MATIÈRES COLORANTES
rose. La purpurine et la matière colorante rose sont identiqaes. L'alizarine et la matière colorante rouge, offrent quelcp,es différences, n est vrai que les auteurs n'ont publié qu'une partie de leurs résultats, et qu'ils ont cru devoir se réserver le secret de quelques autres pour en faire des applications en
grand.
Indépendamment de ces deux matières colorantes, la garance en contient une troisième qui est jaune et que M. KuUmann appelle j:a/ï^A//ie (/ourw. depharm, xiv, 3 33)^ elle renferme de plus, suivant le même chimiste, du ligneux, un aeide végétal, une matière végéto-animale, de la gomme, da sucre , une substance amère , [de la résine , des sels. (^Atul de CtUm. et de Phjrs. xxiv, aaS.)
aSyi. Alizarine. — Cette substance s'obtient en mêlantpeoà-peu, à la température ordinaire, la garance en poudre fine avec les deux tiers de son poids ou un poids égal au sien d'adde sulfurique concentré, et abandonnant le mélange à lui-même pendant quelques jours : on cbarbonne ainsi les matières étrangères à l'alizarine. Ensuite on lave la masse pour en extraire l'acide^ on sèche le résidu, et on le traite d'abord par l'alcool froid qui en sépare un peu de matière grasse, puis, a plusieurs reprises, par de l'alcool bouillant qui dissout l'alizarine; après quoi on étend la dissolution alcoolique d'eau, on la distille pour en retirer l'alcool et on filtre la liqueur restante : l'alizarine reste sur le filtre. L'on peut encore extraire par la chaleur, l'alizarine de la masse charbonneuse lavée à l'eau et à l'alcool froid; il su£5it de la dessécher et de l'exposer dans une cornue à la température d'environ aSo degrés : l'alizarine se sublime et vient se déposer en longues et belles aiguillt^s brillantes qui s'entrelacent et oflfrent la couleur rouge du plomb chrômaté natif.
L'alizarine, obtenue comme il vient d'être dit, est inodore, insipide, neutre aux papiers réactifs, susceptible de se sublimer à une douce chaleur sans laisser de résidu, peu soluble dans l'eau bouillante, moins soluble encore dans l'eau froide, soluble en toutes proportions dans l'alcool et l'éther. La solution aqueuse est d'un rose pur; la solution éthérée d'un beau jaune d'or. La présence d'un acide dans l'eau ou même du carbonate de chaux nuit à la solubilité de l'alizarine.
Projetée dans une eau légèrement ammoniacale, elle s'y dissout instantanément, et si elle est pure, développe une couleur pensée des plus riches et des plus belles; Faction de la potasse et de la soude en liqueur est la même que celle de l'anmioniaque, mais moins prompte. Les carbonates alcalins dissolvent aussi Talizarine et prennent une couleur violette. Les
MATIÈRE COLORANTE OUGE. 623
acides étendus ne] peuvent en opërer la dissolution 5 l'acide sulfurique concentré l'opère au contraire assez facilement, il devient rouge de sang, et Peau en précipite la substance colorante^ l'acide azotique concentré l'altère; l'iode ne l'attaque point; le chlore ne 1 attaque lui-même qu'avec peine.
Enfin l'alizarine s'unit facilement aux tissus mordancés, et donne tous les tons que l'on obtient avec la garance eUemème ; ils sont plus beaux et d'une telle fixité que la couleur résiste parfaitement au savon bouillant. Pour réussir, il faut seulement satisfaire à quelques conditions, savoir : que le bain soit bouillant, que l'eau soit pure et ne contienne surtout ni acide, ni carbonate de chaux; il faut même, lorsque l'alizarine est enveloppée d'une matière grasse, ce qui arrive quelquefois, la délayer dans un peu d'alcool avant de la projeter dans le bain. Une petite quantité de matière suffit alors pour teindre le tissu qu'on plonge dans la liqueur. (^«/7. de Chim. et de Phys. xxxiv, àa5; L, i63; lvii, 70.)
2572. Matière colorante rouge de MM. GauUier-Clauhry et Persoz. — Les acides étendus n'enlevant aucune quantité de matière colorante rouge ou rose à la garance, MM. Gaultier- Claubry et Persoz ont mis cette propriété à profit pour isoler ces deux substances colorantes.
