‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 3)Chapitre 11 sur 164 · DIS SOCS PAJLTICUUEBS. IT · texte numérisé non relu

DIS SOCS PAJLTICUUEBS. IT

les 9 on &it des iscisionft longltudinaleft aux capsules; il en découle un suo laiteux qui se concrète facilement, et ^ui constitue ropium proprement dit, que l'on apporte toujours en Europe sous forme de masses mottes de différentes grosseurs , et roulées dans des feuilles de pavots pour prévenir leur adhérence.

L'opium 9 si remarquable par ses propriétés médicales , est brun, diu:^ sa saveur est amère, acre, et rappelle son odeur qui est nauséabonde et toute particulière. U se ramollit à une cLouce chaleur i celle de la main est suffisante. Lorsqu'on le chauffe avec le contact de l'air, il s'enflamme promptement. ^

C'est sans contredit le suc le plus composé que nous conliassions ; il résulte des nombreuses analyses auxquelles il a été soumis qit^il renferme , non compris des sels minéraux , jusqu'à i5 substances organiques, savoir :

1° Morpliine à Tétat de sulfate combiné avec les bases*

neutre et de méconale acide. lo® Ulmine.

a° Codéine àrétat de mccsnateacido. 1 1* Résine particulière.

3^ Narcotine. la** Huile grasse.

4° Narcéine. z3' Caoutchouc.

0° Méconioe. 14** Gomme.

6« Principecriatallisabledêli. nu<^ lis* Bassorine.

blanc jeune. i6<* Ligneux.

7° Para-morpbine. L de potasse.

S** Pseudo-morphiue. 170 Sulfates | de chaux. 9® Acide méconique en partie ( de mapnésie.

Toutes ces matières ont été examinées , excepté la narcéine^ la méconine^ la para-morphine , la pseudo- morphine et le principe cristaUisable de M. Duhlanc, que M. Couerbe est porté à regarder comme n'étant que de la méconine. Mais ces matières qui ont été découvertes, savoir : la narcéine par M. Pelletier, la méconine par M. Couerhe , la para-morphine et la psendomorphine par M. Pelletier, entrent en si petite quantité dans la composition de l'opium que, pouj: les en retirer, il faut opérer sur des masses considérables : c'est pourquoi nous renverrons pour l'étude de leurs propriétés aux mémoires des auteurs.

L'opium brut ne s'emploie guère qu'extérieurement. Les médecins n'ordonnent, en général, à l'intérieur que l'extrait prépuré en traitant l'opium par une grande quantité d'eau froide, (r)

mrmmmtm*

(f )^<^es,poarpliis de^AtwU sur ropiw»: 1* le mémoire àMJiennkM,AnnmiÊs dt Chimie f tom. zi.t, pag. aS? ; n ^Am de/H. Séguin, mêmes Annales, toni.XGi^ p* »ft ; 3<», oeloi 4leM. Sartnerafr, Jtm^ tkCkim. et do Phys, tom. ▼. pag. ii; 4« les dMcrvatiens de M« &QbiqfMt sur 1(S mémoire de M. Strtuerner, Ai>m.d€ Chim.et de Pkjrs,, tom. t. paira7S.^i«jhi>inénioire4eM«ndbViSfeYraM^wi^>i^

98 FORMATION DES SUBSTANCES VÉGÉTAtES;

2674* Le ^uc de papayer s'extrait par incision d'un végétal nommé carica papaya^ qui croîti à l'Ile-de-France 9 au Pérouy etc. Il a été analysé par M. Yauquelin et par M. Cadets Gassicourty qui le tenaient de M. de Cossini et du docteur Roch. C'est surtout avec les échantillons de M. Boch qu^ l'analyse a été faite. Ce suc avait été rapporté dans trois états : i^ à l'état solide , et sous forme de lames d'un blanc jaunâtre, obtenues au âolelldans des assiettes; ^^ à l'état de suc naturel, renfermé dans des vases bien boucbés ; 3° à l'état de suc na^ turel mêlé au sucre. Le premier et le dernier s'étalent bien conservés, l'autre avait iermenté. D'après M. Vauquelln, le suc de papayer est composé d'eau, d'une grande quantité de matière animale et d'un peu de graisse. Cette matière animale possède toutes les propriétés de Talbumlne, si ce n'est qu'après la dessiccation elle est toujours très soluble dans l'eau, tandis que^l'albumlne y devient Insoluble. {Annales de Chimie^ t. xLix, p. 295.)

