DE$ BAUMES
nues sous le nom de gommes-résines. — ,a®. Les quatre premiers Tolumes du iSulletin de Pharmacie. '^^y^. Le^ tom. LXV111 el Lxxx des Annales de Chimie.)
Des Baumes.
i553 bis. Les baumes ae sont pas plus que les gommes- Tesines des substances immédiates particulières. Ils sont composés de résine, d'acide benzoïque, et quelquefois d^Imile essentielle et d'autres matières. On en distingue cinq espèces : il y en a deux de solides : le benjoin , le storax ; et trois de liquides ou visqueux : le baume du Pérou , le baume de Tolu et le styrax : ce sont ceux-ci qui contiennent une quantité remarquable d'huile.
i554- Baume du Pérou. — On extrait ce baume du miroxiUonperuiferum, qui croît au Pérou , au Mexique, etc. , tsniài par incision, et tantôt en faisant évaporer la décoctiewi de Técorce et des branches de cet arbre.
Celui qu'on extrait par incision est très-rare 5 on l'apr porte dans les enveloppes des fruits du cocotier : de là le HMD qu'i} prend de baume en coque. Blanc-jaunâtre et presque liquide d'abord^ il devient ensuite brun et trèsépais. Son odeur est suave , et sa saveur acre et amère.
L autre e%t beaucoup' plus commun que le précédent i d'mi rouge brun , d'une consistance simpetise \ son odeur est agrélble, et sa saveur acre et piquante.
i555. Baume de jToZu. -*- Récent , il est liquide; il a<^{iiiert ensuite peu à peu une consistance solide et de* TÎent.cassant ; son odeur est agréable, et sa saveur acre et amère.
Ou l'extrait par incision de l'écorce du toluifera bal^ samum, qui croit dans la province de Toiu , près de Car* thagène eti Amérique. .
i556. Benjoin. — Solide , d'un rouge bran, offrant le
plus souTcnt çà et là des grains ou des larmes d^un blanc jaunâtre, friable, d^une cassure Titreùse, dWe odeur agréable , d'un« sayear peu marquée.
Il s'extrait par incision de plusieurs arbres , et surtout du laurus benzoe, qui croit à Siam, à Java et dans pla^ sieurs autres endroits de Flnde. On Temploie non-seulement en médecine, mais encore pour obteftir Tacide benzoïque (i362) , et comme cosmétique. Le plus estimé est celui. qvi est parsemé de taches blancMtres : il prend le nom de benjoin amjrgdalin.
* Suivant M. Buckolz , a{ gvo» de benjoin choisi sont composés de :
grot. grain.
Ré:(ine de benjoin •••••••;• 20 5o
Acide ben^oïque 3 7
Suhstonce analogue au baume dul <
Pérou J
Principe parlictilier aromatique , \ o
soluble dans Talcool et dans FeauJ
Débris ligneux el impuretés » 3o
M. BuchoTz a proposé pour retirer Tacide benzoïquew procédé suivant : « Versez , dit-il , dans un matras 4 part*® » d^alcool sur une partie de benjoin pulvérisé. Filtre» » après quelques jours de digestion. Introduisez alors » » solution alcoolique dans une grande cornue dé verre ou » dans un alambic de cuivre contenant douze fois autant » d'eau distillée. Retirez ; par la distillation , la totalil* D de Talcool. Filtrez bouillante la liqueur aqueuse qt» » restera dans la cucurbite, et placez-la dans des ternne» » pour la mettre à cristalliser. Dissolvez encore duc foi* » le dépôt résineux dans 3 parties d'alcool , et traitez cette )) teinture comme la première. Réunissez les eaux-m^re** » que tous réduirez par l'évaporaflion au huitième de Icor » volume, et séparez ainsi l^totalité de l'acide benzoftp^ î» par la cristallisation. On le purifie en le faisant botn»i^
DES BÀVMBS. III
» pendant un quart d'heure dans une bassine d'ai^ent , » d^étain , ou dans ime terrine vemissëe , avec 5o à 60 n parties d'eau bouillante et avec son poids de cbar- » bonnouvellement calciné. La liqueur, filtrée bouillante, » laisse cristalliser, par le refroidissement, de Tacide 1 benzoîque en très-belles aiguilles blanches. » (Bulletin de PJiarmacie, tom. y, pag. 177.)
M. Sueraen extrait Tacide benzoîque du bei^oin par
un procédé que nous croyons aussi devoir rapporter
la.
c L'auteur fait bouillir 4 onceâ de benjoin en poudre
> avec 3 gros de t^irbonate de soude et une quantité suffi- » santé d'eau pendant une heure \ on retire le benjoin , que « Ton remet , après Tavôir réduit en poudre , dan& la
> mèmeliqueur, etronfait bouillir encbreunedemi-heure.
> Après plusieurs ébuUitions et triturations alternatives ,
> k soude se trouve entièrement saturée. Le liquide donne , B parl'acidesidfurique, 5 gros d'acide benzoîque très*-pur, » ce qui vaut a onces et demie d'acide par livide debeiyoin. » {Annales de Chimie^ tom. lxix, p. 297,)
iSSn. Storax calamité. •— Ce baume est solide, rougâire , d*une odetir suave qiji tient de celle du beiyoin , et d'iule saveur acre. Quelquefois il est sous forme de larmes praes , mais le plus souvent en masse friable , mêlé de beaucoup de sciure de bois.
On l'extrait par incision du storax officinale, qui croit dans le Levant.
i558. Styrax liquide. — D'un gris 'verdâtre plus ou moins foncé , opaque , d'une consistance de miel , . d'une odenr moins agréable que celle du storax calamité , d'une saveur 4cre,
U parait provenir de la décoction des jeunes branc];^es du liquidambar stjrracijlua , qui croit surtout en Virginie «t an Mexique.
112 t)V cAotTCHorc.
