URÉE
ChaujBees dans une cornue, l'oxamide, la benzamide et la ucGÎiiamide se yolatilisent; l'urée et l'asparamide se dëcom- >osent en donnant lieu à des produits ammoniacaux. . Exposées à Tair, elles n'éprouvent point d'altération. Elles iont solubles dans l'eau , dans l'alcool ; seulement , l'eau ne lissout Toxamidn qu'à chaud»
Liear transformation eh acides et en ammoniaque, sous l'inluence des dissolutions alcalines ou des acides puissans, est Facile à expliquer par leur composition : il est évident que, si l'on en excepte Pasparamide, il doit toujoi^s y avoir alors pour I ou a atomes de matière i atome d'eau décomposée.
Deux d'entre elles, l'urée et l'asparamide, sont toutes formées dans la nature : les trois autres sont des produits de l'art.
ARTICLE I
\ Urée,
aSo5. C'est à Rouelle le cadet que nous devons la découverte de l'urée, et à Fourcroy et Vauquelin, que nous devons la connaissance de la plupart de ses propriétés. ( Ann. de Chimie^ t. XXXII, p. 80.;
Cette substance bien purifiée affecte la forme de longs prismes aiguillés, semblables à ceux que peut former le chlorure de strontium ; elle est sans couleur , sans odeur, sans action sur les couleurs bleues végétales , transparente , assez dure ; sa savenr est fraîche, un peu piquante, et sa pesanteur spécifique plus grande que celle de l'eau.
Lorsqu'on l'introduit dans une cornue , et qu'on l'expose à une cnaleur ménagée et progressive, elle entre en fusion à 1 20®, se décompose ensuite, produit d'abord de l'ammoniaque et de l'acide cyanurique, puis les composés dans lesquels se transforme celui-ci par l'action du feu (2112).
Projetée sur un fer chaud ou sur des charbons ardens^ elle se réduit tout de suite en vapeurs blanches qiii répandent une forte odeur d'ammoniaque.
Mise en contact avec l'air, elle n'en attire pas sensiblement l'humidité.
Elle est soluble à la température de i5® dans un poids d'eau moindre que le sien, et dans la cinquième partie de son poids d'alcool d une densité de 0,816; en portant ces liquides a l'ébullltion , leurs propriétés dissolvantes augmentent : Teau. dissout alors l'urée en toutes proportions, et l'alcool en dissout à-peu -près un poids égal au sien. Sa dissolution aqueuse nous piH^sente des pnénomènes qu'il est important de faire connaître.
£>56 SUBSTANCES MEUTEES.
l'eau, on fait digérer la liqueur avec du charbon animal, et l'on y ajoute assez de carbonate de potasse pour en séparer l'acide azotique -, puis on évapore la nouvelle liqueur, à une douce chaleur, presque à siccité ; on traite le résidu par de Talcooltrk pur, qui ne dissout que l'urée : on concentre la dissolution alcoolique, et l'urée cristallise. Si elle était colorée, on la ferait cristalliser de nouveau en se servant tout à-la-fois de charbon et d'alcool, etc.
sSoS. Composition. — D'après les résultats analytiques ob« tenus par Prout et confirmés par MM. Wohler et Liebig (^Awu de Chimie et de Physique^ t. xlvi, p. 3i), l'urée est composée de 20,2 de carbone, 46,8 d'azote, 6j6 d'hydrogène, 26,4 d'oxigène^
Ce qui correspond à la formule G^Az^H*0.
Par conséquent, Turée peut être représentée par les élémens du carbonate neutre d'ammoniaque moins i atonie d'ean C*0' + Az^H® — H'O), ou bien par de l'acide cyanuriqoeet de l'ammoniaque (C''ÂzHO-)-AzH^), ou bien par du cyanate d'ammoniaque hydraté (C*Az%0 + Az^H« + EPO) , ou bien encore par de l'oxide de carbone et un azoture d'hydrogène particulier (C^O-f-Az^H^), commun aux amides. La preimère de ces quatre formules permet de se rendre aisément compte de l'action que l'eau fait subir à l'urée, surtout sous l'influence delà chaleur, ou des acides, ou des bases puissantes; la seconde, de sa décomposition, à la distillation sèche; la troisième, de sa production au moyen du cyanate d'ammoniaqne (2 m).
La quantité d'urée qui se trouve combinée avec une proportion d'acide dans l'azotate et l'oxalate, contient 2 proportions d'oxigène, et a pour expression C*Az*HPO* = 765,87.
ARTICLE II
Oxamide.
2509. Préparation» — L'oxamide est un des produits de la distillation de l'oxalate d'ammoniaque (1949)- Elle se dépose en partie dans le col de la cornue et en partie dans l'eau ammoniacale du récipient ; on réunit le tout sur un filtre ; on k lave à grande eau \ le résidu est de Voxamide pure.
Propriétés. — C'est une substance blanche qui se présente en poudre grenue, ou en plaques confusément cristallisées. Elle n'est pas sensiblement soluble dans l'eau froide , et ne se dissout qireu petite quantité dans l'eau bouillante , dans l'alcool et dans Téthev. Une douce chaleur la sublime sans Valté-
BENZAMIDË. 8S7
rer ^ une température moins ménagée en décompose une portion i on remarque alors une odeur sensible d'acide cyanique. Elle est entièrement détruite en traversant un long tube de verre chauffé au rouge : il n'y a aucun dépôt de charbon ^ il se forme un sublimé dWée, et il se dégage du carbonate d'ammoniaque ^ de l'acide cyanhydrîque , du gaz oxide de carbone.
Chauffée avec une dissolution de potasse , Toxamide se convertit en ammoniaque qui se vaporise , et en oxide oxalique qui se combine à l'alcali. Mise en contact avec l'acide sulfunque concentré , elle ne paraît pas subir d'altérs^tion à froid j mais â Taide de la chaleur , elle s'y dissout ,.et bientôt se déoompose , en donnant de Tammoniaque qui s'unit à l'acide ,
se change en oxalate d'ammoniaque. Sa dissolution bouillante ne trouble point les sels de chaux.
Composition, — L'oxamide contient sur loo parties , 37,6 de carbone; 3 1,9 d'azote; 4^^ d'hydrogène, et a6,o d'oxigène; ce qui conduit à la formule C'^AzH'^0 ou C^ Az^H^Oa.
L oxamide peut donc être représentée par un atome d'oxalate d'ammoniaque, moins un atome d'eau (C^O^-f-Az^Hs — HH)) , ou par atomes égaux de cyanogène et d'eau (C^Az, H^O) , ou par a atomes de bi-carbure d'hydrogène et un atome de bioxide d'azote (C^H'^, AzO), ou par un compose d'atomes égaux d'oxide de carbone (C^O), et d'un azoture d'hydrogène qui serait (AzH2). {Fojr. le Mémoire de M. Dumas; Jnn. de Chim et de PhySn^'Xhiy ^ 129.)
iJBLTICLSI II.
Benzamide,
25 lo. Préparation, — C'est en faisant passer du gaz ammoniac sec sur du chlorure de benzoyle bien pur, que se prépare la benzamide. Le gaz est absorbé avec production abondante de chaleur, et le liquide se change en une masse solide et blanche, qui n'est qu'un mélange de benzamide et de sel ammoniac. La formation de ces produits solides devient bientôt un obstacle à la saturation du chlorure de benzoyle par l'ammoniaque : de là la nécessité de retirer plusieurs fois la masse du vase , pour l'exprimer et la soumettre de nouveau à l'action
par X eau Douiiiante : la nenzamiae s y dissout, et cristallise pendant le refroidissement de la liqueur.
858 SUBSTANCES KCtrnŒS.|
Rien de plus simple que la rcSaction qui lui donne naissance, ainsi qu on peut en juger à l'Inspection de l'équation qui suit: (C^Hi*0^,Ch')+Azni^'rC^H»«OSAz'H*) +(HK:h% Az*ï^, équation dans laquelle (C^H^ W, Az^H*) représente la benzamide.
Propriétés. — La benzamidc est une substance solide, blanche, qu'une tempcralure de i iS» résout en un liquide trans- Sarent , et qui , par le refroidissement , se prend en une m^^se 'apparence feuilletée. Soumise à une chaleur beaucoup pins forte , elle entre en ébuUition , se distille sans s'altérer , et donne une Vapeur dont l'odeur a de l'analogie avec celle d'huile dV mandes amères. La benzamide s'enflamme facilement et bràlè en répandant beaucoup de noir de fumée. Elle est très peu so- Inble dans l'eau froide , beaucoup plus dans Teau bouillante et dans l'alcool ; elle se dissout aussi dans Télher. Sa dissolution aqueuse, saturée à chaux et refroidie brusquement, dépose des cristaux brillans , semblables à ceux de chlorate de potasse : abandonnée au contraire à un refroidissement lent, cette liqueur se change tout entière en une masse de cristaoi aiguillés et soyeux , laquelle , au bout de quelques jours , et même souvent de quelques heures , laisse apercevoir dans son intérieur de grandes cavités où se présentent quelques cristaux d'une forme bien déterminée , résultant d'une transformation subie par les aiguilles soyeuses. Ces cristaux sont transparens et nacrés , nagent sur Teau, comme s'ils étaient onctueux , et ont la forme de prismes droits rhoniboïdaux , dont les angles aigus sont tronqués longitudinalement.
Le potassium fonduavec la benzamide paraît se convertir entièrement en cyanure, et produit en même temps , sans dégagement d^ammoniaque , une grande quantité d'une huile douceet aromatique , inattaquable par les alcalis et les acides concentrés. Cette huile prend aussi naissance, mais en très petite quantité, quand on fait passer la benzamide en vapeur dans un tube élroit et chauffé jusqu'au rouge: dans cette circonstance d'ailleurs , la majeure partie de la benzamide reste intacte , et l'on n'aperçoit aucune trace de charbon.
Les acides puissans ainsi que la potasse et la soude transforment sous Tinfluence de l'eau la benzamide en ammoniaqne et en acide benzoïque , à l'aide de la chaleur. Leur action est nulle , au contraire, à la température ordinaire.
Chauffée avec la baryte anhydre , elle donne lieu à d'autres phénomènes : Talcali paraît se changer en hydrate j de 1 ammoniaque se dégage , et l'huile que nous avons signalée comme un des produits de l'action du potassium se forme encore ici et «e distille.
ÀSPÀRÀMIDE. 85^
La benzamide ne détermine de précipite dans aucune dissolution saline.
^"Compostiion. — La benzamide est formée de 69,7 de carbpne, de 11,5 d'azote, de 5,7 d'hydrogène, et de r.3,od'oxigène:
Ce qui donne pour formule atomique C^^H'^AzO, dont le double est C^®H**Az^O*. Par conséquent , la benzamide peut être représentée par un atome de benzoate d'ammoniaque , moins un atome d'eau (OSH^oO^+Az^H^— Hf^O) , ou par 2 atomes de benzoyle-j- a atomes de l'azoture d'hydrogène que lious avons admis hypotbéliquement dans l'urée et Toxamide P»H*<>0%Az^H»). (^oj.le Mémoire de MM. W6hler et Liebigj
AATIGLB IV.
Succinamide.
aSii. Lasuccinamide s'obtient en faisant agir sur Pacide succinique anhydre le gaz ammoniac sec. Au moment du contact , il y a cnaleur assez forte et production d'eau abondante. Elevant ensuite la température , on rend la réaction
nplètc où l'bn opère,
; la tempei odmplète. La succinamide fond et se volatilise dans l'appareil
£ile est blancbe , beaucoup plus fusible que l'acide succinique, volatile sans décomposition, très soiuble dans l'eau, moins soiuble dans, l'alcool , fort peu dans Télher. Tous ces dissolvans l'abandonnent aisément sous forme cristalline. Sa sottiiiion aqueuse fournit par Tévaporation spontanée de beaux cristaux rnomboédriques , qui perdent un atome d'eau à la su* blimation. Traitée par la potasse , elle ne laisse dégager d'aminoniaque qu'à l'aide de la chaleur.
Composition, — La succinamide sublimée est formée de 4^,9 de carbone, 5,o d'hydrogène, i4,o d azote et de 3 2, i d'oxigène, d'où Ton tire pour formule atomique C® AzH^O*. Hydratée , elle est représentée dans sa composition pajf la formule : CPAzH'^08=C®H*0^+AzH% c'est-à-dire , les élémens dubisuccinate d'ammoniaque anhydre. Il est facile de concevoir , d'après cela , les circonstances de sa préparation et le dégagement d'ammoniaque qu'elle produit sous l'influence de la. poiasse. (M. If. Darcet-, Journ. de Pharm. , t. xx, p. fiSg.)
A&TIGLB V.
Asparamide ou Asparagine.
aSia. L'asparamide est une substance végétale particulière ^ dont ladéoouverte est due à MM. YauqiMlin<etRQbiqaet.Cett^
560 SUBSTÀ7(CES NEIITKES.
substance est solide , incolore , inodore, d'une savenr très (ai- Uje ble. La forme qu'elle affecte , d'après M. Haûy , dérive d*im gi
Srisme droit rhomboïdal , dont le grand angle de la base est || 'environ i3o^; les bords de cette base et les deux angles sitaés à l'extrëmitc de la grande diagonale, sont remplacés par des facettes. Souvent aussi, elle se présente sous forme d'octaëdiei rectangulaires. Dans tous les cas, elle est dure et cassante.
Soumise à la distillation , l'asparamide abandonne d'abord 12 pour loo d'eau de cristallisation, se boursoufle considénblement, exhale des vapeurs piquantes, se décompose à la manière des substances organiques azotées , et fournit un charbon qui brûle sans laisser de résidu. Elle rougit faiblement la teinture de tournesol , à l'aide de la chaleur. L'air ne l'altère
5 oint. Elle est soluble dans 58 fois son poids d'eau à i3' et ansbeaucoup moins d'eau chaude. Dissoute dans ce liquide, elle n'est troublée ni par l'infusion de noix de gale , ni par l'acétate de plomb , ni par l'oxalate d'ammoniaque, ni par le cUorure de barium , ni par le sulfure de potassium. L'alcool anhydre et l'éther hydrique sont sans action sur elle; cependant l'eau alcoolisée la dissout mieux que ne le fait l'eau pure : il on est de môme aussi d'une dissolution de potasse très faible; mais alors Talcali eu détermine bientôt la décomposition.
L'asparamide se transforme facilement en acide asparmiqoe et en ammoniaque. Aussi sulEt-il d'abandonner une dissolution aqueuse d'asparamide à elle-même, à la température ordinaire , pour qu'aubout de quelques jours une portion de la matière sçit changée en asparmate d ammoniaque. La chaleur, la présence des alcalis, des carbonates solubles et même de l'oxide de plomb <'t du carbonate de chaux favorisent cette transformation. Il en est de même des acides : alors il y a production d'un nouveau sel ammoniacal , et d'acide asparmique qui devient libre.
