‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 2)Chapitre 76 sur 92 · ESSENCE DE GIROFLE. S · texte numérisé non relu

ESSENCE DE GIROFLE. S

de l'acide j et que la portion d'acide indissoute était plus £aiible que celle qui était unie à l'huile.

L'eau trouble la dissolution et finit par s'emparer de l'acide tout entier. Probablement que des effets analogues auraient lieu avec d'autres essences et d'autres acides. L'acide cblorbydrique^ par exemple , forme lin composé très intime avec l'essence de térébenthine, {jànn. de Chim. et de Plvys. xix^ ^79*)

Essence de romarin.

243 1. Incolore y plus légère que l'eau; elle s'extrait du (rosmarinus ojfficinalis) j et est employée en médecine et dans la parfumerie. Par la rectification, sa densité diminue : de 0,9109, elle peut devenir 0,8886, en ne prenant que la première moitié du produit.

Essence de Jasmin,

a43a. Cette huile, d'une odeur extrêmement fugace, ne peut s'obtenir et se conserver qu'au moyen du procédé suivant : on étend , au fond d'une boîte en ferblanc , un drap de laine blanche , imprégné d'huile de ben ou d huile d'olive ; on le recouvre d'uu lit de fleurs récentes de jasmin (Jasminum officinale ) ; sur ces fleurs on étend un deuxième drap blanc imbibé d'huile comme le précédent , et recouvert d'un nouveau lit de fleurs ; on continue ainsi à mettre successivement des fleurs et des morceaux de drap jusqu'à ce que la boite en soit remplie , et on comprime le tout au moyen d'un couvercle. Au Bout de vingt-quatre heures , on retire les fleurs, on les remplace par de nouvelles que l'on dispose comme les premières , et qu'on renouvelle jusqu'à ce que l'huile fixe soit bien chargée d'odeur. Alors on met les morceaux de drap dans l'alcool , on les exprime bien , et on distille au bain-marie ce mélange d'alcool et d'huile odorante ; l'alcool se volatilise et se rend dans le récipient, chargé de Todeur du jasmin ; il prend chez les parfumeurs le nom S essence de jasmin. On prépare de la même manière les essences de Us , de tubéreuse , de violette, etc.

Ces essences nous viennent du midi de la France; elles sont employées comme cosmétiques.

Essence de girofle , eugénine^ caryophylUne*

a433. L'essence de girofle , qui est employée comme assaisonnement , comme parfum , et en médecine , se retire des doux de girofle, c^est-à-dire de la fleur non développée du giroflier , arbre que l'on cultive dans les îles Moluques , à Bour-* bon et à Cayenne.

806 SITBSTAÎVGES NfiOTRSS.

Celle qu'on trouve dans le commerce est ionjours jaune orangé et impure^ rectîGée par la distillation, elle devient

Sarfaitement incolore , et pèse spécifiquement i,o6i, d'après [. Bonastre ; mais elle retient encore beaucoup d'eau dont on la prive en la faisant digérer à 60 ou 80® avec du chlorure de calcium en poudre.

Ainsi purifiée , elle conserve l'odeur et la saveur &cre de U fleur elle-milme. Elle entre en ébuUition dans un bain d'huile de colza bouillante, et résiste sans se congeler à un froid de ao*. L'alcool, l'éther hydrique , l'acide acétique la dissolvent en toutes proportions; 1 acide sulfurique la décompose; il en est de même ae Tacide azotique, qui lui fait prendre à froid une couleur rouge vif, et la transforme en acide oxalique à l'aide de la chaleur. Le chlore la décompose également.

