DES RÉSINES. C)I
qu'on loi fasse subir ] elle est fusible , volatile , solubledans r^ao bouillaiile, d'où, elle se dépose en cristaux par refroidissement^ -elle s'unit aux alcalis , et peut être , d'après ces diverses propriétés , considérée comme un acide, la plus volatile ne se solidifie pas dans >6on contacte arec l'air : elle est si vénéneuse , qu'à très-petite dose elle. fait pér|r leâ animaux en quelques secondes. Les alcalis fioat sans action sur elle à la température ordinaire \ il en est tout autrement à l'aide de la chaleur : il se produit alors de rbjdro-cyanate alcalin, une matière cristallisable diBlérmte de celle dont il vient d'être question , et de plus un adde et uû^ matière résineuse. Que se passe-t-il dans celle réaction ? C'est ce que M. Robiquet, à qui nous de^ TOUS ces observations , n'a point encore examiné. Il peqso seulÉnent que l'acide hydroH^yanique n'est pas tout formé daQsFhuile. (^/i/k de Chim. et de Phys. , t. xxi, p. a5o«) M. Fogel, qui,- avant M. Robiquet, s'était occupé de recherclies sorUhuile d'amandes amèi^s et en avait remarqué la congélation^ est d'une opinion contraire. -(/oiiroaj dePharmaci^, t. vu , p* 4^5. )
Des itcsineSf
i2i8. Les résines $ dont il existe un grand nombre d^cspcœs, sont des substances solides , cassantes., inodores; iasipides ou acres, unpeuplu^pesatites que l'eau, dêutS-» iraDsparentes au moins , et d'une couleur tirant le plu« oïdinairemeiit sur le j amie : aucune n'est conducteur du flnde électrique -, toutes s^élec(risent d'une manière nér jflbTe par le frottement.
Soumises à l'action du feu , les résines se fondent d'a^ Wd, et se décomposent ensuite en. donnant lieu à divers phénomènes , selon qu'on opère eu vases clos ou en vases oaverts : en vases cW, elles se transforment en un« grande quantité de gnz hydrogène carburé , d'huile cm py^«*
9^ DBS nÊSIUES.
renmatîqtie et cine petite quantité de cKarbon. En tascs oaverts , elles braient avec une flamme jaune , et répandent une grande quantité de fumée noire (i54o).
L^air n'a aucune action sur elles à la température ordi-* naire. Elles sont toutes insolubles dans Fêau. La plupart, au contraire, se dissolvent dans l'alcool, dansTélher sulforique 9 dans les builes grasses , dans les buUes essentielles, 'et dans la potasse et la soude en liqueur ^ surtout à Taide de la cbaleur : aussi plusieurs fabricans de savon font-ils entrer dans leur cuite une cértaiçie quantité de poix-résine.
iSig. M. Hatcbett a examiné avec un grand soin^ Taclion de quelques acides sur les résines : nous rapporterons ses principaux résultats.
i^. L'acide nitrique attaque et décompose les résines avee violence; il se dégage une grande quantité de gas , et il se forme une liqueur que Teaù ne trouble point, et qui donne, par l'évaporadôn , tme substance visqueuse^ d'un jaune foncé, soluble dans l'aleool et dans l'eau. En fai-
aant chauffer cett^ substance avec une nouvelle quantité d'acide nitrique , elle prend peu à peu les propriétés du tannin artifiêieL (Voyez Tannin.)
â^. L'acide 8u]furique concentré dissout promptement toutes les résines , à la température ordinaire , sans les altérer d'une manièire bien sensible. La dissolution est trans* parente, visqueuse, d'un brun jaunâtre, et susceptible de décomposition par l'eau, qui en précipite sur-le-diamp la matière résineuse. En chauffant cette dissolution , elle se fonce en couleur , et bientôt il se dégage beaucoup de gaz sulfureux \ il se forme de l'eau , im peu d'acide carI>onique , et il se dépose une grande quantité de charbon. Si on retend d'eau avant qu'elle prenne la cOuleub noire , et si l'on fait digérer dans l'alcool le précipité que l'on ol>^ tiendra , il en résultera une liqueur d'où Von pourra
DES HÉSIlffU. 9}
traire du tannin artificiel : il suffira d^en raporiser Talcool et de traiter le résida par Feau : la partie dissoute sera le Cumin artificiel pur.
