‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 3)Chapitre 105 sur 164 · DE L'ANALYSE DES CORPS BRÛLÉS · texte numérisé non relu

DE L'ANALYSE DES CORPS BRÛLÉS

tiliser Fexcès d'acide et de précipiter la silice (i) : après quoi, délayant le résidu dans huit à dix fois son volume d'eau , |)ortant la liqueur à Tébullition et la filtrant, Ton recueillera la silice sur le filtre 5 Ton extraira les diverses bases de la liqueur réunie aux eaux de lavage, à la manière ordinaire (3o36 et sniy.), en se rappelant que les pierres ne contiennent qu'un certain nombre d'oxides que nous avons fait connaître. Au reste, il fiiudra consacrer une première opération à la recher- Ae des principes constituans de la pierre que Pou voudra «naljrser, et en faire une seconde pour déterminer la proporiîim de ces principes.

Au lieu d'hydrate de potasse ou de soude, l'on peut aussi Adre usage de carbonate de soude pour attaquer la plupart des pierres. L'opération se fait dans un creuset de platine, à vne haute température,* en employant trois ou quatre fois «otant de carbonate alcalin que de silicate, et maintenant le tout en fusion pendant environ 20 minutes. 11 faut ménager -«V6C soin la chaleur, tant qu'il se dégage du gaz carbonique, pour éviter de faire j aillir une portion de la matière hors du vase .

3o43. Si l'on ne trouvait pas, à quelques centièmes près, le poids sur lequel l'opération serait laite, ce serait une preure

re la pierre contiendrait probablement de la potasse, ou de 8oad!e, ou de la lithine, et peut-être plusieurs de ces alcais. L'on s'en convaincrait en calcinant une certaine quantité

' ^qae en excès à la dissolution , faisant bouillir la liqueur , la IQtniit , la faisant évaporer à siccité et calcinant la masse res- .ttnte. Celle-ci se composerait de chlorure de potassium, ou /de iodium, ou de lithium, on de plusieurs d'entre eux^ çt peut-être en outre de chlonire de magnésium. (2)

En supposant le cas le plus compliqué, savoir ; aue ces mia-* tiè chlorures fussent réunis, les opérations analytiques seraien t .les mêmes que celles qui ont été exposées (Sooj), (3)

(1) Lorsque l'évaporation touchera à sa fin, il sera nécessaire de ména'^p le feu ymu ne point décomposer de chlorure mélaUiqne , et de remuer sans ceâe la ma- ^icK pour empêcher qu*il ne s'en projette hors la capsule.

(a) L'acide clilorhydrique a pour objet de dissoudre les bases; le carbonate Jimmoniaque,de précipiter la baryte , la chaux, l'alumine, etc.; la fiîtralion WKcnir en dissolution limpide la potasse, ou la soude, ou la lilhine, unie à IV ode chloriiydnque et mêlée au chlorhydrate d'ammoniaque provenant de Vac^

te dn carbonaled'ammoniaque;réTaporation, d'avoir ces chforhvdraf es à l'élit solide; lacalcination, de vaporiser le chlorhydrate d'ammoniaque.

(3) Au lien de c^bonate on d'azotate de baryte, on peut em^Xoxir \^^»\\^imt ou razofaie de plomb. Ceux-ci ont mémt un avanlage «w uUwVwi-, ^^^\ T. SLciême éJiiioM^ ^

338 ANALYSE CHIMIQIÏE.

3o44* L'acide fluorhydriquc, qui décompose faoilem silicates, offre encore un bon moyen d'attaquer ceui lesquels il est nécessaire d'éviter l'emploi des hydrat^^ carDonates de potasse et de soude. L'opération s'exéct^^ cilement à l'aide d'un appareil particulier, indiqué par MCI; rent (Ann. de Chinu et de Pkys.j t. lviii, 428)* U cons un vase cylindrique en plomb, m,uni d'un couvercle de métal , et percé latéralement, à sa partie supérieure, d' tit orifice, où s'adapte exactement un tube de platine, à angle droit dans le milieu de sa longueur. Ce vase, m h la production de l'acide fluorhydrique, reçoit les qiift^az convenables de fluorure de calcium et diacide sulfiu?