L'essence de girofle a la propriété de former avec les bases puissantes de véritables combinaisons, toutes cristallisables,

auand elles sont solubles dans l'eau; les acides en opèrent k écomposition , et en séparent l'huile légèrement altérée et colorée en brun (M. Bonastre, Ann.de Chim. et de Php,^ XXXV, 274)* Les composés qu'elle produit avec la potasse et h soude se prennent en une masse d'écaillés cristallines au milien desquelles se trouve beaucoup d'eau interposée ; ces cristaux se dissolvent dans 10 à 12 fois leur poids d'eau froide, et en toutes proportions dans l'eau bouillante. Leur solution possède une réaction alcaline , en mi^me temps qu'une saveur acre extrêmement piquante : elle développe avec les sels de peroxide de fer une couleur qui varie du rouge au violet ou même an bleu-verdatrc. L'alcool et l'éther détruisent la combinaison, en s'cmparant, le premier de Thuile et de la base, et le second, de Thuile seulement. Le composé d'essence et de baryte forme de jolis cristaux , d'un blanc de perle , d'une saveur piquante de girofle, légèrement solubles dans Teau, qui renferment 70 p. d'huile et 3o p: de base. Enfin, l'essence de girofle donne avec la strontiaiie un produit qui se rapproche beaucoup du précédentpar ses propriétés; avec la chaux une masse solide, amorphe, insoluble dans l'eau froide, très peu soluble dans l'eau bouillante ; avec la magnésie et l'oxide de plomb , des composés semblables , complètement insolubles (M. Bonastre, Ann. de Chim. et de Phys. xxxv , 274) > avec le gaz ammoniac , de petits cristaux doués d'un grand ëdat, contenant 127 centimètres cubes de gaz alcalin pour i gramme d'huile essentielle (Dumas).

L'essence de girofle, rectifiée etprivée d'eau est formée^suivaut M. Dumas, de 70,02 de Carbone, 7,42 d'hydrogène , et â2,S6 d oxigène; ce qui corresçondàla formule C*®H*K) ', représentant

H0ILI DE L*EÀU-DE»yiE DE POMME DE TERRE. SOT

z "JMToportions^aipajp. (Ann* de Chim. etdePkys.^ lui, 167.)

 la suite de Pessence de girofle, nous placerons deux substances qui s*y rattachent par leur origine, et jusqu'à un certain point par leurs propriétés. Ce sont les matières désignées par M. Bonastire sous les noms à!eugénine et de caryophylline.

Eugénine. — Cette substance qui se dépose d'elle-même dans l'eau distillée du girofle, cristallise en lames minces, blatiches, nacrées , transparentes , susceptibles de jaunir légèrement avec le temps, d'une saveur faible, d^une odeur beaiJbcoup moins vive que celle du girofle , solubles en toutes proportions dans Talcool et Téther. Elle partage avec l'essence de girofle la propriété de prendre immédiatement une couleur rouge vif de sang par son contact avec l'acide azotique froid. La formule atomique qui «représente sa composition est :

C'^H^O ou C^^H^^OS qui ne diffère de la formule de l'essence de girofle que par la perte des élémens de i al. d'eau. (M. Bonastre, Journal de Pharmacie^ xx, 565. — M. Dumas , Arm. de CfUm, et de PA/f., LUI, 168.)

Caryophylline. — La caryopbylline existe à l'état de petits cristaux dans certaines variétés de girofle, et particulièrement dans celui des Moluques. On se sert d'alcool froid pour la dépouiller des matières étrangères qui l'accompagnent.

Elle cristallise en aiguilles divergentes, blanches et brillantes , réunies en faisceaux très délirs. Elle est inodorcj, insipide , insoluble dans l'eau et l'alcool froid « soluble dans l'alcool bouillant, dans Téther froid ou chaud, et en petite quantité dans les dissolutions d'alcalis caustiques , ainsi que dans l'acide acétique très concentré, fusib^ ^ susceptible de se décomposer aisément par la chaleur, en sorte qu'il est difficile de la fondre saus l'altérer , et que la sublimation la détruit en grande partie. M. Dumas l'a trouvée isomère avec le camphre. Elle a doncpour formuleC*®H*®0.(Bonastre,/owr/«. ^de Pharm,j ziii, 819; — Damas, Ann, de Chim, et die Pkys.j ijin, 169.)

. Huile volatile de Peau-de-vie de pommes de terre.