3**. L^acide hydro-cklorique liquide et Tacide acétique concentré sont aussi capables de dissoudre les résines ^ mais moins promptement que Facide sulfurique : soit que ropérati<»aL se fasse à froid ou à chaud ^ les résines ne sont point altérées, et toi:gour8 on penses précipiter par Teau.
i5io. État n^lure/^fârtrocfioix**— Les résines se trou- Tcnt presque toutes contenues dans des arbrisseaux ou des arhies de difierentes hauteurs. La plupart sont unies à des huiles essentielles qui les ramollissent. On les obtient en les laissant exsuder naturellement de ces arbres ou arbrisseaux , et le plup souvent en facilitant leur écoulement par des indsions. Dans tous les cas ^ on les s^are ensuite, par k dialeur, de Thuile qu'elles peuvent contenir*
i52i . Composition* <-~ Les résines sont toutes compo* sées d'une grande quantité de carbone , d'hydrogène , et d'une petite quantité d'oxigène* Celle du pin , la seule qui aîtélé analysée jusqu'ici avec exactitude, contient, sur 100: ^^944 de carbone, 10,719 d'hydrogène, i3,337 d'oxigOK-^ou bien 75,944 de carbone, i5,i56 d'oxigènie et dlijirogène dans les proportions nécessaires pour faire Peau, 8,900 d'hydrogène. (Gay-Lussac et Thenard , JRederches phjrsico~chinuques* ) '
Ces résultats diffèrent un jpeu de ceux que M. de Saus* wstt vient d'obtenir sur cette résine. Copsidérant qu'elle n'est pas entièrement soluble dans l'alcool ou dans le naplite , il a cru devoir la purifier en la traitant à froid par celui-ci , et faisant évaporer spontuiément l'huile-: il a troavéque 100 de résine ainsi traitée devaient être com* posés de 77,401^ de carbone , de i3,o47 d'oxigène et de 9,55 1 dliydrogène. {Ann. de Chim. etdePJijs. , t. xiu, p. 34^0
9{ DCS 1t^Sl5tâ«
i522. Usages. — - Les résines ont divers usages ; c^est principalement dans la composition des Ternis qu'on le» emploie. Nous allons les décrire telles qu'elles se trouvent dans le commerce , c'est-à-dire , unies presque toujours à de l'huile essentielle.
i5!23. Résine animé. D'un jaune de. soufre, très-odo- Tante , pé^e spécifiquement i^p^S, découle de Vhyme^ nœa courbaril ou carouge , arbre de F Amérique septentrionale ; employée en médecine et dans la préparation des •vernis.
i5!i4- Baume de copahu. D'un blanc jaunâtre ^ d^une consistance d'kuile , s' épaississant par la vétusté , d'une odeur forte , d'une saveur acre et amère \ pèse spécifiquement 0,9s ; s'extrait par incision du copaifera officinalis , firbre qui croit dans l'Aqfiérique méridionale et dans les Indes orientales. On l'emploie en médecine conlme Vul^ néraire et détersif.
M. Pelletier rapporte avoir vu cette résine sous fortne ,de prisme hexaèdre terminé par une face perpendiculaire ^ l'axe diU prisme. {^Journal de Pharmacie , tom. vi ^ pag. 3i5.)
i5!>.5. Baume de la Mecque ^ de Judée, Cette résine découle de Vamy^ris opobalsamum , arbre qui croît' en Arabie , surtout près de la Mecque : blanchâtre d'abord , elle devient limpide au bout de quelque teinps \ son odeur est suave-, sa saveur acre, amère, astringente -, loi*squ'clle est récente , elle est spécifiquement moins pesante que l'eau. Elle est très-recherchée par les*Ttu*cs, et très-rare en Europe. .
Celle demi on fait usage en médecine provient dé la d^ coction des rameaux et des feuilles de l'arbre \ elle est plt» épaisse et moms odorante que la précédente ^ on l'emploie comme anti-septique et vulnéraire. \
M. Vauquelin a fait ^ sur la nature du baume de \m
l>Es iiésiNi;s« 95
Mcccjiie , des expériences que Ton Ux>ave dans les Ann. de Chim, , tom. lxix, pag. 2sii , et qui tendent â prou- Ter que ce baume renferme difTérentes substances rësioenses. ^
iSsô. Résine copule. Fragile, quelquefois transpalentc et sans {lucune couleur \ répand , par le frottenent, une légère odeur; pèse spécifiquement de i,o45 à 1,189; ^^ se dissout dans Talcool et dans Fessence de télébeBikine qu'à Taide de précautions particulières , et se dSslingue , par cela même , de la plupart des autres résiaes; elle provient du rhus copallinum , arbre de TAmériqae septentrionale. On Temploie dans la préparation des vernis.
