‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 3)Chapitre 151 sur 164 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Da ré$tU des éiémens dans le* corps composés.

.3i86« Nous avoiis vu dans les cliapitres nrécddens nue Ips .«tome» d'un m£mt corps peuvent |. en s'agregeant de diverses manières, constituer des produits plus ou moins dissemblttbles /fn polymorphes. Nous n^avons rien à ajouter aux considérations ^Séveloppëes sur cet objet.

Nous avons vu également que les atomes qui conslituenl

ÎEPie molécule composée peuvent,, sans changer de natme et i\v

^bmnbre, mais en ^associant de diverses fiions , produire des

mrps tout-à-fait différens, que nous avons oonsuiérés comnu?

iiomériques. Nous avons raisonné dans ce dernier cas, com-

e si les idées génâ^lcment admises parles chimistes sur la

tare des combinaisons étaient tout-i^ait démontrées. II

s reste à chercher maintenant si , en effet , ees ^pînioiM

laoïit fondées sur la nature des dioses, oiibten s: en les supposant

-inezactes , il nV aurait rien I modifier dans les seniioens que

'eMiosanms exprimés wat k oonstitotion des eofps isonériquen.

Pour rendre en quelqnesmots noire pensée, nous dirons qi&c

^^Mmi avons admis que, dans les sels , Tmàe et la base •« Uou-

^"jÊon oombkiés sans avoir perdn leur suture propre , ei qu'il

' ^BHtnuôntenast prouver qiril en est ainsi. Uians le«as<>ùla

'^wmmïït I iitîcm lataMrvit trop et doute, il faudrait iaire v^mi'

'i^ moins que les ci^itnîona âmses préeédeasment demeurent

jwtarlrs, qnel que aoîtfafrannement moiéeul<ire<{Ut l'«i aoit

'yntté 1 supposer dans les tewonplns ^éoéraletuent dans les

cons composés quijlconqnes*

ronr mettre ^udme <irdredaaa ocdite ^s«si8iÂ0U. ^^^:3«^A ^ noms ncmmtrmê iljiJwid k Mtast 4^ 0OBiM«te >»tf»âs^ ^

4fti '. ' FHHOSOraiB CBttUQvit 1.7

c*ë9t>Â'>dîr« le CM le taûiDS cornplHpi^. Quaqddein«qEpinin' plMseMtnbmeiitde manièrei coiutifaier un '■""■piné ftîiiittrc vmquoy il De peut y axait deux maniècea de se reprdseatar. U conpoGé. Ma» . ijuand les mtiDes corps donaent. nustance, 1 plutieun combiBaiaoDs , il est ëvidut qu'on peutfbnnerplB-

siettrs byp»tbè«ea sus leorr mode d'agré^tioa : --. '

' ïiisqa-iot nodl avons admUle pl^i simple de tons, -qui ofat sistj à-dire-^ue, dans niie'riA'ie'da coubinaiioQs. bmucetfxc Mîrt toujoars -le» âfmawwémet qjâ s'urnsseuL Ainsi ^«i ht ténlB Aa'cmaftaéa-^Votàfgiuï tlie l*«Kiteï ,. -,

' ■ Nott-ayiinSfihi^tfrrioïii^qtte IfaBoté M>«èi^W'di'' «ctement avec l'oxigètie. Cependant, il y a des cas où l'on se trouve involontairement conduit à faire une hypothèse dilTérente. Ainsi,(juanclj'aidecouveitlebi-oxide d'hydrogène, l'cDsemble de ses proprii^p's m'a conduit tout naturelle-mentale designer sous le nom d'eau oxigénée. Si plus tard , pour ne paj choquer les habitudes de la nomenclaluie, j'ai adopté l'autre dénomination , celte que j'avais préfériîe d'abord n'en indique pas moicfs une vue de l'esprit, plus en harmonie peut-être avec la taanière d'a^r de ce corps remarquable.

Or, quand d s'agit de reprtstntcr tes résultats de l'analyse Je celte substance, il est indiîfûrent d'écrire: H'O' 011 bien U'O-f-O.