^434* C'est à cette huile que les eaux-de-vié de pommes de terrfe' doivent l'odeur et la saveur désagréables qu on letlr connaît. Elle se trouve renfeMoée dans la partie tégumentaire

qu

tient une grande quantité'd'alcool. Potir l'en débarrasser, on la chauffe dans une cornue à un feu modéré , jusqu'à ce que le liquide restant bouille i i3o otl)r3a^ En r^etaht les premiets

S08 SUBSTANCES MKUTRES.

produits de la distillation et redistillant les derniers ayec la même précaution, on eu retire une nouvelle dose d'huile, bouillant de i3o à l'i^"*. Si alors on la soumet à des rectifications ménagées , on l'obtiendra parfaitement pure. Cette huile est limpide et incolore , d'une odeur nauséabonde pai^ ticuliére; la densité de sa vapeur, de 3,i47 » d'après l'expérience, et de 3,07a d'après le calcul; son point dPébullitioQ, à i3io,5. M. Dumas l'a trouvée formée de 68,6 de carbonei i3,4 d'hydrogène et 18,0 d'oxigène; ce qui correspond à la formule :

QioQiîQ^ représentant :t volumes de vapeur, {jiim. de Chim. etdeP/i/s.j Lvi, 3i4.)

Camphre,

2435 • Elat naturel f cvtraction. — Le camphre est une substance immédiate particulière qui a beaucoup d'analogie avec les résines , mais qui en diffère cependant par plusieurs propriétés.

On le trouve uni dux Luilts essentielles dans plusieurs plantes de la famille des labiiu.-s, comme par exemple la lavande, et pour ainsi dire libre dans plusieurs espèces de Uairus , arbre très commun en Orient. C'est toujours du laurus camphora ({u'on l'extrait pour les besoins du commerce, et surtout de la médecine , où il est souvent employé. L'extraction s'en &it particulièrement au Japon : ou divise le bois du laurus , et on le chauffe avec de l'eau dans de grandes cucurbites de fer, surmontées de chapiteaux en terre dont l'intérieur est garni de cordes de paille de riz. Le camphre, entraîné par la vapeur d'eau, ôt* sublime et vient s'attacher ù ces cordes, à l'état de poudre grise : on l'en sépare , et , transporté en Europe , on le raffine par une npuvelle sublimation, mais tellement conduite, qu'il prend la forme d'une masse hémisphérique , transparente et cristalline, forme sous laquelle on le trouve chez les droguistes.

M. Clémandot a publié, dans le Journal de Phamuuk (t. III, p. 3^3), un procédé qui donne des pains de camphre très beaux et tels que le veut le commerce. Ce procédé est à-

que

tourc de sable, d'abord jusqu'au col, et dont on découvre peaà-peu la partie supérieure, à mesure que la sublimation a Een : le vase ressemble à une fiole ; il n'en diffère qu'en ce qu'il est beaucoup plus grand et beaucoup plus évasé.

Comme le camphre fonda lyS et qu'il bout à âo4% l'opf' ration exige beaucoup de temps et est difficile à conduire. £n

CAMPHRfe. 869

«ftèty 9i rëbullition était trop rapide, le haut du vase s'échaufferait trop, et le camphre retomberait en gouttes } si , d'une autre part , le refroidissement était trop grand, le camphre se ^condenserait sous forme de neige très Volumineuse : il faut nëoessairement que la partie contre laquelle vient se rendre la "vapeur de camphre soit toujours maintenue à une température im peu moindre seulement que 1760 : sans cela, le camphre ne se réunirait point en masse et ne serait point demi transpaxent. Sept à huit heures sont nécessaires pour la std)limation Ae deux livres et demie de matière.

