DES 6AV079S
S^VL , et qtiela masse eutière est colorée en bleu noiràtn*. Haut ajouter Fean qui y maoque pour que le corps colo^ lant ou le savon alumino-ferrugineux se sépare de la pâte Blanche et se réunisse en veines plus ou moins grandes , àt manière à former une espèce de marbrure bleue sur un fond blanc.
La séparation de ce corps peut être comparée à une coTte de cristallisation : pour qu'elle se fasse bien , il est nécessaire que le savon soit convenablement délayé dans des lessives faibles , et qu'il ne refroidisse ni trop vite ni irop lentement.
S'il est trop délayé et s'il se refroidît trop lentement , on n a que du savon blanc ; tout le marbré tombe au fond. Dans le cas contraire , il est à tout petits grains , comme dngnmît.
Ce procédé est donc fondé sur la moindre solubî- . litc du savon alumîno- ferrugineux à une basse tempéntnre, et sur la propriété qu'a la dissolution de ne plus pouToir le retenir et de s'en séparer à une certaine densité. A
Quoi qu'il en soit, lorsqu'on a ajouté h la cuite la qoanùvé convenable de lessive faible pour l'amener au point èéairé , on conle le savon dans des mîséis , de même que le savon blanc , et on l'en retire de la même manière après son refroidissement pour être; coupé en briques (a). •
(«) Les aûjcê dan* lesquelles on coule le savon lorsqu^il est cuit sf COQstnziscut de diSercntes manières, suivant les localités et selon 1m mw nîère de voir du fabricant. Les plus ordinaires soLt de grandes caisses Mes de ptaocfaes ajoutées dans des membrures et assujetties par des <^s en bois ; elles sont placées sur de fortes plates-formes , de nuiiuèr* qoe U WtsÎTe qui s^en écoule puisse être recueillie dans un réservoir. D'^aufres fois ^ elles sont formées par plusieurs dalcs de pierre liées par m ciment.
74 I>KS SiVOlïS,
Le savon marbi'é contieut environ, sur loo ^
Protoxîde de sodium ou sonde !.. 6
Matière grasse 64
Eau • 3o
Ce savon est toujours plus dur et plus constant dans ses proportions que le savon en table. En effet , la néccssiié de produire le marbré fait que le fabricant n est pas le maître de faire varier la quantité d^eau : elle dépend de la marbrure. Le savon blanc en table peut , au contraire, recevoir autant d^eau que le fabricant désire , et est même d'autant plus blanc qu'il, en contient davantage j d^où il suit que le savou marbré doit être préféré à celui-ci.
1495. Quelle que soit sa couleur , le. savon possède les mêmes propriétés , à son degré de force près. Tout lo monde en connaît Taspect et la consistance. Sa pcf&anteur spécifique çst plus grande que celle de Veau ^ sa' saveur est légèrement alcaline. Exposé £^feu, il entre promptement en. fusion 9 se boursoufle ensuite et se décompose. L'air, en se renouvelant , le dessèche peu à peu presqu'entièrcment. L'eau en opère la dissolution plus facilement à chaud qu'à froid 5 cette dissolution est sur-le-çjiamp troulSléc par la plupart des acides , qui , en. s'emparant de la soude et précipitant les acide» huileux qui s'y trouvent, forment une espèce d'émulsion *, elle l'est également par tous les sels solubles métalliques , autres que ceux à bases de potasse , de soude , et donne lieu à des savons insolubles. L'alcool peut aussi dissoudre le savon ; il en dissout mie grande quantité siurtout à chaud. Eu cUot , que l'eu saturi^ l'alcool de savon à la température de rébullilion , et qu'où mbandonnc la liqueur à cllc-mcDic , clic se prendra par le refroidisstnccal en une masse jaune cl irausuarcnic : eu se
DIS SAYOKS. . ^5
aidant , si le savon est^ormé de soude et de suif, ceue iBisse ne devient point opaque ^ on voit oncore très-dis^ mictement les objets à travers , lors même que son ëpaisseor est d'un demi-pouce. Enfin ]e savon , de quelque nature qu^il soit , possède la propriété d'enlever de dessus le linge et les étoffes la plupart des corps gras qui peuvent y être appliqués.