Mais, quaadils'agitd'cnie^mirimef la.nMienature,Iedwîi i n*«stplâ*.uiuiinportance, et iln*estpl)fBpet]^de «jljj^iTQ- Isnté biTOKide d'nydrojgène ou $au Qfigén^.

On pa saurait met HU« la cpnyersiim » fi&ja^nts et ^ itqllt de cv corps en eaç. ç^ okigèoe , ne lejublç iQdifjiier VfcfexifitèKce de l'eai^-daps »a compgo^Uo^^ ,

Cependant, ooijua^ l'eau est m poinpos^^és atabûf yt owçoit ts«s diffi^té, 4'a'itTP pa|^t,-qu^^^mâp4 B^nje çIJb « ^éexistcarait Doiiit, elle pourrait su former Jaus les cîccooataocet.où l'eau oxigt-iiéo se décompose. .'D'après ceUtj'ai dû rester dans le doute, et dès-lors le nom de bi-pxide d'hydrogcue emprunté au système général delà noment^ture a prévalu dans mon esprit. D'ailleurs on conçoit cp»e al je m'étais écarté des règles adoptées jusque-là , îl aurait lallu wm-seulernent se décider par des motifs réels dans le ckoix.dt' l'une des formules, mais aussi dans l'exclusion. des - aittres. :¥^ effet , on peut se représenter l'eau et l'eau oxîgéuée pat les trois systèmes de formules qui suivent : n^i pTOlaivde d'bjdrogèiie, }l^0^, ])i-a\itte d'hydrog£ne.

DE L'ÉTAT DES ÉLÉMENS DaNS tfeS COMPOSÉS. 488

Toutes les fois que deux élëmens donneront naissance a deux corps binaires , en se combinant, ces trois systèmes pourlotat rion-seulemeht représenter la composition matérielle desr corps , mais encore chacun d'eux jouira ordinairement de la faculté d'expliquer certaines propriétés d'une manière plus simple et plus facile que les autres.

C'est ce qu'un autre exemple rendra plus sensible. En effet îl existe deux chlorures de mercure , qui en les représentant en volumes, seraient formés de

Hg'-'Gh, proto-chlorure; — Hi;3Cli2 bi-chîorure. •

Hg^Ch, iJ^m. — Hg^Ch-fCh, id.

Hg+HgCh, id. — HgCh, id.

Si on voulait soutenir que le mercure forme d'abord le proto-chlorure, et que le chlore s'unit ensuite à celui-ci pour former lé bi-chlorure « on ne manquerait pas de bonnes raisons à donner. On remarquerait d'abord que i volume de mercure et I vol. de chlore forment im seul volume de bi-chlorure, ce qui a^écartedela règle la plus ordinaire de la condensation des composés gazeux.Tandis qu'en disant que 2 vol. de mercure et i vol. de chlore forment 2 vol. de proto chlorure, et ajoutant ensuite que 2 vol. de proto-chlorure et i de chlorure font 2 vol. de bicnlorure , les résultats ainsi exprimés demeurent conformes à f expérience et rentrent pourtant dans la règle habituelle des contractions des gaz composés. On observerait de plus que le proto-chlorure de hiercure est certainement le composé le plus neutre des deux , celui jjans lequel les pr<^riétés au chlore et «du mercure sembleBÉ|nûfiieux saturées. En effet , ce proto- <;bldrure ne joue ni l^^Vde base , ni celui d'acide ; c'est un corps peu disposé à^^mer des combinaisons avec les autres corps bmaires, ce qui indique un état de saturation très parfait. £nnn, on serait endroit de faire remarquer que les matières organiques enlèvent aisément à froid du chlore au bi-chlorure^ et le ramènent ainsi à l'état de prolp^hlorure j ce qui confirme dans la pensée que le chlore qu'elles ôtent est à un autre état que celui qu'elles laissent uni au mercure.

