DU TISSU OSSEUK. SOS
jEient enfin en une substance blanche et si friable, qu'il suffit ie ta presser entre les mains pour l'écraser* Cette substance îtait considérée par les anciens chimistes comme une terre particulière qu'ils appelaient terre des os : elle doit être évidem- [nent formée, d*après ce que nous avons dit précédemment, de phosphates de chaux et de magnésie, de carbonate de chauZy l'alumine, ^e silice, d'oxide de fer et de manganèse.
Exposés à l'air, à la température ordinaire, ou enfouis dans la terre, les os finissent par se déliter, s'exfolier et tomber en poussière, (i)
Lorsqu'on les traite par l'eau bouillante, sous la pression de o'**,76, on ne dissout qu'une portion de leur matière animale, à moins qu'ils ne soient râpés et que l'ébuUition ne soit soutenue pendant long- temps ^ lorsque l'expérience se fait dans la marmite de Papin, cette matière se dissout complètement ^ et les os deviennent aussi friables que par la calcination; ils sont même réduits en une sorte de bouillie; mais, dans ce cas^ il y a toujours décomposition d'une partie de la matière animale et production d'ammoniaque. Mis en contact avec les acides étendus d'eau, surtout avec ceux gui dissolvent facilement le phosphate de cbaux, le phosphate de magnésie, le carbonate de chaux, les os se ramollissent et deviennent peu-à-
Îeu, quelle que soit leur grosseur, demi-transparens et aussi exibies que le jonc 5 ils ne sont plus alors composés que de tissu cellulaire. C'est en les faisant digérer dansTacide chlorhydrique faible, pendant sept à huit jours, renouvelant l'acide au besoin dans cet intervalle, les plongeant ensuite quelques instans dans l'eau bouillante, puis les essuyant et les exposant à un courant d'eau froide et vive, que M. d'Arcet en extrait lecartilage, qui, desséché, se conserve indéfiniment à l'abri de Thumidité, et qui peut toujours être converti en colle très facilement à la manière ordinaire.
Toutefois, la colle que l'on prépare ainsi contient constamment du phosphate acide de chaux.Pourl'en priver entièrement, il faut , après avoir traité les os par l'acide chlorhydrique et les avoir lavés, les faire macérer dans un lait de chaux pendant
^rsqu'on fait bouillir le cartilage avec l'eau. Par l'emploi chaux, on parvient d'ailleurs à former avec la graisse qui reste
(x ; On a trouvé, dans un tombeau de l'église de Sainte-Geneviève, des os qui pouvaient avoir sept cents ans, et qui étaient devenus acides et de couleur pour. pra. L'acide qu'ils contenaient était l'acidephosphorique; il était uni au. phoi» phaU de chaui. {Fourcroy «t Vwqu^a , jiimaUi d* CiûmU , V. ulvi^:^. ^>^^
904 DES BIATIÈRES MOLLES ET SOXJDÏS,
dans les os, des savons insolubles qui se déposent La colle obtenue de cette manière est moins colorée,' tenace et moins hygrométrique que celle que l'on obtieull neutraliser les os par la cbaux.
a873. Proportions des principes constituons. — La tion des principes constituans des os n'est point pré la même dans les divers animaux^ elle est surtout très ble dans le même individu aux diverses époques de k^ lorsqu'il est jeune, la substance cellulaire est prëpondf^ lorsqu'il est avancé en âge , c*est au contraire le pnospl cbaux qui prédomine : aussi les os commencent- ils pari sembler à une sorte de cartilage , deviennent-ils ensuite ' mes , solides , et finissent - ils par être y pour ainsi cassans.
Suivant Fourcroy et Vauquelîn, les os de bœuf sont i posés d'environ 5o de tissu cellulaire, Zj de pbosphatej chaux, iode carbonate de chaux, i,3 de phosphate de gnésie, de traces d'alumine, de silice, d'oxide de fer,d*fl de manganèse. ( Ann. du Muséum cTHist. natur.^ t(nD*0 pag. 267).
M. Berzelius a obtenu des résultats difFérens ; il ilHi' dans les os :
D*BOMMt. DlN
Cartilage complètement soluble dans Teau 3s,x 7 | ..
