‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 2)Chapitre 77 sur 92 · X .• Nv Miix Talcool anhydre ou bi-hydrate de bi-CL · texte numérisé non relu

X .• Nv Miix Talcool anhydre ou bi-hydrate de bi-CL

.i *^ 'vv^/îu'. il s'y nièle d abord en toutes proportions.

'►c 'vco "^v.^c presque immédiatement. La -^ deleaucoml

li ■• .• iilnu\ dhydrogène réagit sur le chlorure commek .„^,

V^ '.i ^v.iîv, cVst-à-dire en donnant lieu à de l'acide chlûfl!| Çxec

.'• «.-.iv . t \ t'o l'acide bcnzoïque; la seule diflerencequisfi* prodi

% '• i • x\\u'i\ cVst (jue l'acide benzoïque, au moment oùilpi* donn«

• -vi-vv, passe à l'étal d'élher, en se combinant afecK* le g^^

V o •.j.iv iriiydrogène et l'autre moitié de l'eau contenwi* Wnzc

i ivv' , .'tîiji que le montre l'équation : Bii

v^^^H •OM:h^-+C«II%HO^-=(C^ni^^mO-|-C8IP-ffl<' ïnani

+II'Ch;.

I j • . n'vntnn' f/r henzoyle. — Sa préparation s'exécntc-

. • par le brome , à la température ordinaire, fej»^^

... J^s aiuères, purifiée; elle est accompagnée de {Ittî^

. . » ."a!v»cuies à ceux que produit le chlore sur lamèH**! 2i

X ' . \.v> de brome et l'acide bromhydrique ensonl A^l isotr

. • * •. ur. l\* bromure se présente sous forme d'unem^fj quel

.1^ ùi'iible, formée de larges feuilles cristalliitf»fl suri

.. vuîiàtro; son odeur, qui se rapproche de ceM lion

. •. Ivn/vn'le, est toutefois beaucoup moins foiVH ïob

.••li.iiupio. Chauffé à Tair, il brûle avec une &id^I p«i

. u UM*. r/eau le décompose, mais avec une 'pI aui

îl y a production d acide bromhydriq*''! pli

• pu-, l/alcool et l'élher hydrique , au conl*'* I

il. l' iltérer. | sa

. » u- oc-nzo/le, — Ne peut s'obtenir immd* vj

ïïiaii dec

ESSEISfCE DE CANNELLE. 8IT

s^^liC chlore agit vivement sur Thuile essenlielle de cannelle. ^*utre une grande quantité d'acide clilorhydrique , il paraît se ^ïoduire d'abord un chlorure liquide de cinnamyle , qui n'a ^U être isolé ; bientôt il ^%\. remplacé par un composé cristal- * W^ en belles aiguilles incolores , dernier produit de l'action

e plongée du chlore. Les auteurs l'ont nommé chloro-cinnase^ jouit d'une grande stabilité. Sa composition est représentée iar C«6H8Ch80» , formule qui ne diffère de celle de Thmle ■kmt il provient qu'en ce que la ~ de l'hydrogène se trouve kemplacée par une quantité proportionnelle de chlore. ' L huile essentielle de cannelle joue le rôle de base avec les ■eides chlorhydrique et azotique , et fait fonction d'acide à r^ard de l'ammoniaque.

Mise en contact avec le gaz chlorhydrique , elle en absoiiie une grande quantité et s'épaissit en prenant une teinte verte. Le produit saturé de gaz paraît être un composé défini , et se rapporte à la formule C36Hi«0*+HH:h^ • ^lé se combine promptement par l'agitation avec l'acide azotique concentré, et se prend en une masse jaunâtre de prismes obliques à bases rhomboïdales , qu'on peut égoutter sur des papiers. L'eau détruit cette combinaison et remet l'huile en liberté ; il en est de même de l'humidité atmosphérique. La combinaison se détruit même spontanément ^ il S3 dégage des vapeurs nitreuses, et la matière se fluidifie en répandant l'odeur d'amandes amères ; la chaleur favorise cette sorte de décomposition. L'azotate d'essence de cannelle récem^ ment préparé a donné à l'analyse 56,5 de carbone*, 5,6 d^hydn^ène*, 6,8 d'azote; 3i,i d'oxigène. En admettant pour ce sel la formule C^cH^^OSAz^OSH^O , il devrait renfermer 55,8 de carbone ; 4?^ d'hydrogène ; 7,2 d'azote ; 32,5 d'oxigène.

