‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 4)Chapitre 17 sur 64 · ALCOOL D · texte numérisé non relu

ALCOOL D

- ïo,5o

5,do 6,5o

firdro-chlor. do magnésie) tt

cl«6àéc)ié à 49^ centi§r

Chld

hidrnre de barium en «bu- 1 ,

dre ...t. rr..) «

Clilorure de bariam criiUl*

Aciitate de cbaux

L'alcodl'-est capable de . dissoudre -a^ssL, conune nous l'avons dit précédemment, le sucré, la 9iannltet*le camphre, les baumes , les buîl^Sf essentî elles , les huiles gras*ses , etc. 5 celles-ci toutefois , J'huilp de ricîn excédé , n'y sont qïie ircs-peu soliiblcs. C'est ce qiie l'on .voit dans la

table suîwnnte , extraite d'un mémoire de M. Planche.

XJiulleiin de PhaTiriacie, 1. 1 ,'p. î^gS.)*

(cl) Résultat reraM^fiibla/ en ce que, si oe résultat est exact (ce qui nous parait fort doiiteax;, Paloool couceptré dissout plu* de tel que ^*alcooL étendu.

DE l\lcool« i35

Mille gouttes d'alcool à 4^ degrés de raréûmëtre de Baume et k la température de ts^^S ont dissout ; savoir :

Huile de pavot conservée une année. ••.•••, 8 gouttes.

— de pavot nouvelle. .^ «^« 4

— de lin . , ; 6

— de noix • •••••• 6

— de fatne ^^ »••.••.••••..•••• 4 '

— JoKve •. . . . 3

— d^amande douce; « • 3 *

— de noisette. . • • • . • 3^

— • de ricin ; en toutes proportions.

Enfin , Talcool nous présente ^ avec' Tacide nitrique, le Qiercure et Targent , des phénomènes remarquables : de 5on action sur ces«covps résultent dent poudres qui fulminent par le choc avec la plus grande/orce. "

Poudres fiilminantes de^mercure et d^ argent. Des recherches étendues sur les propriétés et sur la nature de ces poudres doivent être incessamment publiées par le docteur Liebig , dans les Ann. de Çhim% et de Phjrs. : e^est pourquoi nous ne parlerons de ces sortes de poudres qu^à la fin du dernier volume (art. Additions)»

iS'jS.Etat naturel. —L'alcool ne provient jamais qite des liqueurs qui ont subi la fermentationrV vineuse : par conséquent il ne peut exister d^hs ta nature. En effet , pour que cette fermentation puisse se développer, il faut que les fruifs ou les autres parties dite végétaux qui en sont susceptibles soient écrasés , et aient eu pendant quelque temps le contact de Tair: à la vérité, il serait possible que , dans quelques circonstances , ces deux conditions fussent remplies; mais bientôt la fermentation acide suc« cédant à la fermlentation vineuse changerait l'alcool en vinaigre , de sorte que l'existence de l'alcool ne serait que

i36 . DB l'alcool.

1S179. Composition, — Suivait les dci*nières expériences de M. 'Th. de Saussure , Talcool d'une pesanteur spécifique de 0,79!) à .20? j est formé de 5 1,98 de carbone , de 3493a d'oxigène^ de iS^^o d'hydrogène : ou bien de 100 d'hydrogène et de carbone dans les proportions nécessaires pour faire le gai hydrogène bi-carboné (i 70) j et de 63,58 d'hydrogènç et d'oxigène dati^ les proportions nécessaires pour composer l'eau. ( Annales de Chimie , t. lxxxix ,

Or, en réduisant ces derniers poids en volume, c^est4dire, en divisant 100 par 0,978, densité du gaz hydrogène bi- carboné; et 63,58 par 0,625, densité de la vapeur d'eau , on obtient :

V«lm«»

Gaz hydrogène bNcarboné* ••••••••• i o2;3

Yapeu^ d'eau.. •.••..«•... «•. iûi;7

11 est donc évident, par la prescjue identité de ces deux nombres , que l'alcool doit être considéré comme compo^ de volumes égaux de gaz oléfiant et de vapeur d'eau.

Si Ton observe d'ailleurs qfx0 la densité de la vapeur de l'alcool absolu est de 1,61 3, et que cette densiié est représentée , A i centième près^ par les densités réunies du gaz hydrogène bi-carboné et de la vapeur d'eau , il sera facile de voir qu'un volume de vapeur alcoolique proviendra d'un volume de gaz hydrogène bi-carboné et d'un volume de vapeur d'eau , condensés en un seul'.

i58o. Usages. — ^ Uni au sucre , -l'alcool est la base de toutes les liqueurs \ étendu d'eau , il forme l'eaft-de-vie -, les vins lui doivent leur force, leurs principales- vertus.' On l'emploie dans les arts pour composer des vernis tf;ès - siccatifs (1572), et en médecine , pour, dissoudre le ca/nphre , pour faire les médicamens connus sous le nom

DES ÉTBCnS. t37

de teintures , médicamens qui ne sont que des matières résineuses dissoutes dans Talcool. C'est Fun des dissol-* taus dont nous faisons le plus fréquent usage dans nos laboratoires.

Des Éthers,

i58i. Les étbers 9 étant le produit de Taclion des acides surralcool , doivent èlrepUcés immédiatement après Fal^ cool même : c^est pourquoi nous allons nous occuper de lenrhistcâre. »

Le nom d^éther (nf. d^abord donné à tm liquide très* Tokdl, très -inflammable , très-^suave, composé d'hydrogène , de carbone et d^oxigène , et qu'on obtient en cliauf* £int parties égales d'alcool et d'acide sulfurique. On le domia ensuite à d'autres liquides qui provenaient de Tacde Valcool sur d'autre acides , et qu'on croyait ètr« dèsL même nature que l'éther proprement ait , parce qn'u^fi ayaienl l'odeur , la saveur, la volatilité et i'in* »ili(é; mais comme, parmi ces nouveauif étbers, plasîeQrs se trouvèrent formés d'acide et d'alcOol , et <{a'on découvrit bientôt après des composés d'acide et d'ïWI peu volatils , presqu' inodores , on fut conduit a^ donnera ceux-ci , en raison de leur nature , le nom à^éthtrr demème qu'aux précédens \ de sorte que ce nom n'emporte plus toujours avec lui Fidée d'un corps dont la volatilité est trèsrgrande*. " •*

Q ex^te, donc, comme on le voit, plusieurs genres Jéthers : <*^s genres sont au nombre de troi^ ; car les éthers sùQi formés tantôt d'hydrogène , d'oxi||^ne et de carbone , et tantôt de l'acide employé pour les faire et d'alcool ou d'hydrogène bi-carboné. Dans^tous les cas, on seseit du nom de cet acide pour les désigner.

l38 DS8 ÉTHER8.

