‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 4)Chapitre 22 sur 64 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1677. Après avoir examiné la formation générale des v^étanx et leurs différens matériaux immédiats , il serait nécessaire de rechercher quels sont ceux de ces matériaux qui constituent chaque organe ou chaque partie végétale ; nais nos connaissances sur ce svget sont si incomplètes et si bornées relativement à son étendue , que nous n'au-rons presque rien à en dire. Nous nous contenterons donc de jeter successivement un coup-d^œil, i^. sur la sève 'y a®, sur les sucs particuliers ; 3^. sur le bois et les racines : 4^. sur Técorce ; 5^. sur les feuilles ; 60. sur les fleurs ^ 7*. sur le pollen ; 8*. sur les semences 5 9®. sur les fruits ^ lo®. sur les bulbes. Nous considérerons aussi les lichens 9 les champignons, plantes qui différent des aotres sous tant de rapports.

De la Sèsfe.

1678. Les seules sèves qui aient été examinées jusqu'à ce jour sont celles de Forme (ulmus campestris)^ du \Jsat(Jagus sjlifestris) , du charme (carpinus sjrWestris)^ duboaleau (ietula alba)^ du marronnier |. de la vigne {vidsffinifera). Cestà M. Yauquelinque Ton doit Fexameades quatre premières , et à M« Déyeuv que Ton doit celui de la dernière ; la cinquième a été examinée par Tua et par Tautre. Toutes sont presqu'aussi liquides que Teau. Immature varie.

1679. Sève Sorme. —L'on ^ recueillit trois portions ; Timeila fin d'avril -1797) une autre quelque temps après; f antre un niois plus tard.

La première avait une couleur rouge fauve, .une saveur douce et mucilagineuse) elle ne rougissait presque pas la leinlare de touimesol.

PE LA SKITB.

10^9 parties se sont trouvées formées de, *

Kau et malicrcs volatiles 1027,905

Acétate do polosso 9;^4<>

Matière végétale. , t * 1,060

Carbonate de chaux ^j79^

La deuxième contenait un peu plus de matière v^étalq ci un peu moins de carbonate de chaux et d^acétate de potasse que la première. La troisième contenait encore moins de carbonate* de chau3ç et d'acétate de potasse que ceWeii.

En abandonnant la sève d'orme à ellermème dans un flacon ouvert ; elle se décompose peu à peu , et Tacétate de potasse qu'elle contient se change en carbonate *^ d'où Ton voit pourquoi ce carbonate fait partie de la matière que Von rçcueiUe sur les ulcères de ces arbres.

1680. Sèi^e du hêtre. — • L'analyse en fut faite en mars et un mois après. Sa coqieur , à la fin d'avril, était d'un rouge fauve; sa saveur y analogue à l'infusion de tan; son action sur le tournesol , faible. Elle était formée , en mars comme en avril , d^une grande quantité d'eau , et de petites quantités d'acétate de chaux , d^acétate de potasse , d'acétate d'alumine , de tannin , de matières muqueuse et extractive , d'acide acétique et d'acide gallique.

1681 . Sève du charme, — M. Yauquelin examina cette sève dans les mois d^avril et de mai. Elle était incolore et claire comme de Feau. Sa saveur était légèrement sucrée et douceâtre , et son odeur un peu analogue à celle du petit-lait. Elle rougissait fortement le tournesol. Ou peut conclure des expériences- auxquelles M. Yauquelin la soumise , qu'elle est composée au moins d^une grande quantité d'eau et de petites quantités de sucre , de matière extractive, d'acide acétique, d'acétate de chaux, et sans doute d'acétate de potasse : aussi , lorsqu'on abandonne cette sève à elle-même dans un vase ouvert , ' donne-t-clh

DES SUCS PjkRTlCULlEnS.' 2^7

saccessivement des signes de fermentation alcoolique et d/R fennentation acide.

1683. Sèue du bouleau. — Celte sève rougit forteipent la teinture de tournesol^ elle est incolore j sa saveur est douce et sensiblement sucrée.

Au nombre de ses principes constituans sont Veau , qui en fait la majeure partie , le sucre , une matière extractive , de Tacétate de chaux , de Facëtate d^alumine , et sans doute de Tacétate de potasse. Concentrée et mise en contact avec \e ferment , elle ne tarde point à feimen* ter; soumise ensuite à la distillation, elle fournit une asses grande quantité d^alcool.

i683. Sèye du marronnier. — M. Vauquelin n'en avant eu qu'environ i5 grammes à sa disposition, n'a pu la soumettre k im grand nombre d^expériences. Il a reconnu qu'elle avait une légère saveur amère , qu'elle contenait du mucilage , une matière extractive , du nitrate de potasse. Il y soupçonne aussi la présence des acétates de potasse et de chaux. {Annale^ dç Chimie y lom. xxxT , pag. ao. )

Des Sucs particuliers.

1684. I^ *®vc î parvenue jusqu'^aux feuilles , s'y altère et se transforme en des liquides nécessaires à l'existence du ?^étal. Ces liquides , qui paraissent descendre des feuilles vers les racines dans des vaisseaux appropriés , prennent le nom de sucs particuliers ou propres. Lea principaux sont les sucs laiteux, lès sucs résineux et huileax , les sucs mucilagineux , les sucs sucrés.

i685. Sucs laiteux. — Ces sortes de sucs doivent , eu général , leur aspect laiteux à une certaine quantité de résine ou de corps gras qu'ils tiennent en suspension.; ils renferment souvent , d'ailleurs , diflerentes substances folubles dans l'eau , particulièrement du mucilage. Les

248 DES SUCS PÀHTICULIEHS.

sucs laiteux qui méritent le plus de fixer Tattention sont ceux qui découlent par incision des plantes d'où Ton extrait les gommes-résines , ceux qu'on extrait du papayer, de Tarbre de la vache , des capsules du papaver album ou pavot blanc, et le suc qui produit le caoutchouc.

x686. Le pavot blanc se cultive en grande quantité dans rinde et FOrient. Après la floraison , on fait des in* cisions longitudinales aux capsules ^ il en découle un suc laiteux qui se concrète facilement. Ce suc , ainsi devenu concret , constitue Topium que Ton apporte en Europe sous forme de masses de différentes grosseurs.