2675. Suc ou lait de Varire de la vache. ^^ de suc, sur lequel M. de Humboldt a fait diverses observations, contient, de même que le suc de papayer, un corps gras et des matières animales {AnnaL de Chim. et de Phys.y t. vu, p. 82 ). Les naturels le regardent comme un aliment salutaire ; Us en boivent beaucoup ; c'est un véritable lait végétal qui n'a ni âcreté ni amertume , dont l'odeur est balsamique, et dont les parties , constituantes sont, suivant MM. Boussingault et Mariano de Rivero, beaucoup d'eau et de cire , de la fibrine, un peu de sucre; on y trouve en outre une petite quantité de silice et de sels calcaires et magnésien. La cire forme jusqu'à la moitié du poids du lait végétal. L'arbre dont 11 découle en grande quantité par incision {palo de lèche ou de vacca) croît assez abondamment dans les montagnes qui dominent Periqulto, situé au nord-ouest de Maracay, village à l'ouest de Caraccas. (Ann> de Chim. et de Phy,^ t. xxiii, p. 219. )

2676. Suc ou lait de thura crépitons. — • Il n'en est pas de ce suc laiteux comme du précédent. Tandis que le suc de

découverte d'une matière cristalline, azotée, Ann. de Cfiim, et de Phfs. tom. xux, p. 5 ; 60 la note (le M. Gouerbe, annonçant la découverte de la méconine, même vol. p. 44; 7° wne analyse de l'opium par M. Pelietier,|dans laquelle la narcéine parait pour la première fois, même vol. p. a4o; 8» un* Mémoire de M. Robiquetsur Tacide méconique et la codéine, mêmes Ann., même vol. p. aSg; 9° des observations de M. Dupuy et de M. Robiquetsur l'existence du sulfate de morphine dansTopiom. {Journal de Phar, xiii, 296, et Ann. de Cfiim. et de Phys^-Liii, 4a 6.) lo® L'action de la morphine et de la narcotine sur l'économie animale , par M. Orfila , AniL dé Ckim, c/fife/»A/f.,tom.v, pag. a88, et Journal de Oiim. méd, x, i66etaai;par M. Magendie, /oKTiMi/ </e Physiologie expérimentale ^ t. i, p. 3a). XI® Ijemémoiw dû JkL Pelletier, Journal T Institut, a« année, p. a 49.

DES SUCS PARTICULIEHS. S9

l'arbre de la vache est salutaire, celui àeVhurà crépitons est -très nuisible. Lorsqu'on le goûte , on éprouve bientôt une forte irritation au gosier. Il suffit même d'être exposé aux émanations de ce suc fraîchement extrait pour en être incommodé d'une manière grave. Â Guaduas, on s'en sert pour pêcher, en empoisonnant le poisson dans les rivières et les étangs. D'ailleurs il ressemblerait parfaitement à celui de la vache, s'il n'était légèrement jaunâtre. C'est encore à MM. Boussingault et Rîvero que nous eh devons l'analyse : ils l'ont trouvé composé d'eau , de gluten , d'une huile essentielle vésicante, d'un principe acre cristallisable et alcalin, d^osmazôme^ de malate acide de potasse, de malate de chaux. i^jinn. de Cfum. et de Phy.j X. xxviii, p. 43o.)

2676. bis. Sucs résineux et huileux. --^^oms comprenons, sous cette dénomination , les sucs qui sont formés de résine en dissolution dans une huile essentielle , et qui restent liquides long-temps après leur extraction , tels que la térébenthine 5 ceux qui contenant beaucoup plus de résine que les précédens, s'épaississent tout de suite , tels que le mastic , etc.; enfin tous les sucs entièrement ou presque entièrement formés de corps gras. L'histoire en ayant été faite précédemment , nous ne nous en occuperons pas.

