COLOPHANE. BIT
-il)igiUt 4^. quatçe ans; à cçtjte ëpoque , on commence une autre «mqjit^ 4!'"^^oi^ ^^ ^^^^ opposé , et l'on en £adt successivement s 4e nouvelles tout autour de l'arbre. Pendant cet in'tervalle , ilj^ i|nciennes entailles s'étant fermées, on en pratique d'au- ,^s sur leurs bords ; et on peut, en les faisant avec précau- ;tion, obtenir pendant soixante ans de la résine d'un arbre bien soigné dans son exploitation. D'ailleurs , on pratique une pe- ^.tijjte cavité au pied de l'arbre , dans Tune de ses grosses racines, pour recevoir la résine qui s'écoule, et qu'on nomme •térébenthine brute. Cette cavité se remplit ordinairement tous . lés mois. H 7 a des portions de résine qui se figent pendant ^ 1 été à la surrace des incisions : on les détache pendant l'hiver; eUes prennent le nom de barras ou de ga/ipot.
Là térébenthine brute contient toujours quelques matières étrangères : on la purifie , soit en la fondant , la décantant et la passant à travers un filtre de paille; soit en la mettant dans des barriques dont le fond est percé de petits trous, et exposant ces barriques au soleil. Ce dernier procédé exige beaucoup plus de temps que le premier ; mais aussi la térébenthine qui en provient et qui s'écoule peu-à-peu à travers le fond des barriques , est beaucoup plus estimée : elle prend le nom de térébenthine fine , et se vend comme celle d!e Chio , tandis que l'autre, que l'on appelle térébenthine commune , se donne à un prix beaucoup plus bas.
^457* C'est en soumettant la térébenthine commune à la distillation qu'on obtient l'huile essentielle de térébenthine et la coloplmne ou brai sec ou arcanson : l'huile essentielle passe dans les récipiens ; la colophane reste dans la cucurbite à l'état liquide; on l'en retire , et par le refroidissement , elle se solidifie. * -
De 125 kilogrammes de térébenthine, on extrait environ i5 kilogrammes d'essence, et par conséquent* 1 10 kilogrammes de colophane.
24^3* Colophane. — La colophane est brune , demi transparente, cassante, facile à réduire en poudre, sans odeur ^ sans saveur. Sa densité est de 1,07 à 1,08; elle n'entré en fusion complète qu'à i35<^, et donne à la distillation beaucoup d'huile pyrogénée qui devient très limpide en la rectifiant. L'alcool pur , l'éther, les huiles grasses et volatiles la dissolvent aisément. Il en est de même de là potasse et de la soude caustiques et de l'acide sulfurique concentré. L'huile de pétrole ne la dissout qu'en partie ; aussi cette huile sert-elle à séparer les deux résines dont la colophane est composée : la r&ne soluble est bien plus abondante que l'autre. Toutes dmx rougissent le tournesol et s'unissent aux bases. M. XJn-
828 ' SUBSTAIICES NCtTRES.
verdorben a même désigné la première sous le nom Sfaeiàe ^silifique, et la seconde sous celui diacide pinique : celle-ci est incristallisable, l'autre cristallise assez bien.
Plusieurs chimistes ont fait l'analyse de la colophane ou de la résine cristalline qu'elle contient ; nous ne citerons que les résultats de MM. Gay-Lussac et Thenard qui ont opère sur la colophane naturelle, ceux de M. T. de Saussure qui a purifié la colophane par l'huile de pétrole , et ceux de MM. Blanchet et Self qui 1 ont purifiée en la faisant bouillir avec de l'eau,
{>uîs sans eau , et la dissolvant ensuite dans l'éther d'où ils 'ont retirée parfaitement blanche. ( Journal de Pharmacie^ t. XX, p. 229.)
Gay*Liusac et Thenard. Saussnre. Blanchet et SdL
Carbone.... 75,944 77,402 79,e5&
Hydrogène.. 10,719 9,5âl 1«,080
Oxigène.... 13,337 13,047 10,265
Les résultats obtenus par MM. Blanchet et Sell conduisent à la formule 0®H*^, d'où l'on voit que la résine cristallisable de la colophane serait un oxide de camphène et isomère avec le camphre.
La colophane sert à faire la résine jaune ou poix résine, etc. On sait d'ailleurs qu'on en frotte les archets afin de les empêcher de glisser sur les cordes des violons.
Résine jaune ou poix résine, — La résine jaune se compoae d'environ i partie de galipot et de 3 parties de braî sec. Le mélange est d'abord fondu , puis passé à travers un filtre At paille et mis dans une auge. Lorsqu'il est encore en fusion et bien chaud, on jette dessus une quantité plus ou moins grande d'eau froide 5 il en résulte un grand dégagement de vapeur et un changement de couleur dans toute la matière, qui devient d'un beau jaune d'or.
La poix résine est ordinairement en pains jaunes, très fragiles et à cassure vitreuse.
. 2459. \Poia: jaune, poix de Bourgogne. — L'on appelle ainsi le galipot purifié par la fusion et la filtration à travers un lit de paille.
2460. Poix noire. — H reste dans la paille que Ton emploie comme filtre une certaine quantité de térébenthine, de résine et de copeaux résineux : l'on s'en sert pour se- procurer la poix noire. A cet effet l'on jette successivement cette paille par pquet dans un four dont la forme est sensiblement oyale , de 3 à 4 n^ètrea de haut et d'environ 18 décimètres de diamètre dans sa plus grande largeur. Ce four présente deux ouvertures : l'une supérieure, assez grande, par laquelle on Je charge;
CODDRIlS'. 89»
ei l'autre inférieur p , benucoiip plus petile, pat laquelle s'écoulent |ps produits; celle-ci , qu» se trouve au milieu du carrelage, n'est, à propreniLnl parler , qu'une petite cavité conéc ou réservoir, au fond duquel est adaptée une gouttière verticale qui établit une communication entre le four et unecuye servant de récipient. Lorsqu'un paquet est presque entièrement brûlé , on en jette un autre, et ainsi de suite , pondant une quinzaine de jours. Alors un ouvrier descend dans )e four, le nettoie, et Ton reprend le travail. De chaque paquet l'oa retire une certaine quantité d'un liquide visqueux, noir, qui , par la gouttière, se rend dans le récipient et se sépare en deiix parties, l'une liquide ou huile de poix, l'autre molle ou paix grasse , pegte grasse f dont l'on se sert pour faire le braigras, comme nous le dirons tout-à-l' heure, et qui, pour ôtre transformée en poix noire, n'a plus besoin que d'être cuite dans une chaudière de fonte, de manière 4 se prendrt; en masse par le refroidissement. C'est ordinairement dans des moules de terre noire qu'on la conserve et qu'on l'expédie.