15^7- Résine élémi. D*un jaune blanchÂtrc, tirant un peu sur le vert , demi- transparente , d^une odeur approcbnide celle du fenouil ; pèse spécifiquement 1,0 18 5 découle par incision de Vamyris elemifcrk , arbuste de TA* aéîque méridionale; elle nous vient, par la voie du commerce, sous forme de gâteaux arrondis et enveloppés dans des feuilles d'iris : quelques arbres peu eannus d'Arabie <ld*£iliiopie en fournissent aussi. On l'emploie en méde- ^ comCne anti-septique , fondante et détçrsive.
i5i^ Mastic. —Cette résine est eu larmes^ ou grains jMUBÊîtes , demi-transparens et cassans ; cbaufTée , elle ré^ pand une odeur agréable 1; on l'extrait par incision du pis- Utcia lentiscus de l'ile de Chio : elle ressemble beaucoup à la sandaraque; niais eire en diffère en ce qifc > mise dans blK)ncbe , elle se ramollit , taudis que la sandaraque reste i^dle et se brise entre les dents.
"Employée en médecine et dans la préparation de» Ternis.
iS3o. Sandaraque* — • Inodore , eu petites larmes arrondies , d'un blanc jaunâtre', transparentes , ayant beaucoup d'anâlo^e avec le mastic j elle découle du thuja ar-
g6 DES R68iircfr«
ticulata 9 (jui croit en Barbarie) on remploie eti mëdecine et dans la préparation des vernis ; on s'en sert aussi pour empêcher le papier de boire.
i53i. Sang-dragon. '-^ Celle résine est sèche , friable, d'un rouge foncé et presque brun lorsqu'elle est en masse ; d'un rouge de sang lorsqu'elle est en poudre; sa^s odeur , sans saveur; elle s'extrait par incision du dracœna draco, et de plusieurs autres végétaux qui croissent dans l'Inde. On en distingue plusieurs espèces dans le commerce : la plus jsstimée est celle qui nous est apportée en petites masses renfermées dans des fbui|les dé roseau.
Le sang-dragon est employé dans la préparation des vernis et dans les dentifrices.
i53a. Térébenthine. •» D'un blanc légèrement jaunâtre, diaphane , d'une consistance de miel, d'une odeur forte , d'une saveur acre et amère \ elle découle naturellement ou par incision de plusieurs arbres, tels que les pins , sapins ; on l'emploie en médecine et dans plusieurs arts.
On trouvé dans le commerce différentes espèces de térébenthine : la plus renommée est celle de Chio.
i533. On extrait eu France y^ne grande quantité de té* rébenthîne du< pin maritime {pinus maritima ) i qui croit dans les landes de Bordeaux. L'on se procure en même temps plusieurs substances résineuses très - employées y telles que le galipot, \$l colopliane , la poix y le gou-* dron , etc. C4'impor tance 'de ces produits nous engage à entrer dans quelques détails sur leur extraction.
1534. Su^ d^s arbres de trente ou quarante alns,* l'on, fait , à partir de leur pied , du Inoiis de février au mbis d'octobre , des entailles ou incisions de 8 centimètres de largeur sur i4 millimètres de hauteur; on les renouvelle une ou deux fois par semaine , et on les condnue jusqu'à ce ^e la dernière soità la hauteur de a««*", 69 k 2"**^,9a,
te pii arrive ordinairement au bout de quatre ans; à cette époque , on commence une autre suite d'incisions au côté qpposé , et Ton en fait successivement de nouvelles tout sotour de Tarbre. Pendant cet intervalle , les anciennes entailles s^étant fermées ^ on en pratique de nouvelles sur leurs bords ; et on peut , en les faisant avec précaution ^ obtenir pendant soixante ans de la résine ^l^un arbre bien soigné dans son exploitation. D'ailleurs , on pratique une petite cavité au pied de Tarbre, dans Tune de ses grosses raones , ^onr recevoir la résine qui s'écoule , et (ju]on nomme térébenthine brute. Cette cavité se remplit ordinairement tous les mois. Il ^ a des portions de résine qui se figent pendant Tété à la surface des incisions : on les déuche pendant l'hiver ; elles prennent le nom de barras ou de galipoU
la térébenthine brute contient toujours quelques matiàts étrangères : on la purifie , soit en la fondant , là décantant et la passant à travers un filti*e d^i^aille; soit en la mettant dans des -barriques dont le fond est percé de petits trous , et exposant ces barriques au soleil. Ce der-* làer procédé exige beaucoup plus de temps que le premier; naôs aussi la térébenthine qui en provient, et qui s'écoale pea à peu à travers le fond des barriques , est beaucoup pins esti<née : elle prend le nom de térébenthine fine ^ et se vend comme celle de Chio , tandis que l'autre , que VoD appelle térébenthine commune , se donne à un prix beaucoup plus bas.
iS3ol. C^est en soumettant la térébenthine commune à la distillation qu'on obtient l'huile essentielle de térébenthine et la colophane ou brai sec : l'huile essentielle passe dans les récipiens *, la colophane reste dans la eu- CTiAîtc à Veut liquide \ par le refroidissement , elle devient solide , brune et cassante.