1496. Savons à base de potasse, ou saisons mous% — • Les savons que forment les graisses et les huiles avec la potasse restent mous, ou plus ou moins pâteux. On en connaît deux espèces dans le commerce : ce sont les savons d'huile de graities , qui portent le nom de savons verts, et les savons de toilette , faits au moyen de la potasse et du sain-doux.
Les fabricans de savon vert préparent leur^ lessives eomme les fidiricâus desavons ordinaires^ et coftduisentleur^ spération de la même manière , jusqu'à ce que toute Fhuile SQÎt ajoutée. Dans cet état-, le savon ressetnble a un onguent-, il contient excès d'huile; il est d'un blanc sale et à peine transparent. On ménage le feu , et on remue couûnnellement au fond de la chaudière avec de grandes spatnks-, ensuite on sgoute peu à peu de nouvelles lessives hien caustiques et un peu plus fortes que les pi'cmières. La saturation de l'huile s'opère , et le savon devient transparent. On continue alors le feu pour donner au savon la eoDsistance convenable , et on le coule dans des tonneaux pour être ainsi livré au commerce.
On voit que cette espèce de savon difière beaucoup du saftm fabriqué avec l'huile d'olive et la soude. Ici , depuis le conunencement de l'opération jusqu'à la fin , l'art du savonnier consiste à opérer la combinaison de l'huile avec la potasse sans que le savon formé cesse d'être en dissolution dans la lessive; tandis que, dans la fabrication du sa-i von dar^ il est, au conti%ire , nécessaire ^ comme, nous
^6 DES SÂYOTfS.
TaTOBs TU, de séparer le savofii delà lessive ^ ayant même que la saturadoK de Thuile soit tout-à-fait achevée.
Le savo» vert, contient , en général, plus. d'alcali qu*il n^en faut pour la saturation de Fhuile. C'est un savont parfait dissous dans une lessive alcaline.
Il doit Être bien transparent, d'une belle couteur verte , qui se donne quelquefois au moyen deTindigo. Il est formé ordinairement de :
Proloxide de potassium ou potasse. • • »• • 9,5
Matière grasse ••••••••.••••... 44
Eau .••• 46,5
lOO^O
t497* l'C savon de potasse peut être transformé aîae* ment en savftn de soude ; il suffit pour cela de le*mièler en dissolution avec une certaine quantité de sel marin et de faire cbauffer la liqueur : le nouveau savon se sépare de la lessivé , et se termine i la manière ordinaire. Ce procédé est employé en grand dans tous les pays où les savons de graisse sont en usage, et où la soude est k ook prix plus élevé que la |)Otasse.
1498* Indépendamment des savons dont nous venons de parler, on dislingue encore les savons de toilette : ceuxr ei sont, comme les précédens, tantôt à base de soude et tantôt à base de potasse. Ceux qui sont à base de soude se font avec les huiles d'amande douce , de noisette, de palme, avec le sain-doux , le suif , le beurre; les autres ne se font qu'avec les graisses et ordinairement le sain-doux. Tous se confectionnent de In^e que le savon blanc ou le savoa en table ; mais il est nécessaire qu^ils soient , autant que possible , dégagés d'alcalis : leur saveur , en un n&ot, ne doit pas elfe caustique.
1498 bis. n est facile , d'après les lecherches de
DBS SÀTOirs. fJJ
H. Cherreul , de se rendi^e compte de la canse pour laquelle les savons sont plus ou moins durs ou plus ou moins mous. Cette cause dépend, d'une part, de la nature de la bso^j etdWtrepart, des quantités relatives de margarate, d^oléale et de stéarate produits.
On remarque que la potasse forme avec les trois acides stéarique, margariqueet oléique des composés qui prennent Faspect d^un mucilage ou d'une gelée épaisse dans leur contact avec IVau. Ils ne peuvent donc donner lieu qua un savon mou. Ces trois acides produisent, au Contraire , avec la soude des sels que Teau ne ramollit point comme les précédons ; le stéarate de soude résiste plus à Taction de Teau que le margarate , et celui-ci plus que Foléate ; d^cù il suit que le savon sera d'aulant plus dur qu'il contiendra plus d*acide stéarique et d'acide margaxîipe. Or , les acides margarique et stéarique provieniient principalemenlde la stéarine^ et Tadde oléique de 1 oléine.