a46i- Goudron. — Il arrive une époque à laquelle les arbres ne sont plus capables de fournir de térébenthine ; alors on (.'n retire du goudron : pour cela, on fend le bois en biïches (l'one grosseur médiocre, et de 7 à 8 décimÈtres de long; puis, lorsque les bâches sont à un certaiu degré de sécheresse, on les retend de manière à les diviser convenablement. L'abatage des pins se fait ordinairement en hiver, et c'est au commencement du printemps qu'on procède à l'extraction du goudron. L'appareil dans lequel on fait cette extraction prend le nom Ai^/our, et se compose de trois parties principales, savoir : l'aire , la cave ou le récipient, et la gouttière. L'airé est une surface circulaire, un peu concave, présentant une ouverture ronde au centre , carrelée depuis celle ouverture jus- (ju'aux deux tiers du rayon , et couverte d'ailleurs dans tout son pourtour d'argile battue. La cave ou le récipient est une fosse plac& à quelques décimètres au-dessous de l'aire, et garnie dans tout son intérieur de madriers équarris et parfaitement joints entre eux. Enfin la gouttière est un conduit qui s'adapte k l'ouverture de l'aire , et qui établit une communication entre elle et la fosse.
Lorsqu'on veut extraire le goudron, on commence par implanter sur l'aire, à l'oriGce de la gouttière, UÉe longue perche verticale ; après quoi l'on place le bois tout autour de la perche, à-peu-près de la mûme manière que le font les charbonniers. On établit ainsi quatre à cinq lits les uns sur les autres , qui vont en se rétrécissant de manieTe kîotïWLt ■\»vs sorte de c6ne trongué. Ce cône, qui varie beaucowç àans^c^
^L IV. JlUUmr M'/im. ^V J
830 SUBSTANCES NEUTHES.
dimeusions, soit en largeur, soît. en hauteur, prend le nom de bûclier; on le recouvre J? gazon, et \ingt-quatre heures après, la perche ('tant rclln'e . on y met 1(î fou au moyen de coneaiîx que Ton place dans dos ouvertures pratiquées à Tentour au bûcher et à fleur de l'àire, en ayant soin de boucher chaque ouverture quelque temps après l'inflammation des copeaux. Dii signes que nous ne rapporterons point ici permettent aux ouvriers de reconnaître si l'opération va bien. Nous ajouterons seulement a ce que nous venons de dire , i° qtie la térébenthine s'écoule peu-à -peu du bois, abandonne une partie de son essence, et se rassemble sur l'aire dont on tient la gouttière bouc!iée ; a" que, par ce moyen , la térébenthine s'altère, «c colore en noir, se trausforme en goudron , et se sépare de Teaii et de l'acide acétique que le bois en se décomposant peut former ; 3» que ce n'est que vers le troisième jour qu'on ouvre la gouttière pour la première fois, et, quà dater de cette épo-
3 lie , on Fouvre deux ou trois fois par jour j 4® ^^^ ^^ g®**" rons des Landes, préparés de cette manière, valent ceux du Nord, auxquels le commerce cependant accorde la préférence^ 5* qu'on peut toujours améliorer ceux qui sont de mauvaise qualité en les recuisant pour vaporiser 1 eau et l'acide pyroligneux qui les altèrent, et les décantant après les avoir tenus en fusion tranquille pour les séparer du sable et des matières terreuses avec lesquels ils sont ordinairement mêlés; ô^^qu'enân, d^ns le cas où ils ne seraient point assez liquides, il suffit de les mêler avec un peu d'huile de térébenthine pour leur donner le degré de fluidité convenable.
a4^2i* Brai gras. — Parties égales de goudron , de brai sec et de poix grasse, cuits ensemble dans une chaudière de fonte, forment le brai gras ; on le met dans des futailles , ou bien (Ni le coule en moule : une plus grande quantité de brai sec ajoutée à ce mélange forme la poix bâtarde.
2463. Noir de fumée. — Enfin, il est encore un autre produit que l'on prépare dans les Landes : c'est le noir de fumée. L'opération consiste à brûler des matières résinciises, du brai sec , par exemple , dans une chambre de planches de sapin » tapissée de grosses toiles. Le brai sec se place dans des pots en terre ou dans des marmites eu fer; on y met le feu y et l'oi tient la chambre fermée tant que la combustion dure. Cette combustion donna lieu à une fiunée épaisse qui , en passant i travers la toile, dépose sur celle-ci le noir ^ que l'on enlève de temps en temps.
itÉsnms aouDES.
Résines soluhs.
a464- Les rtîsines qu'on trouve 1 IVtst solide dans le comloerce sont très nombreusi-s ; elles ne ditTèrent de celles qui sont liquides qu'en ce qu'elles oontiennt'nt beaucoup uioins d'huile essenti(;lle. Nous oe di'crlrons que les firiucipulcs.
a46!>- Hésùie animé. — Celle n-sine est en uiorceaux d'au jaune fiSle , à cassure vitreuse , d'une odeur agrtable , cl recouTerte de poussière. Elle découle de Vfi/Mfnœa courbant ou coroaae. arbre qui croît au Mexique, au Brésil et dans les Antilles.
L'analyse ydi'montre la présence d'une très petite quantité d'huile essentielle el de deux résines, l'une soluhlp dans l'alcool froid, el l'autre dans l'alcool bouillant, dont elle se dépose sous forme de cristaux par le refroidisse me rit,
La résine animé est cmployi^e en médecine et àvas la préporalion des vernis.
3466. Colophane. —C'est la résine contenue dans là téré- Ijcnlhiiie; il en a été question préi:édemment (a458).
2467. Résine copal. — Cette résine est très dure, fragile,! ca>tsure conchoïde, inodore, sans couleur, oiià pcini- jaunâtre, teme et imprégnée du sable à l'extérieur, limpide à j intérieur. Su peHautL'Ur spécifique est de i,o45 à ijiS^. EII« coutteqt souvent comme le suecin avec lequel elle a biîaucoup de rapports, des iijsecles dans son intérieur, quelquefois de* débrii vffgétaux , quelquefois des fleurs . mais ne donne pas comme lui d'acide auccinique à la (lislillalion. Ellenese£ond qu'à une température élevée, s'altère presque en même temps (p'elle entre en fusion, el répand eu se soulevajtt des vapeurs d'une odeur aromatique. L'huite de térébenthine, l'huile de pétrole, n'en dissolvent qu'une pi-lite quantité. FI en est de méttle de l'alcool uiihydre à la température ordinaire; quand il est bouillant, il la transforme en une substmce visqueuse , élastique. L'éthcr la gontle d'abord el la dissout ensuite. On peut la dissoudre aussi dans l'aleoot d'une densité de 0,8a , lorsqu'elle est gonflée par l'étlier au point de produire une masse sirupeuse «paisse; il suffit aloisde porter la masse i\ l'ébullition, et d'y ajoutet pen-à-peu l'alcool cbaud tout en la remuant. fVaicool froid yoccHsionnerait un coaffulum. W. Unverdorben assure môme qu'en faisant digérer une partie de cojial dans une partie et demie d'alcool pendant 34 beures, il en résulte une solution complète , parce que suivant lui le copal contient plusieurs ré- BÎties et que celles qui sont insolubles par elles-mêmes dau«
:v*- <l ïiSrAtc.FS NKI7TRES.