I® Ils délaient la garance en poudre dans une assez grande quantité d'eau pour former une bouillie très claire, ajoutent à la liqueur go grammes d'acide sulfurique pour chaque kilogramme de garance, font arriver de la vapeur à travers le bain, le portent à l'ébullition, transforment ainsi en sucre la grande quantité de gomme que contient la substance tinctoriale et lavent ensuite toute la masse avec facilité; ce qu'il est difficile et presque impossible de faire, lorsque la gomme fait partie de la poudre.
2^ La garance ainsi traitée est mise en contact à chaud, à deux reprises, avec une dissolution de carbonate de soude, et soumise à des lavages successifs jusqu'à ce que l'eau passe incolore. Toutes les liqueurs colorées sont réunies et neutralisées par un acide qui les décompose et y produit un précipité rouge-marron. Ce précipité étant bien lavé, on le dissout dansTalcool et on en retire lamatière colorante rouge enle soumettant à la distillation.
y Lorsque la garance a été épuisée par le carbonate de soude et qu'elle a été bien lavée, comme on vient de le dire, elle est susceptible de donner à la dissolution d'ahm une belle couleur rouge cerise dans l'espace de quelques heures, surtout à chaud. Si alors l'on verse un petit excès d'acide sulfurique ou d'acide chlorhydrique concentré dans la liqueur, il se forme un précipité d'un beau rouge légèrement orangé, et si après
eu MATlèltBS COLORANTES.
avoir recoeilli ce précipité sur un filtre et l'avoir lavé, cm lé traite par l'alcool, il en résulte une dissolution qui, distiDée, laisse déposer la matière colorante rose.
La matière colorante rouge est à peine soluble dans Veau froide, -sensiblement plus soluble dans l'eau cbaude, très soluble dans Talcool et surtout dans l'étber hydrique, d'où Ton peut la retirer sous forme d'aiguilles cristallines par une douce evaporation; soluble dans la potasse, la soude, l'ammoniaque, les carbonates alcalins, le proto-chlorure d'étain à chaud, le sulfhydrate d'ammoniaque, l'acide sulfurique concentré, insoluble au contraire dans l'acide sulfurique et en général dans tous les acides étendus d'eau, dans une dissolution d'alun, décomposable par Tacide azotique à chaud.
Le chlore ne l'altère qu'avec difficulté.
Chauffée dans un tube à la flamme delà lampe à alcool, elle se décompose en donnant des traces d'alizarine , du goudron, etc. , et un charbon volumineux.
Unie aux tissus mordancés avec un sel d'alumine, elle leur donne une couleur d'un rouge de brique sans éclat, mais très solide. {^Ann. de Chim. etde Phys^^ xlviii, 69.)
Il suit de là que la matière colorante rouge de MM. Gaultier-Claubry et Persoz, se rapproche beaucoup de l'alizarine de MM. Robiquet et Colin j elle n'en diffère essentiellement que par la nuance qui lui est propre, les tons moins beaux qu'elle donne aux tissus, et par la propriété qu'elle a de se décomposer par la chaleur; mais peut-être que si, au lieu de la chauffer à la lampe, on l'exposait à une douce chaleur, elle fournirait beaucoup plus d'alizarine; alors elle pourrait être regardée comme de 1 alizarîne impure. Je suis porté à croire qu'elle retient de la xanthine. -^
aSyS. Purpurine ou matière colorante rose. — Cette matière se distingue , parce qu'elle est soluble dans une dissolution d'alun, insoluble dans le carbonate de soude, dans le protochlorure d'étain, soluble au contraire en toutes proportions dans ce chlorure par l'addition de quelques gouttes de potasse; elle se distingue encore parce qu'elle est assez facilement altérable par le chlore, et décomposable à froid par l'acide azotique concentré; que les teintes qu'elle communique aux tissus, tirent sur le purpurin ou le rose et sont plus brillantes, mais moins solides que celles de l'alizarine ou de la matière colorante rouge.
D'ailleurs l'eau n'en dissout qu'une très petite quantité, tandis guel'alcooljsurlout à chaud,et l'étber à froid commeàchaud, la dissolvent très bien : les dissolutions alcooliques ht éthérées sont toutes deux d'\mTo\iÇj<& cexÂse btUWnt-^ elles donnent par
l'évaporation spontanée des crîstaip: en aiguilles de 4 i S lignes de longueur.
