DES TEIIÏTURES EN BLET
2 L'Iogrammes de son et 2 kilogrammes de garance. L'alcaVi, la garance et le son étant délayés dans Tean , on fait bouillir celle-ci pendant quelque temps •, on porte ensuite la liqueur et le marc dans une chaudière conique placée dans un fourneau d'une forme appropriée ; après quoi Ton ajoute Tindîgo bien broyé , on agile le tout , Ton couvre la cu?e et Von fait un peu de feu autour. Bientôt on agite denouyeaii le bain , et on répète cette opération toutes les douze heures jusqu^i ce qu il soit propre à la teinture , ce qui arrive ordinairement au bout de quarante-huit heures ; il doit être d'un beau jaune , couvert de plaques cuivrées et d'écume bleue. Â mesure qu on teint , il s'affaiblit, et même beaucoup plus vite qu^on ne pourrait le croire , si Tou en jugeait par la quantité dlndigo qui se combine avec Tétofie. Cet effet est dû à l'oxigénaiion el à la précipita* tiou d'une grande partie de matière colorante. On la redjssont en faisant bouillir une portion de la liqueur de la cuve, et y ajoutant le quart de la quantité d'alcali , le quart de la quantité de son , et le quart de la quanti té de garance, employés primitivement, et en versant le mélange dans la cuve même. D'ailleurs , lorsque l'indigo se trouve luimême épuisé^ on en ajoute une nouvelle quantité. Il est évident que , dans la cuve d'inde , les corps qui désoxigè-* neot l'indigo sont le son et la garance. La garance agit encore d'une autre manière : c'est qu*en se combinant avec Vétoflè, elle la met dans le cas d'être portée au même ton P'ir uue moindre quantité d'indigo. •
i656. La cuve de pastel a beaucoup d'analogie avec la cuve d'inde -, elle n*en diffère qu'en ce qu'il entre du pastel et de la chaux dans sa composition , et qu'il n'y entre poini de soude. Les quantités de matières que l'on peut employer sont les suivantes : eau , 4^^^ à 45oo litres ; pastel , 200 kilogrammes •, garance , 6 kilogrammes ; ^^^ 2 kilogrammes (on peut les supprimer)^ chaux,
a m DR Ll TEI5TCUE.
1 kîlogriiniiiie ; indigo, i% kilogrammes, trempé dans une lessive akaline caustique à environ 6^ , et ensuite broyé (a).
1^. L'on doit faire bouillir Teau dans une chaudière pendant une heure avec la garance , et transvaser la liqueur dans une cuve en bois , dans laquelle on a jeté le pastel bien divisé. Cette cuve a à-peu-près 26 décimètres de profondeur et 16 décimètres de diamèti^e; elle est dans un lieu bien clos , et est enfoncée en terre jusqu'à la hauteur d'appui. Pendant tout le temps qu'on transvase et pendant aumoinsun quart d'heure après, l'on doit agiter toutes les matières contenues dans le bain , afin de les bien mêler.
a^. Il faut couvrir exactement la cuve , la laisser six heures en repos , agiter le bain pendant une demi-heure , répéter cette opération de trois heures en trois heures jusqu'à ce qu'on aperçoive des veines bleues à sa surface , jouter la chaux , et , immédiatement après , l'indigo broyé; agiter de nouveau deux fois le bain dans l'espace de six heures , et le laisser déposer : il prend une couleur d'un jaune d'or : c^est alors qu'on y passe les étoffes , après y avoir plongé toutefois un treillis fait avec de grosses cordes pour empêcher l'étoffe de toucher le dépôt.
3^. A partir de l'époque où la cuve est eu état de servir,
{a) Le pastel est une plante de la &mille des cruciferrs qui croit naturellement en France et en Angleterre y et qui appartient à la tétrandrie : Linnée lui a donné le nom d^isatis iinctoria. On en distingue deux variétés, l'une à feuilles lisses , et Tautre k feuilles velues. Ceux qui s^occopenf de la culture du pastel en font trois coupes par an ; ils laissent un espace de six semaines entre chacune dalles, et commencent la première ayant IVpoque de la floraison. Quand le pastel est fauche, ils le laveat, le font sécher au soleil , et le broient ensuite au moulin. Alors ils Pâmassent en tas et le laissent fermenter pendant une quinzaine de joars. Au bout de ce temps , ils en forment des boules qu^ils amoncèlent dans un lieu aéré et exposé au soleil ; elles ne tardent point à s^échaulfer, à répandre une odeur putride , et finissent par tomber en poudre gros^ aière : c^est dana cet état qu'on verse le pastel dans le commerce.
DES TEIBTURES ES BLEU. 2l3
îl est nécessaire d y verser tous les jours un demi-kilog. de chaux éteinte , et de réchauffer le bain tous, les deux à u*ois jours , afin de l'entretenir à une température de 36 à 5o degrés. Cette seconde opération se fait en transvasant une grande partie de la liqueur dans une chaudière sous laquelle on allume du feu , en reportant ensuite cette liqueur dans la cuve , et couvrant celle-ci avec soin jusqu'à ce quon s'en serve.
La cuve au pastel est sujette à deux accidens : le premier se reconnaît à Todeur piquante et à la couleur noirâtre qu'elle acquiert , ainsi qu'à la disparition des veines et de l'écume bleues qui se forment à sa surface ^ il est causé par un excès de chaux ^ les ouvriers y remédient en jetant du tarti-c , du son y de l'urine ou de la garance dans le bain ; d'autres se contentent de le faire, chauffer. La seconde altération est , au contraire , produite par le défaut de chaux , ce qui permet au pastel de fermenter» Quand cela a lieu^ les veines et les écumes bleues de la* cuve disparaissent aussi ; elle prend une teinte rousse , exhale une odeur fétide , et 1^ dépôt qu'elle contient se soulève : dans ce cas on y ajoute une nouvelle quantité de cette matière alcaline.
Ce sont ces inconvéniens qui rendent les cuves de pastel si difficiles à conduire. Une cuve bien conduite peut durer très-long-temps , en y teignant matin et soir.
i65^ . Teinture en bleu par le campêche, — On ne teint que la laine en bleu par le bois de campêche. Cette teinture se fait comme le rouge de Brésil , si ce n'est qu'on c-goute an bain une certaine quantité de vert de-gris ou d'alcali. On peut employer pour une partie de laine alunée { de partie de bois, i5 à 20 parties d'eau , —; de partie de verlde-gris. '^
Le campè(^lic ne sert pas seulement à teindre la laine en bleu -j on s'en sert encore pour la teindre en violet ,
ai4 DE LA TEINTITIIE.
ainsi que la soie : alors on se contente d^aluner ces substances sans rien ajouter au bain. La laine se teint au bouillon , et la soie à la température de 3o à 60 degrés. Le campèche entre aussi dans la composition des bains de teinture en noir , comme donnant à cette teinte du lustre et du velouté. Enfin , en le mêlant avec d^autres substances colorantes , on obtient un grand nombre de couleurs composées.
i658. Teinture en bleu de Prusse ou de prussiatef de fer. — La teinture en bleu de Prusse ne s^cxécutaît , avant 18 1 1 , que dans les laboratoires , parce qu^on ne Tobtenait jamais que terne 5 mais à cette époque , M. Haymond père, étant parvenuà l'aviver sur soie, et à larendretoutàlafois foncée et brillante , les arts s'en sont emparés , et versentaujourd'hui dans le commerce, sous lenomde bleu Raymond^ une grande quantité de soies teintes en bleu de Prusse.
Pour teindre la soie , il faut , après l'avoir décreusée , la plonger pendant un quart d'heure , à la température ordi-« naire , dans de l'eau contenant environ la vingtième partie de son poids de sulfate de tritoxide de fer , la laver, la^enir pendant demi-heure dans un bain de savon presque bouillant , la laver de nouveau , et la mettre à froid dan^ une dissolution très-faible de prussiate de potasse, acidulée par l'acide sulfurique ou l'acide hydro-chlorique.Dès que la soie y est plongée , ^Ue devient bleue , et n'a plus besoin , au bout d'un quart d'heure , que d'être lavée et sécliée pour être versée dans le commerce. Dans ceUe opération, la soie s'empare d'une ceruine quantité du sel ferrugineux ; le savon enlève l'acide de ce sel \ l'acide sulfu-» rique ou l'acide hydro-chlorique s'unit à la potasse du prussiate dépotasse, et l'acide prussique se porte sur l'oxide de fer retenu par la soie.
