IV. Sixième édition
UC SrBSTANGES NECTAtS.
ainensis par Boureiro , lecpicl arbre croît en 0>climcliiiie j eni Chine et à Siam. Ce vernis a la consistance de la térébenthine; il est d'une couleur d'un brun jaunâtre , soluble dans Palçool, l'cther, l'huile essentielle de térébenthine, et se compose d'une résine jaune, d'huile essentielle et d'acide benzbupie; c'est donc une sorte de baume.
L'autre est le vernis que les Indiens de la province de £of Pastos appliquent sur le Dois , de manière à le rendre im|)erméable à l-eau. Les Pastusos se le procurent brut par un commerce d'échange qu'ils entretiennent avec les Indiens non réduits de Macào , et l'épurent. On ignore le nom de l'arbre qui le produit. Ce vernis est mou , très élastique et ressemble à du gluten frais. L'ouvrier l'étiré en une membrane mince ^ et l'applique sur l'objet en bois cm'il veut recouvrir, et qni'ila colore d'abord avec une belle couleur rouge de rocou y il adhère fortement, et durcit assez promptement, sans jamais devenir cassant et sans jamais s'écailler. (Jne calebasse vernissée peut contenir de l'eau bouillante, sans être détériorée ; il ne r&iste pas aussi bien à l'action de l'eàu-de-vie ou de la lessi\e de cendres. M. Boussingault a fait sur ce vernis des observations intéressantes , que l'on trouvera dans les jinn» de CAùn. et de
VP GROUPE.
Chloroforme^ bromoforme^ iodoforme.
a497 * ^^^ corps se produisent en décomposant l'alcool par le chlore, le brome, l'iode, avec le concours d'un alcali. M. Dumas a fait voir que leur composition ne différait de celle de l'acide formique qu'en ce que l'oxigène de cet acide était remplacé par la quantité équivalente de chlore, de brome on d'iode ; il a vu ea même temps que, chauffés avec une dissolution de potasse, ils se convertissaient en formiate de cette base et en chlorure, bromure ou iodure de potassium : de là les noms qu'il leur 4 donnés. A la suite du chloroforme, nous placerons le chloralj parce qu'il peut être considéré conune un coiiiposé de chloroforme et d'oxide de carbone.
▲KTIGIiE I.
Chloroforme*
a4§8> Ce corps a été découvert en même temps par M. Sonr beyiran (J//1/1. ae Chim. et de Phys.^ t. xlviii, p. i3i), et par ALLiebig {Ann. de Ch. et de Ph.j t. xlviii, p. 2223); mais crest M. pumas, qui en a fait connaître la véritable nature {Arui* (k
(Sl^^ et doPhysm^ t. Lvi, p. xi5). Sa foraml^ atonucpie e9t
CRLOROFOEIIlE. MT
C?HCh^ OU bien C^H'^CHS dans laquelle les 3 atomes d'oxigène de l'acide formique se trouvent remplacés par 6 atomes de chlore. M. Soubcyran, ne l'ayant pas obtenu pur, a ârauit de ses analyses, qu'il pouvait ctre rc^gardé comme un cUprure de bî-carbure d iiydrogène, et M. Liebig, qui l'avait cru exempt d'oxigène, Ta présenté comme un cborure de cari>çne formé de 4 atomes de carbone et de 5 atomes de chlore.
Le chloroforme est un liquide incolore, oléagineux, dont Todeur ressemble beaucoup à celle de la liqueur des Hollandais où étber chloré ( 2^87). Sa densité est de 1,480 à i8^. Il bout à 6i®« La densité de sa vapeur est de 49^*
Il n'est point inflammable \ mais porté au bout d'un tube dans la flamme de la lampe à alcool , il en rend jaune et fuligineuse la partie où il a été placé. Sa vapeur, conduite à travers lin tube de porcelaine chauffé au rouge obscur, se décom.po^^ en déposant sur la surface du tube une couche de char- Dpia et une multitude de cristaux blancs filamenteux , dont PodeiLir est celle du scsqui-chloinire de carbone.
"t'alcool et Téther le dissolvent facilement -, il s'en précipite par l'addition de l'eau, duos laquelle il est insoluble ou à l^ine soluble.
Le soufre, le phosphore, l'iode s'y dissolvent sans l'altérer.