Du Caoutchouc.
iSSg. Propriétés, -r- Le caoutchouc, nommé aussi gomme élastique^ résine élastique, est une substance solide , blanche , inodore , insipide , molle , flexible , extrêmement élastique , assez tenace , qui fut apportée d'Amérique en Europe au commencement du dix-huitième siècle. Sa pesanteur spécrSque est de. o,9335 , suivant Brisson. ••
Cette substance entre en fusion à une température peu élevée , et prend la consistance de goudron , qu'elle conserve même après son refroidissement. En la distillant , on en retire une certaine quantité d'ammoniaque. Mise en contact avec la flanune d'une bougie, elle prend feu promptement , brûle avec 'rapidité et répand une odeur fétide. Elle est inaltérable à l'air , insoluble dans l'eau et dans l'alcool. Lorsqu'on en coupe une bande et qu'on la tient pendant long- temps dans l'eau bouillante^ ses bords se ramollissent de telle sorte qu'en les rappK>chant et les tenant pressés l'un contre l'autre , ils finissent par adlié^ rer enseimble avec beaucoup de force (Gros^art, Ann.d^ Chimie, ù xi , p. .14^) • ^^^^ propriété a même été mise à profit pour faire des tubes de caoutchouc. Les huiles essentielles sont le. véritable dissolvant du' caoutchouc ; elles le dissolvent très-bien à chaud , surtout lorsqu'il a été ramolli dans l'eau bouillante , comme nous venons de le dire (a). L'éther sulfurique pur , privé par l'eau de l'alcool qu'il contient, dissout aussi le caoutchouc , mai*
{a) Peut-être vaudrait-il mieux opérer la dissolution du caoutchouc par lliuile essentielle dans la machine de Papin : alors il serait inutile de le ramoHit* d^abord ; on le mettrait dans cette machine avec Phuile essentielle» par exemple, avec celle de térébenthine , et Ton soumettrait le tout à on< chaleur d^environ i8o à ûoo*, telle enfin que ni Phuilc ni le caoutcljcw»^
Di; ciouTCBorc. ii3
ûoios bien que les huiles essentielles : lalcool, qui a beaucoup d'affinité pour Téthcr, trouble tout -A* coup celte dissolution.
Les alcalis , suivant M. Thomson , le transforment eu une espèce de matière glutineuse » mais n^en dissolvent que très-peu. L*acide nitrique agit sur lui avec assez do force , et s^empare d'une partie de son hydrogène et de son carbone. L'acide hydro-^hlorique ne Tattaque pa3«
L'on doit i M. Gough diverses e^cpëriences dont les ré-*
5ul(ats sont très-curieux : nous allons les citer. Que Ton
preone nne lanière de caoutchouc d'environ 5 centimètres
de longueur et de quelques millimètres d'ëpaiçAenr et do
largeur ; qu'on la plonge dans Teau jusqu^à ce qu^elle se
ramollisse j et qu'alors on la tende aveq force » il se pro-*
duira sensiblement de la chaleur; cette chaleur disparaîtra
sur-le-champ en laissant la lanière revenir à son premier
ffai, sans doute parce que le caoutchouc occupe plus de
Tolnme sous cet état que dans son état de tension. Que l'on
tende de nouveau la lanière; qu'en cet état on la tienno
plongée dans l'eau froide pendant une à deux minutes, on
Tara, en abandonnant l'un de ses bouts, qu elle' aura
perdu beaucoup de son élasticité; mais elle la reprendra
lonte entière' par la chaleur de la main ou celle de Teau.
/56o. État naturel. Extraction» — Le caoutchouc se trouve contenu en quantité assez considérable dans TA^i^ea caoutchouc^ le jatropa elastica, lejicus indica et l arto^ corpus integrifolia , qui sont , les deux premiers , des arlres de l'Amérique méridionale; et les deux derniers j^ des arbres des Indes orientales. Pour extraire le caoutchouc de
ne se décomposassent. DMUeurt , ou parviendrait aasai bien piiitf facile-' ■lait à ramoUir le caoutchouc en \t traitant par Teau djUis û macliiii^ de Papin que dans un vase ouvert, parce cjuViio ^lèverait la tampérnturt au Uegré cpie Ton Jclircruit.
Il4 1>V CiOtTTCHOFC.
Ml arbm^ il suffit de les inciser', il en sortjin suc laiteux ^ peu à peu absorbe Toxigène de Tair^ suivant Foorcroj , et se prend en une masse blancliâtre qui est le caoutchouc même. Ce n'est point sous cet état que le caout^ choucnous vient de T Amérique ^ il nous arrive le plus souvent soUs là forme de poire. A cet eOet, les naturels font un moule pyriforme en terre , et après avoir appli uë une ptemiëfe couche de suc sur ce moule , ils la font sécher • en Texposant à la fumée ^ ild en appliquent ensuite une seconde, une troisième, etc. , qu'ils font sécher successivement comme la première ; puis ils brisent le moule et le font sortir en fragmens par une ouverture qu'ils ménagent au haut de la poire : d'ailleurs, ils font quelquefois sur ces poires des dessins en creux, avant qu'elles aient acquis tout le degré de consistance qui leur est propre.
Les arbres que nous venons de citer ne sont pas les seuls qui contiennent du caoutchouc ; on le trouve encore dans plusieurs autres , et même dans un grand nombre de plantes , particulièrement dans les diverses espèces àeguy; mais il est souvent mêlé avec diverses substances inlmédiates , de sorte que , pour l'obtenir pur , l'on est obligé de le séparer chimiquement de ces substances. L^on connaît même une sorte de caoutchouc fossile (1759).
i56i. Com;705z tio/i. — Quoiqu'on n'ait point encore analysé le caoutchouc , il doit paraître évident, en raison de son analogie avec les résines , qu'il ne contient qu'une petite quantité d'oxigène^ et qu'il contient au contraire beaucoup de carbone et d'hydrogène. Peut-être Tazote est-il aussi l'un de ses principes constituans : ce qui tend k le prouver , c'est qu'en distillant le caoutchouc , l'on obtient de l'anunoniaque : mais comme la quantité qui s'en forme est très-petite , il serait possible qu'elle fut due à des matières étrangères.
