‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 3)Chapitre 26 sur 164 · DE LA DIGESTION ET DE SES PRODUITS. I · texte numérisé non relu

DE LA DIGESTION ET DE SES PRODUITS. I

créatique et le suc gastrique concourent-ils à la digestion? I *^ L'un des effets de la salive est de ramollir les aUinens , deÉ V^ dissoudre quelquefois , et de les rendre , par cela même, d^ *^ plus facile digestion : cet effet peut ôtre attribué à Teau et il soude qu'elle contient ; elle en exerce probablement un ai dû aux matières animales qui entrent dans sa composition.! PP L'on a beaucoup écrit sur l'action digestive du suc gan j? que-, l'on prclentl qu'il a le pouvoir de dissoudre les aliinM *^ de quelque nature qu'ils soient 5 mais les expériences ne sel ^ encore ni assez multipliées ni asssez précises pour pomil ? admettre définitivement ces résultats. I jj

D'après M. Brodie, l'influence de la bile serait des plosil marquables : il a observé qu'en liant sur de jeunes cbatiK ^ canal cholédoque , qui conduit ce liquide dans les intestîl ^. grêles , le cliyme passait dans ceux-ci sans altération etLor'^ aie s'y transformait point en cbyle. (Journ. de Physim^^ expérimentale y t. m, pag. gS). I

On ignore complètement la manière d'agir du suc pan <;réa tique. ft

Quant au mucus , son unique fonction paraît être de IqUI 'fier la membrane muqueuse du canal alimentaire , à la sui&n de laquelle il se forme sans cesse. I

Quoique ces différens liquides soient les seuls corps M moyen desquels la digestion s'opère , il ne faut pas croire to»! tefois qu'il suffirait démettre en contact les alimcns, d'abblil avec de la salive et du suc gastrique , et ensuite avec de la bikl et du suc pancréatique, pour les convertir successivement ol chyme , en chyle et en excrémens ; il est une cause secrète qŒ| préside à toutes ces transformations et qui réside dans les nen^l aussi les affections morales influent-elles singulièrement sur lai digestion. 1

L'on doit à M. Wilson Philip des observations à cet ^axil qui seraient d'une grande importance, si l'exactitnde en était I bien constatée. Ce physiologiste ayant opéré la section de I nerfs de la huitième paire dans le col d'un lapin , immédift- 1 tement après lui avoir donné des alimens , il dit avoir vuqiK | la digestion s'effectuait presque entièrement en quelques heures quand on laissait les extrémités des nerfs en contact l'une avec l'autre, mais qu'elle était suspendue quand on les éloignait} et qu elle pouvait s'opérer si les parties inférieures qui se rd»* dent à l'estomac étaient alors mises en communication avec une pile voltaïque. {Ann. de Chim. et dePhys.y t. xxii, p. az6)> 2751. Toutes choses égales d'ailleurs, ce sont les matièni animales qui sont les plus faciles à digérer, parce qu'ellqi |s rapDrnnhent le plus de notre nature; et c'est pourcpi

CHYME. S9

doute les carnivores ont un tube digestif beaucoup moins long que les herbivores ; ceux-ci ont même souvent plusieurs estomacs.

M. Magendie a fait des expériences très curieuses sur les propriétés nutritives des substances qui ne contiennent point aazote : il a observé que les chiens qu'on ne nourrissait que de sucre , de gomme y d'huile d'olive et d'eau distillée commençaient à maigrir au bout de huit à dix jours ; qu'à partir de cette époque ils maigrissaient de plus en plus ; et qu'ils mouraient tous dans l'espace de trente à trente-six jours. M. Chcvreul , ayant alors analysé leurs urines et leurs • biles , trouva que les premières étaient alcalines , et ne contenaient ni acide urique ni phosphate , de même que celles des animaux herbivores , et que les secondes étaient très chargées de picromel. N'est- il pas probable , d'après cela , que les sub» stances végétales , formées d'hydrogène , d'oxigène et de carbone, ne peuvent être prises comme uniques alimens que pendant un certain temps, et que par conséquent il faut que ceux-ci renferment une certaine quantité d'azote ? N'est-il point également probable que la majeure partie de l'azote, l'un des élémens des matières animales, provient des alimens?