Composition. — La composition de Pasparamide se prête aisément à l'explication de ces divers phénomènes ; car elle
S eut être représentée par les élémens de l'asparmate neutre 'ammoniaque. En effet elle renferme sur loo : 36,7 ^^ ^'' bone^ a 1,3 d'azote^ 5,9 d'hydrogène et 36, i d'oxigène,ce qui correspond à la formule C^Az^H^O^ ou Ci6Az*H*«06=C^«H*oO«-f Âz*H^, ou une proportion d'acide asparmique et une proportion d'ammoniaque. (Liebig, Jnn. de Chim et de Phjrs. lui, 4^6.) Cristallisée, elle contient de l'eau, et sa formule devient CAzfl«03+H^.
Etat naturel y préparation, — Trouvée d'abord dans l'asperge, elle a été rencontrée depuis daiis les racines de guimauve , de réglisse , de grande consoude , dans 47 variétés de pommes de terre analysées parYauquelin, dans des ornithogaiium. Celle
K MATir.r.rr. x^rTM'..^ azoTéi-s. UH
^vcte la guimauve fut regardée d'abord romme du malate A^al- V théine y base imaginaire^ et celle de la rëglissc porta le nom. ^ Xagédoïte jusqu'à ce que sa véritable nature eût été reconnue.
MM. Vauquelîn et Robîquet la retirent de l'asperge , de la manière suivante : après avoir extrait le suc de cette plante , ila le soumettent à l'action du feu pour le déféquer et en coaguler l'albumine; ils le filtrent , le concentrent et l'ahandonnent à une évaporation spontanée pendant quinze à Tingt jours. Dans cet espace de temps, il s'y forme deux espèces de cristaux : les uns rhomboïclaux , durs et cassans , ne contiennent , pour ainsi dire , que de l'asparamide ; les autres en aiguilles peu consistantes , paraissent être analogues à la mannîte ; il ne faut plus alors que séparer les premiers avec beaucoup de soin, les dissoudre et fair«^cristalliser la liqueur <, pour obtenir l'asparamide pure. [jinn. de Chim,,t. lvii, p. 88.) ' Mais il est plus facile de l'extraire de la racine de guimauve blancbe. Cette racine est d'abord coupée en petits morceaux et contusée de manière à en rompre les fibres ; puis elle est mise en macération dans environ 4 fois son poids d*eau froide pendant a jours , après quoi , l'eau doit être renouvelée pour soumettre la racine à une nouvelle macération. Les deux liqueurs obtenues sont réunies , évaporées à environ la moitié de leur Tolnme, filtrées ou plutôt passées à plusieurs reprises au tra- Ters d'un drap de laine fin , et concentrées par une nouvelle évaporation jusqu'en consistance de sirop- très peu cuit. Ce .5irop étant ensuite abandonné pendant 4 ou 5 jours à Tair, laissedéposer des cristaux légèrement jaunâtres d'asparamide. En les séparant par décantation de Teau-mère surnageante , les lavant à l'eau froide , et leur faisant subir une nouvelle cristallisation, on les obtient parfaitement blancs. (Henry et Plisson, Journ.de Pharm. ,xvi, 71 , 3. — Boutron-Charlard etPelonze, Ânn, deChlin. et de Phys.j lu , 90.)
II*GROUPK.
Matières neutres azotées facilement putrescibles.
a5i3. Les matières qui constituent ce groupe sont prîncî-
{)alement la fibrine, l'albumine animale, l'albumine végétale, a matière colorante du sang ou l'hématosine, la gélatine, le caaéum, le gluten,
a5i4. Soumises à k distillation . ee» 5U>:>«iUTice& iiowxv^cX^^
JV. S'r:'A//f ^iiûcffi, ^^
^2 SUBSTAlfCES NEtlTRES.
Feau, du gâ* carbonique , du carbonate d'ammoniaque dont une partie cristallise dans les vases, de l'acétate d^ammoniaque, du prussiale ou cyanhydrate d'ammoniaque en très petite quantité , du gaz oxido de carbone , une buile épaisse, noire, lourde et très fcticl' , du gaz hydrogène carboné , du ga^aaote et un charbon T<:)lumineux , la plupart du temps brillant, difficile à in inérer à cause des sels dont il est enveloppé.
. a5i5. Mises en contact avec l'eau et abandonnées à ellesmêmes à la température ordinaire, dans des vaisseaux ouvert! ou fermés, elles éprouvent bientôt la décomposition putride, sur laquelle nous reviendrons dans la suite.
aSi6. Projetées dans un creuset rouge ou sur des cbarlxHis incandescens , elles se boursouflent, s'enflamment et brûlent à la manière des corps combustibles. Si la combustion était com-
Slète , il n'en résulterait que de l'eau , du gaz carbonique et u gaz azote; mais comme elle ne l'est jamais , il se forme eo outre une plus ou moins grande quantité des produits qu'on obtient en vases clos , produits toujours faciles à reconnaître par leur fétidité.
aSi'T. Le gaz hydrogène, le bore, le carbone, le phosphore* le soufre, l'azote, sont sans action sur elles.
Elles cèdent une portion de leur hydrogène à l'iode, au brome et surtout au chlore.
a5i8. L'eau en les dissolvant ou les ramollissant, facilite leur putrv5faction. L'alcool au contraire les rend imputrescibles.
25 19. Lorsqu'on les calcine avec la potasse ou la soude, il se produit du cyanure de potassium ou de sodium y propre » faire du bleu de Prusse (21.^7).
Les dissolutions alcalines, concentrées et bouillantes, les décomposent et les transforment en ammoniaque qui se de'gage. et en acide carbonique, acide acétique, et une autre matière mal connue, qui restent unis à l'alcali.
L'action des oxicles insolubles ne présente rien de général.
2319 bis. Les acides faibles, tels que les acides carbonique, borique, tungs tique, co!om bique, mofybdique, etc. , n'attaquent pas les substances azotées du deuxième groupe. Ceux qui sont îbrtss'y unissent ou en opèrent la décomposition. L'acide chlorhydrique concentré présente en outre un phénomène tout particulier et très remarquable, d'après MM. Bourdois et Caventou; il les dissout du jour au lendemain à la température de 1 8 à 20®, en prenant nue belle teinte bleue, si ce n'est avec la gélatine et la matière colorante du sans;.
Nous ne parlerons avec quelques détails que de l'action df l'acide azotique : c'est la seule qui soit assez bien connue pour pouvoir être exposée dans ce^^i;w^xA\x^«
MJLnkKBS mXTTKES AZOTÉES. - IS63
aSao. Ces substances sont toutes ddcomposëes par Tacide îsotique, à froid ou du moins à chaud. Toutes paraissent don*
ler lieu, par des quantités convenables d'acide :
Qui se forment
A dé Peau et du gaz carbonique Dans tout le cours de ropér^tiÔD,
A nn peu d'acide pnissique ou cyanhydrique Idem,
▲ du gaz azote Au commencement.
A de 1 oude d'azote | Quelque temps après que l^opm-
A de l'acide hypo-azotique ( tion est commencée.
A de rammooiaqne ' Peut-être.
A de Tacide oxaihydrique (i) Vers le milieu.
A de Vacide oxalique Presqu'à la fin.
A un composé jaune, amer, qui selon toute ipparence est de l'acide picrique Alafii],
Ces produits sont les mêmes que ceux que donnent les substances non azotëes, à cela près qu'ici l'on obtient de plus de ladlde picrique et peut-être un peu d'ammoniaque*, d'où Ton peut conclure que la théorie de leur formation doit être analogue. Par conséquent, il faut concevoir que l'eau, le gaz carbonique, résultent de la combinaison d'une plus ou moins grande quantité d'oxigènc de Taoide azotique , avec des quantités pro(>ortionnelles d'hydrogène et de carbone de la substance animale ; que le gaz azote, Poxide d'azote et l'acide hypo-azotique,, proviennent de la décomposition de l'acide azotique; que les acides oxhalhydrique et oxalique ne sont que la substance sgû^ maie elle-même désazotée et coxi\eudh\çjnQntdéshydrogénée et décarbonéé;c^e l'ammoniaque, s'il s'en forme, n'est due qu'aux principes de cette substance ; que l'acide prussique pa cyanhydrique , dont la quantité est très petite, a sans api^t^ lu flQiÊiM ori^ne que celui qu'on recueille dans le traitemeat à^ «ub-* stances non azotées; enfin, que l'acide picrique af^araît a la fiA de l'opération et constitue le résidu qu'on retrouve àafïs la ooimue dont on se sert, parce qu'il est ii^décomposaUe par l'acide azotique.
Toutefois, dans ce que nous venons de dire, on ne yoit pas ce que devient tout l'azote de la substance. A la vérité ,tiuie portion entre dans la composition de l'acide picrique 9 une au* tve peut-être employée pour faire de l'ammoniaque ,. et Ton peut même supposer qu'une autre fait partie de l'acide prussi-
■rrr
(i) Nous supposons qu'il en est avec les matières neutres a2otées comme avec le sucre, etc.; c'est-à-dire qu'au lieu d'acide malique , il se forme de l'acide oxàlBydrifM, Gepeadant aucune expérience dédirre n'a été lUte A cet égard.
que oa cyanhydrique (i). Mais la quantité d'azote qui appartient à ces produits ne représente pas complètement celle qae contient toute la substance ; il faut donc le chercher ailleurs, « €t ce qu'il y a de plus vraisemblable , est que Fexcédant se Aif^fjjd à l'état de gaz.
2à52i« Les substances azotées du deuxième groupe n'ont aucune action sur les sels à iroid sans Tintermèdc de l'eau : i chaud, elles agissent sur eux de même que les substances organiques en général , c'est-à-dire , par fhydrogène et le carbone qu'elles contiennent (1932).
25si2« Composition^ état naturel ^ préparation, etc. — Noos ne parlerons de leur composition, de leur état naturel, de leur préparation et de leurs usages , que dans l'histoire particulière ae chacune d'elles , histoire dont nous allons nous occuper actueUement. ^
iJLTICLE I.
Fibrine,
n^ikZ. Etat naturel, préparation, — La fibrine existe dans k chyle; elle entre dans la composition du sang; c'est elle qui forme en grande partie la chair musculaire : on peut donc la regarder comme la substance animale la plus abondante.
Pour l'obtenir , il suffit de battre le sang , à sa sortie de la Teine, avec une poignée de bouleau ; bientôt elle s'^attacbei chaque tige sous forme de longs filamens rougeâtres qu*oa décolore en les malaxant sous un filet d'eau froide , et qu'on Î)rive ensuite d'un peu de graisse qu'ils contiennent en les aisant digérer à plusieurs reprises dans de l'alcool ou de l'éther. Propriétés, — La fibrine ainsi obtenue est solide , blanche , flexible, légèrement élastique, insipide, inodore , plus pesaute que l'eau , sans action sur le tournesol et le sirop de vio* Jettes ; elle contient environ les \ de son poids d'eau. C'est à celle-ci qu'elle doit sa blancheur, sa flexibilité et son élasticité; car exposée à l'air, elle se dessèche, devient demi-trans' parente, jaunâtre, raide, cassante; et si dans cet état on h plonge dans l'eau , elle en absorbe à-peu-près autant qu'elle en avait perdu, et reprend ses propriétés primitives. (Chevreul, jinn. de Chim. et de Phys. , t. xix, p. 33 ).
On en retire par la distillation beaucoup de carbonate d'ammoniaque, etc., et un charbon, très volumineux, très brillant, très difficile à incinérer, qui laisse un résidu d'un gris l ^ «
(i) Hypothèse (\ue nous i)^tkdm^Uo\i%i^^>^vEci&<yie les substances noo aroire* 1 semblent donner aulanX A'aôde ^vv\s>«\<\^ tY'^^. \c5. ^viJù^vwi^s ^\\\TuiiiNR& . I
FlttKIIfË. S65
blaiicHulrc. couteuaiit une grande quaiitUc <Ie pliosphate de cliaiix , UT) peu de pliospliatc de niagncsie et des traces d'oxîde de fer. Ce rë^idu équivaut ordinaîrement à deux tiers de partie pour loo du poids de la fibrine sèche.
Mise en contact, dans un vase ouvert, avec de l'eau quon renouvelle de temps en temps , elle se corrompt, et finit par disparaître tout entière , à très peu de chose près, tandis que de la fibre qui est imprégnc^e de graisse donne un résidu gras , d.'autant plus abondant que la graisse est en plus grande quantité i d'où l'on peut conclure que les cadavres ne passent au gras qu'en raison de la graisse qu'ils contiennent. L'expë* rience est facile à faire de manière à ne rien perdre , en pla^ cant la fibre âur un filtre dans un entonnoir , bouchant le bee de celui-ci , et le débouchant pour faire écouler l'eau et la remplacer par d'autre. (Gay-Lussac ; ylnn» de CfUm, et de Phjrs.j -Corn. IV, p. 71. )
Li'eau froide est sans action sur elle. Traitée par l'eau bouillante, elle finit par s'altérer tellement, qu'elle perd la propriété de se ramollir et de se dissoudre dans Tacide acétique , et que la liqueur filtrée précipite par l'infusion de noix de galle , et donne un résidu blanc, sec , dur , d'une saveur agréable. C'est à M. Berzelius que nous devons ces observations , ainsi que les suivantes.
L'acide sulfurique étendu de six fois son poids d'eau s'unit à la fibrine à la température ordinaire; il forme avec elle un composé qui occupe beaucoup moins de volume que la fibrine même, et qui, lavé à l'eau, devient peu-à-peu transparent , se gonfle et se' transforme en un autre lequel est gélatineux. Celui-ci est un sulfate neutre , soluble dans l'eau àpeine tiède, tandis quele premier est un sulfate acide, insoluble dans l'eau bouillante: aussi, lorsqu'on verse de l'acide sulfurique dans la dissolution de sulfate neutre , y produit-on tout de suite un précipité de sulfate acide. A chaud , la réaction acide serait autre : il y aurait dégagement d'une petite quantité de gaz azote , et la fibrine serait altérée.
L'acide chlorhydrique faible se comporte avec la fibrine de même que l'aide sulfurique étendu.