Cette couleur se ternie au soleil , et reprend tout squ éclat à l'obscurité^
DU TOURNESOL. ai5
II parait que, par des moyens plus ou moins analogues, ou peut unir aussi4e Bleu de Prusse à la laine. Mais les essais faitsjusqu'ici laissent encore à désirer. Us sont principalement dus à M. Raymond fils.
Du ToumcsoL
1659. Le tournesol a «ne couleur d*un bleu viplet -, il existe dans le commerce sous deuic étala différem : en pain et eu drapeau. Le tournesol en drapeau se prépare au>illage 4e Grand-Gallangues , près Montpellier , en im-< pre^nant des chifibns de suc de croton tinctorium , platite ananelle et herbacée, et les exposant à la vapeurde Turine putre6ée. On Vimporte en Hollande 9 où, Von assure qu il est employé pour colorer extérieurement les fromages.
Le tournesol en pain se.fait en Hollande. On a cru pendant long-^temps que les Hollandais se servaient à cet effet du tournesol en drapeau ^ mais on sait aujourd'hui qu'ils le préparait avec le liclien rocoella des Canaries ou du Cap*- Nert, ou avec la mousse de Suède. lU. mêlent ce lichen y îédttit en poudre , avec la moitié de son poids de cendres gr^velées bien pîlées , et humectent le mélange «rec de Turme humaine pour le Taire entrer en fermentation. Lorsque la masse a pris une teinte rouge , ils Varrosent de*non- Ycau avec de Turine et la remueût \ par ce moyen, elle de« ^entd'nn bleu violet dans respace de quelques jours 3 alora ils divisent la pâte pour en modérer la chaleur , la mêlent ^^ecua tiers d'excellente, potasse et une nouvelle quantité d'mme , ce qui en fonce^beaucpup la couleur > puis ils y ajoutentde la craie pour en diminuer lé pfeii: y la tpjpulwt. et la font sécher*
M. Chaptal est parvenu à fiiîre une couleur analogue ,. mais moins belle, avec le lichen parellus. ( Chimie apr piiquée aux arts , t. m , p. 3. )
Le tournesol est très-altérable par les acides, même les
ai6 DB LA TEITÏTURE EN KOIK ET E5 GUIS.
plus farbles : c'est ce qui fait que nous nous servons de sa dissolution pour déceler leur présence. Sa couleur pimitive est le rouge ^ et s'il nous offre une teinte bleue , elle est due aux alcalis avec lesquels il est toiyours combiné.
De la Teinture en noir et en gris.
1660. La matière colorante de cette teinture est un composé de irîtoxîde de fer , d'acide gallique et de tannin 5 elle est insoluble dans l'eau. Sa couleur naturelle est d'un gns violet 5 elle ne semble noire qu'autant qu'elle est concentrée: par conséquent, en 'fixant une grande quantité de cette matière sur les étoffes , elles paraîtront noires , et en en fixant de moins en moins , elles passeront du gns violet le plus brun jusqu'au plus clair. Que l'on tienne pendant deux heures i partie de coton dans i5 parties d eau bouillante, à laquelle on aura ajouté ~ de partie de noix de galle en poudre et 'autant de «campéche 5 qu'on plonge ensuite le coton pendant deux à trois heures dans un bam presque bouillant , formé de i5 parties d'eau et de i partie de pjTO-bgnate de fer , et l'on obtiendra un noir fonce. En employant deux fois moins de noix de galle , de campèehe et de pyro-lîgnate , il en' résultera du gris» DansJa teinture noire en grand , on commence d'abord par donner un pied de bleu à la laine , au colon et au lin qoe 1 <>^ vent teindre 5 puis on les combine avec le principe- astnngent piovenant d'une substance quelepnqtfe , et «afi^^ ^ les' passe dans un bain formé de sulfate de fer v^^ ^^^' de-gris et de campéche. Quant àia soie, elle?n« ^^^Ç^ jamais'de pied de bleu. '
. De la Teinture en couleurs composées*
1661. Nous ne décrirons point d'iine manière partie - Jière les procédés par lesquels on parvient à obtenir ces
DES SUBSTÀKCES YÉGÉTO-ANIMÂLES. SI7
coulenrs. Nous nous contenterons de dire qu41s consistent, en général, à plonger le corps à teindre successivement dans divers bains colorans , ou quelquefois dans un seol formé de diverses matières colorantes : c^est ainsi que tons les verts se font , en passant les fils ou les tissus ^ d'abord dans un bain bleu , et ensuite dans un bain jaune.
Le violet , le pourpre , le colombin , Tamaranthe , le lilas , les nuances pensée , mauve et beaucoup d^ autres se préparent en fixant sur TétoiTe une plus ou moins grande quantité de bleu et de rouge; le coquelicot, le brique, le capucine, Taurore, les mordorés, les cannelles, etc. , eu Timprégnant de rouge et de jaune.
Telles sont les différentes notions que nous nous sommes proposé de donner sur Fart de la teinture -, ceux qui voudront en avoir de plus précises et de plus étendues devront consulter les ouvrages qui traitent particulièrement de cet art , et surtout les ouvrages de MM. Berthol* let et Chapul.
8ECTIOK Vï.
Des Substances ^égéto^-animales .
Du Gluten.
1662. Le gluten est une matière âo nature animale , ÇW , mêlée intimement avec l'amidon , le sucre , Talbu- Oïine, le mucilage , etc. , constitue la partie intérieure de plusieurs graines céréales , du seigle et surtout du fro- ^oent. Cest à Beccaria , chimiste italien , qu'on en doit la découverte.
Pour extraire le gluten , il faut faire une pâte avec de la farine de froment , et la malaxer sous un filet d'eau , Jnsqu à ce que celle-ci , qui d'abord devient laiteuse , conserve aa limpidité , et qu'il reste dans les mains une substance d'un blanc grisâtre, molle, collante , insipide,
ai 8 DM SUBSTANCES VÉCÉT0-A5IMALE5,
d'uDe odeur spermalrque , très-élastitpie , capable de s'étendre et de prendre Taspect d'une membrane : cette substance est le^luten pur. Si Ton considère que la p^te n'est qu'une espèce de tissu cellulaire de gluten , dont les interstices sont remplis de fécule , de sucre , d'albumine et de mucilage, on concevra facilement quelle doit être l'action de l'eau dans cette opération. En effet, les mouremens que l'on imprime à la pâte déchirent les petites fibres de gluten , mettent à nu le sucre , l'albumine , le mucilage et la fécule. Celle-ci étant insoluble, est entraînée, tandis qu'au contraire les trois autres sedissol vent.
Soumis à l'action d'une douce chaleur, le gluten pcnxl l'eau qui le gonfle , diminue beaucoup de volume , se durcit, devient cassant et imputrescible. Chauffé plus fortement, il se décompose, donne lieu à tous les produits des substances animales , et à un charbon très-volumineux et très-brillant : il contient donc de l'azote.
Les alcalis opèrent la dissolution du gluten d'une manière sensible -, il en est de même des acides végétaux , de l'acide liydro-chlorique , de l'acide phosphorique et de quelques autres acides minéraux-, l'acide sulfurique concentré le charbonne à l'aide d'une douce chaleur *, Tacide niti*ic{ue agit sur lui comme sur les substances animales (i772).
Il est insoluble.dans l'alcool , les huiles , Téther ; il Test également dans l'eau : celle qui est bouillante le transforme en une matière spongieuse , peu flexible et facile k briser.
Exposé à un courant d'air sec , il se dessèche ^ etse con-> serve. Mis en contact avec un air très-humides, il perd bientôt son élasticité , s'altère et se putréfie.