*..l » oi ^' (lissolvciil «laiis uni' solution très concentrée Ot; .4oc^. \a^ huiles i^iMss<.î s(inl sans action dissolvante suri;* i •• '\ l.\.«l'^ -uUuricjv.j- tonccnîn' en opère la dissolatioc.
:» »a*^' il la sou.lrrojvrent l'ijaleinent à Taidt* de la chaleur.' •i;.r.> p»r li* ri*lVc»ldis.s(»nu*nt la liqueur se trouble et se preii " :>:v>qu^ (Out entière en niaz>se gélatineuse: il parait qnei. ..Miu- jutvipiitV à IViat de réô'i/iftte est tout autre que cet va; rt*>lc* iiL->oute.
\.c \:o\\\\ contient plusieurs résines. La propriété qu'Sa cj *,.• dissi ;îilro en iKirtie lorsqu'on le traite successivement : ip: .•i* l'aleool à 6"^ degrés centésimaux j a" par de Talcool anhyfc ^* |vii- uni' solution de potasse alcoolique, laquelle produitin £-.«.";.:.'. qui ne* se dissout qu'incomplèteuient dans de Talcoc r :> ilcjii'es, ne laisse aucun doute à cet égard. SuivantM.IV % t'i'dvU'brn • ces résines seraient au nombre de cinq. Noos» .c >uivr\nis pas d.tns ses recherches analyticiues : elles setroB- ^ *\i ivu<ictu'i s ilans l'ouvrage de M. Berzelius.
• .iKîiu"*livMi iK s.ivoir de quels arbres découle le copal,ok •.v:. r.i.l.-u.- ineertitnde : plusieurs naturalistes pensPï •;: •' • oiîs i*: f-^urr.i par le r/iiis copallifuim^ arbre de Xhs» '.\\w >. -.^it nti lonaic , et par Yeleœcarpus copalijeriis ^ quicflê • iî'.% '..•'^ !:• lv> o-i en taies.
\l. V iiubourt , d'après les fleurs qu'on rencontre quelauefe . »••.-*! •:u.ru i:r tlu copal. admet qu^il doit provenir d arbfS » .'»•.: •^ »u s i^v ni os . : t'7. ' , paiwoa^ antfionota^ outea, Tmof'-
l\i:i> \v'iin1v< cas, on dir.iit qu'il a été roulé dans leseJH» . i iv\vuivi II .lu s.iMc lies rivières.
le iv»p.il s\iuploie dans la préparation des vernis: à ce". î •:. i . v»ii iv t'ài t'oniire • on y ajoute de l'huile siccative dau(!r . vui vieiul le tout d'huile essentielle de térébenthine, qv' î loi > opère bien la dissolution du co})al.
• 40^. ftc >. 'w demi, — Jaune blanchâtre , tirant un peu sui Il >eri, molle, iliiui transparente, d'une odeur approchast I ilv celle du fenouil; pèse spécifiquement Z9O18; devient lon^'' [ m use dan> rohscurilé , lorsqu'on la chaufTe ou qu'on lafrotu i\io un corps pointu ; découle par incision de Vamyris elen^' /tvdct lie Wif/n fis umltrosiacd L., arbres de TAmérique ma'' vllonale. F.lle nous vient, par la voie du commerce, sousfonnf de gâteaux arrondis et enveloppés dans des feuilles de cano^ DU bien en caisses de 200 à 3oo livres. On l'emploie enmàl^ cille comme aiili-septique , fondante et détersive , et quelqtt*^ fois aussi dans la préparation des vernis.
Suivant M. l»onastre, elle contient 12^5 d'huile volatiif qu'on en dégage» par la dist'llation, 60 d'une résine transpi* renie solnblc dans l'alcool fioid, et dont la dissolution rov^'
KÉSlNi!: DE OAUC. S.^S
le tournesol, a4 d'une résine insoluble dans les alcalis , oui ne
, se dissout que dans l'alcool bouillant et s'en dépose sous forme
cristalline par un refroidissement lent , 2 de matière extrac-
tive amère, soluble dans l'eau , et 1,5 d'autres corps étrangers.
a469.« Résine de gaïac, — La résine de gaïac provient du
Îuajacwn officinale j arbre de l'Amérique méridionale ; elle en écoule spontanément ou par incision. On pourrait encore l'obtenir en traitant le bois râpé par l'alcool, étendant la dissolution d'eau et la distillant jusqu'à ce que l'alcool soit vaporisé : la résine reste alors à l'état ae pureté.
Cette résine est en masses assez considérables , d'un brun verditre, friables et brillantes dans leur cassure. Sa densité est de i,ao5 à 1,228. Sa saveur , d'abord peu sensible , devient bientôt acre et produit un sentiment de chaleur brûlante dans le gosier. Elle a une très faible odeur de benjoin que la pulvérisation ou la chaleur augmente beaucoup. Elle se ramollit sous les dents , quoique facile à pulvériser. Sa poussière excite la toux.
Projetée sur des charbons incandescens , elle laisse exhaler des vapeurs aromatiques. Exposée à l'air, elle en absorbe facilement l'oxigène et verdit. Un papier enduit de teinture de gaïac devient vert, quand on 1 expose aux rayons violets du spectre , et reprend sa couleur jaune sous l'influence des rayons rouges, ou si on le cliaufie jusqu'à un certain point.
L'alcool dissout les neuf dixièmes de la résine de gaïac; Téther dissout aussi la résine de gaïac , mais laisse un plus grand résidu que l'alcool; sa dissolution dans Thuile de térébenthine se fait mieux à chaud qu'à froid. Les huiles grasses sont sans action dissolvante sur cette résine.
' Elle est soluble, à la température ordinaire, dans la potasse et la soude caustiques, dans l'acide sulfurique concentre, dans l'acide azotique d'une densité de 1,39 , mais avec dégagement de gaÀ. Beaucoup d'autres corps l'attaquent encore. Dans tous les cas, ^Ue prend des teintes diverses : par exemple, le chlore la colore d œord en vert, puis en bleu, et enfin en brun. Un courant de bi-oxide d'azole dirigé sur le fond d'une capsule humectée de teinture de gaïac, développe à l'instant une très belle couleur bleue. La dissolution alcoolique de gaïac est pré« cipitée par l'eau en blanc, par le chlore en bleu, par l'acide sulfurique en vert. L'acide azotique chargé d'acide hypoazotique lui donne une couleur verte \ si l'on y ajoute ensuite une certaine quantité d'eau, il s'y fait un dépôt vert et elle devient bleue 5 une plus grajîde cjjantité d'tau rend le dépôt bleu et la dissolution brune.