Concentrés, ils produisent d'autres phénomènes, surtout avec la fibrine desséchée : l'acide sulfurique à froid la gonfle en une gelée jaune également temps en un liqui tant que la fibrine ne serait pas complètement privée de matière colorante que la liqueur prendrait une teinte pourpre ou violette. Dans tous les cas^ en délayant le produit dans
M6 stmsTANCiss NËinaEs;
l'eau y ou en précipite un sulfate ou un chlorhydrate était analogue à celui que donne l'acide affiiibli et que des lavages proloDgés transforment en sulfate et chlorhydrate neutres*. .^
L'acide azotique très faible agit aussi sur la fibrine , connue l'acide «ulfiirique étendu j à la température ordinaire ; mais il en est tout autrement, lorsque sa densité est de i^sS. Il en résulte d'abord un dégagement de gaz azote ^ en même temps là liqueur devient jaune. En prolongeant le contact pendant vingt-quatre heures , toute la fibrine est attaquée et convertie en une masse pulvérulente^ d'un jaune-citron, qui parait être composée de fibrine altérée et combinée intimement avec l'adde oxalnydrique et l'acide azoteux.Si alorson élève la températuiey on obtient tous les produits dont il a été question precédeittment (aSao).
L'acide acétique concentré rend la fibrine molle à la température ordinaire, et la convertit en une gelée incolore qnise dissout aisément dans l'eau chaude. La dissolution est aam couleur et peu sapide. Soumise à Tébullition , il s'en dégagein peu de gaz azote, sans qu'elle se trouble. Evaporée jusqu'à siccité, elle laisse un résidu transparent qui rougit le papier de tournesol, et qui ne peut se dissoudre, mi^me (kns l'eau bouillante, qu'à la laveui' d'une nouvtlle cjuanlité d'acide acétique. Les acides sulfurique, chlorhydrique , azotique en précipitent la matière animale, et forment avec elle des combinaisons addes>La potasse , la soude, l'ammoniaque opèrent aussi lapréci* pitation de cette matière , pourvu toutefois qu'on n'ajoute pas un trop grand excès d'alcali , car alors les parties précipitées d'abord se redissoudraient. (Berzelius, Annales de Chinue^
t. LXXXVIII, p. 28.)
La potasse et la soude, liquides, dissolvent peu-à-peu la fibrine à froid, sans lui faire éprouver d'altération bien sensible 5 mais, à chaud, elles la décomposent, occasionnent la formation d'une certaine quantité de gaz ammoniac et des antres
qui le prouve , c est qu tion avec la plupart des dissolutions salines des cinq dernières sections, on en précipite les oxides unis à la fibrine même.
Enfin l'infusion de noix de galle trouble les dissolutions de sulfate neutre, de chlorhydrate neutre, etc. de fibrine, et qiie l'eau dépotasse ou de soude, saturée de cette substanœ , organique*, il en est de même du cyanure de fer et de p<^- ! tassium. '
Composition^ «—m. 100 "ç^sttVi^^ Ôl» ^rài^ ^iK3n:)X^»tK^jcAi^^ k
ALBUMINE ANIMALC. S67
SSyStfo de carbone, 19,685 d'oxigène, 7,021 d'hydrogène, 299934 d'azote. (Gay-Lussac et Thenard, Recherclies physico-^ mimiques^ 11, 33o.) (i) ^
Usages. —La fibrine, à l'état de pureté, est sans usages^ mais , puiscpi'elle forme la base de la chair, elle n'en doit pas être moins considérée comme la substance animale nutritivë la plus commune ; elle est connue depuis un temps immémorial.
▲aXIGLE II.
Albumine animale,
A5a4* L'albumine est , de toutes les substances , la plus dia* sëminée dans l'économie animale. C'est elle qui , unie à une plus ou moins grande quantité d'eau , et à une très pcjtite quantité de sels , forme entièrement ou presque entièrement le blanc d'ceuf , d'où elle tire son nom , le sérum du sang, la ' liqueur du péricarde, celle des bydropiques , des ventricules du cerveau , Thumeur des vésicatoires , de la brûlure , des bydatides; elle constitue la majeure partie de la synovie; elle existe aussi dans le chyle , dans le sang , dans la bile des oiseaux, et l'on ne saurait douter qu'on ne la trouve un jour dans plusieurs autres substances qui n'ont point encore été bien examinées.
Pour en faire plus facilement et plus complètement l'histoire , nous l'étudicrons liquide , desséchée par évaporation spontanée , coagulée par le feu ou l'alcool: sous ces trois états, elle possède des propriétés diverses.
a 5a 5. Albumine coagulée par F alcool ou parle feu. — Cette sorte d'albumine s'obtient en agitant le blanc d'œuf avec dix ou douze fois son poids d'alcool : celui-ci s'empare de l'eau qui tient la substance albumineuse en dissolution, et cette substance se précipite sous forme de flocons et de filalnens blaQC3 que la cohésion rend pour ainsi dire insolubles, et que par conséquent il faut laver à grande eau. On peut égaie-' ment se procurer cette même substance en soumettant le blanc d'œuf à la chaleur de l'eau bouillante et lavant le coagulumm Cependant , s'il était vrai , comme l'avance M. Coucrbe , que le blanc d'œuf contint, outre l'albumine, une matière particulière à laquelle il a cru dtvoir donner le nom ^oonin^founu de Pha.m.j xv, 497) > î^ faudrait se servir du séruiii du sang, opérer sur le sérum comme sur le blanc d'cJéiif , mais traiter , par l'alcool ou l'éther , le e&àguium qui proviendrait dé Pac-
(x) La petite quantité dégraisse qu'elle conùe&l n'eu acmv ^Ssx i^&^l^srâ^A«
:i^S» SilBSlAI)iC£S NKUXaES.
lion du feu pour extraire la petite portion de graisse c^ue U sérum renferme toujours.
L'albumine ainsi extraite est , comme la fibrine y solide , blanche,'^nsipide, inodore, plus pesante que Veaxi, sans àctiou .,| sur le tourneàol et sur le sirop de violettes, capable de donner, dans sa décomposition par le feu , beaucoup de carbonate d'ammoniaque, etc. (a5i4)9 et un cbarbon YOiumineux difficile à incincrt-r : de loo d'albumine, on retire i ,8 de cendre qui contient beaucoup de pfao^pbate et de carbonate de chaux, ui peu de carbonate de soude et des traces d'oxide de fer.
C'est aussi comme la fibrine, suivant M. Berzelius, qu'elle se comporte avec les acides, les alcalis, l'alcool, l'éther et Peau : seulement elle se dissout moins facilement que la fibrine dans l'acide acéticpie et dans l'ammoniaque , et beaucoup mieux dans la potasse et la soude. Toutefois il est très facile de kâ distinguer l'une de l'autre , par l'eau chargée i l'une petite quantité de bi-oxide d'hydrogène. L'albumine est sans action sur ce liquide, tandis que la fibrine en dégage tout de suite du gaz oxigène (446)-
Ënfin, de même que la fibrine, elle se convertit par la dessiccation en une substance jaune, dure, cassante, demi-transparente , qui se ramollit peu-à-peu dans l'eau, et qui 9 enab* sorbaiit celle-ci, redevient blanche et opaque.
u^iG. Albumine desséchée par évaporation spontanée.^ Lorsqu'on expose le blanc d'œuf à l'air ou qu'on le place dans le vide sec, à la température ordinaire , l'albumine se concentre peu à* peu , et finit par se prendre en une masse solide , jaunâtre et transparente. Cette masse, mise en contact avec l'eau, s'y redissout et reproduit un liquide visqueux, coagulable par la chaleur, possédant en un mot toutes les propriétés du blanc d'œuf frais, d'où il suit que , f>ar l'évaporation spontanée, Talbumine de Fœuf n'(-prouve aucune altération^ lesérum du sang nous offre des phénomènes analogues.
Dans tous les cas, Talcool rend tou^: -à-coup insoluble dans l'eau Talbuminequi a été desséchée spontanément ^ la chaleur de Tcau bouillante produit aussi le même efiet , mais très lentement.
U existe donc une différence bien marquée entre l'albumine dont la dessiccation a été spontanée et Valbumine coagulée. Cependant, soit qu'on abandonne 100 parties d'albumine liquide à une évapora tion spontanée, ou qu'après les avoir coagulées par le feu on les expose à l'air , le résidu est toujours le joaême, environ i5 parties , lesquelles, dans le vide sec, se réduisent à 13,75, terme moyen. (M.Chevreul,^/i/i.</^Cii/m«^ de Ph)\s,^ M\, 38.)
iXnUMiLNE UQUIDIS, ÎM>9
aSsj. Albumine liquide, — L'albumine liquide se trouve , comme on vient de le voir , en grande quantité dans l'économie animale. A la vérité, elle y est toujours mêlée à une certaine quantité de sels, quelquefois même à un peu de graisse ; mais ces matières n'ont que très rarement de l'influence sur les résultats.
Elle est transparente ; insipide, inodore, plus pesante que l'eau, plus ou moins visqueuse ; elle mousse par l'agitation , et verdît le sirop de violettes , en raison du peu de carbonate de soude qu'elle contient.
Placée dans le courant de la pile vollaïque, elle se coagule sur-le-champ tout autour du pôle positif. M. Brande, à qui cette observation est due, pense qu'on pourrait se servir avec succès de ce moyen pour rendre sensibles de petites quantités d'albumine que beaucoup de fluides animaux contiennent.
Soumise à Taction de la chaleur , elle ne tarde point à répandre une odeur particulière et caractéristique , et à se prendre, lorsqu'elle n'est pas unie à beaucoup d'eau, en une masse dure , opaque et blanche : nous citerons pour exemple le blanc d'œui , qui perd sa transparence de 60 à 63 degrés et se solidifie complètement à une température un peu plus élevée. Plusieurs chimistes et notamment Fourcroy, ont attribué cette sorte de coagulation à une oxigénation de l'al-^ bumine^ mais il est évident que l'oxigène n'y entre pour rien, puisque l'albumine se coagule tout aussi bien sans le contact qu'avec le contact de l'air 5 et que l'alcool la coagule sur-lechamp de même que le feu. Quoi qu*il en soit, si l'albumine en dissolution concentrée se coagule facilement par la chaleur, il n'en est pas de même de l'albumine étendue d'eau : en effet , que l'on mêle le sérum avec 1 5 à 20 fois son volume d'eau et qu'on le porte à l'ébullition, il deviendra seulement opalin, et chose digne de remarque, c'est que d'une part il le deviendrait encore , quand bien même la quantité d'eau serait beaucoup plus considérable , et que de l'autre en laissant ensuite évaporer spontanément la liqueur, lalbumine qui formerait le résidu serait insoluble dans l'eau comme l'albumine coagulée.
Conservée , surtout en vase clos , l'albumine éprouve , au bout d'un certain temps, la décomposition putride , et répand une odeur analogue à celle du gaz sulfhydrique.
La potasse et la soude s'opposent à sa coagulation par le feu.
Le chlore et l'iode la troublent tout-à-coup.
Tous les acides d'un certain degré de force peuvent se combiner avec elle, et la plupart sont capables de former des composés blancs , acides , peu solubles , surtout lorsque les acides sont très prédominans. Il paraît même que celui qu'elle forme
5T0 SUBSTANCES NEtTTRES.
avec l'acide azotîaue est tout-à-fait insoluble; car cet adde rend troul)le une liqueur qui ne coptient que des traces d'albumine ; il en est de môme de l'acide tannique ou de l'infusion de noix de galle. L'acide phospborique et l'acide acëtlque sont du petit nombre de ceux qui s'y unissent sans la troubler.
Cependant , lors môme qu'un acide ne trouble pas l'albumine liquide , il produit sur elle le même effet que la cbaleur. Pour le prouver, il suflit d'y faire tomber une seule goutte d'acide acc'tique , et d'y ajouter ensuite la quantité df'alcali nécessaire à la neutralisation : Talbumine qui avait été combinée avec l'acide > se précipite à l'état de coagulum ; le même effet aurait lieu , si l'on versait d'abord l'alcali , puis l'acide.
U n'est presque point de dissolutions de sels appartenant aux quatre dernières sections qui ne soient décomposées et troublées par l'albumine liquide , même très étendue d'eau. Les précipités varient par leur nuance; mais ils sont toujours floconneux et composés d'albumine unie à la substance saline. Or, comme les composés insolubles n'ont presque point d'action sur l'économie animale , il s'ensuit que Ton pourrait se servir de l'albumine contre la plupart desempoîsonnemens parles sels métalliques : aussi M. Orfila l'a-t-'l proposée comme le meilleur antidote contre le sublimé corrosii et les sels mercuriels, et l'a-t-il administrée avec succès dans un cas d'empoisonnement par la liqueur mercurielle de Van-Swieten (Voyez sa Toxicologie). Cependant il ne faudrait point , autant que possible, la donner en trop grand excès, car une portion du précipité pourrait être redissoute.
Composition. — L'albumine est formée , savoir : celle du blanc d'œuf d'après MM. Gay-Lussac et Thenard , celle du sérum du sang veineux bumain d'après M. Prout , celles du sang artériel et du sang veineux d'après M. Micbaelis :
Gay-Luss. et Théo. Prout.
Carbone..... 52,885 49,750
Hydrogène. . . 7,540 7,776
Azole 15,705 15,550
Oxigène 23,872 26,925
Cependant, outre ces principes , il semble qu'elle contient une petite quantité de soufre , car elle noircit les vases d'ar-
Sent dans lesquels on la fait cuire , et elle finit par exbaler u gaz suif hydrique lorsqu'on l'abandonne à elle-même. Usages^ "^hoTSG^Vi ou. fait bouillir une liqueur qui contient de l'albumine, bientôt celle-ci, comme nous l'avons dit précé- 4ienunent , se coagule et entraîne tous les corps tenus en suspension, même les plus divisés : de là l'usage qu'on en £sdt pour clarifier les sirops % On. Vern^ov^ %v3â^\^xû5Â&klaL température
Sang arter.
Sang veineux.
ALBUMINE yi/aÈTÂLEé fctt
ordinaire, pour clarifier les vins, la bière : elle s'unit alors au tannin, et forme un composé insoluble qui agit comme l'albumine coagulée. Ou s'en sert quelquefois dans les laboratoires pour composer , par son mélange avec la chaux , un lut très siccatif. Enfin elle doit être considérée comme substance nutritive y puisqu'elle fait partie des œufs , du sang , de la cbair musculaire.
2528. Fariétés cP albumine* — ^Les nombreuses propriétés que nous venons de décrire appartiennent à Talbumine de l'œuf comme à celle du sérum \ on est donc porté à conclure que ces substances sont identiques. Toutefois l'éther et l'huile de térébenthine coagulent le blanc d'œufet ne produisent rien de semblable sur le sérum du sang. Est-ce qull existerait des variétés d'albumine animale?
▲KTiGLE m; Albumine végétale.