2677. Sucs mucilagineux. — Beaucoup de plantes contiennent des sucs qui sont sans saveur, sans odeur , dont la base est le mucilage : telles sont celles que nous avons indiquées en parlant des gommes (2224). ^

2678. Sucs sucrés. — L'on peut désigner par ce nom le suc de la canne , celui Aesfraxinus ornus et rotundifolia ^ qui , en s'épaississant, constitue la manne , etc., etc.

2679. Quoique la manne soit très douce , elle ne contient qu'une très petite quantité de sucre. D paraît qu'elle est principalement formée de deux corps particuliers : l'un cristallisable, que nous avons appelé mannite (2256), et dans lequel réside la saveur sucrée; et l'autre incristallisable et muqueux. Peut-être en renferme-t-elle encore un autre auquel elle devrait sa saveur et son odeur nauséabondes (i). On distingue dans le commerce trois espèces de manne : la manne en larmes, la manne en sorte et la manne grasse. La manne en larmes est solide , blanche , légère , douce et sucrée , quelquefois cristalline à la surface : toujours sous forme de stalactites, elle

(i) Cependant , suivant M. Booastre, la manne de Briançpn qui est fournie par

la mélèze d'Europe {Larixeuropea) ne contiendrait pas de mannite; il y a trouvé

un suc sucré cristallisable, un réseau globulaire et un tissu cellulaire ou spongieux:

elle est rare {Foyez Journal de Pkarm, xu, 443 |et 626). S*il en esttinsi, cette

lubstance ne doit)p«s être regardée comme noe manne.

JSO FORMATION DES StTBSTANCtS VÉGÉTALES.

contient beaucoup plus demannite que de mucilage. La manu grasse consiste çn un amas de fragmens agglutines par un tm visqueux-, elle est brune, molle, pesante; son odeur est nauséabonde ; sa sayenr Test aussi , mais elle est en même ten^ sucrée : le mucilage domine dans cette manne. La noanne a sorte tient le milieu entre la manne en larmes et la manne grasse. Tontes trois nous viennent de la Galabre où croît faôlenient \ejraa:mus ornus.

La manne n'est emiployée qu'en médecine; on l'administR comme purgatif; le plus souvent on l'associe au séné et au sulfate de magnésie ou de soude.

MM. Proust , Thenard , Bouillon-Lag range ont faitvur cetb substance des recherches dont l'on trouve les résultats An^ ncdes de Chimie^ tom. wii , pag. i43 ; tora. lix , pag. 5i ^ et Journal de Pharmacie , tom. m, pag. lo.

Des bois.

2680. Les bois ont tous pour base la fibre ligneuse ; ils es contiennent au moins les 0,96 à 0,96 de leur poids^ Cependant il existe une grande différence entre leur pesanteur spécifique : les uns sont beaucoup plus légers que l'eau , et les autres beaucoup plus lourds ; aussi les premier? , en raison de la di-^ vision de leurs fibres , brûlent- ils bien plus facilement que Ifl seconds.

On pourrait diviser les bois en colorans , en résineux , et en non colorans et non résineux : faute de meilleure , nous adopterons cette division. 1

Bois colorans, — Les principaux bois colorans sont ccnn | de Brésil, de Quercitron , de bois Jaune y de Fustet et de Santal rouge. Nous avons parlé des quatre premiers précédemment (2608, 2621 j 26229 2625)^ nous allons diie quelques mots du dernier.

Bois de santal. — Ce bois est celui du pterocarpus santalir nus , arbre qui croît dans les Indes-Orientales. Il suffit de le diviser et de le traiter, à plusieurs reprises , par de l'alcoiJ j presque' bouillant , pour en extraire une grande partie de la matière colorante ; elle se dissout dans ce lic^de , et s'obtient pure en évaporant la dissolution jusqu'à siccité. On la connaît sous le nom de santaline.