Sa décomposition putride , suivant M. Proust , présente deux époques bien distinctes : qu'on place du gluten frais sous une cloche pleine d'eau, le thermomètre étant à lo ou 12^, il laissera dégager en se gonflant un gaz qui ^ chose digne de remarque , ne sera composé que diacide
DU CLUTEîT, 2îg
carbonique el d'hydrogène pur 5 ce dégagement 3e soudeiidra quelques jours ] pendant ce temps , la masse glutinense se transfoimera en une pâte grise , filante , acidulé, et sans odeur infecte. Si , lorsqu'il ne se dégagera plus de gaz , on retire celte pâte y et qu on la garde sooa un peu d'eau dans un bocal couvert d' tme plaque de verre , elle continuera de se décomposer , mais sans se gonfler , et en donnant lieu à de Tammoniaque y à de Tacide acétique, etc. , et à deux produits nouveaux que nous retrou* verons dans la fermentation du caséum , et que M. Prous( propose de nommer, l'un, acide caséique, et l'autre, oxide caséeux, La pâte , en même temps , se ramollira de plus en plus , et finira par tomber en bouillie. Que si , au lieu de couvrir le vase qui la contient , on le laissait découvert , ou on le couvrait seulement de papier , elle irait en se desséchant, et prendrait peu à peu une consistance coriace et une odeur analogue au vieux fromage. ( Voyez le Caséum et X Acide caséique , et Annales de Chimie et de Physique , tom. x , p. 29. )
1G64. C'est au gluten que la farine doit la propriété de faire paie avec l'eau. La pâte n^est, en effet , comme noua l'avons d^à dit , qu'un tissu visqueux et élastique de glutea dont les cellules sont remplies d'amidon , d'albumine, de sucre, etc. L'on conçoit , d'après cela, que c'est aussi au gluten que la pâte doit la propriété de lever pair son mélange avec la levure ou le levain, La levure ou le levain , en agissant sur le sucre de la farine , et sur celui qui pro-» Weni de l'amidon (Vol. tv , pag. 36) , donne lieu successivement aux fermentations spiritueuse et acide , et par conséquent à de l'alcool , de lacide acétique et du gaz acide carbonique. Ce gaz tend à se dégager ; mais le gluten s'y oppose : il cède , s'étend comme une membrane , forme une foule de petites cavités qui donnent de la légèreté et de la blancheur au pain et l'empêchent d'être mat.
21tO DBS SUBSTANCES VÉGÉTO- ANIMALES.
Il mit de là, i^. que dans la panification on ne saurait mettre trop de soin s à bien mêler le levain avec la pâte; car toutes les fois que le mélange ne sera point intime , le pain sera nécessairement mat ; 2^. que la pâte sera d^autant plus longue et capable de lever , et le pain d'autant plus blanc et plus léger que la farine contiendra plus de gluten : c'est pour cette raison que la farine de froment, indépendamment de ce quelle est plus nutritive., est préférée aux farines des autres graines céréales^ 3^. qu'en détrempant , soit de Tamidon pur , soit de Tamidon entremêlé de parenchyme , tel que la farine de manioc, il en résultera une masse qui ne lèvera jamais , et quinze fera qu'un pain très-mat, même en y ajoutant les matières propres à développer la fermentation.
Du Ferment.
i665. Le ferment est une substance qui se sépare, sous forme de flocons plus ou moins visqueux , de tous les fruits qui éprouvent la fermentation vineuse. C'est en faisant la bière qu'on se le procure ordinairement ; c'est pour cela que , dans le commerce , on le connaît sous le nom de levure de bière. Des hommes appelés lesniriers le vendent à Paris sous forme d'une pâte d'un blanc grisâtre, ferme et cassante. Nous allons en étudier les propriétés sous cet étal.
Le ferment en pâte , abandonné à lui - même dans^ un vaisseau fermé, à une température de i5 à 20^ , se décompose , et éprouve en quelques jours la fermentation putride.
Mis en contact^ à cette même température , avec le gaz oxigcne dans une cloche placée sur le mercure , il absorbe ce gaz en quelques heures, et il en résulte du gaz carbonique : or , comme le volume de ce dernier gaz ne rcprc?sente pas celui du gaz ôxigènc , il est probable qu il se forme un peu d'eau.
Soumis à l'action d'une douce chaleur , il se dessèche ,
DU FERMEl^T. 121
perd plus des deux tiers de son poids, devient dur et cassant , et peut alors se conserver indéCniment. Chaufie plus fortement ensuite , il éprouve une décomposition complète , et donne tous les produits provenant de la distillation des substances animales.
11 est insoluble dans Teau et dansFalcool. L*eau bouil< lantelui enlève promptement sa propriété fermentescible, du moins pour un grand nombre de jours. En effet , lorsqu'on le tient plongé dans cette eau pendant dix à douze minutes , et qu^on le met ensuite en contact avec une dissolution de sucre, la dissolution reste long - temps sans fermenter : cependant le ferment , dans cette opération , ne parait perdre aucun de ses principes , ni en acquérir d'autres. Son action sur les acides , les alcalis et les sels u a point encore été bien étudiée.
Le ferment n'est employé que pour exciter la fermentation et faire lever le pain •, on ne l'emploie même que dans les lieux où il y a des brasseries ^ partout ailleurs on se sert uniquement de pâte aigrie.
1666. Outre le gluten et le ferment , l'on rencontre encore dans les végétaux plusieurs autres substances trèsazotées -, mais comme ces substances sont plus ou moins analogues à l'albumine et au caséum , qui se trouvent surtout dans les fluides ou solides animaux , nous ne les examinerons qu'en traitant de ceux-ci.
sEGTion vu.
Des Matières dont Veccistence est douteuse, et de celles qui n'ont encore été T objet que d'un petit nombre d'expériences.
1667. ^^ substances que l'on peut placer dans cette s^tioQ, indépendamment de quelques acides et de quel- <pes bases , sont :
L'Amûline; La Lnpulîne j La Bassorine ; La Matière crislalline du daphne La Cathartine ; alpina; La Cérine ; Les Malières cristalline cl su- La Cylisinej crée de la réglisse 5 L'E.spril pyro-acétique j La Matière particulière de la LTxlraclif^ gomme ad raganthe; lia Fungine; La Naphtaline;.
Jja Gelée; La Narcoline; La Gentianine; L'OIiville; La Gomme artificielle ; La Pipérine ; La Glu ; La Sarcocolle ; L^Hordéine; La Subérine; Llnulîne; Le Tannin ; Le Ligneux amilacé; L'Uhnine.
Nous avons parlé de Tesprît pyro-acétîque , de la matière particulière de la gomme adragantlie , et du ligneux amilacé ( i3i2 , i465 5 el vol. iv, p. 36 ) ; nous ne traiterons de la glu , de la matière cristalline du daphne aU pina , des malières sucrée et cristalline de la réglisse , du sel d'opium , qu'en nous occupant des substances d'où on les retire (1698 ter, 1697 bis , 1706 et 1686). Quant aux autres , nous allons en faire Texamen dans Tordre où nous venons de les énoncer , c*est-à-dire , dans Tordre alphabétique.
De VAmidine.
ïjamidine est une substance qui se produit, selon M. de Saussure , lorsqu'on abandonne l'empois d'amidon à lui-même , à la température ordinaire , avec ou sans le contact de l'air. Il faut la préparer comme nous avons dit (1453). Cependant , pour être certain de l'avoir pure , il est bon de la réduire en poudre , de la laver avec une petite quantité d'eau froide , de la faire dissoudre ensuite
DE LÀ fiASSORtKfi. 2^3
clansFcau bouillante, de fihrer la dlssolulion après son refroidissement , et de faire évaporer la liqueur jusqu^à siccité. L^amidine ainsi purifiée est opaque ou demitransparente , blanche ou d'un blanc jaunâtre , très-friable , en fragmcns irréguliers , sans odeur , sans saveur , soluble en toutes proportions dans Teau à 60^ , insbluble dans Talcool. Les substances dont elle se rapproche le plus sontliauline, Tamidon., et la gomme de Tamidon torréGé. Elle se distingue, i^. de Tinuline^ en ce qu elle se colore en bleu comme Tamidou, avec Tiode; 2^. de Tarn idon, en ce que Teau froide peut la dissoudre, qu'elle ne forme point de gelée avec Teau bouillante , et que sa dissolution dans la potasse n'est point visqueuse ^ 3^. de la gomme artificielle , en ce qu'elle n'est pas , comme celleci , soluble en toutes proportions dans l'eau froide , qu'elle colore en bleu la solution aqueuse d'iode , et qu'elle forme arec l'eau une dissolution, qui est coagulée par le sousaoé(atede plomb. ( Sau9sure , yinn, de Chim^ et de Phys., tom. XI, pag. 385.)
De la Bassorine ou de la Gomme Bassora.
Cette substance s'eictrait des gommes-résines quilacon^ tiennent, en traitant celles-ci successivement par l'eau , l'alcool et l'éther. La bassorine étant insoluble dans ces liquides ne reste mêlée tout au plus qu'avec des débris U^eux dont il est facile de la séparer par des lavages et des décantations successives, parce que l'une de ses propriétés caractéristiques est de se gonfler extraordinaire- BMnt dans l'eau et de devenir très-légère.
