DES ÉCORCE
OU de Mandanha 9 et rapporté du Brésil par M. Auguste Saint* Hilaire , s'est^ssuré Qu'd ne renfemtait point de base végétale, et que la propriété fébrifuge dont il jouit appartient à une matière amère, (^Bulletin de la Société philomatique pour 182 3, pageSp,)
2688. Ecorcedu daphné alpina. - Quelques personnes avalent pensé, d'après une analyse ae cette écorce publiée par M. Vauouelin ( Ann. de Chim.^ lxxxiv, 78 ), que le principe acre du daphné devait être un alcali; mais il suit de nouvelles expériences dues au même chimiste ( Journal de Pharmacie , tome X , page 4^9)9 que Je principe irritant des daphné est une huile volatile; que c'est à l'époque de la végétation de ces plantes qu'elles doivent avoir le plus d'énergiç, parce qu'elles contiennent le plus d'huile volatile ; que cette huile, se convertissant peu-à-peu en résine, la force irritante des daphné diminue en proportion ; que cependant la résine , à mesure qu'elle se forme, s'oppose à ce que le reste de l'huile éprouve le même changement , et que telle est la raison pour laquelle les garous anciens conservent encore de l'action sur la peau.
M. Vauquelin a terminé son premier mémoire par une réflexion trop importante pour que nous ne la citions pas : « Il <( paraît que les substances végétales acres et caustiques sont « huileuses ou résineuses ; et ce qui n'est pas moins remar- « quable, c'est que les plantes qui recèlent des principes acres « et vénéneux ne contiennent point ou presque point d'acide* « développé ; que conséquemment on doit se défier des plante tes qui ne sont point acides , et qu'au contraire celles où « il y a des acides développés ne doivent point inspirer les « mêmes craintes. )> <
2689. Ecorce du houx. — Cette écorce sert principalement à la préparation de la glu. Pour obtenir cette matière , suivant M. Bouillon -Lagrange , il faut prendra la seconde écorce du houx , la piler, la faire ensuite bouillir pendant quatre à cinq heures avec de l'eau; puis la retirer du bain, la placer dans des pots de terre à la cave , l'y enterrer même , et l'y laisser jusqu'à ce qu'elle soit pourrie ou jusqu'à ce qu'elle devienne visqueuse , en l'arrosant de temps en temps avec un peu d'eau : l'écorce se trouve alors transformée en glu , qui , pour être
{>ure , n'a plus besoin que d'être lavée avec de l'eau ordinaire. 1 parait que la glu peut encore être préparée avec le gui de toute espèce d'arbres et plusieurs autres matières végétales.
M. Bouillon-Lagrange est presque le seul qui en ait examiné les propriétés avec quelque soin : ce que nous allons dire est tiré de son Mémoire. {Ann de Chim.^ \. v^\^^% il\^
n FORMATION DES SCBSTANCES TÉGÉTALES.
La gla e5t verdâtre, filante et tenace; sa sayenr est amèn et son odeur analogue à celle de Thuile de lin. Imposée à rair, elle se dessèche un peu et brunit y elle se fond au feu , s'allume , et brûle vivement en se boursouflant et sans rëpandic l'odeur qui caractérise les matières animales.
L'eau ne la dissout point; elle en sépare seulement un peu de mucilage, d'acide acétique et de matière extractive; elle est, au contraire , soluble dans les alcalis et dans rétlier sulfurique. Les acides 'faibles la ramollissent et la dissolvent en ])arlic. L'acide sulfuri((uc concentré la noircit et la charbonne* L'acide azotique la jaunit et la convertit, partie en acides oxalique et maliquc ou plutôt oxalliydriquc, et partie en résine et en cire. Le chlore la rend blanche et solide. L'alcool en sépare une certaine quantité de résine et d'acide acétique.