AKTIGLB III.
Orcine^ érythnne.
2574* **" ^- Robiquet a donne le nom à^orcine, à une matière particulière qu'il a retirée du vanolaria dealbata de Dec. fl. fr.^ lichen dealbatus achariuSy l'une des plantes avec lesquelles on prépare l'orseille dite orseille de terre j et M. Heeren, celui dVrYtàrme, aune matière plus ou moins semblable qu'il a extraite, au lichen roccella^ lequel fournit l'orseille appelée orseille des iles. L'orcine et l'érythrine ne sont point colorées par elles-, mêmes, mais elles le deviennent et prennent une teinte d'un beau rouge yiolet, sous Tinfluence deTair et de l'ammoniaque; elles constituent ainsi la matière colorante des diverses sortes d'orseille : de là la cause pour laquelle nous les plaçons ici.
2875. Orcine. — Pour obtenir Porcine, M. Robiquet traite à plusieurs reprises le licben par Talcool bouillant, filtre la dissolution qui, par le refroidissement, laisse déposer des flocons cristallins et blancs d'une matière résineuse, la distille et lui donne la consistance d'extrait. Il broie ensuite cet extrait dans un mortier avec de l'eau qu'il renouvelle jusqu'à ce qu'elle sorte sans saveur, réduit par la. concentration la liqueur en sirop et l'abandonnip à elle-même dans un lieu frais; par ce moyen, elle laisse déposer enquelques joursdelongues aiguilles racUaires d'om/z^, qaonne parvient à débarrasser de l'eau-mère cpii les salit qu'en les soumettant à une forte pression, les dissolvant dans l'eau, les décolorant par le cbarbon animal, et les fiiisant cristalliser de nouveau : on les obtient alors en longs prismes d'un blanc jaunâtre et opaque. Lorsqu'on veut les avoir toul- à-fait sans couleur, il n'est qu'un moyen : c'est de précipiter leur solution aqueuse par le sous-acétate de plomb, de mettre le dépôt bien lavé en suspension dans l'eau, d'y faire
Sasser un courant de gaz sulfhydrique, de filtrer la nouvelle queur et de la concentrer convenablement; l'orcine, dans ce cas , affecte la forme de prismes quadrilatères, aplatis, < terminés par deux facettes, et tout-à-fait incolores.
Indépendamment des propriétés que nous venons de faire tfnnnaître en décrivant sa préparation, l'orcine en a d'autres vjiès importantes et qui sont caractéristiques : elle est sans ac-^ Jf von sur les couleurs du tournesol et de la yiolette; sa saveur F|!Bt.9ucrée et un peu nauséabonde; cbauffée dans une cornue, i^Ue se fond bientôt en un liquide transparent, bout, se vapoiîse sans altération iet ce condensa d^ns le col dû vase en une,
IT. Sixième édition. ^
^ 616 MBSTANCBS llECinE6.
Chim. hoaàj 1 13, et lxziii, 36>. M. Hatchett le ragaide analogae au tannin naturel; M. Chevreol, eooame vattsmewà d'une substance charbonnée et hTdrogénée avec Paiâde eont on se sert pour le produire. M. Cnerrénl admet d'ailleurs ^ sieurs variétés de tannin; il reconnaît que non-seulement la snbsùinces tannantes artifirîelles ne peuvent être aannûléem tannin de la noix de galle, mais qu un grand ^nombre de os substances différent entre elles suivant Tespèce d'acide et Fo- • pèce de matière végétale avec lesquelles on les a préparéei,(l mêmesûivant la quantité ^acide qui est entrée en comniilsiinSi L'opinion de M. Hatchett ne peut plus être soutenue d'hui; celle de M. Chevreul est vraisemblable. . ' L^otf à vu précédemment eomment cm pouvait se pcoenr le tMinin qui provient de l'action deTacide asatiquesiirk résines (2449)9 ^^^^ <^lle de l'acide snlfurigne sur 1^ tUm etsur le Gàmpnre (a4499 M35}- Nous allais décrive
la' -préparation du tannin qui se produit , da^a la réactiaii Paade azotique sur le charbon a'une paxt, et sur l'indigoi l'autre.
