‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 4)Chapitre 11 sur 64 · O DES SAVONS · texte numérisé non relu

O DES SAVONS

fait un mélange sur lequel on verse une certaine quantité d'eau froide. Au bout de douze heures, on failéccfu-r Jer la liqueur ; qui prend le nom de première lessive , et qui marque de 20 à a5^. Traitant ensuite le résidu deux fois par de nouvelle eau pour l'épuiser , on se procure deux autres lessiyes ^.dont Tune marque de 10 à i5^ , et l'autre de 4 à 5^.

a^. Lorsque le fabricant a fait provision de lessives à diverses densités , il s'occupe de ?a cuite : pour cela , il emploie des chaudières qui varient beaucoup dans leurs constructions , et qui peuvent contenir depuis aSoo jusqu'à i25oo kilogrammes de savon. Dans tous les cas, elles portent à leur fond un tuyau de 68 millimètres de dia* toètre , nom^lé V épine,

' On commence par mettre de la lessive faible dans la chaudière 5 ensuite on y verse peu à peu de l'huile , et Ton * fait bouillir le mélange. Bientôt la combinaison- s'opère , forme une espèce d'émulsion': on ménage le feu (a) , et on ajoute successivement de la lessive faible, de l'huile', en ayant soin , polur accélérer la combinaison , de maintaiir toujours la masse bien empâtée , bien homogène , sans lessive au fond de la chaudière , et sans huile à la sur- •face. ^

• 3^. Quand on a ainsi mis dans la chaudière toute l'huile que Ton veut saponifier, on y ajoute peu à peu de la lessive forte, qui sature l'huile et convertit l'espèce de savon avec excès d'huile , dont nous v^ons de parler , en savon parfait qui se sépare de la lessive et vient se rassembler à la surface (b). ' ^

4**. Ce phénomène ayant .eu lieu , la lessive , quoique

(a) Pour empêcher la matière de brûler.

{b) Les lessives ocqtsérant plus de densité par le mélange de la Ica^îvc forte ) favorisent cette séparation.

DBS SAVONS. 71

Ues-abondante , iiesi plus propre k la saponification ; on njtrouve plus en efietque des sels neutres , du sous-cariknateda soude , et un peu de soude caustique non absorbée. Cest pourquoi , le feu étant tomhé , on la lire par Tépine j de manière à mettre le savon prcsqu^à sec. Alors ou ajoute de nouvelles lessives , caustiques, neuves el concentrées , et on rallume le feu : on verse ainsi successivement dans la chaudière plus de lessive caustique qu^il ^en faut pour saturer Thuile ^ on fait bouillir pour n awr aocun doute sur la saturation ; on arrête la cuisson (paoà la lessive est parvenue à lyiSo ou à 1,200 de pesanleor spécifique ^ puis on retire , comme précédemment , cette lessive , sur laquelle nage le savon , et Tqu met celui-ci à sec sur le fond de la chaudière. Daiu '«^^lat ^ le savod est d'un bleu foncé tirant sur le noir , et ne contîcat qœ 16 pour ]00 d'eau. Sa couleur provient d'une combinaisoii de matière grasse , d'alumine et d'oxide de ferhjdro-sulfuré, qui se forme lors de rcmpâtage^etqui se dissout dans le savon (a).

io) L^ihimine provient des fours dans lescpiels on fabrique les soudes, •t le âaBcvt daus celles - ci pendant le lessivage. L^hydrogeuc sulfuré prorioit de l'hydro- sulfure de soude contenu daus la lessive, et est mis cniiibaléau moment où Peaipâtage se fait. Quant à Toxide de fer, il provient des matériaaz employés , ou du sol 8u|: lequct on opère , ou de lu plaate mcmey dans locas où Ton se sert des soudes naturelles. Cet <».ide de £er est tenu, en dissolution par Thydro-sulfui'e de soude.

Lorsque les lessives ne contiennent passasses d^oxide de fer pour que V aovoa alnmineux se colore en beau bleu , on en ajoute à la cuite une yllLi suffisante , coi. qui se fait en Tarrosant tfvec une diisolutiou de ctx^perofle après Tempâtage de Phuile.

Baêh tous les cas , il parait que Thuilc se combine presqivî sur-lccbamp avec Talumine et Toxide de fer , qu'il en résulte uu' savon <tlu- ■âno-fcrrogiucux jaunâtre , et que ce u'c':»t qu'à la chaleur de rébulliilun f|Qe oc savon se colore.

C'est à M. d^Arcet, dont les connaissances dan5 1rs nls lout si cUii- Uucs , que \c dois ces oLsery étions. \

^1 DVS SÀVOlfS.

Le savon , nrrivé à ce point , peut être conveiti en savoa blanc ou en savon marbré.

5®. Pour le convertir en savon blanc, il faut le délayer peu à peu dans des lessives faibles ; en ménageant la chaleur 9 et le bien laisser déposer en couvrant la chaudière. Le savon alumîno-ferrugîneux noirâtre n'étant pas so- Juble dans le savon à cette température , s'en sépare et tombe au fond de la chaudière. On puise la pâte du savon , qui est devenue parfaitement blanche , et on la couW dans des mises, où elle se prend en masse par le nefroidis-' 5ement , et d'où elle est enlevée pour être coupée eu tables pu en briques.

Ce savon est connu dans le commerce sous le nom de

sa9((n en table ^ il contient à-peu-près , sur loo ;

Protoxicle dis sodium ou soude • . 4^6

Matière grasse Ôo^a

Eau • • . • 4^>^

lOD^O

Il est employé de préférence pour les usages délicats ,' {Comme le blanchissage de la dentelle , la teinture , parce qu'ayant été lavé avec des lessives faibles et purifié par décantation y il ne contient , pour ainsi dire , ni excès d'alcali, pi autre corps étranger : aussi est-il beaucoup plus doux et moins mordant que le qiai*bré , dont nous allons actuelloment parler.

1 494 «Lorsque la cuite du savon est terminée^ et qao la lessive sur laquelle il nage a acquis de i,i5o à i,300 do pesanteur spécifique , lé savon est bleu-noir , comme nous l'avons déjà dit. Dans cet état , si , au lieu d'en vouloir faire du savon en table , on veut en faire du savon marbré , on a'y prend de la manière suivante.

pîous avons vu que le savon ne contient alors que o,i6

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