i562« Usages. — Le caoutchouc est principalement
«tnployé ponr iairedes sondes , effiicer les traces de crayon^ et composer des vernis qui ont Tavantage de ne point s*écaiUer*
De la Cire.
iS63. La cire ^ qu^on peut regarder jusqu'à un certain point , comme une huile fixe concrète , est très^répandue dans la nature.
i°é Suivant M* Proust, elle fait partie de la fécule verte de plusieurs plantes, et particulièrement du chou; elle entre dans la composition du pollen de toutes les fleurs ; elle recouvre Fenveloppe des prunes et d'un grand nombre d'antres fruits*
2**. Ilexiste, à la surface supérieure]des feuilles de beaucoup d'arbres , im vernis que Ton croit analogue à la cire, ^our s £n procurer une certaine quantité , il faut écraser les feuilles , les faire digérer successivement dans Teau et dans Falcool , jusqu'à 'ce que toutes les parties solubles dans ces agens soient dissoutes , et ensuite verser sur le résidu cinq à 'six fois son poids d'ammoniaque liquide. Après quelques heures de macération , Ton filtre la liqueur, et Ton eu sature Talcali par un acide étendu \ le vei*nis se précipite en poudre jaune ; on le purifie en le lavant et le fondant;
3**. Le mjrrica cêrifera , arbrisseau qui croît très-abondanunent dans la Louisiane et dans d'antres parties de r Amérique septentrionale , contient aussi beaucoup de cire qui se trouve , suivant Cadet ^ à la surface des baies que produit cet arbrisseau. L'extrà^ction s'en fait facilement; il suffit de mettre les baies dans Teaù bouillante et de les froisser contre les parois de 'la' chaudière ; la cire entre en fosion et se rassemble à la surface du bayi ; on Tenlève ^ on la passe à travers un linge , et lorsqu'elle est devenue concrète , on la fond de nouveau et on la coule. Dans ccC
t iG BE LA' CIRE.
^tnt , la cire est verdàtre, couleur qu elle doit sans doute a des matières étrangères \ car , en la dissolvant à cbaud dans Téther , ejle se sépare , sous forme de lames presque blanches , par le refroidissemeutde la liqueur , et celle-ci resté teinte en vert. ( Voyez le Mémoire de Cadet , Annales de Chimie y tom. xliv , pag. i4o* )' D^un seul arbrisseau on peut retirer jusqu^à 3 kilogrammes de cire : 4 parties de baies en donnent une. M. Hatcliett admet dans la laque une certaine quantité de cire analogue à celle da mjrica,
4^. Le pela des Cbinob est une espèce de cire quHls retirent d'un insecte.
5^. MM. Boussingault et Mariano de l^vero l'ont reconnue dans le suc de Tarbre de la vache (1687 bis).
6^. On trouve également de la cire dans les mjrrica angustifolia, latifolia et cordifolia. Enfin le gale, le ceroxjlon andicola , le chaton mâle du bouleau ^ deraulne, du peuplier , du frêne y contiennent une certaine quantité de cire.
La cire élant si répandue , il est naturelde penser que les abeilles ne la forment point , et qu'elles ne font que la recueillir. Cependant M. -Huber est d'une opinion contraire , et il en donne pour pi^euve qu'en les nourrissant de sucre , elles fournissent beaucoup de cire 5 preuve à laquelle il n'y a rien à répliquer si, ce qui est très- vraisemblable , l'expérience a été bien faite. (Journ. de Phjs. , 1804.)
Toutes les espèces da cire dont nous venons de parler sont-elles identiques ? Cela n'est pas probable. Il serait nécessaire de les exstminer avec soin et de les comparer toutes les unes aux autres. -Ce que nous allons dire ne s'appliquera principalement qu'à la cire des abeilles
I La cire est soljde, I^ianche, cassante, insipide, pres^.
Dr CAMPHUR. 11^
qu'inodore^ sa pesanteur spécifique est de 0,96 (Bostock), et de 0,966 (Saussure.)
Elle entre en fusian à 68^ environ , brûle facilement ^ devient blanche par le cpntactdeFair humide ou du chloreliquide , • est insoluble dans Teau , ne se dissout point à £roid dans Talcool et l'éther, et ne s!y .dissQut même à chaud qu^en petite quantité) se dissout beaucoup mieux dans les huiles essouielles et dans les huiles grasses ^ etfonne de yéritable3 savons avec là potasse et la soude.
. L'analyse- qui en a été (siite (Recherches pkysico-chirnûptes') prouve qu'elle est composée de 81,784 de car-hone, de iftjG^d d'hydrogène, et de 5,544 d'oxigène. M. de Saussure estparvwu â-peu-près aux mômes résuU tats. 100 de cire, selon lui, contiennent 81,607 ^^ ^'^^" hone, 1 3,859 d'hydrogène^ et 4)^34 d'oxigène. (Ann., ieChim. et de Phfs. , t. xiii , p. 34o.)
Ses usages sont ^sseas variés ; nous n'exposerons que les. pfincipaiix : combinée avec Thoîle' d'olive , elle forme le» cérat; c'est avec elle qu'6n prépane toutes les pièces artiiidelles d'anatomie^ l'cm-s'çn sert pour, ii^jecter.des vais* Kaax \ la bougie est uniquement composée de ciré.
H serait possible que la cire contint deux substance» difieeiktes , comme beaucpup d'autres corps gras : c'est lo scodfflent de M. John \ il les dit même différemment so-^ Xvhls» da95 l'alcool..
Du Camphr0é
j564. Etat naturel, Extraction. — Le camphre est une substance immédiate pÀriiculière qui a beaucoup d'analogie avec des résines , mais qui en diffère cependant par plusieurs pr^priétés^
On le trouve uni à l'huile essentielle dans plusieurs ^plantes de la famille des labiées^ et pour ainsi dire libre dans plusieurs espèces de /auru5 , arbre très^ohimun eu
H s DU CAHTBIIIS.