Tannin fait avec le charbon ci Pacide azotique. — Ihita dans un matras une partie de cbarbon de terre ou de \à\ réduit en poudre fine, et S 1 6 parties d'acide azotique Aa pesanteur spécifique de 1,49 étendu de deux fois sonpeifc d'eau; faites chauffer le mélange : bientôt il se produinnB vive effervescence due principalement au d^agement du Koxide d'azote. Après deux jours de digestion, ajoutez unenoi' veile quantité d'acide, et laissez digérer jusqu'à ce que le chtf' bon soit dissous; alors évaporez peu-à-peu la liqueur jnapll siccité, et vous obtiendrez un peu pliû d'une partie èfm masse brune : c'est le tannin artificiel.
n est astringent, acide, soluble dans l'eau et l'alcool, inaltérable par l'acide azotique. Soumis à la distillation, il se \xm soufle, se décompose, donne du bi-oxide d'azote en ass0 grande quantité et un charbon volumineux. Sa solution aqnenie est troublée tout-à-coup par celle de gélatine et celle d albamine : elle l'est également par la plupart des dissolutions n^ talliques; le précipité formé par la gélatine estabondant, brOB et insoluble dans l'eau bouillante.
Tannin fait avec tindiso et taàide azôtigme. «^ D^à il a ai question de cette sorte de tannin (aiS7);*inai8 nous defoni ajouter à ce que nous avons dit de sa préparation, les obsovations de M. Buff. Suivant ce chimiste, il faut faire chaufe I partie d'indigo en poudre fine avec a parties d'acide azoâ^ concentré, étendu de i5 à ao parties ueau, filtrer la liquenr» et laver le résidu à l'eau bouillante pour en séparer Facme is*
CARMINE. 6â9
lotion. Si l'on évapore cette dissolution , il s'y forme des cristaux d'hématiue : en y ajoutant peu-à-peu de Facide, elle passe au jaune , puis au iH)uge« L'action de l'acide sulfureux est différente : il donne d'-abord une teinte jaune à la dissolution 9 et finit par détruire le principe colorant si le contact est prolongé.
La potasse et l'ammoniaque font prendre une couleur d*un ronge pourpre à la dissolution d'hématine ; si l'on ajoute un grand exoès de ces alcalis, elle devient d'un bleu violet , puis dHin rouge brun, et enfin d'un jaune brun: dans cet état, 1 hématine est décomposée^ on ne peut la faire reparaître par les aeides. Les eaux de baryte, de strontiane et de cbaux ont la même action sur cette substance : seulement elles finissent par la précipiter de sa dissolution.
Si l'on fait passer un courant de gaz sulfhydrique dans de l'eau chargée d'hématine, elle prend une couleur jaune qui se détruit dans l'espace de quelques jours. Le gaz sulfhydrique parait agir en se combinant avec i'hématine , et non en la désoxigénant : e^est ce qu'il est facile de vérifier en introduisant dans une petite cloche rempKe de mercure une certaine quantité de là dissolution décolorée, et en y portant ensuite nn morceau de potasse pure : celle-ci se fond , s'empare' de l'acide sulfhydrique, et la couleiu: reparaît aussitôt. '
hydral
de bismuth, s'unissent à I'hématine et la colorent en un bleu plus ou moins violet. Le bi-o:|ide;d'étain agit sur eUe à la manière des acides minéraux. Elle précipite la colle forte de sa dissolution^ sous forme de flocons roùgeatres.
L'hématine n'est pas employée à l'état de pureté; mais comme oUe existe dans le bois de campèche, elle entre dans toutes les couleurs que l'on prépare avec ce bois. Ces couleurs sont principalement le violet et le noir. M. Chevreul la propose conmie un très bon réactif pour, découvrir la présence des acides. ( Voyez son Mémoire^ Annales de Chimie^ t. lxxxi, p« 128.)
ABTIGLB V.
Carminé.
aSSo. On connaît sous ce nom la matière colorante de la cochenille et du carmin. Ce sont MM. Pelletier et Caventov qui aont pagrvenus les premiers à l'isoler. Nous ei» tracerons
618 MAftÈECS GOLOB.ANTES.
décomposition partielle, trouvée par MM. Chevallier etG.PelIetan dans Técorce dnZant/ioxiliim des Caraïbes. ^Ann. deChim, et de Phys.^ xxxiv, aoo.)