Cette matière, ainsi obtenue, est rouge, solide et en masse. Soumise à l'action du feu , elle se ramollit et se fond à envkon looo, puis se décompose à la^mapière des substances végétales hydrogénées , sans produire d'ammoniaque.

toue très peasobble dfts même dans ceDe

ZNBS bois; si

qui est bouiUante ; elle est «a contraire trèf sdloble daBft Palcool , dans l'ëther , dans l'acidie acétique , daus les dissolutions alcalines de potasse, de soude et d'ammoniaoue. Quelques huiles essentielles , telles ciue l'huile de larande , l'huile de romarin , peuvent aussi en dissoudre une petite quantité ; mais les huiles grasses ne la dissolvent pas d'une manière sensible. La solution de la santaline dans l'éther ne s'effectue que très lentement; la hqueur devient rouge, si l'on opère au contact de l'air , et jaune dans le cas contraire ; évaporée à l'air libre , elle laisse un résidu d'un beau rouge; mais par l'évaporation dans le vide , elle en laisse un qui est presque jaune , et qui se trouve alors imprégné de gouttes d'eau et quelquefois de glace, même lorsque l'éther est parfaitement rectifié.

Le chlore détruit tout-à-coup la santaline , et la convertit en une sorte de résine jaune qui retient en combinaison une certaine quantité d'acide chlorbydrique.

L'acide sulfurique concentré la charbonne promptement. L'acide azotique exerce sur elle une très forte action ; il la dissout et la décompose, et de là résultent delà matière jaune amère , de l'acide oxalique , etc.

Dissoute dans l'alcool , et mise en contact avec différens sels , elle produit des précipités dont la couleur varie et que Ion doit regarder comme de véritables laques; par exemple, celui qu'elle forme avec le chlorure d'étain est d'un pour-

Sre magnifique , et celui qui provient de Ja réaction sur les sels e plomb est d'un violet assez beau.

D'après l'ensemble de ces propriétés et de quelques autres que nous ne citons pas, M. Pelletier regarde la matière colorante du santal comme une substance particulière qui se rap<-

C32Hi«0^ (M. Pelletier , Bulf. de Pharm., vi , 434 et Anru de Chimie et dephys.^ li , iq3.)

Le bois de santal est employé pour colorer en rouge l'alcool et les liqueurs spiritueuses.

â68i. Bois résineux. — ^Ge sont ceux qui, incisés, laissent découler une plus ou moins grande quantité de résine en dissolution dans une huile essentielle : tels sont les pins et les sapins. Il a été question précédemment de leur exploitation (a4S3 et suiv.).

2682. Bois qui ne sont ni colorans ni résineux. — Les bois ordinaires forment cette dernière section. Nous n'avons /rien à en dire de particulier.

â683.« C'est du bois que l'on extrait le .charbon. Celui c^^t

S^ FORMATION DES SUBSTiiNCES TÉGËTALES.

l'on sonmet à la carbonisation a environ un ponee et demi de diamètre et deux pieds et demi de long. Les charbonnien procèdent à l'opération de la manière suirante : ils oommenr cent par aplanir la terre et former un espace circulaire d'une grandeur convenable, préférant toutetois les lieux qui ont déjà servi, comme étant plus secs que les autres. Elnsuite, an milieu de cet espace ou de cette aire, ils plantent verticalement un long pieu , placent borizontalement , sur le sol, de gros rondins, qui représentent les rayons d'un cercle dont le pieu est le centre, fixent avec un piquet Pextrémitë extérieure de ces rondins, et les couvrent de petits bois : cet assemblage porte le nom de plancher. Alors ils rangent le bob autour du pieu, en inclinant légèrement tous les morceanx et ayant soin de mettre les plus gros au centre. Lorsqu'ils ont recouvert la surface du plancher, et qu'ils ont ainsi formé nn cône tronqué, ils en établissent un autre sur celui-ci , et quelquefois même un troisième sur le second ; ces cônes superposés s* appellent fourneau.