Traitée à chaud par l'acide azotique, l'essence de cannelle se convertit d'abord en essence d'amandes amères, puis en acide bcnzoïque.

L'ammoniaque gazeuse forme avec elle un composé solide , sec au toucher, susceptible de se réduire en poudre. U est inaltérable à l'air. La formule C^^H*^0,Az^H^ représente sa composition.

La potasse en dissolution dans l'eau , chauffée avec l'huile essentielle de cannelle,' semble ne lui faire éprouver aucune altération. Mais cet alcali, à l'état d'hydrate soKde , la déooa9>-' pose à l'aide de la chaleur , produit un abondant < dégagement' d'hydrogène et donne lieu à un ^el qui, selon toute apparence, est du cinnamate de potasse;. ' ' ".

Le chlorure de chaux se comporte d' une manière toute diffé-

Kll^ SURSTANCES NEUTRES.

rente. Sa dissolution bouillante fait passer l'essence à l'ëtat èc benzoate de chaux.

La composition de l'essence de cannelle est expriniéê enpcriè par 82,1 de carbone , 5,9 d'hydrogène et ia,6 d'oxigènevAl*^ en atomes, par C^^H^^O*, qui représente sa proportion. Ckif formule peut être décomposée des deux manières suivanti^tlr C36Hi*OSHS et C^Hi^0%C8H*. La première permet iJcw\^ rendre aisément compte de la transformation de l'essence a acide cinnamique ; la seconde qui fait voir dans cette essénà les élémens de rhydrure debenzoyle et de l'hydrogène quadl^ carboné peut servir à expliquer la nature des produits qui prennent naissance sous des influences oxidantes plus énerp-

3ues; par exemple, la transformation de l'essence en 1^rure de benzoyle et ensuite en acide benzoïqiie par Palrae azotique.

2447- Acide cinnamique. — On se procure cet acide an moyen de l'essence ou de Teau distillée ae cannelle exposée depuis long-temps au contact de l'air. Il s'y trouve à l'état de cristaux , que Ton purifie en les dissolvant dans Teau bomllante , d'où il se dépose par le refroidissement.

L'acide cinnamique présente beaucoup d'analogie avec IV cide benzoïque par ses caractères extérieurs. H se fond à lao*, bout à âgS^^ sous la pression de o"" 755, et distille sans laisser de résidu. Sa vapeur, comme celle de l'acide benzoïque, est piquante et provoque la toux. Sa solubilité dans l'eau est moindre que celle de ce dernier acide. Très peusoluble à froid, il se dissout beaucoup mieux à l'aide de la chaleur 3 aussi l'ean bouillante qui en est saturée se prend-elle par le refroidissement en une masse gélatineuse cristalline , d'un aspect nacre.

drure de benzoyle , puis de l'acide benzoïque. Le chlorure chaux le convertit aussi en acide benzoïque, et donne dub

de du benzoate de chaux.

Il forme avec les alcalis et les autres oxides métallicnies des sels oui , pour la plupart, sont solubles, et ont en général une grande ressemblance avec les benzoates.

L'acide cinnamique anhydre, tel qu'il se trouve dans lecinnamate d'argent , a pour formule atomique de son nombre proportionnel C^H'^O^, que l'on pourrait regarder comme lâ somme effectuée de C^^H^^O^-j-O qui nous ferait voir dans cet acide une combinaison oxigénée de cinnamfle. La formule db l'acide cinnamique cristallisé est C^®H**0^4"H*O.

ESSEISfCE DE CANNELLE. 8IT

m,e chlore agit vivement sur Tliuile essenllelle de cannelle. are une grande quantité d'acide chlorhydrique , il parait se 3uire d'abord un chlorure liquide de cinnamyle , qui n'a ^tre isolé ; bientôt il est remplacé par un composé cristal-

<£n. belles aiguilles incolores , dernier produit de l'action .^ngée du chlore. Les auteurs l'ont nommé ckloro-cinnose^ »<uit d'une grande stabilité. Sa composition est représentée <;»«H8Ch80» , formule qui ne diffère de celle de Thmle C: il provient qu'en ce que la -; de l'hydrogène se trouve K>lacée par une quantité proportionnelle de chlore.

huile essentielle de cannelle joue le rôle de base avec les ^s chlorhydrique et azotique, et fait fonction d'acide à ^rd de l'ammoniaque.