2529. L'albumine végétale existe dans le froment, le seigle, l'orge • le maïs et en général dans les graines des graminées ; on la rencontre également dans les graines des plante? légumineuses, dans celles qui, broyées avec l'eau produisent des émulsions , telles que les amandes, et de plus , dans tous les sucs végétaux, où la chaleur détermine un coagulum*^ c* est donc une substance très répandue ; presque toujours elle est accompagnée de gluten*
L'albumine végétale a tant de rapports avec l'albumine animale, que ces deux substances semblent se confondre.En effet, l'albumine végétale se comporte avec les différens réactifs d^utie manière analogue à l'albumine animale, et tout ce que nous avons dit de l'une peut s'appliquer plus ou moins à l'autre *, aussi pensons-nous qu'il n est pas nécessaire d'en tracer l'histoire particulière.
AETICLB iv.
Càséum ou matière caséeuse.
2530. Le caséum n'existe que dans le lait. On peut l'en extraire par deux procédés qui donnent : l'un du caséum soluble dans l'eau, l'autre du caséum insoluble dans ce liquide et en état de coagulation.
a53K Caséum soluble» —Pour l'obtenir, on verse d'abord dans le lait écrémé de l'acide sulfurique très étendu, qui précipite le caséum sous forme de caillot blanc. On rassemble en* suite ce caillot sur un filtre , on le lave soigneusement', puis on le délaie et on le fait digérer dans de l'eau avec du carbonate
S72 \ , ' SUBSÏANCES NEUTRES. ' '
debarylc. Celui-ci s'empare de l'acide àuctullot , et le caséum devenant libre se dissout. Il ne, reste plus alors qu'à 61trer la liqueur et l'évaporer jusqu'à siccité.
Le caséum ainsi obtenu est en masse jaunâtre^ imipide, inodore , sans action sur le tournesol.
U se dissout facilement dans l'eau , difficilement dans Palcoql. La dissolution aqueuse, conservée dans un flacon, s'altère
5eu-à-peu, répand l'odeur de vieux fromage, se putréfie et evient ammoniacale. Les acides la coagulent, surtout à chaud, comme le lait lui- môme, et le coagulum finit par disparaître, lorsqu'on le lave à grande eau. La potasse, la soude, l'ammoniaque ne la troublent point.
L'alcool , l'infusion de noix de galle , plusieurs sels , entre autres l'acétate de plomb, y occasionnent desprécipités qui sont: le premier, du caséum pur, le second du gallate de caséum, les autres des composés de caséum et d^oxide ; aussi, plusieurs oxides peuvent ils être unis directement au caséum et former des combinaisons insolubles ; tels soiit : la chaux, la baryte, la stroDtiane, etc. Cette propriété a même été mise à pront pour employer le lait caillé dans la peinture en détrempe.
2539. Caséum coagulé, — Le caséuin coagulé est au caséum soluble ce qu'est l'albumine solidifiée par la chaleur à l'albumine liquide. On l'obtient en plongeant la membrane muqueuse del'estomac des jeunes veaux dans le lait, chau&nt celui-ci jusqu'à 5o" , le maintenant à cette température pendant quelque temps, puis , lavant à grande eau le coagulum qui ne tarde point à se produire. Il semble, au premier coupd'œîl, que la membrane n'agit ici qu'en portant ou produisant de l'acide au milieu du lait; mais il n'en est point ainsi. Berzelius a reconnu que 1800 grammes de lait avaient été coagulés par une membrane bien nettoyée , bien lavée, du poids de I gramme, et qui, après l'opération, pesait encore ogr. 94. D'ailleurs , le carbonate de baryte ne donne point au coagulum la propriété de se dissoudre , ce qui démontre qu'il diffère essentiellement de celui que forment les acides dans le lait. Le caséum éprouve donc alors une modification particulière qu'il est difficile d'expliquer. Il paraît que le caséum coagulé se produit encore en cuauîFaut doucement la dissolution du caséum soluble, et que, par conséquent, il constitue les pellicules qui se forment à la surface du lait qu'on évapore.
Le caséum coagulé est blanc, et de plus, il est comme le caséum soluble , insipide, inodore, sans action sur le tournesol > et le sirop de violettes.
Soumis à la distillation , il donne une grande quantité decar- Jbonate d'ammoniaque , e\.c. , ti\.\xxi dci^tVi^iiN^ilwmineux, diffidle
c/lséum. hïS
à incinérer, qui laisse 67 pour 100 de cendre, composée presque uniquement de pbosphate de chaux ; on y trouve seulement un peu de chaux plus ou moins carbonatée.
L'eau chaude ou froide ne le dissout point ; il en est de même de Talcool^ il est au contraire soluble dans la potasse , la soude , l'ammoniaque , à la température ordinaire ou à une température peu élevée. Il se dissout aussi à cette température dans la plupart des acides forts appartenant au règne végétal et au règne minéral , pourvu toutefois que les premiers soient concentrés, et les seconds étendus d'une certaine quantité d'eau, etc.
Placé sur un filtre à claire-voie , ou sur une claie en osier , à l'état de caillé , et exposé à l'air , il prend p^u-à-peu de la consistance , finît par s'altérer et se transformer en une sorte de fromage.
Délayé dansl'eau et abandonna à lui-même, il forme de nouveaux produits que Proust a examinés le premier, mais dont le principal n'a bien été isolé que par M. Braconnot.Ce chimiste ayant mêlé 270 grammes de fromage frais , provenant d'un lait écrémé , avec i litre d'eau , et ayant laissé le mélange se putréfier pendant un mois à une température de 20 à aS degrés, la majeure partie du fromage se dissolvit. Au bout de ce temps, îl filtra la liqueur et l'évapora en consistance de miel^ elle se prit peu-à-peu en une masse grenue , dont une partie seulement était soluble dans l'alcool. La partie insoluble fut traitée par l'eau chaude : du charbon de la lessive du sang fut ajouté à la dissolution pour la décolorer-, après quoi celle-ci fut passée au filtre et soumise à une évaporation spontanée ; il s'en sépara ainsi des cristaux aciculaires déliés, se groupant autour des bords du liquide. Ils constituent une matière particulière qui se rapproche de l'oxidc caséeux de M. Proust, à laquelle M. Braconnot a donné le nom à^aposépédine ( de dtTro et <jr<ic€^c«>v ) ^ c'està-dire produit par la putréfaction.
U aposépédiney purifiée par de nouvelles cristallisations, est inodore, légèrement amère, facile à, réduire en poudre et croquant sous la dent. Elle brûle sans résidu. Chauffée dans un tube de verre ouvert aux deux bouts , elle se sublime en partie sous forme de cristaux sans subir d'altération. Distillée dans une cornue, elle se décompose complètement , donne une huile qui a la consistance du suif , etc. , et des produits ammoniacaux au nombre desquels se trouve le sulfhydrate d'ammoniaque. Elle noircit l'argent poli, à une température convenablement élevée. L'eau à i4** en dissout la 22* partie de son poids et se putréfie promptement; elle est peu soluble dans Pàlcool bouillant : toutefois il en laisse déposer par le refroi-
S74 8UBSTANCSS NEUTRES,
dissement une quantité très sensible en poudre finie et légère; L'acide azotique la transforme en une matière amère et en une huile jaune, sans aucune trace d'acide oxalique. L'infasion de noix de galle trouble tout-à-coup et fortement sa dissolution aqueuse : le précipité blanc disparaît dans un excès de réactif, (voyez les mémoires de MM. Proust et Braconnot, j4nn. de Chim. et de Phys.^ x, ag etxxxvi, iSp.)
Composition^ etc. — La matière caséeuse est composée, sot loo parties, de 59,781 de carbone, 11,409 d'oxigène, 7,4^9 d'hydrogène, 2i,38i d'azote. (MM. Gay-Lussac et Thenard, Recherches physico-chimiques^ ii. )
Elle forme la base de toutes les espèces de fromages , et constitue presque entièrement ceux qui sont de qualité inférieure : nous devons donc la considérer comme substance nutritive, d'autant plus qu'elle entre pour une grande quantité dans la composition du lait.
ARTICLE V
Gélatine ou coUefortei
2534* Etat naturel. — La gélatine ne fait jamais pairtie des humeurs des animaux \ mais toutes leurs parties molles et solides contiennent la matière propre à la iormer. On la trouve, sous cet état, dans la chair musculaire, les peaux, les cartilages les liganiens , les teiulont: . t les aponévroses. Les membranes en contiennent une grande quantité 5 les os en renferment environ la moitié de leur poids.
Propriétés» — La gélatine est , de même que la fibrine et l'albumine, plus pesante que Teau, sans saveur, sans odeur, sans couleur , sans action sur la teinture de tournesol et sur le sirop de violettes.
Soumise à la distillation , elle nous offre encore les mêmes
})hén(5mènes que ces substances ; mais elle s'en distingue faciement par les propriétés suivantes.
En la chauffant peu-à-peu dans une capsule d'argent ou di platine, elle se ramollit et répand une odeur particulière ; elle éprouve ensuite un commencement de fusion, se boursoufle , exhale des fumées dont Todeur , différente de la première, ressemble à celle de la corne brûlée , imis elle s'(;nilamine, brûle quelques instans, et laisse un charbon volumineux , difficile à incinérer , qui ne donne pour résidu après la conibustion qu'un peu de cendre composée de phosphate de chaux. Elle est très soluble dans l'eau bouillante , et très peu dans l'eau froide. Lorsqu'on en dissout a parties et demie dans 100 jparties jd'eau chaude , Va liq^e^ux ^^ \jt^ud. en gelée par lext'
GELÀTUTE. K7K
froidissement ! cette gelée, surtout en été, s aigrit en quelques jours, se liquéfie , et ne tarde point ensuite à éprouver tous les phénomènes de la fermentation putride.
L'alcool et Facide tannique ou tannin , précipitent la gélhtine de sa dissolution : le premier en agissant sur Tçau, et le second sur la substance elle-même. Le précipité que forme le tannin est abondant j d'un blanc gris , complètement insoluble : aussi est-on certain qu'une liqueur qui reste limpide , lorsqu'on y ajoute de l'infusion de noix de galle , ne contient pas de trace de gélatine. D'ailleurs il se réunit promptement en une masse collante, élastique , qui, par son exposition à l'air, se dessèche et devient friable 5 sous ces deux états il est imputrescible : c'est un composé analogue qui se produit probablement dans l'intérieur des peaux lorsqu'on les tanne. On n'a point encore déterminé exactement combien il contient de gélatine et de tannin. Celui que formé l'alcool est blanc , disparaît dans l'eau 5 il n'est composé que de gélatine pure.
Aucun acide autre que l'acide tannique, aucun alcali, ne précipitent la dissolution de gélatine.
Quelques sels au contraire la troublent plus ou moins fortement : tels sont les azotates et le bi-chlorurc do mercure, le protochlorure d'étain, le sulfate neutre de peroxide de fer à chaud, If même sel à froid, mais mclé à de l'ammoniaque jusqu'à ce qu'i ! ait pris une couleur d'un rougcintensc, Taluii on y ajoutant assez d^alcali pour qull passe à l'état. de sous-sulfate (AL'^0^,SO'') : tel est encore le sulfate.de platine : M.E.Davy assure même que pour peu qu'une liqueur contienne de gélatine , ce sulfate y produit un nuage sensible : le précipité apparaît en flocons bruns et visqueux, et noircit par la dessiccation.
Le chlore possède aussi la propriété de troubler la dissolution de gélatine -, le dépôt qu^ll y produit au bout de quelque temps est blanc, floconneux, composé de filamens nacrés, très flexibles, très élastiques : il a pour propriétés caractéristiques d'être insipide, insoluble dans l'eau et dans l'alcool, imputrescible , faiblement acide , de dégager spontanément pendant plusieurs jours du chlore , d'en dégager beaucoup plus par la chaleur, enfin d être soluble dans les alcalis et de former des chlorhydrates.Onpeut le regarder comme composé de gélatine au moins en partie altérée, de chlore et d'acide chlorhydrique.
L'dcido sulfurlque donne lieu avec elle à des phénomènes tout particuliers et très dignes de remarque ( OTaconnot ) : qiie Ton prenne 12 grammes de colle forte en poudre; qu'on les mette en contact, à la température ordinaire , avec deux fou autant d'acide sulfurique concentré; qu'on y ajoute ^
▼ingt-t^uatrelieures après, un décilitre d'eau; que t'on ^assè bouillir le tout pendant cinq heures, en ayant soin de remjdacer par de nouvelle eau la yapeur qui pourra se former ; ou alors on sature par de la craie la liqueur suiEsamment étendue , et qui sera à peine colorëe *, qu'on la filtre et qu'on l'ëyapore, elle se réduira en un sirop qui, abandonné un mois à lui-même, laissera déposer des cristaux grenus. Ces cristaux, sépara de la portion de matière qui aura conservé l'état sirupeux, lavés ensuite avec de l'alcool , puis comprimés dans un linge, pourront être obtenus assez purs par une seconde cristallisation qui se fera en très peu de temps. Voici les propriétés qui les distinguent.
Us sont grenus, groupés, très durs, et croquent sous la dent, a la manière du sucre candi. Leur saveur est douce , à-peu-
Srès comme celle du sucre de raisin. Soumis à l'action du feu ans une cornue , ils se fondent , se décomposent en fonuaut un sublimé blanc et un produit ammoniacal ; d'où Ton peut conclure que l'azote estiun de leurs principes constituans. Us sontsolubles dans l'eau et insolubles dans 1 esprit devin. Leur solution dans l'eau, mèU'e à de la levure, n'offre aucun indice de fermentation. Lorsqu'on les cbaufTe avec de l'acide azotique, ils s'y dissolvent sans aucun dégagement apparent de gaz, et lorsqu'on fait évaporer convenablement la dissolution , elle se prend par le refroidissement en une masse cristalline. En pressant celte masse entre des feuilles de papier Joseph et la faisant cristalliser de nouveau , on obtient de beaux prismes incolores , transparens , légèrement stiriés. Ces cristaux, très différens de ceux qui servent à les produire, constituent, selon M. Braconnot, un véritable acide qui résulterait de la combinaison de l'acide azotique môme avec la matière douce dont les premiers sont formés : or , comme l'auteur désigne celle matière par le nom de aucre de gélatine ( nom qui , pour le dire en passant, nous paraît impropre, parce que la matière à laquelle il s'applique n'est point un véritable sucre), il propose d'appeler ce composé acide , acide nitro-saccharique.