Cela étant fait , ils répandent du petit bois sur la surface do fourneau, puis de l'herbe et de la terre, ne laissant à découvert que les rondins placés à la base : un ouvrier monte an sommet du fourneau , enlève le pieu qui en fait le centre, et jette du petit bois sec et quelques tisons enflammés dans le trou qui sert de chepinée. Le fourneau ne tarde pas à s'allumer; la flamme s'élève, et dès qu'elle s'échappe par le haut de la cheminée, celle-ci est aussitôt bouchée avec du gazon. A partir de celte époque, les charbonniers doivent toujours rester auprès du fourneau, ou du moins le visiter souvent, afin de boucher les crevasses qui peuvent se former. Si le vent souffle avec force et rend la combustion trop active, ils luî opiposent des claies. Si le feu brûle inégalement, ils donnent de l'air en pratiquant de légères ouvertures du côté où il est moins actif.

Au bout de trente heures, l« founicim paraît entièrement roi^e. A celte époque ils étouHent le feu en le couvrant d une couche de terre très épaisse. lUi j«Mirnprèsî ils ratissent cette couche, découvrent le charbon, l'i^londent sur le sol, et

fin le mettent eu sac le troisiènitijtiur révolu» du moins dans le cas où la carbonisation n'a li(«ti mifi nur nuatrei cinq cordes à-la. fois. ' *

De 100 parties de bois, on m\Uv nnliimiin'ment ij & t8 parties de charbon.

En charbonnant le bois, comiutf iiotiN vt^nons de W dire, on brûle, non-seulement uno purtliiii du imrbone « de 1 air qui se renouvelle, mail euuoro l'on nerd tout

DBS. BOIS. Z^

ncétîqné, toute, rhuile-gondron et tout le gaz hydrogène carbbné qui s'y forment. Lorsque au contraire l'opération se fait dans de» vases fermes, on peut la conduire de telle manière que tous les produits soient recueillis. C'est ce dernier genre de carbonisation que M. Mollerat a exécuté le premier à Nuits, et qu'on exécute actuellement à Cboisy près Paris. Nous allons donner mie idée de l'appareil adopté dans l'une des fabriques de Cboisy. Cet appareil se compose i^ : d'un fourneau dont le dôme est mobile ; 2^ d'une cbaudière cylindrique en tôle très forte, assez grande pour contenir une corde de bois, et sur laquelle s'adapte un couvercle qui est lui-même en tôle; on la descend dans le fourneau toute chargée au moyen d'une grue, et on l'enlève de même pour la remplacer par une autre ; elle est recouverte d'une légère coucbe de terre à four ; 3© d'un tuyau en tôle adapté horizontalement à la partie supérieure et latérale de la cnaudière, et long de quelques décimètres ; 4** d'un tuyau en cuivre qui, en se courbant, va successivement plonger dans deux tonneaux pleins d'eau, et de là se rendre dans le fourneau. Arrivé au fond des tonneaux, il se dilate en boule ; chaque boule est percée inférieurement d'un Uo\\ auquel correspond un tube dont l'extrémité plonge dans l'acide pyro-ligneux : c'est par ce tube qu'on retire cet acide et le goudron. Quant au gaz inflammable, il est conduit évidemment dans le fourneau, et sert à en entretenir la chaleur. Cent parties de bois fournissent environ a8 parties de charbon, {f^of, le rapport fait par M. Vauquelin, sur le Mémoire de M. Mollerat, concernant la carbonisation du bois en vaisseaux clos, et remploi des différens produits qu'elle fournit.) {^Ann. de Chim.j t, lxvi, p. 174-)

M. Colin , en examinant avec soin les produits liquides que fournit la distillation du bois, a vu qu'ils contenaient de l'esprit pyro-acétique ou acétone et unenuile essentielle empyreumatique. L'esprit pyro-acétique provient sans doute des acétates qui se trouvent dansle bois {Ann. de Chim. et de Phys, , t. xii, p. 2o5). Mais depuis ce temps, indépendamment de l'acide acétique et de l'acétone, on a trouvé dans les produits de la distillation du bois : de l'esprit de bois, de la naphtaline, de la paraiHne, de l'eupione, de la créosote, du picamare, du pittacalle, du capnomore, de l'ulmine et quelques résines py- Togénées que Berzelius a désignées sous le nom de pyrétines^ {Voy. l'es numéros 2325, 2214, 2208,2209, 24489 2563, 2021, — le Journal de Pharmacie^ t. vi, p. Sog •, — le Mémoire d« M* Berzelius sur les produits huileux et résineux de la distillation sèche du bois, id* xv. p, 2 17 •, — le Mémoire de M. Reichenbacl^, id. xix p. 27 et 544} t. xx, p, 362, et t. xxi,-^* "J^t^S