Ces expériences nous font donc apercevoir, dans la glu , de la résine , du mucilage , un peu d'acide libre, de la matière colorante et une matière extractive ; /a résine de la glu est li substance connue aujourd'hui sous le nom de viscine. {fonrnd l'Institut, i8349 p« a )•
2690. Ecorce du laurus cinnamomum, — Le laurus cinna* momum est un arbre que Ton cultive à Ceylan , en Chine et à Cayenne, pour en récolter Fécorce intérieure. Cette ecorce est la cannelle , qui se trouve toujours dans le commerce sons forme de longs morceaux roulés sur eux-mêmes et très castans. La cannelle doit son odeur aromatique et sa saveur jpi* quante à une huile essentielle que l'on peut extraire, en fai* saut infuser l'écorce dans l'alcool, et en séparant ensuite celuici par une douce chaleur. D'enviaon 5oo grammes d'ëcorce, Nutnann n'a retiré que 3 grammes d'huile. ( Voy. n® !2246)«
M. Vauqueliii a fait, sur les cannelles de Ceylan et de la Guiane, des recherches qui tendent à prouver, i^que la can* nelle , indéi)endamment de l'huile dont nous venons de parler^ contient du tannin, une matière végéto-animale colorante unie au tannin , un acide qui rend soluble dans Teau la combinaison ])récédcnte , et une certaine quantité de mucilage ; ao que par couséijuent , lorsque les médecins administrent la cannelle , soit en poudre , soit en infusion , soit en teinture alcoolique , ils donnent un mélange de toutes les matières que nous venons de nommer ; 3» que la cannelle de Ceylan diffère de la cannelle de la Guiane, en ce que Thuile de celle-ci est plus acre et en quelque sorte plus poivrée que celle de la pre* roxkrQ.{Journ. depkarm.y tom. m,pag. 433.) Voyez dailleurs ce qui a été dit sur l'huile de cannelle (a446).
3691. Ecorce de la racine d'orcanette {^Uihospermum tinc^ ioriutr * ^ . (Cette ecorce oonlient Tin«» matière colorante
SKI ÉCX>KCE». W
ronge , dont M. J. M. Haussmann a parle dans le soixantième Tolame dea Jfm. de Chim.^ que M, Pelletier a examinée d'une manière toute fiarticulière dans le sixième volume du Ballet, de pharm. , pag. 445 , et dont il a donne l'analyse dans le cinouante-et-unième volume des j4nn. de Chim. et de Phys, C'est d'après la dissertation de ce dernier chimiste que nous allons tracer l'histoire de cette matière colorante , à laquelle il a donné le nom dL€Uiide unchusique.
Le procédé le plus direct que l'on puisse employer pour obtenir la matière colorante de la racine d'orcanette consiste à diviser l'écorce de cette racine , à h mettre en contact avec de l'éther qu'on renouvelle plusieurs fois , et à faire évaporer la dissolution éthcrée : le résidu est la matière môme dans son plus grand état de pureté.
Ainsi obtenue , cette matière est solide , d'un aspect analogue à celui des graisses et des résines , d'un rouge si foncé en masse qu'elle parait brune ; sa cassure est résineuse.
Une chaleur de 60 degrés suffît.pour la fondre^ distillée en vaisseaux clos , elle se décompose complètement à la manière des substances organiques, à moins que la chaleur à laquelle on la soumet ne soit ménagée soigneusement : car alors il s'en volatilise une partie , sous forme de vapeurs rouge-violet 9 qui ont de l'analogie avec celles de l'iode.
L'air ne l'altère pas ; la lumière finit par en affaiblir la teinte.
L'alcool, les huiles, les corps gras, l'acide acétique, et surtout l'éther, dissolvent facilement la matière colorante de Torcanette, et prennent une teinte rouge plus ou moins foncée.
L'eau n'en dissout qu'une quantité presque insensible ; voilà pourquoi , lorsqu'on verse de l'eau dans une dissolution alcoolique assez cencentrée de matière colorante 9 celle-ci se précipite tout-à-coup •, dans cet état de division , elle s'altère
Sromptement en portant la liqueur à l'ébuUition : elle passe 'abord au violet , puis au bleu foncé. L'eau bouillante , mise en contact directement avec la matière , lui fait aussi éjprouver de semblables altérations , mais beaucoup plus difficilement.
L'acide sulfurique faible est sans action sur la matière co<» lorante de l'orcanette. Celui qui est concentré la dissout à chaud avec dégagement de gaz sulfureux. L'acide azotique la décompose en donnant lieu à de lacide oxalique , à une petite quantité de substance amère, etc. L'acide chlorhydrique ne Tattaque pas.
Le chlore la décolore à l'instant.
Les alcalis en se combinant avec elle changent sa couleur en un très beau bleu.
Plusieurs dissolutions salines produisent , dans \a dL\s%c\u-
49 FORMATION DIS SGBSTAKCES TéGÉTALES.
l'École de Médecine de Paris, ou l'extrait qui en a été d<mii^ dans \e Journal de Pharmacie ^ t. m, p. J^g^. Voyez tLV^lt Mémoire de M. Planche sur la résine de jalap , /• de Pharm,^ t. XIII, p. a65.)