Que si quelques personnes croyaient que l'existence des herbivores est contraire à ces conséquences, il suffirait sans doute, pour les convaincre, de leur faire observer qu'il n'est point de plante qui ne renferme quelque matière azotée , et que c'est parce qu'elles n'en renferment qu'une très petite quantité quelles ne sont que peu nutritives, {Ann. de Chim, et de Phjrs.j t, m, pag. 66).

Du Chyme.

2752. Le docteur Marcet, médecin de l'hÔDital de Guit, paraît êlre le premier et presque le seul qui ait essayé de faire l'analyse du chyme. Quoique ses expériences laissent, comme il l'avoue lui-même , beaucoup à désirer, nous en citerons les principaux résultats.

Le chyme qu'il a analysé provenait d'une poule d'Inde nourrie avec des végétaux. Il était sous forme d'une pulpe homogène , opaque, brunâtre, et d'une odeur propre aux oiseaux de basse-cour. Il ne rougissait point le tournesol , ni ne verdissait le sirop de violettes. Sa putréfaction avait lieu dans l'espace de quelques jours.

Evaporé jusqu'à siccité, il donnait un résidu égal à ^5^ de son poids. Le résidu, calciné dans un creuset de platine, eu laissait un formé, pour 1000 parties de chyme , de l'i aie Oû^ax^

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bon et de 6 de matières salines, dans lesqaelles onreconnawttt facilement la présence de la chaux et a'on chlomre alcalin. Lorsqu'on le mettait en macération avec Teau , qu'on filtrait h liqueur, et qu'on y versait de l'acide azotique, sulfîiriaàe, il se formait un précipite floconneux et abondant. La cliakiic produisait le même effet*

Mis en contact avec l'acide acétique , ce cbyme se disflolnit presque tout entier à la température ordinaire , et le cjaniire jaune de potassium et de fer précipitait de cette solution de petits flocons blancs.

Il conclut de ses expériences :

I® Que le chyme qui provient d'une nourriture v^étale donne plus de matière animale solide que tout autre fluide animal^ qu'il paraît, au contraire, contenir une moins gntnde quantité de parties salines ;

a® Que le chyme contient de l'albumine;

39 Qu'il donne quatre fois plus de charbon que le chyle végétal.

Il ajoute que le chyle et le chyme ne contiennent point de gélatine. ( Ann, de Chim, et de phjrs. ^ 11 , 5o).

Depuis la publication des expériences du docteur Marcet, il n'y en a eu de faites sur le chyme , à notre connaissance, que par MM. Prévost et Le Royer. Celles qui leur appartiennent font partie d'une note sur la digestion , qui se trouve dans les Annales des Sciences naturelles ^ iv, 48 1* Us ont pris le mouton pour sujet de leurs recherches. Suivant eux , le chyme n est qu'une albumine presque pure et globuleuse.

Du Chyle.

2753. Il est impossible d'obtenir le chyle pur. En effet , on se le procure en ouvrant un animal quelques heures après lui avoir donné à manger , liant la partie supérieure du canal thoracique , et faisant une ouverture à la partie inférieure ou aux branches sous-lombaires. Or , il y a sans cesse de la lymphe versée dans le canal thoracique par une multitude de vaisseaux qui la puisent dans les différentes cavités du corps : donc le chyle est mêlé de lymphe.

Le chyle varie par son aspect : tantôt il est opaque et blanc comme le lait ; tantôt il est d'un blanc rosé , et tantôt demitransparent. Plusieurs physiologistes prétendent qu'il est toujours blanc quand il provient d'une nourriture animale , et demi-transparent quand il est fourni par une nourriture végétale. D'autres assurent qu'il n'est opaque , et blanc , quelle que soit la nourriture , qo^anUBl c^'dle est grasse :

i Huile doflaumt lOi di jle Uanc , et le sucre un cbyle bansparent. D'autres enfin croient qu'il n'est demi-transparent que dans le cas où il est mêlé à une grande quantitë de l.jfrmpne* Quelques phjsiolo^stes ont avancé aussi que toutes l«a fois qu'<»i mêlait de l'indigo ou du jus de betterave aux Alimensy le cbyle était bleu ou rouge; mais Hijlé n'a rien observé de semblable dans les expériences qu'il a Oaites à ce avjet»

Nous ne parlerons d'abord que de celui qui est blanc. Le chyle est presque sans odeur y et n a qu'une saveur à peine salée 5 il verdit sensiblement le sirop de violettes ; sa pesanteur spécifique est plus grande que celle de l'eau et moins grande que celle du sang.