On trouve dans les Annales de Chimie et de Physique (t. viii, p. 78) une méthode beaucoup plus abrégée : on conseille de <li8tiller le camphre dans une cornue ou dans une chaudière en forme d'alambic; de tenir le sommet et le col du vase assez chauds pour que le camphre ne puisse s'y solidifier ( ce qui aura lieu tout naturellement si la distillation est rapide), et de recevoir le camphre liquide dans un récipient de cuivre étamé, formé de deux hémisphères juxtà- posés. Lorsque le camphre cstsolidifié dans l'hémisphère inférieur, on le détache en chauffant un peu cet hémisphère , après avoir enlevé l'hémisphère supérieur. Ainsi raffiné, le camphre est aussi beau que préparc par voie de sublimation, et le raffinage coûte beaucoup moins. Si l'on voulait se procurer le camphre des labiées, il faudrait d'abord en extraire l'huile et l'exposer ensuite à l'air à une température de 220; l'huile s'évaporerait peu-à-peu, et le camphre resterait presque tout entier sous forme cristalline. M. Proust en a retiré, par ce procédé, 0,10 de l'huile de romarin , de marjolaine; 0,126 de celle de sauge, et o,25 de celle de lavande. M. Dumas s'est assuré de l'identité de composition du camphre de lavande et du camphre ordinaire.

243 S* Propriétés. — Le camphre raffiné est solide , blanc , transparent, cassant -, son odeur est forte, sa saveur âcrç, et sa pesanteur spécifique, suivant Brisson, de 0,9887. M. de Saussure a trouvé que , à 1 5*^,5, il avait une force élastique égale à 4 millimètres.

Que Ton projette sur leau quelques petits grains de cam-

diamètre, cette colonne commimiquera à l'eau un mouvement de i}a et vient , et se trouvera coupée au bout de quelques jours. Dans les deux cas, il suffit de verser une goutte d'huile sur la suif ace du liquide poiu: empêcher les phénomènes d'avoir lieu. ( Ânn. ae Chim. , xxi, xxxvii, xl, xlvih ; et jénn* de Chùn. et de Pkjrs. , iv, 3io, id. lui, 126.)

iiO SUBSTAHGBS IfEUTBES.

Le camphre, en vertu de sa tension , se vaporise dans l'air l la température ordinaire : voilà pourquoi l'on trouve si fouyent des cristaux transparens au haut des vases dans lesquels en k conserve, cristaux qui, d'après John, ont la forme de petites tablés hexagonales, brillantes, dont deux faces latérales opposées sont plus larges que les quatre autres; c'est aussi pour cette raison qu'il peut servir , comme l'alcool , à produire une lampe sans flamme. En effet, mettez un morceau de camphn sur un support convenable , et placez au- dessus un fil de platine roulé en spirale et' chauffé au rouge ^ le fil conservera son incandescence, ou la reprendra même s'il l'a perdue , et restera dans cet état jusqu'à ce que tout le camphre soit consumé.

A peine est-il en contact avec un corps en combustion qu'il prend feu : il brûle sans résidu.

L'eau n'en dissout que des quantités insensibles , et cependant elle ne peut être en contact avec ce corps sans prendre l'odeur qui le caractérise. L'alcool , au contraire , en dissoot une grande quantité, environ les 0,75 de son poids. La dissolution est incolore, très acre, même caustique; elle est décomposable par l'eau,quien précipite subitementle camphre en flocoDS.

Les huiles fixes et les huiles essentielles possèdent aussi k propriété de dissoudre le camphre; elles en dissolvent plus à chaud qu'à froid , et en laissent déposer par le refroidissement , sous forme de cristaux, lorsqu'elles ont été saturées à chaud.

Les dissolutions alcalines paraissent être sans action sur le camphre, ou du moins elles n'en dissolvent que des portions extrêmement petites : il n'en est point de même des acides.

L'acide azotique , par une douce chaleur , dissout facilement le camphre; il en résulte une liqueur qu'on appelait autrefois huUe de camphre, et dont Teau opère sur-le-champ la décomposition, de même que celle de l'alcool camphré : c'est un azotate bi-basique anhydre, représenté par Az*O*,2G^*H**0'. En augmentant la chaleur, l'acide et le camphre se décomposent réciproquement : l'acide camphorique est l'un des prth duits de cette décomposition (so66).