deux ou trois fois son poids d'eau; puis on pose le creoM^ sur un support, à côté du vase en plomb, de manière à y (^ entrer l'extrémité du tube de platine, jusqu'à ce qu'il nft^ séparé de la sui*face de l'eau que par une distance ae qnd^ millimètres. Alors , plaçant quelques cbarbons allumés t^ le vase qui renferme le mélange de fluorure de calcium ^ d'acide sulfurique, l'acide fluorhydrique ne tarde point à •* dégager. Passant par le tube de platine, il va se dissond^ dans Teauque contient le creuset, et bientôt il réagit soi 1^ silicates, dont il convertit l'acide et les bases en fluorures. I^ fluorure de silicium , ou acide fluo-silicique, étant gazeux, s^

tuyau où l'on établit un tirage avec une lampe < charbons incandescens. Il faut agiter constamment la matièv contenue dans le creuset , à l'aide d'une spatule de platis

3ue l'on tient avec des pinces de bois, et ajouter quelques goutte 'eau lorsqu'elle devient gélatineuse. On reconnaît que Vo pération est terminée, à ce que le silicate disparaît pou faire place à une dissolution plus ou moins loucne ou à un matière semblable à de l'empois : elle dure ordinairement i trois quarts d'heure à une heure.

L'on retire alors le creuset du feu, et Ton convertit les finfl rures en sulfates, en ajoutant de l'acide sulfurique à la liqueni

d*attaqunr toute la pierre en une seule opération. Il est vrai que, si par haar une partie du plomb était réduite, le creuset serait troué; mais cet acddoiti pouvant arriver que par le contact d*un corps combustible, on s*eo met k l'abôe plaçant le creuset de platine i^Jans un antre creuset de terre. Bf . Berthier, k f cette méthode est due , la préfère à toutes les autres. {Annaksdê ChimUttéêri^ siçue, t xvii, pag, a8.) *

DE rANÂLTSB DES CORPS BKUliS. S39

ît évaporant le tout à siccitë. Cette ëvaporation exige qudmes précautions, pour éviter les projections. U ne faut échauf- :er le creuset que légèrement à la partie inférieure, et en exposer la partie supérieure à l'action de charbons bien allumés ?t disposés tout autour. De cette manière, l'éyaporatlon s'effectue sans accident : après quoi, l'on verse sur la masse deslëchée, de l'acide cblorbydxique, avec lequel on la laisse ligérer à une douce chaleur, pendant une heures on dissout ians l'eau bouillante les sulfates qui peuvent ne l'avoir point Sté par l'acide chlorhydrique et l'on achève l'analyse à la malûère ordinaire: seulement, la silice ne saurait être dos^ directement; elle ne peut être évaluée que par la perte de poids, à moins qu on ne l'évalue par les méthodes ordinaires*

3045. Enfin si, ne trouvant pas à quelques centièmes près, le poids sur lequel l'opération serait laite, la pierre ne contenait pas d'alcali, il deviendrait probable quelle contiendrait un acide autreque la silice : alors on chercherait à le connaître eniioumettant la pierre à diverses épreuves, puis on en déterminerait, autant que possible, la quantité. Ce cas est très ' rare, et jusqu'à présent Ton n'a rencontré dans les pierres gemmes que l'acide phosphorique, l'acide.borique et l'acide âaorhydrique ou plutôt le fluor.

3046. Supposons qu'il s'agisse d'analyser l'aigué-ma^ine 9 qtd, diaprés M. Yauquelin, est composée de 6q parties de silice, de i3 d'alumine, de 16 de gluQine,:de i doxide de fier et de 0,5 de chaux.

i^ Après en avoir séparé la silice , comme nous venons de dire , l'on versera un excès d'ammoniaque dans la dissolution , qui contiendra cinq chlorures : du chlorure d'aluminium, du CTlorure de glucinium, du chlorure de fer, du chlorure de caï^ mom et du chlorure de potassium. Cet alcali décomposera les trois premiers chlorures et en précipitera les bases. Celles-ci seront recueillies sur un filtre , et lavées jusqu'à ce que les

nx de lavage ne verdissent plus le sirop de violettes.

2io La liqueur étant réunie aux eaux de lavage, l'on y ajoutera de l'oxalate d'ammoniaque , afin d'opérer la décomposition du chlorure de calcium: il en résultera, d'une part, du idilorhydrate d'ammoniaque soluble, et de l'autre, ^e l'oxalate de chaux insoluble. Ce sel lavé, séché et calciné , sera amené à l'état de sulfate par l'addition d'une petite quantité d'acide sulfurique , et le sulfate desséché par une nouvelle caU dnation donnera , par son poids , celui de la chaux de l'aiguëjaarine.