Cette substance se gonfle dans l'eau froide comme dans ]^ean bouillante , sans qu'aucune de ses parties se dissolve. £lle se dissout , au contraire , presque complètement , à l^aide de la chaleur , dans de Teau aiguisée d'acide nitrique
224 ^^ ^^ CATBlRTilfE, DE LÀ CÉaiIfE, CtC.
OU d'acîdehydro-chlorique. Lorsqu' après avoir concentré, par une évaporation douce , la dissolution nitrique , on y ajoute de Talcool très-rectifîé , il en résulte un précipité blanc floconneux , assez volumineux, qui , lavé avec beaucoup d^alcool et séché , ne forme pas tout-à-fait le dixième de la quantité de bassorine employée , et qui présente toutes les propriétés de la gomme arabique. En évaporant peu à peu la liqueur alcoolique , l'on obtient un résidu liquide , jaune , épais , légèrement acide , dont la saveur amère est toute particulière , qui n'est troublé ni par la chaux ni par la potasse, mais qui devient rouge avec ces deux alcalis y et exhale une forte odeur d'ammoniaque avec le dernier. (M. Vauquelin, Bullet, de Pharm.^ tom. III , pag. 56 5 Tlièse de M. Pelletier sur les gommesrésines, p. a3.)
De la Cathartine.
Nirai proposé par MM. Lassaigne et Feneulle , pour désigner une substance qu'ils croient nouvelle et dans laquelle ils font résider la vertu purgative du séné. (y4nn. de Chim. et dePhjs^, t. XVI , p. 20.)
De la Cérine.
Nous savons, d'après M. Chevreul, qu'il existe dans le tissu, cellulaire du liège une matière grasse. Ce chimiste a cru devoir lui donner le nom de cérine , parce qu'il lui a trouvédes propriétés qui la rapprochent delà cire.
De la Cytisine.
MM. Chevallier et Lassaigne ont appelé ainsi une matière qu'ils ont extraite des graines du faux ébénier ( cytisus laburnum) : son aspect est le m^e que celui delà gomme arabique^ sa saveur est amère et nauséeuse ', elle attire promptemcnt l'humidité de l'air; a pelices doses ,
t)fi L^EXTRAGTIFa â^S
die agit fortement sur réconomie animale et possède d'ailleurs d^autres propriétés que les auteurs rapportent*' Nous n^en dirons rien de plus, parce qu'il nous parait que cette matière , en supposant qu'elle soit nouvelle ^ n'a point encore été obtenue pure. ( Journal de Pharm. $ iT , 340 ) et VII ) a35. )
De rjSxtractif*
Lorsqn^on évapore jUsqu^à consistance de miel ou jiis-» qu'à siccité , le suc ^ les infusions , ou les décoctions dei végétaux , on obtient pour résidu une substance connue dans les pbarmacies sous le nom i^exttaité
n est évident , diaprés cela , que la composition des
extraits doit être très-compliquée et très- variable , puis-"
qo^ils contiennent tous les corps solubles qui se trouvent
dans le végétal d^où ils sont tirés. Les chimistes sont
d'accord sur ce point; mais plusieurs d'enti*e eux pensent
que les esctraits renferment un principe particulier qu'ils
proposent de nommer eMractif^ tandis que d^autres , dont
nous partageons depuis très-long-temps Topinion , sou-*
tiemient au contraire que l'extractif n'existe point : ce qu^ijL
y a de certain, c'est que jusqu'à présent il a été impos<-
sible de Tobtenir pur. Ceux qui admettent son existence
disent, i**. qu'il est d'une saveur amère,d'un brunfoncé^
brillant, fragile et cassaût lorsqu'il est sec -, a^. qu'il donne
a la distillation une liqueur acide et ammoniacale; 3^. qu'il
est soluble dans Teau et dans l'alcool ; 4^* q^'îl ^^ combine
avec la plupart des oxides métalliques; 5^. en6n qu'il
s^onit à Toxigène et devient insoluble dans Veau , propriété
qtie 1 on peut constater en le traitant par les acides très-
oxigéDés , ou en le dissolvant et l'évaporant un grand
nombre de fois«
a*i6 »K Î^A Ffî<6lNE.
Z)e la Fuiiginc.
M. Braeounot propose d^appeler ainsi la substance charnue qui forme la base des champignons , et que Ton obtient pour résidu lorsque Ton traite ceux-ci par l'eau bouillante aiguisée d'un peu d'alcali.
La fungine est plus ou moins blanche , mollasse , insipide , peu élastique.
Lorsqu'on la torréfie, elle répand bientôt l'odeur du pain grillé. Exposée à la flamme d'une bougie, elle prend feu promptement. Décomposée par la chaleur , dans une cornue , elle donne tous les produits qui proviennent de la distillation des matières animales , et un charbon dont là cendre est composée de phosphate de chaux , de phosphates d'alumine et de fer, et de carbonate calcaire.
L*eau , l'alcool , l'éther , l'acide sulfurique faible ^ la potasse et la soude sont sans action sur elle. ^
L'acide hydro-chlorîque la dissout à l'aide^e la chaleur. L'acide nitrique l'attaque vivement , et de là résultent : j 1^. beaucoup de gaz, de l'acide oxalique, une matière • jaune amère , semblable à celle que cet acide forme avec l'indigo ; 7?. deux substances grasses ; l'une analogue à la cire , et l'autre , plus abondante , analogue au suif.
Enfin la fungine résiste à l'action des alcalis faibles ; elle n'est attaquée par ces agens qu'autant qu'ils sont concentrés.
La plupart de ses propriétés la rapprochent beaucoup de la fibre ligneuse.
Delà Gelée.
Lonqu^après avoir exprimé le suc des groseilles ou des xnùres parvenues à leur maturité , on le garde en repos pendant quelque temps , il s'en dépose une substance trem* Liante que l'on connaît sous le nom de gelée f et qu'on
DU CCKTIAMlIf. %yj
obtient prescpie pure ea la lavaDt avec de Teau froide. La gelée n'existe pas seulement dans ces deux espèces de fruits ; on la trouve encore dans presque tous les autres , et surtout dans ceux d'une acidité marquée.
La gelée bien pure est presque incolore ^ mais il est fort difficile de Tobtenir dans cet état \ elle contient souvent une petite quantité de la matière colorante des fruits dont on Ta extraite. Exposée à l'action d'une douce chaleur, elle se dessèche et prend l'aspect et la dureté de la gomme. Par la distillation , on en retire tous les produits des substances Tëgétales , et de plus un peu d^ammoniaque , qui provient sans doate de ce que la gelée contient une petite quantité de ferment. Elle est presque insoluble dans l'eau froide ; elle se dissout au contraire très-bien dans l'eau bouillante , et s'en précipite parle refroidissement, eu conservant l'aspect gélatineux : ce ne serait qu'autant qu'on la laisserait en contact pendant long-temps avec ce liquide qu'elle perdrait celle pro^iété. C'est pourquoi il arrive souvent que lesconûlures ne peuvent plus se figer quand on a été obligé de les concentrer par une longue ébuUitioù. La gelée est très-soluble dans les alcalis. L'acide nitrique la convertit en adde oxalique , etc.
Du Gentianin,
n parait , d'après MM. Henri et Caventou , que la racine de gentiane (gentiana lutea) doit sa saveur amère à nne substance particulière , susceptible de cristallisation , et qu'ils proposent d'appeler gentianin. Le gentianin se trouve dans celte racine avec huit autres matières dont on le sépare comme il suit.
1®. La gentiane en poudre est miscen contact à froid peiuiant quarante-huit heures avec de l'éther , qui dissout le gentianin, de la glu, une matière grasse 6xe, und
1^8 BB LA COMME iRTIFIClCLLC*
matière odorante et un acide ; a^. on évapore Télher et oti traite le résida par Talcool faible, qui s'empare seulement du gentianin , de Tacide , et de la matière odorante ; 3®. la solution alcoolique étant évapçrée comme la précédante , Ton délaie dans Teau le nouveau résidu qui en provient , Ton y ^oute un peu de magnésie qui sature l'acide , et Ton fait bouillir la liqueur jusqu'à ce que toute Feau soft volatilisée; la matière odorante se dégage en même temps que celle-ci, de sorte que le gentianin ne reste plus qu'avec le sel de magnésie qui s'est formé et l'excès de magnésie. Mais comme cette base peut s'unir au nouveau jMÎncipe , il est bon de la saturer par une dose convenable d'acide : alors , au moyen de Téther , on dissout le gentianin qui se dépose, par évaporation, sous forme de petites aiguilles cristallines d'un beau jaune.