L*opium^ si remarquable par ses propriétés médicales , est brun , dur i sa saveur est amère , acre , nauséabonde; son odeur est toute particulière. Il se ramollit à une douce chaleur : celle de la main est suffisante. Lorsqu'on le chauffe avec le contact de Tair , il s'enflamme promptement. H est formé de méconate acide de morphine y d une matière extractive , de mucilage , de fécule , de résine » d'huile fixe , de caoutchouc j d'une substance végétoanimale, de débris de fibres végétales, quelquefois d'un peu de sable et de petits cailloux ; et de plus , d'après M. Kobiquet, d'une matière blanche , cristalline, que M. Derosne a fait connaître sous le nom de sej[ d^opium j et qu'on appelle aujourd'hui narcotine. M. Sertuerne» pense, k la vérité , que celle-ci n'est que du méconate de morphine* Mais M. Kobiquet fournit une preuve de l'exis* tence simultanée, dans l'opium brut, de cette matière blanche et du méconate de morphine ou de la morphine > en donnant un moyen de les obtenir immédiatement*

« Si, au lieu de dissoudre l'opium dans l'eau, dit » M. Robiquet , on le traite auparavant par l'étlier , et

> qu'on l'épuisé de tout ce qu'il a de soluble dans ce vé-

> hicule , on obtient des teintures d'un jaune plus ou )i moins foncée qui , lorsqu'on les a agitées avec Topium i

BES SUCS PÂRTICUUEIIS. a.{()

y restent troubles long-temps après leur décantation ; peu

V à pea il s'en sépare une poudre insoluble dans Teau , » dans l'alcool et dans Féther, et qui , à la distillation , * donne une quantité considérable d'ammoniaque. Les

> teintures éthérées , séparées de cette poudre jaunâtre ^ n donnent par leur évaporation des cristaux qui sont im-

> prégnés d'une huile visqueuse, au milieu de laquelle » on voit nager de petites masses plus consistante^, qui » ne sont autre chose que du caoutchouc qu'où peut sé- » parer à l'aide d'un tube. Ou décante le liquide huileux » pour isoler les cristaux , et ou les traite par l'alcool » bouillant. On obtient ainsi par refroidissement du sel » de Derosnes, légèrement imprégné d'un peu de caout- 1 chouc. Une nouvelle dissolution les en dépouille tout* « à-fait; ainsi on isole très - facilement , par ce moyeu,

Y quatre produits différens : une huile fixe, du cooiU- 3» chouc y une substance végéto - animale et le sel dont n nons avons fait mention. Cet opium , ainsi épuisé par n Téiher et repris par Teau , donne des dissolutions tout )• aussi acides qu'auparavant , et qui se comportent avec » la magnésie comme si l'opium n^eût pas été primitive-'

' » ment traité par l'élher , c'est-à-dire , qu'on eu obtient » à-peu-près la même quantité de morphine et avec au** » tant de facilité (1379, et 3* vol., pag. 7o3).

» L'on voit donc que ces deux substaj^ces cristallines n existent dans l'opium d'une manière tout-à-fait indén pendante l'une de l'autre : c'est aux physiologistes et > aux médecins à déterminer maintenant quel est le mode 1» d'action de ces deux corps dans l'économie animale , » et a nous dire si nous devons chercher à les conseirver 3» Vuu et l'autre dans les préparations que nous iaisons » subira l'opium pour l'usage médical, »

Le sel d'opium ou plutôt la narcotine est blanche , in* ripide , inodore , sans action sur le tournesol et sur le si-»

aSo DES 5LCS PAnTiCULIERS.

rop de violettes. Elle cristallise en prismes droits, â base l'homboïdale, souvent réunis en petites houpes. Chauffée dans une cornue , elle se fond d'abord , puis se décompose et donne lieu à Ions les produits qui proviennent de la distillation des matières animales. Projetée sur les charbons ardens , elle brûle avec flamme. Elle est insoluble dans l'eau froide et soluble dans quatre cent fois son poitk d'eau à loo®. L'alcool en dissout t^œ. quand il est bouillant , et seulement TT^m. à la température ordinaire.

L'éthcr, les huiles volatiles , dissolvent aussi tr^s-blen la uarcotine à chaud. Mais de tous les dissolvans de la narcotine , les meilleurs sont les acides : ils en opèrent la dissolution à froid. Les alcalis , au contraire , sont presque sans action sur cette substance 5 ils augmentent à peine sa solubilité dans l'eau : aussi précipitent- ils tout-à-conp les dissolutions acides de narcotine (Derosnes).

La narcotine exerce une action très-forte sur réconomic animale, et différente de celle de la moi'phine. Un grainde narcotine dissoute dans l'huile produit sur les chiens une stupeur qu'on ne doit point confondreavec le sommeil qne la morphine occasione^. Les yeux restent ouverts , la respiration n'est pas profonde -, l'animal est morne et immobile , et la mort arrive ordinairement dans les vingt-quatre heures. Administrée avec les acides , elle perd prçsque toutes ses propriétés vénéneuses , tandis que la morphine n'en perd aucune.

Données ensemble, elles exercent chacune le genre a action qui leur est propre. M. Magcndie, à qui sont ducs ces observations (Journal de Physiologie expérimentale, t. I , p. 32), explique , d'après cela , les effets variables de l'opium , où se trouvent tout à la fois de la morphine et de. la narcotine. On les préviendrait en préparant 1 extrait d'opium par la méthode de M. Robîquet , mcthod^ qui consiste à faire l'extrait d'opium à froid, et à le scpi^^'

DES SrCS P4RTICLMERS. 55^ I

de lanarcotine qui le contient par de rëlher, qui dissout celle-d, et est sans action sur le méconate de morphine.