Mais, si l'on se donnait à plaider la cause opposée, on ne maii- •queraitpas de considérations spécieuses. Ne voyez-vous pas, di« nît-on, que la combinaison la plus naturelle est celle des deux corps à volumes égaux, et que c'est par conséquent le bi-chlorure de mercure qui doit se former par Punion directe des élémens? ITest-il pas naturel de penser que c'est le mercure qui vient ensuite se combiner avec le dernier corps , quand on voit que' sous l'influence de l'acide chlorhydrique, le proto«chlorure abandonne ce mercure pour repasser à l'état de bi-chlorure ? Et comment expliquer ia différence sV Tem&xcj^<8\A!^ ^ ^^^^^^^

JIM raiiOSOPIBB OKOO^Ur. v

qui existe entre les deçx oomposëiL^ si ce nUMe(^ 4ÎMià?%prle bi^dJornre, qui est le plos volatilt possède àniti IftasnpôpitiQa Japius simple, HgCh, et qne le pr^^wAl^w^t ^ j^s i»^>^ Wiii% office la composition la plus compliqoééy Hf^QgQi...^

Si on voulait chercher des raisons plus d^teffiniiuaitea dttaii l'examen des composes oxîgënës on salfurés'^ on frraiy ohsii ver que, dès que le proUndde devi^.libire ^ il ae coairttùtm mercure et bi-otide ; que , dès qnVm*met en préseDce les ooqp

qne binent Vraiment au mçrci|re pour former lo^ prato-sutfureoa ]^protoxide»

Ainsi, Ion concevrait, que ronfàt disuosé k Mre.^i^mtt^Ê^ gAiée et calomel cUorunyfOiaàéiifpc^ d'hjfîoiv»

gène et le bi chlorure de mercure; toat^ç6isime <m, €onaapî| qu'on fut disposé à soutenirropjbion inverse, qi^ii ferût jfff^ au mercure ou i lliydrogène le rèle. <|iie.nous attribaona^-n» au chlore ou â Toxigène. Su uu mot^t çn. ^fentrconsidirçr -loof les corps bmairea comme i:4suliant d^jai^.4xmibiiiaiton.iinBié^ 4iAte de leurs élémena , ou. bien. comme étant prodniu jm l'union d'un composé binairjs fondamental avec l'élément éleo* tro-négatif; on bien encore comme résultant, de la combinai'^ son d'un composé binaire fondamental avec l'élément lélectnH positif. . •

Enfin, et pour augmenter cett^ incertitude, :on {i^urnâl} Quvrir un quatrième avis , qui nadikuit peut-être pas lÀ moins vraisemblable. li con.si&tera^^^ftip poser qu'en effet dans la série des oxidjPS d'hydr(^èn^SB^ forme de l'eau fflii s'unit ensuite à l'oxig^ne, pour produire l'eau oxigénée , tandis que« tout au contraire, en ce qui concerne le mercure, caiadmet«i trait qu'il se forme 4Vbordau bichlorure lequel s'unirait ^n^ suite au métal pqur produiri le.proto-chlon^relui mème^etjMi le répète , cette opinion trouverait un véritable Appui dai^lii raisonnement qui précède el qu'il est iniitileide reproduire*.

3 187. Si le lecteur a bien suivi le El de cette discussion, son opinion doit être à- peu-près formée. Çependanf, po^ir.ne jcien. omettre, nous ajoutexons quelques ^ détails hislorîquea^ dé nature à répandre de \ lumière sur cette ilifiicidté.. ^

M. Duma$ a fuit remarquer le premier que .l'on pouvait rcf gfirder l'oxide de .carbone côn^ç JQUan^ le- r6le d'ui|L;C(wpf simple. Dans cette hypothèse, on, a) \ '

C/*0,otkie de carbone. ■"'

C?04^ 9 acide carbonique.

DE VttkT DES ÉEÉMENS DA17S LES <:OMPOSéS. 487

9C304-0, acide oxalique, 2C'U-4"Ch', acide chloroxaliquep etc.

-^M* Persoz, dans une thèse soutenue à la faculté de Paris, assigne un rôle analogue à Pacide sulfureux^

MM. Liebîg et Vohler^ par des expériences décisives, ont 'ptmvtyfé qu'il fallait admettre une opinion de cette nature en ce- qui concerne les combinaisons benzoïques, où Ton a :

C»«H*0O^O ac'rde benioïque.