Cise en contact avec le gaz chlorhydrique , elle en absorbe

grande quantité et s'épaissit en prenant une teinte verte. Produit saturé de gaz paraît être un composé défini , et se ^orte à la formule C^eH^eo^+H^Ch^ Aie se combine promptement par l'agitation avec l'acide m.que concentré, et se prend en une masse jaunâtre de cznes obliques à bases rhomboïdales , qu'on peut égoutter ^es papiers. L'eau détruit cette combinaison et remet i.le en liberté^ il en est de même de l'humidité atmosphé- ^. La combinaison se détruit même spontanément ^ il sj fe.ge des vapeurs nitreuses, et la matière se fluidifie en ré- :3ant l'odeur d'amandes amères ^ la chaleur favorise cette ^ de décomposition. L'azotate d'essence de cannelle récem^ Lt préparé a donné à l'analyse 56,5 de carbone; 5,6 d^hygène; 6,8 d'azote; 3i,i d'oxigène. En admettant pour ce

ia formule C^cH^eOSAz^OSH^O , il devrait renfermer i de carbone ; 4?5 d'hydrogène ; 7,2 d'azote ; 32,5 Kigène.

Traitée à chaud par l'acide azotique, l'essence de cannelle se ivertit d'abord en essence d'amandes amères, puis en acide izoïque.

L'ammoniaque gazeuse forme avec elle un composé solide , ; au toucher, susceptible de se réduire en poudre. U est dtérable à l'air. La formule C^^H*^0,Az^H® représente sa nposition.

La potasse en dissolution dans l'eau, chauffée avec l'huile entielle de cannelle,' semble ne lui faire éprouver aucune alation. Mais cet alcali, à l'état d'hydrate soKde , la déooa9>- ^ à l'aide de la chaleur, produit un abondant. dégagement > lydrogène et donne lieu à un sel qui, selon toute apparence,

du cinnamate de potasse. •'".■■

Le chlorure de chaux se comporte J" une manière toute diffé-

•{20 SUBSTANCES NEUTRIiS.

hole, eu produisant une masse blanche, onctueuse, soluble dans Teau , que la dessiccalion rend pulvérulente et rose pale.

L'ammoniaque s'y dissout instantanément à froid, et ii trouve retenue avec assez de force pour qu'il soit difficile de l'en séparer complètement. L'oxide de cuivre s'y dissout aussi, et lui communique une couleur d'un brun chocolat. L'oxide de mercure au contraire la détruit, la transforme en matière résineuse, et se trouve ramené à l'état métallique.

Les acides azotique et sulfurique, concentrés, décomposent la créosote. Le premier laisse dégager d'abondantes vapenn rutilantes ^ le deuxième la colore d'abord en rouge , puis ajouté en plus grande quantité, il y développe une couleur noire et lui fait perdre sa fluidité. L'acide acétique s'y mêle en toutes proportions, sans l'altérer.

D'autres acides organiques y sont solubles , soit à froid, soit à chaud, et souvent us s'en séparent , en partie du moins , par le refroidissement.

La créosote dissout un grand nombre de sels métalliques des diverses sections : tels sont , entre autres , les acétates de . potasse , de soude , d'ammoniaque, de zinc , de plomb , les chlorures de calcium, d'étain , etc. , etc. Qudques-uns seulement, comme l'azotate et l'acétate d'argent, sont réduits.

La créosote coagule l'albumine.

Mais de toutes leâ propriétés de la créosote , la plus importante est d'empêcher la corruption des viandes. M. Reicnenbach assure que de la viande fraîche et même du poisson, trempés pendant un quart d'heure dans une dissolution aqueuse de créosote, ne se pourrissent plus et sèchent complètement en les exposant au soleil. De là, ce chimiste conclut que c'est à la présence de la créosote que les viandes enfumées doivent la propriété qu'elles ont de se conserver. Cette conséquence nous parait fondée ; mais nous ne sommes plus d'accord avec l'auteur , lorsqu'il ajoute que la créosote agit en coagulant l'albumine, Tempèchant ainsi de se corrompre et l'isolant de la fibrine qui seule ne serait pas susceptible de putréfaction3 car on sait que la fibrine pure, dans les chaleui^e l'été, commence à se putréfier du jour au lendemain.