L opiam bmt ne s*empIoie guère qu^extérieurement. Les médecios n^ordonnent, en général, à Fintérieur que Textrait préparé en traitant l'opium par une grande quantité d'eau froide. Cet extrait agit comme nous l'avons dit plus liant, {f^ojez, pour plus de détails sur l'opium, ï^. le Mémoire de M. Derosne, Annales de Chimie^ tom. II.V, pag. 2575 a^. celui de M. Sertuemer, Ann, deChim. et de Phjrs, , t. v , p. 21 5 3^» les Observations de M. Robiquet sur le Mémoire de M. Sertuemer, Ann. ieCkim. et de Phjrs., tom. v, pag. ajS; 4^. l'action de la morpbine sur l'économie animale , par M. Orfila , Ann. de Chim. et de Phys. , tom. v , pag. 288 \ 5*^. l'action de la morphine et de la narcotine aussi sur Vécono* mie animale , par M. Magendie, Journal de Physiolo' gie expérimentale, )

1687. ^® ^"^ ^ papayer s'extrait par incision d'un végétal nommé carica papaya^ qui croità l'Isle-de-France, an Pérou, etc. Il a été analysé par M. Vauquelîn et par M. Cadet-Gassicourt , qui le tenaient de M. de Cossigni cl du docteur Roch. C'est surtout avec les échantillons de M. Roch que l'analyse a été faite. Ce suc avait été rapporté dans trois états : i^. à l'état solide, et sous forme de lames d'un blanc jaunâtre , obtenues au soleil dans des aissieties; 2^. à l'état de suc naturel, renfermé dans des nses bien bouchés \ 3^. à l'état de suc naturel mêlé au sucre. Le premier et le dernier s^étaient bien conservés ; 1 antre avait fermenté. D'après M. Vauquclin, le suc dé papajer est composé d'eau , d'une grande quantité de inatière animale et d'un peu de graisse. Cette matière «uiîpale possède toutes les propriétés de l'albumine, si ce n'est qu'après la dessiccation elle est toujours trèssoluble dans Teau , tandis que Talbuminc y devient in-

aSa PEi sucs PiRTieULIEM.

sjluble. {Annales de Chimie, tom. xlix, pag. igS.)

1687 ^iV. 5t4c on lait de Varbre de la t;acAe.*-Ce suc, sur lequel M. de Humboldt a fait diverses observations , contient, de même qne le suc de papayer , nu corps gns et des matières animales (y^/z7ia/e5 de Chim. et de Phjs., t. VII , p« 8a. ) Les naturels le regardent comme un aliment salutaire; ils en boivent beaucoup : c'est nn véritable lait 'végétal qui n^a ni àcreté ni amertume , dont Todenr est balsamique , et dont les parties constituantes sont , sni* irant MM. Boussingault et Mariano de Rivero , beauocmp d'eau et de cire, de la fibrine , un pen de sucre ] on j trouve en outre une petite quantité de silice et de sels cal* Caire et magnésien. La cire forme jusqu^i la moitié da poids du lait végétal. L'arbre dont il découle en grande quantité par incision (palo de lèche ou de *vacca) croit assex aibondanunent dans les montagnes qui dominent Periquito, eitué au nord-ouest de Maracay , village à T ouest de Ca* raccas. ( Ann. de Chim* et de Phys,, tom. xiciii, p. 2x9.)

x688. 5uc5 résmtfuor et Auîftfux.— Nous comprenons I eous cette dénomination , les sucs qui sont formés de ré* aine en dissolution dans nue buile essentielle , et qui restent liquides long-temps après leur extractioa , tels qne la térébenthine ; ceux qui , contenant beaucoup plus de résine que les précédens , s'épaississent tout de suite , tels que le mastic, etc. ; enfin tous les sucs entièrement ou presque entièrement formés de corps gras. L'histoire en ayant été faite précédemment, nous ne nous en occuperons pas.

1689* Sucs mucilagineux. — « Beaucoup déplantes contiennent d^ sucs qui sont sans saveur, sans odeur, dont la base est le mucilage : telles sont celles que nous avons indiquées en parlant de la gomme ( i46i )•

l6go. Sucs sucrés. — * L'on peut désigner par ce nom le sac de la canne , celui dafraxinus ornuSf qui , en s'épai»aissant » constitue la manne » etc. > etc.

DBt BOIS* %Si

1691* Quoique la manne soit très^onoe , elle ne contient qa^nne très*petite quantité de ancre* Il parait qu'elle estprindpfilement fomnée de deux corpa particuliers ; Tnii cristalliaable, que noos avona appelé ina/i7iîite(i449) j ^ dans lequel réside la saveur ancrée ; et Tautre incristalKsable etmuquei^x. Peut-être en renfenne*t-elle encore un autre auquel elle devrait sa saveur et aon odeur nauséabondes. On distingue dans le commerce trois espèces de manne : la manne en larmer, la manne en sorte et la manne grasse^ La manne en larmes est «olidey blanche^ légère , douce et sucrée, quelquefois cristalline à la surface : toujours sous forme de stalactites , elle contient beaucoup plua de mannite que de mucilage. La manne grasse consiste en un amas de frâgmens aglutinés par un sue TOqoeux^ elle est brune « molle 9 pesante^ son odeur est nauséabonde ; sa saveur Test aussi ^ mais elle est en même temps sucrée : le mucilage domine dans celle manne. La maime en sorte tient le milieu entre la manne en larmes et la.manne grasse. Toutes trois sont produites par différens arbres j surtout par les mélèsea : c^est du fraxinus omus qu*on Téxtrait en Galalue , et du larix europœa (laâised^Europe) qu^on la retire à Briançon*

La manne n*est employée qu'en médecine 5 on Tadmi-* nistre comme purgatif; le plus souvent on Fassocie au séné et au sulfate de magnésie on de soude«

BfM. Proust, Theikard, Bouillon-Lagrange ont fait sur cette substance des recberches dont Ton trouve les i^teiltats jinnales de Chimie, tom. lvii, pag* i43; tom, ux » pag. 5i ; et Journal de Pharmatie^yoïau m >

Des Bois*

169a. Les bois ont tous pour base la fibre ligneuse ; ils en coniieiment au moins les o^gS k, 0,96 de leur poids.

956 t>1S5 BOIS«

les lieux qui ontd^ii seni , comme étant plus secs quelei autres. Ensuite , au milieu de cet espace ou de cette aire^ ils plantent Terticalement un long pieu, placent horizontalement, sur le sol , de gros rondins , qui représentent les rayons dVn cercle dont le pieu est le centre , fixent avec un piquet Textrëmité extérieure de ces rondins et les coitvrent de petits bois : cet assemblage porte le nom de plancher* Alors ils rangent le bois autour du pieu ^ en in* clinant légèrement tous les morceaux et ayant soin de mettre les plus gros au centre. LorsquMls ont recouvert la surface du plancher , et qu'ils ont ainsi formé un ctme tronqué > ils en établissent un autre sur celui-ci, et quelquefois même un troisième sur le second : t;es cônes supei^ posés ^^fpeWent fourneau.