. La dissolution résineuse dans l'essence passe tour-à-tour y
554 ^bhSlA.lCKS NEUTRES.
lorbijuoii l\:\aporc^ au bleu, au rouge améthyste, au R rougi* brun, et enfin au brun jaunâtre. Des rondelles i ui's trait Iirs de plasirnrs plantes rendent bleues, mime î M bri durontact <le Tair, queli|ucs gouttes de teinture de gakf tcllrs sont , suivant jM. Plauclie , celles de cochlearia an^ mria n soUwum luhemsum^ bia^^ica napus y boragoojjicm lis, etc., etc. Le lait lui-nicnie bleuit la teinture de gaùc:.^ * perd ci'tle propriété par rébullition. [
Lu résine de gaïac, suivant M. Luverdorben, contient dfl résines (}u*il sépare au moyen de rauiiuon laque qui disM Tune et est sans action sur l'autre.
tÀ^yo» I^ésine taque, — La résine laque exsude, soas fon d'un liquider laiteux, des rameaux et des petites branckest plusieurs arbres de Tlndc, du/icits indi'ca^ du Jicus reliff» dn rfiamnm jnjuha^ et du croton lacci/eram , à la suite deff qures qu'y l'ait la femelle d'un insecte hémiptère , no» cocru.s laccn. C'est au milieu de ce liquide qui s'épaissit pe à-peu,(jue Tinseete se multiplie, et c'est en coupant lestiiesï 11". J>!:in(!ie.s enduites de résine et de couvée queronfiil' ii'eoiî . lie la l.upie.
(>n coiînf»»i dans le commerce trois espèces delaqiie:i laqtie f'n bAfuus. la laque en grains et la laque plate oa« écaiihs.
Lr.fjuc an hfltrnis ( stick lac \ — C'est la laque adhénat' rexiii'nillé dus hianelies de l'arbre; elle y forme une couA d'ui» r(nii;e lnufi i'oiicé . plus ou moins épaisse et quelque^ «le r> à f) po'iiTs di' lon^ueîur.
Im(ju** en <^rtiiti,s [sccd lac). — lia laque en grains estlalaflft en l>Al'>ns (ji.r l'on a enlevée de dessus les branches, quel <!i rt'duil ensuite <n pondre grossière, et que Ton fait bouilliraw une faiLle dissolntion de carbonate de soude pour en extraift ia înalièr;' cidoranle.
L^ujïic pUitc (lU en écailles ( shcll lac ). — Cette laque nf^ autre qm* la laque en ^raius que Ton fond , que Ton passe' trav» rs nu*» toil^ et (|ue 1 on coule wsur le tronc uni d'un bananier (^mnsa jtai'ndi.si(ica) ou sur une piiTrc plate. Elle a l'asp' du verre dantirnoine^ mais elle varie en couleur, suiva2' qu'elle a perdn plus ou moins de son principe colorant:<k la, la laque en éeiiilK s, blonde., ronge ou brune.
Lorsqu'on traite la laque par l'alcool , à la températuï**' dinaire , «pion fillnî la dissolution et qu^on la fdit évapottr» ronobti(!nt p(;nr résidu la matière résineuse. Cette malièi*' après avoir été fondue, est brune, translucide, cassante, d'oD' densité égale à ijxSp, fusible à un degré de clialeur peu A»* et susceptible alors de couiei: comme un liquide yisqaenxet^
fépttÈÔte nne odeur agréable; elle est ^e plus complètement sofuble dans Talcool anhydre , dans les acides chlorhydriqué, acë tique, dans la potasse etia soude caustiques qu'elle neutralise, et sbluble en partie seulement dans Féther hydrique et les huiles essentielles.
Suivant HatCchett, les diverses espèces de laque contiendraient, savoir :
Résina. Mat. color. Cire. Glutea. SubsUélr. Perte
Laque eo bâtons. . • • 68,0 Laque en grains. ... 88,5 Laque en écailles. . . 90,5
M. John admet sur loo parties de laque en grains : 66^65 d*une résine dont une partie est insoluble dansTéther; 16,7 dune substance particulière quMl appelle laccine^ 3,75 de madère colorante; 3,92 d'extractif *, 0,6a diacide laccique ; a,o8 de peau d'însecte; 1,67 de graisse analogue à la cire; i,o4 de sels divers; 0,62 de sable; 3.96 de perte.
M. Unverdorben trouve dans la laque jusqu'à cinq résines distinctes, delà graisse, des acides oléi que et margarique^ de la cire, de la. lacet ne dt John, une matière colorante extractive. Nous ne le suivrons pas dans ses recherches analytiques; elles sont publiées par extrait dans l'ouvrage de M. Berzelius.
LaC'lake ( laque de résine laque ). — On donne ce nom à nne laque que l'on prépare aux Indes en précipitant par l'alun une dissolution alcaline de résine laque ( Ann. de Chim. et deVhys.^ m, 225, — i v, 4 9)- Elle est employée en teinture.
Lac-die {laque à teindre^. — C'est une préparation peu différente de la précédente et qu'on fait aussi aux Indes , mats qui n'est pas très bien connue.
On emploie la laque comme dentifrice, dans la préparation des vernis, pour luterlcs pièces de faïence, de terre, mais surtout en teinture et dans la fabrication de la cire à cacheter.
On s'en sert en teinture à l'état de lac-lake ou de lac-dye; et dans la fabrication de la cire à cacheter sous forme de laque en écailles.
La bonne cire rouge à cacheter s'obtient en faisant fondre à une douce chaleur 48 parties de laque en écailles , 19 de térébenthine de Venise et i de baume du Pérou , et mêlant à la masse fondue 32 parties de vermillon : la masse refroidie jus-
Ïu'à un certain point est roulée en cylindres ou comprimée ans des moules de laiton. Dans la cire commune, une grande partie de la laque est remplacée par la colophane, et le vennil- Ion, par un mélange de minium et de craie. La couleur bleue est dTonnée par le bleu de cobalt ; la couleur vejcte pai: le vert
^56 ^ SUBSTANCES MEOTfKES.
de montagne ou la combinaison de la résine de la gomme la-
3 lie avec l'oxidé de cuivre; la couleur jaune, par le cbromate 0 plomb; la couleur noire, par le noir d'os bien lavé. 2471- Mastic. — Cette résine est en larmes ou grains jaunâties , demi transparens , fragiles, à cassure vitreuse, d\uf odeur douce et agréable et d'une saveur aromatique. Elle se ramollit sous la dent et y devient ductile; tandis que la sandtiraque à laquelle elle ressemble se brise. Elle s extrait pir incision du pistacia lentiscus^ de l'île de Chio. On l'emploie quelquefois comme masticatoire pour fortifier les gencives et parfumer l'haleine ; on s'en sert aussi dans la préparation des vernis.