L'acide sulfurique concentré nous offre avec le camphre des phénomènes remarquables , qui ont fixé d'abord l'attention de M. Hatchett , et qu'ensuite M. Chevreul a examinés avec une grande exactitude. En mettant en contact 3o grammes de camphre avec 60 grammes d'acide sulfurique, le mélange ne tarde point à jaunir et à brunir; pour peu qu'on le chauffe, il s'en dégage beaucoup de gaz sulfureux, oi, au bout de a heures, l'on verse sur le résidu 60 autres grammes d'acide, et qu'on procède à la distillation, il passera dans le récipient de l'acide sulfu-

ESSENCE D'AMANDES AMÊRES. tiî

rique faible ^ de l'acide sulfureux y une huile volatile jaune dont l'odeur sera celle du camphre ; et si, lorsqu'il n'y a pres-^ que plus de liqueur dans la cornue, l'on traite par l'eau bouillante 9 à plusieurs reprises , le nouveau résidu qui est tout noir , il se partagera en deux parties : en une matière noire insoluble , qui est une combinaison d'acide sulfurique et de charbon très hydrogéné, et en une substance astringente solubie y qui est formée d'acide et d*une matière particulière. C'est de la dissolution qui provient de Faction de Teau sur le second résidu qu'on obtient le tannin artificiel de M. Hatdkett : il suffit d en saturer l'excès d'acide par Teau de baryte^ de filtrer et de faire évaporer la liqueur. ( jinn. de Chim. ,

liXZIII, l67«)

Parmi les autres acides , il parait qu'il en est plusieurs qui , comme l'acide azotique, peuvent dissoudre le camphre.

Suivant M. de Saussure, ce corp peut absorber près de i44 fois son volume de gaz chlorhydrique à la tempi'rature de lo^, sous la pression de o°^726, etK)rmer un liquide incolore, trans-

Sarent, qui se trouble au contact de Tair, parce que la vapeur e celui-ci s'unit tout de suite à l'acide et détruit son actionsur le camphre.

a436. Composition. — Il résulte des expériences de M. Dumas que le camphre est formé de 79,2 de carbone, de io,4 d'hydrogène, et de 10,4 d'oxigène, ce qui correspond à la formule : C^'^H^'^0", représentant 4 volumes de vapeur. Or, comme cette quantité atomique est susceptible cPabsorber I pr« de gaz chlorhydrique, elle doit être re^^ardée elle-même comme l'expression de 1 pr. de camphre. ( Ann. de Chim. et de Phys.y l, 226, etjoum, de Pharm. xx, 21 3.)

2437. Le camphre de toutes les espèces de laurus est sans doute identique ^ mais, suivant M. John Brown, la matière solide que l'on extrait de l'huile de thym est douée de propriétés particulières : par exemple, elle ne se dissout pas dans l'acide azotique. M. Dumas a fait voir aussi que l'essence concrète de menthe poivrée (2428) , que Proust avait regardée comme identique avec le camphre, ne devait |K)int être confondue avec lui.

Essence d! amandes amères.

:a438. L'huile essentielle d'amandes amères ne préexiste pas dans les semences qui servent à la préparer. Elle provient d'une réaction, jusqu'ici mal connue, qui s'eftectue à laide de la chaleur par le coacours de l'eau. Pour l'obtenir , on commence par soumettre à froid les amandes amères à l'action de la presse , afin d'extraire la majeure partie de l'huile fixe qui

s'y trouve contenue. Le tourteau qui reste est grossiëremeiit pulvérisé et placé dans un alambic au-dessus de l'eau qu'on j met d'abord , de manière que la vapeur aqueuse , à meson qu'elle se produit, soit forcée de le traverser ; les premières portions d eau vapoiisée se séparent immédiatement de l'haile non dissoute ; celle-ci lombe au fond du récipient. La liqueur

aui passe ensuite est laiteuse et moins chargée d'huile ; eDe oit être recueillie à part. A la fin , l'eau distillée n'entrafaie plus d essence et conserve sa transparence. Arrivé à ce tenue, il ne faut pas prolonger davantage l'opération. Les liquides aqueux et oléagineux sont séparés l'un de l'autre comme à l'ordinaire : seulement il est avantageux de faire subir à la