Si donc le corps gras est riche en stéarine, il fera im aven de soude très-solide (exemples, suif, graisse ani- Bude solide , huile d'olive) ; mais si Toléine dans ce corps est très-abondapte , il en résultera un savon ^ui sera «uâas dur (hiuiles de graines. )
M. Chevreul fait voir d'ailleurs que Vodeur qài s'et* haie de certains savons , tels que celui de suif, dépend de la présence d'un acide tolatil. Ce n'estpoînt ici le lieu de traifter eette questidU : nous ne l'examinerons qu'en étndiiut les acides gras du règne animal (i8d8 et suivâB»).
Telles sont les ohservAticms que nous i^vons cru devoir piàenter sur l'art du savonnier. L'on .poU^ 9 d'ailleiu's., eonsulier^i^. le JVIémoipe de d'Arcetle père, Lelièvre et Pelletier (^Annales de Chimie, ton^eKiîx, page a53)^ 2^. les Obséfvatiùns de M. Colin {^An^cdes de Chimie ^ide Phfsique, tom. ni^ pag. 5); iP. l^k'JDescription^^T Marcel de Serres des Procédés suivis en jillemaene pouf
jè DES HUILES ESSEirriELLES.
fabriquer les savons dégraisse {Ann, de Chim., t. lxxti, pag. 54)) 4^* le Traité de M. Clievreal aur les Matières grasses.
bes Huiles essefntiellcs.
i499* Toutes les huiles essentielles ou volsrtiles sont acres , caustiques , odotantes , sans viscosité. Presque toutes sont plus légères que l'eau. Plusieurs sont colorée^ , les unes eh jaune , d'autres en vert , d'autres en bleu ; il est probable qu'elles doivent cette propriété à des corps étrangers.
i5oo. Quoique douées d^une forte odeur, elles n'entreùt
point en ébullition si facilement que l'eau. Lorsqu'on en.
verse une cerudné quantité (ïans une capsule, 'et qu^on.
en approche ^n corps eu combustion , elles s'enflalnmeât
' promplement et- répandent une fumée noire et épaisse. '
Introduites afvec l'oxigène dans une éprouve tte pleiûe
'•de-'ttiercuré ^ elles s'etnparcnt peii à peu d'une grande
quantité de- ce gaz, prennent plus de consistance , et «^é-
épaississent k tel point que quelques-unes finissent par te
' solidifier et se transforme^ en des substances analogues attx
résines -, elles se comportent de la même manière avec 1 air^
' dans lés mêmes citt;onstances. M. de Saussure rapporte
' qiîe Uhuile concrète d'imis a absorbé i56 fois soti vôlunie
' de gaz oxigène endeujcans , et Thuile de lavande , 5 a fc^s
' le sien en quatre mois d'hiver , et qd^ellec^ ont formé , la
première , 56 tolnmes de ga2 càt'bonique , et la seconde
a fieiilement: du reste, point de traces d'eàu* La même
cstpérience ; faite sfvec le gaz amikteiac , prouve 'qu'elles
* pmveiit absorber aussi ce gaz i mais l'absorption n'est y ' en-généml,'qué de huit à dix fois leur volume ': Truite *> de lavande est )i seule qui en absorbe jusqu'à 47 volumes : ■ A\i moips , voilà ce qiie M. d« Saussure a observé sur celles
• » qu'.rl A éprouvée* . -A
DES HUILES ESSEI^TIELLES. ' ^Q
. Tontes produisent avec le chlore gazeux«Dcaucoup de ëhaleur , et une madère yisqueuse qui est un composé d aôle hydro-chlorique et d'un corps particulier ; d'où il suit que ce gaz les déshydrogëne en partie. Elles cèdent aussi une certaine quantité de leur hydrogène à l'iode ; car le mélange ne tarde point à s'acidiGer et à contenir de l'acide hydriodique. Leur action sur le potassium , et surtout SOT le sodium , quand elles sont bien pures y est nulle ou presque nulle à froid.