Le mastic contient deux résines ; l'une soluble ^ l'autre insoluble dans l'alcool un peu étendu d'eau.
2472. Sandaraqiie. — On la trouve dans le comnierce eu larmes allongées, d'un blanc jaunâtre, insipides^ presque saib odeur, recouvertes de poussière, transparentes à l'intérieury à cassure vitreuse , qui se brisent sous la dent au lieu de s'y ramollir comme le mastic. L'alcool et Fessence de térébenuiine la dissolvent aisément. Elle découle du thuya articulata , qui croît en Barbai ie. On l'emploie en médecine et surtout dans la
' pu'pa ration des vernis; on s'en sert aussi pour enoipécherle p'ipier déboire.
M. Unvordorben la regarde comme étant composée de trois r»;sincs distinctes qu'il sépare de la manière suivante : il dissout la sandaraque dans l'alcool et y ajoute une solution d'hjdrate de potasse; par ce moyen, il précipite complètement l'une des résines à l'état de rèsinate , en abandonnant la liqueur à el le-mcme dans un endroit frais ; versant ensuite dans la liqueur filtrée de Tacide clilorhydrique étendu, il précipite les deux autres résines qui sont, l'une soluble et l'autre insoluble dans r.dcool à 67 degrés centésimaux, cbauffe jusqu'à ébuUition.
2473. Sang-dragon. — Cette résine est opaque , inodore , ijisipide, à cassure lisse et luisante, friable sous les doigts, d'un brun foncé , lorsqu'elle est en masise , et d'un ronge vermillon, lorsqu'elle est en poudre ; elle se dissout facile* ment dans l'alcool , l'éther , les huiles volatiles , les huiles grasses , la potasse , la soude et les colore en rouge. On l'extrait, savoir; 1° par l'eau bouillante , du fruit du calamusnh' tangYj.j petit arbre des Indes Orientales; 2** par incision , du ritucœna draco L. , grand arbre des îles Canaries , du pUrOr carpus santalinus^ arbre de l'Amérique méridionale , et du pterocarpus draco qui croît tout à-la-foîs dans l'Amérique méridioMale et dans les îles de la Sonde.
JiC sang- dragon se trouve danj» le commerce : i® S0)|S fonn^
KÀUM1S8. SS7
dç groMet olÎFes enveloppées de feuilles de roseau et disposées en colliers; a^ sous celle de cylindres comprimés, d'un pied
de long, d'un pouce d'épaisseur, entourés de feuilles de pal* miers; 3* en masses plus ou moins considérables.
Le sang-dragon est employé dans la préparation des remis, dans les dentifrices, dans la poudre et les pilfiles astringente.
Suivant Herberger, il est formé de 90,7 de résine rouge,
3a^il appelle draconine^ de a d'huile grasse , de 1,6 d'oxalate e chaux, de 3,7 de phosphate calcaife ; il 7 admet en outre 3 centièmes d'acide benzoïque dont la présence n'est pas bien constatée.
AaTlQLB III.
BoMunes.
3474* I^^ baumes ne sont pas plus que les gommes-résines des substances immédiates particulières. Us sont composés de réûne , d'acide benzoïque, d'huile essentielle et quelquefois de plusieurs autres matières. On en distingue cinq ou six espèces : le benjoin , le liquidambar , le baume du Pérou , le baume de Tolu et le styrax : ce sont ceux-ci qui contiennent.une quantité remarquable d'huile.
2475. Benjoin. — Solide , friable, d'un rouge brun , offrant le plus souvent ça et là des larmes blanches , d'une cassure vitreuse, d'une odeur agréable, d'une saveur peu marquée d'abord, mais qui finit par irriter la gorge.
Exposé à Faction du feu , il entre en fusion et laisse d^ager beaucoup de fumées très piquantes d'acide benzoïque, que l'on peut recueillir sous forme de belles aiguilles brillantes et nacrées (2070). L'alcool le dissout complètement; l'éther,
join dans 3 parties d'alcool; on y ajoute ensuite peu -à-peu une dissolution de cristaux de carbonate de soude dans 8 parties d'ieau et 3 parties d'alcool , en ayant soin de s'arrêter dès que l'acide benzoïque est saturé : après quoi l'on étend la liqueur de a parties d'eau, et l'on procède dans une cornue à la distillation de l'alcool. A mesure que celui-ci se vaporise , la résine du benjoin se dépose ; quant à l'acide, il reste t6ut entier dissous, en combinaison avec la soude : on le précipite par Tacide chlorhydrique. Le benjoin s'extrait par incision du styrax benzoin, qui croît à Sumatra ; il découle sous forme d'un liquide blanc qui se solidifie et se colore au contact de l'air. On en distingue deux sortes, le benioin amjrgdaloïde , dinn
BM SUBSTANCES NEUTRBS.
nommé , parce qu'il est parsemé de larmes bldncbes <jni ottt U forme d'amandes concassées , et le benjoin en sorte : celui-ci diffère de Tautre , en ce qu'il ne contient pas de larmes, et qu'il renferme beaucoup d'impuretés.
Suivant M. Un verdorben, le benjoin contiendrait, ontrePadde benzoïque et un peu d'huile volatile, trois résines différentes.
^476 Liquidambar* — Il nous est fourni par le liquidaifnbar styraciflua , arbre qui croît au Mexique , à fa Louisiane et en Virginie. Il en existe dé liquide, comme de lliuile^ et de moa comme de la térébenthine très épaisse.
Le liquidaml)ar liquide, dit huile de liquidamhar^ est transparent, d'un jaune ambré, d'une odeur agréable et forte, d'une saveur aromatique et qui prend à la gorge 5 l'alcool bouillant le dissout presque complètement.
Le liquidambar mou est blanchâtre, opaque, d'une odeor plus agréable et moins forte que le précédent, d*une saveur douce et parfumée d'abord, mais qui finit par devenir acre. Exposé Â l'air , il se solidifie avec le temps et acquiert de la transparence. Il contient une assez grande quantité d'acide benzoïque pour qu'une portion de celui-ci s'eflleurisse.
2477. ^^«'we du Pérou. — On extrait ce baume du miroxil- Ion pertiijerum ^ qui croît au Pérou , au Mexique, etc., tantit par incision , et tantôt eu faisant évaporer la décoction de Técorce et des branches de cet arbre.