1)artie aqueuse du premier produit obtenu, une nouvelle distît ation que l'on arrête , quand on ne voit plus de gouttes oléagineuses se condenser dans le récipient. Cette liqueur contient en eflFet une quantité notable d'essence dissoute, a ce qu'il pire ît, à la faveur d'une autre substance de nature inconnue. (Robiquet etBoutron-Cbarlard, Arm, de Chim. et de Php, ^ t. xLiv, p. 364-)

L'huile essentielle d'amandes amères est d'une couleur jaune peu intense, d'une saveur acre , brûlante, et d'une odeur pénétrante, agréable, qui ressemble à celle de l'acide cyanhydriqne. Elle renferme, outre la matière hufleuse qui en constitue la plus grande partie, un peu d'eau , des traces de matière colorante, une certaine quantité d'acide cyanhydrique, et quand elle aët^ exposée à l'air, de l'acide benzoïque. En la mêlant avec deThydrate dépotasse et une dissolution de chlorure de fer, agitant le tout fortement, le soumettante la distillation, décantant l'eau du produit distillé avec une pipette^ et rectifiant l'huile sur do la chaux vive en poudre dans un appareil bien sec, on obtient un composé dénni , que MM. \Vohler et Liebig regardent conmoie un hydrure d'un radical ternaire auquel ils ont donné le nom de benzoyle. Ce radical , dont nous avons déjà parlé à l'article de l'acide benzoïque et dans nos généralités sur les substances végétales, aurait pour formule atom. de son nombre proportionnel C^®H*®0^.(-^«/i.rf^CA. etdePkrSmj li, ajS.) 2439. Hydrure de benzoyie^ ou essence d^amandes amères purifiée. — Ce composé, qui a pour formule (C*®H*®(y, H*), est un liquide oléagineux, parfaitement incolore, susceptible de réfiracter fortement la lumière. Sa saveur est brûlante et aromatique; son odeur , peu différente de celle de l'essence primitive^ sa densité, de i,o43; son point d'ébullition, pins élevé que i3o". Il peut traverser , sans se décomposer, un tube incandescent; mais il prend feu aisément dans des vaisseaux ouverts^ etbruïeavecune flamme fuligineuse*

cHLoKURk DE np.:SrzottE. a 9

lÈxpoêé au contact de Taîr , il en absorbe Toxigèiie peu-à- Mn y et se transforme en acide benzoïque hydraté. Cette conrenion, oui fiuiitpar devenir complète avec le temps^est accélérée par l'influence de la lumière solaire. Elle se conçoit aisément , & Tinspection de l'équation :

qui fiiit voir crue i atome d'oxigène se combine avec le benlOjle C^^^^Cr pour faire de l'acide benzoïque , et que i autre atome s'unit à l'nydrogène de l'hydrure de benzoyle pour faire de l'eau.

Le chlore et le brime exerceilit sur cet hydrure une action analogue k celle de l'oxigène : ils lé détruisent rapidement , et feraient à la place d'un oxacide de benzoyle, un chlorure ou luAiniire de ce radical, et au lieu d'éau , de l'acide chlorhydriqpie on bromhydrique (a44o et a44i)*

L'hydrure de benzoyle n'est point altéré par la chaux anhydre, même au degré de chaleur nécessaire pour lé distiller ;

dnCe i s'empare de son oxigène , en dégage l'hydrogène , abandoKme elle-même une quantité de ce gaz égale à celle qui jpravient de Peau décomposée , et passant ainsi à l'état d'acide beuoïqne, donne lien à du benzoatë de potasse. Ces divers efiêts siÂt exprimés par Péiquation qui suit :

C»m*<>0%ff-f-K0,ff0=(O8H^«0S04-K0)+4H:' L'hydrure de benzoyle se dtssout à froid sans altération dans les acides azotique et sulfurique concentrés;' à jij^î^d, ils sont décomposés : te premier donne de l'acide benzoïque , le second prend d'abord une teinte pourprée , noircit ensuite, et laisse dégager de Tacide sulfureux.

fl44o* Chlorure de benzoyle, — C'est en faisant passer un

en ecHitinuant le courant dé gaz : de cette iâr-iiiière, l'huile se tronve bientôt convertie en chlorure de tenzoyfe pur. La réactions'exprime par l'équation suivante :