Orient. Cesi toi^jours du laurus camphcra qu*on l'eic* trait ponr les besoins du commerce , et surtout de la mé* decine , où' il est souvent employé. L^extraction s'en fait particulièrement au Japon : on diyise le bois du lanms , et on le chauffe avec de Teau dans de grandes cucitr-» bites de fer, surmontées de chapitaux en terre dont Tin-* térieur est garni de ocurdes de paille de riz. Le camphre , entraîné par la vapeur d*eau , se sublime et vient s'at-t tacher à'ces cordes , à Tétat de pondre grise : on Fen s^are , et^ transporté en Europe , ^on le raffine par une nouvelle sublimation , nuiis tellement conduite, qu'il prend la forme d'dne masse hémisphérique, transparente et cristalline « forme sous laquelle on le trouve chez les droguistes.
M. Glémandot a publié , dans le Journal de Pharmacia (tom, III , p. SaS) , un procédé qui donne des pains do camphre très-beaux et tels que les veut le commeroe. Ce procédé est à-peu-rprès le même que celui qu'on a suivi en Hollande jusqu'à présent : il consiste à faire bouillir doucement le camphre y mêlé à 7- de chaux vive, dans un vase de verre que l'on entoure de sable , d'abord jusqu'au col, et dont on découvre peu à peu la partie supérieure ^ à mesure que la sublimation a lieu : le vase ressemble à une fiole ; il n'en difière qu'en ce qu'il est beaucoup plua grand'et beaucoup plus* évasé.
Comme le camphre fond à 175*^ et qu'il bout à ao4®, l'opération exige beaucoup de temps et est difficile à conduire. En effet, si rébulUtîon était trop rapide, le haut du vase s'échaufferait trop , et le camphre retomberait ea gouttes \ si , d'une autre part , le refroidissementélait trop gi^nd, le camphre se condenserait sous forme de neige ti*ès-volumineuse : il faut nécessairement que la partie contre laquelle vient se rendre la vapeur de camphre soit toujours maintenue à une température un peu moindre èeulement que i ^5^ : sans cela , le camphre ne se réunirait
point en ma«se ei ne aeràii point demNtranapftront» Sept â huit heures sont nécessaires pour la suhlîjiialîoa de deux livres et demie de otatière.
On trouve ; dans le^Annmlesde Chimieetdù Physique (t. Tiii ^ p. 78), une méthode beaucoup fAus abrégée: on conseille de distiller le camphre dans une eenuie oor dans une chaudière en forme d'alambic ^ de tenir le aomoiet et le col du vase assex diaud^ pour que le oam^u^e ne puisse s'y solidifier (ce qui ann lieu tout aalursllamtnt si la disiîllatioii est r^ide)» et de reecvoir le oaiD(AivQ Jiquîde dans un récqpiient de cuivre étemé , Ibrmé.ik ideux 'hémi«-> chères ju^tarposés. Lorsque le camphreiQii«aiidiiié dana rkésûsphère inférieur, on le détache etst ekustt£&at un peu cet hémi^bère,' après avoir eolevé rhémispfaèKeofiéciear» Ainsi raffiné, le camphve est aussi beau que prépaté par voie^ de sublimation , et le raffinage coûte beaucoup moina.^
Si Ton voulait se procurer le camphré des iodbiées , il Hindrait d^abord en extraire Fhuile et rexposèr«nsuîte k Idir à une .température de aa detgprés; l'huile Vévaporerait peu à peu , et le camphre resterait presque^ tout entier sous fanne cristalline. M. Proust en a retiré ^ par i^ procédé ^. 9,10 de rhuile de romarin , de maijolaine^ o^inS de celle de ssi^ , et 0,^5 de celle de lavande^
l565. Propriétés^ "^ Le camphre rafiiné es€' solide, V
Blanc , transparent , cassant ; son odeur est foâdte^sa saveur acre ,- et sa pesanteuc spécifique , suivant Brisson , de 0,9887. M. de Saussure a trouvé que ,. i x5^^ ^ il avait, uoe force élastique égale à 4 ÎDàillimètresL
Que Fou prcyette sur Teau quelque» petits grains de camphre , ils s'agiteront bientôt et tourneront très^sensiblement sur eux-^mèmes ^ que l'on place en partie dans i^eau et en partie dans l^air une colonne de camphre de 4 oa 5 millimètres de diamètre, cette colonne communiquera à Ttau un mouvement do va 01 vient, et sa trouvei^a oou*
pde au bout de quelques jours. Daus les deux cas , il suf" fit de Terser une goutto d'huile sur la sikrface du liquide pour empêcher les phénomènes d'avoir lieu. {Ann, de Chimie^ t» xxi , xxxtii, xl, xltiii ^ et Annales de Chimie et de Physique, t. iv> p. Bio. )
Le eampbre, en yertude sa tension, se vaporise dana Tair k la température ordinaire : voilà pourquoi Ton trouve »i souvent des cristaux transparens au haut des vases dans lesquels ixnle conserve^ c'est aussi pour cette raison qu'il peut àepvir^ -comme Vftlcool, à produire ime lampe sans flamme ; en effet, mettez un morceau de camphre sur un support convenable, et placex-au-Hlessns un fil de platine roulé en spirale et chauffé au rougë \ le fil conservera son incandescence , ou la reprendra même sll Ta perdue , et * restem dans cet état jusqu'à ce que.tom le camphre soit ' consumé*
A peine est^il en contact avec un corps en combustion qu'il prend feu : il br&le sans résidu.
L^eau n^en dbsout que des quantités insensibles , et ce* pendant elle ne peut être en contact avec ce corps sans prendre Fodeur qui le caractérise. L'alcool , au contraire , en dissout une grande quantité, environ les 0,^5 de sont poids. La dissolution est incolore, très 4cre, même caus^ tique ; elle est décomposable par l'eau , qui en précipite subitement le camphre en flocons.
Les huiles fixes et les huiles ess^itielles possèdent aussi la propriété de dissoudre le camphre; elles en dissolvent plus à chaud qu'à froid , et en laissent déposer par le refroidissement sous forme de cristaux , lorsqu'elles ont été saturées à chaud.