Préparation, — La créosote se prépare , soit au moyen du goudron de bois, soit au moyen de l'acide pyroligneux brut.

Le premier procédé s'exécute en distillant le goudron , au moins jiisqu'à ce qu'il ait atteint la consistance de la poix, et au jplùs jusqu'à ce qiie des vapeurs blanches de paraffine aient cbniimehcé a se montrer. La liqueur qui passe dans le récipient se partage en trois couches , dont l'une est aqueuse et placée entre les dçux autres qui sont oléagineuses : c'est la

CREOSOTE. 5ît

couche inférieure qui couvient scuie à la préparation dont il s'agit.

I** Après l'avoir saturée par du carbonate de potasse , on la laisse reposer, et Ton décante la nouvelle huile qui se sépare. Cette huile , étant de nouveau soumise à la distillation, donne d'abord des produits plus légers que l'eau : on les rejette j puis une liqueur plus pesante : celle-ci doit être recueillie , agitée à plusieurs reprises avec de l'acide phosphorique étendu, abandonnée quelque temps au repos , lavée tant qu'elle communique à l'eau une réaction acide, et distillée avec une nouvelle quantité d'eau chargée d'acide phosphorique , en ayant soin de cohober de temps en temps.

2^ Le liquide oléagineux ainsi rectifié est incolore ^ il contient beaucoup de créosote , mais il renferme en même temps de l'eupione, etc. ; c'est pourquoi on le mêle avec la potasse en liqueur d'une densité de I9I2 , qui dissout la première et n'attaque point la seconde ; ensuite , après avoir enlevé l'eupione, etc., qui se rassemble à la partie supérieure, on expose la dissolution alcaline au contact de l'air , assez de temps pour qu'elle noircisse par suite de la destruction d'une matière étrangère; puis on y verse de l'acide sulfurique en quantité convenable : la créosote redevient libre , on la décante et on la distille.

3* Le traitement par la potasse, l'acide sulfurique, etc. , est répété jusqu'à ce que l'huile ne brunisse plus à l'air et prenne seulement une teinte légèrement rougeâtre. Alors elle est dissoute dans de la potasse plus concentrée , soumise à une distillation nouvelle, et enfin rédistillée pour la dernière fois en rejetant les premières portions qui ren^rment bea^giMip d'eau, ne recueillant que les suivantes, et évitant d'ailleurs de pousser l'évaporation trop loin.

Pour extraire la créosote de l'acide pyroligneux , on y dissout du sulfate de soude à saturation; l'huile qui se sépare et surnage est décantée , laissée en repos quelques jours pendant lesquels elle abandonne une nouvelle quantité d'acide et de sulfate de soude, saturée à chaud par du carbonate de potasse et distillée avec de l'eau ; la nouvelle liqueur oléagineuse obtenue est d'un jaune pâle, on la traite par l'acide phosphorique, etc., etc.^ comme celle qui provient du goudron.

Composition. — M. Ettling a trouvé la créosote formée de 76,2 de carbone, 7,8 d'hydrogène, 16,0 d'oxigène ( moyenne de dçux expériences) ; niais il parait qu'elle n'était pas entièrement privée d'eau. La formule qui paraît s'appliquer le mieux aux résultats obtenus est C^^HH). {^Arm. de Chim* et do Ph^$. , t. un, p, 3a5.)

nn SUBSTANCES NEUTRES.

Usages. — La crëosote paraît être employée ayec pour calmer les douleurs de dents y peut-être pourrait-cto en faire usage aussi pour conserver les viandes , s'il ëtait ^possible de les priver ensuite de l'odeur désagréable qu'elle leur donne: observons toutefois que Ton a beaucoup exagéré les ]pr0[Nrlétés qu'on lui a attribuées sous ce rapport.

V" GROUPE

Résines.

