‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 3)Chapitre 14 sur 164 · DES FEUILLE · texte numérisé non relu

DES FEUILLE

ses principales propriétés , il n'en a examine que le suc qni ren- Eerme, outre l'eau, i^ une substance animale dont une partie se coagule par la chaleur, et dont une autre reste en dissolution à la faveur d'un excès d'acide acétique ; :i^ une substance solu* hle dans l'esprit-de-vin , qui a uiJLsaveur amére et nauséabonde , et à laquelle la belladone aati son action sur les animaux ^ c'est cette substance que le docteur Runge a obtenue plus pure, et qui , reconnue actuellement pour un alcaloïde, a rebute nom à atropine (2194)^ 3^ de l'azotate, du sulfate de

Sotasse, del'oxalate acidulé de potasse, de l'acétate de potasse, u chlorure de potassium et de l'acide acétique : le principe acre du tabac ne s'y trouve pas en quantité sensible, (jénn. eU Chini.y t. Lxxii , p. 53.)

ayio. Feuilles du cassia senna. — Ces feuilles sont employées en médecine , sous le nom de séné , comme purgatives. Elles viennent principalement d'Egypte , où croît l'arbuste qui les pcoduit. Elles ont été analysées par MM. Lassaigne et FeneuUe; ils les regardent conune composées de chlorophylle ^ d'une huile gcêsse , d'une huile volatile peu abondante , d^albumine , d'un principe purgatif (calhartine ) , d'un principe colorant jaune , de muqueux , d'acide malique , de malate et de tartrate de chaux , d'acétate de potasse et de sels minéraux. [Ann. de Ck. etdePhys.y t. xvi , p. aa.)

^'ji t. Feuilles de la gratiole {graiiola officinalis). — Le suc de gratiole est un purgatif assez violent. Vauquelin , désirant connaître le corps auquel il doit cette propic té, a soumis ce sue à l'analyse. Il en a retiré i^ une matière gommeuse, colorée en brun ; 2° une sorte de matière résineuse très amère , très loluble dans l'alcool , soluble dans l'eau , surtout à la faveur (les autres principes du suc de gratiole; 3" une petite quantité de matière animale \ £^ un malate qui paraît être à base de potasse, et une assez grande quantité de sel marin. Vauquelin ne doute pas que ce ne soit dans la matière amère que réside la vertu pitfgative. {j4nn, deChim. , t, lxxif, p. 191.)

2712. Feuilles de Fisatis tinctoria et detiiidigofera arûL — Voyez ce qui en a été dit (2586, 2587 et la note t. iv, p. 665.

271 3. Feuilles du nicotiana tabacum latifolia. — C'est avec les jteuilles de certaines espèces de nicotiane, plantes que l'on cultive dans un grand nombre de pays, que l'on fait le tabac. U s'obtient en général en faisant fgrmenter les feuilles jusqu'à. un certain point, les séchant et les réduisant en rubans ou en poudre, selon l'usage auquel on les destine : il était donc intéressant d'analyser ces feuilles.

Vauquelin a fait Yanaiyse de celles du nicotiane^ tabacum

latifoUa(jinn, de Chim. ,toni. Lxxi,p. iSg.) Elles contienneii^^ i' une grande quantité d'albumine; a^" une matière tok^ soluble dans Talcool et dans Teau, qui se boursoufie consioP^ rablement lorsqu'on la chauffe, et dont la nature n'est poif'^^^ encore bien connue^ ^i^^ principe acre, volatil, incokH légèrement soluble dansl^au, très soluble dansTalcool; 4''l'''l^ la résine verte, semblable à celle qui eiciste danstouteslesfeaiDeÉr^ 5** delà fibre ligneuse; 6° de Tacide acétique; 70 de l'azoul de potasse et du chlorure de potassium ; S'' du cblorliydiil| V^ d'ammoniaque; 9" du malate acide de chaux, de Foxalatei du phosphate de chaux; 10° de Foxide de fer; i l'-'de la sifio C'est au principe acre, principe très voisin des huiles^ V^4 ? tabac doit ses propriétés. 1 ^

Après avoir fait cette analyse, Vauquelin s'est occupëd celle du tabac, pour connaître la différence qui existe entil ^ ce produit de la fermentation et les feuilles qui le fonmissentl il a retrouvé dans le tabac les mêmes substances que celles ou ^ existent dans la plante verte, et de plus du carbonate d'amioli ^ Iliaque et du chlorure de calcium , provenant sans don ' de la décomposition mutueUe du chlorhydrate d'ammoniaqn et de la chaux qu'on ajoute au tabac pour lui donner du mon \ tant [Annales du Muséum d^ H istcire naturelle, tom. xiv , p. 21.H MM. Possclt et Reimann ont relire du tabac un alcaloïde H-l quidc, jouissant de propriétés très énergiques. V) /zicofàrl (tom. IV, p. 298). r

Des Jleurs* 1

2714» Les fleurs sont surtout remarquables par la variété. I par l'éclat de leurs couleurs , et par la diversité de leurs par-l lums. Ceux-ci sont dus à des huiles essentielles, et les couleais 1 à des combinaisons diverses entre les trois principes qui coi^l s ti tuent la masse des végétaux. Le parfumeur met à profit le» 1 uns; il les extrait par la distillation. Les autres sont en génénl I trop fugaces pour pouvoir être fixés : aussi les fleurs , séparées 1 des branches qui les portaient, ne tardent-elles point à K ternir.

Fleurs bleues y violettes ou pu7j)urines. — Ce sont les phtf altérables; les acides les rougissent, et les alcalis les veraifsent ; quelques-unes , en raison de cette propriété , nous servent de réactifs , telles quofc celles de violette, de mauve, de guimauve. Leur principe colorant n'a point encore été isolé} il est presque toujours soluble dans l'eau.