Des Èthers du premier genre*

i58a. Les éthers du premier genre, c^est-â-dire, ceux qui sont formés d'hydrogène , de carbone et d'oxigène , ne proviennent jamais que de Faction de Talcool sur les acides qui ont Jieaucoup d'affinité pour Teau , et qui , unis à celleci ou à Taloool , ne se, vaporisent que difficilement : on en compte quatre : Téther sulfurique, l'éther phosphoriqne, Téther arsénique , l'éther fluo-b*rique \ ils smit identiques, de sorte que, connaiss^t lél propriétés de l'un, on connaît , par cela même , les propriétés des autres. Nous ne décrirons avec soin , par cette raison , que* l'éther aulfurique.

i583. Ether sulfùrique» •— L'éther sulfurique ^tde Uws les édiers le plus anciennement connu et le pluf employé. Sa découverte remonte au moins au seizième siècle ; car il en est parlé dAns la Pharmacopée de Vaîerius Cordas , publiée à Nuremberg en i54o. Cependant ce n'est que vers l'année 1780 que les chimistes commaieètent à en étudier les propriétés avec soin*

C'est un liquidé incolore , d'une odeur forte et suave, d^une saveur chaude et piquante , qui ne transmet point le fluide électrique él qui réfracte fortement la lumière, dont la limpidité est parfaite , la fluidité très-grande , ]* pesantem* spécifique de o, 7 1 1 92 à la. température de 34^77 • (Gay-Lussac , Annales de. Chimie et de JPhysique , tom. H.)

Il en est peu de plus volatil. En effet , sons la pression de oP-,76, il entre en ébullition k 35**,6p ; sa vapeur, comparée à celle de l'air, pesé 2,586 (Gay-Lussac). Placé sous un récipient où l'on fait ensuite le vide, .il bout à la température ordinaire. Exposé à un courant d'air , il ne tarde point à se vaporiser : aussi , lorsque l'on entoure de Ungo

BÏES ÉTHKR9 DIT PRCMlCK GENRE* . l3<>

la k>n]e d'an thermomètre , qu'on la plonge dans Tëther, etqu'on fa fait toorner rapidement', }e mercure descend-il ion grand nombre de degrés — o , surtout si Ton a soin d'entretenir ce linge toujours humide. Cette propriété est quelquefois mise a profit pour guérir , ou du moins dimimier certains maux de tète : Ton verse quelques gouttes d'éther snr Tune des tempes et l'on souf&e dessus : le froid produit cause un soulagement suBit. Soumis à un froid de 5o degrés , l'éther reste liquide et n'éprouve d*ailleurs aucane altération. Une chaleur rouge le décompose. De 47 gmames introduits peu à pelb en vaf^eur dans un tube do porcelaine incandeseent , M. Th. de Saussure a retiré 42*'',36 d*un niélange de gaz hydrogène carboné et de gaz onde de éarbone , contenant un atome de gaz carbonique , (^,4 d'huile et de goydi^on , on^'^ia de charboo : la perte

aéléde 4*'Siîi-,

Mis eh contact avec l'air, dans un flacon fermé, il finit, sinvant M. Plfttoche , par s'altérer et par passer en partie à Vâal d'acide acétique. {Ann: dé Chim. et de Phys. , tom. II, pag. '9i3. ) J'ai observé en eflet que de l'éther lïiv-çiir, conservé pendant long-temps de cette manière , s'éuAacidifié^au point qu'en le mettant sur les tempes , il J pnodaisait une douleur très-cuisante. "

Cliargé de vapeur d'éther, le gaz ox%ène détone surle-ehamp par une étincelle électrique ou par le contact d^un corps en combustion : il en est de même de l'air dans certaines proportions. Cest pourquoi , si l'on verse de l'éther dans un vase , et qu'on en approcfhe une bougie allumée , il pretid feu sur-le-champ : de là le soin qu'on doit avoir 4e ne jamais ij^ransvaser l'éther que dan^ le jour. La flamme dé l'éther est blanche , très -étendue, fuligineuse j plie noircit les corps blancs exposés à son action.

ÎTous avons Vu précédemment ( i*' vol. , p. 174) qn'en plongeant un fil de platine presqu incandescent dans de,

>i4o t>Bd truziks.'

Vair charge de vapeur d'éther , il devenait toul-à-coop hx^ mineux* Que Ton répèle l'expërience dans robscuritë) on apercevra au-dessus du fil une lumière paie, phosphorescente , qui sera ti^ès-distinete, surtout cpiand le fil cessera d^étrç en ignition, et il se formera en même temps une snb* stance particulière volatile et piquaAte , qui possède, suivant M. Davy ^ des propriétés acides. Cet acide, qu on ne peut obtenir quMmpur et en très-petite quantité , semble être nouveau , diaprés les expériences de M. Faraday, faites & l'invitation du savant chimiste que nous venons de citer. {Annales de Chimie et de Physique, tom. ir, pag. 35o.)

Le phosphore et le soufre «ont légèrement solubles dans Téther. Le chlore gazeux Tenflamme en donnantlieuàda gaz hydro-chlorique , à un ^dépàl^de charbon , «te. Le potassium et le sodium s'y oxident en produisant une légère effervescence. L'eau en dissout ,' à la température et à la pression ordinaires, la dixième parde de san poids; et, de sou c6té , Féther dissdut aussi une petite qiiantité d'eaa , de sorte que , en. agitant ensemble parties égales' d'eau et d'élher, il se fofrme deux couches : Tune, inférieure, d*eau éthérée , et l'autre , supérieure , d'élher aqueux. '

Aucune base salifiable , excepté la potasse , d'apris M. Boullay , et l'ammoniaque , ne secoiÉbine avec l'éther.

Son action sur les acides a été à peine étudiée ; pu sait seulement , i^. que » en chauffant parties égales d'éther et d'acide sulfurique, il se fprme de l'huile douce (i584)yde l'eau , du gaz hydrogène bi-carboaé , du gaz sulfureux,.' du gaz carbonique , et qu'il se dépose du charbon ; d^. que l'acide x^itrique , qui agit avec beaucottp de force àx^haud sur l'éther , n'a point d'action sur lui à firoid ; 3^. qu'il est soluble dans l'acide hydro-chlorique et dans l'acide acétique , et que l'eau le sépare de cekii-ci et ne le sépare ^as^ de l'autre. (BouUay.)*

DES ÊTBB1IS DO PUBMltH 0B9R8.' l4t

n est probable que Féther ii*a qu*ane très-faible action sur les sels ; Ton ae connaît encore bien que celle qu'il eierce sur les dissolutions d'or et sur le sublimé corrosif, n réduit facilement les premières par ragitation ; et M. Vcgd a observé qu'il dissolvait le deuto-chlorure mercuriel, et que , exposé au soleil pendant quelques jours , la dissololion devenait ti*ès-acide , et laissait déposer une poudre Uancbe formée'de proto-chlorure et de carbonate de merciue.

Dès que Féther et Falcool sont en contact) ils s'unissent et forment un liquide incolore et limpide que l'eau décèm-^ pose ] elle s'empare de Falcool et met la plus grande partie de Féther en liberté : on vcHt Féther, dans cette expérience , se séparer sous foni^tle pi&tits globules et se rassembler à la surface de la -liqueur.