De 1^5 kilogrammes de térébenthine , on retire environ
tS kilpgranimes dWence, et par conséquent xio iito* grammes de colophane.
i536. Résina. •— La résine ordinaire se' compose d'en-" tiron une partie de galipot et de 3 parties de brai sec. Le mélange est d'abord fondu , puis passé k travers xm filtre de paille et mis dans une auge. Lorsqu'il est encore en fusion et bien chaud , on jette dessus une quantité plus ou moins grande d'eau froide ; il en résulte un gnmd dégagement de Tapeur et un changement de i^buleur dans toute la matière, qui devient d'un beau jaune d'orv L'on fait encore de la résine plus belle que la précédente, appelée résine de boutique , en U composant avec la presque totalité de barras ou gfilipot , et s'y prenant d'ailleurs de la même manière.'
1537. Poix noire* Il reste dans la paille que Ton emploie eomme filtre une certaine quantité de térébenthine , de réaine et de copeaux résineux : l'on s'en sert pour se procurer la p^ noire* A cet effet l'on jette successiyemeat cette paiUe par paquet dans un four dont la formé est «ensibltlnent ovale , de 3 à 4 mètres de haut et d'en-' ^^:1>on 18 décimètres de diamètre dans sa plus grande largeur. Ce four présente deux ouvertures : l'une supérieure, assez grande, par laquelle ou le charge; et l'autre inférieure , beaucoup plus petite , par laquelle s'écoulent «les produits ; celle-ci , qui se trouve au milieu du carrelage , n'est, à proprement parler, qu'une petite cavité carrée cm réservoir^ au fond duquel est adaptée une gouttière verticale qui établit une communication entre le four et une cmre servant de récipient. Lorsqu'un paquet est prest^u'entiè^ rement brûlé , on en jette un autre , et ainsi de suite, pendant une quinzaine de jours. Alors un ouvrier descend dans le four , le nettoie , et l'on reprend le travail. I>e chaqtie paquet l'on retire une certaine quantité d'un liquide visqueux^ noir, qui , par la gouttière ^ se rend dans
I)E« RÉSllfES. gg
1« récipient : c^est la poix grasse on peglè grasse dont Ton se sert poar faire le brai gras , comme nous le dii*ons toutà-rheure , et qui , pour être yersëe dans le commerce^ n*a plus besoin que d^ètre cuite dans Une chaudière de fonte, de manière à se prendre en masse par le refroidissement. C'est ordinairement dans des moules de terre noire qu'on U conserve et qu'on Texpédie.
iSSy -bis. Poix jaune ou poix de Bourgogne, — Quelques personnes prétendent que cette espèce de poix n'est que do galipot fondu et mis en contact avec le vinaigre. Dans les Landes, on prépare quelquefois une matière analogue en disant fondre du galipot , y ajoutant quelque peu d'essence de lérébenthine , et passan} le tout à travers un filtre.
i538. Goudron. — Il arrive une époque à laquelle les arbres ne sont plus capables de fournir de térébenthine ; alors on en retire du goudron : pour cela , on fend le bois eniâclies d'une grosseur médiocre , et de 7 à Sdécimëtres de long: pois, lorsque les bûches sont à un certain degré de s&^heresse , on les refend de manière à les diviser convenablement. L'abattage des pins se fait ordinairement en Wer; et c'est au commencement du printemps qu'on procède à l'extraction du goudron.* L'appareil dans lequel on fait cette extraction prend le nom defoury et se compose de trois parties principales , savoir : l'aire , la cave ou le zédpîent, et la gouttière. L'aire est une surface circulaire, un peu concave , pimentant une ouverture ronde au centre , cmelée depuis cette ouverture jusqu'aux deux tiers du njou , et couverte d'ailleurs dans tout son pourtour d'ar- {ili^laitne. Là cave ou le récipient est une fosse placée à qnelques décimètres au-dessous de l'aire , et garnie dans tout son intérieur de madriers équarris et parfaitement joints entre eux* Enfin la gouttière est un conduit qui s'adapteà l'ouverture de l'aire , et qui établit une conmiunitauîoa entre elle et la fosse.