II n^en est aucimë qui ne se' dissolve en petite quantité dans l'eau , et en grande quantité dans l'alcool : la solution dans Talcool est d'autant plus grande que l'huile est pins oxigénée et que l'alcool est plus concentré. Chargé dlniile essentielle , l'alcool prend le nom d^esprit, et l'eau ^ celui à* eau aromatique. On distingueles eaux'aromatiques et les esprits par le nom de la plante ou de la partie de la planie avec laquelle on les prépare : c'est ainsi qu'on appelle eau de la\fande, esprit de lav^andcy l'eau et l'espritde-vin tenant en dissolution de l'huile essentielle de lavande. Toutes les dissolutions alcooliques d'huile essenrtîelle sont toujours décomposées par l'eau : celle-ci s'em-. î«re de l'alcool et sépare l'huile, de telle sorte que la liqueur prend uh aspect laiteux.
Les huiles essentielles peuvent absorber une grande qnantilé de gaz hydro-chlorique et en neutraliser une pai'tie. Quelques-unes m^me acquièrent , par cette absorp- ^i/xa y la propriété de cristalliser : telle est principalement l'huile essentielle de térébenthine , qui forme avec œt acide un composé qui se rapproche singulièrement du canphre par la plupart de ses propriétés ( 1567) 5 telle est eneeire l'huile de citron , etc. Versés sur les huiles essen^ telles , les acides -niùique et nîtreux très-concentrés les dëconsposent avec violcnoo^ il en résulte un grand boursoufflement, beaucoup de«haleur, et sans dpute de l'eau.
8o 1>£S HUTLCS CSSE5TlCLLKâ.
du gaz carbonique , des oxîdes d^azole ou deTazote^ âoU" Tent même il y a inflammation : du moins elle a toujoui*» lieu tôut-à-coup lorsque ces acides contiennent environle ti^rs de leur poids diacide sulfurique. Pour faire celte expérience avec succès et Sans danger , il faut prendre en- • viron 3o grammes d'huile essentielle de térébenthine , 4^ i grammes diacide nitrique chargé diacide nitreux , et i5 grammes diacide sulfurique très^oncentré , placer l'huile dans un creuset , et verser dedans les deux acides au moyen d^un verre attaché à rextrémîté d*une tige ; Tacide sulfurique agit évidemment en absorbant Teau de Tacide nitreiix , et le mettant dans le cas de se décomposer trèsfacilement.
Jusqu^à présent on n^a fait qu^un petit nombre d^expé-' ricnces sur. la réaction des bases sali Sables et des huiles essentielles. Cependant ces expériences suffisent pour prouver que les huiles essentielles et les bases n'ont pas une grai^de affinité réciproque : aussi a-t-on prqppsé de désigner .1^ composés qu'elles peuvent former sous le nom de savo^ Mules. Le savonule qui a été le plus étudié est celui qui jrésulte de la combinaison de la soude et de l*huile essen-* tielle de térébenthine : il s'appelle en médecine savon de Starhey.
Enfin ries huiles essentielles se combinent en toutes pra«
.portions- avec les huiles fixes. Elles dissolvent Jes.résiiiesy
Je camphre > et m^mele caoutchouc, propriétés dont les
^ns tii*ent un ^randjp^Hi.pqur la^ composition d<^ vjBfpis;
elles s'uiiisisent aussi à rélher^^vciq facilité.
i5oi. On voitfdùnc., d'après ce qui précède, que^leâi jbuilcs essentielles ont des propiriécés'opposées à celles dea Jtiuiles fixes. En effet, les huiles essentielles sontâcrea, caustiques., très-odorantes , saxis viscosité, très-volatiles ^ . inflammabh^s p«i.r rapproche d'un.cocps en combustion , .«cnsibleihcnt.solubles .dana reau^âocapables defoimer de»
DE» HUILBS ESSEJITIBLLBS. 8i
fxxnbinaîsons intimes avec les alcalis. Les huiles fixes , aa a>]itniire , sont douces , presque inodores , visqueuses, dif* fiolement volatiles , insolubles dans Teau; elles ne s'en-fiuoment point par Tapproche d'un corps en combustion, et se saponifient aisément.