Cela étant fait , ils répandent du petit bois sur la surface du fourneau , puis de Therbe et de la terre , ne laissant à découvert que les rondins placés à la base : un ouvrier monte au sommet du fourneau , enlève le pieu qui en fait le centre , et jette du petit bois sec et quelques tisons enflammés dans le trou qui sert de cheminée. Le foumenu ne tarde pas k s^allumer ; la flamme s^élève , et dès qu'elle s'échappe par le haut de la cheminée , celle-ci est aussitôt bouchée avec du gazon. A partir de celte époque, les charbonniers doivent toujours rester auprès du fourneau, ou du moins le visiter souvent, afin de boucher les crevasses quf peuvent se fonner. Si le vent souffle avec force et rend la combustion trop active , ils lui opposent des claies. Si le feu brûle inégalement , ils donnent de Tair en pratiquant de légèi^s ouvertures du côté où il est moins actif.

Au bout de trente heures , le fourneau parait entièrement rouge. A celte époque ils étouffent le feu en le couvrant d'une couche de terre très-épaisse. Un jour après , ils ratissent celte couche , découvrent le charbon , Téteu-

DES BOIS* iS^

àéût sur le sol i et enfin le mettent en sac le troisième jou» ré?oln , du moins dans le cas où la carbonisation n'a lieu que sur quatre à cinq cordes à la fois. ,

De loo parties de bois ) ou retire ordinairement 17 à i8 parties de charbon.

Eli charbôunant lo bois, comme nous venons de le dire,

on brûle non-seulement une portion du carbone en raison

de Vair qui se renouvelle^ mais encore Ton perd tout Tacido

aeétique, toute Thuile-goudron et tout le gaz bjdrogèno

carboné qui s'y forment. LorsquVu contraire Topération

se fait dans des vases fermés , on peut la conduire de telle

manière que tous les produits soient recueillis. iC'est ce

dernier genre de carbonisation que M. Mollerat a exécuté

le premier à Nuits , et qu'on exécute actuellement à Choisy

près Paris. Nous allons donner une idée de l'appareil

adopté dans l'une des fabriques de Choisy. Cet appareil se

compose, i^. d'un fourneau dont le dôme est mobile;

2^. d'une chaudière cylindrique en t61e très-forte , assei

grande pour contenir une corde de bois , et sur laquelle

s'adapte un couvercle qui est lui*méme en tÔlie( on lades^

cend^ms le fourneau* toute chargée au moyen dNme grue >'

ei ou Venlève de même pour la remplacer paf itn^ autre ;

elle est recouverte d'une légère* couche ât teirre à four*}

3^. d'un tuy^^ en tMeaidapté hbrizontalétntem à la partît

supérieure et latérale de -la chaudière, etlongdeqUelqu«i

décimètres ; 4^* ^'^^ lUyàti en cuivre qui , en secourbant ,

va successivement ]^longer dansdeux touneatnc ]^leins dt'eau;

Cl de là se rendre datis ^le fourtiéllti;\Ari'îvé au fond d^

tomieaux, il «se' dilate* ie* licwl^^hKque 'boule est percée

inférieurement d'un trou auquel correspoiïd un tube délit

Vextrémité plonge da^s 1 Wde pyro-ligneux : c'est par ce

tube qu'on retire cet acide et le goudron. Quant au gaz în-

flanÛDable , il e4t conduit évidcoKmeilt dans le fourneau , et

fertienéiitreienir lachaleoTi x^opaities dd bois fouruissent

rr. Il

nSZ sts tcomcis.*

environ 38 parties de charbon. ( Vojex le raj^port fiiitpar M « Vauqnelin sur le Mémoire de M. Mollerat^ concemaat la carbonisation du bois en vaisseaux clos, et Temploi de di/Térens produits qu'elle fournit. ( Annale$ de Chimie, tpm. Lxvi , p, 174. )

M. Colin , en examinant ayec soin les produits liquides que fournit la distillation du bois , a vu qu'ils contenaient de Fesprit pyro^acétiqueel une huile essentielle empyreumatique. L'esprit pyro-acétique provient sans doute des acétates qui se trouventdans le bois (i 3 1 1). (Ann» deChùn^ et de Phjs. , t. xii, p. ao5.)

La cause pour laquelle on n'obtient que 17 1 18 pour zoo de charbon par les procédés ordinaires dépend surtout de ce que les charbonniers , quelque chose qu'ils fassent , ne peuvent pas se mettre à l'abri des courant d'air. Si donc on entoui^it de toutes parts le fourneau » la quantité de charbon que l'on obtiendrait devrait être plus considérable : c'est ce qui résulte des expérietices de M. Foucault. Au lieu de 17 à x8 , il obtient 2a à a3 d'excellent charbon. Son procédé ^ pour lequel il a pris un brevet d'inventiom ^ et qu'il a exécuté à Bercy , est fort sim^^e : c'est le même que celui des forêts ^. i cela près qu'aulo«r et à quelques pieds du foutneau » se trouve établie une foison en plai|ches,que l'on mOate et démontée volcmté* JL'acide pyro4igneux qui se condensa continuellement sur $es parois internes la garantit du feu; elle a la mêmeforflie q[ue le fourneau : seul^oAent elle présente deux ouvertoreSy l'une supérieure qii'on.ne ferme pas , et l'autre latérale quel'on ferme avec uarideau de toile. Celle*ci sefit d'eairét «u charbonnieri

Des Exerces.

, 1693. L'écbrce est oomposée de trois parties :^e Véfk^ derme , du pat*cnchyme et des.couches corticales.

D8S ÉcoRcis. sSg

L^épiderme est une membraue extrêmement mince, tninsparesate , qui recouvre tout le végétal. On robserv0 làdleme&t dans le bouleau. Fourcroy a supposé qu'il était de mâme nature que le liège » et M. Cbevreul a rendu cette supposition très* vraisemblable (a). Sous Tépiderme su trouve le parenchyme , substance verte , remplie de suc, et qui présente une multitude de fibres se croisant en tout sens comme celles d^un feutre,

Enfin , sous le parenchyme sont les couches corticales V qui paraissent formées de plusieurs membranes très-' minces , placées les unes sur les autres. Chacune de ces membranes se compose de fibres longitudinales qui , se rapprochant et se séparant alternativement , donnent lieu à une sorte de réseau dont les mailles sont pleines de sub«* «tance cellulaire verte.