Quoi qu'il en soit, ce composé acide ou cet acide nùro^sac" charique a une saveur semblable à celle de l'acide tartrique : seulement elle est un peu sucrée. Exposé au feu dans une capsule, il se boursoufle beaucoup , et se décompose vivement en répandant une odeur piquante. Projeté sur un charbon ardent, il se comporte comme le salpêtre ; il ne produit aucun changement dans les dissolutions salines; enfin il se combine avec te bases , et donne naissance à des sels qui possèdent des propriétés particulières : par exemple, le sel qu'il forme avecla chaux n'est point d^AÂQçivçsceTvt ^t n'est que très peu soIuUe
âans Talcool concentre; celui qu'il produit avec Poxide de plomb détone jusqu'à unceriaîn point par l'effet delà chaleur* '
Comment se rendre compte de ce qui se passe dans ce trâi-^ tement de la gélatine par l'acide sulfurique? c'est ce qu'il conviendrait maintenant d'exposer 5 mais nous ne savons presque rien à cet égard. M, Braconnot nous apprend seulement que , outre la matière cristallisaLlo, il s'eu produit une autre qui ne cristallise pas , qui est blanche et qui possède des propriétés particulières ; qu'il se forme de l'ammoniaque , et qu'il ne se dégage pas d'azote. (^yJnn. de C/iï/n, et de Phys,^ xiii, 11 3.)
Préparation. — C'est avec les rognures de peaux, dé parchemin et de gants , avec les sabots et les oreilles de bœufs, de chevaux , de moutons , de veaux , qu'on prépare ordinairement la gélatine ou colle-forte pour les besoins du commerce.
Ces substances étant bien nettoyées et séparées de leur graisse et de leurs poils , on les fait bouillir dans une grande
Quantité d'eau pendant très long -temps, en ayant soin 'enlever les écumes qui se forment, et dont on favorise quelquefois la formation par l'addition d'un peu d'alun ou de chaux. Ensuite on passe la liqueur à travers un filtre à daire-voie, et on la laisse reposer ; après quoi elle est déc^^ntée, écumée de nouveau, concentrée fortement, et versée dans des espèces de moules découverts et humectrs où elle se solidifie et prend la forme de plaques molles. Enfin, lorsque ces plaques sont refroidies, ce qui a lieu en vingt-quatre heures , elles sont ejilevées , coupées en tablettes, et Ton termine l'opération en les plaçant sur des cordes dans un endroit chaud et aéré.
Ce n'est point ainsi qu'on l'extrait des os : ceux-ci , contenant beaucoup de phosphate de chaux, doivent être mis d'a-
LîDO
nent souples , llcxibles, demi transparens. Si alors on les traite par l'eau bouillante, ils se convertissent presque entièrement en colle 5 quatre heures d'ébullition suffisent : du reste^ l'opération se fait comme nous venons de le dire tout-à-l'heure. On peut encore extraire la gélatine des os , en les broyant , après les avoir dépouillés de graisse, et les soumettant dans des cylindres à la vapeur de l'eau bouillante 5 c'est même ainsi qu'on se procure aujourd'hui la gélatine dont on se sert ensuite pour faire le bouillon d'os. (Voyez art. Bouillon.^
Toutes les colles sont plus ou moins transparentes : les unes sont d'un brun noirâtre, d'autres d'un brun rougeatre, d'autres enfin d'un blanc légèrement jaune. Les meilleures se distinguent par leur transparence, leur peu de couleur , lew: t£-
lY, Sixièmt ÉdUi^n^ %^
ft7S SUBSTANCES NÉUfRES.
Bacité et la propriété qu'elles ont de ne point s'ëcailler. Celles qu*on extrait des os par le procédé (jue nous venons d'indirfuer,' procédé que M. d^Afcet a exécuté en grand , et pour lequel il a pris un brevet d'invention, l'emportent de beaucoup sur toutes les autres : eUes sont presque aussi belles que lacolk de poisson cUe-raême.
La* bonne colle de poisson n'est que la partie intérieure de la vessie natatoire de différentes espèces de poissons. La plus estimée provient de certains esturgeons. Elle est blanche, même demi transparente , et n'est presque formée que de gélatine. Le prix en est bien plus élevé que celui de la colle-forte ordinaire, parce qu'elle est sans odeur, sans saveur, sans couleur. La préparation en est simple : elle consiste à laver la vessie de ce poisson, à la couper en long, à en détacher et rejeter la pellicule extérieure qui a une couleur brune, à faire sécher jusqu'à un certain point la partie restante, à la rouler et en achever la dessiccation à l'air.
Celle qu'on obtient en faisant bouillir dans Teau la tète , la queue et les mâchoires de plusieurs baleines, et de presque tous les poissons sans écailles, est bien moins recherchée que la précédente; elle se confond pour ainsi dire avec la colle ordinaire.
Indépendamment de ces diverses colles , il en existe encore une autre que Ton connaît dans le commerce sous le nom de coUe-de-lapin. Elle se vend à Paris chez tous les épiciers, à l'état 'de gelée : elle est employée dans la peinture en détrempe.
Composition. — La gélatine est composée de 47 > 88 1 de carbone, de 7,914 d'hydrogène, de 27,207 d'oxigène et de 16,998 d'azote (Gay-Lussac et ThanavA. ^ Recherches phpicochimiques, 11,366,) ;
Hématosine ou matière colorante du sang.
2534 hi^* L'bématosine (i) qui a aussi été appelée zoahéma- Une (2) y Jiémochroïne (3), est la substance animale à laquelle le sang doit sa couleur.Les chimistes qui l'ont étudiée successivement sont: le docteur Wells (4), Brande (5), Berzelius (6),Vattquelin (7), Engelhart (8), Lecanu (9). On la connaît sous deux états, de même que l'albumine et le caséum: dans le premier, eHe est soluble dans l'eau^ dans le second, elle y est insoluble*
(i) De at|Aa, at|xotTo;, sang.
(a) De ^tt>ov , animal, et alu.a. — (3) De oX^ol et x^ocLt couleur.
(4) Trans. philos, pour 1797, p. 4 16. — (5) Ann. de Ckim: i.xxinr^ Sa.
(6) Id., I.XXXTXII, 39, et Ann. de Ch, et de Phys., y, 4a.
(7) Ann. de Ch,etde Phys,, i, 9. — (8) Trcdté de, Ber;i»lio^ vn, ^d, (9) ^t^ ^ Chbn% et dt PUys,^ ,i».\, 5«
2^535. Hématosine soluble élans Vegun — M. Berzelius Tob-^ tient en coupant le caillot en tranchçs très tninces , le plaçant sur du papier brouillard pour en absorber le sérum , le triturant dans une petite quantité d^eau qui prend bientôt un&cou-^ leur brune si loncée qu'elle n'offre pas la moindre transparence dans un tube de verre de 7 millimètres de diamètre , et évaporant la liqueur jusqu'à siccité, à une température moindre que So**. M. Lecanu la prépiare également par ce pro-»> cédé : seulement, après avoir partagé en parties exlrèmement ténues une certaine quantité de caillot de bœuf parfaitement égoutté, il le délaie à plusieurs reprises dans de l'eau distillde pour entraîner le sérum , ayant soin chaque fois d'exprimer fortement dans un linge la masse restante. Il dissout ensuite l'hématosine dans l'eau, et verse la dissolution filtrée dans des assiettes qu'il expose au soleil. Peu-à-peu , l'eau se vaporise et laisse un résidu solide qui est l'hématosine.
L'hématosine ainsi obtenue est solide, noire, brillante comme du jayet, lorsqu'elle est en masse ^ terne et de couleur brîquetée , en poudre ^ brillante, translucide et rougeâtre , en couches minces.
Chauffée dans une cornue , elle se ramollit, se boursoufle et se décompose en donnant des produits ammoniacaux , etc., et un charbon volumineux , léger, brillant, difficile à incinérer-^ dont la cendre, de couleur rouge, ressemble auperoxide de fer. De loô parties d^hématosine de sang humain , M. Lecanu a rçtiré 2,258 de cendres qm contenaient o,534 de peroxide de ier , et 1,724? tant en phosphate et carbonate de chaux qu'en carbonate de soude et chlorure de sodium. M. Berzelius , e» opérant, non pas sur l'hématosine soluble, comme Ta fait M. Lecanu, mais sur l'hématosine coagulée , a obtei^u des ré^ sultats un peu différens ( 2536 ).
L'eau froide la dissout aisément. La dissolution qui est d'mi rouge foncé, d'une odeur et d'une saveur très fades , possÀife' les propriétés suivantes :
ooumise à une évaporation spontanée ou à une température de moins de 5o^, l'eau s'en dégage peu- à-peu, et l'hématosine ^ comme nous l'avons déjà dit en parlant de sa préparation ,' n'éprouve aucune altération. Il en est tout autrement à 70^ et au-dessus : la liqueur se décolore, et l'hématosine se coagule en flotODS bruns insolubles dans l'eau. Cependant, d'après M. Lecanu, l'hématosine soluble, à Tétat solide et bien desséchée, peut soutenir pendant plusieurs heures une température de 100** sans perdre sa solubilité. On se rappelle que l'albu^ mine est dans le même cas. «
Exposée à l'air , la dissolution d'hématosine devient t^Voâ
rouge quelle tie l^est d'abord , mais beaucoup tnoiûB que dans le sang dont elle fait partie.
Un courant de chlore ne tarde point à la décolorer et à la coaguler; l'hématosine en est précipitée sous forme de flocons blancs^ l'oxide de fer, ainsi que les matières salines qu'eDe contient, restent dissous.
Les alcalis ne la troublent point. Les acides minéraux, au contraire, pour p^iu qu'ils aient de force , y forment un préci-
l'acide azotique , car l'azotate d'hématosîne est complètement insoluble.L'acide acétique concentré n'en altère point la transparence. Dans tous les cas , l'hématosine éprouve dans son contact avec les alcalis ou les acides , les mêmes modifications que de la part de la chaleur : que l'on verse en efiet quelques gouttes d'acide acétique dans la dissolution d'hématosine , et que l'on y ajoute ensuite la quantité d'alcali nécessaire à la saturation , il se précipitera des flocons d'hématosine coagulée; que l'on répète l'expérience en ajoutant l'alcali eu premier lieQ, et l'on obtiendra les mêmes résultats.
Le gaz sulfhydrique rend l'hématosine d'abord violette, puis verte. ^
Le cyanure de potassium et de fer , l'iodm*e de potassium sont sans action sur elle.
Versée dans la plupart des sels des quatre dernières sections, la- dissolution d'hématosine y fait naître des dépôts plus on moins abondans, rouges ou bruns, qui se composent d'hématosine unie aux acides et bxides des sels. M. Lecanu assure toutefois que l'acétate et le sous-acétate de plomb font exception ; il a même fondé sur cette propriété, jusqu'à un certam point, le procédé qu'il suit pour se procurer la substance qu'il aj^lle giobuline^ et qui, selon lui, serait la matière colorante pure du sang.
L'infusion de noix de galle la précipite tout-à-coup en flocons brims. L'alcool en sépare l'hématosine dans l'état même où elle se trouve après avoir été coagulée par la chaleur; à chaud , il en extrait en même temps un peu de graisse qui accompagne cette substance animale.
L éther hydrique, Téther acétique, les huiles fixes, enlèvent comme l'alcool , la graisse qui se trouve dans l'hématosine; mais les huiles essentielles et surtout celle de térébenthine finissent par décolorer cette substance et la rendre jaunâtre.
L'on voit donc qu'il y a une grande analogie entre l'héma- Kwlne et ralbumine > sotubles dans l'eau, et Ton va voir gue
HÉIIÀTOSINEJ IM
cette analogie est tout aussi grande entre ces deux substasoes après avoir été coagulées, et par conséquent entre rhémato<« sine insoluble et la fibrine.
a536. Hématosine insoluble, — G^est en chauffant la dissolution aqueuse d'hématosine jusqu'à Tébullition, quon se procure l'hématosine insoluble ; toute la matière se coag^le, sauf une très petite quantité qu'on retrouve unie à un peu d'idcaii ; mssi la liqueur filtrée a-t-elle une légère teinte d'un brun rougeâtre. On traite ensuite la matière coagulée par l'alcobl bouillant pour dissoudre le peu de graissé qu'elle contient, puis on la recueille sur un filtre, on la lave et on la fait sécber.
L'bématosine insoluble et bien séchée , est inodore , insipide , plus ou moins rouge en poudre , noire , dure et à cassure vitreuse en'masse.
Soumise à la distillation dans une cornue, elle donne comme L'hématosine soluble des produits ammoniacaux et un charbon volumineux , difficile à incinérer, dont la cendre conti^it beaucoup d'oxide de fer. De loo parties d'hématosine de sang humain, M.Berzelius a retiré i,3 de cendres, qui contenaioit 0,3 de carbonate de soude, y compris des traces de phosphate de la même base, o,i de phosphate de chaux, o, a de chaux ,^ o,i de sous-phosphate de peroxide de fer, o,5 de perozide de fer, o,i d'acide carbonique, et perte : d'une autre part, loo d'hématosine de bœuf lui ont donné, à part les sels de soude , i,o de cendres, composées de 0,06 de phosphate de chaux , 0,2 de chaux , 0,075 de sous--phosphate de peroxide de fer 9 0,5 de peroxide de fer, 0,1 65 d'acide carbonique et perte : d'où l'on voit que l'hématosine coagulée contient précisément la même quantité de fer que l'hématosine soluble.
L'hématosine éprouve dans l'eau bouillante le même changement que la fibrine ( 25a3 )• C'est aussi comme la fibrine qU^'elle se comporte sensiblement avec les acides; entrons dans quelques détails à cet égard.
Mise en contact avec Vacide acétique concentré , elle prend l'aspect gélatineux , surtout en opérant avec celle qui n'a point « éXé desséchée , puis se dissout à l'aide de la chaleur en donnant heu à un léger dégagement de gaz azote et à une liqueur brune. Les acides sulfurique, azotique , chlorhydrique , tartrique, oxalique , citrique, forment aans la liqueur des précipités brun foncé, qui ne sont que des sulfates , azotates , etc. 9 acides , et qui recueillis sur un filtre et lavés , redeviennent neutres et se dbsolvent à leur tour.
. : Etendus d'eau , les acides sulfurique et chlorhydriqne Fattiiaaent à chaud; ils en dégagent un peu d'asote, comme l'afpLW acétique, et se colorent en jfltune , mais ne Ifi dis^lfBill
%%i SUBSTAirOfiS TtttmiES.
p«(9^ même au degré de rëbullidon; il se produit des sul£aitè , chlorhydrate acides qui ressemblent aux précëdens.Sidonc,on les lave convenablçmerit , on les ramènera à Tëtat neutre , et c'est alors seulement que l'eau en opérera la dissolution. Ces dis^oltitions sont troublées tout-à-coup par une addition con- ▼«nable d'alcali et par le cyanure jaune de fer et de potassiam; le précipité est brun.