i5oa. État naturels "^hes huiles essentielles se trouvent dans tous les végétaux aromatiques ] ce sont ces huiles qui leur communiquent Todeur qu'ils exhalent ; elles se rencontrent dans toutes leurs parties , dans les fleurs, dans lesieoiUes, dans .les tiges, moins fréquemment dans les gnines, quelquefois dans les racines ; elles sont toujours renfermées dans de jpetits utricules placés & la surfiice de ces différons corps.
n n est po^t de plantes de la famille des labiées qui n'en contiennent des quantités ^plus ou moins grandes y mus il s'en faut beaucoup que celles des autres familles soient dans ce cas.
i5o3. Extraction. *— Toutes les huiles essentielles peuvent étte extraites par distillation } ce procé4é est celui que Ton suit presque toujours -, on Fexécute en distillant de Tean dans un alambic, comme nous llavons dit (a86), et en mettant avec Teau elle-même , dans la cucurbite , la plante cm la partie de la plante, qui contient Thuile essentîeUe. La quantité d'eau doit être assez grande pour baigner la plante , et Ton juge que l'opération est terminée quand Teau passe sans odeur. L^eau et Thuile essentielle sevoktiliseiit ensemble, se condensent dans le serpentin, ^ se rendent dans le récipient dont. la forme est particulîcrt.(/^o^.pl. XXXII, fig4 I.) Au mojfen de ce récipient, ^'on appelle récipient floreiuiii ou italien^ Teaune peut pas dépasser le niveau AB. Lorsqu'elle y est parvenue , elle s'écoule par l'anse fC L'huile , au contraire, se rass€iiil>le ordinairement au-dessus de AB , dans la partie du fââpimt AAAA. Cependant il en est une petite partie
82 DES HLULES ESSENTIELLES.
qui se dissout dans Teau : c*est même ainsi qu^on oblient les eaux aromatiques , et c'est pourquoi Ton doit se servir de préférence d'eau d^à saturée d'huile, à moins qu'où ne veuille obtenir tout à la fois de l'huile et de l'eau aromatiques. Il est même des substances dont il serait impossible de se procurer l'huile sans celte précaution, parce qu'elles en contiennent très-peu : telle est la rose. D'ailleùi's , on sépare la couche d'huile en la versant avec l'eau dans un entonnoir dont on tient le bec fermé avec le doigt, retirant le doigt au bout de quelques minutes,' laissant écouler l'eau et recevant ensuite l'huile dans un flacon : il serait encore mieux de commencer par fcîre écouler la majeure partie de Teaupar l'anse en inclinant le récipient.
L'eau , dans l'extraction de l'huile , a pour objet , nonseulement de maintenir la température à un degré constant et d'cmpècfter la plante de brûler , mais encore de favoriser la vaporisation de l'huile essentielle , qui n'eutpanl en ébullition qu'à la température de i5o® environ , peut se réduire en vapeur dans tous les gaz , à la manière de tous les liquides dont la tension est plus ou moins considérable : aussi y a-t-îl de l'avantage à charger l'eau d'une certaine quantité de sel : elle rie bout plus qu'à loo et quelques degrés , et dès-lors l'huile étant plus échauffée , il en passé beaucoup plus dans un temps donné.
On peut encore se procurer certaines huiles essentielles par la pression 5 mais ce moyen n'est praticable que sur les îtestes dont la partie charnue de quelques fruits est enveloppée. Qui n'a pas été à même d'observer en effet que , en comprimant l'enveloppe de l'orange, on en faisait jaillir une liqueur très-inflammable ?