100 DRS HÉSINES.
Lorsqu^on veut extraire le goudron , on eommence par implanter sur Taire , à Torifice de la gouttière , une longue perche Verticale-, après quoi Tonplaee le bois tout autour de la perche , à-peu-près de la même manière que le font les charbonniers (1692 bis). On établit ainsi quatre à cinq lits les uns sûr les autres , qui vont en se rétrécissant de manière & former une sorte de cône tronqué. Ce cône, qui varie beaucoup dans ses dimensions , soit en largeur , soit en hauteur, prend le nom de bûcher ; on le recouvre de gazon , et vingt-quatre heures après , la perche étant retirée , on y met le feu au moyen de copeaux que Ton place daqs des ouvertures pratiquées à Tentour du bûcher et à fleur de l'aire , en ayant soin déboucher chaque ouverture quelque temps après F inflammation des copeaux. Des signes que nous ne rapporterons point ici permettent aux ouvriers de reconnaître si l'opération va bien. Nous ajouterons seulement à ce que nous venons de dire, 1°. que la térébenthine s'écoule peu à peu' du bois , abandonne uae partie de son essence , et se rassemble sur l'aire, dont ozi tient la gouttière bouchée*, 2^. que , par ce moyen , la térébenthine s'altère , se colore en noir , se transforme en goudron, et se sépare de l'eau et de l'acide acétique qde le bois en se décomposant peut former 5 3®. que ce n'est que ver«le troisième jour qu'on ouvre la gouttière pour la première fois , et , qu'à dater de cette époque , on l'ouvre deux ou trois fois par jour ^ 4^. que les goudrons des Landes , préparés de cette manière, valent ceux du Nord , auxquels le commerce cependant accorde la préférence ; 5°. qu'on. ^ peut toujours améliorer ceux qui sont de mauvaise qua* lité en les recuisant pour vaporiser l'eau et l'acide pyro~ ligneux qui les altèrent , et les décantant après les avoir* tenus en fusion tranquille pour les séparer du sable ou. des matières terreuses avec lesquels ils sont ordinairement: mêlés *, 6^. qu'enfin , dans le cas où ils ne seraient point
DES COMMËS-RÉSIKES. ICI
assez liquides , il suffit de les mêler avec uu peu d^huile de térébejilhiue pour leur donner le degré de fluidité con- Tenable.
1539. Brai ^ra5,. — Parties égales de goudron , de krai ^ et de poix grasse , cuits ensemble dans une chaudière defonte , forment le brai gras ; on lemetdans des futailles « on bien on le coule en moule : une plus grande quantité de brai sec ajoutée à ce mélange forme la poix bâtarde^
1540. JVoir de fumés, '-^l&n&n j il est encore un autre piûdait que Ton prépare dans les Landes : c'est le noir de filmée. L'opération consiste à brûler des matières résilieuses f du brai sec , .par exemple , dans une chambre de planches de sapin, tapissée de' grosses toiles. Le brai sec se place dans des pots en terne ou dans des marmites en fer; on y ^met le feu , et l'on tient la cliambre fermée tant que la combustion dure. Cette combustion donne lieu à une fumée épaisse qui , en passant à travers la toile , dépose- sur celle-ci le noir, que Ton enlève de temps en temps (a}.
Des Gommes-résines.
. 1S41 i LiOrsqu^on fait des incisions aux tiges , ciux branches ou aux racines de quelques végétau:? , il en découle un sac laiteux qui se durcit peu à peu à Tair , et qui pan\\ formé de résine et d'huile essentielle , tenues en suspension dans de Teau chargée souvent de gomme et de plusieurs autres matières végétales : c'est à ce suc devenu ainsi solide qu'on donne le nom de gomme-rèsine ; nom impropre, puisqu'il donne une fausse idée du corps qu'il irprésente. Quoique lc$ gommes-résines ne soient , d'après ce qui précède, que des mélanges de substances immé*
(^) Cest de M. Darracq que je liens ce que je Tiens de rapporter Siir icxplottatioii (ks pins et sur les produite qif on eu reiiic.
lOa DES ftOMMBi-RÉSIliXi.
pliâtes , nous en ferons Thistoire d^une manière particiiT lière , parce qu il en est plosieurs oui sont employées ^ surtout en médecine.
i54a- Les gommesHrésines sont contenues dans les TSdsseaux propres des v^étaux. On les obtient, en général , comme nous venons de le dire , par incision et éraporsH , lion spontanée. Elles sont toutes solides, plus pesantes que Teau ; presque toutes sont opaques et très-cassantes ; la plupart ont une saVeur acre et une forte odeur ^ leur couleur est très-Variable.