On concevra facilement , d'après cela , que ^ quoique la fibre forme la m^eure partie de Técorce » celle-ci peut assez varier dans sa nature , eu raison dés antres substances quelle contient souvent , pour prendre des propriétés trèsdiverses : c^est en efiiet ce que prouve Texpérience. Con^» tentoos-nous de parler des écorces qui sont employées dans les arts ou en médecine.

1694. Êcorce de chêne. — Cette écorce est astringente) rédmie en poudre elle constitue le tan dont ob se sett en Ennqpe; elle oontieni donc une assez grande quantité de tannin. Presque tontes les autres en renferment aussi y de sorte que Ton pourrait les employer pour tanner.

i6^. Éeofce du laurus cinnamomum, -^ lie launii ^nnarmomum est un arbre que Ton cultive principalement

(ai) M. Daty a reconna que r^piderme des gramîtices contenait une piiBfde ipantité de «ilicfl : 100 parties d'^pklerme de canaebounet conttennent 90 de silice; 100 dMpiderme de bambou en coutiennent 71,4 S 100 de roseau oommun en oontieiuie&t /^%i j 100 de tiges de blé en cou*

263 DES ÉCOIICES.

de brucîne unîe à Tacîde gallique, de matièi^ grasse, de beaucoup de gomme, de sobsunce colorante jaune, de traces de sucre , de ligneux. C'est à la brucine qu'elle dcrit son action surFëconomie animale. {Ann. de Chinuetit

Pkys. , t. XII , p. |32.)

1697. Ecorce de dinchona, — Le quinquina ou kîna, si remarquable par son amertume et par ses propriétés fébrifuges , dues à la kinine ou k la cinchonine qu il contient, n*est que Técorce de diverses espèces de cinchonay arbres qui croissent en Amérique , au Pérou , etc.

Ces écorces ont été analysées par MM. Pelletier et Ca- 'ventou. Nous n'entrerons pas ici dans le détail des méthodes qu'ils ont employées ; nous nous bornerons à rapporter le résultat de ces analyses.

lie quinquina gris est composé :

\^. De cincbonîne unîe à l'acide Unique 5

a^. De matière grasse verte \

3°. De matière colorante rouge (rouge cîncboniquc de

Keuss)-,

4®. De matière colorante rouge soluble , variété dt lanuin ;

5®. De matière colorante jaune ; .

6^. De quinate de chaux ^

7^. De gomme;

8^. D'amidpn;

9^. De ligneux.

Le quinquina jaune présente nne copiposition très-axia-' logue : seulement la quinine rfsmplaceici la câucboaiiie y \ " et il n'existe pointde gomme dans ce qqînqurcuu «.

, Le quinquina rp\ige contient les deux mièmes.pJTtt^'P^iebrifuges que les deux précédei^tes espèces , c'est-«*dire» qa'on y rencontre à .la fois la quinine ^t U cim^xiixxt Ç9 portes proportions.

Di$ ÉcoRcn« «6î

lit qainquiiia de Carllugène offre une composhioa analogue a celle dn quinquina i^uge , et coiuieQt lea deux Imes aalifiables , mais en plus petite quantité.

Le quinquina de Saînte-oLucie , qui n*est pas un «m* ehona mais un exosiemma , ne contient ni quinine ni cinclMmine^ et r^iferme une matière infiniment pVus amère ^ qui I si elle est alcaline , ne jouit de cette prc^riélé qu^â un tràs-faible degré.

Parmi les difRSrentes substances qui entrent dans la composition des quinquinas , nous ferons remarquer celle que nous ayons désignée s6us le nom de rougê cinchonique. Cette matière, qui, par elle-même , ne précipite pas la gélatine, acquiert cette propriété lorsqu^aprè» a voir été combinée à une base salifiable , on la sépare par le moyen d*un acide : elle jouit aussi de quelques auir^ piopriélés qui lui sont tout^-^it particulières.

M. Vauquelin ayant eu occasion d'examiner Técorce dn stryeknos pseudfhkina , appelé vulgairement quina dû Campo , ou de Mandahha , et rapporté du Brésil par M. Auguste Saint-Hilaire , s^est assuré qu'il ne renferiDsit point de base végélak , et que la propriété fébrifuge ^ dont il jouit appartient à une matière amère. (^Bulktin de la Société phHomatiqua pour 1 8a3 , pag<^ 39. )

1697 Us* Ecorce du daphne alpina. M* Vauquelin ayant soumis eette écorce à Fanal jse, en a retiré un prin<cipe ftcre , peu volatil , aujourd'hui regardépar quelques dnmisies comme une véritable base sâUflabln (^4^6)»' ime matière cristalline particulière , de la réaine verte, une sabstance végéto- animale , de' la fibre ligneuse, et des sels de nature diverse. Il a retrouvé tôùsc^s produits daa» toutes les antres parties de la plante^ il a rencontré sussflè principe Acre , même ^n grandé^ttatHité,'dalis Técorce du €laplme gnidium , qu'on emploie en métier cîiie pom* (aire des exutoires et des pommades épispas-

a64 ^^^ Éconces.

tiques ; maïs il J a reclierdié en vain la ttiatit^ amère

cristalline.

Lorsque Ton vent se procurer cette m.itière, il fautdone Textraire du daphne alpina. A cet eOet^aprt» avoir traité {mr de Talcool chaud cette écorce coupée par petits moiv ccaux , on di&tille presque jusqu'à siccité la dissolution ^ dont la couleur est d'un beau vert. Sur le résidu Ton verse une certaine quantité d'eau , et Ton jette le tout sur un filtre pour séparer la matière résineuse qui se dépose. Alors on lyoute de Facétate de plorab à la liqueur : il en xésulte un précipité d'une très*belle couleur jaune. Ce précipité , lavé convenablement , est ensuite délayé dans l'eau 9 et soumis à l'action d'un courant de garz hydro-* gène sulfuré qui décompose l'oxide de plomb , en don* nant.lieu à de l'eau et à im sulfure noir, et qui met en liberté les. matières avec lesquelles cetoxide était combiné» Enfin on' filtre la nouvelle liqueuc , on la oancentre, et il »y forme , dans l'espace dç quelques jours , de petits cristaux transparens , k facettes brîllaptes , ayant une certaine dur^té.9.une couleur grisâtre et une saveuc.extrôme-

