CALCULS DE LÀ GLANDE PROSTATE
nombreux qae ceux dont le noyau est l'acide urique. {Foyez^ pour plus de détails, d'imepart, les Recherches physiologiques et médicales sur .les causes^ les symptômes et le traitement de la . gravelle, par M. Magendie 5 et d'autre part, V Essai sur P Histoire chimique et le Traitement des maladies calculeuses, par lo docteur Marcet . )
Concrétions urinaires des animaux.
2i883* Ces sortes de concrétions ont été beaucoup moins examinées que les précédentes ; mais si l'on considère que les urines des animaux ne contiennent que peu de substances insolubles par elles-mêmes y il deviendra probable que les concrétions qui peuvent s'y former ne doivent pas être très variées.
Celles qui se produisent dans la vessie des herbivores sont composées, en général , de carbonate de cbaux , et assez sou* vent d'un peu de carbonate de magnésie : leur friabilité est ordinairement très grande.
Celles des carnivores sont d'une autre nature : Fourcroy et Vauquelin y ont toujours trouvé du phosphate de chaux ; M* Bénédict Prévost a reconnu le phosphate de chaux et le phosphate ammoniaco-magnésien dans une concrétion de petite chienne. (^Ann» de Chim. et de Phys., t. vi, p. 218. ) M. Gauthier de Claubry a vu que plusieurs calculs provenant de divers chiens contenaient, outre ces deux phosphates, une certaine quantité de carbonate de chaux. Enfin, M. Lassaigne assure qu'un calcul extrait de la vessie d'un chien par BIM. Dupuy et Barthélémy, professeurs à l'Ecole d'Alfort, était composé d'urate d'ammoniaque et d'un peu de phosphate de chaux. (Ann» de Chim. et de Phys.^ t. ix, p. 3^4)»
Calculs de la glande prostate*
21884* Ces calculs paraissent être formés , d après les expériences de Wollaston , de phosphate de chaux ^u même état de saturation que dans les os. Leur volume varie entre celui d'une tête d'épingle et celui d'une noisette ; leur forme est plus ou moins sphéroïdale et leur couleur d'un brun jau' nâtre : cette couleur provient de la sécrétion de la glande même , et leur donne l'apparence extérieure des calculs formés d'acide urique ; mais il est facile de les en distinguer, soit en les entamant, soit en les calcinant, soit en les traitant par la potasse, etc.
Je dois ajouter ici que l'on me remit , il y a quelques années , comme provenant de la prostate , un tout petit calcul dont je ne pus soupçonner la nature à l'aspect , eX <ç\^\^\x^'vx.-
fis DES CALCULS OU CONCRÉTIONS.
vai formé d'oxalale de chaux : cet oxalate ëtait remarqoable
Wigine desquels j naient de la prostate , et tous étaient composés de pbospbate de chaux, de quelques traces de carbonate de chaux et d'ua peu de matière animale. M. Lassaigne a confirmé cette observation. {Journ, de Chim. méd,j iv, 126.)
Concrétions arthritiques.
2885. Les personnes sujettes depuis long-temps à la goutte nous offrent parfois, dans leurs articulations ^ des dépôts mous et friables qui ressemblent à de la craie* Ce n'estjue depuis 1797 que nous en connaissons la nature : alors M. Vrollaston les soumit à l'analyse , et trouva qu'ils étaient formés d'acide urîque et de soude.
Depuis cette époque , M. Vogel eut l'occasion d'analyser une de ces concrétions, qui contenait, outre l'urate desoude^ de Furate de chaux et un peu de sel marin. {BulL de Pharm^j 1 t. III , p. 568.) Laugier a fait aussi une observation semblable. {Journ* de Chim. înéd,y i, 6.)
De la Nature et de la Formation des Calculs de là ^vésicule du
bœu-f et de V homme.
2886. Les concrétions qui se produisent au sein de la bile, prennent le nom de calculs biliaires , et plus souvent celui de calculs de là vésiculcy parce qu'on les rencontre bien plus souvent dans cette sorte de réservoir que dans les canaux avec lesquels elle communique.
2887. Calculs du bœuf. — Les calculs de la vésicule de bœuf sont rares •, ils sont assez gros, et on n'en trouve ordinairement qu'un seul dans la même vésicule.
Ceux que j'ai examinés n'étaient composés que de grumeaux légèrement agglutinés ou adliérens à peine les uns aux autres; toiis étaient formés de la matière que j'ai décrite précédemment sous le nom de matière jaune , imprégnée seulement d'un peu de bile (page i48). Delà, j'ai conclu que telle était sans doute la composition de tous les calculs delà vésicule du bœuf. Ce
2u'il y a de certain, c'est qu'alors on n'en connaissait pas une autre nature.
Cependant , il paraîtrait, d'après, les observations de M. Chariot, pharmacien vétérinaire , qu'il existe quelquefois des calculs de la vésicule du bœuf très différens de ceux dont j'ai fait l'analyse.
lien cite un qui pesait i5 onces avant d'être desséché » et 9 onces après sa dessiccation, La couche extérieure était d'un
DES CALCULS BILIAIRES. âl9
Tert-jaoïiâtrè et avait une saveur de bile^ les autres étaient blanches et insipides.
Ce calcul avait été trouvé dans la vésicule d'une vache affectée d'ictère ; il était composé d'une substance grasse acide , que l'auteur croit être l'acide margarique , d'une matière résineuse verte très amère , de mucus animal , de chaux et de magnésie.