L'action du potassium sur lui est nulle ou très faible à la température ordinaire, et même à son poiut d'ébuUition. Mais ce métal, chauffé dans la vapeur de chloroforme, s'enflamme avec explosion , se convertit en chlorure, met eu liberté du carbone qui se dépose , et produit sans doute un dégagement 4^e gaz hydrogène pur ou carboné. Cette vapeur, en arrivant sur le fer et le cuivre, portés à l'incandescence, les fait également passer à Tétat de chlorures. %,
Lorsqu'on la conduit sur de la baryte ou de la chaux, dont 1^ tjsmperature est élevée jusqu'au rouge naissant, il se forme du chlorure de barium ou de calcium , du charbon , de l'acide carbonique et de l'eau qui s'unissent à l'alcali , et il ne se dégage aucun gaz : sous l'influence d'une chaleur plus intense, il y aurait production de gaz oxide de carbone.
La potasse caustique en dissolution, chauffée avec du chloroforme dans un tube fermé, se change en chlorure et en formiate, par suite de la réaction indiquée par Téqualion :
C*H^Ch« + 41^0 === G*H*0 ', KO + 3kGh^ L'acide suif urique. concentré n'agit que très dii£cilemen.t sur le chloroforme, du moins à froid. Cependant il l'attaque à la longue, et développe de l'acide chlorhydrique.
Le chloroforme se produit dans diverses circouitancc^. L'action des chlorites sur l'alcool, l'esprit de bois, l'acétone^
SBd 817BSTARGBS NEUTRES.
ckloral peut être exposé au soleil ou porté à l'ëbullitioii dam une atmosphère de chlore sans éprouver aucune décomposition. Le fer et le cuivre, chauffés au rouge dans sa vapeur, se convertissent en chlorures et se recouvrent d'une cx>ucnede charbon poreux et brillant , tandis qu^il se dégage des gai parmi lesquels se trouve de Toxide de carbone.
L'acide dfcotique ne paraît point susceptible de lui céder de l'oxîgène , même à chaud ; mêlé avec de l'acide sulfurlqpae du commerce , il se change après un certain temps en chloral insoluble ^ cet effet ne proviendrait-il point d'une petite quantité d'eau existant dans cet acide ?
Les bases alcalines anhydres n'agissent sur le chloral qne
rnd il a été réduit en vapeur par la chaleur. La réaction eit '8 très vive et accompagnée d'une forte ignition : elledoime lieu à uA chlorure alcalin, à une matière brune qui reste avec lui dans la cornue et à une huile jaunâtre qui se volatilise. Il est même difficile d'éviter la production de ces phénomènes dans la rectification du chloral sur la baryte ou la chanî , lorsque l'opération touche à sa fin. Les dissolutions alcalines le décomposent facilement à l'aide delà chaleur, et donnent lieu à du chloroforme et à un formiate. En effet , le chloni peut être représenté par C8H'^0^Ch6=C*H^Ch6+C*O^, c'està-dire par du chloroforme et de l'oxide de carbone , et l'on sait que les élémeus de 2 atomes d'oxide de carbone et de lat. d'eau représentent i at. d'acide formique,
C40^+H'^0=C4li^05 mais, comme d'ailleurs le chloroforme lui-même peut donner naissance à un chlorure métallique et à un formiate en présence d'une solution alcaline bouillante, l'on conçoit que cette réaction, favorisée par l'état naissant du chloroforme, pourra occasioner la production d'une nouvelle quantité de formiate et d'une certaine quantité de chlorure; c'est en effet ce qne confirme l'expérience.
M. Dumas a prouvé , par l'analyse élémentaire du chloral, par la densité de sa vapeur et par les produits de sa décoïkiposition au moyen des alcalis , que cette substance devait être formée sur 100 parties de 16,6 de carbone ; 0,7 d'hydrogène; io,8d'oxigèTie, et de 71,9 de chlore, ce qui correspond i la formule atomique :
C^HOCh*, qui représente a vol. de vapeur. Quant au chloral hydraté , il est composé d'atomes éganx de chloral et d'^eau , ou de volumes égaux de ces deux corps pris à l'état gazeux, réunis sans condensation, de sorte qu'il a pour formule :
CUtORAL. 549
mêle avec a ou 3 fois sou poids d'acide sulfurique au maxi-mi/an de concentration , introduit dans une cornue et somhis 4 une distillation ménagée cjue l'on arrête un peu avant que la couche huileuse qui surnage l'acide ait entièrement disparu. Le produit du récipient est soumis à une ébullilion que l'on entretient jusqu'à ce que sa température qui s'élève succeasivement soit parvenue à environ 94 ou gSo. En réitérant la distillation avec de Tacide sulfurique, renouvelant également l'ébullition du hquide distillé , et lui faisant subir une dernière rectiGcation sur une petite quantité de chaux ou de baryte caustique et en poudre fine , on a du chloral d'une pureté assurée, surtout SI rejetant ou mettant de côté le premier et le dernier quart de la liqueur qui passe dans le récipient, on ne recueille que le produit intermédiaire. L'acide sulfurique enlève dans ces traitemens l'eau et l'alcool ou convertit celui-ci éH éther; l'action de la chaleur volatilise l'éther, et la baryte ou la chaux, employée en dernier lieu , est destinée à retenir les restes- de l'acide chlorhydrique.
