‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 4)Chapitre 27 sur 64 · IV. %i · texte numérisé non relu

IV. %i

3at 9V LÀ FÏUMBIITATIOK,

présageait d^immenses bénéfices ; il pouvait verser dans le commerce des produits en bien plus grande quantité , et i bien meilleur marché que les autres fabricans : d^à il commençait à recueillir le fruit de son industrie , lorsque tout-à-coup il se trouva engagé dans des procès rnineax, en s^opposant à ce qu'on fit usage de son procédé , pour lequel il avait pris un brevet d'invention. Cependant il n'en a pas moins la gloire d'avoir fait une révolution dans l'art de distiller les vins ; art des plus importans , puisqu'il est, pour les contrées méridionales de la France, l'une des sources les plus fécondes de richesses.

Nous ne pouvons point décrire le procédé qu'il employait ^ il faudrait entrer dans de trop grands détails : on les trouvera daus un Mémoire publié par M. Duportal^ qui s'est beaucoup occupé de la distillation, et quiasim* plifié le procédé d'Adam. (^Annales de Chim. , t. lxîvii, pag. 178.) Nous n'en donnerons qu'une idée sommaire. Que l'on se représente un alambic communiquant par le moyen de tubes de cuivre avec trois ou quatre grands vase» également en cuivre , de même 'que , |dans l'appareil de Wouiff, un matras communique avec trois ou quatre flacons tubulés. Si l'on remplit en grande partie la cucurbite et les deux premiers vases de vin , et si l'on porte celui qui est dans la cucurbite à l'ébuUilion , bientôt le vîn du premier vase y entrer«i lui-même ^u moyen du calorique latent de la vapeur qu'il recevra ; celui du second s'échauffera beaucoup et même éprouvera uûe légère ébuUitioa : il arrivera donc, dans le troisième vase, qui est vide , une grande quantité de vapeurs alcooliques mêlées de vapeurs aqueuses. En maintenant ce vase à ime certaine température, l'esprit -de -vin passera plus ou moins déphlegmé dans le quatrième -, et en maintenant également celui-ci à une température déterminée , il n'en sortira à volonté que de Feau-de-vie ou de l'esprit. D'ailleurs , cette eau- de-vie »

cet esprit , encore ea vapeur , se trou veut conduits dans un serpentin plein de vin, où ils se condensent ^ de U ils se rendent dans un autre serpentin plein d'eau , où ils se refroidissent complètement , et enfin dans le tonneau qui doit les renfermer. Le viu de Talambic, étant épuisé d'esprit ^ s écoule par un robinet, et est remplacé par celui dupre-> mier vase; celui-ci Test par celui du second, et celui du second par celui du serpentin , dans lequel on en met du nouveau. Les choses sont donc tellement arrangées , que 1 on obtient tout de suite de Teau-de-vie ou de Tesprit, que lappareil marche. presque toujours , et qu'on tire parti de tour le cxJorique , puisque Ton met à profit celui de la vapeur que Ton forme.

Non -seulement ce procédé a l'avantage d^ètre bien plus économique que l'ancien, mais encore, lorsqu'on l'applique à l'extraction des eaux - de - vie de grains et de marc , il donne des produits de qualité , supérieure* Tout le monde sait que ces sortes d'eaux-de-vie , que l'on a. géoéralçmçnt faites jusqu'à présent par les anciens pro« cédés , laissent dans la bouche un arrière-goût d'empyreome qui est très-désagréable. Il est certain qu'elles se- TÙeutbien meilleures si on les extrayait par la vapeuT d'ean; c'est-à-dire, si l'on mettait de l'eau dans l'alambic^ et Jes grains fermentes ouïe marc dans les premiers vases dont nous avons parlé précédemment. La chaleur que su-* liraient ces grains ou ce marc ne serait jamais que de loo*^, Je sorte que , aucune de leurs parties n'étant altérée par le feu, l'eau-de-vie ne pourrait pas contracter le goût qu'elle a ordinairement, ou du moins elle n'en prendrait qu'un très-faible , dépendant d'une petite quantité d'huile qtti se Tapoi*ise. {Ann. de Chim. et de Phjs., t. vi, p. 88.)