Les. dissolutions alcalines paraissent être sans action sur )e camphre , ou du moins elles n'en dissolvent que dea portions extrêmement petites : il n'en est point de môma des acides^
m; caxphux. i^i
LVcide nitrique , par une douce cliallffkr , dissout facilement le camphre; il en résulte une liqueur qU*on tippchit autrefois huile de camphre , à cause de sou aspect oléagineux , et dont Teau opère sur-le-champ la décomposition , de même que celle de Talcool camphre. En augmentant la chaleur , Tacide et le camphre se décomposent réciproquement : Facide oamphorique est Tim des pi-oduirs de cette décomposition (i4ta).
L'acide snlfurique concentré nous oiTre avec le camphre des phénomène^ très-remarquables y qui ont fixé d'abord lattention de M. Hatchett , et qù^cnsuite M. Chcvrcul a examinés avec une grande exactitudcv En mettant en con^ tact 3o grammes de camphre avec 60 grammes d'acide sulfarique , le mélange ne tarde point à jaunir et a brunir; ponr peu qu'on le chauffe , il s'en dégage 'beaucoup de pz sulfureux. Si, au bout de deux heures , Ton verse sur le r&idu 60 autres grammes d'acide , et qu'on procède à la ifistjllatîon , il passera dans le récipient de Tacidc sulfuriqne faible, de l'acide sulfureux , une huile volatile jaune dent Fodcur sera celle de camphre; et si , lorsqu'il n'y a pesque plus de liqueur dans la cornue , l'on traite par Tcau bouillante , à plusieurs reprises , le nouveau résida qui est tout noir, il se partagera en deux parties : en une inati'ère noire insoluble , ^i est une combinaison d'acide snlfurique et de charbon très-hydrogéné , et en une substance astringente soluble , qui est formée d'acîde et d'une matière particulière. C'est de la dissolution qui provient de Tacdon de l'eau sur le second résidu qu'on obtient le tannin artificiel de M, Hatchett : il suffit d'en saturer l'excès d'acide par l'eau de baryte , de filtrer et de faire évaporer la liqueur. {Ann. de Chimie, t. lxxiii , pag. 167.) (a).
(a}.Ke serait-ce pas de Pacide hypo-sulfurique qui ferait partie <) DUTcantx composés ^i se produisent? cela est probable âujourd^hai.
112 DES ViûflMS.
Parmi les auti^ acides , il parait qa^il en est plusieurs qui j comme Tacide nitrique , peuvent dissoudre le cam-» phre.
Suivant M. de Saussure , ce corps peut absorber près de z 44 f^î^ ^^ volume de gaz bydro-clilorique à la température de xo^, sous la pression de o",726, et former un liquide Incolore , transparent , qui se trouble au contact de Tair 9 parce que la vapeur de celui-ci s'unit tout de suite à Tacide et détruit son aiction sur le camphre.
i566/ Composition. -— Il résulte des expériences de M. de Saussure que le campKre est composé de 749^8 de carbone, de ,10,6^ d'hydrogène, dp 14961 d*oxigène/et de 0,34 d'azote. (^Ann. de Chim* et de Phys.y t. xiii, p. 277.) La quantité d'azote est si petite qu'elle peut être regardée comme étrangère. Cette analyse diûere essentiellement de celle de Thomson, d'après laquelle 100 de camphre doivent contenir 78,8 de carbone y 11,8 d'oxi*gène ,^ 14)4 d'hy.drogène. ( Journal de Pharmacie , t. vx, fag. 387.)
1567. Le camphre de toutes les espèces de laurus est sans doute identique ; mais , suivant M. John Brown , celui qu'on extrait de l'huile de thym est doué de propriétés particulières : par exemple , il ne se dissout pas dans Ta* cide nitrique. •
Il en est de même du camphre artificiel; dont la composition d'ailleurs est très-différente de celle du camphre proprement dit : on pourrait donc , jusqu'à un certain peint , distinguer plusieurs espèces de camptil^.
Des frémis*
1571. Les vernis sont des espèces de liquides qu^oii applique en couche mince sur les corps , pour les préserver de Faction des agens extérieurs. On en distingua
DES VEAK^S. lai
trob genres qui comprennent chacun plusieurs espèces : les deux premiers sont en général formés de corps résineux tenus en dissolution dans Thuile essentielle de térébenthine ou dans Talcool ; le troisième est une dissolution de copal ou de succin dans Thuile de lin , ou de noix y ou d'oeillet litliargirée^ et dans Tessence de térébenthine : de là les noms qu on leur donne de vernis à V alcool, vernis à T essence et venus gras, C^lui-ci ne sèche que lentement; les deax autres , au contraire, sont très-^sitcatifs. Donnons un exemple de diacim'd'eux.
iSj^, frémis à l'alcdoL — Prenez :
Alcool concentré • • • . Sa parties,
Masiîc par •. • ••• 6
Sandaraque #••••'•••.•••••. 3
Térébenthine de Vanme trés-claire. . . , • . 3 .
• Verre pilé grossièrement (a). ••••••••.• 4
Réduisez le mastic et la sandaraque en poudre fine ; introduisez-les avec le verre et Falcoe^ dans un matras ; ^cez le lùatras dans de Feau bouillante pendant une ou dacL heures y en aymtsoin de remuer de temps en temps la nutière avec un gros tube de verre ; yevsez ensuite la teiiâwnthîne dans le matras , et continuez à le tenir. pendant une demi-heure dans Teau, Le lendemain, décantez la liqueur et filtrez-la à travers le coton : elle aura la plus grande limpidité.
Ce vernis s'applique ordinairement sur les objets do toilette , tels que boites ; étuis , cartons , découpures , etc.
•^•«MnMivaHHMa*aaMi^MwaN«MMMaM«p«MMWMaiB^
(a) Le verre, suivant M, Ti^gr^, eo divisant la matière, facilite et •nsmente Taction de Talcocd. Comme il est plus pesant que les résines , et qoHl occupe le fond du vase , il s'oppose ^aiHeurs à ce que les résines M&èroil à œbi-ci et st coloreat.
ia4 DE l'^ GLYCéniNE.
