‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 4)Chapitre 35 sur 64 · DE LA MATIERE CASÉCUSE · texte numérisé non relu

DE LA MATIERE CASÉCUSE

dégager moins d'hydrogène , de gaz carbonique ; du f esle , suivant M. Proust , elle donne les mêmes produits , èi finit y comme le gluten , par se transformer en casëate et acétate d^ammoniaque , en oxide caàéeux , en gomme ^ etc. (1662). C'est ici le lieu de parler de cet oxide : il ne sera question de Tacide caséique et des caséates que quand noUs traiterons des divers acides.

Pour obtenir V oxide caséeux , il faut prendre la matière dans laquelle se transforme le caillé ou le gluten par une longue fermentation , ou bien se procurer du fromage complètement fait : ces matières fermentées seront lavées à Teau cbaude , et la liqueur filtrée sera réduite en consistance de sirop. Celui-ci contiendra du caséâte tl de Tacélate d'ammoniaque , de l'oxide. caséeux , de la gomme , et le sel dont le fromage aura été imprégné. Par Taldoot ordinaire , on dissoudra les sels ammoniacaux ; ensuite , au moyen d'alcool à âo^ ; on enlèvei'a le sel marin et les portions de caséate qui auraient pu échapper d'abord; enfin en traitant le résidu par de l'eau froide, on séparera toute la gommé , et Voxide caséeux restera sensiblement pur. Il sera bon toutefois, pour être plus sûr de sa pureté , de le faire dissoudre dans l'eau bouillante , de fil* trer immédiatement la liqueur et dé la faire évaporer presque toute entière : alors il ne faudra plus que la laisser refroidir , la filtrer de nouveau et laver le filtre. L'oxide caséeux sur lequel l'eau , à la température ordinaire , est presque sans action , se trouvera entièrement séparé des p«dles portions de gomme ou de caséate qu'il aurait pu retenir dans le premier traitement : on le détachera et on le fera sécher.

'Voxide caséeux est léger , et spongieux comma Pagaric des drogueries , blanc , sans odeur , sans saveur , sans action sur les couleurs bleues , presqu'însoluble dans l'ail- 0ool bouillant et tout-a-£pât insoluble dans Téther.

37» 1>K» SUMTÂMCES AKIMALES KECTllES.

Comprimé fortement entre les doigts , il laîsse une impression graisseuse.

Prcyeté sur Veau, il reste à la surface; l'eau ne semble pas le mouiller ; ce n est que vers le 6o* degré qu'elle commence à le dissoudre. La solution n est pas troublée

par les acides.

Chauffé doucement dans une cornue , il se partage en deux parties : Tune , qui est à beaucoup près la plus grande , se sublime 5 Vautre se décompose , et fournit beaucoup d'huile jaune qui se congèle à mesure qu'elle refroidit , très-peu d'eau , moins encore d'ammoniaque , et un charbon volumineux , semblable à celui des corps gras distillés. L'huile est remarquable surtout par son odeur , qui rappelle celle de la liqueur arsenicale de Car

det (i3a6).

L'acide nitrique convertit l'oxide caséeux en acide oxalique , etc. , sans qu'il en résulte pour ainsi dire de matière jaune amère.

La potasse en opère facilement la dissolution \ Voxide easéeux , en s'unissant à cet alcali y semble n éprouver aucune altération.

M. Proust n a point fait l'analyse de Yoxide caséeux; mais il est facile de voir , par les produits de la distillation de cette substance , qu elle ne contient que peu d'azote et qu'elle doit contenir au contraire beaucoup de charbon et d'hydrogène.

Il est à regretter que M. Proust ait désigné ce nouveau produit par le nom à^oxide : il n'y a pas de raison pour ne pas appeler ainsi presque toutes les substances végétales «t animales. Ce nom même lui convient d'autant m^^îas que l'oxigène n entre que pour une trës-peilie quantité dans sa. composition. ( jdnn. de Chim. ef de Phjs. ^ t. x , p« a9«)

1794. Composition, etc. — ^La matière caséeuse est composée, sur 100 parties, de 59,781 de carbone , i<i4^

DE l'crée. 3^3

d^oxigène, 7,43gd^hydrogèue, ai,38i d*azote. (MM. Gay- Lnssac et T^enard , Recherches physico^chimiques^ t. ii.) Elle forme la base de toutes les espèces de fromages , et constitae presque entièrement ceux qui sont de qualité infërienre : nous devons donc la considérer comme substance nutritive, d^autant plus qu^elle entre pour une grande quantité dans la composition du lait.