L'alcool n'est pasla seule substance végétale sur laquelle^ réilier agisse ; il agit encore «sur plusieurs huiles fixes, sur les huiles essentielles, les résines , le caoutchouc gonflé par Fean bouillantt ^ il dissout' toutes ces substances , et forme des .dissolutions dont , jusqu'à présent, les arts n*ont ûié aucun parti.

M. Planche a observé , en examinant Faction de Féther snrJei huiles fixes, i.®. qu'une dissolution de 3 parties d'iioile d'olive dans 2 parties d'éther sulfurique restait liquide à 18^ au-dessous de zéro ; 2^. qu'en ajoutant à un mélange de i partie d'éther et de i d'alcool, i partie d'huile fixe , il en résultait , par l'agitation , au bout de. quelques minutes, deux couches très-distinctes, l'une, inférieure, composée d'éther et d'huile , et Fautre , supérieure , presqu'uniquement composée d'idcool {Bulletin de Pharm. , tom. I, pag. 3oo.)

i584. Préparation. — La préparation de Féther sulfurique n'offre aucune difficulté : l'on prend parties égales d'alcool et d'acide concentré} Fon introduit Falcool dam

j/^1 DIS iTfifiRS« V

une cornne de verre , et Ton y verse peu à peu Vacide , en ayant soin de fayôriser, par Tagitation, la combinaison, qui a lieu avec un grand dégagement de calorique; Ton place ensuite la cornue .dans un fourneau muni de son laboratoire, et on la fait communiquer, par le^moyen d*ime allonge , avec un ballon qui communique lui-même avec deux flacons , savoir : directement avec Tun ptfr sa partie inférieure, et latéralement avec Fautre par un tiibe (pi. XXXII 9 fig» a)- L'appareil étant ainsi disposé , on met da feu sous la cornue, de manière à faire bouillir légèrement la combinaison de Tacide et de Talcool ; Téther se produit , se vaporise et vient se condenser dans les récipiens ; la presque totalité se rassemble dans le flacon yà ,* il n en arrive que irès-peu dans le flacon B, L'ébuUitîon doit être soutenue jusqu'à ce qu^on commence à apercevoir des va-*peurs blanches ^ns la partie vide delà cornue , ce qui a ordinairement lieu lorsque le liquide 'distillé est à-peu-prè» égal aux | de T^lcool «nployé. A celte époque , il ne se forme plus ou presque plus d'éther« En oAittnuantladis^ tillation, Ton obtient du gaz sulfureitx, une petite quan-* tité d'huile qu'on appelle huile douce du a}in , du gaz hydrogène bi- carboné, désigné par les chimistes hollandais sous le nom de g^iz oléjiajit „ du gaz carbonique^ et en même temps il se dépose du charboi^ ; ce charbon est même en assez grande quantité pour épaissir* la liqueur et la rendre susceptible de boursoufflement par les gaz qui se dégagent.

Si l'on suspendait ro{>ération avant l'époque que notis venons de prescrire , l'éther ne contiendrait qu'un peu d'alcool qui passe au commencement de la distillation , et une petite quantité d'eau ; mais comme on ne la suspend tout au plus qu'a cette époque, il s'ensuit qu'il oontient en outre un peu de gaz sulfureux et d'huile douce de vin : dan^ tous les cas , l'on est dduc obligé de le rectifier #

DES ÉTHBBS DU PABMIER CBITKB. l43

Pour rectifier rétlier, on le met d^abord en digestion, pendant une à deux 'heures , avec la i5^ ou i6® partie de son poids de pierre à cautère , dans un flacon que Fou agite de temps^en temps; ensuite on le décante et on Tagite atec un poids d'eau ^1 au sien ; après Tayoir décanté de nouveau , on le distille à une douce chaleur sur du chlorure de calcium , en se servant d'un appareil sem-* hlable à celui qu'on emploie pour le préparer. Dans cette expérience , la potasse a pour olget d'absorber l'acide sul-* fiireoxetde fixer l'huile douce; Teau, de dissoudre l'ai* cool, et le chlorure de calcium y de retenir l'eau que dissout Téther.

i585. Kecherchons maintenant c^qui se passe dans l'o* pération , et rapportons d'abord ce que nous avons dit à ce lojet dans notre a* édition. * i

« Il pafait que l'acide sulfuriqne détermine , aux dé^ » pens d'une partie de l'hydrogène et del'oxigènede TaU > cool j la formation d'une certaine quantité d'eau , et que » les autws principes de l'alcool , se réunissant , consti- » taent Féther.

^ Ce qui vient à l'appui de cette théorie , c'est que l'é^

> âierne parait être que de l'alcool mo^is de l'hydrogène

> et de Foxigène dans le rapport, de 11,71 i 88,29, V^^

* est celui où ces deutx corps se trouvent dans l'eatu Si

* les conditions de l'opération ne changeaient point , il

> est évident que tout l'alcool devrait être transformé

* en eau et en éther ^ mais comme la quantité d'altfool

> diminue constamment , .tandis que celle de l'acide reste ' » la même, il arrive une époque à laquelle la réaction

» est toute autre qu'elle n'était primitivement , et l'on doit

> obtenir alors les mêmes produits que ceux qu'on ob- 1» tient en traitant l'alcool par une grande quantité d'a-«

* cide; savoir : de l'huile douce, du gat hydrogène bi-

* carboné , de l'eau , du charbon , du gaz sulfureux et du

l44 ^^^ ÉTHC1tS«

T» gaz carbonique ; produits dont 6n conçoit sans peine

» la formation, en observant, i^. que l^huile douce ne

» parait être que de Téther moins de Thydrogène et de

» l'oxîgène , dans les proportions nécessaires pour faire

» Feau; a^. que^l!a|her est représenté par les élémens

» de l'eau et dii-'gaz hydrogène bi- carboné (i586);

» d'où l'on voit que l'alcool passe à l'état d'éllier lors-

> qu'on lui enlève une certaine quantité des élémens de » Tea]^, à Tétat d'huile douce lorsqu'on lui en enlève da- » vantage , et à l'état de gaz hydrogène bi - carboné » lorsqu'on lui enlève tout son oxîgène avec unc^iian- » tîté d'hydrogène. convenable. Que si, dans l'opération , » il y ïi dépôt de charbpn , c'est parce qu'une J)oriion de » l'hydrogène de l'alcool se porte sur une portion de l'oxi- » gène de l'acide sulfuriqua: aussi se produit-il en même

> temps du gaz çulfurefix ,> et par suite un peu de gfz car- » bouique. >.. yy»

» Il serait facile^ d'après ce qui précède , dfe prévenir » la formatiotî dé Fhuile douce, du gaz sulfureux, du » gais hydrogène bi-carboné , dû dépôt de charbon. Ce » serait de verser de temps en temps de l'alcool sur l'aeidc : » on obtiendrait en outre uneplus grande quantité d'éther. » C'est ce que confirkne l'expérience , et ce que plusieurs » pharmaciens exécutent dans leurs laboratoires. Toute- » fois la quantité d^alcool qu'il faut ajouter est limitée : » on en ajouterait vainement dans l'intention d'obtenir » de l'éther , lorsque l'acide sulfurique est trop affaibli. » M. Boullay en emploie les deux tiers de la quantité » primitive ^ il obtient aiçsi&deUx fois autant d'éther que » par le procédé ordinaire. »

Quoique la théorie ijue nous venons d'exposer parût bien établie , il devient pourtant nécessaire delà modifier aujourd'hui en mi]50^ d'observations sur la réaction de faldool et de l'acide sulfurique concentré, publiées par

DES ÉTHEAS DU PREIflEQ «EURE. l45

MM.'ScTtaemer, Vogel et Gaj-Lusaac, observations que M. Dabit , pharmacien i Nantes , avait faites en grande, partie depuis nombre d'années , et dont les chimistes n'a^vaient pas assez apprécie la valeur.