Le chlorhydrate, d'un brun rouge à l'état dliydrate, noir i l'état sec, posséderait, suivant M. Lecanu, une propriété remarquable. L'alcool faible le dissoudrait comme l'eau ; mais il ne se dissoudrait qu'incomplètement dansTalcool concentré; il lerait alors transformé en chlorhydrate de globuline solnble et très coloré, et en chlorhydrate d'albumine insoluble et blanc. ( Voyez plus bas Globuline. )
L^sau chargée de potasse gonfle l'hématosine et la réduit en une gelée brune; un peu de chaleur favorise la dissolution qui finit par être complète; Tammoniaque ne l'opère que difficilement. Les alcalis redissolvent beaucoup mieux le précipité d'hématosine qu'ils forment d'abord dans les combinaisons neutres solubles de cette substance avec les acides.
Lorsqu'on fait bouillir l'hématosine avec l'alcool, non-sealement il se charge de la graisse qu'elle contient, mais encore cFhématosine , au point qu'il prend une couleur rouge très marquée. L'éther n'enlève que le corps gras.
L'infusion de noix de galle précipite l'hématosine de sa dissolution dans les alcalis et les acides, et s'unit même facilement à cette substance qui n'a été que coagulée sans être desséchée.
L'analyse de Thématosine a été faite par M. Michaè'lis ; il a trouvé dans celle du sang artériel et celle du sang veineux, déduction faite des matières terreuses, savoir:
Artériel. Yeineux.
A^ote 17,263 17,392
Carbone. 51,382 53,231
Hydrogène. 8,354 7,7 1 1
Oxigène 23,011 21,666
Je partage, à l'égard de ces analyses , l'opinion de M. Berzelius; elles ne peuvent pas être exactes. L'air a dû exercer une influence marquée sur le sang, et, par conséquent, sur la matière colorante. Est-il probable d'ailleurs que Thématosine du
idopter une opinion Si l'on ne sstlt pas quelle différence existe entre la composition réelle de rnématosine du san^ artériel et celle du sang Veineûif , Ton est encore "^^xi* è\o\^fe "ô^a ^^^tsvx ^^tSi^ 'Yioèfe
liLoButrifÊ. HÊk
pèroride de fer dans l'hématosine dont îl fait totifours partie. Q^idîqu'îl f entre pour'^ centième, on ne saurait y en démontrer la pr&ence par les rt^actifs les plus sensibles. Ce n*est qn^en détruisant la matière colorante par un courant de chloré et versant du cyanure jaune de potassium et de fer dans la liqueur filtrée qu'on y parvient aisément. A la vérité, H. Rqsè à lait voir : i° que le sucre, la gomme, la lactine, la gélatine j etc., mêlés à une petite quantité de dissolution saline de peroxidé de fer, empêchent la précipitation de celui-ci par les alcalis ; a* qu^en mêlant , soit avec une dissolution d'hématosîne , soit avec du sérum ou de l'albumine étendue d'eau , d'abord un peu de sel de peroxidé de fer, puis de l'ammoniaque , il ne se produit point de précipité , et que la liqueur n'est troublée ni par l'acide suif hydrique ni par la teinture de noix de galle. Il semble au premier aperçu qu'on obtient ainsi des liqueurs ferrugineuses où le fer se trouve dans le même état que dans le sang ; mais on doit à Berzelius des expériences qui tendent à infirmer cette conséquence. En effet, il a vu qu'en dissolvant de Toxide de fer dans la matière colorante ou le sérum, et ajoutant un acide pour en opérer la <*oagulation , on obtenait une liqueur que le cyanure jaune de potassium et de fer colorait en beau bleu après la filtra tion, ou bien qu'en versant dans les deux liqueurs ferrugineuses de l'acide acétique qui ne les trouble point , le cyanure formait ensuite avec le sérum un précipité d'un beau bleu clair , et avec la matière colorante un précipité vert brun. Or, il est probable, d'après cela , que lei causes qui s'opposent à la précipitation du fer dans les essais de Rose, ne sont pas les mêmes que celles qui font qu'on ne saurait démontrer la présence du fer dans l'hématosine par les procédés ordinaires.
2537. Globuline. — Suivant M. Lecanu , l'hématosine ne serait pas la matière colorante pure du sang; ce ne serait qu'un composé intime de cette matière et d albumine. Le souSacétate de plomb ne pourrait en précipiter cette dernière substance. On ne parviendrait à en opérer la séparation qu'en traitant le chlorhydrate d'hématosine sec par l'alcool qui dissout le chlorhydrate de matière colorante pure et n'attaque point le chlorhydrate d'albumine. M. Lecanu propose d'appeler globuline la matière colorante p' ire et de conserver néanmoins le nom d'hématosine à sa combinaison avec l'albumine. Nous ne pouvons adopter ce système de nomenclature. Il y aurait de graves inconvéniens à désigner ainsi par des noms particuliers des substances qu'on croirait être composées de 3éûx matières organiques^ tout ce qu'on pourrai tfairé seirôît de lés aséiihiler aux sels et de leur en appliquer les dénomiiiatiôns.
Hèl SUBSTANCES NEUTRES.
En regardant comme constans tous les faits (jae nous ve- :nons de rapporter , il existerait bien évidemment une diffé« rence tiès marquée entre l'hématosine et la matière colorante pure; mais est-ce bien de l'albumine que l'hématosine contiendrait? Ne serait-ce pas une substance toute particulière? Est-il possible que le sous-acétate de plomb ne précipite pas l'albumine unie à la matière colorante? Nous ne pouvons qu'engager l'auteur à reprendre son travail et à résoudre toutes ces questions.
Quoi qu'il en soit , nous allons faire connaître en peu de mots les observations de M. Lecanu. Pour se procurer la matière colorante pure^, il verse dans du sang de bœuf battu et préalablement étendu de 4 ^ S fois son poids d'eau , un très léger excès de sous-acétate de plomb, filtre la liqueur, y ajoute du sulfate de soude qui précipite l'excès de plomb, abandonne le mélange à lui-même pendant quelques heures, afin de laisser opérer le dépôt du sulfate de plomb formé , filtre de nouveau et obtient ainsi une liqueur d'un très beau rouge retenant toute la matière colorante et ne contenant que peu d'albumine. Par une addition sufEsante d'acide cblornydrique , il en sépare ensuite ces deux substances à l'état de chlorhydrate et sous forme de flocons bruns , lesquels sont recueillis sur un linge , exprimés fortement, bien sèches au bain-marie , et traités à plusieurs reprises par l'alcool bouillant , après quoi la liqueur alcoolique est mêlée avec quelques gouttes d'ammoniaque, qui la trouble, la fait passer du brun au rose , et en précipite la matière colorante pure sous forme de flocons rouges qu'on lave à l'eau bouillante et que Ton sèche.
Dans cet état , la matière colorante se distingue : i** par la couleur qui est rouge de sang à l'élat d'hydrate, et d'un brun rouge lorsqu'elle est sèche 5 2.^ par la grande quantité de fer qu'elle contient : 100 de matière colorante de sang humain en ont donné 1,74? et 100 de matière colorante de sang de bœuf en ont donné i,4o ; elle ne renferme d'ailleurs que des traces de matières salines ; 3° par sa grande solubilité dans les alcalis et les acides; 4^ surtout par sa propriété de former avec l'acide chlorhydrique un composé soluble dans l'alcool*
Gluten*
2538. Le gluten, dont on doit la découverte à Beccaria , et
Îiî a été examiné successivement par Fourcroy, Proust, Einhof, addei, etc., est une matière azotée qui, mêlée intimement avec l'albumine végétale, l'amidon, le sucre, de la gomme etc., /ronstjtue la partie iulérv^ure de la graine des graminées
GLUTE^T; WS
et des plantes légumineuses. Il fait surtout partie des grai* nés des céréales. On Tadmet aussi , associé à Talbumine , dans presque tous les sucs des végétaux ; mais il paraît que le gluten contenu dans ces sortes de sucs présente des différences très marquées avec celui des graines ^ il paraît même qae le gluten des diverses graines n'est pas toujours identique. U est donc à désirer qu'il devienne l'objet d'un nou-» vel examen. Dans cet état de choses, nous n'examinerons que le gluten du froment^ c'est celui dont les propriétés sont le mieux connues.
Pour 1 extraire, il faut faire une pâte avec la farine de fronient, et la malaxer sous un filet d'eau, jusqu'à ce que celleci 2 qui d'abord devient laiteuse, conserve sa limpidité, et ^'il reste dans les mains une substance d'un blanc grisâtre , molle , collante , insipide , d'une odeur spermatique , très élastique, capable de s'étendre et de prendre l'aspect d'une membrane : cette substance a été long-temps regardée avec Beccaria comme le gluten pur ; mais elle contient de l'albumine, probablement en état de combinaison, et déplus, un mucus de nature particulière, quelquefois même de l'amidon; de là la nécessité de la traiter par l'alcool bouillant qui dissout le gluten pur et n'agit m sur l'albumine ni sur l'amidon , après quoi l'on ajoute de l'eau à la solution alcoolique, et l'on procède à la distillation du mélange. Le gluten, à mesure que la vaporisation de l'alcool a lieu, se sépare en flocons volumineux qui s'agglutinent en les remuant et forment une masse cohérente que Ton recueille et qu'on lave.
Le gluten ainsi préparé et encore chargé d'un peu de mucus ressemble beaucoup à celui que donne immédiatement la pâte de farine de froment; il en a la couleur, l'insipidité, la propriété collante et jusqu'à un certain point l'élasticité.
Lorsqu'il est frais et humide, il éprouve bientôt la décomposition putride et se réduit en une sorte de bouillie. Desséché peu-à-peu , soit à l'air sec, soit à l'étuve, il diminue beaucoup de volume , se durcit, devient luisant à l'extérieur, cassant, imputrescible , translucide et d'un jaune foncé.
Distillé dans une cornue , il fournit en se décomposant àes produits ammoniacaux, etc., etc., et un charbon très volumineux et brillant.
Il est insoluble dans l'éther, les huiles grasses, les huiles essentielles , et l'est à- peu-près complètement aussi dans l'eau. Mis en macération avec l'alcool , à la température ordinaire , il donne lieu à une dissolution laiteuse et à un dépôt de grumeaux muqueux , qui se rapprochent beaucoup du gluten , mais qui pourtant en diffèrent sous quelques rapports. Il
%H SUBSTANCES NKEfniES.
paiatt qu^l est possible de se procurer la matière muquèm eu faisant tremper le gluten dans de Tacide acétique , jusqu'à ce qu'il soit gonflé et en partie liquéfié, le traitant ensuite par l'alcool et filtrant la liqueur ; cette niàtiëre reste sous forme d'un mucilage presque transparent -, lé gluten supposé pur au contraire se dissout, (i)
De semblables phénomènes se produisent en versant de l'acide acétique sur le gluten. Celui-ci se gonfle , devient demi liquide ; en ajoutant de Teau , on obtient une dissolution laiteuse que le filtre ne peut éclaircir , et un dépôt de^ flocons niucilagineux. La partie dissoute peut être regardée comme le gluten le plus pur possible ^ on peut la précipiter par une quantité convenable de carbonate d'ammoniaque^ elle reparaît avec les propriétés gluantes et caractéristiques du gluten pr(H prement dit.
Telle est encore jusqu'à un certain point la manière d'agir des acides inorganiqnes, et entre autres de l'acide chlorbydrique et de l'acide azotique sur le gluten. Délayé dans ces acides étendus , il se combine avec eux et forme à la vérité des composés acides insolubles \ mais lorsqu'on décante la liqueur et qu'on lave le résidu , il se dissout ; la solution est trouble» c*hargée de flocons mucilagineux , et passe à travers les filtres sans devenir limpide \ le composé que forme l'acide sulfurique est insoluble.
Les lessives alcalines de potasse et de soude possèdent aussi la propriété de dissoudre le gluten.
Les bases le précipitent de sa dissolution dans les acides, et ceux-ci de sa dissolution dans les bases. Au moment où il vient d'être ainsi précipité par l'ammoniaque, un excès de cet alcali le redissout \ elle l'attaque à peine dans son état ordinaire.
Le cyanure jaune de potassium et de fer, ainsi que l'infusion de noix de galle, forment tout-à-coup des précipités dans l'acétate, l'azotate, etc., de gluten.
C'est au gluten que la farine doit la propriété de faire pâte avec l'eau. La pâte n'est, en effet, comme nous Tavons déjà dît, qu'un tissu visqueux et élastique du gluten dont les cellules sont remplies d'amidon, d'albumiàe, dé sucre, etc. L'on conçoit, d'après cela , que c'est aussi au gluten que la pâte doit la propriété de lever par son mélange avec la levure ou le levain.
(i) La matière d*apparence muquettse a étç trè^ pea étudiéef. Elle parait être azotée et se rapprocher beaucoup dû gluten ; mais elle est à peine lolable dau ks acides, dans i*alcool froid. La potasse, au contraire, U dissout bieo. C'est elle fû rend laiteuse les j^sso\tL^oiis ^ ^>a\«iiÀan& \^Wm\ «\ <dân& les addes.
MATIÈRES NfeUTRES AZOTÉES. 587
La levure ou le levain j en agissant sur le sucre de la farine, et sur celui qui provient de l'amidon (2249) ' ^^^^^ lî^u successivement aux fermentations spiritueuse et acide , et par conséquent à de Talcool, de Facide acétique et du gaz acide carbonique. Ce gaz tend à se dégager ; mais le gluten s'y oppose : il cède , s'étend comme une membrane , forme une foulé de petites cavités qui donnent de la légèreté et de la blancheur au pain et l'empêche d'être mat. Il suit de là, i^ que danis la panification on ne saurait mettre trop de soins à bien mêler le levain avec la pâte ; car toutes les fois que le mélange ne sera point intime, le pain sera nécessairement mat ^ a** que la pâte sera d'autant plus longue et capable de lever , et le pain d'autant plus blanc et plus léger que la farine contiendra plus de gluten : c'est pour cette raison que la farine de froment , indépendamment de ce qu'elle est plus nutritive , est préférée aux farines des autres graines céréales.
Composition. — Jusqu'à présent , l'analyse élémentaire du gluten n'a point encore été faite. Lorsqu on voudra se livrer à cette recherche , une première question à résoudre se présentera ; ce sera de savoir comment il sera possible de se le Srocurer parfaitement pur. Peut-être y parviendra-t-on en éconiposant l'acétate , l'azotate ou le chlorhydrate de gluten par une quantité convenable de carbonate d'ammoniaque.
Suivant M. Taddel , le gluten de Beccarîa serait formé de deux substances particulières : l'une, soluble dans l'alcool, serait la gliadine d'EinhofF; l'autre , insoluble dans cet agent, serait nouvelle ^ il la désigne sous le nom de zimôme* Mais la gliadine n'est que le gluten plus ou moins pur, et la zimôme ne paraît être que de l'albumine concrète.
m« GROUPE.
Matières neutres azotées qui n* appartiennent point aux amides et qui ne sont ni facilement putrescibles ^ ni phosphorées y ni sulfurées.