Jusque dans ces derniers temps, on a cru généralement qne r«au-de-vie de maFC devait sa sav«ur acre à l'huXe des pépins du raisin \ mais nous devons à M. Aubergier des

Sji4 i>k la fericeutatioiv.

expériences qui tendent à prouver que cette saveur est due a une huîle contenue dans les pellicules des grains de ce fruit. Selon lui , l'enveloppe des grains de raisins , séparée des pépins et de la grappe, soumise seule à la fermentation et distillée ensuite, donne une eau de-vie tout- à-fait semblable k celle de marc, tandis que les pépins et la grappe distillés avec Talcool ou Teau ne donnent rien de semblable.

M. Aubergîer est parvenu à retirer cette liuile de Teaude-vie de marc ; elle est si acre et si pénétrante , qu*il n'en faut qu'une seule goutte pour infecter loo lilres de la meilleure eau-de-vie. On croii^ sans peine , avec l'auteur , diaprés cela , que les eaux-de-vîe d' Andaye et de Cognac ne sont si bonnes que parce qu'elles proviennent de vin blanc qui n'a pas fermenté avec le marc.

M, Aubergier reconnaît aussi que les eaux-de-vîe de grains et de tous les fruits doivent leur odeur et leur saveur à une buile placée ordinairement à la surface de cliacua d'eux. Si donc on enlevait cette surface , l'eau-de-vie qu'on obtiendrait ensuite devrait être d'excellente qualité.

L'extrait du Mémoire de M. Aubergier a paru dans les j^nn* de Chim. et de Phjs. (t. xiv, p. aïo). Le rédacteur fait remarquer que Thuile des pépins avait été obtenue par Baume ; il igoute avec raison qu'on n'en avait pas fait les applications convenables à l'ait d'extraire Tesprit-de-vin.

1 74o bis. Le procédé d'Adam a été modifié parlsaacBerard •t plusieurs autres distillateurs; mais il a été véritablement perfectionné par M. Cellier-Blnmenthal^ qui a eu l'heu- Teuse jdée de combiner tellement les pai lies de l'appareil que la distillation y est continue , ou que sans cesse le vin est introduit pen à peu d'un côté^ tandis que les vinasses 8*écoulent de l'autre. M. Charles Derosnes , frappe de« âviintages que ce nouvel appareil continu pouvait of&lr,

A cherche k faire disparaître quelques inconTëniens qu*il présentait d^abord ] îl parait avoir complètement rëassi , et AFoir rendu Tappareil de Cellier préférable à tous les autrès.

1741. Les eaux-de-vie, en se dégageant , emportent quelquefois des principes appartenant aux substances avec lesquelles on les prépare : telles sont surtout celles qu« Ton connaît sous les noms de rhum, de tafia, de kirch" v^aser, ierack, et que Ton obtient par la fermentation et ladistillation : la première , du suc de canne \ la deuxième ^ delà mélasse ; la troisième , des cerises pilées sans en séparer les noyaux \ la quatrième , des fruiiA de Yareca catechu et du riz.

i74> ^^' L*on trouve dans les Annales de Chimie ei de Physique, tom. vu , pag. 76, une table de M. Brande sur la quantité moyenne d'alcool contenu dans diverset espèces de vin : nous croyons devoir la rapporter ici. Cetta table exprime la quantité d'alcool à o^8a5 de densité qu»

100 parties de vin contiennent.

Pour en ramener les nombres k exprimer de Talcool

absolu , dont la densité à 15^,5 est de 0,793, il faudra lee

nralùplier par 0,9a.

la quantité d'alcool d'un vin du même pays varie d'en--

rimn -^ autour de la moyenne rapportée dans la tabla

pour la même année , et quelquefois de ^ pour des année»

différentes.