3® L'alumine, la glucine et l'oxide de fer, çrécl)^vtéi&^<^W idialjyon de leurs chlorufes (expérience prem£ire)^%Kî^x^ fs6^

S40 ANALYSE aiIMIQUE. '

vés à Pétat gâatinèux, avec un couteau de corne ou d'îvoîre de dessus le filtre, et traités à chaud dans une capsule par un grand excès de potasse caustique liquide, qui dissout ralumine et la glucine, et qui est sans action sur Toxlde de fei: (i). An bout de quelques minutes d'ébullltlon , on retirera la capsule du feu, et lorsqu'elle ne sera plus qu'à 3o ou 40**, on filtrera la liqueur (2), et on lavera le filtre jusqu'à ce qu'il cesse de donner des signes d'alcalinité : alors Toxide de fer resté surk filtre sera séché , calciné et pesé.

4** Lorsque ces opérations seront faites , l'on saturera d'acide azotique ou d'acide chlorhydrique la liqueur alcaline, Suis l'on versera peu-à-peu la dissolution dans un grand excès e carbonate d'ammoniaque liquide, en ayant soin d'agiter de temps en temps le fliacon dans lequel l'expérience se fera : par ce moyen , la glucine restera dissoute , tandis que l'alumine se déposera sous forme de flocons blancs. Si donc l'on filtre la nouvelle liqueur, l'alumine se rassemblera sur le filtre, et l'on en connaîtra la quantité en la pesant après l'avoir lavle , séchée et calcinée.

5<» Enfin, pour terminer l'analyse, il ne s'agira plus me d'extraire la glucine;. et c'elst à quoi il sera facile de parvenir en faisant bouillir la dissolution de carbonate d'ammoniaque. Ce sel , en se vaporisant , laissera déposer la base , qui , comme Talumine, devra être recueillie sur un filtre et pesée après son lavage , sa dessiccation et sa calcination.

Analyse des argiles.

3o47- Les argUes étant ordinairement au plus formées de si- Ece, d'alumine, de carbonate de chaux, d'oxide de fer et d'ean, c'est par des procédés semblables à ceux que nous venons d exposer qu'elles doivent être analysées.

L'on en extraira la silice de même que des pierres gemmes. Versant ensuite de l'ammoniaque dans la dissolution acide, l'on en précipitera l'alumine etl'oxide de fer : après quoi, filtrant la liqueur et y ajoutant du carbonate de potasse ou un oxalate, on obtiendra un nouveau précipité, qui sera du carbonate ou de l'oxalate calcaire.

L'oxide de fer et l'alumine seront séparés par la potasse liquide, à la manière ordinaire.

(i) Comme le couteau de corne laisse quelques traces de matière sur le filtrCi il est bon de mettre le filtre dans un peu diacide chlorhydrique faible qui dissout la matière non enlevée , de filtrer la liqueur et de la réunir à la dissolution ulcaïme.

(2) Si Ja liqueur était abseï caus\\<\v\fc \qvlt Vcw\« le ^^ner , il faudrait

retendre d*eau.

DE L'ANALYSE DES. CORPS BRÛLÉS. 34 i

Quant à l'eau , l'on pourra en connaître la proportion en calcinant fortement loo parties d'argile, par exemple, daïis un creuset de platine, et retranchant de ces loo parties le résidu , plus l'acide carbonique du carbonate de cnaux , qui se ^ dégagera en même temps que l'eau par la calcination.

. Si la magnésie faisait partie de l'argile , ce qui arrive quel-

Îiefois , la marche de l'analyse devrait être un peu modifiée : faudrait n'ajouter que la quantité d'ammoniaque convenable pour saturer la majeure partie de l'excès d'acide , précipiter ensuite par son sulfhydrate le fer et l'alumine, afin d'éviter que cette terre n'entraîne de la magnésie, puis procéder comme il a été dit (3o38) à la séparation de la magnésie et de la dbaux.

SECTIOIT V.