De rUrée.

1 795. Propriétés. — L*urée la plus pure que Ton puisse obtenir est une substance qui affecte la forme de longs prismes aiguillés, semblables à ceux que peut former Thydro-chlorate de strontiane; elle est sans couleur, sans odeur , sans action sur les couleurs bleues végétales , transparente , assez dure \ sa saveur est fraîche , un peu piquante , et sa pesanteur spécifique plus grande que celle de Peau.

Lorsqu'on Tintroduit dans une cornue et qu^on Texpose â une chaleur progressive , elle se fond d^abord , se boursoufle ensuite , bientôt se décompose et se transforme eu une grande quantité de sous-carbonate d'ammoniaque , en ua'gaz inflammable dont Todeur est insupportable , et en charbon ^ elle ne fournit point, ou que très-peu du moins, dVau , diacide acétique , d'acide prussique ou hydro-cyanique , d^oxide de carbone et d'huile , propriété qu'elle seule possède parmi toutes les matières animales.

Projetée sur un fer chaud ou sur des charbons ardens ,. elle se réduit tout de suite en vapeurs blanches qui répandent une forte odeur d'ammoniaque!

Mise en contact avec Tair , elle n'en attire pas sensiblement l'humidité : cependant elle est très-soluble dans l'eau et dans l'alcool. Sa dissolution aqueuse nous présente des phénomènes qu'il est important de faire connaître.

3^4 ^BS BVBSTiVCES À17IHi]^£S KEnTKES.

Abandonnée à ellç-mème , cette dissolution se décompose peu à peu et devient ammoniacale, plus ou moins promptement, en raison de la température de Fatmosphère.

En la mêlant à une certaipe quantité diacide sulfuriqaje, ^^acide nitrique , diacide hydro-chlorique , étendus d'eau » ou à tout autre acide fort dans un état convenable de concentration,' et soumettant le mélange à la température de Tébullition , il en résulte, par la réaction de ses principes les uns sur les autres , de l'ammoniaque , de Tacide acéépique et d autres produits , variables en raison de. la i^turedeTaçide employé; savoir: i^. avec l'acide hydrocblorique et l'acide sulfurique , du gaz carbonique et une çorte de matière grasse noirâtre; 2^, avec l'acide nitrique, du gaz carbonique , de l'acide prussique ou bydro - cyanique et un dégagement d'azote ou d'oxide d'azote : à la fin de l'opération , la matière s'épaissit et s'enflamme avec une violente explosion.

Les acides nitrique, nitreux, sont les s^uls qui aient k froid de l'action sur la dissolution d'urée.

En versant une grande quantité d'acide nitrique à ^^ dans celte dissolution concentrée , il se forme tout-à-coup un grand nombre de cristaux brillans , provenant à^ la combinaison de l'acide nitrique avec l'urée. Cette coBd)inaison , qu'on pourrait appeler , jusqu'à un certain point, nitrate acide d'urée ^ est très-acide , peu soluble dansTeau, décomposable par les bases salifiables , et susceptible de détonation quand on la distille , parce qu'il se produit, à ime basse température, du nitrate d'ammoniaque qui se décompose subitement à une chaleu^ rouge.

L'acide nitreux ne paraît pas pouvoir se combiner avec l'urée; il la décompose avec violence lorsqu'il est concentré et qu'elle l'est elle-même , et do une naissance aux inèmes corps que ceux qui proviennent de l'action de

Taclde nitrique sur cette substance, k Taide de la chaleur. '

Le chlore altère aussi la dissolution d'urëe à la tempéra-^ ture ordinaire : il se combine d'abord avec elle , produit des flocons qui s'attachent peu à pcu^ comme une huîle concrète , aux parois du vase , détruit Turëe , et forme du gaz carbonique, du gaz azote , de T hydro-chlorate et du sous-carbonate d'ammoniaque.