'•Mia nm, loo partiet d« tU ca Vmêê im tSo* b«o parlMi à» via «tf

volume. télan^

In» a5,4i T^n^riffc* ' 19.79

Vinderaumaee (raisÎDWi- Golaves *9'75

ne) • * 35^X1 Lacrjnia-ChrUli* • • • • •^. • * • 19,70

Manala. a5,^ Constance bLauc 19*7^

iïïadère • • 22,17 Idem , rouge. 18,9a

Vin dfr groseîilel ao,55 Lisbonne • • • «8,94

Xéiti»....,. .j^.... •..••.. .^ ig^i7 llMlafa (de iG06) •^•« tS^

3a(S I>B I.A FE11ME5TÂTI09,

PropordoDt d*«lcool lar Pfçpottioo» d'alcool ml

f(»uia àm f'm». loo paniw d« Tia cd Vomi des tîm. i^e parti«f d« w W

Toluine. ▼olome.

Bucellas. i849 Frontignan 12,79

Madcrcrougc ......... ao,35 Côle rôtie ia,3a

Muscat du €ap. 1 8,a5 Vin de groseilles k maqoe-

MadèreduCap. ao,5i rcaii. ïi,84

Viu de raisin 18,11 Vin d'oranges fait à Londres, i i,î6

Carcûvello. x8,65 Tokay 9»^

Vidonia. 19,25 Vin de baies de sureau (Elder

Alba-Flora 17/iO Wine). 9^^

IVlalaga • 17,26 Cidre , le plus spiritueux- • • 9,87

Hermitage blanc. 17, p Idem , le moins spiritueux- • 5,3i

Boussillon. i8,i3 Poiré ' 7»^

Clarel ou vin de Bordeaux- • i5,io Hydromel 7»^*

Malvoisie de Madère. 16,40 Aile de Burlon (bicrc) 8,88

Luiiel. i5,52 Aile d'Edinburgh. 6,îo

Chiras f i5,5a Aile de Dorchestcr 5,56

Syracuse. i5,28 Moyenne. 6,87

Sautcme • . .' 14,2a Bière forte , brune ( browa

Bourgogne. • 14,67 atout).* 6,80

Hock(vinduRbin) ia,o8 Porter de Londres. 4>^

Ti'icc. 1 4,63 Petite bière de l*ondre»« • • • 1.28

Barsac i3,86 Eau-de-vie 53,39

Tinto. i3,3o Rhom 53,6S

Champagne • • • • « i3,8o Genièvre (Gin) •. . • 5i,6a

Champagne mousseux 12,61 Wliiskey d'Ecosse (eau-de-

Hermitage rouge I2,32 vie de grains) ••• 5^,32

Grave i3,37 Wfaiskey d'Irlande. 53,9»

De la fermentation acide.

174^- Lorsqu'on expose une liqueur vineuseà Vair, à une température de 10 à 3o° , elle cède une portion de son carbone au gaz oxigène de ce fluide , et de là résultent du gaz carbonique et un faible dégagement de calorique ^ en même temps elle se trouble ; il s'y forme une fo^Ie de fila- Tnens qui s'agitent , se meuvent en tous sens , et finissent par se déposer en une in^sse semblable y pour la cousislance , à de la bouillie. A cette époque, Valcool qu?eU«

1>S LA FBnifSIITATIOll ACIDE. 3'XJ

coniiânt est décomposé ; elle redevient transparente , et se trouTe changée en vinaigre : on dit alors qu'elle a éprouve IsL fermentation acide. Cette fermentation consiste donc dans la transformation spontanée des liqueurs vineuses en liqueurs acides , qui doivent leur acidité à Tacide acétique. Comment cet acide se forme-t-il ? Cest une question à laquelle il est difficile de répondre complètement. On sait que les liqueurs vineuses qui contiennent le plus d^ alcool sontcelles qui donnent le vinaigre le plus fort : or, comme laJcool est décomposé, ce doit être principalement aux dépens de ses principes que se forme Tacide acétique. On est d*abord porté a croire que Talcool passe à Tétat d'acide acétique , en cédant une portion de son hydrogène et de son carbone au gaz oxigène de Tair; mais M. Théodore de Saussure nous assure que le volume du gaz carbonique formé est le même que celui du gaz oxigène absorbé ; c'est* à-dire, que celui-ci s'unit entièrement au carbone, (/lecherches sur la Végétation, pag. 9. ) Il faut donc , en admettant ce résultat, renoncer à cette explication , et croire que Tcxcès d'hydrogène de l'alcool se porte sur d'autres corps.