Abandonné à lui-même j le chyle ne tarde point à se coaguler à la manière du sang , et à se transformer en deux parties , dontl'une est solide et l'autre liquide. Assez souvent aussi il s'en sépare une petite quantité de matière grasse qui se rassemble à la surface.

La partie liquide n'est que du sérum semblable à celui du sang y tenant en suspension une certaine quantité de matière grasse soluble dans l'alcool et insoluble dans les alcalis : aussi est-elle opaque et coagulée par la chaleur, les acides et l'alcool lui-même. Lorsqu'on traite le coagulum par la potasse y l'albumine est dissoute, et la matière grasse ne l'est point; le contraire a lieu quand on le traite par l'alcool bouillant. Vauquelin pense que cette matière grasse est semblable à celle qu'il a trouvée dans la matière cérébrale.

La partie solide ou le caillot , est un mélange de fibrine , de matière grasse et de sérum : si lou enlève celui-ci par Teau y et si l'on traite ensuite le résidu par l'alcool, la matière grasse se dissoudra et la fibrine restera pure.

Cette fibrine est un peu différente de la fibrine proprement dite ; elle n'en a ni la contexture fibreuse , ni la force , ni l'élasticité j elle est dissoute plus promptement et plus complètement par la potasse et la soude , et ne laisse point de parties insolubles dans ces alcalis ; il semble enfin que ce soit de Talbumine qui commence à prendre le caractère delà fibrine.

Le chyle contient d'ailleurs les mêmes sels que ceux qui entrent dans la composition du sang.

Tels sont les résultats que nous offre l'analyse du chyle, ou du moins tels sont ceux que Vauquelin a obtenus en analysant le cbyle de cheval. Déjà ces résultats avaient été en partie observés par Dupuytren sur le chyle des chiens , et par M. Emmert sur le envie des chevaux ( Thèse soutenue à ■mc^hdê Médecine, ei Jmu de Chim.^ t« lxxx ^ ^. %\ V^VS&

dS CHTLB.

tendent à prouver que le chyle peut être considère, joamA un Certain point , comme du sang j moins de la matière colorante.

Il p^irait aussi qu'en même temps que Vanquelin ftiai I à Paris l'analyse du chyle , M* Brande s^en occupait à Londres. Sl'S observations diffèrent de celles de Vauquelin, en ce que , selon lui , la matière grasse est analogue an bvO' nsacc-ti o'i blanc de baleine; que la matière solide du caillot €st plutôt analogue à la matière caséeuse qu^à la fibrine ; en-l fin , que le chyle contient probablement une petite quantité' de sucre de lait : du moins si , après avoir chauffé le sérum à chyle et l'avoir fillré pour en séparer les flocons albuminen' qui se déposent, on Tévapore à la moitié de son volume, il x sépare, parle refroidissement , de petits cristaux dont la sir veur est douce , qui sont difficilement solubles dans ralcod, et que Tacide azotique convertit en partie en acide ninciqD& ( Ann. de Chim, , tom. xciv , pag. 34 )•

Depuis k'5 travaux que nous venons de citer, le Dr Ma^ cet, médecin de T hôpital de Guit, a également soumis le chyle à l'analyse ; il s'est proposé surtout d'ciaminer comp>aratir^ ment ceiui d'animaux nourris , tantôt de matières animales et tantôt de matières végétales. Ses espériences ont été fiiites sur dts chiens : voici les conséquences qu'il en a tirées. ( Ann. de Chimie et de Physique , tom. ii, pag. Sa ).

<( i" La pesanteur spécifique de la portion séreuse da chyle paraît être de 1,012 a 1,021, quelle soit le résultat d'une nourriture animale ou d'une alimentation végétale.

« 2o La quantité de résidu solide qui renferme les sels el la substance animide, et qu'on a obtenue par une évaporation à la température de l'eau bouillante , varie entre 5o à 90 parties sur 1000.

