‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 4)Chapitre 23 sur 64 · RACINES · texte numérisé non relu

RACINES

de feu à l'écarlate. OnFemploîe également pour préparer le papier de cnrcuma , avec lequel il est si facile de reconnaître la présence des alcalis , par la nuance rouge qn*il prend tout de suite.

L^analyse n'en a encore étéfaîle que par MM. Vogel cl flPelletier. Suivant eux , la racine de curcuma est formée, i^. d'une matière ligneuso; a^. d'une fécule amilacée; 3^. d'une matière colorante jaune particulière ; 4^« d'une matière colorante brune analogue i celle qu'on retire de plusieurs extraits^ 5^. d'une petite quantité de gomme; 6*. d'une huile volatile odorante et très-âcre ; 7**. d'une petite quantité d'hydro -chlorate de chaux.

La matière colorante jaune présente beaucoup d'analogie avec les résines. Cependant MM. Vogel et Pelletier pensent , qu'à raison de sa grande solubilité dans les alplîSf de Faction qu'exercent sur elle les acides concentres , et enfin de l'ensemble de toutes ses propriétés , elle doit être regardée comme une matière particulière. (^Journal de Pharmacie , t. i , p. 289.)

1706. Racine de glycyrrhiza glabra ou réglisse*'^ En traitant la réglisse par l'eau , on obtient une dissolution qui , évaporée convenablement , donne lieu à une matière sucrée que l'on appelle ordinairement /wi ^fc/^ glisse. Il était nécessaire de rechercher si la saveur de ce jus n'était point due à la présence d'un véritable sucre : c'est ce que M. Robiquet a fait il y a quelques années. Il résulte de ses expériences que la réglisse est composée de fécule amilacée , d'albumine végétale , d'une matière sucrée qui se rapproche des résines , des acides phosphorîque et malique combinés à la magnésie, d'une huile résineuse brune, épaisse et acre, d'une matière cristalline qui a l'aspect d'un sel , et enfin d'un tissu ligneux.

De toutes cc's matières , nous n'examinerons qtie w^'*

«ES RACIM'S. ayS

qui a une saveur sucrcc ci celle qui a la propriété de cristalliser.

Matière sucrée. *- Cette matière est incristallisable ^ d^un jaune sale; sa saveur est semblable à celle de la ré^ f lisse. Projetée sur des charbons ardens , elle se boursouffle et répand une odeur de résine. Ueau froide Tattaque i peine-, Teau bouillante , au contraire ^ la dissout facilement , et la dissolution , par le refroidissement y se prend en nne gelée transparente, et solide. Ualcool la dissout également bien , soit à froid , soit à chaud , et acquiert ime couleur citrine foncée , une consistance sirupeuse y et une saveur très- sucrée; par une évaporation spontanée, la matière sucrée s'en sépare sous forme de plaques minces , élastiques comme de la cire. Mise en contact avec le ferment et Tean , cette matière ne donne aucun signe de fermentation , même au bout de plusieurs jours. L adde nitrique la décompose ; mais il ne résulte de cette décomposition ni acide malique, ni acide oxalique; il se forme seulement une masse visqueuse , jaune, transparente, qui ne se délaie point dans Feau , se laisse diviser en petites masses opaques , tuberculeuses , et brûle à la manière des résines : il parait que cette masse renferme un peu d'amer.

On se procure la matière sucrée de la réglisse en faisant bouillir de Teau sur la racine de cette plante pendant environ un quart d'heure , filtrant la dissolution , et y ajou- ^Bt, après son entier refroidissement, un pende vinaigre distillé ; bientôt il en résulte un magma gélatineux , transparem, formé de beaucoup de matière sucrée et d'une petite quantité de matière animale miie à l'acide acétique. Cette gelée , étant lavée et séchée , doit être mise en contact avec de l'alcool; celui-ci ne dissout que la matière sucrée , de sorte qu'en évaporant la dissolution on obtient celte matière parfaitement pure. On pourrait se dispenser

a^6 DES ItACINBS.

de verser de Tacide dans la décoction ; mais alors il faudrait la concentrer assez pour avoir une couleur brune , et Tabandonner à elle-même pendant vingt-quatre heures : ce n'est guVu bout de ce temps qu elle se prend en •gelée.