1743. Quoi qu'il en soit, on sait d'ailleurs, 1°. que Talcool pur ou étendu d'eau ne devient jamais acide par lui-même \ 2®. qu'il le devient , au contraire, lorsque, convenablement affaibli , on le mêle avec de la levure. Suivant M. Chaptal , un litre d'eau-de-vie à 12° , dans laquelle on dâaîe avec soin i5 grammes de levure et un peu d'empois, produit du vinaigre extrêmement fort , qui commence à se développer le cinquième jour de l'expérience : même quantité de levure et d'amidon délayés daps l'^îau en produit aussi , mais plus lentement et de moins fort que par leur mélange avec l'esprit-de-vin. {Art de faire le vin^ p. a66.) 3®. On sait^alementque les vins vieux, dont toute ^ Qittière végéto • animale s'est précipitée avec le temps ,

3%8 BB LA VE&MEKTlTlOIf»

n'éprouvent que difficilement lafermçntatîon acîde. L'anteiir de l'Art de faire le TÎn nous assure encore qu'ils ne deviennent même nullement aigres ; qu'ils perdent seulement leur couleur , acquièrent un goût aberbe , et ne recouvrent la propriété de fermenter qu'en y faisant digérer des ceps, des feuilles de vigne, de la grappe de raisin, de la levure , etc. ( Art. défaire le vin , p. 2G4 , et Ann., de Chimie , t. xxxvi , p. ixlfi. ) 4®. En6n l'on sait qu'en mêlant avec du sucre l'eau dans laquelle le gluten de fro« ment a fermenté , le liquide se convertit en vinaigre , sans le contact de l'air et sans apparence de fermentation; que le moÂt de bière qui ne contient point une certaine quantité du principe amer du houblon devient acide en quelques jours , dans des vaisseaux parfaitement fertnés \ que la bière et le cidre finissent par s'aigrir également dans des vaisseaux qui n'ont pas le contact de

1» • air.

De ce qui précède ^ l'on doit conclure que le fermeint ou des matières analogues jouent un rôle important et encore inconnu dans la conversion du vin en vinaigre. Disons maintenant conmient on peut se procurer cette liqueur acide.

Dans les pays vignobles, on le fait avec le vin; dans quelques pays du Nord , avec la bière . Dans tous les csls , c'est en exposant ces liquides à l'air qu'on les acidifie; mais la manière de procéder n'est point la môme partout : nou s ne parlerons que de celle que l'on suit à Orléans , dont les vinaigres sont très-renommés, et nous en parlerons d'après MM. Prozet et Parmentier.

1744* ^^ tonneaux que l'on emploie contiennent a-pcaprès 4oo litres \ ceux qui ont déjà servi à la fabrication du vinaigre sont préférés : on les appelle mères de vinaigre. Tous présentent à la partie supérieure une ouverture de 54 millimètres de diamètre , qu'on ne bouche jamais : on

les place ordinairement sur trois rangs , les nns sur les autres , dans un atelier où Ton ne fait point de feu en été f nais où , dans Thiver , Ton en fait de manière à porter la température k i8 on ao^. On verse d'abord dans chaque mè/ie loo litres de bon vinaigre bouillant ] huit jours après^ on y verse lo litres de vin soutiré à clair (a) \ huit autres jours après , Ton en versie encore lo litres , et ainsi de suite, jusqu'à ce que les tonueaux soient pleins. A dater de cette époque , le vinaigre se fait en quinze jours : toutefois, au bout de ce temps , on n'en retire que la moitié de chaque mère , et dans chacune d'elles on ajoute de nouveau 10 litres de vin tous los huit jours , comme nous Favons dit d'abord. Cependant il arrive quelquefois que la quantité de vin ajoutée est plus ou moins grande , et que lea intervalles diflerent de ceux que nous venons d'indiquer* Tout cela dépend de la marche de la fermentation. Pour la connaître , les vinaigriers plongent une douve dans les tonneaux^ ils la jugent très-aciive lorsque cette douve se cbarge de beaucoup d^écume ou de fleur de vinaigre : c'est alors qu'ils mêlent avec celui-ci une plus grande quantité de vm.