L'acide sulfurique subit une véritable décomposition des que Téther commence à se former ; elle peut même avoir lim k la température ordinaire. Cet acide passe en partie à Tétat d'acide hypo-sulfurique ^ et Ton retix)uve celui-ci dans la liqueur, intimement uni à une matière ve^ gélale nouvelle dont il est impossible de le séparer. En effet j que Ton retire la liqueur de la cornue aune époque quelconque de la préparation de Téther; qu'op la saturo par de la chaux , qu'on la filtre et qu'on l'évaporé , on obtiendra un sel cristallisé en petites lames , qui contiendra lacidé en question. Si on dissout ce sel dans l'eau^ si on y ajonte on petit excès de baryte ^ et si , après avoir filtré la nouvelle liqueur, on précipite l'excès de base par un courant de gaz carbonique , une évaporàtion spontanée fournira de beaux prismes à quatre pans rhomboïdaux , terminés par des pyramides à quatre faces correspondantes aux fans du prisme : rien ne s'opposera alors à ce qu'on extrâe Facide de ce sel de baryte de la même manière que nous avons extrait l'acide hypo-sulfurique pur (4^3 iiV), e(^ on examine ses propriétés. Voici ce que l'on observera: I®. qu'il est liquide, incolore, très-fort, iocristallisable; a^. qu'à la température de l'ébullifion , il se dkange en acide sulfurique , en acide sulfureux , etc. ; 3*. que , placé sous un récipient vide , à côté d'un 'a«e plein. d'acide sulfurique, il se concentre d'abord au point de paraîtra presqu'aussi huileux que l'acide sulfuriqne lui-môme , et d'avoir une densité de 1,3 19', qu'il se décompose ensuite , qu'il s'en dégage du gf.z sulfureux , et qu^il reste dans le vase de l'acide sulfurique et un peu d'hnile éthérée j 4*- ^^'^^ forme avec les bases tous sels soir. 10

î^6 DES ÉTSEM.

•lubies qui ont la plus grande ressemblance arec leshjpo^ sulfates; qu*il n'y a, pour ainsi dire, de différence entre ces deux genres de sels , qu'en ce que les bypo-sulfates , par la ch£(leur , se transforment en gaz sulfureux et en sulfates , et que les autres, par exemple , celui de baryte, donnent en outre un gaz inflammable brûlant comme le gaz oléfiant , un peu d'acide carbonique , de Feau , an charbon , et unebuile éthérée dont Todeur , mêlée à celle de Tacide sulfureux , a beaucoup d'analogie ayec celle de l'ëther acétique; 5^. que Tacide hypo*sulfurique, chai^ de matière végétale , a la même capacité de saturation que s'il ne contenait pas cette matière; 6^. enfin, que cette matière ne fait en quelque sorte que changer la forme des hypo-sulfates. On a désigné par le nom de sulfo-vi" nique l'acide dont il vient d'être question , et qui pro» vient de l'action de l'acide sulfurique sur l'alcool ; mais nous n'adoptons point cette dénomination , parce qu'elle tendrait à faire croire que cet acide est nouveau , et qu ï ne parait être que de Tacide hypo-sulfurique uni à une matière végétale , de même que celui qu'on obtient en mettant en contact le linge , le bois, etc. , avec l'acide sulfurique concentré (i4Ç8 bis), ( Voyez , pour plus de détails, Ann^ de Chim, et dePhys.y t. XI^, p. 62.)

Or, puisqu'aussitôt que l'éther commence i se produire , il se forme de l'acide . hypo-sulfurique et une m»* tière v^émle , et qu'il ne se dégage point de gaz y on est autorisé à admettre que l'éther.n'estquede ralcool , moins cette matière et le corps- qui désoxigène l'acide sulfurique, et qui , selon toute apparence , est l'hydrogène. Mais, • d'une autre part , il est bien certain que l'éther n'est réelleinent que de l'alcool auquel on aurait enlevé de l'hydrogène et de J'oxigène dans Iqs proportions nécessaires pour faire l'eau : par conséquent , on pourrait supposer que l'alcooUse partage en deux parties \ que la premièie

DES ÉTHEES DU FRISMIBU GBKIIE, l/^'J

sVthêrifie en abandonnant de Toxigène et de Thydrogène dans les pit>portions précitées \ que Thydrogcne fait passer ladde sulfurique à Tétat d'acide hypo-sulfurique ^ et que Voxigène, en s^ unissant à la seconde , constitue la matière Totale nouvelle. Quant au gaz sulfureux , au gazcarbomque, à rhuile douce , au gaz hydrogène carboné , à Teau^ <{ai se forment, et au charbon qui se dépose , lorsque , Tédier étant distillé, on continue de chauffer la liqueur, il faudrait reconnaître qu'ils proviennent de la réaction des élémens de la matière végétale , de la décomposition de Tacide hypo-sulfnrique par le feu , et sans doute aussi d'altérations particulières qui résulteraient du contact de Vacide sulfurique mis à nu et de la matière végétale mème« La supposition que nous venons de faire pour expliqyer lejeu des élémens'u'est pas la seule qui puisse représenter les phénomènes connus jusqu'à ce jour; cependant nous Dédirons rien des autres : nous observerons seulement ,' comme nous avons fait en parlant de la transformation da ligneux en ulmine par la potasse caustique ( i46B) , que tant qu'on ne connaîtra pas bien les proportions des agens «p'on emploie , celles des produits qu'on obtient, et celles ïeleors élémens respectifs , il est impossible de se rendre on compte exact de ce qui se passe dans une opération J La théorie de l'éthérification , considérée sous le nouveau point de vue que nous venons de présenter, doit laisser d'après cela beaucoup de vague dans l'esprit. Elle ne sera bien établie que par une série d'expériences analytiques Êites avec beaucoup de soins. Alors on saura réellement ii l'ancienne théorie ,. qui était d'une grande ^implicite , €t qoi par cela même avait un air de vérité , doit èticentièrement abandoimée ou simplement modifiée.

i586. Composition , Usages. — Nous avons vu précédemment que l'alcool était représenté par les élémens de 100 parties de gaz hydrogène bi-carboné-, et de G3' |6

l48 DE» ÉTHE&.S.