L'eau les dissout en partie ; il en est de même de Valcool. La dissolution aqueuse ne devient que difficilement transparente. Lorsqu'on verse de Feau dans l|i dissolution alcoolique , elle se trouble sui^le-çhamp , la partie résineuse s'en sépare dans un état de division extrême , et donne à la liqueur l-aspect laiteux. Il parait , d'après M. Hatchelt , qu'elles sont solubles à chaud dans la potasse et la soude en liqueur ; et que l'acide sulfurique y après en avoir opéré la solution , les convertit peu à peu en charbon et en tannin artificiel. (Voyez Tannin. )
Il s'en faut beaucoup que toute^.les gommes -résiner» soient employées ; on ne se sert , pour ainsi dire, que des suivantes :
i543'. Assa-foetida. — En masse, d'unbrun rougeàtre ^ opaque , parsemé de petits fragmens blancs , d'une odeur fétide et alliacée.
On l'extrait' par incision de la racine Avl ferula assa-^ fœtida. Il nous vient des Indes orientales , et est composé , d'après M- Pelletier, de : résine particulière, 65 \ huile volatile , 3,60^ gomme, 19,44? bassorîne (1667), 11,664 malate acide de chaux ^ Oj3o.. (Bulletin de Pharmacie, \. m , p. 566.)
i544* Gomme ammoniaque, — - En masse ou en larmes , d'un jaune pale , d'une odeur faible ct«désagrcablç,
DBS COltM£l-EÉ€IirES. Xo3
êivm sareur 'nauséabonde et mêlée d*amertunie ; elle s'obdent par incision d'une plante inconnue de la famille des ombellifères , et nous est apportée des Indes orientales; elle est composée , d'après M. Braoonnot, de : gomme, 184 } résine , 70 ; matière glutiififorme , 4)4 9 ^^ 9 6»Q ; perte y i,â. (Voyez Annales de Chimie j tom. lxtiii, p.69.)
1545* Euphorbe. •^ En larmes irrégulières | Jatm&tre , inodore , friable , d'une sayeur Acre et caustique , irritant TÎolemmeni l'organe de l'odorat lorsqu'on en respire en poodre , même une très-petite quantité. Oh l'extrait par îodsion , en Egypte , de Veuphorbia ojfcinarum et de Veuphorbia anUquorumi il est composé , d'après M. Pelletier , de : résine, 60,80; malate de chaux , is^^o; ma- Uie de potasse , i ,80 \ cire, 1 4»4^ 9 bassorine et ligneux , 3 ; VmileTolâtîle-et eau, 8 j perte, 0|8o. {Bulletin de Phar^ mode, t. iT , p. 5oa'.)
ij^6. Galbanum. —En masse ^ peu fragile y rouësàtre exleneuTfsment , blancbàtre intérieurement, opaque ou quelquefois demi-transparent , d'une odeur forte , d'une faTeor acre et amère. On Tobtieut par des incisions firites sa collet de la racine du biibon galbanum, et par Tévapoiition du suc laiteux qui en découle; il nous vient de JîEthiopie , et contient , d'après M. Pelletier (^uZ/etin do Pharmucie, té ir ^ p. 97): résine, 66,86; gomtne, 19^28; Imet cotpa étrangers, %5a; malate acide de chaux (dés liaces); liuile volatile et perte , 6,34«
i547« Oommc'gutte. «•^En masse « d'ujx jaune bran à ïenérienr et d'un jaune rougeàtre k l'îortériear , opaque , Joûdote j friabbe^ d'une cassure vjitreuse, dcflnant par la trituration une poudré d'un beaujauue, presqu'insipidi! d'abord , puis acre et amère, *
Elle s'axtrail par incisîqn du cambogia gutia ^ et noui vient des Indes orientales. On l'emploie non-seulement cii
Io4 DSS GOMMES -RÉSI If ES.
médecine , mais encore en peinture. Composée , d'après M. Braqonnot, de : gomme , ao ] résine , 80. (Yoy. Ann, de Chim. , t. lxviii , p. 36.)
i548. Mjrrrhe. — En larmes ou en grains de différentes grosseurs , roussàtre ou d'un jaune brun , plus ou moins transparente , d'une cassure vitreuse , d'une odeur agréa* ble , d'une saveur amère et légèremeat acre.