U existe dans le commerce deux sortes d# vinaigre : le Uaoc et le rouge : le premier provient de l'acidification du îin blanc , et le second de l'acidification du vin ronge* I^ vinaigre rouge, passé à plusieurs reprises sur le char- W animal , ne tarde point à perdi*e sa couleur « et même » devenir plus limpide que le vinaigre blanc du commerce, M. Figuier a fait à cet égard des expériences intéres* fiantes qu'on trouve annales de Chimie, tom. xxxîx,

pag. 71.

On clarifie aisément le vinaigre , sans lui faire perdre

00 Ce Tîo est Gooservé dons dea tonneeux où se trouve une couclie dt de hêtre sur lesquels la lie se dépose et s'attache.

3S« M LA rKAMlKTATrOir.

L*air a nne influence parquée sur la fermentatimi pu* tride : stagnant , il contribue à la développer , en cédant une portion de son oxîgène au carbone et à Fhydrogène du corps qui doit réprouver; libre et à Tétat de courant, il la retarde s'il se trouve immédiatement en contact avec ce corps , probablement parce qu'il tend à le dessécher , et à emporter les germes putrides qui se formeut.

I ^47* Les causes de la fermentation étant connues ^ nous allons en rechercher les produits ; nous ne parlerons main-* tenant que de ceux qui proviennent des végétaux : il ne sera question des autres que dans Thistoire de la Chimie animale.

Lorsque les végétaux sont imprégnés d'humidité et qailé ont le contact de Tair , ou bien lorsqu'ils sont recouverts d'eau aérée , il s'en dégage peu à peu du gaz carbonique, du gas hydrogène carboné , du gaz azote *, il se forme en ouli^ de l'eau , de l'acide acétique , peut-être de l'huile , et enfin une substance noire dans laquelle le charbon prédomine. Les produits auxquels ils donnent lieu dans des vases purgés d^air n'ont point encore été bien examinés : ils doivent être plus ou moins analogues aux pré* cédens.

Cependant, d'après les observations récentes de M. de Saussure , les gaz qui se dégageraient alors consisieraient le plus souvent en hydrogène pur ou presque pur, et en gas carbonique , dans le rapport d'environ i k ^ en volume* Le gluten frais produirait lui-même de semblables résul-tats , remarque que M. Proust a faite aussi de son côté, et par suite de laquelle il a mis en question si cet hydrogène ne proviendrait pas de la décomposition de l'eau. {Annales de Chimie et de Physique, tom. x, p. 3i ; et tom. XI, p. 397. ) (a).

{a) M. Th. de Saïustiro a fait encore ^ tor U fermenfation putride »

DE Ll FiaatftlTTATIOV »UT%IDS. B3S

Ce ne sont point tous les matériaux immédiats des Tégé^ taux qui concourent à la formation de ces divers produits. En elTet , ceux dans lesquels Thydrogèue et le charbon dominent , tels que les huiles , les résines , Talcool , ne peuvent éprouver la fermentation putride ; ceux qui sont leès-oxîgétiés , tels que les acides, ne réprouvent que dif« ficilemenl 5 les seuls qui l'éprouvent plus ou moins bien sont ceux qui contiennent Foxigcne et Thydrogène dans les proponions nécessaires pour faire Teau , et surtout ceux qui , contenant de Tazote , se rapprochent par cela même de la nature des matières animales : aussi le propre de la fermentation putride est-il de transformer, comme nons venons de le voir, les corps sur lesquels elle s'exerce en d'autres , les unstrës-oxigénésetles autres très-hydpogénés et très-carbonés. Cependant plusieurs d'entre eux passent quelquefois par des états intermédiaires dans lesquels ils restent long-temps : par exemple , ils se recou-« vrent d'une, sorte de moisissure dont la nature et les propriétés ont été à peine étudiées.

1748. La fermentation putride dont sont susceptibles les matières organiques nous permet de concevoir la fonnavion du terreau , de la tourbe , du lignite , et , jusqu'à nu certain point , celle de la houille et des bi« tûmes.

174^. Terreau.— Le terreau, engrais si excellent, n'est Mtréchose que ta matière noire qui reste après la puiré- ^dou plus ou moins avancée des substances organiques

^•ùlm remarques qui méritent d^étre citées. Suivant lui , le bois qui U àécoBapwi par la seule influence de Teau blanchit au lieu de noircir , et contk'Dt alors moins de carbone que celui dont la décomposition a lieu ^ot à la fois par Tinflucncc de Peau et de Pair.