Celui qu'on extrait par incision est très rare; on l'apporte dans les enveloppes du fruit du cocotier : de là le nom qu'il prend de baume en coque. Il est brun , non transparent , si ce n'est en couche mince , d'une consistance de térébenthine épaisse, d'une odeur suave, d'une saveur acre et amëre, et formé de deux matières, l'une fluide, l'autre granuleuse et comme cristalline. Sur 100, il contient 12 d'acide benzoïqae. 88 de résine , plus des traces d'huile volatile.
La seconde sorte , connue sous le nom de baume noir d» Pérou j est beaucoup plus commune que la précédente, translucide, d'une consistance de sirop bien cuit, d'une couleur d'un rouge brun très foncé, d'une saveur acre et amère presque insupportable, d'une odeur plus forte que le baume en coque. Stoltze le regarde comme formé de 69 d'une huile particulière) de ao,7 de résine peu soluble dans l'alcool , de 6,4 d'acide benzoïque, de 0,6 de matière extractiforme, et de 0,9 d'humiditë.
2478. Stj'rax solide ou storax. — C'est ce baume qui était connu des Grecs sous le nom de st^ rax calamité , parce
Ïu'on l'apportait de la Syrie, de la Cilicie, delà Pamphylie, ans des ituilles ou des tiges de roseau. On suppose qu il s'eitrait par incision du ttyrax officinale L,
&OI1MSS-&ÉSINW. im
Qn en trosYe au moins deux sortes dans le commerce. Uume
se compose de larmes blanches , opaques , molles et réunies en masse; son odeur est suave , quoique forte; sa saveur douce^ parfumée d'abord, puis amëre. L'auti-e est en masse, comme la lemière, mais elle est moins molle et toujours mêl(*e de sciure f ï bois ; elle a une odeur et une saveur moins fortes , et sa oc uleur est d'un rouge brun.
a479- Styrax liquide. — Le styrax liquide du commerce a la consistance du miel. Il est opaque, d'un gris brunâtre ^ d'une odeur trop forte pour être agréable , d'une saveur arom itiquc. Il contient beaucoup d'acide beuzoïque. Ualcool bouillant le dissout complètement , ou du moins ne laisse pour résidu que des impuretés. 11 paraît qu'il résulte d'un mélange de liqiiidambar, destorax et de plusieurs autres matières. (M. Gui- Dourt.)
4480. BaianedeTolu. — Le baume deTolu s^extrait parinei^icm du mirospermum toluiferum (De Gand. ), arbre qui croît dans les environs de Tolu et de Carthagène en Amérique. Récent, il est liquide; il acquiert ensuite peuÀ-pcu assez de consistance pour se prendre en masse comme la poix, et même peur devenir cassant. Son odeur est suave , sa saveur douce et agréabli', sa couleur fauve ou roux, son aspect grenu et cristallin , sa transpaience incomplète. L'alcool, l'éther, les huiles essentielles le dissolvent en totalité.
ARTICLE IV
Gommcs-i-ésines,
a48i. Lorsqu'on fait des incisions aux tiges, aux branches ou aux racines de quelque s végt'taux, il en découle un suc laiteux ui se durcit peu-à-peu à l'air, et qui paraît formé de résine et 'huile essentielle, tenut en suspension dans de l'eau chargée de gomme et quelijuefois de ^luKii'urs autres matières végétales,
Sarml lesquelles ou doit citiTle caoutchouc, labassorine, l'amion, la cire, diverses matièics salines : c'està ce suc devenu ainsi solide qu'on donne le nom de gomme-résine , nom impropre, puisqu'il donne une fausse idée du corps qu'il représente. Quoique les gommes- résines n^. soient, d'après ce qui précède,
?iie des mélanges de substances immédiates, nous en ferons liistoire d'une manière particulière, parce qu'il en est plusiimrs qui sont employées, surtout en médecme.
Les gommes-résines sont contenues' dans les vaisseaux propres des végétaux. On les obtient , en général , comme noua venons de le dire, par incision et évaporation spontanée. Elles sont toutes solides^ plus pesantes que Feau^ presque toutes
540 ftWTAACBS MEUT&ES.
sont opaques et très cassantes ; la plupart ont une saveur kat et une forte odeur ; leur couleur est très variable.
L'eau les dissout en partie ; il en est de même de l'alcool. La dissolution aqueuse ne devient que difficilement transparente. Lorsqu'on verse de l'eau dans la dissolution ^alcoolique, elle se trouble sur-le-champ, la partie résineuse s'en sépare dans un état de division extrême, et donne à la liqueur l'aspect laiteux. Il paraît, d'après M. Hatchett, qu'elles sont solnbles à cbaud dans la potasse et la soude en liqueur ; et que l'acide sulfurique, après en avoir opéré la solution , les convertit peaà-peu en charbon et en tannin artificiel.
il s'en faut de beaucoup que toutes les gommes-résines soient employées; on ne se sert , pour ainsi dire, que des suivantes :
a48a. jissa ^fœiida. — Quelquefois en larmes détachées
3ui ont quelque transparence , mais ordinairement en masses 'un brun rougeatre parsemées de larmes, d'une odeur fétide et alliacée, d'une saveur amère , acre et repoussante.
On l'extrait par incision de la racine du ferula a^sorfmtHA, Elle nou9 vient des Indes orientales, et est composée, d'après M. Pelletier, de : résine particulière 65 , huile volatiie 3,60, gomme i9,449bassorine, 11,66, malate acide de chaux, o,3o. {^BulL de Pharm.^ %. m, p, 566.)
Elle est employée dans la méaecine vétérinaire, et l'on prétend que malgré sa saveur insupportable, les Orientaux s'en servent pour assaisonner leurs mets.
Suivant M. Zeise, l'huile volatile de V assa-fœtida contient du soufre et a pour formule C^^H^^S^O.
2433. Gomme ammoniaque. -^ En larmes blanches qui deviennent jaunes avec le temps, ou en masses considérables jaunâtres, parsemées d'un grand nombre de larmes blanches, d'une odeur forte et désagréable, d'une saveur amère, acre et nauséabonde. Elle nous vient de la Lybie et du Barca, et s'obtient , suivant Wildenow, d'une plante du genre berce^ qu'il a nonmiée heracleum gummifemm. M. Braconnot en a retiré: gomme 18,49 résine 70, matière glutiuiforme 494» ^^^ ^9^9 perte i,a. (Voy. Ann. de Chim.j t. lxviii , p. 69.)