On l'obtient par incision d'une plante peu connue -, elle nous vient de l'Arabie et de l'Ethiopie. Suivant M. Pelletier (Bulletin de Pharmacie, t. iv, p. 54) ; elle est formée de résine , 34 ; gomme ,-66.
i549« Olihan (encens des. anciens). En masse ou en larpies plus ou moins transparentes , jaunâtre , fragile , d'une saveur amère et nauséabonde , répandant en brûlant une odeur agréable.
On l'extrait du juniperus Ijcia , arbre qui croît en Arabie et dans quelques contrées d'Afrique. Il est principalement employé comme parfum. Il a été e»pîué par M, Braconnot. {Annales de Chimie, tom. lxviii, p. 60.)
t55o. Opoponax. — En larmes ou en grains de différentes grosseurs^ d'un jaune rougeatreà l'extérieur , d'un blanc sale à -l'intérieur , opacpie , friable , d'une odeur forte et désagréable, d'une saveur acre et amère.
On l'extrait par incision , dans le Levant y de la racine du pastinaca opoponax ^ etc. Il est composé , d'après M. Pelletier (Annales de Chimie, tom. lxxix , p. 90), de : résine , 4^ 9 gonmie , 33, 4o ] ligneux 9,80 ; amidon, 49210^ acide malique, a, 80^ matière extractive, 1,60; cire, o,3x>pbaoutchouc^ des traces \ huile volatile et perte', 5,90.
i55i. Scammonée. ' — On distingue deux variétés de iscammonée , toutes deux en masse opaque : la scammonée d^Alep et la scammonée de Smyrne. La première est d'tm
DES COMMCt-RÉSIlfES. Io5
gris cendré , légère , friable , brillante , transparente dans sa cassure. Elle est composée , d'après MM. Bouillon- Lagrange et Vogel, de 60 de résine, de 3 de gomme, de 2 d'extractîf , de 35 de débris de végétaux , matière ter^ reose, etc. La seconde est ]:ft>ire , plus pesante , moins friable que la première , et beaucoup moins estimée. Sui- Tant les mêmes chimistes , elle est formée de 29 de résine , de 8 de gomme , de 5 d'extractif , de 58 de débris de vé« gétenx , matière terreuse, etc. {Ann. de Chim. ^ t. lxxii,
i552. yiloès. — ' If^aloès est un suc concret fourni par Ydoe soccotrina , et Vnloe perfoliata , arbres qui croissent aux Grandes-Indes.
On distingue dans le commerce trois espèces d'aloès ; i^.laloès soccotrin ; 2°. Taloès hépatique ; 3^. l'aloès ca- Wlin. Les deux premiers seulement sont employés en aédecine 5 le troisième n'est d'usage que dans la médecine Téiérinaire.
L'aloès soccotrin est d'un rouge brun-jaunàtre , demitransparent , friable , d'une saveur très - amère et d'une cfeir nauséabonde. Sa poudre est d'une belle couleur jasne: on Tobtient, suivant M. Braconnot , en coupant îransrersalement les feuilles de V aloe perfoliata y et plaçant an-dessous des' vases de terre pour recevoir le suc , ^e Ton fait ensuite épaissir, au soleil (a).
L'aloès hépatique est d'une couleur plus foncée et moins brillante que celle du précédent. Son odeur est aussi plus désagréable et sa saveur plus amère. »
Laloès caballin est beaucoup moins pur que les deux premiers.
i552 bis. D'après M. Braconnot , l'aloès est une substance partiçulièi'e qu'il propose de nommer résino-amen
(a) Suivant M, Vircy, on l'obtient par exprcâsioa.
I06 DES GOXXEi-KÉSIJIB«« .
Diaprés MM* Bovilloti-Ltigriinge et Vogel , il est composé de deux substances bien distinctes : Tune qui se rapproche beaucoup des résines ; Tautre qui est solable dans Feau , et qui ne diffère de Textractif que par qiidiques nuances.
M. Trommsdorff s^en fait encore une autre idée. {jénn. de Chim.^ t.\^yiii| p. ii«) Selon lu^, Taloàs aoceotrin est fomw , sur loo parties , de ;
Principe savonneux amer «^5
Acide gallique, une trace.
Résiné • •..• a5
• lOO
Et Taloès Hépatique , de :
Principe savonneux .'•..• 8i^a5
Acide galiique y une trace.
