‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 4)Chapitre 20 sur 64 · DES TEINTUKKS EN J\UNE · texte numérisé non relu

DES TEINTUKKS EN J\UNE

pTomplcmenl et de ne point porter le baîn h rébullition : d'ailleurs, ce baîn, cjuî est d'une couleur jaunâtre, nous offi-e avec les acides , les alcalis et Vhydro- chlorate d'étain, les mêmes pliénomènes que celui de gaude , si ce n'est que le précipité produit par Thydro-chlorate d'ëtain est d'un jaune vif.

On obtiendra un jaune assez beau en traitant une partie de qucrciiron par i5 à !20 parties d'eau à la température de5o à 60 degrés^ passant la dissolution â travers un tamis fiu au bout de lo à 12 minutes , et y plongeant pendant le même espace de temps et à la même température , 10 parties de laine imprégnée d'alun etd'hydro-chlorated*étaiu. L'alunage se fait à la manière ordinaire , si ce n'est qu'on ajoute au bain une quantité d'hydro-chlorate d'étain égale au quart de ce qu'on emploie d'alun.

1648. Bois jaune. — Ce bois est celui du morus tinc^ toria. On nous l'envoie des Antilles et surtout de Tabago , sous forme de gros tronçons. Il est léger , peu compacte, d'un jaune veiné d'orangé.

Sa décoction bien chargée estd'un jaune rougeàtre foncé 5 les acides la troublent légèrement et en affaiblissent la teinte •, les alcalis la rendent prescjue rouge 5 l'hydrochlorate d'étain y forme un précipité abondant d'un beau jaune.

Le bois jaune est très-riche en matière colorante : aussi suffit-il d'une partie de bois pour teindre 16 parties de diap. L'opération se fait en réduisant le bois en copeaux, le renfermant dans un sac , plongeant ce sac dans aS à 3o parties d'eau bouillante , mettant dans le bain , d'après le <îonseil de M. Chaptal , des rognures de peaux pour l'avii^cr,et y passant l'étoffe alunée. Il parait que la gélatine ^es peaux en précipite une matière d'un fauve rougeàtre , analogue au tannin.

1648 bis. Orpiment, M. Braconnot a proposé dans ces

Sl03 IHB LA TETUTUnE.

derniers lempstleEe servir d'oi'pinieiit pour leindrela laine , la soie, le coton , le chanvre, etc. Il dissout Torpiment danâ Tammoniaque liquide et concentrée , étend le bain , qui est sans couleur , d'une quantité convenable d'eau , y plonge le corps à teindre , l'en retîi'^ lorsqu'il est bien imbibé, etc. , et Fexpose à l'air. Peu à peu l'ammoniaque se drgage , et le corps , d'incolore qu'il était au sortir dti bain , prend une couleur jaune , dont la nuance peut s^étendre depuis le jaune doré le plus clair jusqu'au jaune souci. Cette couleur, très-solide d'ailleurs et aussi vive que celle de gaude , ne peut malheureusement résister au savon. Il ne faudra donc l'employer que sur les étoSes qviî ne se lavent point , telles que les tapisseries , etc. (^Ann» de Chim. et de Phys», t. xii , p. 898. )

Chromate de plomb, — Lorsqu'on plonge , pendant un quart d'heure , de la soie , de la laine , du coton , dix lin , dans une dissolution faible de sous-acétate de plomb , à la température de 55 à 60*^ , et qu'après avoir lavé ces substances à grande eau , on les fait tremper dans une autre solution aussi faible que la précédente , de chromate neutre de potasse , elles prennent une couleur jaune qui au bout de dix minutes est parvenue à son maximum d'intensité. (Lassaigne , Ann. de Chim. et de Phjs, , t. xv , pag. 76. )

Suivant M. Berthier , la couleur ainsi obtenue tire toujours sur l'orange et est peu agréable \ mais si Ton plonge les étoffes dans l'acide acétique , elles acquièrent presqu'aussiiôt une couleur jaune citron fort belle et très-éclatante. En substituant l'acétate neutre de plomb au sous - acétate , on a imjnédiatement tme belle couleur bouton d'or.