<( 3» Les substances salines sont environ dans la proportion de 9 parties c>ur 1000. Les sels que renferment les autres fluides animaux suivent aussi celte nix)[>ortion.

<( 4** Le chyle végétal soumis a V analyse, paraît fournir troii fois plus de charbon que le chyle animal.

« 5» Celui-ci est très dispo.sé à passer à la putréfaction 9 cl en général colle décomposition commence à avoir lieu au bout de trois ou quatre jours, taudis que Ton peut conserver du chyle végotal ])endant plusieurs semaines, Quelquefois même pendant plusieurs mois , sans qu il se putréhe.

« 6^ La putréfaction s'eiupare plus tôt du coagultmi du chyle que de la partie séreuse.

« 7^ Le chyle animal est toujours laiteux \ par le repos , ' ' sépare une matière oucluuu«»ey iciubkble à de la crÊme,

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^^t qui vient nager à la surface. Son coagulum csl opaque et a . -^ne teinte rosée.

« 8^ Le chyle végëtal est presque toujours transparent ou â- »eu*près , comme le sérum ordinaire. Son coagulum est prcs* cqne incolore et ressemble à une huître 5 enfin sa surface ne se

le est

33Tiles d une substance huileuse qui ressemble parfaitement à Jie la crème.

« 10" En distillant le chyle à feu nu , on obtient d*abor(t -sine liqueur contenant du carbonate d'ammoniaque ; ensuite mne huile fixe et pesante. Le chyle animal fournit ces dour

Î>roduits en plus grande proportion^ mais le résidu, quel que soit e mode d'analyse , donne moins de charbon que le chyle végétal. On reconnaît très bien l'existence du fer dans ces résidus*, il y est mêlé aux substances salines et au charbon. »

Enfin, le chyle a été examiné par MM. Prévost et Le Boyer, à l'occasion d'un travail sur la digestion (i) ; et tout récemment MM. Macaire et Marcet fils ont déterminé les quantités de carbone , d'oxîgène, d'hydrogène et d'azote que renferment le chyle de chien et le chyle de cheval : ils ont vu que ces quantités étaient identiques. ( Koyez , plus loin , Respiration ).

(i) En analysant ce que devient le 1^1 alimentaire chez le menton, MM. Prévost et Le Royer ont fait des observations que nous allons rapporter. Parvenu dans les deux premiers estomacs, le bol est alcalin, ce qui provient des surs sécrétés pai* ces organes en même temps que des sucs talivaires : Teau en sépare de Talbumine, plus une matière analogue à la gélatine. Les matières contenues dans le quatrième estomac , ou caillette, au lien d*élre alcalines, sont acides. Cet aci\}e est une sêcr6> tion de la caillette chez les ruminans, du ventricule succenturié chez les oiseaux, et de la région moyenne de Testomac chez les vertébrés où ce viscère n'est pas subdivisé. lU prétendent qae la soude que contiennent les suc» salivaires, extrait des végétaux l'albumine, et la change en partie en gélatine ; car, disent-ils, voilà ce que produit une solution de soude caustique sur des blancs d'œufs. Le chyle renferme non-seulement une sorte de fibrine, de l'albumine, maisencore la matière gélatineuse qui se forme dans les deux premiers estomacs. En résumé, MM. Prévost et Le Royer concluent de leurs observations :

i<»Que les actes de la digestion sont des altérations purement. chimiques auxquelles la vitalité des organes où elles se passent n'a point de part immédiate; elles peuvent toutes, à Texceplion de celles qui ont lieu dans les vaisseaux absorbaus, s*imiier artificiellement an moyen des fluides que lesexcréteurs fournissent, savoir: la sdiide et l'adde.

a** La soude est l'agent auquel le suc gastrique doit ces prppriétés dissolvantes qui étonnaient Spallanzani.

3o Les globules albuminenx, dont la réunion forme le cbyroe, sont précipités pnr l'acide chlochydrique. \ARnalét déi Sciences naturefiesy tv, 4^i)*

Quant À nous, il nous seqjtble que ces conclusions, pour éf re admises, ne sent {?oint appuyées, à beancoup près,' d'expériences assez précises.

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