C»«m«OSH»+4Ch=C28H*«O^Ch"+H«Ch^ Le chlorure de benzoyle est un liquide incolore , d'une odeur pénétrante, qui affecte vivement lés yeux et se rapproché de celle du raifort. Son point d'ébuUition est très ôlcvé. II est inflammable ; la flamme qu'il produit est brillante , fuligineuse et bordée de vert. Sa nonsîté est de 1,196. Tl lonibe au

IT. &x\tme édition. "^

sànt effet

fond de l'eau sans s'y dissoudre , puis donne, en la

nt peu-à-peu, des acides benzoïque et cUlorhydriqae.

[et est rendu plus rai)ide par VébuUition ; il se produit i en laissant penaant long-temps le chlorure de bensoyle^opol à l'air bûïnide.

Si l'on ajoute de la potasse à l'eau mv^e en contact t^eett^ chlorure , il est évident qu'il devra se former au lieu d'âdivli^^^'^, c|iIorhydrique etbenzoïque, du chlorure de potassium etèiliV^ bènzoate de potasse. La production de ces deux compoifa s effectue tout de suite en chauffant la dissolution alcuiiK. Cependant le chlorure de benzoyle peut être distillé sur II chaux et la baryte anhydres , sans subir aucune altéra^oDu.

Quant à ràmriioniaque gazeuse et sèche , sa téaction est vt stantanée^ le chlorure perd son état liquide à mesure qu'il d^• sorbe le gaz alcalin , et se convertit en une masse solide oonposëe d'un mélange de chlorhydrate d'ammoniaque et de hénzàmidej substance dont la formule atomique est celle d« beiizôate d'ammoniaque privé de i atome d'eau.

Versé dans Palcool anhydre ou bi-hydrale de bi-caibott d'hydrog^e, il s^y mâle d'abord en toutes proportions., pu se décompose presque immédiatement. La 7^ de Peau combinée aubi-carbùre d*hydrogène réagit sur le chlorure comme le bit l'eaù pure , c'est-à-dire en donnant lieu à de l'acide chlorliy'driqiie et à de Tacide benzoïque; la seule différence qui sefiÂe remarquer, c'est que l'acide benzoïque, au moment où il prend naissance , passe à Fétat d'éther , en se combinant arec le lûcarbure d'hydrogène et l'autre moitié de l'eau contenue dai» l'alcool , ainsi que le montre l'équation :

C^i»OSCh»+C8H%H^O^=(C^8H*90,0+C«HP+H^)

+H^-Ch'.

2441* Bromure de benzoyle. — Sa préparation s'exécute en traitant par le brome , à la température ordinaire, l'essence d'amandes amëres, purifiée ; elle est accompagnée de phàiozûènës analogues à .ceux que produit le chjiore sur l|k inème essence^ l'excès de brome etTacidc bromhy dorique en sont chassés par la chaleur. Ce Bromure se présente sou^ lorn^^ d'une niasse molle , très fusible , formée de larges feuilles cristallines de ooufeur brunâtre \ son odeur , qui se rapproche de celle dn chlorure de benzoyle, est toutefois beaucoup moina ferle et un peu aromatique. Chauffé à l'air, il brûle avec une flamme claire et fuligineuse. L'eau le décompose , mais avec une très grande lenteur ^ il y a production a acide bromhydriquie et d'acide benzoïque. L'alcool et l'éther hydrique , au contraire^ )e dissolvent sans l'altérer.

a44^« — lodure de benzoyle. — Ne peut s'obtenir immédii-

tequept par l'iode et l'essence d'amandes amères; se forme et je distille , en chauflant un mélange du cblorure du même ra- 4ïcaLet d'iodure de potassium ; cristallise en tables incolores , quand il ne contient pas d'iode en excès ; se fond aisément , TfUfiê en se décomposant à chaque fois et perdant un peu d'iode ; Xiessemble tout-à-fait au composé qui précède , par sa combusl^lUité et la manière dont il se comporte avec 1 eau et l'alcool.