Toutes sont formées de carbone , d'hydrogène, d'oxîgène et d*azot€, excepté le mélam dans lequel l'analyse n'a pu démontrer la présence de l'oxigène.
C'est pourquoi nous examinerons d'abord le mélam ; nous étudierons ensuite Y amntéUde cpx\, j^dx sa préparation, a beaucoup de rapports avec celui-ci^ puis, par ordre alphabétique , les «autres matières qui font partie du troisième gi:QUçe%
8M ^ -r SUBSTANCES «BUTEn.
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AUTIGLK I* 1^^
Mélam.
aSSp. Le melain est toujours ua produit de l'art. Il fonne le résidu de la distillation ménagée du sulfo-cyanhydrate 1! d'ammoniaque , ou d'un mélange intime de a parties de chlorhydrate d'ammoniaque, et de i partie de sulto-cyamire de potassium. Les circonstances qui accompagnent sa production ont été décrites (2141). Lorsque l'on se sert de sulfo-cyanure de potassium et de sël ammoniac pour le préparer, il reste mêlé à l'excès de ce sel et au chlorure métallicpie. On l'en débarrasse par des lavages prolongés.U est d'ailleurs presque impossible d'éviter qu'une portion de mélam ne soit décomposée par la chaleur, surtout dans la partie inférieure de la cornue. C'est pour cela qu'il est nécessaire de le purifier, en le traitant par une solution bouillante dépotasse passablement concentrée, filtrant la liqueur chaude avant que la matière solide n'ait entièrement disparu, et l'abandonnant à elle-même. Dans cette opération, une partie du mélam est dissoute en se décomposant, comme il sera dit tout-à-l'heure ; une autre au contraire s'y dissout sans s'altérer et se dépose par le refroidissement.
Ainsi obtenu, il s'offre, sous forme d'une poussière blanche, lourde et granuleuse, insoluble dansleau, l'alcool, l'éther; une forte chaleur le décompose en donnant lieu à du gaz ammoniac , à un sublimé cristallin peu abondant , et à une matière jaune que la chaleur rouge transforme en cyanogène et en azote ; ce doit donc être du mellon (2146)-
La potasse en liqueur le dissout à l'aide de l'ébullition , et le décompose peu-à-peu, mais d'autant plus facilement qu'elle est plus concentrée •, elle le convertit alors en mélamine et en amméline (Voyez p. 294 de ce vol.). En le fondant avec l'hydrate de potasse, l'alcali passe en partie à l'état de cyanate , tandis que du gaz ammoniac se dégage en produisant ua grand boursouflement, i atome de mélam (C**Az**H^) , joint à 3 at. d'eau ( HK)^ ), peut en effet fournir 3 at. d'acide cyanique (C*«Az«,03) et 5 at. d'ammoniacpie (Az'^H**).
L'acide azotique concentré , bouilli avec le mélam, l'attaque et le détruit sans dégager de bi-oxide d'azote ; il en résulte de l'ammoniaque avec laquelle cet acide s'unit , et de l'acide cyanurique dont une grande partie cristallise pendant que la liqueur se refroidit. L'équation qui suit explique la formation de ces produite :C^^Az^^H9-|-H**06=Q*Az6H«0«+Az'^H*^
L'action de l'acide sulfurique sur le mélam donne des résultats différçns. v>'\\ eal cowxulxé , il le frausforine w smiB^^
niaqué Et éh ù/nmélide^ substance particulière que nous allons totit-à-l'heure décrire, et que représente la formule C^^Az^H^O^ dans Péquation suivante , qui rend compte de la réaction :
Ci^Az"H9+H«0^=C^^Az9H903+Az^H6.
Si Vacide est étendu, il donne encore naissance à de l'ammoniaque; mais il en forme moitié moins. Il n'y a que 2 atomes d'eau décomposés pour chaque atome de mélam , et au lieu d^ammélide, on obtient de l'amméline. L'action de Tacide cUorhydrique est tout-à-fait semblable à celle de l'acide sulfurique affaibli (p. 296),
Composition. — ïoo parties de mélam renferment 3o,8 de caibonc , 65,4 d'azote, 3,8 d'hydrogène 5 ce qui donne pour sa formule atomique : C^^Az^^H^. (Lîebig, ^nn. de Cfum* et de Phfs.^ LVi, i5.}
▲KTICL£ II.
Ammélide,
a 540. L'ammélide se produit en dissolvant dans l'acide sulfurique concentré le mélam, la méiamine ou l'amméline (^539, 2 198, 2 199). Dans tous les cas, elle se sépare sous forme a'un précipité blanc épais par l'addition d'alcool , et reste pure après quelques lavages à l'eau. On sait d'ailleurs qu'elle prend encore naissance en faisant bouillir l'acide azotique concentré aveô la méiamine, et en calcinant l'azotate d'amméline ( 2198 et 2199). Elle ne se rencontre point dans la nature.
Obtenue comme nous venons de le dire, elle est sous forme d'une poudre blanche , insoluble ou à peine soluble dans l'eau, sans action sur les couleurs végétales. Elle se dis* sont dans les acides, peut même cristalliser par leur intermède, surtout en faisant usage d'acide azotique ; mais elle ne forme point avec eux de véritables combinaisons *, aussi suiEt-il de laver les cristaux pour ies désacidifîer, et les carbonates alcalins, l'alcool et l'eau pure elle-même précipitent-ils Taminjélide de ses dissolutions acides.
Chauffée avec de l'hydrate de potasse , elle se convertit en cyànate de cet alcali et en ammoniaque qui se dégage.
Sa composition est,exprimée en poids par 28,5 de carbone, 49,4 d'azote, 8,5 d'hydrogène et 18,6 d'oxigène^ et en at<Hnes par la formule C*Az4i^0. (Liebig, J/^i/i, de Chim. et de Phys^y tvi, 37.)
ARTICLE III
AmygdaUne.
%^^i. Cetle substance , découverte p&r MM. Robiquet et
Boutron-Charlard {Ann, de Chim. et de Phys*^ xliv, 35a) n'a encore ^té obtenue qu'au moyen des amandes amères *, l'on des faits les plus remarquables qu'elle présente , c'est que son extraction prive ces semences ae la propriété de fournir de l'huile essentielle et de l'acide cyannydrique , lorsqu'on la distille ensuite avec de l'eau (2438).
L'amygdaline cristallise en aiguilles courtes et blanches, réunies ordinairement en groupes concentriques. EUIe est inodore, d'une saveur d*abord amère , puis sucrée, qui rappelle celle des amandes amères ; inaltérable à l'air , insoluble dans l'éther , plus soluble à chaud qu'à froid dans Palcool : aussi, par le refroidissement, s'en dépose-t-elle en partie sous forme eristalline.
Soumise à l'action de la chaleur, elle se boursoufle et se décompose , en répandant successivement l'odeur de caramel et d'aubépine.
Le chlore gazeux et sec ne parait pas l'altérer ; mais sons l'influence d'une légère humidité , il y détermine une sorte de tuméfaction , et la transforme en une masse sèche et blanehe, inodore, friable comme de la résine, insoluble dans l'eau et dans l'alcool.
Chauffée avec une dissolution de potasse caustique, l'amy^ daline laisse dégager une grande quantité de gaz ammoniac sans produire aucune trace de cyanure alcalin.
L'action de l'acide azotique sur elle , pourvu qu'elle ne soit pas trop vive , donne lieu à de l'acide benzoïque. Sous ce rap-
fort, l'amygdaline se comporte donc de la même manière que essence d'amandes amères.
Lé meilleur moyen pour l'obtenir consiste à traiter, à chaud et à plusieurs reprises , par l'alcool anhydre , les amandes amères , préalablement exprimées et épuisées par l'éther. La première décoction alcoolique laissé déposer , en se refroidissant, une petite quantité d'amygdaline cristallisée que l'on recueille. Les autres décoctions n'en donnent point. Il faut les réunir aux eaux-mères, verser le tout dans un appareil distillatoire , et l'évaporer au bain-marie jusqu'à consistance sirupeuse. Le résidu , introduit dans un vase cylindrique haut et étroit, est agité fortement avec 5 à 6 fois son volume d'éther rectifié, puis abandonné au repos jusqu'au lendemain. An bout de ce temps, la liqueur se trouve partagée en trois couches : la supérieure est une solution limpide et très fluide d'une très petite quar.tité de résine jaune dans l'éther ; l'inférieure, une solution a.queuse et sirupeuse de sucre incristallisable mole à une matière colorante jaunâtre^ celle du milieu a l'aspect d'un liquide; où l'on a mis de la craie en suspension :
CAFEINE. 891
eQe contient l'amygdaline. Après l'avoir sdparde des deux autres par décantation, on la fait <^goutter sur une toile fine, on dissout dans l'alcool bouillant la matière blanche qui se dépose sur la toile , et l'on abandonne la liqueur au refroidissement. L'amygdaline s'en pré«ûpite sous forme d'une foule de petites aiguilles blanches.
MM. Henry et Plisson ont trouvé Tamygdaline composée de 58,Si6 de carbone, 3,63 d'azote, 7,09 d'hydrogène et de 30,72 dWigène-, d'où se déduit la formule : C^^H^e^zO^ L'abondance de l'ammoniaque que laisse dégager l'amygdaline traitée par la potasse , semble y indiquer la présence d'une plus grande quantité d'azote.
' ARTICLE IV
Caféine.
^542* La caféine n'a été jusqu'ici rencontrée que dans le CBifë, Elle y fut observée pour la première fois par M. Runge,
Sisipar M. Robiqu^t. ( Dictionn. iechnoL ^ art. café^ et par ff . Pelletier et Caveniou. ( Dictionn. de Médecine , même' article.)
Elle cristallise en aiguilles blanches , soyeuses , légèrement amèrès, neutres, qui abandonnent environ 8 pour 100 d'eau , k la température de 106** , et perdent en même temps leur éclat et leur flexibilité.
Elle se fond aisément, se résout en un liquide transparent et se sublime ensuite sans laisser de résidu.
L'eau froide en dissout j^ àe son poids ^ l'eau bouillante beaucoup plus , à tel point que la liqueur se prend en masse cristalline par le refroidissement. Sa solubilité dans l'alcool anl^dre est assez faible \ elle est au contraire très prononcée ,
Siapd l'alcool est étendu de ^ ou de j de son poids d'eau. L'éer et l'essence de térébenthine en dissolvent à peine des traces. Les acides et les alcalis favorisent sa dissolution aqueuse \ mais ils ne paraissent pas se combiner avec elle , ni lui faire éprouver d'altération •- Fiaff assure même que l'acide azotique bouillant ne l'attaque pas.
Elle n'est pas précipitée par l'infusion de noix de galle , pi
Ear les sels de cuivre , ni par l'acétate de plomb neufrè ou, asique.
On se procure la caféine en traitant par l'eau bouillante à plusieurs reprises le café réduit en poudre, versant dans les liqueurs réunis de l'acétate de plomb, les filtrant ensuite, y faisant passer un courant de gaz suif hydrique pour décomposer l'excès d'acétate , les filtrant de nouveau et les concentrant par
iôî sïîkstaNcés neutres.
révaporaliou. T^ cafciue cristallise par le refiroidissemenf^ on la puriGe eu lui faisant subir une nouvelle cristallisation.
Les résultats anah ti<pies obtenus par MM, Pfaff, Liebig, Wohlcr, font voir que la caféine dessécliée est form<?e de 49,8 de carbone, a8,8 d azote, 5,i dTiydrogène et i6,3 d'oxigëie^ ce qui donne i>our sa formule atomique :
OAz^H^O ou C* Az^ff oO^ A Tctat bydraté, elle est représentée par C*Az*H*<>0*-f-HH).
C'est de toutes les matières organiques non acides dont la composition est connue , celle qui , après l'urée , renferme la plus grande quantité d'azote.
AJvTICLE Y*
Cantharidine»
a543. La cautbaridiue, principe vésicant des cantliarides^ a été isolée pour la première fobpar M. Robiquet, et depuis Iqes étudiée par MM. Gmelîn, Tnîerry, etc. (^Ann. de Chwu^ Lxxvi, 3o2, — Journ, de Pharm.y xxi, 44)* Elle est solide, blancbe, inodore , insoluble dans Teau , plus soluble à cbaud qu'à froid dans Talcool , Téther bydrique, Tessence de térér bentbine, les builes d'olives, d'auiandes douces, Faxongeen fusion^ aussi s'en sépare-t- elle par le refroidissement sous forme de petites aiguilles et sous celle de paillettes lorsque la dissolution est trop concentrée.
Appliquée à très petites doses sur la peau , elle pi^duit en
peu de temps une vive rubéfaction ec fait naître des ampoules.
Elle entre en fusion à aïo». Chauffée plus fortement , elle
se sublime en aiguilles brillantes ; une petite partie seulement
se décompose.
L'acide sulfurique concentré ne la dissout qu'à cbaud , et se colore enjaunâtre; l'addition d^eau en précipite la cantharidine sous forme de petites aiguilles. Elle n éprouve à froid aucune action de la part des acides azotique et chlorbjdrique, s'y dissout en élevant la température, et s'en sépare à l'état cristallio à mesure que la liqueur se refroidit. Elfe est insoluble dans Tammoniaque liquidé froide, mais soluble dans une solution ëtendue de potasse ou de soude caustique, d'où elle se précipite en petites aiguilles en y versant de Vacide acétique.