Suivant |i,i aussi , Tactiou de Toxigène de Pair se borne k enlerer du carbone tu bois , de sorte que Teau qui se forme provient de Tunion d« I^ouKène et de l'bydrogène de ce vëgétal ; il se produit proportionnclle- ■Hiil pis d'eau qua cracîdc , et c'est par celte raison que le boii noirail.

334 '^^ ^^ rruMîiiiTATîoir.

exposées an contact de Fair. Th« de Saussure et EinbofT en ont étudié les propriétés- {Rech. sur la f^egétation, p, 162 ; Gehlen, Journ. vi , p. S^S.)!! résulte principalement des recherches de Th. de Saussure que Feau et Tal^ cool ne dissolvent qu'une très*petite quantité de la matière du terreau ; que les alcalis la dissolvent complètement ; que les acides n^ont que peu d'action sur lui ; et que , à poids ^aux, il contient plus de carbone et d'azote et moins d'hydrogène et d'oxigène que les végétaux qui le fournissent. De 10* ,61 4 de terreau de bois de chêne, et de quantité égale de bois de ch^e soumis à la distillation , il a retiré j savoir :

Du terreàa. Du bois de diêoe.

centimètres cube*.

Gaz hydrogène carboné 2.{56 '^^0^

Acide carbonique '675 5j5

Eali conl, un peu d'hoile, d'acéi.l « r»»™*^

ou de carbonate dammoniaq.J

Huile empyreunoalique. ..«..•. • o,55...... o^SSg

Charbon 3;i5 2^25

Cendres 0;4^4* • • • • 0^026

1750. La tourbe est un combustible spongieux, léger, l>i*un ou noirâtre , dans lequel on reconnaît toujours des parties végétales non altérées. Elle est formée par l'accumulation de plantes herbacées et surtout de plantes aquatiques qui croissent dans les marais ; elle appartient^aux dépôts les plus modernes et se forme même journellement dans certaines localités ; quelquefois elle couvre des espaces immenses dans les parties les plus basses de nos con* tinens , et remplit les bas-fonds des larges vallées dont la pente est peu considérable. On la trouve aussi dans les

{a) Il y avait 190ÎDS d^otornooiaque dans cea ^V«^y25 que d«ii4 les ai8i grammes.

DE 11 FERHEKTÀTlOIf PUTRIDE. 335

petites vallées , les gorges , les bassins des hautes monta* gnes. La plupart des tourbières sont encore sous Teau ^ quelques -unes seulement sont à sec et en pleine culture.

Les amas de tourbe sont souvent d'une grande épaisseur ; parfois ils sont divisés en plusieurs couches d'autant plus denses qu'elles sont plus enfoncées dans le sol ; parfois aussi les couches sont séparées çà et là par de petits ]its de matières argileuses et sableuses.

Les végétaux qui constituent les dépôts tourbeux sont très-difficiles à reconnaîtra à une certaine profondeur ; il n^en est pas de même dans les parties élevées. On y reconnaît distinctement toutes les plantes aquatiques , et particulièrement celles de la famille des cypéracées. Mais si ces plantes contribuent à la formation de la tourbe, elles ne la constituent pas essentiellement ; il parait qu'il en faut chercher l'origine dans celles qui sont toujours submergées , comme les sphaignes , les conferves , etc. Il y a également de petits dépôts qui sont entièrement formés de feuilles accumulées et probablement charriées parles eaux; d'autres sont formées de mousses et de graminées ; M. DecaudoUe en a observé en Hollande qui étaient entièrement composés de v^arecs.

i^Si. Nous ne citerons point toutes les tourbières exploitées \ nous nous contenterons de nommer les plus remaixjuables ; savoir : celles de Hollande, qui sont si étendues , celles d'Ecosse, de Westphalie, d'Hanovre, et celles de France : ces dernières se trouvent principalçment dans la yallée de la Somme , entre Amiens et Abbeville ; dans les eoivirons de Beauvais ; sur la rivière d'Essonne , entre Corbeil et Villeroî-, dans leS/>environs de Dieuze, département de la Meurthe.