La dissolution d'urée ne décompose aucun sel*, elle change seulement la cristallisation de quelques-uns : par exemple , elle fait cristalliser le sel marin en octaèdres , et le sel ammoniac en cubes.

L'infusion de noix de galle ne la trouble pas \ les alcalis n^y produisent non plus aucun précipité ^ mais ^ pour peu qu'on la chauffe avec les matières alcalines , l'urée qu'elle contient ne tarde point à se transformer en ammoniaque , en acide carbonique et en acide acétique.

1796. Etat naturel , Extraction. — L'urée existe dans l'urine de l'homme, dans celle de tous les quadrupèdes , et probablement d'un grand nombre d'autres auimaw \ on ne Fa trouvéejusqu'ici dans aucune autre humeur , ^fe n'est dans le sang , lorsque les animaux sont privés de reins (18^1) 5 elle ne fait jamais partie des subsunces molles ou

De tous les procédés qu'on peut etaployer pour l'obtenir , le meilleur est le suivant : il faut évaporer l'urine eix consistance de sirop , ayant soin de ménager le feu , surtout à la fin de l'évaporation -, ajouter peu à peu à ce sirop son volpme d'acide nitrique à 24^ ; agiter le mélange et le plonger dans un bain de glace , afin de durcir les cristaux (de nitrate acide d'urée qui se précipitent ; laver ces cris- Uux avec de l'eau ^ 9 ; les faire égoutter et les comprimer entre des feuilles de papier Joseph. Lorsqu'on lésa ainsi ^parés des matières étrangères auxquelles ils étaient ad^

3^6 DES 8VBSTAKCES AHIMÀLES IfEUTUBS.

hérens , on les redissout dans Teau , et Ton y igeute assea de carbonate de potasse pour en séparer Tacide nitrique ; puis on évapore la nouvelle liqueur , à une douce clialear, presqu^à siccité ^ on traite le résidu par de Talcool trèspur qui ne dissout que Furée ^ on concentre la dissolntioQ alcoolique , et Turée cristallise.

1 797 • Composition. -— L'urée , suivant M. Berard (thise présentée à la Faculté de Médecine de Montpellier , le 9 juillet 181 7) 9 est composée de :

Oxigéne 26^4^

Azote 4^^4o

Carbone. 1 9;^^

Hydrogène • 1 0,80

1 oo^oo

1798. Usages, etc. — L'urée pure est sans usages-, mais c'est elle qui , en se décomposant et formant du souscarbonate d'ammoniaque , rend l'urine propre à être employée dans plusieurs arts. C'est à Rouelle le cadet qae nous en devons la découverte , et à Fourcroy et M. Yaoquelin que nous devons la connaissance du plus grand nombre de ses propriétés. {Annales de Chimie y t. xxxn, p. 80.)

De la Matière colorante du sang.

La plupart des chimistes ont cru pendant long-temps que le sang devait sa couleur à la petite quantité d'oxide de fer que ce liquide contient ^ mais aijyourd'hui il est bien démontré j par les expériences de MM. Brande, Bev^cUus et Yauquelin , que la matière colorante du sang est d'une toute autre nature.

Comme cette matière joue probablement un rôle remarquable dans l'économie animale /et que les résultats

DB LÀ MATIKAE COLOAANTK DU tilfO. 3^7

de M. Berzelius ne sont pas toi\jours d*accord areo ceux de MM. Brande et Yauquelin Je crois devoir les citer tous successi?ement.

i^ M. Brande olbtient cette matière en agitant le sang à sa sortie de la veine , enlevant la fibrine qui se sépare sous forme de longs filamens , abandonnant à elle-même la liqueur restante, qui est d'un rouge brun très-foncé , jusqu'à ce qu'il s'y soit formé un dépôt très-coloré y et décantant le sérum qui surnage. Ainsi obtenue , elle contient encore une petite quantité d'albumine, et possède les propriétés suivantes :

Examinée au microscope, elle parait composée de glo-<^ bules. Elle forme avec l'eau une dissolution qui ne se putréfie que difficilement , qui conserve sa couleur au-dessous de go^ de cbaleur , mais qui , au-delà , se trouble , laisse déposer un sédiment brun et devient incolore , enfin qui peut être précipitée par l'alcool et Fétber.