Matière cristallisahle. — Lorsque , après avoir versé un peu de vinaigre dans une décoction de réglisse pour en séparer la matière sucrée , on y îgoute de Facétate de plomb jusqu'au point de la décolorer , qu'on filtre la liqueur , qu'on y fait passer du gaz hydrogène sulfuré , qu'on la filtre de nouveau , qu'on la concentre par l'évaporation et qu'on l'abandonne à elle-même , il s'y forme des cristaux très-réguliers qui d'abord sont sales , mais qui , purifiés par une nouvelle cristallisation , deviennent transparens : ces cristaux sont des octaèdres rectangulaires , dont les deux arêtes les plus courtes sont remplacées par des facettes^ ils n'ont presque point de saveur ; jetés sur des charbons incandescens , ils se boursôuiBent ^ répandent une odeur ammoniacale ; les acides sulfurique , nitrique les dissolvent y le premier sans les noircir , et le second sans d^agement d'oxide d'azote; broyés avec la potasse caustique , ils laissent dég9ger de l'ammoniaque au bout d'un certain temps \ l'eaii n'a que peu d'action sur eux : cependant elle en dissout une quantité sensible ; la dissolution qui en résulte n*est troublée par aucun réactif. (Voyez Ann. A Chim, , t. Lxxii, p. t43.)

1707. Racine dujatropha manioc* — Cette racine est pivotante j pèse de 8 à 1 3 kilogrammes , contient beau^ coup d'amidon , et appartient à un petitarbrisseau que Ton cultive en Amérique* C'est avec elle qu'une partie des habitans du Nouveau-Monde prépare le pain ddht ils se nourrissent. A cet effet , ils la pèlent , l'enferment dans un sac d'écorce , fixé par le haut à un support , et portant à sa partie inférieure un seau destiné à exercer, par son poids ,

DES FECILLES. ^jr

une pression sur le sac , ei à recevoir en même temps U sac tronble qui en découle. La racine ainsi exprimée , puis séchée au soleil et passée à travers un tamis de crin , constitue une sorte de farine appelée cassave. Pour la faire cuire , ils en versent une légère couche sur une plaque de fer cbande , en igoutent une deuxième lorsque la première^ est assez torré&ée , etc. , et forment , de cette manière ,. des espèces de galettes auxquelles ils donnent le nom do^ pain de cassate : ce pain est mat et se conserve indéfiniinent.

Le suc de la racine de manioc est un poison assez violent; mais il suffit de l'exposer à la chaleur de Teau bouillante pour le priver du principe vénéneux qu'il contient y tant ce principe est volatil ou facile à détruire. Abandonné a Im-mênie , il ne tarde point à laisser déposer une plus ou moins grande quantité d'amidon,

1708. Racine de brîonia àlba. — * Voyez ce qui en a* lié dit 1 456.

Racines potagères, — Ces racines contiennent toutea nne certaine quantité de mucilage et de sucre. Celle qui a? été le plus soigneusement examinée est la betterave y dont nous avons parlé (1439).

M.. Laugier a fait sur le suc de carotte une observation curieuse j et analogue à celle que MM. Fourcroy et Vauqiidin ont faite sur le suc d'bgAon. (Voyez Bulbes^

Des Feuilles.

1709. Toutes les feuilles renferment trois parties distinctes : la première , celle qui les enveloppe 9 est l'épidennej sons cet épiderme se trouve une pulpe verte; et sous cette pulpe existe la fibre , qui donne là forme à la. feuille.

L'analyse de Tépîderme n'a point encoi^e pu être faite :

SlyS 1>ES FEUILLES.

il est probablement de même nature que Tcpidcrme des arbres. La pulpe contient toujours de la matière coloranlt, une sorte de gluten , souvent de la cire , et quelquefois encore d'autres substances. Nous ne dirons rien de la fibre*, nous en avons parlé précédemment.

La matière colorante , qite nous ne connaissions qu'imparfaitement, a été examinée par MM. Pelletier et Caventou. Pour se la procurer , ils traitent à la température ordinaii^ , par Valcool rectifié y le marc bien exprimé ei bien lavé de plusieurs piaules herbacées -, ils filtrent ensuite Talcool , le font évaporer doucement , et obtiennent ainsi une substance d'un vert foncé et d'apparence résineuse , qui , pour être purifiée , n'a besoin , selon eux , que d'être réduite en poudre , et mise en contact avec l'eau chaude. C'est celte substance même qu'ils considèrent comme la matière colorante pure, lorsqu'après l'avoir réduite en poudre, ils Fout mise en conlact avec de l'eau bouillante pour en séparer une matière extractîve brune.

La matière colorante verte ne saurait être obtenue en cristaux.

Soumise à l'action du feu , elle se ramollit sans se fondre , puis se décompose ; en donnant lieu à tous les produits qui proviennent de la distillation des matières végétales. Mise en contact avec la flamme d'une bougie, elle s'enflamme et se charbonne.

L'air, dans l'espace de plusieurs semaines , ne lui fait éprouver aucune altération.

Le chlore la détruit tout-à-coup ; l'iode ne la décolore que peu h peu. Elle est insoluble dans l'eau : l'alcool , l'élhcr , les huiles grasses , les graisses , la dissolvent , au contraire , facilement : il eu est de même des dissolutions alcalines de potasse et de soude.

L'acide sulfuriquc concentré et l'acide acétique peuvent

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