T. SùfUmê édiiiën, %

-—Le Mémoire de M. Laurent ^ Aiuu de Chim. et dm Pkfu t. HT, p. 395-)

La cause pour laquelle on n'obtient que 17 à 18 pour lool p de charbon par les procèdes ordinaires dépend surtout de cel d que les charbonniers, quelque chose qu'ils fassent, ne peuyent as se mettre à l'abri des courans d'air. Si donc on entourait e toutes parts le fourneau, la quantité de charbon que Pob obtiendrait devrait être plus considérable : c'est ce qui résulte des expériences de M. Foucault. Au lieu de 17 à 18, il obtient 22 à 2Z d^'excellent charbon. Son procédé, pour le* quel il a pris un brevet d'invention, et qu'il a exécuté à Bercy^ est fort simple : c'est le même que celui des forêts, à cela prèi qu'autour et à quelques pieds du fourneau se trouve établie ime cloison en planches, que l'on monte et démonte à volonté. L'acide pyro- ligneux qui se condense continuellement sur ses parois internes la garantit du feu ; elle a la même forme que le fourneau : seulement elle présente deux ouvertures, rune supérieure qu'on ne ferme pas, et l'autre latérale que l'on ferme avec un rideau de toile. Celle-ci sert d'entrée aux charbonniers.

Des écorccs.

a684* L'écorce est composée de trois parties : de IVpi- 4erme , du parenchyme et des couches corticales.

L'épiderme est une membrane extrêmement mince , transparente , qui recouvre tout le végétal , et que Fourcroy a supposée de même nature que le liège. On l'observe facilement dans le bouleau. Celle-ci , sur 4oo parties , contiendrait d'après M. Gauthier, pharmacien àSavins, 186 parties de résine, ga d'une matière qui a de l'analogie avec la subérine , 22 d'acide gâllique et de tannin, 4^ d'extractif , 5i tant en silice et oxide de fer que carbonate de chaux et alumine. Aussi cette membrane prend-elle feu avec la plus grande facilité par rapproche d'un corps en combustion. (Journ. de Pharm. xiii,

Sous l'épiderme se trouve le parenchyme , substance verte t remplie de suc , et qui présente une multitude de fibres se croisant en tous sens comme celles d'un feutre.

Enfin , sous le parenchyme sont les couches corticales , qui paraissent formées de plusieurs membranes très minces , pla-

(i) M. Davy a reconnu que répiderine des grami nées contenait une grande quantité db silice : 1 00 parties d'épidcrmede caunebonnet contiennent 90 de silice; 100 d'épiderme de bambou en contiennent 71,4; ïoo de roseau co)^ ^ cocticnnent

48,1 ; 1— -'-' •î-rci de blé en contiennent 5.

DES <C0Rei9. il

cëef lè« unes sur les antres. Chacune de ces membranes se compose de fibres longitudinales qui y se rapprochant et se aé*

garant altcrnatiTeraejit , donnent Heu à une sorte de roseau ont les mailles sont pleines de substance cellulaire Terte.

On concevra facilement, d'après cela, que, quoique la fibre forme la majeure partie de Fëcorce , celle-ci peut assez varier dans su nature en raison ides autres substances qu'elle contient souvent , pour prendre des propriétés très diverses : M. Braconnot a trouvé des quantités sensibles de pectine ou d'acide pectique dans toutes celles qu^il a examinées (j^nn. de Chim. et de Phys, l, 38 i). Contentoat-noBS de parler des écorccs qui sont employées dans les arts ou en médecine.

