DES CALCULS OU CONCRÉTIOHS
l'estomac des animaux , des concrëtions dont U nature eft trèi variable, et ayxcpieUes on donne le noAi de besoards. Ces cou* crétions ont été principalement analysées par Fonrcroy et Yauquelin. Ils en distinguent sept espèces. ( 4« Tolnme da Muséum d^ Histoire naturelle, pag. Sap).
La première est composée de phosphate ammoniaco-magnésien cl d'un peu de matière animale* Quelquefois elle présàile çà et là des ubres végétales. Sa couleur est d'un gris brun ; n compacité, assez grande; sa texture, rayonnée; son poids, sott« vent très considérable ; sa forme, spbéroïdale quand l'intestin ne renferme qu'un seul calcul , et triangulaire , en raison dei frottemens produits, quand il en renferme plusieurs. C'est dans les animaux herbivores , et particulièrement dans les chevaux qu'on rencontre ces sortes de calculs. Le phosphate de magnésie provient des alimens dont ces animaux se nonr* rissent. L'ammoniaque sans doute est un produit de la di* gestion.
La deuxième espèce n'est formée que de phosphate de magnésie et d'un peu de matière animale; elle est demî-trans-
Î parente, jaunâtre, en couches concentriques, bien moins réquente que la première, et plus rare aussi que la troisième.
La troisième est un phosphate de chaux légèrement acide , contenant quelquefois un peu de phosphate de magnésie. Celle-ci est formée de couches concentriques très fragiles et qui se séparent facilement les unes des autres : elle est blanche, légèrement soluble dans l'eau, et rougit le tournesol d'une manière sensible.
La quatrième ne paraît être autre chose que des grumeaux de la matière jaune delà bile, adhérens les uns aux autres.
La cinquième est fusible , très combustible , décomposabk par [q feu , et plus ou moins analogue aux matières résineuses. Les couches dont elle est formée sont lisses , polies , douces au toucher et très cassantes. C'est à cette espèce qu'appartiennent les bézoards orientaux auxquels on attachait tant de prix autrefois , en raison des vertus médicales dont on les supposait doués. Elle a souvent pour noyau des coques d'un fruit gros au plus comme une noisette. Elle nous vient d'Asie ou d'Afrique. On suppose qu elle est due à des résines séparées des végétaux qui servent d alimens aux animaux dans les intestins desquels «Ue se trouve. Ces animaux sont presque toujours inconnus*
La sixième espèce provient évidemment du boletus ignia* rius, dont les débris encore très distincts sont liés par un suc animal. Cette espèce , formée , comme presque toutes les précédentes, de couches concentriqifes , est très légère, et quel-
DM COWCRÉnOHS INTESTINALES. Î2$
qnefois recouverte dune croûte de phosphate ammoniacomagnésien*
La septième est composée de poils que quelques animaux avalent et qui s'agglutinent ; elle est jaunâtre : on la désigne ordinairement par le nom àygagropile.
nSgo» On rencontre aussi , mais rarement , des concrétions autres que des calculs biliaires dans les intestins de Thomme : kur formation paraît dépendre de circonstances accidentelles. Voici ce qu'on Tilt à ce sujet dans l'ouvrage déjà cité du docteur Marcet. [jiinn. de Chim. et de Phys.^ t. xiii, p. 38.)
i^ Qu'un calcul de la grosseur d'une noix, l^lanc dans Pin* térieur, léger, spongieux, très friable, sans couches distinctes^ foimé principalement d'un mélange de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien, a été trouvé dans le rectum d'un enfant né avec un anus imperforé, et dans lequel il paraissait y avoir une communication entre le rectum et la vessie.
a** Que M. Brande a eu occasion d'observer, il y a quelques années, chez un individu qui faisait par goût un usage journalier de la magnésie, des concrétions considérables qui étaient entièrement composées de carbonate de cette terre, et aux^ quelles le muqus servait de lien.
