‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 3)Chapitre 61 sur 164 · DES MATIÈRES MOLLES ET SOLIDES. 1S · texte numérisé non relu

DES MATIÈRES MOLLES ET SOLIDES. 1S

mr le docteur Prout dans les urines du boa ronstrictor^ et par , Vauquelin dans celles de plusieurs serpens. (Jd.y t. xxii, p. 4^ — t-xxi, p. 44û)«

On observe que l'urine des serpens, à sa sortie, se concrète en une niasse blanche, crayeuse, qui n'est pour ainsi dire formée que d'acide urique et de bi-urates de potasse, de soude, mèlës à des traces de phosphate calcaire et d'une matière extractiforme soluble dans l'alcool.

2i844* Urine du fœtus de vache. — De celte urine, M. Laslaigne n'a retire que du mucus en grande quantité, de la matière animale incristallisable , du chlorure de sodium et de potassium, du sulfate de potasse et de l'acide lactique.

a845« Il résulte de toutes ces observations :

i^ Que l'urine humaine rougit le papier de tournesol, qu'elle contient de l'urée , de l'acide urique , des phosphates i iddes , de l'acide lactique libre ^ qu'il en est de même de celle . des mammifères carnassiers , suivant Hyeronimi : ce qu'il y a de certain, du moins, c'est que ces sortes d'urines renferôent de l'urée , des phosphates acides et de l'acide lactique iibre^

aoQue l'urine des mammifères herbivores ramène au bleu le papier de tournesol rougi par les acides; qu'elle contient de l'urëe, des carbonates, souvent des hippurates, jamais 4e phosphates ni d'acide urique ;

> So^'Que l'urine des oiseaux n'est pour ainsi dire formée

i fie d'acide urique en partie combiné à l'ammoniaque ; qu'elle

He contient ni phospnate acide , ni acide lactique libre, ni

b'ppurates, ni carbonates, et qu'elle ne parait point contenir

d'urée ;

4* Que l'urine des animaux amphibies est dans le même cas, On du moins que jusqu'à présent on ne connaît que deux exceptions à cet égard.

SBGTIOIC TIX.

Des matières molles et solides.

De la matière cérébrale.

3846. La matière cérébrale est une pulpe en partie blanche et en partie grise , contenue dans la boite osseuse du crâne ; die donne naissance à la moelle épinière , et se retrouve dans ks nerfs, entre les lamelles membraneuses qui les divisent. Ette paraît être , en général , d'autant plus abondante dans les tnkfiAuXy qu'ils ont plus d'intelligence. C'est une des matières da v^nt aninud qui m mitr^e le plus facilement, car il est

fit SES UÉLTtaM MOLLES ET MUnii.

jl^Ecile de la conseirer fraîche en été pendant iMures : c'est aussi Time de celles dont VittàninÀm'\ phis longue.

Yauqnelin, qui a analysé la matière cër^rale de Fa trouvée formée de 80,00 d'eau, 49^3 de matière blanche, 0,70 de matière grasse rouge, i^ia à\ {extrait alcoolique de bouillon), 7,00 d'albumine, ij

Shdfphore uni aux matières gmsscs blanche et rouge, e soufre , et de différens sels , entre autres de phosphatei de potasse , de phosphate de chaux et de magnésie. C'a traitant à plusieurs reprises la matière cérébrale par Fi bouillant a 0^833 , qu il enlève les matières grasses , Te zome , etc., et qu'il obtient pour résidu Talbumine et les j phates , mêlés avec une petite quantité de vaisseaux, (i Chim.y t. Lxxxi,p. 65).

M. John est parvenu à des résultats à-peu-près M. Couerbe en a obtenu de différens ; suivant lui, ks tières grasses du cerveau sont au nombre de cinq : la la céphaloie , la stéaroconotôy \ éléencéphol y et la choi {Voy. ce qui a été dit à ce sujet, 254g*)

A quel état le phosphore est-il dans les' quatre pieiiil matières? Il n'y est probablement ni à l'état d 'acide miN de phosphate , puisque ces matières ne rougissent teinture de tournesol^ qu'en les traitant par une dii chaude de potasse, il ne se forme point de phosphate ct«| dégage point d'ammoniaque, et qu'on ne peut y dénKN la présence d'aucun sel. Il faut donc qu'il y soit j comme 1 la laitance de carpe , uni aux principes mêmes de ces matM et considéré comme l'un d'eux*

C'est ce corps qui rend la matière cérébrale si difficileii cinérer : en s'acidifiant , il recouvre de toutes parts les BU cules combustibles, et les protège contre l'action de W aussi favorise- 1- on singulièrement l'incinération en lavant temps en temps le charbon.