^443* Sulfure de benzoyle. — Cristallin et mou à la tempéiHt^ire ordinaire, très fusible , jaune, d'une odeur désagréa- Uç^ brûle avec une flamme fuligineuse, en produisant 4fS l'Acide sulfureux ; paraît être indécomposable par l'eau ' fitl-alGOol; ne donne qu avec beaucoup de difficulté lorsqu'on 1% traite par une dissolution bouillante de potasse caustique, ^JhfSD3Âi9Xe de cette base et du sulfure de potassium-, s obtîept. en distillant un mélange de chlorure de benzoyle et de golfore de plomb bien pulvérisé.

a444- Cyanure de benzoyle. — Ce composé pur a Taspect d^nn liquide huileux incolore^ il prend rapidement et sponfanéOdçnt une couleur jaune ; son odeur iorte et pénétrante novoque le larmoiement; sa saveur est mordante, et suivie' a'iin arrière-goùt d'acide prussique, quoique douceâtre; sa flaipine est blanche , très fuligineuse; sa densité , plus grande qjjie (Celle de l'eau; décom|)ose promptement ce liquide , pour nro^uir^ de l'acide benz>oïque et de Tacide cyanhydrique ; Ofnii^ du cyanhydrate d'ammoniaque et de la benzamide avec le g^z anunoniac sec ; s'obtient en distillant le chlorure de ben^yle sur le cyanure de mercure.

^en que le cyanure de benzoyle n'ait point été analysé , la manière dont il se prépare et la nature des produits daAs lesquels il se transforme par le contact de l'eau, font voir d'une manière certaine qu'il doit être formé de proportions égales A^ cyanogène et de benzoyle , et avoir pour formule :

a44^* Benzoine. — La benzoïne est une substance concrète, isoméiique avec l'essence d'amandes amères pure , et dans laquelle cette essence se trafisforme en diverses circonstances , spirtQUt-en l'abandonnant cjuelques semaines sur une dissolutjsny de pçtasse caustique ^ à l'abri de l'influence de l'air. On l'p)>tiei|t a]pr» plus ou moins colorée en jaune. Elle devient parfaitement incolore en. la dissolvant dans l'alcool bouillant avijuel on ajoute du charbon animal, et la faisant cristalliser à plu^çurs reprises.

Sçs cristaux sont prismatiques, transparens , très brillans , sans odeur ni saveur ; elle fond à 1 20^ , bout et se distille en vases dos à une température plus élevée; s'enflamme facile-

r.\.é SI hSi AN CKS NEUTRES. |

,.îM» • ' u; -iiiis s y dissoudre , puis donne, en la dtcoq temen^

». u uù-1-p.u, des acides benzoïuue el chlorhydriqiKiii se dist

r .. - ■ . • lu ulus rapide par rébullitlon ; il se produitiê dîcal t

-V' • : :h luîanl long-temps le chlorure de benzoyle,ea quand

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maiser

>. -i .\joule de la potasse à l'eau mise en contact w ressem •.:. , d tit évident (ju'il devra se former au lieudVi tihihV .*! . '*.\.:iupio el btnzoïque , du chlorure de potassimoci 2^2 >v ••,M'.o dt' potasse. La production de ces deux cooa lature '►\ •"vVî::o îvnit dt- suite en chaufTant la dissolution alalj Me; 1 ^.\ :v:-.5.iî\l lo chlorure de benzoyle peut être distille sîî de Vac . *\ k:\ et 1 1 baryte anhydres , sans subir aucune alti'raûï| et Talc

V^u i::t à Taninioniaque gazeuse et sèche , sa réaction 4 le traii '► ..'.Liiuo; le chlonire perd son état liquide à mesureqBMÎ du bei >.*i-.x- \* ^1/ alcalin , et se convertit en une masse solidedi tient e .'v>. o vl un mélange de chlorhydrate d'ammoniaque^ \ .,,:■'<. •'.*, substance dont la formule atomique est Vv ' .s' .,.• ir.inunoniaquc privé de i atome d'^eau.

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