Tucntamère L' c'est la matière nouvelle contenue dam le daph^

Cette matière, e3t blanche* Prqjetée surdescharliPiis in- .cmâ^cens.^ .ell^ se résout facilement et promptement e.n yapeilr piquante» Elle n'est. que peu soluble dans Ji^eau .froide.; .:eUe se dissout en assez grande quantité dans Feaui. limante pour qtie . celle-ci pnis^Qeii aban- ,49ilAer.p^V/ je refVoid^^tncnt sous une foi^ne çftsMiklline* Sa dissoliitiop^ n'est pas troublée par l'acétate de plomb , de sorte qwi. » ce srf la pré.cjpitç dans, q^iejqy^. cireçnstances. , cela ne peut être que par l'eflet de quelques nalières étra:^ères. .{Annales de Chimie , .ton). z«?^^X(v ,

Mf Yauquelinaterininésonmémoire par ilpç.ré{le^oii

trop importante pour que nous ne la citions pf^s : « Il T» paraît que les substances végétales acres et caustiques yt sont huileuses ou résineuses; et ce qui n^est pas moins » remarquable , c'est que* les plantes qui recèlent de» D principes acres et vénéneux ne contiennent point ou • presque point d'acide développé ; que , conséquemmént^ •I on doit se défier des plantes qui ne sont point acides , 9» et qu'au contraire celles où il y a des acides développés 3» ne doivent point inspirer les mêmes craintes. »

1698. Liège y ou partie extérieure de Vécorce' du quercus suber. — Ce corps , que Fourcroy considérait comme un des matériaux immédiats , est composé , selon M. Chevreul , d'un tissu cellulaire dont les cavités cou* tiennent des matières astringentes , colorantes et rési-* neusesou grasses. C'est à ce tissu que M. Chevreul a donné le nom de subérine, et c'est k la matière grasse qu'il a donné celui de cérine, (yànn. de Chim., t. xcvi ,p. i^i.) 1698 bis* Ecorce de la racine d'orcanette ( lithosper^ mum tinctorium). Cette écorce contient une matière colo« rante rouge, dont M. J. M. Haussmann a parlé dans le soixantième volume des y^nn. de Chim. , et que* M. Pel-* letier a examinée d'une manière toute particulière dans le sixième volume du Bulletin de Pharmacie^ pag. 44^- C^est d'après la disserutâon de ce dernier chimiste que nous allons tracer l'histoire de cette matière colorante.

Le procédé le plusdirect que l'en puisse eàiployer pourobtenir la matière eolorante'de la racined'orèanlette consiste à diviser l'écorce de cette racine , à la mettre en.coft^ iact avec de l'éthcâr'ipi'on réùouv8Uie:phisieur&- fois , et a faise évaporer la diAUmJâoD éthérée : le^résiduiest la ma**lière même dans son plus gr^ndélat de pUreté. . Amai obtenue ,* bette «nsdière est solide , en masse , et d^un rouge si foncé<ipi'^le parait brane ; sa: cassure est lésineoseJ ;- ^-a ; ^ f •. ■

a66 0ES ÉcoBcEa.

Une cbaleiir de 60 degrés auifit pour la fondre ) distillée en vaisseaux clos y elle se décompose à la manière de toutes les substances hydrogénées, sans qu^il se produise de traces d*ammomaque.

L'air ne Faltère pas ^ la lumière finît par en affaiblir Ift teinte.

L'alcool 9 les huiles , les corps gras , l'acide acétique , «t surtout l'éther, dissolvent facilement la matière cola-< rante del'orcanelte , et prennent une teinte rouge plus cm moins foncée*

L'eau n'en dissout qu'une quantité presque ineensiUe : ▼oilà pourquoi , lorsqu'on verse de l'eau dans une dissolution alcoolique assez concentrée de matière colorante , celle-ci se précipite tout-à-coup ; dans cet état de division , elle s'altère promplement en pointant la liqueur à l'ébulK-* lion : elle passe d'abord au violet, puis au bleu fencé* L'eau bouillante , mise en contact directement avec la bu^ tière , lui fait aussi éprouver de semblables altéi^tions , mais beaucoup plus difficilemœt.

L'acide sulfurique faible est sans, action sur la matière colorahle de l'oircanette. Celui qui est concentré la dissout a chftud avec dégagement de gaz sulfureux. .

Ii!acide nitrique la décompose en doinuott lieu & dm l'acide oxalique , A une petite quantité de substance ami* re,. etc.

Le chlore la décolore à Tinatant.

Les alcalis en changent la coufeor- en un ttès-^beaa Ueu.

Plusieurs -dissolutions salines pDailiusent ^ dans la dis^ solution alcoolique de la coKlenr:ifb'dtc«Âelte, de véri^ tables laques : telles sont , p^r exemple , celles d'acétate de plomb , d'hydnx;hlorate-d!étain,td^ sublimé corrosif. M. Pelletier , . trouvant danajceClB s^ie de résultats des ca^ ractères qui n'appartiennent qu'a la matière colorante d«

DBS ÉCOUCVS. ^67

la mcine de rorcanette , pense qu'encore bien qa*elle se rapproche des résines , elle doit être regardée cooune par-ticnlière.

Ne serait-ce pas une résine combinée avec un autre corps très-foncé en couleur , et n'en serait-il pas de même des ftiatières colorantes du santal , du curcuma et de la partie verte des végétaux ? M. Pelletier n'a point manqué de se faire cette ol^jection ; mais quoiqu'il cite des expériences qui tendent i prouver que toutes ces matières sont pures , il nous semble que son opinion n'est point assez )>ien établie pour être définitivement admise.

1698 ter. Ecorce du Aoiur.*— Cette écorce sert principalement a la préparation de la glu. Pour obtenir 'cetu matière, suivant M. Bouillon-Lagt*ange , il faut prendre la seconde écorce du houx , la piler , la faire ensuite bouillir pendant quatre k cinq heures avec de l'eau -, puis la retirer du bain , la placer dans des pots de terre à la cave , Yj enterrer même , et l'j laisser jusqu'il ce qu'elle soit pourie ou jusqu'à ce qu'elle devienne visqueuse, en Tar^ roisant de temps en temps avec un peu d'eau : l'écorce se trouve alors transformée en glu, qui , pour être pure , n'a plus besoin que d^ètre lavée avec de Veau ordinaire. Il parait que la glu peut encore être préparée avec le gui de toute espèced'arbres et plusieurs autres matières végétales.