Des principaux procédés qu il faut employer pour déterminer la proportion des principes coristituans d^un oxide métalli^ que* (i)

3o48« Il est des oxîdes que la chaleur est capable de réduire facilement : tels sont ceux de mercure, d argent, d'or, de platine. L*on peut donc déterminer par ce mc»yen la proportion de leurs principes constîtuans. Pour cela, on doit : i** se procurer une certaine quantité cf'oxide ; a° le dessécher com-

Îlètement, en l'exposant dans le vide à la température de l'eau ouillante; 3o en prendre environ lo à 20 grammes, et les introduire dans une petite cornue bien sèche , de manière qu'il n'en reste pas sur les parois du col 5 4° peser cette cornue avec des balances très sensibles, avant et après l'introduction de Poxide, afin d'en connaître le poids à un demi-milligramme près •, 5° y adapter un tube qui puisse s'engager sous une clocne pleine d'eau et s'élever jusqu'à la partie supérieure de la cloche 5 &^ procéder à l'opération en portant peu-à-peu la cornue au rouge-cerise , pour qu'il n'y ait aucune portion d'oxide entraînée 5 7° recueillir l'air des vais-, ^seaux avec le gaz oxigène, entretenir le feu jusqu'à ce que la décomposition soit complète , et laisser le tube , qui est adapté à la cornue, plongé dans les gaz jusqu'à c« qu'çUe soit à la même température que l'atmosphère (2) 5 8** retirer alors le

' (i) Nous ne parlerons point ici de l'analyse des oxîdes non métalliqaes : tous«^ ' e4kpté l'oxide de^ sélénium, ont été analysés. (FbjeaaS^, 198/299 i^^y 3oO| . ^la et 3^3.)

(a) Par ce moyen, il en «ntre dans la cornue/ après Topérstlion; autant qu^Il

eo sort au commencement.

S48 ÀNALTSE cmMIQTlE.

tobe^ mais de manière qu'il ne rentre point d'air dans la doche; 9^ enfin, mesurer la quantité de gaz qu'elle contient dans cet dtat , quantité qui représentera précisément le Toluns de l'oxigène de l'oxide^ et peser la cornue après l'avoir bien

pas volatil* Celui de l'oxigène sera donné par le ToluBit de ce gais. Pour que t'analyse soit exacte , il faudra retrouTCl ainsi toutToxide, tant en oxigène qu'en métal.

3o49* Les oxides de mercure, d'argent, d'or, de platine, m iR)nt pas les seuls que la chaleur puisse réduire; elle réduit encore les autres oxides des deux dernières sections. Mais comiDe la réduction n'a lieu qu'à une haute température, il faut alois iaire intervenir l'action du gaz hydrogène pur %t bien sec» L'oxide est placé dans un petit tube horizontal de verre, dont on connaît le poids avant et après l'introduction dé l'oxide. D'un côté, on fait communiquer le tube avec un appareil d'où l'hydrogène se dégage, et de l'autre, avec un autre tube de verre qui contient du chlorure de calcium , et quel'on pèse avec beaucoup de soin. Les tubes étant pleins d'hyr drogène , on chauffe loxide à la lampe. Bientôt il se prodbit de l'eau à l'état de vapeur, qui est entraînée par le courant et absorbée par le chlorure, tandis que le métal est mis en liberté* Si donc, l'on pèse les tubes après leur refroidissement, on pourra conclure de la différence de poids, celui du métal et celui de l'oxigène ; non-seulement on parviendra ainsi à déterminer les quantités d'oxigène et de métal des oxides des deux dernières sections, mais encore plusieurs de ceux de la quatrième et même de la troisième, tels que les oxides de plomb, de cuivre, d'urane, de bismuth , de nickel , de cobalt. Seulement , il faudra lo que le métal réduit se refroidisse au milieu du courant de gaz hydrogène, de crainte qu'il n'absorbe une partie de l'oxigène de l'air; 2^ que , dans tous les cas, les tubes soient pesés pleins d'air, et que l'air en rentrant dans l'appareil soil parfaitement sec , afin qu'il ne cède point d'humidité au chlorure. {Voyez à ce sujet l'appareil à l'analyse des matières végétales.)

5o5o. Si les métaux des deux dernières sections ont si peu d'affinité pour l'oxigène qu'ils sont réductibles par la chaleur seule, ceux de la seconde et de la troisième en ont, au contraire, une si grande pour ce principe, qu'ils décomp^pent l'eau. Or, comme dans cette décomposition l'hydrogène estnûs en liberté, il résulte de là un moyen très simple et très exact pour connaître la quantité à?ox\çjb\i^ âL^Yoi\3c^ xd^talUc^iieqùi

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