De la peau.

a847* ^ P^^^ est composée de trois parties appliqua unes sur les autres : de l'épiderme ou cuticule , du tissu 1 culaire et du derme ou vraie peau. Celle-ci est placée imm tement sur la chair : au-dessus d'elle se trouve la second la première est extérieure.

2848* Epiderme* -— L'ép^derme est une membrane m blanche 9 élastique^ aècbe, tsànâparente ^ écailleuse^ ]

DE XJL FEAV. . 167

coup plus distincte dans l'homme que dans la plupart des autres animaux* H se sépare assez facilement du reste de la peau Sar la macëration dans l'eau chaude. Soumis à la distillation ^ donne beaucoup de carbonate d'ammoniaque. Il est inso- Inble même dans Veau bouillante^ il l'est également dans Talcool et l'ëther : tous deux en séparent un peu de graisse. Les . acides sulfurique et chlorhydrique étendus l'attaquent à peine. L'acide sulfurique concentré le ramollit et le dissout ensuite» ^ La potasse et la soude caustiques en opèrent la dissolution avec '- une grande facilité ^ leurs carbonates sont sans action sur lui. F Le chlorure d'or le rend purpurin 5 Tazotate de bi-oxide de ^ mercure, rouge brun; Tazotate d'argent, brun noir; l'acide L osmique, noir.

2849* '^^^^ réticidaire. — Ce tissu , siège des papilles ner- Teuses destinées à la perception du tact , est si fin , qu'il est inipossible de le séparer, et que plusieurs anatomistes en ont nié l'existence : c'est dans ce tîssu que paraît résider la matière colorante de la peau des nègres.

2t85o. Derme , ou peau proprement dite* — Le derme est One membrane épaisse , dure , assez dense , composée de fibres entrelacées et disposées comme les poils d'un feutre ; il n'est point également épais partout : le derme du dos l'est plus que celui du ventre. Chauflé dans une cornue , il se fond , se boursoufle, se décompose, et donne de l'huile très fétide, du carl)onate d'ammoniaque , etc. Mis en contact avec les acides étendus d'eau, à la température ordinaire, il se ramollit, se gonfle y devient presque transparent , et se dissout en partie 5, U se comporte de la même manière avec les dissolutions alca<- Bnes; il éprouve aussi , jusqu'à un certain point , de sembla* blés phénomènes par son séjour dans l'eau froide. L'eau bouillante, après l'avoir gonflé, finit par le dissoudre presque entièrement : en se refroidissant , la liqueur se prend en gelée. C'est même en traitant ainsi les rognures de peaux qu'on prépare une grande quantité de colle-forte pour le besoin des arts. Cette colle nous paraît être un produit de l'action de l'eau sur le derme , car celui-ci est absolument insoluble dans l'eau froide , et n'est même complètement attaqué par l'eau bouillante que dans un espace de temps assez considérable. L'alcool , l'elher, ne sont point capables d'en opérer la dissolution : ils n'en extraient que de la graisse. Plongé dans des dissolutions de sulfate de bi-oxide de fer et de bi-chlorure de mercure, il en absorbe plus ou moins, et devient imputrescible.

M. BerzeUus rapporte^ d'après Wienholt , que le derme est composé de ;

186 DES IfATIÈRKS MOLLES XT SÔXIDIS.

Tissu cutané propremeut dit (y compris tista cdln-

laire et vaisseaux) Si^

Albumine •..» ^ i^

Matière extraclive soluble dans l'alcool » oJU

Matière extractive soluble dans Teau seulement* • • • 9^

Eau 57|So

985 1. Du tannage. — Le tannage est une opdniti<mL

Ïuelle on combine le tannin avec la peau propremoiti la peau tannée prend le nom de cuir. L art de tanner ksf f eut être divise en quatre parties.