M. Bouillon -Lagrange est presque le seul qui «n ait examiné les propriétés avec quelque soin : tout ce que nous allons dire est tiré de son mémoire. {Aim. de Chim. , t. 1.V1 , p. n^. )

La glu est verdâtre , filante et tenace -, sa saveur est amère et son odeur analogue à celle de l'huile de lin. Exposée a Pair , elle se dessèche un peu et brunit^ elle se fond au feu , s'allume, et brûle vivement en se bonrsouf-^ flant et sans répandre l'odeur qui «caractérise les matières les, ...

a66 ]>Es écoBGBa.

Une cbaleor de 60 degrés suffit pour la fondre *, distîHéo en vaisseaux clos y elle se décompose à la manière de toutes les substances hydrogénées, sans qu'il se produise de iraces d*ammomaque.

L'air ne Faltère pas ^ la lumière finit par esi affaiblir la teinte.

L'alcool , les huiles , les corps gras , l'aoide acétique , «t surtout IVther , dissolvent facilonent la maftiire coio* rante deTorcaneite , et prennent une teinte ronge jdua moins foncée.

L'eau n'en dissout qu'une quantité presque ii ▼oiU pourquoi , lorsqu'on verse de l'eau dans une luticm alcoolique assez concentrée de matière colorante ^ celle-ci se précipite tout-à-coup ; dans cet état de division , elle s^alière promptement en pointant la liqueur à l'ëbalH* lion : elle passe d'abord au violet ^ puis au bleu foncée L'eau bouillante , mise en contact direciemoit avec la ma* tière , lui fait aussi éprouver de semblables altéi^cioiis ^ mais beaucoup plus difficilement.

L'acide sulfurique faible est sans action sur la nutière colorahte de l'orcanette. Celui qui est conceiitré la dîsaovit « chftud avec dégagement de gaz sulfureux.

L'acide nitrique la décompose en donnant lieu i dm l'acide oxalique , A une petite quantité de substiotce amarre,. etc.

Le chlore la décolore à Tinatant.

Les alcalis en changent la couleur en u» très-^beaa Jbleu. .* . -

Plusieurs dissolutions saUnea.psofluîsent ^ dans la dis* solution alcoolique de lacottlear.tdiircaÀe&te, de -^éri-^ tables laques : telles sont ^ pi^ exemple , celles d'acétate àe plomb , d'hydh>ichlorate d!étaiii,idQ sublimé corrosif. M. Pelletier , . ti^oumit dana]cettie s^rie de résultats des ca^ ractères qui n'appartiennent qu'à la matière colorante d«.

DBS éCOBCF.S. ^6j

la ncine de rorcanette , pense qu'encore bien qu'elle se rapproche des résines y elle doit être regardée comme particnlière.

Ne serail-ce pas une résine combinée avec un autre corps très-foncé en couleur , et n*eu serait-il pas de même des amiières colorantes du santal , du curcuma et de la parde Terte des végétaux ? M. PeUetier n'a point manqué de se Cadre cette objection ; mais quoiqu'il cite des expériences qai tendent à prouver que toutes ces matières sont pures , il nous semble que son opinion n'est point assez )>ien établie pour être définitivement admise.

1698 ter. Ecorce du Aouj:.-— Cette écorce sertprincipslement à la préparation de la glu. Pour obtenir 'cetie matière, suivant M. Bouillon-Lagrange, il faut prendre la seconde écorce du houx , la piler , la faire ensuite bouillir pendant quatre à cinq heures avec de l'eau 5 puis la retirer da bain , la placer dans des pots de terre à la cave 9 Ij enterrer même , et l'j laisser jusqu'à ce qu'elle soil; ponrie ou jusqu'à ce qu'elle devienne visqueuse, en l'ar^ rosantde temps en temps avec un peu d'eau : l'écorce se trouve alors transformée en glu, qui , pour être pure , n'a plus besmn que d'être lavée avec de Veau ordinaire. Il pa-^ rait que la glu peut encore être préparée aivec le gui de tonte espèce d'arbres et plusieurs autres matières végétales.

M. Booilloa-Lagrange est presque le seul qui en ait c^uminé les propriétés avec quelque soin : tout ce que nous allons dire est tiré de son mémoire. ( Aim. de Cfùm. ,

i^ gis est verdàtre , filante et tenace ; sa saveur est ^mère et son odeur analogue à celle de l'huile de Kn^ Exposée à Taîr , elle se dessèche un peu et brunit 9 elle se fond au feu , s'allume, et brûle vivement en se boursouf-4 fiant et sans répandre l'od'etir qui^caraotérise les matières «làhiiales. . . '

^JO OEâ HAGJlIfft.

Partie corticale du psychotria Partie UgneoM înteme tm emetiea. mtâitutlium du pêychm^

trim emetiùa^

Éméline.. ••, ••• i6«4. •..»••• i;i5

Goinm« • «• 10.^ « 5,oo

Amidon.. .. 4« •»*••••. i, • é 4^ ••• • ^o^oo

Cire végétale •. • • • 6

Ligneux 20 . . • « 66,60

Matière grasse huileuse a ••..«.••• • des iraoes«

Acidegallique des traces. des traces.

Matière extraelive non vomitive ' % 3/^5

Pèrie. 4 4,80

Pkirtie corticale da caReoccû ^iola emetiea, oa fptocnanlui ipeeéeuanhm,' blanc

. Bm^tne ••.••... i4«*«* 6

Gomme ••.. 16 •••••.•••• 39

Matière grasse » . . 2

Matière végéto-animale ». i

Amidon 18

Ligneux. • • 4^ * •. • • ^7

Perte 2 3

1 70 1 his. Racine de convolvulus jalappa. — Le jalap f purgatif si actif, est la racine de cette espèce de convoi-* %nilus , plante indigène de Xalapa y province de la Non- Telle-Espagne. Cette racine, qni nous est apportée en tranches minces et dures , a une saveur légèrement acre } ^lle a^enSamme aisément.

Ses pi*opriétés sont dues à une résine.