Ainsi obtenu , il a l'amertume et l'arôme de la gentiane à un grand degré ; il n'altère ni la couleur du tommesol , ni celle du curcuma ; exposé , dans Uli tube fenné par un bout, à la température d^environ 35o^, il se décompose et se sublime en partie. Projeté sur des charbons incandescens , il présente des phénomènes analogues , et de plus tme belle vapeur jaune due à une grande quantité de gentianin qui se condense. Il est très-soluble dans l'alcool et dans l'éther , beaucoup moins dans l'eau bouillante et surtout dans l'eau froide. Les alcalis et les acides , convenablement étendus y en favorisent la dissolution* (Journal de Pharmacie, t. vu , p. i j3. )
De la Gomme artificielle.
i66g. Nous avons vu précédemment que Tamidon , par la torréfaction, se transformait complètement ensubstax&ce gommeuse ou mucilaghieuse , et que , par la fermentation, il subissait en partie la même transformation : il parait que les substances gommeuses qui se forment dans ce»
clenx circonstances sont de même nature et possèdent les mêmes propriétés; elles se dissolvent dans Teau en toutes proportions : la solution n^est point troublée par Tacétate et le sous-acétate de plomb , par la noix de galle et la liqueur de cailloux ; elle Test faiblement par Teau de baryte ; exposée a Tair , elle se décompose peu à peu, en prenant une odeur putride et en déposant d^épaisses mucosités, sans passer à Tétat acide ; Tiode n'y produit aucun changement de couleur; Tacide nitrique, point d'acide mucique. (Saussure , Annales de Chimie et de Physique ^ t, xi , p. 383.)
Probablement que la gomme qui provient de l'action de Tacide sulfuriquc concentré sur le ligneux est encore «nalogue aux précédentes : cependant M. Braconnot a observé qu'elle pouvait être précipitée par le sous-acétate de plomb. {^Annales de Chimie et de Physique, t. xii j
De THordéine.
i66g his. Tel est le nom que M. Proust a donné à une matière qu'il a trouvée en grande quantité dans l'orge , et qn 3 a aperçue dans plusieurs autres semences. Ell^ntre^ en effet , pour plus de moitié dans la composition de la iàiine d'orge , qui contient d'ailleurs de l'amidon , du gluten, de la gomme, du sucre et un peu de résine. Pour en extraire l'hordéine , on malaxe entre les mains de la pâte ^ iàrine d'orge , et l'on y fait tomber en même temps un filet d'eau , comme quand il s'agit d'extraire le gluten de la £irine de froment (1662). L'amidon se dépose au fond du Tase , mêlé à l'hordéine. Comme celle-ci est toujours 6OUS forme de poudre , inaltérable même par l'eau bouil^ I^te, il stiffitde faire bouillir le dépôt avec une certaine quantité d'eau pour en séparer l'amidon , et avoir , au moyen de quelques lavages , l'hordéine pure.
a3o ' »« l'iïiïti.iwe.
L'hordéîhe est insipide , inodore , plus pesante que Feau, pulvërulenle , jaunâtre , un peu rude au toucher, et semblable à la sciure de bois , dont elle se rapproche beaucoup pa^ ses propriétés chimiques.
Décomposée par le feu en vaisseau clos , elle donne tous les produits qui proviennent de la distillation de» matières végétales 5 il ne se forme point de trace d'ammoniaque , et le résidu charbonneux s'élève à ao pour
Elle est tout à la fois insoluble dans l'eau froide , dans
l'eau chaude et dans l'alcool.
L'acide nitrique la dissout et la transforme en acide acétique, oxalique, etc. , et produit en même temps, à la fin de l'opération , une petite quantité de matière jaune anaèrc dont il a été question en traitant de l'indigo.
Enfin elle paraît éprouver des altérations remarquables dans la germination de l'orge (1737 bis)*
L'hordéîne est probablement la même substance que celle que l'on obtient en faisant réagir la levure de bîèvc sur le sucre ^ et que j'ai présentée comme particulière dans mon Mémoire sur la fermentation. {Ann. de Chim. , t. xlvi ,
De ïlnuline,
1670. M. Rose , en examinant Vinula helenium, en a extrait une substance qu'il regarde comme nouvelle, et a laquelle M. Thomson donne lenomd'i/^uZme. Cette substance est blanche et pulvérulente comme Tamidon. Projetée sur des charbons incandescens , elle fond et répand une fumée blanche, d'une odeur semblable à. celle -du sucre qui brûle. Distillée dans une cornue , on en relire tous les produits que fournit la gomme. Elle se dissont facilement dans l'eau chaude, et îs'en précipite presque toute entière par le refroidissement sous forme de poudre :
DE L'lîltJJ.INE. a3l
toutefois , araut de se précipiter, elle donne à la dissolution une consistance un peu mucilagineuse : c'est ce qui a lieu surtout lorsqu'on emploie i partie d'inuline sur 4 parties d'eau. En versant de Talcool dans une dissolution Sinuline y celle-ci ne tarde pas à se déposer. Enfin , traitée par Facide nitrique, Tinuline se décompose promptemeiU ; il en résulte de Tacide malique , de Facide oxalique , etc.
D'après toutes ces propriétés , il est évident que Va-^ midon est la substance dont Tinuline se rapproche le plus.
C'est en faisant bouillir la racine d'année dans trois ou quatre fois son poids d'eau , et en abandonnant la liqueur à elle-même , qu'on obtient l'inuliue.
Cette substance n'existe pas seulement dans la racjno Sinula helenium : elle a été trouvée en abondance dans ^ la raciue de colchique par MM. Pelletier et Caventou , et dans la racine de pyrèthre par M. Gauthier. {^Annales do Chimie et de Phj$ique , tom. viix , pag. loi ),et t. xiv , p. 8a.)
MM. Pelletier et Caventou ont observé à cette occasion, 1**. que l'inulinc et l'amidon avaient la propriété de s'utur; 3^ que quand on faisait bouillir ces deux substances dans l'eau , l'iouline ne se déposait point de la dissolution si la quantité d'amidon était très-prédominante , et que , dans le cas contraire , l'inuline , en se déposant , entrai* naît une certaine quantité d'amidon , ce qu'on reconnaissait facilement au moyen de l'iode ; 3^. que pour découvrir Finuline mêlée à beaucoup d'amidon , le seul mbyen était de verser de l'infusion de noix de galle dans la décoction ainîlacée, et de faire chauffer la liqueur i il se formera un précipité qui ne disparaîtra que vers loo'', tandis que si l'amidon était pur, il se redissoudraît à 5o**, comme W observé M. Thomson.
s3a DE LA LUPULIKE j DE LA NAPHTALINE , etC,
J)e la Lupuline,
Ce nom a été donné par M. Yf. Yves , Médecin à New-Yorck , à la matière active du houblon ( hunudus lupulus, lupulusfœmind), matière sur laquelleMIVI. PIaih clie y Payen et Chevallier ont fait diverses recherches^ ( Voyeas Fleur de houblon ,1718 bis.)
De la Naplualinen
Voyez Houille (i'j55).
De la Narcotine^
Voye» Opium (1686),
• De la Piperine.
Matière cristalline qui existe dans le poivre commun, M. QEstaedt Tavait regardée comme une base salifiable) inais , d'après M. Pelletier , elle n^en possède aucune des propriétés et se rapproche des résines, ( Voye:L Poivre j, fitu Semences, jpn 1720.)
DerOWile.
1670 bis, L'olivile est une substance particulière qui a été découverte par M, Pelletier dans la gomme d'olivier en 18 16 (a). Pour l'obtenir , M, Pelletier fait dissoudre cette gomme dans de Talcool rectifié , filtre la liqueur , et Tabandonne à une évaporaûon spontanée : peu à peu To^ livile cristallise en aiguilles aplaties , d'un blanc jaunâtre > dont il est facile de dissoudre la matière résineuse qui la
(d) La gomme d^olivier nVst point une gomme proprement dite j elle est formée, d'après M. Pelletier, d'oliviie» de réaine t% d'un peu d'aûde |>eiizoïque.