3449. Les résines, dont il existe un grand nombre d'espèces, sont des substances solides , cassantes , inodores et insipides quand elles sont pures , demi- transparentes an moins , et d'une couleur tirant le plus ordinairement sur le jaune. Aucune n'est conducteur du fluide électrique. Toutes s'électrisent d'une manière négative par le frottement.

Soumises à l'action du feu, les résines se fondent d'abord, et se décomposent ensuite en donnant lieu à divers phénomènes, selon qu'on opère en vases clos ou en vases ouverts : en vases clos, elles se transforment en une grande quantité de gaz hydrogène carburé, d*buile empyreumatique , etc. , et une petite quantité de charbon; envases ouverts, elles brûlent avec une flamme jaune, et répandent d'abondantes fumées noires.

L'air n'a aucune action sur les résines à la température ordinaire. Le soufre et le phosphore peuvent s'unir avec eUes par la fusion.

Elles sont toutes insolubles dans l'eau. La plupart d'entre elles, au contraire, se dissolvent dans l'alcool, dans l'éther bydrique , 4^^ ^^^ huiles essentielles , et même dans les huiles grasses.

M. Hattchett a examiné avec soin l'action de quelques acides sur les résines : nous rapporterons ses principaux résultats.

I® L'acide azotique attaque et décompose les résines avec violence^ il se dégage une grande quantité de gaz, et il se forme une liqueur que l'eau ne trouble point , et qui donne , par l'évaporation, une substance visqueuse, d'un jaune fonce, soluble dans l'alcool et dans l'eau. En faisant cnaufier cette substance avec une nouvelle qiiantité d'acide azotique , elle prend peu-à-peu les propriétés du tannîp artificiel ( Voye* tannin artificiel ). Quelquefois il se produit aussi de l'acide oxalique.

BÉsmss. SIS

fpàr l'eau, qui en prëcipite sur-Ie- champ la matière résineuse» En chauffant cette dissolution , elle se fonce en couleur, et l>ientôt il se dégage beaucoup de gaz sulfureux^ il se forme de l'eau, un peu d'acide carbonique, et il se dépose une grandç <ji£àntité de charbon. Si on Pétend d'eau avant qu'elle premie MB, couleur noire, et si Ton fait digérer dans l'alcool le précipité C|ue l'on obtiendra, il en résultera une liqueur d'où l'onjppurra extraire du ùinnin artificiel : il suffira d'en vaporiser ^alcool et de traiter le résidu par l'eau ; la partie dissoute sera le tannin artificiel pur.

3*" L'acide chlorhydrique liquide et l'acide acétique concentré sont aussi capables de dissoudre les résines , mais m^çins Ïiromptement que Vacide sulfurique : soit que l'opération se asse a froid ou à chaud , les résines ne sont point altérées , et toujours on peut les précipiter par l'eau.

Presque toutes les résines sont solubles à chaud dans les dissolutions de potasse ou de soude caustique ; elles agissent alors à la manière d'un acide, si bien qu'elles peuvent quelquefois neutraliser complètement l'alcali. Aussi , lorsqu'on vçrse ces sortes de résinâtes , dans une dissolution saline de baryte, de strontiane, de chaux, ou d'une autre base appartenant aux cinq dernières sections , se produit- il ton t-à- coup un précipité qui est formé de Ipi base du sel et de la résine du resinate alcalin. L'ammoniaquô elle-même , liquide ou gazeuse , s'unit à beaucoup de résines.

M. Unvcraorben , qui a fait un grand nombre de recherches à ce sujet, propose d'établir la division suivante , fondée sur la plus ou moins grande tendance des résines à se combiner avec les bases , ou ce qui est la même chose , sur leurs propriétés plus ou moins électro-négatives.

1** Résines fortement électro-negatii^es. — Elles se dissolvent

par l'évap^

cal avec excès de résine. Elles peuvent aussi : lo se dissoudre à l'aide de l'ébullition dans une dissolution aqueuse de carbonate dé soude , et en chasser l'acide 5 2* formeir avec l'alcool une dissolution qui rougisse la solution alcoolique de tournesol , et qui précipite là solution alcoolique d'acétate de cuivre.

n^ Résines médiocrement électro-négatives, — Elles se dissolvent facilement dans Tammoniàque à la temjpérature ordinaire; mais la dissolution saturée hê peut être ,^ùmise à l'ébùUition, sans se troubler et sans donner un précipité qui est de la résine exempte d'ammoniaque.