Zimome. — (\oyez gluten. a538.)
CLASSE IV
Matières colorâmes.
r'.564» Les matières colorantes sont très multipliées : on les trouve dans toutes les parties des plantes, tantôt dans les racines, tantôt dans les tiges, tantôt dans les graines , etc. D en existe de toutes les nuances^ les plus communes sont les rouges, les jaunes et les vertes.
La nature ne nous offre jamais les matières colorantes que combinées ou mêlées les unes avec ]es autres, et souvent même avec plusieurs des matériaux immédiats des végétaux. Par exc*mple , celles qui sont jaunes accompagnent presque constumment celles qui sont rouges. Voilà ce qui rend la préparation de ces matières si difllciles. Toutefois, Ton est déjàpar- \ eiiu à en isoler un assez grand nombre^ elles possèdent des pro- ])riétés générales que nous allons exposer d^sîbord.
a565. Toutes les matières coloran es semblent être solides , insipides etinodores. Exposées peu-à-peu à Faction du feu, beaucoup dVntre elles se décomposent et se volatilisent en partie; Ifs il iitivs éprouvent une décomposition complète et donnent les produits ordinaires des matières o ganiques. Toutes s'altèrent vl sv ternissent avci* le temps par le contact de Pair humide et «It's riiyonssolairi's; (juelques-unes même perdent entièrement Irur teinte: tel est surtout la carthamine. On produit en elles de send>lables altérations en substituant aux rayons solaires uiu' température de i5oà 200°^ altérations faciles à constater au moyen d'un tube dont les extrémités sont droites et le milieu courbé en arc. Après avoir introduit un peu de matière (^lorante dans la partie arquée , on fait plonger cette partie dans un mortier de fer rempli de mercure. Le tube étant solidement fixé, on le fait communiquer d'une part avec une cornue tubult'e qui contient un peu d'eau et dont la tubulure reçoit un tube droit qui plonge au fond de ce liquide , et d'autre part avec le haut d'un petit tonneau qui est plein d'eau et qui porté un robinet près de son fond : alors on élève le mercure à la teoipérature de i Sa à 200^^ on ouvre le robinet convenablement, l'eau s'écoule et détermine un courant d'air, suture de vapeur. L( s résultats ne sont sensibles quau bout de quelques heures ( MM. Gay-Lussac et Thenard , Recherches jj/iysicO'chimiquts^ t» u ). SvVairavecle temps agit sur les
MATIÈRES COLORANTES. BÙ
cotàewtSj'^Domme nous venons de le dire, il arrive quelquefois qu'il les avive ou qu'il les développe d'abord , en leur cédant une certaine quantité d'oxigëne. Nous pouvons citer comme
f)reuve Vindigogène, qui, de blanc jaunâtre, passe au bleu; 'orcine qui sous l'influence des alcalis , devient d'un beau rouge violet ; la teinture de tournesol qui, après s'être décolorée en quelques mois dans des vaisseaux fermés, reprend sa teinte au contact de l'air ; la pulpe récente de betteraves , de pommes de terre, le péricarpe de la noix, le suc des articbauts, le suc des tiges et des feuilles de la fève de marais, qui brunissent en quelques minutes, etc. , etc. On peut consulter à ce sujet les expériences publiées par M. Kunlmann dans les ^rm. de Chim. et de Phys.^ liv, 291.; elles ajoutent beaucoup aux faits anciennement connus*
a 56*6. La plupart des matières colorantes sont solubles dans l'eau \ quelques - unes seulement le sont dans l'alcocd, les builes, l'étber. Ces dissolvans prennent toujours la teinte des matières dissoutes : ainsi Peau est colorée en jaune par la gaude, en rouge par le bois de Brésil. Mais il en eit'tout autrement lorsque le dissolvant est un acide ou un alicali , même très étenau : alors, à moins que la matière coloraiite ne soit très solide , c'est-à-dire peu laltérable, elle éprouvé d^ns sa teinte différens cbangemens d'autant plus manifeste;) que l'acide ou l'alcali est plus puissant.