C?^H><H)^-fch^ chlorure de benzoyle, etc.

Enfin , dans ces derniers temp , M* Persoz et M. Lédurent, généralisant davantage encore ce point de vue , l'ont étendu, à tous les composes binaires.

3i88p Nous allons indiquer en quelques mots la substance du mémoire de M. Persoz, Il admet que l'arragonite et le sulfate de bai^te sont isomorphes, el il l'explique en les supposant composés delà manière suivante , savoir : pour le sulfate de baryte :

• 'Vol. gaz sulfureux t j. ) * ^^^* ^^i^ium.

x vol. oxigène i i < ^^^* oxigèue.

Et^pour l'arragonite :

s v«l. oxide de carbone )j i^ ^^^* calcium*

I VoU oxigène 3|' ^°^* oxigène.

,11 explique de môme Tisomorphisme quUl admet entre l'a- ZC^ate et l'azotite de plomb j qui seraient formés à leur tour comme il suit : Tazotate, de :

+ ( 9 Toi. plomb.

I I vol. oxigèue.

^4 vol, . acide hypo-azotique

x Tol. oxigène

L'^zotite, de :

4 99L bî-oxide d*tfzote I J i * ^°'* P^^mb.

a vol* oxigèue. ) ' ' ^^^* oxigène.

De ce point de vue qui lui est propre, mais qu'on voudrait voir soumis à des expériences plus décisives, M. Persoz tire ^elques conséquences, c'ont nous rapporterons les plus nettes»

ir admet d'abord que, dans tous les acides, il y a une mor lécule d'oxigène hors ligne, les autres formant une espèce de radical avec le reste des élémens. Il suppose en conséquence que cette molécule d'oxigène pourrait être remplacée par tout autre corps électro-négatif.

C'est étendre à tous les ajcides l'hypothèse proposée par Mp Dfimas pour Toxide de carbone. Mais quand M. Persoz veut faite Une application générale de ce point de vue , il est conduit à adopter des densités de vapeur pour le soufre, le phos* pboré etTarsenic, qui sont tout-à-fait difiFérentes de celles que donne l'expérience. Il admet pour le ier , le cuivre , le cobalt^ deii dcnskes de vapeurs que l'on peut àîte louX-VidSX ^^^v*.

traires, comme celles (jue Ton yient de Yoiv figarar âms les tableaut prëcëdens pour le barium, le calcium et lé plomb* Ces suppositions. Be sont plus admissibles, depuis que les ex* përiences de M. Dumas ont fait voir à quelles erreurs on était expose, en s'abandonnant à lanalogie sur un tel sujet.

3 189. M. Laurent , de son coté, vient d'émettre neê opinioiis i-pcu-près semblables ; mais comme il s*appuie sur la loi des substitutions, il devient nécessaire d'exposer d'abord celle-ci.

Cette loi, l'une .des plus prîScises et des plus fécondes en. même temps de. la chimie organique, a été reconnue par M. Dumas dans une, série d'expériences relatives à Faction du chlore sur l'alcool.

Il résulte de ces expériences, qu'une foule d'exemples sont venus confirmer depuis, que lorsque Ton fait agir dn chlore on tout autre corps analogue sur un composé hydrogéné, àmesue que le chlore s'empare d'une molécule d'hjdrogène pour for* iner dé 1 acide chlorhydriqtie, une molécule de c|uo.re entre dans le composé et prend ia place Ae l'^ydtpgène^qni dispsr rait; le chlore se substitue donc à Thydrogène^ de la le nom. At loi des substitutions. .

Le brome, l'oxigène , et' généralement les corps électro^né* gatîfs jouissent de cette faculté, qui sera s^ns doute étendue plus tard à un grand nombre des corps de la nature. Remarquons aeulement, que chaque atome d'hydrogène sera remplacé par un atome de brome, de chlore ou d'iode, ou par un demi-ato* me d'oxigéne et de soufre , comme on pouvait le présumer.