État nature!^ prêpanttion. — La cantharidine se tronye dans les cantharides et quelques autres insectes, tels que les mjlabres de la chicorée et le mfiabris pustulcda. Elle existe dans les cantbarides. suivant M. Robiquet , unie à une huile verte uni la colore^ et associée d'ailleurs avec deux autres matières, 1 une jaune et rautrcuoire^ et de pins avec de l'acide acétique , cleracide urique^ Au \^vos^^v^ ^^xûaçv^^^CWliL^Téçare
CYSTINE. 159S
en traitant les cantharides pulvérisées par Tctlier hydrique^ A cet effet, on place les cantharides dans un appareil :semblable à celui dans lequel M. Pelouze prépare le tannin et que Ton appelle ^/y^ar^i/ de déplacement (^. aoo4 et la des* cription des appareils ); on les tasse et l'on verse dessus peu d'etlier à-la-fois, en le renouvelant à mesure qu'il s'éeoule. Les premières onces de liqueur qui filtrent ne contiennent
Kur ainsi dire que de l'huile; on les met de côté.Mais celles que a recueille ensuite sont moins huileuses et se trouvent chargées de cantharidinie. Les lavages doivent être continués jus - ~qa*à ce que la solution passe presque incolore. Alors on soumet toutes les liqueurs réunies, sauf les premières, à la distillation pour en retirer l'éther •, on les concentre convenablement , et on les laisse refroidir; la cantharidine cristallise encore im-
S^régnée d'une petite cpiantité d'huile: pour l'en priver, il ne aut plus que la presser entre plusieurs doubles de papier Joseph, et la redissoudre dans l'alcool bouillant, d'où elle se dépose bien cristallisée et très blanche, {Joum.de Pharm» xiv ,
07 '- — XÎI, I24-)
Composition. — MM. Plisson et Henry ont trouvé la cantharidine formée de 68,56 de carbone , 9,89 d'azote , 8 4^ d'hy-^ drogène et i3,i5 d'oxigène. {Journ. de Pharm.^ xxi, 44»)
ARTICLE VI
Cystine»
!i544* La cystine, substance découverte par Wollaston, et appelée d'abord par lui oxide cystique^ ne s'est encore tron- ▼ee que dans la vessie humaine ; elle y forme des calculs dus à l'agglommération de cristaux confus , demi transparens , jaunâtres, insipides, qui ont quelque analogie, pour Taspect, avec ceux de phosphate ammoniaco- magnésien ; elle est sans action sur les couleurs végétales. Distillée à feu nu , elle donne des produits ammoniacaux, etc. , et un charbon spongieux. Projetée sur des charbons incandescens , ou chauffée au.'chalu- . meau , elle se boursouQe , se décompose , se charbonne et exliale des vapeurs dont l'odeur alliacée , fétide, persistante, et toute particulière, permet de reconnaître la cystineen opérant sur des quantités de matière à peine perceptibles,
La cystine est insoluble dans l'eau, l'alcool, les acides tartrique, citrique et acétique, ainsi que dans le bi-carbonate d'ammoniaque ; mais elle se dissout très bien dans les acides azotique, sulfurique, phosphorique y oxalique, et surtout dans l'acide chlorhydrique.
La potasse, la soude» l'ammoniaque^ la chaux^ et même les
V^.Suàèmeéditien. ^^
bî-K38Ûrbonates de potasse et de soude , la dissolrent aum tm feeîlement*
n. est évident) diaprés cela, quW P^^^ ^ précipiter de m disèohitiôns acides par le carbonate aammoniacpie, et de ses dissolutions alcaline^ par les acides citrique et acétique*
Les diverses combinaisons de la cystine avec les acides cris* tallisent en aiguilles divergentes; il parait qu'elles sont toutes solubles dansTeàu; une chaleur de 1 00° volatilise l'acide dv eblorhydrate.
Les combinaisons de la cystine avec les alcalis cristallisent aussi ; mais l'auteur n'ayant eu à sa disposition qu'une très petite quantité de matière, n'a pu déterminer la forme des cristaux.
Enfin l'acide acétique, versé dans une dissolution chaude et alcaline de cette substance , a donné lieu à un précipité cristallin ^ qui s'est formé par degré, à mesure que le refroidissement de la liqueur s'est opéré. Les cristaux obtenus étaient des hexagones aplatis.
La cystine a été analysée par Prout et par M. Lassaigne. Les résultats qu'ils ont obtenus laissent à petiser qu'ils n'ont point opâré sur la même matière ; les voici :
• Prôut. Lassaigne.
Carbone 29,88 36,2
Azote 1 1,85 36,0
Oxigène 53,15 1 7,0
Prout ai déduit de son analyse la formule OAzH^O*. Ceux qui voudront connaître tout ce qui a été fait sur la cystine, de^ vront consulter les jénn. de Chim.^ lxxvi, 2 i ; les Ann, de Chim* et de Phys* xxiii, 238 et xxvii, 221 5 le Journ. de Pharm. vu,
A&TlCIiE VII.
Glycyrrhizine.
2545. La glycyrrbizine est la matière sucrée de la racine de la réglisse {gbycrrrhiza giabrà) : elle n'a pas été retrouvée ailleurs , si ce n'est peut-être dans Vabrus precatorius ^ arbrisseai très répandu dans les Antilles, et dans les feuilles duquel elle paraît exister.
La glycyrrhizine est incristallisable. Réduite en poudre, elle ressemble à du succin pulvérisé, et a la saveur sucrée de la réglisse elle-même.
Elle est soluble dans l'eau et dans l'alcool.
Chauffée à l'air libre , elle se boursoufle comme du borax , et prend feu*, sa ^oudr^ ^ ^tée dans la flamme d'une bougie ,
FA&A*MÉNISPERMINE. S§B
lurûle avec autant de facilité que celle du Ijcopodium ^ et pro* dttit une lumière plus blanche.
• La glycyrrhizine est susceptible de se combiner avec les acides , les bases et les sels. Les composés qu'elle forme avec les acides sont en général peu solubles dans l'eau, et m:éme près*
Îue insolubles quand l'eau est acidulée : le sulfate »e dépose 'abcnrd sous forme d'un léger nuage , et se rassemble ensuite en une masse cohérente qui, pétrie dans l'eau tiède, devient gluante comme une résine demi fondue ; bien lavé , il a une saveur sucrée qui n'a rien d'acide ; il se dissout dans l'alcool et dam l'eau cnaude ; sa solution dans l'eau bouillante saturée se prend en une gelée tremblante par le refroidissement. L'a-^ cétate est plus soluble que le sulfate , et comme lui d'une saveur sucrée : il ne s'obtient pas non plus sous forme cristalline. I/infusion de noix de galle n'occasionne aucun précipité dans la solution de glycyrrhizine.
L'affinité de cette substance pour les bases est assez forte
S our expulser l'acide carbonique des carbonates alcalins, même e ceux de baryte et de chaux, par une digestion prolongée. Les composés qui en résultent se dissolvent facilement d'ans l'eau, moins facilement dans Talcool ; ils ne cristallisent point.
Versée goutte à goutte dans un excès de sous-acétate de plomb, elle en précipite l'oxide.
Ce n'est point ainsi qu'elle agit sur les solutions de sulfate de fer peroxidé , de proto-chlorure d'étain , d'azotate de cuivre, d'acétate de plomb neutre : elle y occasionne des dépôts plus ou moins considérables, mais qui sont foriiiés de glycyr^rfeiizine unie à ces sels.
Elle n'a point été analysée.
Pour l'obtenir , il faut traiter la racine de réglisse par l'eaù bouillante, concentrer la Kqueur à une douce chaleur, y verset de l'acide sulfurique, et recueillir le précipité blanc que forme celui-ci : il est composé d'albumine végétale coagulée et de glycyrrhizine unie à l'acide employé; on le lave d'abord avec de l'eau chargée d'une petite quantité d'acide sulfurique, puis avec de l'eau pure ; on le traite ensuite par l'alcool qui laisse l'alhumine indissoute , et l'on ajoute du carbonate de potasse goutte à goutte dans la liqueur, jusqu'à ce qu'elle ne soit pltls sensiblement acide. En la filtrant et la faisant évaporer, la glycyrrhizine reste pure , sous forme d'une masse translucide , jaune , fendillée , facile à détacher du vase.
ARTICLE VIII
Parar-ménispermine, 2546. La pura-ménispermiiie accompagne la ménisçermiae.
5A6 8imSTA29CBS NEtHlU».
retvouYent ensemble après la vaporisation de Paloool, mêlées à diverses autres matières dont on les sëpare en grande partie^en lavant à Teau bouillante le résidu de la solution évaporée, faisant agir sur ce résidu Tacide acétique qui opère en même temps la dissolution de la ménispermine et de la para-ménispermine, et les précipitant par l'addition d'ammoniaque. Il faut alors les redissoudre dans Talcool, abandonner la liqueur à révajporation spontanée, puis verser sur le produit solide^ d'alxMru de Taicoid Iroid qui enlève une substance d'apparence résihense, et ensuite de Vétner également froid qui dissout la ménîspermine: la matière qui reste est la para-ménispermine } on Tdbtieat cristallisée en la dissolvant de nouveau dans ralcool anhydre et bouillant , filtrant la liqueur et la laissant refroidir ; fa liqueur-mère en donne une nouvelle quantité par une évaporation ménagée.
La para-ménispermine est blanche, inodore, cristallisable en prismes à base rhomboïdale, incolores et groupés le plus souvent en petites masses rayonnées imitant des étoiles. Elle est insoluble dans l'eau, presque insoluble dans l'éther hydrique. L'alcool absolu est son véritable dissolvant ; elle y est plnssoluble à chaud qu'à froid. Elle se dissout aussi dans les acides étendus, mais sans les saturer ni diminuer leur force, sans former de combinaisons solides : seulement les acides très énergiques en opèrent la décomposition à l'aide de la chalear.
La para-ménispermine entre en fusion vers la température de aSo** , et bientôt après en ébuUition. Quand on opère dans un verre de montre, au-dessus d une lampe àesprit-de-vin, à peine a-t-on commencé à la fondre que déjà elle se volatilise en fumée blanche ; en retirant le verre de dessus la ilanune , l'on voit cette fumée >;etomber sous forme de neige , et le globule de matière fondue s'envelopper d'une croûte cristalline et brillante ; une chaleur brusque la décompose.
MM. Pelletier et Couerbe attribuent à la para-ménispermine la même composition qu'à la ménispermine , et lui assignent pour formule atomique C^^AzWKJ.
AETIGLE IX.
Pipérine on piper in,
a 547* Cette substance , qui cristallise en prismes à quatre pans , terminés par une face inclinée , est sans couleur , à peine sapide , fusible à 100**, insoluble dlans l'eau à la température
MÀllÈRES AZOTÉES , PHOSPHORÉBS OU SULFURÉES. 597
ordinaire, presque insoluble dans l'eau bouillante. L'acide aoéd<]ae en opère facilemelit la dissolution. L'ëtker la dissout bien aussi, mais seulement à chaud ^ à froid, il n'en dissout que Tf;. Son meilleur dissolvant est Talcool, d'où elle sedépose, toutefois en partie , sous forme de cristaux, par le refroidissement. L'eau trouble tout-à-coup les liqueurs aeétiqoe et alcoolique qui en sont saturées.
Chauffée convenablement , elle se décompose et donne tons les produits ordinaires des matières végétales non asotées, phii une petite quantité de sels ammoniacaux.
Entendus d'eau, les acides sulfnrique, azotique, chlodhy* drique , sont sans action sur elle ^ concentrés , ils l'attaquent et l'altèrent. L'acide sulfurique lui fait prendre une couleur rouge de sang^ l'acide chlorhydrique une couleur jaunie verditre , puis orangée et enfin rouge.
Pour se procurer la pipérine , U faut d'abord traiter le poivre en poudre par l'alcool , à plusieurs reprises. Evaporant ensuite les dissolutions alcooliques, elles fournissent une matière grasse ou résineuse qu'on soumet à l'action de l'eau bouillante. Lorsque l'eau que l'on décante et que l'on remplace par d'an^ tre ne se colore plus , on redissout le résidu dans l'alcool , et il en résulte une liqueur qui , abandonnée à elle-même pendant plusieurs jours , donne lieu à beaucoup de cristaux de pipérine. Comme dans cet état elle est un peu colorée , on la purifie par de nouvelles dissolutions et cristallisations. M. Pontet conseille de traiter par une solution de potasse l'extrait alcoolique^ cet alcali en s'emparant de la matière grasse abrège beaucoup l'opération. {Journ. de Chim. méd.^ i, i35.)
La pipérine a été analysée par MM. Pelletier et {Ann. de Chim. et de Ph/s.^ li, 199 et 44^)* Voici les râiultattf de leurs expériences :
Pellttier. Liebig.
Carbooe 70,41 70,8
Azote. 4,5 1 4,4
Hydrogène 6,80 6,7
Oxigène 18,38 18,1
La formule qui paraît s'accorder le mieux avec ces résultats, est C^^Az^H^^O^. Néanmoins le premier de ces chimistes attribue à la pipérine la formule C^^ÂxH^H>, et le deuxième
iy« GROUPE.
Matières neutres azotées qui sont en même temps phasphorées
ou sulfurées*
a548. Il existe un certain nomlbre de maU^e^cydcQivtîpr
!tM StlBSTANCKS HKUTin.
lient de l'âBote et qui renferment en même temps dm phospbere et du soofre , eu seulement Fun des deux. Ce sont a'oiie part 9 quelques matières grasses cm'on trouve dans le eervean, la moelle ëpiniëre^ la moeUe alkmgëe, les nerfr^ et sdoQ tente aj^renoe aussi dans la laitance de la carpe, et d'autre part Tmiile essentielle de moutarde. Peut-être poorrait-on y joindre Tessence d'assa-faetida ; il parait toutefois qae ceDe-d n*«8t que sulfurée sans être azotée (%4^q).
. On Ignore comment les élémens sont combinés entieeui dans ces sortes de matières, et si le phospliore, le aoofi» y soûl au même état de combinaison que Pbydrogteey le cuMOe, ete»4 dans les substances organiques*
La découverte du pbosphoie a d'abord été faite dans b laitance de la carpe , par Fourcroy et Vauquelin en 1867 (jinn. de Chim. lxit, 5;; Yauquelin l'a ensuite retrouré dtai lé eeiv^eau « la moelle épinière , la moelle allongée , les neife \éMU éB Ckîm.^ Lxxxi , 37). Plusieurs autres chimistes ont &it
epuis des redierches à ce sujet; savoir : MIL John, Gnelin, Knbn et VL Coucrbe. Celles de M. Gouetbe «ont les uhi récentes; il en sera question d'une maniète ^éciale dansrirbde
AmTICLI I.
Matières grasses du cen^eau y de la moelle allongée , efc.
aS49» Suivant Yauquelin, le cerveau, la moeUe allongée , la moelle épinière^ les nefs, ne différent dans leur compositioB que par la proportion des matières qui s'y rencontrent : tout ces organes renferment des substances pho^pbcH'ées.M. Coueibe en admet dans le cerveau jusqu*à quatre , qu'il regarde come crasses ( 1 ), et quil propose de aésigner par là novns de ccsrvïroa?, stèaroconole ^ cêpkalote^ èlêencephole ( jiniu de Chim, et de Phys.^ LVi, 164 ) : nous allons les faiire connaître en nous occui>ant successivement de leur préparation génàrale et des caractères qui les distinguent.
aSSo* Preparaiioiu — Le cenreau , s^pès avoir éle préalabkmeut d^ottillé de son envelo]^ memnraneuse et lavé à Tesa &oidet pour en séparer autant que possible le sang dont il est iniprt^no ^ o$t malaxé et mis en macération dans Téther froid, dont ou rtntère Taction 3 ou 4 (ois. Quoique insolubles dans réthcT pur, la ct'nbrote et la strarocoDOte passent elles-mêmes ea dàSsoUàtiou, du moins en partie , à la ûiveur des autres ma-
riâNtblaeM <hU diKR te e(«v^ 9^