d*eatt. Or, puisque Tëther est de Talcool moins une certnine quantité d'hydrogène et d*o'xigèue , dans les proportions nécessaires pour faire Teau , il doit aussi pouvoir être représenté par les élémens de ces deux corps. Tel est , en effet , le résultat de Tanalyse de réther par M. de Saussure. Il est composé, suivant lui, de 67,98 de carbone, de 17,62 d*oxigène, et de 14)4^ d'hydrogène; ou bien de 100 d'hydrogène et de carbone dans les proportions nécessaires pour faire le gaz hydrogène bi * carboné *, et de ^5 d'hydrogène et d'oxigène dans les proportions nécessaires pour faire V esm. {Annales de Chimie , tonf. lxxxix, p. 294- ) Mais comme en réduisant ces deux derniers poids en volume, il en résulte 102,49 i^^^ures de gaz hydrogène bicarboné et ^o de vapeui' d'eau; que ces deux nombres ne sont point en rapport simple, et qu*on ^e peut représenter, en les combinant de diverses manières, la densité de la vapeur d'éther, qui est àfd 2,586, M. Gay-Lussac pense que l'analyse de l'éther sulfurique par M. de Saus* sure n'^est point exacte. Il croit que cet éther est composé de deux volumes de gaz hydrogène bi - carbone et d'un volume de vapeur d'eau ; ou en poids , de 100 d'hydrogène bi- carboné, et de 3 1,95 d'eau; parce qu'en effet, en ajoutant deux fois la densité du gaz hydrogène bi-carboné à celle de la vapeur d'eau , c'est-à-dire 0,978 , plus 0,978, à 0,625, on obtient 2;58i , qui ne diflere que de 5 millièmes de 2,586 , densité de la vapeur d'éther. Cette vajpeur résulterait donc de deux volumes de gaz hydrogène , bi-carboné et d'un volume de vapeur d'eau , èondenséa en un seuf .

En admettant ces résultats , l'on voit <juc , puisque 4*éthcr sulfuinque est composé de :

2 volumes de gaz Iiydrogciic bi- carbone^ 1 volgoie de vapeur d'cati ;

DES ÉTHEAt DU VREUIEK CE511JS. l^^

Et qae Talcool Test de :

a volumes de gn hjdrogdhe bUettrboné, û viDlaines de vapeur d^eau ^

3 faut , pour convertir Talcool en étber« Itd enlever la moitië de Tean qu'il renferme. {Lettre de M. Gaj^ hissacàM. Clément ^ Ann.de Chim., t, xcv^p. 3ii.)

L'ëther est principalement employé en médecine. Uni i Talecol , il forme la liqueur d'Hoffmann.

1587. Ether^ phosphorique et arsenique. — Ceséthers , ^nt la découverte est due à M., BouUay ^ sont absolument les mêmes- que Téther sulfurique : ils ne peuvent 6tre obtenus qu^en faisant passer Talcool par petites portions à travers les acide» pbospborique ci arseniqae , concentrést et échauffés convenablement.

A cet effet, M. Boullay ;e sert d\ine eoFnue lubuléo* qui communique avec Tappareil d^à décrit précédemment (i584) > et dont la tubulure reçoit un tube cj^ux de cui- Tre , d'une forme particulière. Ce tube 9 effilé par la partie bférieure, pénètre jusqu'au centre de Tacide ,• s*^élève auiessns de la tubulure d^environ un décimètre, se renile ^ son milieu à partir de cette tubulure même , et porte deux robinets , l'un au-dessus et l'autre aunlessous du ieofiement. L'acide étant introduit dans la cornue , on lemplit d'alcool l'espace vide qui sépare ces deux robinets, et lorsque la température est suffisamment élevée ^ Ton fait tomber l'alcool pour ainsi, diirp goutte à goutte , en tournant un peu le robinet inférieur. La densité de 1 acide phosphorique doit être de 1,4^ , et sa température ' ^ 9^^* Quant à l'aeide arsénîque , il doit être dissous dans n moitié de son poids d'eau , et porté à la tempémture ^pablede faire bouillir la dissolution. Dans les deuf cas , on peut faire passer a travers l'acide un poids d'alcool égal au lieu.

x5o D1SS ÉTBERS.

L^alcool ne subit aucune altération au commencement de l'expérience : ce n'est qu'au bout d'un cer|^n temps qu'il s'éthérifie , et ce n'e^t d'ailleurs qu'en rectifiant le produit à plusieurs reprises qu'on parvient à obtenir pure la petite quantité d^'éther qu'il contient , surtout avec l'acide arsénique. Il faut avoir pour cela recours à plusieurs distillations successives, etensuite à un lavage. (Boullay , Journal de Pharmacie y tom. i. )

Puisque ces deux éthers sont les mêmes que l'éther sulfurique , il se passe probablement , dans leur formation , quelque chose d'analogue à ce qui arrive dans celle de Vè- 'ther sulfurique^ c'est ce que tendent à confirmer les expériences de M. Lassaigne relativement à l'éther phosphoxique {Ann. de Chim, et de Phys. , t. xiii, p. 294) • aussi l'acide phosphorique ^ dans son action , sur l'alcool 9 jïcut-il donner lieu , comme l'acide sulfurique , à de l'huile douce , à du gaz hydrogène bi-carboné , et à un dépôt de charbon. Il est vrai que l'acide arsénique n'est ps doué de cette propriété \ mais , au reste , nous devons le redire y de nouvelles expériences sont nécessaires pour établir les théories proposées.

iSi'j bis. Eilier fluO'hoiique. L'éther fluo-borique, dont l'existence a été annoncée par MM. Gay-Lussac et Thenard , est analogue à l'éther sulfurique. Ces chimistes avaient tiré cette induction de la manière d'agir de l'acide fluo-bbrique sur les substances végétales (^Recherches physicixhimiques , t. li , p. 89) ^ il était utile toutefois fde s'assurer directement que telle était la composition de l'éther fluo-borique , et c'est ce qu'a fait M. Desfosses. Il a reconnu de plus que dans l'opération , qui consiste à saturer l'alcool concentré de gaz fluo-borique , à distiller ensuite le mélange et à rectifier le produit , il ne se formait point d'huile douce, ni d'acide du genre de celui qui accompagne la formation de l'éther sulfurique : à la fin

DES ÉTHVRS DU DBUXiÈlfB CEKAV. l5f

4e réraporadon , il 86 dégage seulement quelques bulles de gaz. Tout porte donc i croire que Tacide fluo-borique agit sur Talcool en lui enlevant uue certaine quantité d'bydrogène et d'oxigène dans les proportions nécessaires pour faire Teau. {^Ann* de Chim» et de Phjrs. , t. zvi , pag. 72. ) .

Ether obtenu àifec V alcool et l'oêide chromo "sulfiarique, Lorsqu^on dissout dans Talcool concentré le composé cristallin que forme Tacide chromique avec Facide solfnrique , bientôt Faction se détermine et peut même devenir assez vive pour produire une explosion : il te foime un étber semblable à Tétber sulfurique 9 du sulfate de cfarôme , et de Thuile douce du vin.