i5o4* Composition. — Les essences, telles qu'on les extrait des plantes , contiennent souvent deux huiles fn— sibled à des températures différentes. Ces huiles sont-ellea k*8 mêmes dans les diverses espèces d'essence ^ ou se res-»
DES HUILES ESSENTIELLES. Bi
STmLIent-elles autant que les stéarines et les élaînes dans les divers corps gras ? c*cst ce qui ne parait pas être. Il atvrai que jusquicî on a fait à peine quelques expériences à cex sujet. On n^en a fait Uon plus que très-peu qni eussent poUr objet de déterminer la proportion ded principes cotistituans des huiles essentielles. Les seules qne nons cotinaissions sont fines à M. Houton-Labillar-» dière et à M. de Saussure. M. Houton-Labillardière n'a analysé que 1 essence de térébenthine bien rectifiée^ il Va troorée composée en poids de 87,6 de carbone et de i!2,3 iThydrogène i d*où Ton peut conclure que 1 yolume dd Titpear d^essence doit être formé de st volumes de vapeui' àe carbone et de 4 volumes d'hydrogène bi- carbonée {Journal de Pharmacie , tom. iv. ) Quant k M. de Saus-sure , il a analysé six essences : voici les résultats qu'il à obtenus « *
Essences. Carbone. Hydrogène^ Oxjgènci. AtoUs
De citron reclifiée.** . ««.86^899#« ^^}^^^ »«4.«o^779
Betérëbenthinerecliriée. 87,788.. if^64&.. .#.».«.é o,560
De lavande reclî fiée 75;5o..é ii^07.4« i3;07«.. 0;36
Ik romarin rcciiBée 4 ^. • 82^21.. • 9^4^-«* 7^73. •• 0^64 iVanis commune {a), , .4 76^487. . 9^302. . i3^82i . 4 o^34
D anis concréle {b) 83;468^* # 7;^3 r . ^ 8,54 '• • ^y^^
JDe rose commune (^/). .• 82,053. • i3^i24.« ^lO^O** ^i^li î)e rose cûncrèle (^).. /.. 06,743.. i4>8S9.< ...«^d.. •.»..
Ces rcsnltats tendetit à établir qne les unes contieûtient 4e foxigène , que d'autres n'en contiennent pas , et qu€f tom» con tiennent de Faznole. La quantité d'azote est si peuie qu'il me paraît difficile d'admettre définitivement
^^té^m^a^i^Ê^m^dl^-mm^mm
m i m wiéniÉ^ém
(«) EëMBce ordiaaîre, composée d^iine huile tluiile et d'une huile con^
{b) Partie concrète de Pessrx^e qu'on.peut obtenir en preMttst Ve9a9xx« or«liasâre danfl du papier Joseph,-
84 DlSft HV.ILKS SSfiEIITIlItLSS.
ce corps au nombre des principes constituans des huikff essentielles *, il n'en est pas de même de Toxigène : on ner saurait se refuser à l'admettre , au moins dans la plupart des essences. ( Voyez le Mémoire de M. de Saussui*e , Annales de Chimie et de Phjs. , tom. xiii , pag. %S^ et 337.)
Usages. —Certaines huiles sont employées comme aromates ^ d'autres pour dissoudre les résines \ d'autres en. médecine, etc.
Nous n'examinerons en particulier que les principales»
i5o5. Essence d^anis. — Blanche , pesant spécifiquement 0,987 à 25^ ; soluble en toutes proportions , à la température ordinaire , dans l'alcool absolu^ passe à 17^, de l'état mou à l'état liquide ; s'extrait des semences d'ànis {anisum pimpinella)\ on l'emploie en médecine et dans l'économie domestique.
Elle est composée d'une huile fluide et d'une huile doncrête : celle-ci s'obtient aisément en soumettant l'essence refroidie par de la glaceàl'^actioa de la presse, dans du papier , jusqu'à ce qu'elle ne le tache plus. L'huile concrète forme au moins les \ de l'essence ; elle est dure , grenue ^ très-blanche^ réductible en poudre ^ un peu plus dense que l'eau.