a 68 5. Ecorce défausse angiisturt {bmcœa antidyserUeriea). — Celte écorce , remarquable par son excessive amertume et par la propriété qu'elle a de déterminer, ches rbomnne et les animaux , de violentes attaques de tétanos, a été analysée par MM. Pelletier et Caventou : elles est composée , suivant eux , d'une petite quantité de brucine unie à l'acide gallique , de matière grasse , de beaucoup de gomme , de substance colorante jaune , de traces de sucre, de ligneux. C'est à la brucine qu'elle doit son action sur l'économie animale, (^/i/z. de CAim. et de Phys. t. xii , p. i32. )

2686. Ecorce du ehanure {cannabis satii^a), — Cette écorce est formée de filasse qui se rapproche beaucoup de la fibre végétale , de résine , d'une matière verte colorante et d'un suc glutineux : c'est par celui-ci qu'elle adhère fortement à la tige. Le rouissage a pour ojajet de la mettre dans le cas de pouvoir être facilement séparée. On l'exécute en plaçant le chanvre, pendant un certain nombre de jours, dans des routoirs ou fosses situés sur le bord des rivières , et remplis d'eau qui se renouvelle peu-à-peu. Il parait qu'alors le suc glulineux et la matière colorante se putréfient ; car ils disparaissent en grande partie, et donnent lieu à un dégagement de gaz hydrogène carboné, de gaz carbonique, etc. L'opération se ferait moins bien dans une eau courante que dans une eau stagnante : la première retarde trop la fermentation, la seconde la rend trop active et colore Ja filasse en brun. Dans tous les cas , celle-ci perd de sa solidité et laisse exhaler des gaz plus ou moins dangereux à respirer. Voilà pourquoi il serait tant à désirer ue l'on trouvât une machine au moytn de laquelle on pût épouiller facilement et économiquement le chanvre de sou écorce, sans être obligé de le rouir. Ce problème, dont on s'est beaucoup occupé dans ces derniers temps , ne paratc point e»cùre être résolu.

-2687. J^^orce de cinckona. — r Le quiucyima ovL\I\\ïd.<t »-

remarquable par son amertume et par ses propriétés fébrifuges, dues à la quinine ou àla cinchonine qu'il contient , n'est que l'écorce de diverses espèces de cinchona , arbres qui croissent en Amérique , au Pérou , etc.

Ces écorces ont été analysées par MM. Pelletier et Çaventou. Nous n'entrerons pas ici dans le détail des méthodes qu'ils ont employées ; nous nous bornerons à rapporter le résultat , de ces analyses.

Le quinquina gris est composé :

lo De cinchonine unie à l'acide quinique ;

a^ D'une petite quantité de quinine 5

3 De matière grasse verte 5

4*^ De matière colorante rouge (rouge cinchonique de Reuss ) ;

50 De matière colorante rouge soluble , variété de tannin ;

60 Dé . matière colorante jaune ;

70 De quînate de chaux ;

8^ De gomme 5

90 D'amidon;

lOo De ligneux.

Le quinquinajaune présente une composition très analogue ; seulement la quinine remplace ici la majeure partie de la cinchonine , et il n'existe point de gomme dans ce quinquina.

Le quinquina rouge contient les deux mômes principes fébrifuges que les deux précédentes eq)èces en fortes pror portions.

Le quinquina ^de Carthagène offre une composition analogue à celle du quinquina rouge , et contient les deux bases sali6ables , mais en très petite quantité.

Le quinquina de Sainte-Lucie , qui n'est pas un cinchona mais un exostemmaj ne contient ni quinine m cinchonine , et renferme une matière infiniment plus amère qui, si elle est alcaline , ne jouit de cette propriété qu'à un très jfaible degré.

Parmi les différentes substances qui entrent dans la composition des quinquinas , nous ferons remarquer celle que nous avons désignée sous le nom de rouge cinchonique. Cette matière j qui y par elle-même , ne précipite pas la gélatine , acquiert cette propriété lorsque après avoir été combinée à une base salifiable, on la sépare par le moyen d'un acide ; elle jouit aussi de quelques autres propriétés qui lui sont tout-à-fait j>articulières. •

M. Vauquelin, ayant eu occasion d'examiner l'écorce du ^/ncA/ios pseudo'kina^ appelé vulgaiiement (^wia do Campo,

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