Toutefois, elles rougissent le tournesol et décomposent le

52> SUBSTAKCES JIEUTRES.

carbonalc de soude et la dissolutiou alcoolique d'acétate de cuivre ) comme les précédentes. Ces sortes de résines sont les plus nombreuses.

y Résines JaibUment électro-négatives. — Elles ne sont solubles ni dans l'ammoniaque , ni dans le carl>onate de soude bouillant. Elles ne se dissolvent bien dans la potasse et la soude, qu'autant que ces bases sont caustiques. Leur dissolution dans 1 alcool ne rougit le tournesol qu'à Faide de l'ébullition. Elles précipitent la solution alcoolique d'acétate de plomb, et ne troublent pas celle d'acétate de cuivre.

4* Résines indifférentes, — Elles sont insolubles dans la potasse ou la soucfe caustique 5 quelques-unes seulement se dissolvent dans une solution de potasse saturée d'une autre résine, et encore la résine indifférente se précipite-t-elle lorsqu'on ajoute à la liqueur une plus grande quantité du dissolvant alcalin.

2450. État naturel , extraction, — Les résines se trouvent

Sresque toutes contenues daus des arbrisseaux ou des arbres e différentes hauteurs. La plupart sont unies à des huiles essentielles qui les ramollissent. On les obtient en les laissant exsuder naturellement de ces arbres ou arbrisseaux , et le plus souvent en facilitant leur écoulement par des incisions. Dans tous les cas ^ on les sépare ensuite , par la chaleur, de l'huile qu'elles peuvent contenir.

245 1. Composition, — ^Les résines, telles qu'on les trouve dans le commerce, semblent presque toujours être un mélange de plusieurs d'entre elles que l'on parvient à séparer en employant successivement divers agens , de r<ilcool , de l'éther, des huiles de pétrole, de térébenthine, de Facétate de cuivre, des solutions dépotasse ou de soude, etc., etc. C'est ce que lendent à faire voir les exemples que nous allons citer, i^ Lorsque l'on traite à froid la résine animée et la résine élémi par Falcool, l'on obtient un résidu complètement soluble dans Falcool bouillant, et susceptible de cristalliser par refroidissement : ces résines sont donc au moins formées de deux autres. 2^ Si l'on dissout une résine naturelle dans Falcool , et qu'on y verse une disso* Ijution alcoolique d'acétate de cuivre, il arrive assez souvent, ou que l'oxide ne précipite qu'une partie de la matière résineuse , ou que s'il précipite la totalité de la résine , le précipité se dissout partiellement dans l'éther, ou Fhuîle de pétrole , ou l'huile de térébenthine. 3^ Que l'on mette certaines résines en contact avec la potasse ou la soude caustique en liqueur, elles ne s'y uniront et ne s'y dissoudront qu'incomplètement, d'où il suit que chacune d'elles doit contenir au n^oifis deux sufcstancçs résineuses, en admettant qu"*)! n'y ail

HÉSINES LIQUIDES. H^H

point d^actîon décomposante , ce qui est probable. C'est en faisant usage de ces moyens , que M. Unverâorben a été conduit à ce résultat , savoir : qu'une résine du commerce contenait quelquefois jusqu'à cinq résines distinctes.

D'ailleurs la composition élémentaire des résines , n'a encore été que fort peu étudiée; on n'a même fait jusqu'à présent que Fanalyse de la colophane et celle du copal. Il est probable que l'on en trouvera d'isomériques : elles doivent être, à cet égard, dans le même cas que les huiles essentielles.

34^2* Usages. — Les résines ont divers usages 5 c'est principalement dans la composition des vernis qu'on les emploie. Nous allons les décrire à l'état où elles se trouvent dans le commerc^e^ c'est-à-dire, unies presque toujours à de l'huile esssentielle, quelquefois même en assez grande quantité pour devenir liquides.

Nous examinerons ensuite les baumes, qui ne sont que des résines chargées d'huile et d'acide benzoïque *, puis les gommes résines qui renferment tout à-la- fois des résines et de la gomme , comme l'exprime leur nom , et souvent d'autres matières encore , et enfin les vernis qui ont pour bases les résines proprement dites.