DE l'olivile, a33
colore , eu les mettant en contact avec de Téther sulfurique a 68 degrés.
L'olivile est sans odeur; elle n*altère point les couleurs blenes ; sa saveur est tout à la fois amère et sucrée,
Non-seulement elle peut être obtenue en aiguilles , mais aussi sous forme de poudre blanche : alors elle est brillanto et comme amilacée.
Exposée à la température de 70*^ , elle se fond , se co-» lore l^èrement en jaune, prend l'aspect d*une résine transparente , et devient idio-électriquepar le frottement. Chauffée plus fortement, elle se décompose , et donne tous les produits qui proviennent de la distillation des matières végétales sans aucune trace d'ammoniaque. Projetée sur des charbons incandescens , elle brûle , mais difficilement, ea répandant beaucoup de fumée.
L olivile se dissout dans trente-deux fois son poids d'eau bouillante , et s'en sépare en grande partie par le refroidissement , de telle manière que la liqueur reste laiteus» pendant long-temps. L'ébullition rétablit d'abord la transparence; mais lorsqu'on la prolonge, l'olivile se rassemble pea i peu à la surface de l'eau , comme une substance oléagineuse. .
L'alcool et l'acide acétique concentrés dissolvent une très-grande quantité d'olivile ; l'alcool bouillant parait même la dissoudre en toutes proportions. La dissolution acide ne se trouble point lorsqu'on l'étend d'eau : il n^eu est pas de même de la dissolution alcoolique.
11 parait que l'éther est absolument sans action sur l'ohvile; les huiles fixes et les huiles volatiles en exercent ime a peine sensible à chaud , et tout-à-fait insensible à froid.
Les alcalis, quand ils ne sont point trop concentrés, n'altèrent pas l'olivile , et en favorisent la dissolution dans Vegu.
a34 ^^'. ^^ SAnCOCOLLE.
L'acîde nitrique la dissoute froid en prenant une couleur d'un rouge foncé : à chaud, il la décompose, et de la résultent de Tcau , du gaz carbonique , des oxides d'azote , de Tacide oxalique , etc. , et un peu de matièrejaunc amère.
L'acide siilfurîque concentré la charbonne tout-à-coup ; étendu d'eau , il ne l'attaque en aucune manière.
L'acélate de plomb est la seule matière saline qui précipite l'olivile de sa dissoluUon'aqueuse. Le précipité se compose de flocons blancs , très-solubles dans l'acide acétique.
Telles sont les propriétés que M. Pelletier a reconnues k l'olivile; elles nous semblent, comme à lui, prouver que cette substance est différente de toutes celles qui sont connues jusqu'à présent. (Journ. de Pharm», t. xi,p. joj.)
De la Sarùocolle.
Ou donne ce nom à une substance qui exsude spontanément du penœa sarcocolla, arbrisseau qui croît dan» l'Afrique' septentrionale.
Cette substance , telle qu'on la trouve dans le commerce, est solide, sous forme de petits globules ,. demi-transparente , d'une couleur jaune ; son odeur se rapproche de celle del'anîs.
Elle paraît être composée, i®. d'une substance qnc M. Thomson propose d'appeler sarcocolle pure ; 2". de petites fibres ligneuses auxquelles adhère une matière d un blanc jaunâtre; 3^. d'une matière rougeâlre , d'apparence terreuse; 4^. enfin d'une espèce de gelée qu'on obtient en petites masses molles et tremblantes , lorsqu'on dissont la sarcocolle du commerce dans l'esprit-de-vin ou dans l eau. La. sarcocolle pure est la plus abondante de ces matières; on l'extrait en traitant la sarcocolle du commerce par 1 eau ou l'alcool , et en évaporant la dissolution.
DE LÀ srséati^B, du tàkkiit. 335
La sarcocolle pure est brune , cassante , ÎDcristalIîsable ; sa sayeur est sucrée et un peu amère; jetée sur un corps iocandescent , elle se ramollit , exhale une odeur de caramel , prend la consistance du goudron , et brûle en ne laissant que peu de résidu ] elle a beaucoup d'analogie avec
le suc de réglisse.
De la Suhérine.
M. Cheyreul a donné ce nom au tissu cellulairedu liège, séparé des matières astringentes , colorantes , résineuses OH grasses, que les cavités de ce tissu contiennent. Cette substance se distingue par la propriété qu'elle a de produire de Facide subérique avec Tacide nitrique. Elle est probablement la même que celle qui constitue Vépiderme des arbres.
Du Tannin,
167 T . Le tannin signalé d'abord comme substance particulière par Séguin , a été ensuite l'objet des recherches d'un grand nombre de chimistes. MM. Déyeux , Proust , Bouillon-Lagrange , Davy , Wultig , Richter , Mérat-Guillot, Trommsdorff, Hatchett, Pelletier, Chevreul, etc. , s en sont successivement occupés. Cependant c^est l'un des corps dont l'histoire laisse le plus à désirer. En effet, on le distingue seulement par la propriété d'être astringent , soloblc dans l'eau , et de précipiter la dissolution de colle torte. Or , comme ces propriétés appartiennent à diverses «abslances , il s'ensuit qu'on doit confondre sous le nom de tannin des corps de nature très-différente.
!•€ tannin , tel que nous venons de le définir , existe dans la noix de galle , dans le cachou , dans la gomme *îno, dans le sumac , dans le thé , dans la plupart des écorces et des fruits. On peut encore le former , soit en Iraiiantle charbon , l'indigo , par l'acide nitrique , soit en
a36 DU TAHNIlf.
traitant la plupart des matières végétales par Tacide siilfurique.
1672. Tannin de la noix de galle (a). "^ On a proposé divers procédés pour extraire le tannin de la noix de galle. Selon MAProust, il faut verser de Thydro-chlo' rate d'étain dans Tinfusion de la noix de galle , recueillir sur un filtre le précipité , qui est d'un blanc jaunâtre, le laver, le délayer dans Teau froide , faire passer un excès d'hydrogène sulfuré à travers la liqueur , la filtrer et Tévaporer jusqu'à siccité : \e résidu, d'après M. Proust, est le tannin pur ; mais il faudrait pour cela que le préci-
(a) Les noîz de galte sont des excroissaDces prodoîtes par la piqûre que lait un insecte aux feiniles do chêne, afin d^ déposer mu ceu£u Ces excroissances se développent à la manière des finiits , et se dessèchent après leur maturité : alors elles sont tuberculeuses, de consistance ligneuse» de couleur gris&tre ou noir&tre , de la grosseur d^une Ibrte balle de plomb , creuses , et souvent percées dW petit trou qui a servi d*issue AUX insectes développés dans leur intérieur.
Les noix de galJe les plus estimées nous viennent du Levant; elles sont connues sous le nom de galles d'Alep, Les chênes de nos forêts noua offrent souvent de semblables excroissances ; mais elles no mûrissent point , cl testent lisses et spongieuses.
M. Davy s^est occupé de Panalyse des noix de galle; il a trouvé qoe 5oo parties de galle d^Alep donnaient i85 parties de matière soluble composée de:
Tannin ^ • • i3o
Adde gallique uni à un peu d'extractif 3 1
Bfucilage et matière rendue insoluble par Tévaporatton* • xtl
Carbonate de chaux et substance saline xa
La partie ligneuse incinérée contenait beaucoup de carbonate de chaux.
La galle de Chine parait contenir beaucoup plus de matière soluble que celle d'Alep; car^ suivant M. Brande , les trois quarts de cette gmlU ie dissolvent dans Peau. {Ann. de Chim. et de Phys. , t. v, p. 4^*)
Il est probable qu^une grande partie diacide gallique aura édiappé k M. Davy, puisque M. Braconoot a retiré jusqu^à i5o grammes diacide gallique do 5oo grammes de nojÛL de gaUe«
DU TAir2fI9. %3y
pité formé par niyâro-chlorated'étainne fut composé que de tannin et d^oxide d'étain : or, il contient en outre de 1 acide hydro-chloriqne et de Tacide gallique ; d^où il suit que le tannin obtenu ainsi doit être uni à une petite quantité de ces deux acides.
