CHAPITRE VIII
pes procédés par lesquels on peut reconnaître à quelle classe de corps j et par conséquent à quel chapitre appartient la substance qu il s'agit d'examiner.
3 143. On doit se rappeler que cette partie du traité comprend huit chapitres, indépendamment de celui qui est consacré 8iUJi poisons*, que nou^ noxiA «o«i\£kfi& occupés, dans le
DS L*ANALTSË DES DlFFÉEËNS COUS. 40i
premier^ des manipulations communes à un grand nombre dTanalyses; dans le second, de Tanalyse des gaz ; dans le troîsiëmcy de celle des corps combustibles 5 dans le quatrième, de celle des oxides et des acides; dans le cinquième, de celle des sels^ dans le sixième, de celle des eaux minérales; dans le septième, de celle des substances organiques; et que dans le huiueme, qui est celui-ci, nous devons traiter de fart de reoonnaitre à quel chapitre ou à quelle classe le corps à analyser appartient. Nous supposerons d'abord que ce corps ne &sse partie que d'une seule classe*
lo H sera toujours facile de savoir s'il appartient à la seconde, puisque celle-ci ne se compose que des substances gaxeoses.
a® Rien de plus facile aussi que de reconnaître s'il fait partie de la sixième, qui ne comprend que les eaux minérales : alors fl sera liquide, et proviendra de sources salines, ou ferrugineuses, ou sulfureuses, ou acidulés.
30 On reconnaîtra avec la même facilité s'il est compris dans la septième classe, où se trouvent réunies toutes les substances organiques : ce sera de le projeter en petite quantité sûr ^ des cbarbons incandescens, ou bien de le soumettre à l'action du.f eu dans une cornue ou dans, un tube de porcelaine. Alors , il se cbarbonnera, laissera dégager beaucoup de gaz, et donnera lieu aux divers produits qui proviennent de la décomposition des matières végétales ou animales par le feu.
40 Pour savoir si le corps fait partie de la cinquième classe, mji renferme les sels, il faudra le soumettre à diverses épreuves. L'on commencera par examiner ses propriétés physiques, sa couleur, sa forme, sa saveur, son action sur les couleurs. Souvent, surtout lorsqu'il sera sapide, il suffira de ces propriétés pour résoudre la question. Lorsqu'elles ne suffiront pas y il laudra avoir recours aux propriétés chimiques.
S'il estsoluble dans l'eau, on l'y dissoudra, et Ton y versera, à la manière ordinaire , une dissolution de potasse, ou de soude, ou de carbonate de potasse, ou de carbonate de soude; s'il est insoluble, on le traitera, à la chaleur de l'ébuUitiûn, par une dissolution de l'un de ces deux carbonates ; et ordinairement, si ce corps est un sel, à moins qu il ne soit à base de potasse , de soude pu d'ammoniaque , il en résultera un dépôt de carbonate ou d'oxide facile à reconnaître. Dans le cas où ces moyens ne réussiraient pas, il faudrait avoir recours à la calcination avec les alcalis caustiques ou carbonates, ou au traitement par les sulfures, comme il a été dit (3o88).
L'on recherchera d'ailleurs et l'on reconnaîtra la préseMe d'iu acide dans la matière ipline présumée, en la traitant
y» sixième étUiiom^ ^^
comme' nous avons dit au sujet de la détenxxLDatioB genres de sels (3o8 1)«
Ajoutons à ce cjui précède, ou pïutftl rappelons que tos les sels ammoniacaux sont reconnaissables à Todeurvîve d**aoH moniaqiie qui se dëgage subitement dé leuD mélange avee la. «haux- éteinte; qu'aucun sel à base de potasse ne laisse aWn exhaler d'odeur, etaue tous, en dissolution concentk-éè,iir&î^ pitent enîaune les dissolutions de platine également .coacentréer. Enfin , observons que les dintren» sels de potasse et de soude sont au nombre de ceux qu on reconnaît le plus aisément comme sels, même parleurs seules propriétés pliysiques.
Ainsi donc l'on voit que , lorsque le corps à examiner sent compris dans la cinquième classe, il sera: toujours possihlb.& le savoir au moyen d'un petit nombre d'essais^
5^ La quatrième classe comprenant les acidies et lésoxi3ei} miBéttiux solides ou liquides , il ne sera pas difficile dé reconnaître si un corps en. fait partie, lorsqu'on se sera assuré-qpST n^appartient à aucune des classes précédente».
Eh effet, les acides se distingueront par la propriété & rougir lar^ teinture, de tournesol ou de neutraK&er les bagfft sadifiables;
Les oxides à radicaux métalEques se reconnaîtront par lènisi propriétés physiques , et- surtout par là progriété qu'Us! ont de former dès sels avec les acides, propriété qui n'existe.