Le chloral est un liquide incolore, gras au toucher, susceptible de produire sur le papier des taches pareilles à celles que font les huiles, mais qui disparaissent en peu de temps. Sa saveur est presque nulle et seulement un peu grasse ; son odeur pénétrante provoque le larmoiement. Sa densité est de i,5o2 à iS**. Il bout à 94" sans éprouver d'altération, en répandant une vapeur caustique , capable d'attaquer la peau : cette vapeur pèse spécifiquement 5,i3 diaprés l'expérience, et S, 06 d'après te calcul.
mis en contact avec une quantité d'^au suffisante, le chloral s'y dissout abondamment avec dégagement de chaleur. L'eau peut en prendre en solution plus d'une fois son volume. La liqueur qui en résulte est sans action sur les papiers réactifs^ ne trouble point l'azotate d'argent et ne donne lieu à aucune réaction pendant son ébullitlon avec de l'oxide rpuge de mercure. U s'en sépare, par l'évaporation , sous forme de cristaux blancs rhomboïdaux , un hydrate de chloral qui peut se distiller sans altération et se volatiliser diins l'air , à la température ordinaire, à la manière du camphre. L'eau exerce ou antre mode d'action sur le chloral , quand elle n'est pas en quantité suffisante pour le dissoudre : elle le décompose et
Sroduit le corps improprement nommé chloral insoluble par [. Liebig.
Le chloral dissout facilement , à l'aide de la chaleur, le soufre, le phosphore, le brome et l'iode : la solution de l'iode est ilouce d'une couleur pourpr<i très riche. Le gaz chlore s'y dissout Qu petite quantité et le colçrtî en jîiuxx^.» WiXX.^^R'i ^e;
552 SOBSTANCES NEUTRES.
carbone par Sérullas qui la découvert, ce compose fut regardé plus tara 9 d'après les expériences de M. Mitscherlich , comme ne renfermant que du carbone et de l'iode. Mais M. Damas a fait voir récemment qu'il contenait en outre de l'hydrogène, et avait pour formule C^HP (j^nn. de Chim. et dePhji,^ t. Lvi, p. 122). Nous avons décrit la manière de préparer l'iodoforme et ses propriétés principales en le désignant par le nom de dcuto-iodure de carbone (117)- Le seul fait qu'il nous reste à ajouter à son histoire, c'est celui de sa décomposition par la potasse : la nature des produits qui en résultent a ëte exposée précédemment (2497)-
SECTION IV
Matières neutres azotées.
a5o3. Les unes sous l'influence d'acides puissans ou de la potasse et delà coude, se transforment en ammoniaque et en acides de nature diverse : elles s'appellent anUde^ du nom dioxamide adopté pour désigner l'une d'elles. D'autres, mises en contact avec l'eau , à la température ordinaire, éprouvent promptement la décomposition putride sans pouvoir d'ailleurs se changer en acide et ammoniaque comme les précédentes: d'autres sont phosphorées ou sulfurées ; d'autres enfin ne présentent aucun de ces caractères. On peut donc diviser les matières neutres azotées eu quatre groupes très distincts.
I" GROUPE
Amides.
25o4* Les ami^^f connues jusqu'ici sont au nombre de cinq : l'urée, l'oxamide, la benzamide, lasuccinamide, l'asparamide: elles sont représentées dans leur composition :
L'urée par 2at. ou i prop. de carbonate d'ammoniaque moins I atome d'eau = 00% Az^H« — H-O = C^OAz^H*.
L'oxamide, par i atome d'oxalate d'ammoniaque moins f. atome d'eau = C^OSAz^H' — H^O = C^O^Az^H*.
La benzamide par i atome de benzoate d'ammoniaque moins un atome d'eau=C^H^oO%Az»H«—H^O=C^8H^*0»Ai*.
L« succînamide par i atome de bi-succinate d'ammoniaque moins i atome d'eau=CW05, AzH^ — H^0=C8H*0*Aa.
L'asparamide par Tasp^armate d'ammoniaque =
Ci^Az^H^oO», Àz^H6.
Aucuue n'a d'odeur^ toutes spnt sapides et susceptibles de cristalliser.