Le même observateur, ayant eu ensuite l'occasion d'examiner des calculs ordinaires de la vésicule de bœuf , dit qu'ils sont jaunes de la circonférence au centre , que néanmoins ils ressemblent parleur composition à celui qui précède, et qu'ils «ont formés, en quantité variable, d'acide margarique, de mucns animal, d'une matière colorante jaune résineuse qui domine les autres substances, de chaux et de magnésie. (^Jonrn* de Pharm.^ xviii, iSg.)
Ces résultats laissent beaucoup à désirer.
Pourquoi ne pas avoir donné , du moins , des proportions approximatives? Comment se fait-il que l'auteur ne puisse pas nous dire si la substance acide dont il a eu une grande quantité, est réellement de l'acide margarique ? Qu'est-ce que la matière 'colorante jaune résineuse, et la matière résineuse verte amère dont il parle ? A quel état se trouvent la chaux et la magnésie qui font partie des calculs? Je ne conteste pas qu'il ne puisse y avoir des calculs d'une autre espèce que ceux que j'ai analysés; mais j'affirme de nouveau que tous ceux que je me suis procurés, étaient formés de la matière jaune dont j'ai fait connaître les propriétés , laquelle était imprégnée d'un peu de bile.
a888. Calculs de la vésicule de V homme* —Les calculs biliaires de l'homme sont beaucoup moins rares que les calculs biliaires du bœuf; ils sont plus petits et plus nombreux. On en trouve quelquefois un très grand nombre dans la môme vésicule : alors ils s'usent les uns contre les autres et présentent ordinairement plusieurs faces. Dupuytren en ayant mis*à ma disposition plus de trois cents , j'ai eu occasion de fcire sur ces calculs un travail assez complet.
Parmi ces trois cents, dontles uns ont eu pour siège la vésicule, d'autres les canaux chargés de verser la bile dans le duodénum, et d'autres dans le foie, un petit nombre était formé de lames blanches , brillantes et cristallines de cholestérine ; beaucoup, formés de lames jaunes, contenaient depuis 88 jus- (ju'à g4 centièmes de cette substance , et de 1 2 à 6 de la matière qui les colorait; quelques-uns, verdis extérieurement par un peu de bile, étaient du reste jaunes dans l'intérieur et semblables auxprécédens} plusieurs , recou\exVa , ^x^ ^^\ift.^
2f0 DES CALCULS OU CONCRÉTIONS.
partie au moins , d'une croûte brune-noirâtre clans laquelle ou K ne trouvait que peu de cholestérine , étaient intérieurement * encore dans le mèine cas que ceux-ci ^ quelquefois c^était h matière noire qui était au centre, et la matière jaune lamelleuse à la partie supérieure ; deux ou trois enfin étaient , depuis le centre jusqu'à la circonférence, brun-noirs, sans aucun point brillant ou cristallin , et presque sans cbolestérine* Il faut ajouter que dans tous, excepté dans ceux qui étaient blancs, il y avait quelques traces de bile qu'on pouvait en séparer par l'eau.
Les calculs qu'on trouve quelquefois dans les intestins de
l'homme sont encore semblanles à ceux de la vésicule : da
moins, j'en ai analysé deux qui n'en différaient en rien : tons
. deux contenaient beaucoup de cbolestérine en lames grises et
jaunes.
Depuis que ces recherches ont été faites , M. Orfila ayant eu occasion d'examiner différens calculs biliaires, en a trouvé un qui ne contenait point de cbolestérine , et qui était formé d'une grande quantité de matière jaune et d'ime petite quantité de picromel et de matière grasse de la bile. {Ânru de Cké* mie, t. Lxxxiv, p. 34.) M. Cavcntou a aussi rencontré le picromel dïins un calcul du poids de lâ à i3 décigrammes.(/ba/7wrf de Pharmacie, t. m, p. '56g.) Enfin, MM. Bally et Henry fils ont fait l'analyse d'un calcul qui était composé de lo,8i d'une matière animale analogue au mucus ou plutôt à l'albumine; de 72,70 de carbonate de chaux; de traces de mfignésie ; de i3,5i de phosphate de chaux; de 2,98 tant en oxide de fer, qu'en matière grasse, madère colorante verte delà bile et -perte. (Journal de P/iarm.^ xvi, 196.)
Un de mes grands désirs était aussi de soumettre à lanalysc les calculs biliaires de quelques autres animaux, et je regrette bien , faute d'en avoir pu trouver, de ne pouvoir présenter que des conjectures sur leur nature. Toutefois ces conjectures acquerront un grand degré de probabilité, si l'on observe qu'elles reposent sur la connaissance des principes constituans de la bile au sein de laquelle ces calculs peuvent prendre naissance. Je dirai donc que s'il existe des calculs biliaires dans le chien , dans le chat , dans le mouton, ainsi que dans la plupart des quadrupèdes , il est probable qu'ils sont tous de la nature des calculs du bœuf, puisque la bile detouscesanîmauxse ressemble; que pourtant celle du cochon doitfaire exception.(i)
Qu'on réfléchisse maintenant sur ce qu'on a dit delà disso-
(4) Celle assertion a été confirmée par M. Lassaigne : ayant eu l'occasion d'analyser un calcul de la vésicule du fiel d'une truie ladre, il se trouTa formé de 6 de cholestérine; de 44,95 de résine incolore; de 45 de matière animale et resme rerte altérée, et de 3,6 de bile. {JourntLl de Chinât midMnlt^i^Tix ç. 49»)