2699. ^^^^ ^^ curcuma hnga. -— Cette racine , que l'on ' connaît aussi dans le commerce sous le nom de terra meriia^
Srovient d'une plante qui croît dans les contrées méridionales e l'Asie •, elle est riche en couleur ; on en tire le jaune orangé le plus éclatant que l'on connaisse; mais malheureusement U n'a point de solidité. On s'en sert quelquefois pour dorer les jaunes de gaude et donner plus de feu à l'écarlate^ÛB remploie également pour préparer le papier de curcuinR^vec lequel il est si facile de reconnaître la présence des alcalis , parla nuance rouge qu'il prend tout de suite.
L'analyse n'en a été faite que par MM. Vogel'et Pelletier. Suivant eux , la racine de curcuma est formée , i** d'une matière ligneuse; a" d'une fécule amilacée; 3^ d'une matièrt colorante jaune particulière; 4° d'une matière colorante bnmfi analogue à celle qu'on retire de plusieurs extraits ; 5** d'une petite quantité de gomme; 6" d'une huile volatile odorante et très acre ; y^ d'une petite quantité de chlorure de calcium.
La matière colorante jaune présente beaucoup d'analogie avec les résines. Cependant MM. Vogel et Pelletier pensent , qu'à raison de sa grande solubilité dans les alcalis , de l'action qu'exercent sur elle les acides concentrés, et enfin de l'ensemble de toutes ses propriétés , elle doit être regardée comme une matière particulière. (/. de P/iarm., 1. 1, p. 289.)
2700. Racine de gentiana lutea, — On sait seulement qu'elle est amère, fébrifuge, qu'elle croît spontanément , etc., et que MM. Henry et Caventou en ont retiré , i® un principe odorant** très fugace; 2° un principe amer, jaune, cristallin (gentianin); 3° une matière identique avec la glu ; 4° une matière huileuse, verdâtre , fixe ; 5^ un acide organique libre ; 6^ du sucre incristallisable; 7** de la gomme; %^ une matière colorante fauve; go du ligneux. (Journ. de Pharm., t. vu , p. i83.)
2701. Racine de glycyrrhiza glahra ou réglisse. — En traitant la réglisse par l'eau , on obtient une dissolution qui, éva-
I)or4i convenablement , donne lieu à une matière sucrée quft 'on appelle ordinairement y mi de réglisse, 11 était nécessaire de rechercher si la saveur de ce jus n'était point due à la présence d'un véritable sucre : c'est ce que M. Robiquet a fait il y a quelques années. Il résulte de ses expériences que la réglisse est composée de fécule amilacée , d*albumine végétale , d'une matière sucrée qui depuis a reçu le nom de glycyrrhizine , des acides phosphorique et malique combinés à la niagitésie^ d'mit
DÏS EACINES. 4S
kuîle résineuse brune , épaisse et acre, d'asparamide , et enfin d*mi tissu ligneux. ( Foyez no a545 et Ann. de Ch. et de Phys.^ t; hsxii , p. 143.)
3702. Racine d!* ipécacuanha, •— Cette racine , réduite en poudre , se prend à la dose de 14 à 1 5 grains , comme ëmétlque, sous le nom A^ipécacuanka : elle est noueuse , inégale , de la grosseur d'une petite plume et d'une couleur très variable ; elle provient d'une pknte qui croît spontanément au Brésil. On n'a commencé à l'employer en médecine que sous le règne de Louis XIV, épooue à laquelle elle fut essayée à l'Hôtel-Dieu.
Uii assez grand nombre de recherches ont été faites sur l'îpécacuanha : les plus remarquables , sans contredit , sont cefles qne MM. Magendie et Pelletier ont publiées AdmsXe Journal de Pharmacie , tom. m , pag. i43. Il résulte de leurs expériences, I® que l'ipécacuanha doit ses propriétés médicales à la sub* stance particulière que nous avons fait connaître précédemment so«s bre
que
sur reconomie animale , qu la dose de quelques grains 5 4® q^c les trois espèces d'ipécacnanha usitées , l'ipécacuanha brun, l'ipécacuanha gris et l'ipécacuanha blanc, sont composées de, savoir :
Partie corticale de t ipécacuanJui Partie ligneuse interne ou meditulUum brun. de Vipécacuanlta brun.
Eniétine 16 f** I,1S
Gomme 10 5,oo
Amidon , 4a »o,oo
Cire végétale 6
'^ Ligneux ao 66,60
Matière grasse huileuse a des traces.
Acide gallique des traces. des traces.
Matière extractive non vomitive. . . ». a, 45
Perle 4 * 4|8o