On peut encore, d'après le même chimiste, se contenter de verser une dissolution de sousHcarbonale dépotasse dans Vinfusion de noix de galle : il en résulte un précipité floconneux très-abondant et d'un blanc jaunâtre , que M. Proust regarde comme n'étant formé que de tannin , et dans lequel de nouvelles recherches ont démontré k présence de la potasse et de Facide gallique* Sans doute ([n^alors Facide gallique épv^uve dans son contact avec Talcali et Tair les altérations dont nous avons parlé pré^ cédemment ( 1879 bis).
An lieu de sous-carbonate de potasse , M* Bouillon- Lagrange propose de verser le sous-carbonate d'ammo«« tiîaque dans l'infusion de noix de galle , de laver le précipité à l'eau froide , et de le faire digérer, k plusieure reprises, dans Falcool à 0,817 ^® pesanteur spécifique.
Ces deux derniers proches n'étant point exacts , il est éndeni que le suivant ne doit pas l'être davantage. Ce- Ini-d consiste à verser de l'acide sulfurique ou hydrochloriqne dans une infusion de noix de galle , à laver à l'eau froide le précipité très-abondant que l'on obtient , et qai parait être une combinaison de tannin , d'acide gallique et de l'acide employé ; à dissoudre ensuite ce précipité dans l'eau chaude , et à verser du sous-carbonate de potasse dans la dissolution pour en séparer le tannin.
Le {Procédé de M. Mérat-Guillot ne me parait pas mé** ^lerplus de confiance. On l'exécute en versant de l'eau de chanx dans une infusion de noix de galle , lavant le précipité qui se forme , et le traitant par de l'acide nitrique on hydro-chlorique étendu d'eau. Ces acides en séparent
a3B DU TÀSMIC.
une substance noire qui, selon M. Morat, est le tannin pur, mais qui contient réellement de Tacide galliqne et. une certaine quantité d'acide nitrique ou d'acide hydi-odiloriquc.
Il en est de même de celui de M. Trommsdoril : nous ne le décrirons point en raison de sa complication. • Il suit de tout ce. qui précède qu'on ne sait point encore obtenir pur le tannin de la noix de. galle , ce qui provient §ans doute de ce que Ton emploie dans sa préparation des acides et des oxidcs , et que ce corps a beaucoup d'affinité pour eux.
Cependant , quel que soit le procédé que l'on suive , le tannin de. la noix de gnlle possède à-peu -près les mêmes ' propriétés. Sa saveur est astringente ^ il est solide, brun , cassant et incristallisable.
Soumis à l'action du feu , le tannin se boursouffle , se décompose , (Jonne un charbon très-volumiaeux , et une liqueur acide qui noircit sensiblement les dissolutions de fer, probablement parce qu'une portion du tannin .est en- U'aiuée \ il se dissout dcius l'eau , la colore en brun , et s'en sépare , sous forme de pellicules , par l'évaporation \ il est ^ au contraire , absolument insoluble dans l'alcool.
Presque tous les oxides métalliques se combinent avec le tannin , et le rendent insoluble dans l'eau , lorsqu'euxmémes sont .insolubles ou peu solubles dans ce liquide : aussi l'eau de baryte , de chaux , de strontiane , forment* elle im précipité dans sa dissolution ; et la magnésie , Ta* lumine , l'oxide d'étain , l'oxide de plomb , peuvent-ils en absorber Le tannin , surtout à la température de l'eau bouillante , et la décolorer complètement.
' La plupart des acides ont: aussi la propriété de s* unir au tannin. Plusieurs forment avec lui des composés j>eu solubles ; tels sont surtout les acides sulfurique y hydro-
DU TÀKKIll. jSj)
chlorique, ai*3émque. L*acide nitrique et le chlore le détruisent aisémeqt.
La dissolution de tannin ne décompose aucun sel appartenant aux deux premières sections^ mais elle décompose on grand nombre de ceux qui appartiennent aUx quatre dernières. Elle précipite facilement les dissolutionsde cuivre , d'élain, de plomb , de titane, de fer, savoir : celle de cuivre à l'état de deutoxide , en couleur olive ] celles de mercure en jaune; celle de titane en rouge de sang; celles de deutoxide de fer en bleu, et celles de tritoxide en gris-noir.
£nfin , le tannin forme des précipités plas ou moins abondans et imputrescibles dans les dissolutions d'albumine et de colle-forte.
1673. Tannin du cachou (a). — M. Davy , à qui Ton doit Vanalyse du cachou , Ta trouvé composé de tannin , de mucilage, et d'une matière végétale extractive. En traitant ce composé par l'alcool , on dissout tout le tannin et la matière extractive ; évaporant ensuite la dissolution jusqu'à siccité, et mettant le résidu en contact avec l'eau froide, on ne dissout, pour ainsi dire, que le tannin. Si donc on évapore la nouvelle dissolution, on obtiendra le tannin du cachou sensiblement pur. Ce tannin diffère principalement
(a) Il ipanît que le cachou est on extrait du mimosa catechu , arbre ^ croit dans la province de Bahar dans Tlndostan. Selon Kerr et Garcias, c^esteu faisant bouillir dansTeau des copeaux de Pintérieur du trono de oet arbre , réduisant la liqueur à un treizième de son volume , et Tex- Pf^staù, ensuite à Tair, jusqu^a ce qu'elle soit entièrement évaporée , qu'on «»trait c«Ue substance.
i^ cachou se trouve dans le commerce sous forme de gâteaux de différoiies grandeurs. Il est solide , cassant , compacte , d'une cassure mate , sans odeor, d'une saveur astringente et ensuite douceâtre. L'eau le distotti làcilement , et en sépare une matière terreuse qui parait avoir été ^aiée brs de sa préparation.
M. Dtvjr distingue deux espèces de cachou , le cachou de Bombay et le
a4o t>u TANiriiff»
de celui de la noix de galle, en ce quil est plus aolubk dans Teau et qu'il est soluble dans lalcool , qu'il précipite le fer en olive , et que le composé qu'il forme avec la gélatine passe peu à peu au brun.
1674* Tannin de la gomme kino {cl}, du sumac et des écorces d'arbres (b). — Tous ces Unnins se rappro-
■Il ■ Il I II I ■■■ 11^— ■« 11* ■ ■» ■■ »
cachou de Bengale : celui-ci est d^un brun chocolat; Pautre d'ime ooih leur moins foncée. Leur composition est à-peu-près la même. M. DsTjra retiré de aoo parties de :
Cachou de Bombar*
Tannin » 109 partie*.
Extractif •• <• fS
Mucilage.* • • • • • i3
Matière insoluble , formée de sable et de chauiL- • • 10
Cachou de Bengale»
Tannin* • * ..•.*•• g7pirtiei<
Extractif « • • • • • 78
Mucilage • 26
Résidu formé de cham et d^aiiimine i4
(a) Celte substance, diaprés le docteur Duncan , est un extrait du coctoloba -utnfera. Elle nous vient principalement de la Jamaïque. On en tire aussi de différentes espèces d^eucaljrptus , et particnlièrement du renid* Jèra, ou arbre à gomme brune de Botany-Bay. La gomme Lino a une sa" TeuT araère, astringente; elle est sous forme de masses noires, et devient d^un rouge brun quand on la réduit en petits fragmens. L^eau dtauib la dissout fiicilemeut ; mais Teau froide n*a que peu d^acCion sur elle« On la ramollit aisément en U tenant quelque temps dana la main. M4 Va»* quelin , qui s^est occupé de l'analyse de cette sobatanoe , a trouTé qu'elle était presqu'entièrement formée de tannin. (^Ann* de ClUmieyy<A*UMf pag.Sai.)
{b) Dans te commerce , on connaît sons le nom de sumac , les jeonet branches réduites en poudre du rhus eoriaria , arbrisaeatt qui croît dans nos jardins , mais que Pon cultive plus particulièrement dans le Levant. Tous les ans on conpe les branches , on les laisse sécher, ensuite on Ws monde et on les pile.
Le sumac est employé en teinture , en raison du tamim qu'il oiMh tient*
0tr Ti5irtir. a4t
chent pins ou moins des tanuins de la noix de galle et du Gackon. Ceax des ëcorces d^arbres sont tout-i-fait analogoes au tannin de noix de galle.