1573. Vernis à V essence, '-^Pveoez :
Mastio par en poudre . * • 12 parjiies*. .
Tërébenlhtne pure i et demie.
Camphre en morceaux -2
Verre Manc pilé •.•... 5
Essence de térébenthine recliBée. «.../• 36
Mettez dans nn matras le mastic $ le camphre , le verre et rhuile essentielle de térébenthine , et faites l'opéra tîon comme la précédente. Ce vernis est celui c[u'on applique sur les tableaux. • ' '
i574« Vernis gras. ^—Prenez :
Copal. ^ . ... ............. . • 16 parties.
Huile de Hn ou.d^oçilléi liity'rgir^ç. . » 8
Essence de tçrébenthine. ...%»•«. 16
Faites fondre le copal dans un matras en Texposant » une chaleur modérée^ versez -y onsuile l'huile bouillante ^ remuez la matière , et lorsque la. température ne $eni plus .qu'à 600U 80^ , ajoutez Tessence de térébenthine chaude^ passez le tout sur-le*-champ par un Unge., et cousorvea le vernis dan& une bouteille à large ouverture ; il devient très-clair au bout de quelque temps. Ce vernis est presque sans couleur.
Les vernis gras s'appliquent sur les voitures de luxe , le fer, le laiton , lecuivi'e, le bois ] on en recouvre aussi le3 lampes , certaines théières , etc. ( Voyez ^ pour plus, de détails sur les vernis, l'ouvrage de Watin et de Tingry. y
De la Glycérine ou Principe doux.
i574 &w. Schéele a observé le premier que toutes l^s fois que l'on traitait les huiles grasses ou les graisses par la litharge , à l'aide de la chaleur , et qu'on employait l'eau
DE LA GtYCénilfE. tlJ
tobune iatermède , celle-ci j après ro|>ëration , contenaii uBe matière douce, à laquelle il a* cru deyoir donner ]enom de principe doux des huiles. Le principe doux se forme également lorsqu'on substitue à roxfde de plomb toute auire base salifiable capable de déterminer la saposification : tels sont la potasse , la soude , la bai*yte , la strontianc,- -la chaux, Toxide de zinc; telle serait sans doute aussi la lithine (i49t)- 1^* Chevreul, à qui nous de- TODs ces observations, appelle ce principe glycérine,
Kous adopterons cette dénomination.
La glycérine est un liquide transparent , sans couleur ,' sans odeur , et d'une consistance sirupeuse ; sa saveur est très-douce ; sa pesanteur spécifique est de i,a5a à la tempé^turede 17^. Lorsqu'on soumet cette substance à IVction du feu dans une cornue , elle se vaporise et se de-* compose en partie; exposée à Tair , elle en attire Thumidite; en la projetant sur des charbons ardens , elle s'eu'flamme presqu'à la manière des huiles ; reaii se combine atec elle presqu'en toutes proportions ; Tacide nitrique la coDTOTtit en acide oxalique (i283) , et , suivant M. Yogel , Tacîde sulfnrique la transforme en sucre , de même que ranùdon. (^Bulletin de Pharmacie, t. iv, p. a55.) Elle e^ G^ble de dissoudre une petite quantité d'oxide do plomb ; le ferment ne Taltère en aucune manière ; enfin , I acétate de plomb ne trouble pas ça dissolution..
Rien de plus facile que sa préparation : il fau( prendre parties égales d'huile d'oUve et de litharge bien pulvérisée , mettre le tout dans une bassine avec im peu d'eau , placer la bassine sur un feu modéré , agiter constamment le mélange avec une spalule , ayant soin d'^gouter de l'eau chaude à mesure qu'elle s'évapore , faire chaiifier le mélange jusqu'à ce que l'huile et la litharge se soient cornhinées et aient pris (a consistance d'emplâtre : alors on ajoute une nouvelle quantiiû d'eau, on 6te la bassine de
t26 DB l'alcool.
dessus le feu , on décante la Uqneur , on la filtre; piiis^ après y avoir fait passer de Thydrogène sulfuré pour en «éparer le plomb , .on la filtre de nouveau , on la concentre le plus possible au bain-marie , puis on la place dans le vide sec (36a) pendant trës-long-temps, à une température de 20^ à aS^ : elle finit par acquérir la densité que nous avons rapportée plus baut. Quoique ^ dans cet état , elle paraisse contenir encore un peu d'eau , il est impossible d^en extraire. M. Cbevreul Fa trouvée formée (Recherches sur les Corps gras) :
deCarbone • • • • 4o;07 < o^ Carbone 4^j07 1
Oxigène 5i^oo4. Oxigène et hydroO
Hydrogène. ...... 8^925 gène dans les pro-( g o
portions nécessai-f '' ' * res pour faire Teaù.;
Hydrogène « • a^SS^
'X>e V Alcool ou Esprit-^de-^in.
iS^S. L'alcool est un liquide très-volatil, qu^on retire^ parla distillation, de toutes les boissons vineuses , et particulièrement du vin proprement dit , de la bière et du cidre. (Voyez Fermentation vineuse, 1 78 1 .) On en attribue la découverte à Arnaud de Villeneuve , qui professait la médecine à Montpellier au commencement du quator-> zième siècle y mais il est probable qu'elle remonte à une. époque beaucoup plus reculée*
Employé d'abord comme médicament, Talcool le fut bientôt comme liqueur , et Tart de Textraire devint .une branche considérable d'industrie.
1576. L'alcool, tel qu'on le trouve dans le commerce , n^est point pur ; il contient de l'eau dont on parvient à le priver, du moins en grande partie, en le distillant sur di(réra!is corps trèd^vides d'Humidité , et particulièrement
snr de la clianx. A cet effet, on Tintrodait dans une cornue ou un flacon tubulé arec deux fois son poids de chaux ré« dnite en fragmens , et , après vîngt-quatre heures de digestion, Von procède à la distillation au bain-marie, en ayant soin de fractionner les produits. La première moitié dn liquide distillé est ordinairement de Talcbol le plus déflegmé possible. Dans le cas où il ne le serait pas complètement , il faudrait lui faire subir une nouTcUe distillation.