Fleurs rouges. — Elles sont r issî altérables que les

fleurs bleues \ les alcalis les ; 'es acides , au con*

DES STTGMÀTE8. 49

traire 9 les avivent. On n'a encore isolé que le principe colorant de Pane d'entre elles, de celle dn carthamus tinetorius (aSSp). Ce principe est insoluble dans l'eau; maik celui de pr^qu« toutes les autres fleurs s'y dissout.

Fleurs jaunes. — Ce sont les fleurs qui s'altèrent le moins^ aussi , en se desséchant , ne perdent-elles que très peu de leur teinte. Elles communiquent leurs matières colorantes & l'eau. Les acides en affaiblissent la nuance; les alcalis là rendent presque orangée.

On n'a encore analysé que quelques espèces de fleurs ; savoir: celles d'oranger, celles de carthame, etc. M. BouUay a tirouvé que les premières contenaient , outre Thuile volatue> de l'albumine , une substance jaune, amère , soluble dans l'alcool et dans l'eau , insoluble dans l'éther ; une matière gommeuse , de l'acide acétique et de l'acétate de chaux (iSu^^f. dePhann.^ tom. i, pag. 337). ^^ composition des secondes^ «uivant MM. Dufour et Marchais, est neaucoup plus compli* quée. (J^of. leurs Mémoires, Arm. de Chim.j tom. xlviii^ S^. si83; et tom. l, pag. 73.)

Fleurs de houblon. — Cette fleur est employée, comme on . sait , dans la préparation de la bière. Il paraîtrait , d'après MM. Planche, Yves , Payen et Chevallier, que ce ne serait pas la fleur par elle-même qui serait utile; que ce serait une matière jaune , granulée, qui se trouve dans les cônes écailleux ou Îlutôt sous les aisselles des écailles membraneuses des fleurs ^melles. Cette matière est d'un jaune doré, en petits grains^ et de nature résineuse. Son action est dix fois plus grande que celle du houblon. Le docteur Yves lui a donné le nomjde /mpuline» ( Voy. Journ. depharm.y tom. viu , pag. 209.)

Des stjrgmqtes.

27 1 6. Il n'y a que MM. Bouillon-Lagrange et Y ogel qui aient lait quelques expériences sur les stygmates.; et encore ne ^e lont-ils occupés que de ceux du safran (^crocus satwus), et o'ont-ils eu pour objet que d'en extraire la matière colorantefli , suivant eux , est toute particulière.

Pour l'obtenir, il faut faire chauffer l'infusion aqueuse ders Higmates de safran jusqu'à ce qu'elle soit réduite en consistance d'extrait , traiter cet extrait par l'alcool concentré , filtrer la liqueur et l'évaporer à siccité; le nésidu, d'aprj^ oes chimistes, est la matière colorante pure.. M^^is, comme cette matiëre n'est pas cristallisée , il nous semble qu'on ne saurait répondre de sa pureté , et qu'elle est probablement mêlée avec quelques substances étrangères. Quoi qu'il en soit, voici les propriétés que présente la matière colorante du s afran^ .

T. Sixième édkici. ^

Son odeur est suave j sa saveur est piquante et amère. Sofr mise à Taction du feu , elle se décompose , et donne de Tainmoniaque, indépeiAdamment des produits qui proviennent delà distillation des matières végétales. Sa dissolution aqueuse, exposée pendant quelque temps , dans un flacon bien bouché 9 aux rayons solaires, se décolore entièrement. Mise en contact 9 à la température ordinaire, arec les acides sulforique et azotique, elle offre des phénomènes remarquables : le premier lui communiqq^ une couleur d'un beau bfeu cVindigo qui passe ensuite au lilas , et le second une couleur verte. Le clilove la blanchit et la détruit sur-le-champ. Le sulfate de fer y foi&ne un précipité d'un brun foncé ; mais Facétate de plomb avec excès d'acide ne la trouble point.

La matière colorante du safran n'est aucunement solubk dans les huiles fixes ni dans les huiles essentielles \ elle se dissout entrés petite quantité dans l'éther, se dissout, au contraire , en assez grande quantité, dans l'eau et dans l'alcool) et se combine avec la chaux , la potasse et la baryte.

Les diverses nuances de couleur que cette matière présente avee les réactifs ont décidé MM. Bouillon- Lagrange et Yogeli lui donner le nom de polyckroïte , de deux mots grecs , ^itdXvç, plusieurs^ et ypa , couleur. {Ann. de Chim.y t. lxxx, p. 188.)

M. Henry père , qui a repris le travail de MM. Bouillon- Lagrange et Vogel , pense que la matière colorante du safran , dans l'état où Tout obtenu ces deux chimistes , renferme toujours de rhoile volatile , et que cette huile a une grande influence sur 1^ propriétés de la matière colorante. {Jourru de pharm.f tom. vu , p. 397.)

Du pollen.

2717. Le pollen ou la matière fécondante végétale a été analysîée successivement par divers chimistes, entre autres pat Foairoroy et Yauquehn, Bucholz, Braconnot; tous y ont trouvé une substance azotée qui paraît être particulière, et à laquelle on a donné le nom de poUcnine. (iv^e yoL, p. ôiJ^)*

Fourcroy et VauqueUn ont trouvé daas le pollen du dattier (phœnix dactilifera) de la poUénine, de lacide maliqae , du phosphate de chaux et du phosphate de magnésie. ( Ann. duriâuseum d'kUt. natur.^i , 4ï7-5

Budiols claiHiUim 60 d'une mucilage, (-i/i»- de Chtm., ui , 3a3.)

Suivant Braconnot, le pollen du typha lati/olia^ L., que r . xecueilHr en très grande qp»*'»-^, est composé de.:

Page 1