3° Que les docteurs Marcet et Wollaston ont fait l'analyse de concrétions qui avaient jusqu'à un pouce et demi de circonférence, et qui étaient de nature caséeuse.
4* Enfin qu'on trouve en Ecosse, dans la basse classe du peuple, qui mange du pain d'avoine, des concrétions en couches concentriques et alternatives, formées d'une part d'un mélange de phosphate de chaux et de phosphate ammoniacomagnésien, et d'autre part d'une substance veloutée, compacte et brunâtre, provenant des petites arêtes situées à l'une des extrémités de la semence de l'avoine.
A ces observations, il faut ajouter celles qui ont été faites plus récemment par M. Braconnot, M. Robert, M. Lassaigne et M. Dublanc. Ces chimistes rapportent, savoir : M. Braconnot, qu'ayant eu occasion d'analyser beaucoup de concrétions intestinales rendues par unefille de trente-six ans, il a trouvé que ces concrétions, qui avaient la forme de pralines et la grosseur de petites noisettes, étaient composées d'une matière analogue au bois. {Annales de Chimie et de Physique^ t. xx, p. i94*)
M. Robert, que de petites concrétions qui lui avaient été remises par M. Flaubert lui ont semblé formées de mucus» [Joum, de Pharm., t. vu, p. i6i.)
Il* Lassaigne, que des calculs provenant des intestins d'une jeune fiUe, et gros comme de petits pois, étaient composés de
224 MATIÈRES PARTICULIÈRES A CERTAINES CLASSES jyAÈlUkXft,
y4 de stëarine, oléine, acide particulier, ai de matière fibn» neuse et 5 de phosphate de chaux et sel marin. {Jounu Je- Chim* méd,, m, 119»)
M. Dublanc, que des concrétions qui avaient ëtë trouvées i dans les intestins d'un enfant, étaient de nature fibrineuaa'j (Idem, 496*) "-
Concrétions saliçaires,
2891. Un calcul salivaire de cheval, analysé par M. Las8ai-.f gne, s'est trouvé formé de 84 de carbonate de chaux, de 3 de phosphate de chaux, de 9 de matière animale et de 3 d*eaiL J Les mêmes priifbipes ont été rencontrés dans ceux de vache CtJ d'éléphant, et dans ceux d'âne. Ç/inn. de Chim. et de Plfy$^\ t. XIX, p. 174 — XXX, 332, et Joum* de Pharm.y t. m, p. 208— | XI, 464 et 465.) \'
Cependant Laugîer a extrait en outre, d'un de ces derniers^ du carbonate de magnésie* {Journal de Chimie médicale^ t. n, J p. io5.)
Concrétions pinéales.
2892. La glande pinéale, dont on ignore les usages, coiftient presque toujours deux ou trois graviers si petits, qu'on ne peut les découvrir, pour ainsi dire, qu'en écrasant cette glande entre les doigts. Suivant Fourcroy, ces concrétions sont formées de phosphate de chaux et de matière animale. Le phosphate de chaux en fait environ le tiers.
Concrétions nasales.
Suivant M. CoUard de Martigny, il existerait quelquefois des calculi nasaux, qui contiendraient beaucoup de phosphate de chaux, du carbonate de chaux, de la silice, des matières analogues au mucus, à l'albumine, deux substances grasses, l'une soluble dans l'alcool et Téther, et l'autre soluble dans l'éther seulement, enfin une substance verte. Cette analyse laisse beaucoup à désirer. {Journ. de Ckim. méd., vu, 723.)
De quelques autres matières particulières à certaines classes
daidmaux.
2893. Après avoir examiné les matières liquides, molles et solides les plus répandues dans l'économie animale, nous de* vons du moins indiquer, autant que possible, la source et la nature de celles qui sont particulières à quelques animaux, et qui sont remarquables par leurs propriétés ou par leur emploi dans les arts et l'économie domestique. Ces matières sont: dans la classe des mammifères^ le musc, la civette , le castoréum, l'ivoire, le bois ou la corne de cerf 5 dans les oiseaux y