15^7 . Ainsi obtenu, Talcool est un liquide transparent et incolore , dont la pesanteur spécifique , d'après Richter ^ cstdeo,79î àla température de 20®, etdeo,79a35à i7**,88, d'après M. Gay-Lussac. Son odeur est pénétrante et agréable , sa saveur biiilante. Pris à petite dose , il excite les . forces ^ pris en trop grande quantité , il les détruit au contraire, et produit Tivresse-, il est sans action sur le tournesol. Lorsqu'on Fagile , il forme des bulles qi4 disparaissent promptement.
Lorsqu'on le fait passer, au moyen d'une cornue, & travers un tube incandescent , il se décompose complé- ^ tement. De 8i»'""™*,l^ de liqueur alcoolique qui conteittU, d'après sa pesanteur spécifique, 'jo^ ji^ d'alcool et 1 1^.,23 d'eau , M. Th, de Saussure a retiré : i^. 77*'**,924 de pz hydrogène oxi-carburé sec , ou de gaz hydrogène carboné et de gaz oxide de carbone, k la tenipérature de o^, et sous la pression deo™.,76) lesquels pesaient 59^'.,o69, €t rcnfemudenttoîitauplus^degaz carbonique-, 2^. i7^'.577i d'eau ^ 3**. des traces d'acide acétique ^ 4^. o^'. ,65 d'alcool échappé à Ja décomposition *, 5^. oS'.,4i d'un mélange de cristaux volatils, en lames minces, et d'huile essentielle brune ^ 6®. 06^., o5 de charbon. {Ahn. de Chîm.y t. lxxxix^ \ p. 278.) "^
L'alcool entre en ébuUition à environ 78^,41 9 sous la pression de o*'. ,76. La densité de sa vapeur est de i ,6i3 , d'après M. Gay-Lussac. {Ann. de Chim. et de Phjrs.,
128 T)F. L AlCOOt.
t. Il, p. i3o.) Par un froid de 68^, il ne se congèle pa5 (Walker) (a).
L*aIcool ne conduit pas sensiblement le fluide électrique. Sa réfraction , comparée à celle de l'air prise pour unité/, est de 2,2223. Exposé au contact de Tair , il se vaporise peu à peu et en attire F humidité : aussi, lorsqu'il est aux trois quarts vapoiîsé , trouve-t-on que la portion qui est encore liquide a moins de saveur , moins d^odeur et plus de pesanteur spécîGque que Talcool pur. Placé dans un \ase ouvert , il s'enflamme par Tapproche d'un corps en ignition. Sa combustion est assez rapide; elle pe donne aucun résidu ; sa flamme est blanche et très-étendue.
Il s'enflamme également en tirant à sa surface des étincelles électriques : par conséquent, en chargeant* le gaz oxigène de vapeurs alcooliques , et en excitant une étincelle à travers le mélange , il devra en résulter une détonation , et c'est en effet ce qui a lieu : on convertit ainsi ce mélange en eau et en gaz carbonique.
L'hydrogène, le bore, le carbone., Tazote, sont sans action sur l'alcooL
Le phosphore et le soufre s'y dissolvent en petite quantité , et en sont l'un et l'autre précipités par l'eau : leur
(à) Suivant M. Huttcn , Talcool se congèlerait et cristalliserait k — 79*. Un peu ayant sa congélation il se partagerait en trois couches trèa-diatinctes : la première très.- mince , d^un vert jaunâtre p&le , d^une odeur forte et désagr^ble , d^une saveur très-marquce et nauséabonde ; la seconde très -mince aussi, d^un jaune très -pâle, d^une odeur forte, mais agréable , d'une saveur piquante; la troisième beaucoup plus épaisse que les deux autres , transparente , sans couleur , insipide , ornant au contact de Pair, d'une odeur forte et piquante. M. Hutton considère cette dcr-^ nicrc couche comme de l'alcool pur, et les deux autres comme des substances étrangères* Il ne dit point comment il a pu produire nu frorii de 790 ; de sorte que ses expériences , dont les résultats nous paraissent bien douteux , n''ont point encore pu être répétées,. (Bibliothèque briiann^, t. LUI , p. 3.)
DB h ALCOOL. Iig
dissolution, qai a uneodearet ane savetir désagréables , ne s'opère bien qu^à cTiaud. Pour faire jcelle du soufre , il est méi^e bon de m^tre ce corps et Valcoolen. contact h Tétat de Tapeurs ; ce à quoi Ton parvient' en plaçant du soufre an fond d'un alambic de verre , suspendant dans Fiatérienr de la cucurbiie un petit vase plein d'alcool , disposant l'appareil dans «n bain de sable^ et le chaufiaot conTenablement. • .
L'iode se dissoi;|^. d'une manière très-sensible dans l'alcool. Cfest en versant peû-à peu dans ceUe dissolution de la potasse bu de la soude caustiques , dissoutes elles-mêmes dans Falcool , et agitant le mélange, que M. Serullas pré-> pare l'hydriodure de carbone. Outre cet hydriodure , il te forme de l'iodate et de l'hydriodate de potasse. L'io- <kte se précipite , et l'hydriodate reste dissous.' Quant à l'hydriodure , il se dépose en partie. On le sépare de Tiodaieparnne quantité convenable d'alcool, puis réunissant les deux liqueurs ,* on les^ fait évaporer ' doucement et on les laisse refroidir. Bientôt l'hydriodure apparaît sous (onne de paillettes jaunâtres. Que se "passe-t-iJ dans Fofération? L'alcool pouvant être r^résetit^ dans sa compoâûoa par de l'hydrogène bi-carboné et de l'çau, il faut concevoir que les 'élémens de c^e-ci, en agissant sur la potasse et une portion de l'iode ^ fonQent l'iodate et l'bydrîoaâte de'^potasse , tandis que l'autre portion dTiodc se trouvant ea présence d黫él^mens de l^ydfogène bi*carboné donne naissance à Thydriocfure.