Ces divers cbangemens sont dus en général à de véritables combinaisons entre les matières colorantes , les acides ou les alcalis; car l'on peut faire reparaître par un alcali les couleurs altérées par les acidies, et par un acide les couleurs altérées par les alcalis. Est-il besoin de faire remarquer que si l'acide ou l'alcali que l'on a primitivement uni à la matière colorante était très concentré, celle-ci pourrait être altérée dans sa 00mposition intime ?
2566 bis. Le ebloré détruit toutes les matières colorantes , même à la température ordinaire, et les transforme en un jaune d'une nature particulière. Le tournesol, qui est l'une des plus fugaces, et l'indigo , qui est au contraire l'une des plus solides, peuvent servir d'exemple : lorsqu'on verse une dissolution de chlore sur l'une ou l'autre de ces couleurs , elle passe sur-lechamp au jaune fauve. (Voyez-en la cause, ipaS»;
2967. Presque tous les oxides et les sous-sels insolubles ont la propriété d'enlçver les matières colorantes à l'eau, et de forme;ç avec elle^ des cppiposés qui sont .eux-^êmes ipso^ubles^ Cfest à ces composés cpi'on donne le nom de laques m On les obtient ordinairement en dissolvant la matière colorante dans l'eau, y versant une dissolution d'alun , et ojyLel<çv<efeÀSà^\:îc-.
659 BUTIÈaES GOIXMLANTES.
odeur, d'un bleu pourpre, et susceptible de czistalUsatioiiet aiguilles.
a58a bis. Soumis à l'action du feu dans une oomue, il serfpare en deux parties , à une température que M. Crum a érahée à 290® : l'une se volatilise sous tonne de Tapeurs violettesqnise condensent dans le col du vase, tandis que l'autre est décomposée et donne tous les produits des substancsea ^imales. Eak chauffant a l'air libre, on en vaporise beaucoup plus qu'en nses dos, pourvu toutefois que la température ne soit pas trèi élevée : en effet, si elle était portée jusqu'au rouge, l'indUgoie gonflerait, s'enflammerait, brûlerait avec une flamme blamjie, et se transformerait en un charbon volumineux qui finirait loi* même par se brûler.
a583. L'indigo est inaltérable à Tair, insoluble dans l'eavet dans l'éther , mais sensiblement soluble dans lalcool bodllant qu'il colore en bleu, et dont il se précipite complètement par le refroidissement.
a583 bis. Le chlore le détruit presque tout -à-coup, sous Pisfluenoe de l'humidité. L'iode ne le décompose qirà IVidede la chaleur.
a 584* Lorsqu'on met en contact une partie d'indigo ci poudre avec Q à 10 parties d'acide sulfurique concentré, ilie dissout dans Tespace de quelcpes heures, surtout à une tem- ))ératurede3oà 4o*. La dissolution est toujours d'un beaublei. Après avoir été étendu de la moitié de son poids d'eau, IV ridc sulfurique ne possède plus la propriété de dissoudre l'in^ ili^o. I /acide fumant le dissout, au contraire, plus facilement quo Tacide ordinaire; 6 parties d'acide suffisent alors à la dis- «ohition tle 1 partie d'indigo. Enfin l'acide sulfurique anbydr«' «lont on fait condenser la vapeur au milieu du Uen il'u\di^o y donne lieu , selon M. Dobereiner, à une liqueur «Vxin (vurpre magnifique, qui se prend par le refroidissement en uur uiASse rouge-cramoisi, susceptible de se dissoudre entièirmrut dans Teau, et de la colorer en bleu foncé.
Uau» U rt'action de l'acide sulfurique sur l'indigo, ilsepnv A\\\\ At\\\ ou nu^me trois composés bleus différens , qui ont été <^tudi<^F mr M. Berxelius. Il les désigne par les noms d'ocûfe yj,if4)'4nmf\^^u0^A^ acide hypo-sulfo-indigoUquey etàepourpn tif^dif^* il regarde les deux premiers comme des combinaisons des acidc5 siJfurique et nypo-suKurique avec l'indigo, ltt«4|uollcs |>ourraiont être comparées jusqu'à un certain point ^ l'ttcùdc 5ulfo-naphtalique et aux acides éthérés. Quant au |'viui|iio d*indigo% il le considère conmie formé d'acide sulfii- *4**i-*; uni à de Tindigo modifié. Ce dernier produit ne prend *'" ^^"«"HW naissance : un e^cè- " ^e le détruit, etl'cmpW