‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 4)Chapitre 25 sur 64 · DES BULBES · texte numérisé non relu

DES BULBES

en quelque sorte tentés d'admettre que la manne , qui a pour base la manniie , comme nous Tavons vu précédemment (1690) , se forme naturellement dans les arbres qui la produisent^ par un procédé analogue. La sève de ces arbres contiendrait du sucre et de la matière glutineus€ ; ces deux matières , lorsque la sève sortirait de ses couloirs, agiraient Tune sur l'autre , et il en résulterait du vinaigre qui s'évaporerait en grande partie , et de la manne qui cristalliserait peu à peu. Cette hypothèse , ainsi que le remarquent les auteurs , a besoin d'être vérifiée par l'expérience. Il faudrait examiner la sève des frênes , des mélèses, et voir si la maUne s'y trouve formée ou non. (^Ann. de Chim» , t. Lxv,p, 161.)

M. Laugier a fait sur le suc de carotte une obsenratîon seml^ble à celle que nous venons de rapporter sur le sucffognon -, il a vu que ce suc , filtré aussitôt qu'il est exprimé de la racine , a une couleur brune , une odeur forte qui lui est propre , et une saveur très-sucrée. En l'exposant à l'air pendant deux ou trois jours , il perd sa couleur , une partie de sa saveur , prend l'odeur du vinaigre , et laisse déposer en même temps une matière jaune , visqueuse, et une poudre blanche , semblable à de l'amidon. Distillé dans cet état , il s'en dégage du vinaigre -, et si Ton évapore le résidu jusqu'à siccîté, on obtient line matière brune, élastique, qui présente dans son înîérîeur et à sa surface inférieure des cristaux de mannîte faciles à purifier par Talcool. Vainement l'on recherche là rrannîte dans le sue dé carotte non altéré 5 il est impossible d'en découvrir la plus petite quantité. D'ailleurs , M. Laugier présume avec raison qu'il doit exister un grand nombre de sucs susceptibles de phénomènes analogues.

17^7. Pommes de terre ( tubercules du solahum tubewsum). — La pomme de terre , importée d'Amérique en Europe depuis plus d'un siècle , n'est guère cultivée gc^né-

TÏES BITLllVS. 2[}']

raletnent que depuis une trentaine d^auuées. C-est surtout à Parmentier que nous sommes redevables de celte culture importante.

Plusieurs chimistes ont aiialysé les pommes de terre, le travail le plus récent , le plus complet est dû à M. Vauquelin. Ce chimiste a examiné jusqu'à quaraute-sept variétés de pommes de terre qui lui avaient été remises par la Société d'Agriculture de Paris , dam Fintention de connaître principalement les quantités relatives d'amidon , de pirenchyme , et de matière extraclive ou de matière soluble dnns l'eau que chacune d'elles pouvait contenir.

Il résulte de ses expériences :

Que les pommes de terre ne contiennent qu'un centième à na centième et demi de parenchyme pup , et que deux à trois centièmes de matière extractive.

Que les plus ajnilacées renferment vingt-huit pour* cent de fécule , et que celles qui le sont le moins en renferment pues de la cinquième painiedô*Ietir poids.

Enfin que, sur 5oo parties^ elles perdent lorsqu'on les dessèche; savoir: les plus aqueuses., 288 «^ et les moins ^euse», 335 (a), • •' ...

C'est en râpant les pommes de terre , et laviantia 'pvLlrpç ^QruD tamis fin , que l'on peut estimer fecilemèutles qu'an- *^fe d'ainidoti-, de nwtîère eitiraclive et de parenchyme ÎCe ces tubercules contiennent. L'eau «ntratnc l'anwdnn , qtii ne tarde point à se déposer; elle -dissout la inatâèrc extraclive , dont on Ik sépare par l'étïiporaiîoil. QWant au parcnclîymc , il reste sur le trinriis ; une pHke partie seu-

[o] Ces résultAts sont sans doute fort inlércssans; mnislt nous scmWe ^*»ls le deri^Ad raient bien pins encore, et qu'on en tii'tnrait àci consë'^ ^CQoes pkis iminécliateaicnt uU«es ». <i l^on cultiVdit coin(lnr4Hvfni<;i)j;

^^^^Jits les variélc'S de pommes de terre dans chacun des Jcirm'r.s qui scnit. ^^^Dtiellemcnl différcns les uns des autres , et si on les soîimôllîul ensuite ^ l'analyse.

3o<h ïrrs r,Tcni!Trs.'

On rencontre assoz soiiveiu encore de la résine et une matière colorante dans les lîcliens.

Enfin ^ tous renferment une certaine quantité de fibre et de matière terreuse.