175a. On trouve nombre de corps au milieu de la tourbe : i^. de petites couches d'argile, de sable,

936 D8 1.1 FBaMEKTAXIOSr»

Ainsi que nous Tavons dit plus haut ; 2^. quelquefois del troues d^arbres et des arbres entiers parfaitement cousèr^ T^s y et couchés dans le même sens auprès de leurs soachcs , qui sont toutes coupces à la même hauteur , et qui présentent souvent l'empreinte de la hache ^ 3^, des débris d'animaux, des bois de cerfs, des squelettes de bœufs ^ 4^- enfin , on trouve dans ces dépôts beaucoup de traces de Tindustrie humaine , des armes , des outils , des bois de coDstruciion , des chaussées, etc. ; mais ces ol^ets n ont pas été recouverts par des attérissemens de tourbe ; ils se sont seulement enfoncés dans les tourbières après avoir été déposés ou construits à leur surface.

1753. Lignite. — • On désigne , en minéralogie , par le nom de lignite , un corps solide et opaque , dont la couleur varie depuis le noir foncé et brillant jusqu'au bran terreux , dont la cassui*e est compacte , conchoïde , quelquefois résinoïde , et dont le tissu est presque toujours le même que celui du bois. En brûlant, il se boursouffld à peine, ne s agglutine pas comme la houille, et ne coule pas comme les bitumes solides; il répand souvent une odeur acre , fétide , et sa flamme est assez claire. Par U distillation, on en retire une li((ueur acide , etc., et un charbon qui conserve la forme des fragmens employés.

Le lignite provient évidemment de la décomposition du bois; il varie par son aspect et ses propriétés, suivant que cette décomposition est plus ou moins avancée. De là les différentes variétés désignées ordinairement par les noms de lignite jayet , qui est d'un beau noir et d^uue grande compacité ; lignite friable, lignite terreux oa terre de Cologne , lignite fibreux : dans celui-ci , le bois n'est qu'altéré.

Les lignites se trouvent partout dans les dépôts secon* daires et tertiaires \ mais c'est surtout à la base de ces dcr» niers qu'ils sont extrêmement abondans \ il en exist« de»

DE LA HOl'TLLE. 33^

couches immenses entre Aix et Toulon , dans le déparlement des Bouches - du - Rhône. Les substances qu^oii nomme cendres noires, aux environs de Soissons, etc. , ne sont que des lîgnites très-terreux et pyrîteux. Les ligniccs fibreux se trouvent aussi dans les mêmes positions , souvent dans les mêmes localités -, mais , en général , ils appartiennent aux dernières alluvions : tels sont ceux deTile de Chaton et du Port-à-F Anglais. La terre de Cologne parait appartenir à des dépôts tertiaires plus ancieiitî.

On se sert de lignite comme combustible dans un grand nombre de lieux. Le jayet était employé autrefois pour faire des bijous de deuil.

2755. Houille. — La houille ou charbon de terre est solide, opaque, noire, plus ou moins brillante, insipide , quelquefois friable, rarement assez tendre pour être rayée par l'ongle, d'une pesanteur spécifique moyenne de i,3. On ne la trouve point cristallisée.

La houille de bonne qualité brûle avec facilité; sa flamme est blanche; la fumée qu'elle répand est noire , et l'odeur qui s'en dégage n'a rien de piquant. En brûlant , d\e se gonfle et s'agglutine , propriétés qu'elle doit à une niaticrc bitumineuse, et qu'elle possède d'autantplus qu'elle contient davantage de cette matière.

Par la distillation , on en retire du bitume , beaucoup de gaz hydrogène carboné qu'on emploie aujourd'hui avec succès dans l'éclairage, du gaz oxide de carbone, un chaibon volumineux appelé coaAr, quelquefois un peu d'ammoniaque , d'acide acétique , d'hydrogène sulfuré. La meilleure laisse après sa combustion au moins 3 pour 100 de résidu.

La quantité de bitume est extrêmement variable dans îa houille suivant les différentes localités ; elle varie même dans les difl*érentes couches d'un même dépôt , quelquefois dans les diverses parties d'ujie même couche. Les va--

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