Vaisseaux i>i3 j ^
Sous-phosphate de chaux avec un pen de fluorure de calcium • 53,o4 ••••.« 5^
Carbonate de chaux x i,3o
Phosphate de magnésie 1,16 ••••«• 1
Soude avec très peu de sel marin • • • T,ao ••••••
C'est en calcinant un poids donné d'os bien desséobé qu'à ce qu'ils deviennent blancs et qu'ils ne fassent plus vescence avec les acides , puis les pesant après la calcin que l'on détermine la quantité de matière animale qu'ï tiennent. La différence entre les deux poids se compose vérité, de cette matière que le feu détruit, et de l'acide nique du carbonate de chaux; mais , comme on parviei lement à connaître le poids de cet acide , il suffit de le i cher de la différence obtenue pour avoir celui de la 11 animale même.
Les os étant calcinés , si on les met en contact, à la ( rature ordinaire , avec le vinaigre distillé , on ne décom et ou ne dissoudra que le carbonate de cbaux ; de 8ort€ filt- ' dissolution, lavant 1« résidu, et versant d% 1%
Dr TBSU OSSEUX. lOS
^'ammoniaqiie dans les liqneiirs réonies , <m prrapiten toute kdiaiix i fétu J'oxalate; et, pur ocmséquent, u sera facile d'en connaître le poidls, et de condnre celui du carbonate cal- «aire. Dans le cas où le vinaigre aurait dissous un peu de phosphate j œhii-ô serait séparé par une addition d ammoniaque sidSsante seulement pour neutraliser la dissolution étendue. Pour obtenir le sous-phosphate calcaire , il faudra dissoudre dans Facide chlorhjdrique laible les os calcin& et déjà traita
Ïir l'aâde acétique , filtrer la liqueur, et y verser un excès ammoniaque , qui précipitera ce sel , précisément dans l'état de saturation où il est dans les os (8CaO,3PK)^) (i46a), |bs peut-être quelques traces d^oxide de fer, etc.
Quant à la magnésie , l'un des meilleurs moyens d^en dé- Bmtrer la présence dans les os, et par suite de connaître la nantité de phosphate-magnésien , consiste : i® à dissoudre «Ds l'acide azotique les os calcinés , à saturer la dissolution
^dfhydrique, à la saturer aammoniaque, et à y verser de foxaiate d'ammoniaque qui en sépare la chaux ; 3^ à filtrée de Nouveau la liqueur, à l'évaporer jusqu'à siccité , et à calciner la masse dans un creuset de platine. Le rébidu est la magnésie, ^èlée aux traces d'oxide de fer et de manganèse que les os peuvent contenir, et qui , quand ils existent , se recounaisscnt aisément par les procédés ordinaires.
L'existence de l'alumine et de la silice pouvant être contestée, nous n'en dirons rien. On peut, au reste , consulter le Ifémoire de Fourcroy et de Yauquelin à ce* sujet. {^Ann. du iîuséum (THUt. natur.^ t. xiii , p. 2^67).
On peut aussi très facilement, 'd'après M. Berzelius, démontrer la présence des vaisseaux qui pénètrent le cartilage des os et lés nourrissent. Il faut faire macérer un os bien nettoyé dans de l'acide chlorhydrique étendu, jusqu'au point où il a perdu la moitié de des sels , le laver à l'eau froide , puis le mettre en contact avec de l'eau à près de 100 degrés pendant vingt-quatre heures , en ayant soin de ne point agiter le liquide. La portion de cartilage dépouillé de sels calcaires se dissout, laissant à nu, sons la forme d'une pluche blanche, les petits vaisseaux qui sortent de la portion non décomposée de l'os. Ces vaisseaux se reconnaissent à la loupe ; le moindre attouchement les déchire. Ce sont eux qui rendent trouble la liqueur , lorsqu'on fait fondre le cartilage dans l'eau bouillante ; ce sont eux également eui donnent la soude et le sel marin dont il est question dans 1 analyse de M. Berzelius; ce sont eux eufiu qui, eu hachant