M. Serullas a observé aussi que l'hydriodure dccâïbone polirait être obtenu , soit en mettant en contact le poljas- «îuinoule sodium» avec de l'alcool chargé d'iode, soit en dissolvant du chlorure d'iode dans Talcool et y versant vn petit excès de potasste caustique. Des phénomènes sem- UaÛesà ceux qui piéeèdent ont encore lieu : seulement , le chlorure produit de plus tm hydro*chloratc , et le po- IV. • 9
l3o 1>C X* ALCOOL.
tassium , en s^oddant , un dégagement de gaz hydrogène; (^ Annales *de Chimie et dé Fhjrsique, t. xx, p. i6ij et t. xxn, p. 17a, îi2^») .
Ce composera la plus grande analogie . arec celui qne M. Faraday a objtenu en ^posant aux rayons solaires da gaz hydrogène bi-carboné et de Fiode ; s'il y a une diffé* rènce entre eux, eirene&olt dépendre que des proportions, ( ployez ce qtii a été dit à ce sujet , 4^ ^ *'^' )
Lorsqu'on fait passer au travers de. Soa gnumnes d'alcool le chlore provenant d'un >n^nge de 1750 grammes de sel marin^ de 4^0 grammes de péroxiSede manganèse, de 800 grammes d'acide sulfurique et de 800 gramme» d'eau j presque tout le chlore et toutTalcool disparaissent en agissant l'un sur l'autre : il en résulte beaucoup d'une matièi^e àjrant l'aspect huileux , l)/e2iucoup d'acide hydi^«> chlorique , un peu A'acide caibonique , et un peu d'aune matière abondante en charboii. TouS^ ces produits restent dans la liqueur , ùioins le gaz carbonique qui se dégage , et une porticin de la matière oléagineuse qui se précipite* Pour la précipiter pi^sqne toute entière, il suffit d'éten-^ dre d'eau la licpieur, ou elle n'esf tenue en dissolution que par l'acide hydro-çhlorique concentré. Purifiée ^a^ec soin par des lavages d'eau et de potasse^ eette matière présente les propriétés suivantes : elle ne rougit point )b papier de tournesol ; elle est blanche , plus pesante que Teau ; elle ariine saveur fraiclie analogue à celle de la menthe, et un» odeur toute' particulière qui n'est point éthérée 9 elle est très^soluble dans l'alcool et très-peu soluble dans l'eau. Distillée avec l'acide nitrique , elle se volatilise et se décompose en partie. L'un des prpjduit^ de. la décomposi-ition est le ohlore , ce qui prouve qu'elle doit contenir une certaine quantité de ce corps*^ou d'acide hydnxîhlbrîque z aussi , quand on l'inU^oduit en vapeur dan» un tube incandescent f y a-t-il beaucoup de cet acide mis à nu. CepcndaxU
^ DE l'alcool. i3ï
les alcalis les plus forts Tattaqucnt à peine, d'où il faut conclure que le chlore ou Facide hydro-chloriquç qu^elle contient est {ntîmement combiné avec une autfe substance* Jusqu^à présent cette substance n'a point été isolée.
M. Despretz , qui vient d'en faille Vanalyse,, la. regarde comme un con^>osé de i rokime de chlore e| de a volumes de gaz hydrogène bi-cfirboné. Ne serah-ce pas platôt un composé de 2 yoluipeS d'acide hydro-cMorique. et de x volume d^hydrogi^ne quadri -carboné ? ( Voyez Ir di»gus« tton présentée à ce sujet 4^ i ^i<^* ) . ^ „
Le potassium et le sodium , mis en contacttà froid aved l'alcool le plus rectifié 9 passent peu à peu tous deUx à l'é^ ' Ut de protoxides qui se dissolvent en donnant Heu à un d^gemeiftde g:az. \
L'alcool se combine avec l'eâu en toutes proportions.* Combiné avec un poids d|/eau égal à-*pcu-près' au sietf'^ il fofme reau*-de-vie, qui ne doit sa couleur qu'à ûji^e matière élzangère : toutefois ou remamue une diiléreace schsibls cnire Veau-de-vie faite ainsi et l'eau-de- vie extraite du vin pur la distillation : celle-ci est toujours meilleure. L joa ptélend ou* en distillant la combinaison de Jt'eauetde Tal-^ / €«>\,Yeau-de-vie ^rend toutes le^ qualités de œHe qui provient du vin. ' . ^ /
Lorsqu'on mêle de l'eau et de l'alcool dans dc^ propor*» tions quelconques , le volume du mélange* est' toflgours nmadre que la somme des vcdum^es empll^és^ si Talcool csl concentré; mais s'il est très-faible, noii-sculement'lacondoisation n^a pas lieu , suiyaut M. Xhi^lay^ fils^ niais il J^ méfaction : c^ dont db peu( s^assurer en je(aiA les yeux ior le tableau suivant \ . ^
DS t iJ-COOL.
mélanges éC Eau et d'Alcool*
O&TOÎtdonc que Ç parties d*itlcool , Aon% la densité est
o,92^7 1 x^êlées à 5 parties d*eau distillée y donnent un
xnérange ^(mt la pesanteur spécifique est 0,9835 ; et qu^en
supposant le volume du mélange égal à la somme des ro-
iumes employés, sa densité serait 0,9854 : par conséquent
il y a raréfaction* U&ut e&direajataatdes autres résultats
indiqués. # * *
Un fait remarquaUe est que la dilatation qu'éprouie le mélange est accompagnée dWe élévation de tempé- -raturé appréciable au thermomètre, qu^elle fait monter de plusieurs degrés.
* De toutes les bases salifiables y il n^'y a que la potasse,' la SQude-, ramnioniaque' et celles qui sont de Qalure végé* taie, que t'alcool puisse dissoudre en .quantité bien sensible \ et Ton se rappelle sans doute que c*êst sur la propriété dissolvante de l'alcool pour ces deux premiers alcalis , qu'est fondé le procédé que nous avons donné pour en obtenir les hydrates (596).
La baryte est un excellent réactif peur savoir si Tal-