La gomme ammoniaque entre dans l'emplâtre de ciguë et dans celui de diachylon.
a484« Bdellium. — En fragmens plus ou moins gros, arrondis, qui adhèrent fortement aux dents, demi transparens, d'un gris jaunâtre, verdâtre ou rougeatre, d'une cassure terne et cireuse , d'une edeur faible qui rappelle celle de la myrrhe, d'une saveur acre et amère j il est fourni par un arbre inconnu qui croit (1aii« le Levant : on en trouve ordinsi-
GOMME GtJTTE. 84f
rettent une certaine quantité dans la gomme arabique et dans œlle du Sënégal.
t Pelletier \e regarde comme composé de 5g de rësine, de ^ 9,21 de gomme soluble, de 3o,6 de bassorine, de i,a d'huile i volatile, y compris la perte. ( Jlnn. de Chlm,, t. lxxx, p. 3g.) a484* Euphorie. — En larmes irrëgulières, jaunâtres , demi « transparentes, friables, presque inodores, d'une saveur ftcre et I Gâustupie, irritant fortement l'organe de Todorat lorsqu'on le mpire en poudre, même en très petite quantité : aussi est-ce L on violent stemutatoire. On l'extrait par incision de Veuphorlia officinarujnj antiquorum et cananensis, qui croissent , le I premier dans les déserts de l'Afrique, le deuxième dans les .' états barbaresques et au Malabar, le troisième aux îles Canaries, n est composé, d'après M. Pelletier, de : résine 6o,8o, malate de cbaux i2,ao, malate dépotasse i,8o, cire i494o, bassorine et ligneux 2 , huile volatile et eau 8; perte ofio{Bull, da Phamu^ t. iv, p. 5oa). M. Braconnotj a trouvé les mêmes aubstances , mais en d'autres proportions. (Ann. de Ckim. ,
t« ixsm , p. 440
On l'emploie à l'extérieur comme un vésicant presque aussi fort que les cantharides.
â4o6. Galbanam, — Tantôt en larmes molles , s'agglutinant aisément, jaunes et luisantes à l'extérieur, jaunes et translucides a l'intérieur , à cassure grenue et grasse, d'une odeur forte, tenace^ d'une saveur acre etamère; tantôt en masses, résultant de te que les larmes plus chargées d'huile , mais encore dis tinCtes, se sont réunies.
Le galbanum se retire du bubon galbanuni , plante de la famille des ombellifères, qui croît en Afrique et surtout en Ethiopie. Il en découle quelquefois spontanément , mais le plus sonvent par des incisions laites à la tige ou même par une section
corps
étrangers ; des traces de malate acide de chaux. {Bid^ de Pharm» iv, 97.)
2487. Gfjmme-gutte, — En masses cylindriques, d*un jaune bran à l'extérieur , et d*un jaune rougeâtre à l'intérieur , opaque, inodore , friable, d'une cassure vitreuse, donnant par la tnturation une poudre dun beau jaune, presque insipide d'abord , puis acre et amère ; elle se divise très aisément aans l'eau avec laquelle elle forme une émulsion d'un jaune superbe.
Pendant long-temps on a pensé que l'arbre qui produisait la gomme-gutte était le cambogia-gutta de Linné ; mais aujourd'hui on commence à croire avec Kœnig qu'elle provient de
84t SUBSTANCES NfiUT&ES.
l'arbre qu'il a nommé guttœ-fera vera^ qui croît dans ïfle de Ceylan et dans . la presqu'île de Camboge. Le suc en découle spontan(^ment par gouttes , et , mieux encore par des incisions qu'on pratique à i'écorce; il est ensuite sèche au soleil.
M. Braconnot y a trouvé 80 de résine soluble dans l'alcool, 19,5 de gomme soluble dans Teau, eto,5 de matières ëtra»gëres, insolubles dans ces deux liquides. La résine pure et fondue est d'un rouge hyacinthe , transparente, susceptible d'être de nouveau transformée en poudre jaune parla trituration^oomplètement décolorée par le chlore, soluble dansl'éther, dans la potasse et la soude qu'elle neutralise. {^Annales de C/umkj tome Lxviii, page 33.)
La gomme-gutte est employée en médecine comme purgative, mais surtout dans la peinture en aquarelle 9 comme nne des couleurs jaunes les plus pures.
a488. Mjrrrke. — En larmes de différentes grosseurs , d*nB rouge brun , demi transparentes , fragiles , brillantes dans leur cassure, grasses et huileuses sous le pilon, d'une savew très acre et amère , d'une odeur forte et aromatique qui n'a rien de désagréable. Les plus grosses offrent dans leur intérieur des stries blanches , circulaires. Quelquefois la myrrhe se rencontre aussi en grosses larmes demi transparentes , mais jaunâtres et douées dune saveur et d'une odeur moins fortes que la précédente.
Elle découle par incision d'un arbre mal connu qui croit en Arabie et en Abyssinie, et qiip l'on suppose être une espèce à^amrrisoxx de mimosa.^. Pelletier la regarde comme formée de 34 de résine et de 66 de gomme (Bul, de Pharm. , iv, 54); M. Braconnot y admet a3 de résine et 77 d'une gomme qni posséderait des propriétés particulières. ( Ann. de Ckùn. ,
LXVIIl,6o.)
La myrrne n'est employée qu*en médecine.
3489* Olibam ou encens. — On en distingue deux sortes: l'encens de Tinde qui nous vient de Calcutta, et l'encens d'Afrique qui nous arrive d' Abyssinie et d'Ethiopie, par là voie de Marseille. Le premier découle du bossvelUa serraia (I>eCand.), arbre qui cioît au Bengale*, o'est le plus estimé; Tautre, d'nn arbre encore mal connu , mais assez semblable au lentisqae : on a cru pendant long-temps que c'était le juniperus Ifcia et thwrifera.
L'encens de l'Inde est ordinairement en larmes arrondies , jaunes ou d'un jaune rougeâtre , demi opaques , fragiles , &rineuses à la surface, d'une odeur aromatique, d'une faible sa- VfW^ en partie solubles dans l'eau et dans 1 alcool , ausceptihiei
êCÀimoviiL Ms
de répandre ^ lorsqu'on les projette sur des charbons ar* dens y des fumées dont l'odeur s'étend au loin et parfume l'âîr. .
L'encens d'Afrique ressemble beaucoup au précédent ; mais il est en larmes plus petites et mêlées d'un grand nombre de larmes et de marrons rougeâtres. Ces marrons sont faciles à ramollir entre les doigts , souvent mêlés de débris d'écorce , et contiennent d'ailleurs une grande quantité de petits cristaux de spath calcaire.
D'après M. Braconnot, loo parties d'oliban sont formées de 56 de réaine soluble dans l'alcool; de 3o,8 de gomme soiuble dans l'eau; de 5, a de résidu, insoluble dansFeau et l'alcool ; dm 8 d'huile volatile et perte. {Annales de Chimie^ tome lxviii, page 6o.)