Ainsi, quand l'acide cyanhydrique se cbange en chlorure , bromure, ou iodure de cyanogène, ou bien en acide çyanique, les changemens sont conformes à la loi des substitutions , et donnent :

C>?H», — C)'Cb^ — Cj^Br», — C} V, — Cj»0.

Quand Fhydrure de benzoyle se convertît en chlorure, bromure, iodure, sulfure de benzoyle ou acide benzoîque, les faits sont encore d^accord avec cette loi, et l'on a :

C33H10O2, Ha— .;Ca^H»W, Ch»— ; C*»H'0O', Br»— ; Ca»H*0O*, I* C28Hi0o«,S — ; C»H»0O2,O, etc.

Il serait inutile de multiplier ces citations, pour ce cas très simple , évidemment. Mais M. Dumas pense , d'après stA ex-

Sériences, que lorsqu'un corps renferme deleau^ la substance eshydrogénante lui enlève son hydrogène sans se substituer, l'oxigène de l'eau se combinant au reste des élémens du corps , ce à quoi son état naissanl le tend ^ttkuUèrement propre.

DE L'ÉTiLT DES ÉLÉMENS DANS LES COMPOSÉS. 419 ^

Par exemple, quand Talcool se change en éther acétique sous Tinfluence du chlore,

Ch*+C8H8,H*0' devicnnenl C^H^oa+H^Ch*.

Si on continue la réaction , on donne naissance au chloral, et par conséquent

Ch»o+C8HW donnent C8H2Ch«0*+H«Ch«.

Où l'on Toit que le chlore en déplaçant les six atomes d'hjr* drogène du bi-carbure d'hydrogène, s'y substitue atome pour «tome.

M. Laurent va plus loin, et tenant la loi des substitutions pour vraie, il pense qu'elle peut non-seulement servira expliquer les réactions que nous faisons nattre, mais aussi à dévoiler l'o* rigine des coips compliqués qui se présentent à lious. Âiosi, on admet que C^®H'**0'^ est un radical que l'on appelle benzoyle, et l'on ignore sa génération. M. Laurent nous l'explique en disant (jue les deux atomes d'oxigène qu'il renferme, pro» viennent d'une substitution qui en a fait disparaître 4 d'hydro* gène , et qu'en consé(|uence le composé primitif était C^®H**

Zui a dû perdre en effet H^ et gagner O^ pour produire ;«8HioO».

M. Laurent pense que toutes les combinaisons de la nature organique dérivent ainsi d'un carbure d'hydrogène fondamental , qui souvent n'existe plus comme daus Texemple que l'on vient de citer , mais qui présente toujours une composi** tion fort simple quand on le rétablit par la pensée.

Pour fixer les idées , nous choisirons les exemples suivans^ qu'il cite à l'appui de sa manière de voir :

Gaz oléfianl, C^H».

Acéial, C8H?Oï Aldéhyde ( i ), C^H^O.HaO. Ac. aldebydique. C»H«0,HaO,0.

Ac. acétique, C»H^O,0'.

Ac. oxalhvdriqiic, C»H"0,0.

Dans lesquels on voit que l'oxigène substitué produit des corps neutres y et l'hydrogène hors ligne, des acides»

Méthylène, C*H^ Mélhvlide (a), C*H*0.

Ac. fornique, C*H2O,0*.

Radical oialique, C^O'*'.

Ac. oxalique, C^c)>,0.

Cyanogène, C^Az^.

(i) Voyez additions»

(9) Corps hypothétique» que MM. Dumas «t Péligot ont ioutiltmeat anayé du produira.