Ces couleurs sont absolument Inaltérables par le savor^ à froid ; il en affaiblit la nuance à la chaleur de l'ébullîtion j et le vinaigre alors leur rend toute leur intensité

DES TEINTURES E» BLÏU. tOÛ

et tout leur éclat. Le carbonate de soude , Tacide hydrocUorique les détruisent à l'instant. {Ann. de Ckim. et iePkjrs.^ tom. xvi,pag. 44^0

Jaune de Femamboùc. M. BonsdorjBT est parvenu à obtenir sur laine, avec le fernambouc, un jaune trèssolide et très -beau, en teignant la laine avec ce bois à la manière ordinaire , puis en le plongeant pendant quelques minutes dans une solution bouillante et trèsétendue de phosphate acide de chaux. {Ann. de Chim. et de Phjrs. , t. xix , p. 289. )

Des Teintures en bleu.

1649. C'est avec Tindigo , le campèche et le bleu de Prusse 5 qu'on fait toutes les teintures en bleu ; c'est avec Tindigo seul qu'on en obtient de solides.

i65o. Teintures en bleu par Vindigo. — H y a deux manières de combiner l'indigo avec les fils ou les tissus.

i65i. L'une consiste à dissoudre l'indigo dans l'acide snlfurique concentré (i6r4), à étendre la dissolution de 100 à i5o parties d'eau pour en précipiter la matière colorante, à y plonger le corps à teindre, a une température plus ou moins ékvée, selon qu'on veut avoir une teinte plus ou moins foncée , à le laver et le sécher.

Les bleus que l'on obtient' -ainsi sont connus sous les noms de bleus de Saxe ou de composition^ Us ^ont plus ^iis, mais moins solides et moins foncé» que tceux qui sent faits par la cuve , ce qui provient sans doute de ce que, ^^^ le traitemeptpar.l'acide sulfurique , l'indigo éprouve ^"*c ahëration sensible.

i65a. La^econde manière d'unir l'indigo aux fiU t^t aux tissus est de le ramener au minimum d'oxidation , de facn'iiter sous cet état sa dissolution dans l'eaU'par. vm alcali , et de mètti% ihernaiiVeBlent et à jplusieurs reprises le gorps

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^lO DE LÀ TEIHTUHE.

à teindre en contact d'aborf avec le baîn de teinture, à la tempëratare de 4o à 45* , et ensuite avec Vair. Chaque immersion a pour objet d'imprégner le corps d une certaine quantité d'indigo désoxigéné , et chaque exposition à Fair, de rendre cet indigo insoluble en le ramenant à son éiat naturel, et d'opérer sa combinaison. A sa première sortie du bain , le corps parait jaunâtre ; bientôt il devient vert, parce qu'il se trouve imprégné de jaune et de bleu , et enfin ]1 passe entièrement au bleu.

i653. Le bain de teinture prend toujours le nom de cuve. On distingue trois espèces de cuves : i**. la cu?eà la chaux et au vitriol -, a**, la cuve d'înde 5 Z^. la cuve de pastel.

' i654< La cuve au vitriol peut se composer de 3oo litres •d'eau 9 a kilogrammes d'indigo , a kilogrammes et demi de sulfate de fer du commerce (proto-sulfate) , a kilogrammes de chaux , et vai demi-kilogramme de soude du commerce. On doit commencer par réduire l'indigo en poudre trèsfine et éteindre la chaux ; ensuite on lessive la soude d'nne part , et de l'autre on dissout le sulfate de fer. Cela élant fait , on verse l'eau , l'indigo , la chatix , la soude et le sulfate de fer dans une chaudière profonde; on remue bien le tout *, on élève le bain à une température de ^o à 5o degrés , et on l'y maintient pendant vingt-quatre heures , en le remnant de temps en temps pendant les deux premières ] alors on y passe l'étoffe. Lorsqù'après s'en être servi, il commence à s'aâaiblir ^ on y sgoute a kilogrammes de sul' fate de fer et i kilogramme de chaux vive , afin de redisrsoudre la portion d'indigo qui y par^son contact avec l'air, s'est oxigénée et précipitée. Ce n'eat que quelque temps après cette addition qu^il est nécessaire d'y jeter une nouvelle quantité d'indigo. *

i655 . La <^uve d'inde résulte d'un mélange de 100 seaux d'eau 9 6 kilogr^mes d'indigo , 6 kilograouaes d alcali f

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