L'cdiban est employé comme parfum ; il entre aussi dans la oomposition de la thériaque et de divers emplâtres.
a490« Opoponrtx. — ^ En larmes anguleuses de différentes grosseurs, d'un jaune rougeâtre à Textérieur, d'un jaune marbré de rouge à Tintérieur, opaques, friables, d'une odeur forte et désagréable, d'une saveur acre et amère.
On l'extrait par incision , dans le Levant , de la racine du pastinacaopoponax^ etc. Il est composé, d'après M. Pelletier (jÉnn, de Chim. , lxxix, .90), de : résine , 4^ ; gomme , 33, 4o 5 ligneux, 9,80; amidon, ^>,'io\ acide malique, a,'8o; matière ex:tractive, 1,60*, cire, o,3o', caoutchouc, desttaces; huile volatile et perte, 5,90.
249 1 • Scamrnonée, — La scammonée nous vient de la Syrie et de laNatolie^ on en distingue deux variétés, la scammonée d'Alep et celle de Smyrne. La première s'extrait du convohuliu scammonfa L. , qui croît dans l' Asie-Mineure; la seconde, de diverses plantes de la famille des apocynées.
La scammonée d'Alep est la plus estimée. La plus pure est en masses poreuses, légères , d'un gris rougf^fttre à l'extérieur^ rarement d'un gris blanchâtre, d'une odeur forte et désagréable, d'une saveur d'abord faible , puis nauséabonde, amère et ftcre. Sa cassure est terne. Lorsque Ton frotte cette scammonée avec le doigt mouillé de salive , il se forme une émulsion d'un jaune verdâtre , sale , qui devient très poisseuse en se séchant.
La scammonée de Smyrne est d'un brun terne, non poreuse^ non friable , très pesante , dure, à cassure terne et terreuse ^ d'une odeur plus faible que celle d'Alep.
Ces deux scammonées sont composées, d'après IVIiM. Bouil- Im-Lagrange et Vogel (Annales de Chimie y tome uam^ page^);
544 MTB8T\1fCEft l9Ft)TREfl.
8c d*Alcf. flcdctajnt
Résine 60 II
Oomne 3- 8
Extnil • 2 I
Débris de végéliiui et matière terreuse . 35 td
La scaimaonée s'emploie comme purgatif.
AmTIGLI T.
y émis.
a49S'- Les vernis £ont des espèces de liquides qu'on appt que en couche mince sur les corps, pour les préserver de iVl tion des agens ext(^rieurs. On en aistingue trois genres (|il comprennent chacun plusieurs espèces : les deux premiol sont en général formés de corps résineux tenus en dissolntn dans l'huile essentielle de térébenthine ou dans l'alcool; M troisième est une dissolution de copalou de succindansl'hiiîi' de lin , ou de noix, ou d'œillet lithargirée, et dans l'essev de térébenthine : de là les noms qu'on leur donne deiwiû à Palcooly vernis à C essence et vernis gras. Gelui-d ne sèck que lentement ; les deux autres , au contraire , sont très skotifs. Donnons des exemples de chacun d'eux.
a493. Vernis à PalcooL — Prenez :
Alcool concentré .Parties 32 53* 04 00 80
Mastic pur 3 • »
Sandaraque 3 0 12 4
Résine animé. > » a »
Bésine élcmi > 1 4 »
Camphre » » 1 »
Gomme laque en écailles >• » » 7
Térébenthine de Yenise très claire. 3 "J « ]
Verre pilé grossièrement (i) 4 4 4 4
Réduisez les résines solides et sèches , telles que le rn;)stic et la sandaraque , en poudre fine 5 introduisols iivcc le verre el l'alcool dans un matras-, placez le mitns (Uns de l'eau bouillante pendant une ou deux heures^ ci ..yant soin de remuer de temps en temps la matière ifec un Rros tube de verre; versez ensuite les résines molles 01 liquides dans le matras, et continuez à le tenir un temp sulKsant , par exemple ^ pendant une demi-heure dans l'en*
^i) t« verre, suivant M. Tingry, en divwant la natière, facilite etangMite ! action de l'alcool, (^mme il est plus posant que les résines et qu'il occupe kkd du vMi, il VoppoM d'ailleurs à ce que les résines adhèreot à edu^ ci « M^Uimit.
VEàms NATOKELS. (t4S
Le lenâemaui , <1ccanlez la liqueur et fiItrez-la à travers le coton •
Les trois premiers sont 'très limpides (;t s'appliquent ordinairement sur les objets de toilette, tels que boites, ëtuis, cartons , découpures , etc. Les deux autres sont excellens , mais colorés. Le dernier s'étend sur les objets en cuivre jaune.
a494* f^crrUs à l essence. — Prenez :
Mastic pur en poudre xa partiel.
TérébeoUiioe pure z et demie.
Camphre eu morceaux -f
Yerre blanc pilé. ...» 5
de térébenthine rectifiée. ... * 3S
Mettez dans un matras le mastic , le camphre , le verre et . l'huile essentielle de térébenthine , et faites Topération comme la précédente. Ce vernis est celui qu'on applique sur les tableaux.
2495. frémis gras. — Prenez :
CSopaV z6 parties.
Ituile de lin ou d'œillet Uthargirée 8
de térét)enthine. x6
Faites fondre le copal dans un matras en l'exposant à une chaleur convenable \ versez-y ensuite l'huile bouillante; remuez la matière , et lorsque la température ne sera plus qu'à 60 ou 80% ajoutez l'essence de térébenthine chaude^ passez le tout sur-le-champ par un linge , et conservez le vernis dans une bouteille à large ouverture : il devient très clair au bout de quelque temps. Ce vernis est presque sans couleur.
Les vernis gras s'appliquent sur les voitures de luxe , le fer, le laiton , le cuivre , le bois \ on en recouvre aussi les lampes , certaines théières, etc.
Les vernis à l'alcool et à l'essence peuvent être colorés : en rouge, par le carthame, la cochenille, l'orcanette, le sangdragon, le santal ; en jaune , par le curcuma, la gomme-gutte, le rooou, le safran; en vert, par l'acétate de cuivre. Lorsque le vernis au lieu d*ètre transparent doit être opaque , la couleur s'incorpore en poudre très fine et n'a plus besoin d'être soluble dans la liqueur spiritueuse ou huileuse. (^f^o)rez, pour
Îlus 4e détails sur les vernis , les ouvrages de Watin et de "ingry.) .
Lidépendanmient des vernis qu'on prépare comme il vient d'être dit ^ il en est d'autres qui sont naturels et dont nous devons parler.
!2496* fierais naturels. — Il en existe deux qu'on emploie avec beaucoup de succès dans les pays qui les produisent. L'un est le vernis de Chine qui découle d'un arbre appelé augia