167S. Tannins a/tj[^ci>/5.-— C'est en traitant le charboii déterre, Vindigo, les résines par Tacide nitrique , ouïe camphre et les résines par Tacide snlfurique, qu'on se pro« cure le tannin artificiel. Nous nous contenterons de dé-* crire le procédé qu'on emploie pour l'obtenir avec le cbar« bon déterre. Mettez dans un matras une parde de cbarbon de terne et 5 parties d'acide nitrique d'une pesanteur spécifique de 1,49 étendu de deux fois son poids d'eau; iaites chattffer le mélange : bientôt il se produira une vive efiervescence due principalement au dégagement du deutoxide d'azote. Après deux jours de digestion , igoutez une nouvelle quantité d'acide > et laissez digérer jusqu'à ce que le charbon soit dissous^ alors évaporez la ligueur jusqu'à sicciié, et vous obtiendrez un peu plus d'une partie d'une niasse brune : c'est le tannin artificiel.
Le tannin artificiel possède toutes les propriétés pby<» siqoes et presque toutesf les propriétés chimiques du tani^n naturel : il n'en dijS^re que par la manière dont il se comporte lorsqu'on le traite par le feu ou par l'acide nitrique. Cet acide n'en opère point la décomposition , tan*dis qu'il décompose facilement le tannin naturel. Exposé au fen, il seboursouffle comme le tannin naturel et donne nn charbon tm^voluinineux ; mais on trouve , parmi les {produits volatils , du deutoxide d'azote en assez grande quantité. C'est M. Chevreul qui , le premier, a fait cette observation ; elle l'a porté à faire sur les tannins artificiels des expériences dont nous citerons les principaux résultats.
H observe d'abord que, dans la préparation du tanniti
artificiel , il se forme toujours une certaine quantité de
matière jaune peu soluble , qu'on en sépare au moyen dé
Teau ; cpe , dans la liqueur | on trouye en dissolution sîon-<
jv, 16
24^ I>U TAlfNIIf.
seulement du unuSn, mais encore un peu d'amer (yojr, lac* tion de l'acide niU'ique sur les subslances animales» i77^)i que le tannin obtenu comme nous venons de le dire est un composé d acide nitrique ou d'acide nitreux et d'une madère charbonneuse. Dans se& Mémoires , M. Cheyreul prouve également que le tannin artificiel qui provient de Faction de l'acide nitrique sur les résines contient aussi une certaiae quantité de cet acide ou d'acide nitreux , et que la même chose a.lieu pour le tannin qui résulte de Faction de Tacide sulfurique sur le camphre et sur les résines , c'est4dire , qu'il retient toi\|oiirs une portion de l'acide employé. Observons cependant qu'il est plus probable aujourd'hui que l'acide sulfuiîque passe à l'état d'acide hypo-sulfu* rique , et d'acide nitrique à l'état d'acide hypo- nitreux. {F^oy» le Mémoire deM. Hatchett , ^nn. de Chim.^ t. lvii, p. 1 13 ^ et celui de M. Chevreul, ^nn. de Chim. U jlxxiI) p. ii3;ett..Lxxiii9p*36.)
Puisque , d'après les expériences de M. Chevreul, il est prouvé^ que certaines matières , en se combinant avec les acides , acquièrent les propriétés caractéristiques du tannin , jsans doute plusieurs espèces de tannin naturel ne sont, que de^ composés de cette nature : c'est ce qu'autorisent encore à penser les obseiirations faites par M. Pelletier< (^Ann. de Ckim.^ t. lxxxvii, p. io3.)
Les tannins contenus dans les fruits sont ceux sur la nature desquels il nous parait qu'on peut élever le pins de doute comme corps immédiats» Peut-être même tous sontils dans ce cas : ce qu'il y a de certain , c'est que l'on n est point encore parvenu à obtenir sans acide ^Uique le tannin de la noix de galle et des écorces \ et que , par conséquent, il est permis de croire que c'est à cet acide qu est due la propriété quV ce tannin de précipiter ea noir le tritoxide de ter.
Le tannin a plusieuna usages très^-imporlans^ CeU eu
DE L^ULMIIIE. ^4^
le combinant avec les peaux gonflées qu'on prépare lo cuir. Uni à Tacide gallique et au tritoxide de fer, il forme' la matière dont on se sert le plus souvent pour teindre les étoffes en noir ou en gris , et pour former Fenci^e (a). Cest en tannant tous les trois ou quatre jours leurs filets avec. Técorce de chêne que les pécheurs parviennent à les conserver. Quelques médecins ont proposé Temploi du tannin dans certaines maladies. Enfin les chimistes s'en serventcomme réactif pour distinguer les oxides métalliqutii ; mais alors il est toi:gours associé à Tacide gallique. Â cet effet ils font une infusion de noix de galle , et versent une portion de cette infusion dans les liquides où ils soupçonnent la présence de quelques sels métalliques suscopiibtes de décomposition par ce moyen.
De FUlmine.
1676. L^ulmine a été découverte en 1797 par M. Vau- ^odin^ en faisant Tanalyse d'une exsudation brune à^ôrce d'orme. {Ann,de Chim, , t. xxi, pag. 44-) MM. Klaprotb, Berzelitls^ Smi(hson et Braconnol s*en sont en-'
(a) 'L'encre eut ime combinaiBOO de tannin , diacide galliqae et d^oxide de fa- ; Jet antres aobstapcea qui entcent dana aa compositioD aervent a w lementà loi donner de La conaiatance et du brillant. Rien de ai &dle que la., préparadoQ de Tencre. Il fi^ut mêler un tiers de copeaux de bois de oampâ<Âei deux tierade noix de galle pulvérisée, les faire bouillit- dans yingt- ÔBfi&if t^m-poida d'eau peadimt deux heurea , et remplacer Teâû'^ me— nie qa'elle s'évapore. D Wtre part , on fature de Peau ^ède ^vee<de \*^ gomoie arabique .concassée, et l'on fait aussi une dissolution de sulfate de i«rcaldné ; cette dissolution doit marquer i4 ^ iS» à l^aréomètre \ on y ajoQte du sulfate de ouiinee dans la proportion de un tr^zième deta ùoix* âe gdle employée. Cela étant fait , ou mêle six mesures de décocfion deooii de gaUe et de campeche à quatre mesures d'eau. gomméç ,ist on y Verse ensuite trois 3i quatre mesures de la solution de sulfate de fer, eu ayant soin d'agiter la liqueur, qui aussitôt devient d'un beau noir, (^of . , pour plus de détails, la Chimie appliquée aux arts ^ par M. Chaptal., t^ XV| p.'i/Selsuiv. ) ..... ,
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imite 'oceop^s saccessirement. Suivant M. Berrelitts,* rulmine formerait une partie constitiunite de Técorce de presque tous les arbres. M. Braconnot Ta trouyëe dans le terreau que contenait les racines creuses d'un vieil arbre, dans la tourbe , ainsi que dans une tariété delig^nite terreux brunàtreietc* De plus^ il est parvenu k la produire artificiellement , en chaufiant arec un peu d'eaii j dans un creuset d'argent ou de fer, parties égales de sciure de bok et41e potasse caustique à la cbaux ^ comme on l'a indiqué (i468) (n).
L'ulmine ainsi obtenue est soKde , d'un noir brillanC comn^e du jayet ^ très^fragile, peu sapide et inodore , insoluble dans Veau froide ^ sensiblement soluble dans Fean bouillante , qu'elle colore en brun jaun&tre ^ beaucoup plus soluble dans Talcool et dans.Facide sulfurique conr centré : aussi est-elle précipitée de ces deux dissolutions par l'eau.
Il parait qu'elle rougit à chaud la teinture de toumeiBoL
Elle forme avec la potasse et avec l'ammoniaque de» combinaisons trèssolubtes dans l'eau f et qui sont décomposées par les acides , l'eau de chaux et les sels tenreux.^
La dissolution d'ulmine est entièrement décolorée par les nitrates de plomb et de mercnre, qui y forment des dépôts bruns.
Enfin , les nitrates de baryte et d'argent ^ le trito-ralfaite de fer « les chlorures de sodimm et de calcium y Tacélste d'alumine, produisent dans cette liqueur des précipités qui n'ontlieu que quelque temps api*ès le mélange, (^lui» de Chim. et de Phjs., t. xii y p. 190. )
{a) M. Cherreul a observé que , lorsqu^oa chauffait ainsi de la adarer fie boia avec de ta potasse humectée , il se dégageait en abondance da ga» hydrogène uni à très-peu de carbone , et qu^en délayant ensuite la mai«o dans Teau , elle absorbait k TinstAut même ro»Kèae de Tair et passait àm jaune au brun.
DE U SÈVE. %^i