Î)Our quelques-uns qu'après avoir été chauffés au rouge, avec a: potasse causti( nombreux, ne 1
J)eu vent' être transformés en acides par la caicmaiioni avec e*mtres D'ailleurs, la plupart sont . rédùits/, soit par la cha-' leur seule , soit: par l'action de l'hydrogène ou dii charbon*
ne pourra: les confondre avec aucun autre,. en ayant ég«rd aux caractère3tjpi ont été exposés (if'volùme);
6é Ehfiix, comment reconnaître si un corps quin'èsjt ni gazeux, ni salin-, etc., fait partie de là troisièine classe , q\ii cornprmd? i^'lès corps combustibles, non métalliques solides»* a'^lès-métàttr; 3!^les composés^ combustibles metalliques^oac leralliages ; , 4<» I^ composée combustibles non métamàues soliâes-et liquidés; S^ lès composée iCombustiblès mixtes-?;
D'abord ^ppr.celâjuême qu'iln'àgpartieodi'a point aux autres classes, il<8era naturel de penser qu'il appartiendi^aji cellè-cî. Les corps combustibles simples, non métalliques solides* seront iadks'à reconnaître aux oaractètts q^i leur ont été assigna
FOKOm HmÉ&AUX. 40S
^g^o); 3 en sera de même des composés combustibles solides on liquides, non métalliques et non acides ( FoyczXe pretnier yolume). On distinguera les métaux , les alliages et la plupart des composés combustibles mixtes par leur brillant y nar leur pesanteur spécifique , qui , excepté celles du potas- (dum et d!u sodium , est toujours très grande ; par leur action sur Pair , sur Pacidc azotique ou sur Veau régale, et par les nroduits qui en résulteront \ enfin, par la ductilité que possèmSnt plusieurs de ces corps. Quant a ceux des composés cornbustinles mixtes qui n'auront pas l'éclat métallique , et qui consistent en fluorures , cblorures , bromures , iodures et en qnelque» sulfures , phospbures, séiéniures, liydrures et azotùres, ou les reconnaîtra aussi, du moins comme corps appar* tenant à la troisième classe , en considérant leurs propriétés physiques et leur action sur l'air, l'acide azotique et Peau régale : il sera bon d'y joindre l'action de l'eau et celle del'azotfttè dépotasse , et d'examiner, dans tous les cas , les produits ^m se formeront. Ne perdons pas de vue toutefois que les fltiorures, chlorures, etc., peuvent être considérés comme
seb.
0taiment serait-il possible de s'en assurer? Le problème deviendrait bien plus compliqué; ce ne serait souvent qu'en fiisant un grand nombre d essais qu'on y parviendrait , et
S!ed se guidant par les phénomènes que 1 on observerait. Il ftit difficile de donner des règles générales à cet égard.
eimpiTRE ce.
Gomidérations sur VoiuAyse' d&r poiêùmv
3i4S* Les substances capables d'occaslonei; deft empoisoiifv «emensà des doses plus ou moins fortes sont 4^èsinom))reu$e9» MfH peuvent être de nature minérale ou^ or^niqae*
▲ETIGLS I.
Poisons minéraux. ^
3s4fi* Les poisons minérauv^ ae- recônmitront en génânil tlf iliffif y Itë d'après le» oaractèrea e&pesta> diii% Wk ddvÔ!'^^s»b
précédens, à moins qu^étant assez actifs pour manifester mcme h très faibles doses, leur influence vénéneuse , ils ne iy rencontrent qu'en très petite quantité, disséminés dans beaucoup de matières vcgclales et animales. Tels sont prindpalement divers composes métalliques.
Parmi ces composés, les uns sont fixes . ou du moins doivent leur propriété vénéneuse à un principe fixe 5 alors il faut d^ truirc par l'incinération les matières organiques qui les aocom-
Sagiient. Les autres sont volatils ; dans ce cas , il convient de écomposer ces matières par l'acide azotique. Cette opération s'exécute en faisant bouillir Pacide dans ime cornue tubulée avec le mélange où l'on suppose le
5 oison y renouvelant l'acide lorsque la majeure partie en a été étruite et vaporisée , et réitérant cette addition tantqu'îl se produit des vapeurs rouges d'acide hypo-azotique. LaBqnenx est ensuite évaporée pour concentrer la substance vénéneuse. Nous ne nous occuperons ici que des poisons cuivreux, plimi- Ëeux, mercuriels , arsenicaux , antimoniaux.
3i47» Poisons cuivreux. — Il faut, après s'être débarrassé des substances végétales et animales par la calcination au contact de l'air , traiter à cbaud le résidu par un excès d'acide azotique, évaporer la liqueurpresque à siccitépour chasser k
{>lus grande partie de l'excès d'acide, puis l'étendre d'eau , la illrer et la concentrer convenablement. Elle sera bleue, si la quantité de cuivre est un peu notable. Dans tous les cas, k présence de ce métal y sera démontrée par la manière dont elle se comportera avec l'ammoniaque, le cyanure jaune de potassium et de fer , la potasse caustique , l'acide sulfhydrique, le fer métallique (ii53). Pour que ce dernier caractère , qui est l'un des plus importans,se manifeste facilement, il convient de transformer l'azotate en sulfate : à cet effet, l'on versera sur l'azotate un peu d'acide sulfurique; l'on chauffera la dissolution jusqu'à ce qu'elle commence à se dessécher, et l'on fera dissoudre la matière saline dans l'eau. Un très petit barreau de fer bien décapé suffit pour faire l'épreuve ; car le cuivre précipité est d'autant plus apparent qu'il se trouve étendu sur une moindre surface.
Est-il d'ailleurs besoin d'ajouter qu'il est absolument indispensable d'effectuer ces divers traitemens à l'abri de toutes les causes qui pourraient y porter le métal soupçonné ?
3 148. Poisons plombeux. — -Le résidu de l'incinération traité par l'acide azotique , comme pour la recherche d'un sel de cuivre, donnera de l'azotate d!e plomb, pourvu que le composé vénéneux n'ait point été transformé en sulfate, ce qui jpoiUTâit être le résultat d'une double décomposition pro-