IjC travail le plus étendu qui ait été fait sur le jalap eat dû à M. Félix Cadet-Gassicourt. U résulte de ses iexpé-

riences , t^. qoeSoû granunea de jalap , à une petite perte près , flout cbmposës de s

Eau*i.»»« ••.•.••..^., ,. ^4»^

Résine ••..• .^ do^o

Extrait gomtneux • a20;0

Fccule amiincée 12, 5

Albuniine végétale • I2,5

Principe ligneux •••.....• i^S^o

Mattéfies Àaliné et terreuse , savoir : phos-*)

pifaate de chaut ^ carbonate de potasse ;> ig,o chlorure de potassium, silice, etc. . . .3

21^. Quelaréainede jftlap e^t âcreetitritatite^

3^. Que c'est à elle que ron doit attribuer, ainsi qttWraTflâidi^à annoticé, le»ptbpriétâ» médicales du jalap.

4^. Que cependant il vaut mieux , en général , admi-^ nistrerla racine qtie la rësinie dle^^nèknei

L'on trouvera , d'ailleurs ,-dans le Mémoîpe de M.Ca-^ det , une série de résultats sur les effets que produit la ré^ sine de jalap lorsqu'on la met en conta(;t avec différentes l^anies de l'économie animale > et des reclierches fort étendues sut la synonymie du mol jalap dans les principaux dialectes de TEurope, sur l'histoire naturelle de ce médi^ cament^ et sur les travaux dont il a été l'olùet. ( f^tjyez la thèse présentée par M. Gidetà l'Ecole de Médecine de Paris y ou l'extrait qui en a été donné dans le Journal de Pharmacie y t. \\\ % p. 49^« }

Racine de Vellébore blanc ( veratrutn album ) ,et ra^ cine de colchique {colchicumautumnale). MM. felletier et Cavçntou , après avoir déc ouvert la strychnine et la Itracine, voulurent savoir s'ils ne rencontreraient pas l'une de ces bases ou une base aiialôgue dans cpielques Tégétauxdela famille des colchicées. Us choisirent , à cet effet y les deux racines précédentes, et^ de plus^ la se-

%n^ DBS TiXCnhWBé

jBieiice du -"veralrum sabaJilla^ que V&n coxauÀi sous I0 nom de cévadille. Ils y trouvèreoten effet hîvératrine (i4^6). Voici le résultat de leurs analyses.

La Tacine d'ellébore blanc- est composée de gâllate acide de vératrinci d'élaïne, de stéarine, d'acide volati), de xnatièrè colorante jaune, de gomme; de ligneux, d^amidoo.

La racine de colchique contient les mêmes substances , plus , l)eaucoup d'inuline.

Quant à la cévadille , .elle ne contient ni amiflou ni inuline-, mais, du reste , on y trouve du'gallate acide de vératrine , etc> , etc. ,. et en outre un peu de. cire. ,

Toutes , d'ailleurs , et surtout la racine d'ellébore et la cévadille, renferment quelques sela minéraux. Ç Jlnn.de Chifn* et de Phjrs. , t. ^iv , p. 80. ) .

170a.. Racine de rheum p<ffjnatum ou fhjAarh^ — • C'est principalement de la. Chiné et de la Moscovie que nous tirons cet^ racine, quon emploie, en ^médecine comme pucgaliye : elle est grosse; oblongue ou.orbicalaire , d'un brup (oiofcé extériçiurem^it , et d'un jaune roa* geatre intérieviv^m^i^t. . .

M. Henri , chef, de la Pharni^çie. centrale de$ hâpilanx de Paris , a analysé comparativement les deux espèces de rhubarbe que. nous venons de citer, avec celle 4le Fxiuioe : il a trouvé :

x^; Que celle, de Chine contenait :

Une matière colorante jaune particalière ;

Une huile douce ^ rancissant par la chaleur;

X>e la JéoKile amilacée ;

Vqû peiiie quaniilé de gomme ; .

Du tannin; '

De là fibf èiigWedëe ; » ' .

Jjù tiers de son poids d'oxalate de chaax ^ sel que Schéela

y avait déjà annoncé; Du sur-malale de chaux; .

Un peu de sulfate de chaux y d^unsel à base de potasse^ et

un peu doxide.de fer.

DES RACINES. a^i

1^. Que la rhubarbe de Moscovîe contient les mêmes principes constitaans que la rhubarbe de la Chine , et ft-peu-près dans les mêmes proportions ;

3^. Que la rhubarbe de France diilere des deux précédentes , en ce qu^elle contient plus de tannin , plus de fécale amilacée , et moins d^oxalate de chaux : celui-ci n^en* forme en effet que la dixième partie. {Bulletin de Phar-mode, t. VI , p. 97.)

\^6i. Racine de rubiatinctorum ou garance.*— Nous «70115 dit tout ce qu^on sait des propriétés de cette racine dansThistoire des matières colorantes. Ajoutons que, d'après M, Kuhlm'ann , elle est composée de matière colorante rouge, de matière colorante fauve, de ligneux, d'acide végétal , de matière mucilaglncuse, de matière végéio^imale, de gomme, de sucre, de matière amèrè, de résine odorante , de matières salines, {^nn. de Chim. et dePhjs. , t» XXIV , p. i>33.)

1704. Racijie de gentiana /u^ea. — On sait seulement quelle est amère, fébrifuge', qu^eUe croit spontanément, etc., et que MM. Henry etCaventou en ont retiré, 2^. un principe odorant très-fugace \ 2^. un principe amer , jaune , cristallin (genlianin) \ 3^« une matière identique avec la glu ; 4^. une matière huileuse , verdatre ,, fixe \ 5^, un acide organique libre; 6^. du sucre incristallisah\e\')^. de la gomme; 8^. une matière colorante fauve; 9^* du ligneux. ( Journal de Pharmacie, tome vu, îa«ei83,)

1705. Racine de curcuma longa. Cette racinô , que Ton conaait aussi dans le commerce sous le nom de terrâmes' f^, provient dVne plante qui croit dans les contrées 'néndionales de l'Asie ; elle est riche en couleur ; on en tire le jaune orangé le plus éclatapt que Ton connaisse; mais malheureusement il n'a point de solidité. Ou s'en sert quelquefois pour dorer les jaunes de gaudê et donner plus TV, 18

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