Le mélange de Talcool avec le peroxidede manganèse et l'adde sulfurique étendu d^eau donne des produits analogues parla distillation, c'est-à-dire, deTéther , de Thuile douce et du proto-sulfate de manganèse : on n'aperçoit dans les deox cas aucune trace d'acide hypo-sulfurique. (Gay- Lnasac , Ann. de Chim. et de Phjrs. , t. xvx , p. loa. )

Des Elhers du deuxième genre,

i588. Les éthers du deuxième genre sont ceux qui i^oltent de la combinaison de l'hydrogène bi-carboné arec Facide qu'on emploie pour les faire ; on en connaît deux , Féther hydro-chlorique et l'éther hydriodique. On pourrait y placer , par appendice , l'hydro-bi-carbure de chlore (vol. i, p. 889) .

1589. Ether hydro-chlorique. -— Sous la pressiou de 0*576, cet éther est totyours gazeux au-dessus de 1 1*^ , et liipiide à 1 1^ et au-dessous.

Gazeux , il lest incolore , sans action sur la teinture de tournesol y sur le sirop de violettes ; son odeur est très- ^tB et analogue à celle de l'éther sulfurique ] sa saveur

l5.a D15S ÉTHKHS.

seDsiblement sucrée ; sa pesanieur spécifique , comparée à celle de Tair , de 3,2 19. ^

Liquide , il possède toutes ces propriétés , sinon qn^il est spécifiquement beaucoup plus pesant : alors , si Ton représente par Tunité le poids d^un volume d^eau , celui d^un même volume d^éiher sera de 0,874 ^ 1^ température de 5^. Versé sur la main , il entre subitement en ébuUition , et y produit un froid considérable* Exposé au rouge brun , Féther hydro-chloriqne se décompose et se transforme en gaz lijdrO'chlorique et en gaz hydrogène bi- carboné; une chaleur très-forte modifie ces résultats : il ne se forme dans ce cas que du gaz hydrogène proto-carboné , et il se dépose une quantité considérable de charbon.

Dans son contact avec l'air , l'etherhydro-chlorique prend feu sur-le-champ par l'approche d'une bougie allumée; sa flamme est vei^te : du gaz hydro-chlorique , de l'eau et de l'acide carbonique sont les produits de cette combustion. On obtient de semblables résultats en le mettant en contact à l'état de gaz avec l'oxigène , et décomposant le mélange , soit par une bougie , soit par l'étincelle électrique. Si l'oxigène est à l'éther dans le rapport de 3 à i , il en résiilte de plus une très - forte détonation , à tel point qu'elle brise les eudiomètres ordinaires.

L'eau dissout un volume égal au sien de gaz éthcr hydrochlorique, sous la pression de o™,75 , et à la température de 18^. La dissolution a une saveur sucrée et analogue à celle de la menthe.

Quoique très-3pluble dans l'alcool , il en est séparé presqu'en totalité par l'eau.

Les acides sulfurique , nitrique et nitreux concentrés n'ont aucune espèce d'action sur cet éther à froid ; ils ne le décomposent qu'à chaud; ce n'esftp'à cette température qu'ils en mettent l'acide hydro-chlorique en liberté. Il

DES ÉTHERS DU DEUXIEME CBHIIE. l53

n^en est pas de même du chlore gazeux : son action est aassi rire à froid qu'à chaud.

La potasse , la soude, Tammoniaque ne décomposent pas sqisiblement Téther hydro-chlorique dans l'espace de quelles heure% à une température inférieure à celle de Tcau bouillante ; sous quelqu*état qxi'on présente ces coi^ps . les uns aux autres , la décomposition ne devient sensible qaedans. Fespace de plusieurs jours , même lorsqu'on établit un contact intime entre Téther et Talcali , par Talcool , qui a la propriété de les dissoudre tous deux : il ne com-* mence, en efltt, à se former d'hydro-chlorate que le deuxième ou le troisième jour.

Le nitrate d'argent et le proto-nitrate de mercure, sels ({ui forment subitement des précipités dans les eaux où «c trouve de l'acide hydro-chlorique libre ou uni à des kses salifiables , agissent sur l'éiher avec tout autant de lenteur que les alcalis ; ils n'y occasionent aucun nuage sur-le-champ; on ne commence à en apercevoir t|ue qjieîtpes heures auprès le contact : toutefois , trois mois après , la décomposition est bien loin d'être complète. Toutes ces ^tpériences se font facilement dans un petit flacon bouche iTémerî.

iSgo. Composition. — Lorsqu'on fait passer Téther Ijclro-chlorique très-sec à travers un ttibe de porcelaine chanfle seulement au rouge brun , on le transforme sensiblement en un mélange de parties égales en volume de pï hydrogène bi-carboné et de gaz hydro - chlorîque (Thenard). Or , comme en ajoutant la densité de l'hydrogène carboné à celle du gaz hydro-chlorique , on obtient celle de la vapeur de cet éther , il s'ensuit que Von doit considérer cette vapeur comme formée d*un volume de gaz hydro-chlorique et d'un volume de gaz hydrogène carboné, condensés en un seul. C'est , en effet, à cette consécpiencc que sont arrivés MM. Colin et Robiquct dans •

XS4 ŒS ÉTHBRS.

leurs observations sur Féther hydro-cfaloricpie. {Ann* de Chim. et de Phjrs. ^ 1. 1 , p. 348 et suiy. )

iSgi. État naturel j Pfiéparation. ^^ L*ëther hydro-chlorique n'existe point dans la nature ; on le forme en saturant Falcooldegaz hydro-chlorique ,^ou bien encore en mêlant ensemble parties égales , en yolume , d'alcool et d'acide hydro-cUorique liquide concentré, et cbauflantle mélange. Après avoir introduit ce mélange dans une cor^ nue de verre , on la place sur un fourneau par le moyen d'un triangle de fer , et l'on y adapte un tube à boule qui va se rendre au fond d'un flacon k trois tubulures^ ég^l en capacité à la cornue qu'on emploie et i moitié rempli* d'eau à ao ou a5^. La deuxième tubulure porte un tube droit de sûreté , et la troisième , un tube recom*bé qui plonge dans une éprouvette longue , étroite , bien sèche et entourée de glace , qu'on renouvelle à mesure qu'elle fond. Il est bon dQ tenir l'ouverture de l'éprouvette fermée par un bouchon percé d^un trou , pour donner issue à la petite portion de vapeur d'éther qui pourrait ne pas se condenser.

L'appareil étant ainsi disposé , on porte peu à peu la liqueur jusqu'à une légère ébuUition. Alors, par l'action qu'exerce l'acide hydro-chlorique sur les élémens de l'alcool , celui-ci se partage en hydrogène carboné et en eau ; l'hydrogène carboné s'unit à une porti(m de l'acide , et de là l'élher qui , déposant dans l'eau du flacon tubulé une petite quantitéd'alcool et d'acide qu'il entraîne à l'état de mélange, arrive pur et gazeux dans l'éprouvette, où il se condense. On juge que l'opération va bien lorsque les bulles ne se succèdent ni trop rapidement ni trop lente-» ment dans leflacon intermédiaire. De 5oo grammes d'acide ^ et d'un volume d'alcool égal à celui de ces 5oo grammes » l'on peut retirer facilement 60 grammes d'éther.