,-ll . tlcj

4M: nmxMonn

JXaoB ne pouYons snirre FâBtear dans les détaâf' «p^ft ààh' ne pour montrer comment il conçoit rapplicftlkm^de êm wumé Nous nous bornons à signaler ici les deux points jqni nous paraissent avoir quelque nouyeautë. Le premier cxmsistC! dans Tipplication de la théorie des substitutions à tut composé quelconque pour remonter au corps primordial dV>ù on peut k supposer dërivé. Il en résultera des rapprochèmens nen» roQx, et ce point de vue fera tenter des expériences qui ne se seraient pas certainement présentées à Tespnt des chimistes^ et dmit il aurait fallu attendre les résultats du hasard. Le seoi rentre dans le système d'idées, généralisé par M^Pereon^; on YÎent de voir que BL Lsnient admet aussi qu'il existe dansi les lacides de Toxigène hors dn radical , outre oebd qui bit* pertie du radical loi^mème et qui s'y est eubstiteë^ VU Laup renl regarde le radical comme étant tonjours nentva on hjuim que et comme conservant ses caractères , 'tant qu'il ftest. niodifié que par substitution.

Le système d'idéer dans leqtKl M. Laurent conçoit la gé* • '' nération des combinaisons organiques est tout a» moins posn sible; il offre, en général, TaVantage de représenter )eS'CX>nil»*'naisons comme étant formées de corps unis^en volumes dana. les rapports les plus simples.

M* Laurent et M. Persox sont évidemment partis Pun et l'autre des résultats de la chimie organique pour former et développer leurs vues. N'est-ce pas ici le cas de rappeler une opinion de M. Dumas qui a étudié avec tant d'attention lat. chimie organique. « J*ai , dit* il, la conviclion int^ne et pro* fonde que les progrès futurs de la chimie générale seront dus

à rapplicatiuh des lois obsc rvées dans la chimie organique*

et loin de se borner à prendre les règles de la chimie miné* raie pour les reporter dans la chimie- organique , je pense

au'un jour , et bientôt peul-êlre , la chimie organique prêtera es règles à la chimie minérale. »

3190. Si nous voulons résumer toute cette discussion, nous dirons que la théorie des substitutions nous apprend qu'il peut y avoir dans les corps des éléfnens identiques à deux états très différens et non comparables ; que dans la série benzoïque

l'hydrogène du radical et celui qui est en dehors , Toxigène du radical et celui qui est en dehors^ sont certainement à des états différens.

De même , la théorie des substitutions nous prouve quCi^ dans 1 alcool , il y a de l'hydrogène à l'état d'eau et de llxjp drogène k l'état d'hydrofyknA bvcasV^m^^

DE L'ÉTAT DES ÉLÉMENS DANS LES COMPOSÉS. itffr

donc rien de plus dair, le même élément peut te* tiouver à deux états différens dans le même composé, etU« démonstration de ce fait important marquera dans la science*

lyiais faut-il, adoptant ces nouvelles vues , en faire une ap« plication arbitraire et prématurée à tous les composés binai<* res ? ce serait sans nul doute mal saisir l'esprit qui a préside : avz recherches positives qui ont fixé Topinionsur ce point.

Ce n'est pas avec de simples vues théoriques qu'on parvient ' i: .mettre en évidence la disposition moléculaire d'un corps ; ce n'est pas sur de vagues analogies qu'il faut s'étayer quand : OBI cherche des formules qui ont la prétention d'être significa-* tîves et rationnelles , et qui, ne se bornant plus à exprimer le ' nckmbre des atomes , veulent aussi peindre à l'œil leur arran* gement intime. Que serait-ce en effet qu'une prédisposition dans le groupement des atomes d'un corps , qui ne se rendrait sensible par aucun phénomène ? Pour admettre son existence^ il faudrait des analogies bien puissantes.

Mais, en admettant cette prédisposition, je crois que lesaffections d'un composé , ses façons d être et d'agir, offrent à qui les étudie soigneusement , comme un reOet de cette arrangement moléculaire intérienr et qu'elles peuvent en dévoiler la nature à un observateur attentif. Je vais même plus loin , et * je suis convaincu que des formules destinées à exprimer les tendances d'un composé binaire , à représenter le genre de ' râiction qu'il est disposé à manifester, trouveraient grâce ^* si elles reposaient sur des expériences précises , devant les adversaires les plus prononcés des prédispositions moléculaires. Gomment se plaindre, en effet, de ce que la nomenclature par* lée oti écrite deviendrait propre à représenter une nouvelle classe de faits bien établis?

