède A l'appui de celte manière de voir , il ajoute que le chlorure dou-
naire (Ânn. de Chim. et de P/ij^.,LV, 121). D'après cela, à la formule donnée par M. Zeise , devrait être substituée celle-ci: (PtCh%C8H8+PtCh%KCh^)4-H20. Quoi qu'il en soit, le sd cristallisé doit renfermer 2 at. d'eau de plus que le sel desséché. 2322* Protoxide de platine éthcré. — \i\v^drate de magnésie
H BÏDRATER DE MÉTHYLÈNE, 443
^fc digestion dans la dissoiiilion de proto-rlilorure de pla- ""îlii^n;, dfiniic Heu à une décomposition réciproque de Ift- • ■ résultent du chlorure ile Taa^Tiésium et nn 02ide de pla- - théré, <jui peut être obtenu pur en dissolvant l'excès de fc-t'sîe par Tacide azotique ('teodu, lavant avec de l'eau la ■e qui reste indissoute , et la desséchant dans le vidé. La ■Œe caustique, substituée à la magnésie, déterminerait une i-on plus compliquée, et précipiterait en mGme temps de le éthéré et du métal réduit. Cet oxide éthéré est remar- Ke par la propriété qu'il a de détoner avec violence en l'ex- ■^ i à une douce chaleur.
a.' GROUPE.
Y>$ês qui ont pour base le hi-caj-bwe d'hydrogène CB ou méthylène.