Si on voulait l'obtenir à l'état de gaz , il faudrait adap-

DES ÉTHER8 IIU BBUXièME CE5RB. l55

1er i la troisième tubulure du flacon un tube convenable* ment recourbé, qui irait s^engager sous des flacons pleihs d'eau à la température de ao ou a5^ ; Ton pourrait encore secoptenter de faire passer un peu d^éther liquide dans des éprouyettes pleines de mercure à cette même tempentnre. #

n ne peut être conservé à Vétat liquide que dans des flacons bouchés à Témeri , renversés et placés dans un lieu frais, par exemple, à la cave : encore est-il nécessaire de maintenir le bouchon avec de la peau et du fil*

iSga.L'éther que Ton produit en traitant certains chlorares , surtout le deuto-chlorure d*étain fumant par Talcool , est de Téther hydro^chlorique : la seule différence qui existe entre Tun^et l'autre , c'est que Téther fait avec Facide est un peu plus volatil que celui qu^ est fait avec les chlorures. ^

159a bis. L'éther hydro - chlorique a ^té obtenu en grande quantité^ pour la première fois par M. Basse de Hameln , et étudié successivement par Gehlen , qui y a déoiontré Texistence dé Facide hydro - chlorique ^ par M. Thenard et par M. BoûUay. (Mémoires d^Araiâil, ^* * > P«g- 1 15 et 337. )

Eiher hydriodique.'-^M. Gay-Lussac, à qui la décou^ TCrie de cet éther est due , Fa obtenu en faisant un mé- ^e de 2 parties , en volume , d'alcool , et de i d'acide Itjdriodique coloré , ayant 1,7000 de densité , distillant le mélange au bain-marie , et étendant d'eau le produit qui tt rassemble peu & peu dans le récipient. L'éther se pré- ^pite sous forme de petits globules qui sont d'abord un pca laiteux , mais qui , en se réunissant , forment un lipide transparent. On le purifie en le lavant à Feau froide * plusieurs reprises.

Cet éther ne rougit point le tournesol ; son odeur est forte et a de l'analogie avec celle des autres éthers 3 sa dcn*

l5G DBS LXBERS.

site est de 199106a 2!k^,3. Il prend, dans l'espace de qnelqiies jours , une couleur rosée , qui n'augmente pas d'intensité avec le temps, et que la potasse et le mercure font disparaître sur-le-champ en s'emparant de Tiode auqael elle est due.

L'éther hydriodique entre e^ ébuUîtion h la température de 68^,8 , sous la pression de o"-,76. Il ne s'enflamme point par l'approche d'un corps en combustion : seulement il exhale des vapeurs pourpres lorsqu'on le verse goutte à goutte sur des charbons incandescens* Le potassium sj conserve sans altération. La potasse ne Taltère pas dans le moment; il en est de même du chlore , des acides nitrique et sulfureux. L'acide sulfurique concentre le brunit assf^ promptement. En le faisant passer dans un tube incandescent, il se-décompose et se transforme en un gaz l'iflammable carburé, en acide hydrfodique très-brun, en charbon et enilocons dont l'odeur est éthérée, que M. G^y- Lussac considère comme une sorte d'éther formé d'acide hydriodique et d'une matière végétale différente de l'alcool. Ces flocons se fondent dans l'eau bouillante, et prennent, en se refroidissant , la transparence et la couleur de la cire 5 ils sont beaucoup moins volatils que l'éther hydriodique , et laissent dégager beaucoup plus d'iode en les projetant aur des .charbons embrasés. {Ann^^de Chim. , tom.- x«» pag. 89. )

On ne connaît point encore Ja proportion de ses principes constituans , et ce n'est même que par analogie que nous le mettons au rang des élhers formés d'acide^et d hy* drogène carboné.

J)es Elhers du troisième genre.

Dans ce genre se trouvent les éthers qui sont compose^ d'alcool et de Tacide employé pour les faire. On en ^^^"^

DES ÉTBERS DU TROISIÈME GEIÏRE. x57

Dltl sept ; savoir : Téther nitrique , ou plutôt niti*eux , l'éiher acélique, Téther benzoïque, l'éther oxalique, Té* tber citrique, Tëther tartrique , et Télher gallique : les deux premiers sont plus volatils que Talcool ; les autres le sont beaucoup moins, car ils n^entreut en ébuUition qu'au** dessus de loo^.

iSgS. Éther nitrique. -—L'éiher nitrique est ordinairement liquide , d'un blanc jaunâtre; il a une odeur analogue à celle des éthers sulfurique et liydro-chlorique , nais beaucoup plus forte : aussi produit-il , quand on le respire , une sorte d'étourdissement. Il ne rougit point le papier de tournesol. Sa saveur est acre et brûlante; sa pesanteur spécifique plus grande que celle de Talcpol «t moindre que celle de Teau; sa tension de o",758 à la température de 2 1^ : sous cette pression , il bouillirait donc à cette température. Versé sur la main, il entre sur-lecLamp en ébuUition , et produit un froid considérable ; il suffit même de tenir ouvert entre les mains le flacon qui le renferme pour le voir s'échapper sous la forme de grosses balles \ il prend feu avec la plus grande facilité j et^rùle »ec une flamme blanche et sans résidu.

Agile avec vingt-cinq ou trente fois son poids d'eau , il se partage en trois parties ': l'uiie, ti*ès-petite , se dissout \ uce autre se vapoiîse , et une troisième se décompose. La ^isolation devient acide tout-à-coup \ elle prend une forte - (denr de pomme de reinette \ et si , après avoir saturé Tadde qu'elle contient par la potasse, elle est soumise à la distillation, on en retire de l'alcool, et on obtient un résidu foi-mé d'h jpo-nitrite de potasse *, par conséquent , dans cette circonstance , il y a séparation d'une partie des deux corps qui constituent l'éther. Abandonné à lui-même dans un flacon bien fermé, l'éther éprouve aussi, en quelques jours ^ d'une manière sensible , une altération de ce genre , car il devient acide : il le devient sur-le-champ par la dis-

l58 t>ÈS ÉT6CBS.

tillaiion , ce qui prouve que la chaleur favorise sa décoitr«* position.

Si , au lieu de soumettre réther nitrique à une clialeur capable d'en opérer la distillation , on le fait passer k travers un tube incandescent ^ il se décompose complètement. 4i grammes et demi d'éther ainsi décomposé ont donné '5,63 d'eau, contenant un peu d'acide prussique, o,4o d'ammoniaque, 0,80 d'huile, o,3o de charbon, 0,75 d'acide carbonique , 29,90 de gaz formé de deutoxide d'azote^ •d'azote , d'hydrogène carboné et -d'oxide de carbone. La perte a été de 3,7a.