De même qu'on dit , non seulement sans répugnance , mais encore avec la conviction de rester, peut-être, plus, fi-? déles à la nature des corps , eau oxigénée , sulfure sulfuré ou iodure ioduré de potassium; de même on adopterait à l'égard des corps binaires une nomenclature analogue , si sa nécessité , si i sa convenance étaient démontrées ; mais pour arriver là , il faudrait étudier , un à un , les principaux composés de cet ordre , et se iaire une opinion à leur égard sur des faits qiû leur fussent propres , sans tenir compte d'aucune analogie* En un mot , il faudrait appliquer à ce groupe de combinaisons la méthode purement expérimentale, et si bien en harmonie avec l'esprit général de la chimie actuelle , que l'on suit quand il s'agit de découvrir l'arrangement moléculaire d'une substance organique.

Si noup avons jusqu'ici îaii mention i^Ws ^{«xlvo&U&t^^QDA^^

des idées récemment émises sur k nâciue des (Domposésliniaî* res , c'est qne les opinions plus snciennes à ce sujet se mtta-' chenl tropinlimement a la constiintion des sels pcmr i|tt*il fiSt possible de les en dëtaclier. Noos allons dono les rufijpàet sommairement, indiquer les diverses opinions que l'on peutae faire de la nature des sels , et développ<'r Ips motifs qui nbai engagent à persister dans l'opinion gënëralement reçue à leur égtrd.

Puisqu*il est difficile d'apprécier au juste l'état mc^écnlaiie d'une simple combinaison ibinaire, combien ne de^m-t-il pu l'étroyselon toute apparence, d eiprimcr avec quelque certitude celui d'un composé plus com^iquc? Cependant ai l'on j. réfléckity on voit bientôt qu'à leur égard la question est du même «ordre, et que la solution est à-peu-prës s§;mblable.

S'agit^il , par exemple, de représôiter le mode d'union, èe '4'acide carbonique et de la soude dans ces trou sels qui peu* ▼imt résulter de leur combinaison, on pourra faire les supposions suivantes? ou bien, on admettra, oomtme L'exprune notre nomenclature actuelle , , que l'acide carbonique et la •soude sont combinés dans ces trois corps d'une manière immédiate, et forment ainsi véritablement le carbonate, le sesqui-carbonate et le bi-carbonate de soude ^ ou bien on supposera que le carbonate de soude r(5suke seul de l'union directe de l'acide et de la base, les deux autres sels étant formés par la combinaison de l'acide carbonique avec le carbonate neutre^ auquel cas il faudra considérer, sans contredit, les carbonates basiques, comme étant formés par la combinaison de leurs bases avec les carbonates neutres correspondans.

Si les hypothèses sur la nature des sels se bornaient à cela , il est clair que nous n'aurions qu'une répétition des dis re^ ]ati& aux corps binaires , et qu'en conséquence il n'y aurait rien à ajoutera ce qui précède.

Mais il n'en est pas ainsi. Par exemple, MM. Davy et Dulong ont émis depuis long-temps la pensée que les sels pourraient bien être constitués à la façon des composés binaires, les acides oxigénés l'étant à leur tour à la façon des hydra- 4âdes«

C'est ce que l'on peut exprimer de la manière suivante^ comme exemple :

SO'.H^O, =2 SO^H*, acide snlforîque cdncentré. aO^.KO, =r SOS-K, siiUtlé de potasse. AxWjl^O, = Aa^OMi^ acide axolique hydraté. ▲230\K0, = Aa^O«,lL, azoUte de potasse, etc.

Dans cette hypothèse l'acide sulfurique anhydre et gênérâlement les acides oûgéùéa aiAi^^tiTi^\^^m%Nftn.t.^2as faice

DE VÈTkT DES ÉLKMENS DÀ?» tES COMPOSÉS. 4W

foïitlibn cVacJdes p»ir ciiic-mêmes 5 ils ne deviendraient acides qu'avec le concoure d'un atome d'eau, qui en se décomposant, les convertirait en hydracidcs.

Ainsi tous Jcs acides seraient des hydracides, et tous les sels des coraposds binaires analogues aux chlorures, mais dans lesquels le corps électro-négatif serait un composé plus ou moins compliqué.