Résine «^ 6,25
Albumine • 1^,60
Diaprés MM'. Bouillon-Lagrange eC Vo^cl ( Annales Je Chimie, t. lxviii, p. i55), le premier de ces aloès est composé de :
Exlra cii f *.,.*... 69
Résine 3a
loo Et l'aloès hépatique de :
Exlraclif • . . . .... • • • ; 5x
Résine •.••••.•••••••.. 4^2
^Alaliere insoluble, ou albumine végétale eoa-
guide de TrommsdoriF, C
luo
DBS GOHMU^-ftiftllIS». IO7
i553. Gomme-laque* — -• Fragile , transparente , d^un ronge jaiuiàtre , sans odeur, d'une saveur faiblement asiriogente et amère ; déposée par Tinsecte cûccus laoca sur pliisienri espèces d'arbres des Indes orientales; employée en médecine^ en4eintttrey et dans la préparation de la cire a cacheter et des vernis.
M. Latreillea publié sur la laqoeet rinsecteqmlapro^doit, des observations que. Ton pourra consulter avec £rmty et dont nous extiairons ce qui suit. ( Annales de Qim. et de Phjs.y t. iv, p. 490
c La gomme -laque, ou plutôt la résine -laque, est s maintenant connue dans le commerce sous cinq déno* tê minations difierentes , indiquant cliacune une modifica- » tion particulière.
« I®. La laque en bâton {stick lae) est proprement la B laque dans son état naturel ^ adhérant aux jeunes bran- » ches sur lesquelles elle est produite par Finsecte, et les » enveloppant quelquefois complètement sur une longueur » de 5 a 6 pouces. On la sépare cependant fréquemment s des branches lorsqu'elles sont trop grosses , et qn^idles
> ne sont recouvertes qu'en partie. D^autrcs fois, des mor- ^ ceaux de laque, avec ou sans les branches, adhèrent
> CBsemble après avoir été exposés k la chaleur vive du ^ ioleil , et forment des masses.
> 3^. La laque en grains ( seed lac ) est obtenue de la » manière suivante : lorsque la laque « été séparée des » tiges auxquelles elle adhère naturellement et .qu elle a > été réduite en poudre grossière, les teinturiers en soie » et en coton extraient sa couleur, autant qu'on peut le s faire, par le moyen de Teau, et c'est à la poudre rési- » neuse , dure et jaunâtre qui reste , et qui ressemble eu » qnelque sorte à la graine de moutarde , qu'on donne le 9 nom de laque en grains, .
^ 3®. La laque eu écailles {shcll lac) est obtenue en
108 DES GOMMES-RiSlSTES.
)) fondant la laque en grains dans un sac de coton , aa- » dessus d*un feu de charbon. Lorsque la laque est fon- » due , on la force de passer à travers le sac au moyen de » la torsion., et on la reçoit sur le tronc uni d'un bana- » nier (musa paradisiaca) ^ sur lequel elle se réduit en Jè plaques ou en lames minces. La résine étant la partie la » plus fusible de la laque , passe à travers le sac , dans uu » grand état de pureté. *
» 4^- On donne le nom de lao-lake à une préparation n que Ton fait depuis peu aux Indes , et qui est, à pro- » prement parler , une laque faite avec la résine -laque: «> c'est aussi précisément ce que désigne le mot anglais D lac^lak , qu'on pourrait traduire en français par celui » de laque de résine-laque, ou simplement par celui de » laque-laqud. Celte préparation contient , outre la ma- » tière colorante de la laque , environ un tiers de sonppids 1» de résine, un sixième d'alumine, et beaucoup de ma- » tières terreuses (a)»
» 5®. La lac-^rye ou la laque à teindre est une prépa- » ration peu différente de la précédente et qu'on fait aussi )) aux' Indes, mais qui n'est pas. très -bien connue. Elle » contient à-peu-près autant de résine que la lac-lakc de ;» bonne qualité, très -peu de matière colorante, et les » mêmes matières étrangères. Ce qui la caractérise , c'est » qu'elle se laisse amollir et en quelque sorte pénéirer » par l'eau chaude, sans cependant s'y dissoudre. » if^oj., pour l'emploi de ces deux demièreis laques , i645 bis. Voyez aussi , pour plus de détails sur les gommes-résines, 1^. la thèse soutenue par M. Pelletier, le 22 août i8i!2 , et qui a pour titre : Essai sur la nature des mbstances con-
(cl) Et de plus une certaine quantité de matière végétale provenanf de Técoroe mucilagincusa d^un arbre de Tlnde connu dans Le pays sous le nom dei /oc/u.