Suivant M. Bèrzelius.!i lelïclicn (^Islande est composé de : sirop mêlé d'un peu d^extractîfetde sel végétal, i,5; principe amer, o.i : extractiTsblûble dans Teau, mêlé de sels à base de chaux, b,*58 5 exlraciif soluble dans le carbonate de potasse , 2,8?. ; ^ubsKipcc coagulable de la nature de la gélatine, 20,28 •, gbrnm^ formée par l'ébulIilioD, 0,49; squelette insoluble, i4?p^* ....,.,

Les Islandais font leur principale nourrîlurc dç. ce 15cliçn ; ils Ic'lricat , le làvdiVt ,^ le font sécher q\ 'moudre; après quoi ils en délaîcrtt la farine'dan^de TGau, la laissczU en contact avec celle-ci pcnda^it ^îiigi-quatre heures , la font bouillir ensuite Hvec* dû lait ou du petît-lait , et oLtiemient ainsi une Douillie qu ils mangent Ivoiae. Lieux parties de farine de lichen soat au^i nourrissantes qu\iiie partie de farine de froment.

M« We^trîog ;edt parVâtfà ,; au< moyen dâ alcilLs ^ è separ6Prrai;%§t</i^:€^ licLcni,. ei!l pav>«ondéqiMn^â rendare cet aliment meilleur otd'unusa^epkif gonéraL^M.'BetzeliiUt gui. a* répété se» es^ériénoes ,'a$siirptqu'il seofit pcfar cela déverser, siU'-âao^rammai.dQlkihca.diviflé^ S kilogrammes d'eau et 4 kilogr. de lessive cotiteuast enviromSt grammes de seUv d';ibaiidonner céimélaiigQ à.lai^fiSâmp^^iidbint fingt-cjuftire hei^es , en ayant soin de ler-emncrideteinp^ en teBips , dedécanter ensuite la liqueur J puis d'exprimer le lichen^ avec les maina ^ de le rincer deux ou trois* fois ; de le meure en contact avec del'ea^ p^idaù^ vingt* quatre bQui^es comme avec la lessive, et de le sécher^ (Voye^ Ann. de. Chimie y iom xc, p. «77.) • "*•»

Traités- par divers copps.', »niAisfsartaa(>tpar. In «batix ; r hjrdro -chlorate d'ammoniaqiue «t Tcau^y les iich<in&preu*

ncnt un grand nombre di; tginies j quelques-unes de ces couleurs sont employées : telle est cttUe du lichen roccella, qui est violette.

Des Champignons.

17^9. Ce u^est que depuis quelques années qu'on a lente de les soumetU*e à l'analyse. Les premiers essais en ce genre sont dus à M. Bouillon-Lagrange \ ils ont été faits sur le holeius larix, sur le boletus igniarius , avec lequel on préparé Tamadou dans plusieurs pays , et sur le tuber cibarium, {Anh, de Chimie, t. xlvi, p. 191, et t. Li, p. 75.) bientôt ensuite M. Braconnot a entrepris d'analysef les principales espèces -, ses résultats ont paru si curieux à M. Yauquelia, qu'il a désiré de les véiifier 9 etquil s'est trouvé ainsi engagé dans les mêmes recherches que M. Braconnot. •

Les champignons imalysés par M. Braconnot sont Tagaricus ^ol\faoeus ^ Y agaricus acris , Vhjdnum repandum, Vhjrdnum hjrbridum j le merulius cantharellus , le boletus itiscidus, le boletus juglandis, ]e peziza nigra^ \agaricus stypticus, le tremella nostoc. {Ann. de Chim., t. Lixix et Lxxxvii, p. 237.) Ceux dont on doit l'analyse à M. Vauquelin sont : Vagaricus campestris , ou le champignon comestible des couches , Vagaricus bulbosus^ Vagaricus theogalus , etVagaricus musearius. Il a reconnu que Vagaricus campestris, qu'il a examiné d'une maniera plus particulière que les autres , était formé d'eau , de partie fibreuse , d^albumine , de sucre , d'huile ou de glisse , d'adipocire , d'o«maz6me , de substance animale insoluble dans l'alcool, d'acétate de potasse. {F^ojeZj pour les autres aualy3es «.^^zuz* de Chim, , t. lx\xv, p. 5.) Quanta M. !ÇraçonuQt ,.il a trouvé :

1°. Que 1260 priiesde bolet\is juglandis étaiout^composées de: •

3o:» Dï ZJL FII1.KE9TÂA0V.

Eau de v^gëlalîon* .., ii iS^S

Fnngine cpriace • 9&|68

Matière animalisëe peu connue^ înso-) .

lubie dans Talcool .•..••) * '^^

Matière animale soluble dans Palcool . 1

( 12,00 ou osmazom^ j '

Albumine •• 7^210

Fungaie de potasse 6,00

Adipocire • 1,30

Matière huileuse 1,12 .

Sucre de champignon 0|5o

Phosphate de potasse, des traces.

a?. Que 4oo grammes de peziza nigra , en ^t de vé* gëtation , contiemient :

Eau 576,0

Bassorine ^ i8,4

Gomme •• 5j£

Acide fungique, en grande partie libre. • 8,0

Sucre de champignon 0|^

Matière très-peu animalisëe, soluble dans 1

l'alcool ; ^'*

Matière grasse, prenant une couleur pour- )

pre avec la potasse. ......... ^ •• ». J ^

(F^ojrez, pour les antres analyses de M. Braconnol]^ «idfitn. de Chim., tom. ixjlix et lxxxvii.)

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