ARTICLE I

Résines liquides,

2453. Les résines qu'on trouve dans le commerce à l'état liquide, sont au nombre de trois, la térébenthine , la résine ou baume de copahu , et la résine de la Mecque.

2454* Baume ou résine de copahu. — D'un blanc jaunâtre, j d'une consistance d'huile , s'épaississant par la vétusté , d'une odeur forte , d'une saveur acre et amère 5 pèse spécifiquement 0,95; se dissout entièrement ou presque entièrement dans Talcool; s'extrait par incision du copaifera ojficinalis L. , arbre qui croit au Brésil, à Cayenne et dans les Indes orientales. On l'emploie en médecine comme vulnéraire et détersif.

La résine de copahu coQtient beaucoup d'huile volatile qu'on en dégage par la distillatioii ^ et jdeux résinas : l'une très abondante , jaune , dure, plus soluble a chaud qu'a froid dans l'alcool , s'en déposant par le refroidissement spus forme de cristaux, rougissant le tournesol et s'unissant aux bases ; l'autre brune , onctueuse, entrant pour quelques centièmes seulement dans le baume. Il paraît que cette dernière résine est le résultat de Taction de l'air sur l'huile essentielle jc^r le baume récent en contient moins encore que le baume ancien qui pourtant en contient fort peu. C'est en Tes traitant à la température ordinaire par l'huile de pétrole qu'on les sépare : la première s'y dissout j l'autre y est insoluble.'

SS6 SUBSTAlfCES NEtTTRES.

24^^* Résine OU bawne de la Mecque^ de Judésm — Cette résine nous est fournie par Yamrris opobcdsamum L. j petit arbie qui croît naturellement dans rÂrabie heureuse et que Ton cultive en Judée et en Egypte. On Textrait, soit par des incisions faites au tronc et aux branches , soit par la décoction des rameaux et des feuilles dans Peau. Le oaume qui s'écoule par incision est si estimé chez les Turcs que le sultan l'envoie comme cadeau aux souverains ; il est d'un jaune dair, très fluide et doué d'une odeur toute particulière et très agréable. Le produit de la décoction est le seul que l'on trouve dans le commerce ; il est plus visqueux que le premier , mais plus fluide toutefois que la térébenthine. Son odeur est également très agréable ', récent, il est blanchâtre et trouble ; mais il prend de la transparence en vieillissant, jaunit, s'épaissit et finit même par devenir solide.

Le baume de la Mecque se dissont entièrement dans l'alcool, sauf lUi très petit résidu blanc dans lequel M. Yauquelin a trouvé une résine que l'alcool même gonfle et rend glutineuse.

n contient, suivant M. Trommsdorf, 3o parties d'huile essentielle qu'on en dégage aisément par la distillation, 64 de résine dure, soluble dans Talcool concentré et chaud, 4 de résine brune et fortement gluante, insoluble dans l'alcool anhydre on aqueux, mais soluble dans les huiles grasses et volatiles, o,4 de substance colorante amère.

a456. Térébenthine, — D'un blanc légèrement jaunâtre, diaphane, d'une consistance de miel , d'une odeur forte , d'une saveur acre et amère ^ elle découle naturellement ou par incision de plusieurs arbres, tels que les pins, sapins; on l'emploie en médecine et dans plusieurs arts.

On trouve dans le commerce différentes espèces de térébenthine : la plus renommée est celle de Chio.

On extrait en France une grande quantité de térébenthine du piA maritime (jfinus maritiind) , qui croît dans les landes de Bordeaux. L'on se procure en même temps plusieurs substances résineuses très employées, telles que le galipot^ la colaphàne , la poix , le goudron , etc. L'importance de ces produits nous engage à entrer dans quelques détails sur leur extraction.

Sur des arbres de trente bu quarante ans , Ton fait, à par* tir de leur pied, du mois de février au mois d'octobre, des entailles ou incisions de 8 centimètres de largeur sur 1 4 millimètres de hauteur; on les renouvelle une ou deux fois par semaine, et on les continue jusqu'à ce que la dernière soit h la Jiauteur de a™*, 59 à 2°>*,9a, ce qui arrive ordinairement au

Page 1