Cette H^rpotbèse, par sa généralité, peut séduire. Les objections qu'on aurait à lui faire seraient peu nombreuses et peu concluantes , chose facile à com{)rendi'e quand on se rap*

Î>elle qu'elle a été présentée ou soutenue par deux des hommes, es plus éminens de notre époque.

Cependant les expériences de M. Graham sur l'acide phos<^ pborique, en nous montrant que l'eau fonctionne comme unebase avec cet acide et pas autrement, conduisent à une expU-cation naturelle et simple des modifications de Tacide pnosphorique : cette explication deviendrait fort compliquée dans Phypothèse que nous discutons ici. On aurait en effet, au lieu de :

Ph-05,H20, acide méta-phospliorique, Ph'0«,H'. Pha05,Hny, acide pyro-phosphoriqiie, Ph»0%U*. Ph2o5,H60», acide phosphorique, Ph^O^H*.

Ces formules sembleront bien embarrassés, bien obscures j; «t si on examine la probabilité de l'existence de tels hydracides, on la trouve bien faible, pour ne pas dire nulle.

M» Longchamp a pris le contre-pied de cette hypothèse.. Eneffet, au lieu de supposer que Pacide sec s'empare de l'ozi* gène de l'eau ou de la base pour former un nouveau corps 9 il admet tout au contraire que c'est la base ou l'eau qui prend de l'oxigène à l'acidel Ainsi pour lui , les composés que nous avons déjà pris pour exemples seraient ainsi formés:

SOa.H^O» = SO»,H'0, acîde sulfurique crfnceotré. .SO^,PbO» . s= SO',PbO, sulfate de plomb (i). Af20*,H20« = Az^O^.H^'O, acide azotique hydnité. T Az30*,PbO» = Ai^O^PbO, azotate de plomb.

C'est-à-dire que l'acide sulfurique ordinaire serait formd d'acide sulfureux et d'eau oxigénée; le sulfate de plomb^ d'a« cide sulfureux et de bi*oxide de plomb, etc.

Cette hypothèse, demèineque celle qui précède, nous donne des formules bien bizarres f quand on l'applique aux acidea-

(i) M. LoDgchamp penie'éçaleiiieat qu'il fout repréienter le 'suîfsfe de portasse par du gaz sulfureux et.du peroxide dé potassium. Il est dans Terreur : car«. pour que cçlt fût possible, il &ttdrtit que ce peroxide fat repréieiité par KOV

jpboiplioriqaci. EUe oonduit , en effet ^ 4 «dofvlet fHflfcnjpn .joivent:

Adde méUhpbotpboriqite , M^Of JPO. = VtfOMPO^. jLÔde'pyro-pliosplionqi^, Pii30>3*0> = Pb^O^^HH)*, Adde pbosphoriqae, Ph>0'»HH)» = HiH>>3k)^.

Qmlqiie graiules yie aoieat kt Miodi6i»lioqi ^ sépimitt les variétés d'acide pnosphoriqne dont il s'agit, an Irmrài

Sue les diangemeiis exprimés par de telles fotnraîfes eeulbon e jproporlioB avec eux.

Biais PinooiiTéiuent le plus graye de ces deux smiinies#t

Îii lemr est commiiSy consiste dans Tobligatioii oà Ton fît admettre Texistence d*n|iie ionlede corps nouvenia.etçi»- . «oaanns, pour expUqwr ktf faits les pins firéc^iens «t ponr^ Mçaté* ...aenter Ws coqis les {dos viilgaires* C2ette ôccôDçtaiice neWt jumaif arrêter sans doiila qnand la nécessité en lait ime )p|; . mius die. mérite considération dana io,<9u actndl, ait iliffluît •/4e théories qni ne nons offrent ancui avantage en com|MSs- . fdon d'ùL incoBTénient si énorme.

0)nunent en effet songer sérieusement à admettsef PffSÎstence d'une foule de corps, comme cev qui suivent :

. 9li>0^jiL = Mi^KO.

Ph^O^Jt = Ph»O^KO.

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