Quoique l'éther nitrique s'altère spontanément, et qu'on i|^ puisse le mettre en contact avec Feau sans le décomposer en partie , il résiste pendant long-temps à l'action de la potasse. D'uqc dissolution de i5 grammes d'élher ni- . trique dans un grand excès d'alcoo} de potasse , il n'a Commencé à se déposer des cristaux d'hypo-nitrite que vingtquatre heures, après \ et au bout de huit jours cette dissolution sentait encore fortement l'éther.

i9l^4* Préparation, — L'éther nitrique se.prépare eu distillant parties égales en poids d'alcool et d'acide nitrique du commerce. Après les avoir introduiis dans une cornue double en capacité de leur volume , on pose cette cornue sur un fourneau , par le moyen d'un triangle de fer^ et on la fait communiquer par des tubes avec cinq flacons, dont le {premier est vide ,.et les quatre autres à moitié remplis d'eau saturée de sel. Chacun d'eux est d'ailleurs placé dans une terrine , entouré d'un mélange de glace et de sel marin , et reçoit la longue branche du tube qui le fait communiquer avec le flacon qui le précède j de telle sorte que cette branche pénètre dans son intérieur jusqu'à son fond.

Cela fait , on met quelques charbons incandescens sous la cornue , et bientôt la liqueur entre en ébulUtion. On

BIS ÉTHCHS Btr TROISIÏVV GIlTltS. iSg

A)it alors retirer le fett et modérer rébullition^ qni devient de plus en plus forte , en jetant de temps en temps da Teau sur la cornue avec une éponge. L'opération est terminée lorsque, en^Fabandonnant à elle-^mème^ la liqueur cesse de bouillir. Cette liqueur forme ^ à cette épo«qae , un peu plus du tiers de la quantité d*alcool et d'a« dde employés. *

Uéther nitrique n'est pas le seul produit qu'on obtienne dans cette opération. L'on obtient encore beaucoup de pTotoxide d'azote et d'eau , un peu d'axote , de deutoxide d'azote , de gaz carbonique , de gaz aci.de nitreux , d'acide acétique , et d'une matière facile à charbonner. Il faut donc concevoir qu'une portion d'alcool est complétemefut dlécomposée par l'acide nitrique ; qu'elle cède presque tout son hydrogène i l'oxîgène de cet acide , et que de là rémitent tous les produits étrangers à l'éther, tandis que de Falcool et de l'acide hypo-nitreux s'unissent pour constituer Fédier proprement dit. Tout Téther se dégage ainsi que lazote, leprotoxide d'azote, le deutoxide d'azote, le gaz carbonique. Quant à l'eau , à l'acide nitreux et à l'acide acétique , ils ne se dégagent qu'en partie , de même que l'akool et l'acide nitrique, qui échappent à leur réaction ^proque. En effet, la matière facile a charbonner reste dans la cornue avec un peu d'acide acétique , environ 78 iranunes d'acide nitrique , 60 grammes d'alcool et a84 grammes d'eau , lorsque l'on opère sur 5oo grammes d'alcool et 5oo d'acide nitrique.

C'est parce qu'il se forme une si grande quantité de gaz que l'on est obligé de mettre de l'eau salée dans les flacoQs qui servent de récipient , et de les entourer d'qn mélange de glace et de sel. Sans cela la m^eure partie de l'éther serait entraînée jusque dans l'atmosphère , et méme^ quelque chose qu'on fasse, une petite portion y parvient toujours.

l6o DES ÉTHERS.

Lorsque rdpéradon est terminée , ce quMl esi facile de reconnaître aux signes que nous aVons indiqués précédemment, ou délute Fappareilet l'on trouve, dans le premier flacon, une grande quaulilé d'un liquide jaunâtre , formé de beaucoup d'alcool faible , d'éther et d'acides nitreux , nitrique et acétique ; dans le second , à la surface do l'eau salée , une couche assez épaisse d'éther chargé d'un peu d'acide et d'alcool ; dans le troisième, une couche de la même nature que la précédente^ mais trèsmince , etc. On sépare ces différentes couches par un entonnoir à long bec ; on les réunit à la liqueur contenue dans le premier flacon , et on soumet le tout à une légère ébuUition , dans une cornue de veiTe munie d'un récipient entouré de glace. Les prenxiers produits sont de Téther , qui , pour être entièrement pur et privé d'acide , n'a besoin que d'être mi^ , à froid , en- contact avec de la chaux en p>9iudre , dau;^ un petit flacon , et décanté au bout de demiheure. DHln mélange de 5oo grammes d'alcool et de 5oo rp^ammes d'acide ^ l'on retire environ loo grammes d'excellent éther»

Au lieu de ce procédé, que j'ai indiqué dans les Mémoires d'Arcucil , M. ■ Duroziez fils conseille de mêler 3 livres d'alcool à 36^ avec une livre et demie d'acide nitrique à 32*^, et la onces d'acide sulfurique, c'est-à-dire, qu'il opère comme quand il s'agît d'unir l'alcool aux acides vé- {jctaux (iSgS)^ mais la présence d'une si grande quantité d'acide suif uri que ne détermine- t-èllc pas la formation d'un peu d'éther sulfurique? {Journal de Phoimacie y t. IX, p. 191.)

1^95. Composition, — Outre l'alcool et l'acide hyponiireux, l'éther nitrique contient peut-être un peu d'acide acétique ; car , lorsqu'on le décompose , soit en l'abandonnant à lui-même, soit en le distillant , soit en le traitant par l'eau, on trouve toujours vui peu d'acide -acétique

DES 6THERS DU TROISIÈME GEIfRE. iCl

mêlé à l*ftcide nilreuz mis en liberté. Il est possible toutefois qae cet acide acétique proyienue de la réaction des étémens de Féther, ou plutôt qu^il soit ^dans. l'éther nitrique , uni à de Talcool, et à Fétat d'éther acétique : cela est même très-probable. DVilleurs , nous ne connaissons point jnsqu^ici les proportions diacide et d*alcool qui constituent Téther nitrique.

Cet édier ne s^ emploie qu'en médecine : enco're n*ea fait-on usage que dissou^ dans Talcool;

La découverte en est due à l^avier, médecin de Gb&lons. Un grand nombre de chimistes se sont occupés de son histoire. (Mém. d^Arcueil , 1. 1 , p. 75.)

1597. Ethers à basé d'acides végétaux, «^ Presque tons les acides végétaux se dissolvent dans Talcool , et s*en séparent par la distillation ,' sans qu'il en résulte aucuns produits particuliers, quel que st)it d'ailleurs le nombre.dé ibis qu'on distille la même portion d'alcool avec la même portion d'acide : tels sont du moins les acides tartrique ^ citrique, malique , benzoïque y oxalique ei gallique^ et je «e doute pas , quoique je n'aie point fait l'expérience j que les acides subériqne, succinique, mucique, pyro -tartrique, morique^ mellitiqué, méconique, etc. ,* ne soient dansée cas. Mais il n'en est pas de même de l'acide acetiqae : sa réaction sur Talcool est telle , qu'au moyen de plunenrs distillations , les deux corps disparaissent et forment un vérûable éther , d'où je conclus que cet acide est probablement le seul de fous les acides végétaux connus aujourd'hui qui puisse nous offrir ce phénomène.

filais lorsque, au lieu de mettre les acides végétaux en eontact avec l'alcool , on les met en même temps en con- CJKt avec ce corps et l'un des acides minéraux forts et conotfutrés, on peut alors produire, avec plusieurs , des composés analogues aux éthers précédeus : c'est ce que vont I^MOver les expérienees qui suivent. Dans ces expériences,

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