i5o6. De bergamote. -*- Jaune , plus légère que l'eau, ne se congèle qu'à plusieurs degrés sous zéro \ s'extrait ordinairement par la pression de l'écorce de bergamotes ( citrus bergamium). A cet effet y on fait choix de bergamotes bien saines et bien mûres ; on en râpe l'écorce , et cette écoroe râpée ressemblant» à une pulpe , eét soumise à la presse dans une étanïine très-fine , faite en forme de sac : bientôt l'huile volatile se sépare ; on la garde eo. repos pendant quelque temps ^ ensuite on la décante , et on la conserve dans des vases^fcrpés. Ainsi obtenue , elle est moins fluide que celle qui provient de la distillation ^
DEâ HUÏLES ESSEIITISLLEd. 85
lu&ê son odeur est plus agréable. On Vemplole en mé^ decineet comme cosmétique; elle nous vient du Portugal f dllalie et de quelques autres pays* ^
i5o7. De citron. — Cette essence s* extrait par pression de Técorce du citron (citrus medica) , comm» celle de bei^amote. Elle est jaune et pèse o,85i7 : en la distillant et recueillant seulement les trois premiers cinquièmes du produit , «Ile devient blanche et ne pèse plus qne 0,847 à ii®. Dans cet état, elle absorbe deux cent quàtre-^vingtm fois son Volume de gaz hydro^chlorique à ao^ et 7^4 millimètres de pression ou tout près de la moitié de son poids 9 eC se transforme éq une pâte formée de cristaux lamellenx > nacfés, blancs , et d'huile liquide , jaune , fumante à l'air. En comprimant la pâte , à la température de i£ro , dans des feuilles dé papier Joseph qu'on renouvelle au besoin , il est facile d'isoler les cristaux et de les obte- Birpars : 100 d'essence en donneraient peut-être jusqu'à 90 parties. La saturation se fait comme nous le dirons plus bas, en parlant de l'huile essentielle de térébenthine , à cela près qu'il ne faut pas refroidir les vases* Quelque âiose qu'on fasse , toute l'essence de citron ne cristallise pas ,pTobabIenieniparce qu'elle se compose de deux huiles dom l'ime reste toiyours liquide après son union avec l'acnie hjdro-chlorique. M. de Saussui^, qui à examine les cristaux dont j'avais précédemment annoncé V^^î^^ tence, a trouvé qu'ils aûéctaient la forme de prismes dnnts quadrangulaires aplatis \ qu'ils avaient une od^ur £uble de thym , qu'ils étaient plus denses que l'eau, insipides y insolubles dans l'eau , solubles dans l'alcool , fusibles k i^i^ y inflammables dans leur contact avec l'air et un corps fortement échauffé , indécomposables à la température ordinaire. Abandonnés à eux-mêmes dans un flacon, ils se vaporisent peu à peu. CiiauiSes brusquement dans une eoraue^ ils< se subliment sans altération, ci
B6 DK6 HUILES ESSENTIELLES.
ciistallisent, Soumis à uoe chaleur de 60^ long-temps contiuoée, ils se décomposent en partie 9 et de là de Thuile chargée d'acide : la chaux favorise ciette décomposition sans refTectuer totalement* La potasse caustique en licjaeur ^st sans action sur ces cristaux; Tacide sulfurique concentré en dégage l^acide hydro-chlorique et s\init à Phuile ; J'acide nitrique fumant les attaque peu à peu à froid : il agît sans doute et sur Tacide hydro^chloriqtie et sur Thuile^ ^21 Gn il parait que la quantité* d*acide hydro'-chlorique est à celle de riiuile coihme 20,76 à 799^4* '(Saussure ,. annales de Chjmie et de Phjfs, y t. xiii , p. 269, )
L^essence de citron s^emploiç eii médecine et comme cosmétique; on s^çâ siert aussi 9 avec beaucoup 4e succès^, pour enlever des taches d^huile grasse do dessus le linge et toutes sortes d'étoffes ; elle nous yiei^t 4u mid^ de k| France , d'Italie, etc.
j5q8. Huiles volatiles de cédrat et d'orange. — * Leai huiles volatiles de cédrat et d'orange se préparent camme celles dfi citron et de bergamote ; elles nous viennent des mêmes pays , et sont employées aux mêmes usages.
i5og. Dé cannelle. — Jaune , plus pesante que l'eau 5 pe se congèle qu'à plusieurs degrés i — 0; s'extrait de l'écorcc du cannellier ( Iditrus cinnamomum) v<{ui croit à lai Chine, à Ceylau, et dans quelques autres iles des Indes,
Employée ^n médecine et (ians les préparations cosmé-s iiqueï,
. i5io. De girofle. — • D'un jaune (uraugé} plus posante que l'eau ; se retire des clous de girofle (car^o^r^/^u^ arô* maticus ) , que l'on cultive aux Grandes-Indes \ on l'emploie comme assaisonnement, comme parfum et en ma-f ilecine. .
1 5 1 T . De jasmin • — - CettQ huile , d'une odéup extrêmement fîigace , ne peut s'obtenir et se' conserver qu'au moyen du pi*océdé suivant : on étend, au fond d'uue boite enfer-*