La première a pour objet de les écorner et de les lai La deuxième consiste à les débourrer, ou bien i er^ poil qui les recouvre : à cet effet, on les plonge, à la t ture ordinaire, dans une dissolution très faible AY d'acide, pendant un certain nombre de jours j elles se go .se distendent , et leurs pores s'ouvrent de manière qa'c

uicicKugc uc xiiilut; u ui^c et uc J.CVU1C, u ciuircs xuis Œm

e'est-à-dire, d'eau aigrie par son contact avec la tanifcc tan usé (i); quelquefois enfin de jusée aiguisée d'adlki furique. Certains tanneurs opèrent encore le débounoi en plaçant les peaux les unes sur les autres, dans unBeai la température est élevée : bientôt il s'établit une femtf tion qui produit sur la peau le même effet que les alcalisi acides : cette manière de débourrer est connue sous le no procédé à l échauffe. Dans tous les cas, on met ensni peaux sur le chevalet, où, ^ l'aide d'un couteau rond q coupe ni du milieu ni des talons, on enlève non^seulem poil, mais encore l'épiderme. La séparation de Pépiden nécessaire, car ce corps, ne se combinant point avec le ta empêcherait celui-ci de pénétrer du côté du poil.

00 Lorsque le poil est enlevé, l'on plonge les peam une eau courante pour les ramollir \ puis on les ëcnarne les étire, ce qui se fait en enlevant la chair avec la faii plongeant de nouveau dans l'eau, mais seulement p< quelques heures , et les pressant fortement avec le 0 rond. Cette dernière manipulation a encore pour but parer les restes d'épiderme et de faire sortir, lorsqu'o

(x) Od appelle tanné* le tan dont on s*est déjà senr i pour tanner les ] qui est par conséquent privé de tannin. En le mettant en contact avec rcai finit par s^acidifier. L*acide qui se forme est de l'acide acétique. IS. Biac a constaté Teiistcoca dans son analyse de la jusée. i^Ann. <U GMm. «fi t.L|p.38o>^

DK UL PEAU. 189

BLe chaux, là portion de cet alcali qui a pu pën(^trer dans u de la peau.

Les peaux destinées i former des cuirs à œuvre, telles

^lles de veau pour empeigne, celle de vache pour bau-

doivent être tannées immédiatement après avoir subi

les préparations dont nous venons de parler-, mais celles

^n destine à former des semelles et autres cuirs forts ,

Bt ensubir encore une autre que Ton siçipeVie gonflement :

cl s'opère en plongeant les peaux dans des dissolutions

s d'alcali ou d'acide, de même que pour le débourre-

; par ce moyen, on ouvre davantage les pores de la peau ;

c vient plus épaisse, demi-transparente , et capable de

DÎr une plus grande quantité de tannin.

Au gonflemnt succède le passement,, qui s'exécute en te-

Les peaux, pendant quelque temps, dans une eau où l'on

quelques écorces.

Enfin l'on procède au tannage. C'est au moyen d'écorce te en poudre, et qui, sous cette forme, prend le nom de que l'on fait cette dernière opération : r écorce que l'on oie le plus souvent est celle de chêne, opération se fait ordinairement dans des cuves rondes ou es, qui prennent le nom de fosses, et qui peuvent être ruites en bois ou en maçonnerie; leurs bords sont à fleur rre. Pour les cuirs forts, l'on établit d'abord au fond de ve une couche de i6 centimètres de tan qui a déjà servi ; recouvre cette couche d'une autre de 27 millimètres de tan *. Sur celle-ci l'on étend une peau; sur cette peau, l'on te une seconde couche de tan neuf, et ainsi de suite jusce que la fosse soit pleine ; puis on recouvre le tout de i6 imètres de tannée ou tan usé, que l'on foule aux pieds, et fait couler de l'eau dans la fosse par un petit conduit en qui se rend jusqu'à la partie inférieure. Pcu-à'peu le tanpénètre dans les peaux et s'y unit. Lorsqu'on juge que le Lie contient plus de principe astringent, ce qui a lieu au ; de deux à trois mois, on le renouvelle en vidant la fosse 1 la remplissant de nouveau; mais, comme cette nouvelle itité de tan n'est point encore suflSsante , il faut la renou- : elle-même au bout de trois à quatre mois \ et celle-ci exit plus de tempspoursedépouiller de tannin que la seconde, plus forte raison, que la première, il s'ensuit que les peaux int en fosse au moins un an. On pourrait éviter de rercler le tan en l'arrosant avec de l'eau chaigée de tannin, ju'il serait épuisé de ce principe :.de cette manière, on rent l'opération beaucoup plus prompte, e procédé de tannage que nous venons d'exposer n'est pas

Page 1