Soumise à la distillation, elle se décompose, doimetous les produits qui caractérisent les matières animales , et un chacbon dont la cendre ne contient que des traces de fer.

Uacide bydro-cblorique , l'acide sulfurique étendu de buit fois 80XÉ poids d'eau , l'acide acétique , l'acide tartrique , l'acide oxalique , l'acide citrique , sont tous capables de la dissoudre très-facilement à l'aide d'un peu de chaleur. Tous , excepté l'acide sulfurique , la dissolvent , même à froid . Les dissolutions paraissent d'un rouge cerise ou d'un cramoisi foncé , vues par réflexicm , et verdàtres rues par transmission.

I^ea alcalis et les carbonates alcalins dissolvent la matière colorante plus facilement encore que les acides : aussi proment-ils une teinte si foncée qu'ils paraissent opaques.

X'acide nitrique, au contraire , la détruit sur-le-cbamp.

II parait que l'oxidc de plomb ne peut point se combi-

3^8 DES SUBSTÂirCBS A51MÀLES NEUTRES.

ner avec elle; le proto et le deuto-nitrate de mercure, le sublimé corrosif, la précipitent de sa dissolution aqueuse, et donnent lieu à des composés qui adhèrent aux étoffes. L'alumine Tentrainedans sa précipitation ; mais la laque qui en résulte ne résiste ni à l'action de Tair ni à Faclioa de la lumière. Il en est de même de celles que Ton peut préparer, soit avec Foxide, soit avec Thydro- chlorate d'étain.

Cependant elle forme avec le coton engallé une teinte rouge solide. {Transactions philosoph. , 1812, impartie.) 2^. M. Berzelius n'obtient point la matière colorante par le même procédé que M. Brande ^ il coupe le caillot en tranches très-minc«s , le place sur du papier bronillari pour en absorber le sérum , et le triture dans une petite quantité d'eçiu , qui prend bientôt une couleur brune si foncée , qu'elle n'offre pas la moindre transparence dans un tube de verre de 7 millimètres de diamètre; il expose ensuite la dissolution à l'action de la chaleur pour en vaporiser l'eau et obtenir la matière à l'état solide. Lorsque la chaleur ne dépasse pas 5o^ , la matière conserve toute sa solubilité dans Veau ; mais elle y devient insoluble à la température de l'ébullition , et se précipite en une masse iHTune que Ton peut laver , presser et sécher facilement : M. Berzelius préfère même ce dernier mode d'extraction toutes les fois que les expériences auxquelles il soumet la matière colorante n'exigent pas que celle-ci soit en dissolution dans Teau. Calcinée avec le contact de l'air, elle se fond , se boursouffle , brûle avec flamme , et donne va eharbon qu'on ne peut incinérer qu'avec la plus grande difficulté ; qui , pendant sa combustion , laisse «bntinueK lement dégager du gaz ammoniac , et qui fournit la centième partie de son poids d'une cendre composée d'environ 5o parties d'oxide de fer , 6 parties de phosphate de efaaux et d'un peu de magnésie , 20 parties et demie de chaux

DV LÀ MÀTIKRE COLOUANTE DU SANO. 879

pure, 7 parties et demie de sous-phosphate de fer , et i6 parties et demie diacide carbonique , y compris la perle dont l'analyse est inséparable.

Quoique cet(e cendre renferme tant d'oxide de fer , Ta*» cide gailique , l'infusion de noix galle , le prussiate ou Thydro-cyanate de potasse ne produisent , dans la dissolu* , tion de la matière colorante , aucun précipité qui y annonce Texistence de ce métal. Dçlà, M. Berzelius conclut que cette matière contient le fdf* à Tétat métallique, (^nnales de Chimie, t, lxxxviii , pag, 89*, et Annales do Chimie et de Physique , tom. y ^ pag. 4^- )

D'ailleurs , la matière coloi*ante possède les mêmes proi* priâtes que la fibrine ; elle n'en diffère donc que par sa couleur y que par sa solubilité dans l'eau y .et parla grande quantité d'oxide de fer que contient sa cendre , oxide dout on retrouve à peine des traces dans la fibrine incinérée.

3**. C'est également par un procédé particulier que M. Vauquelin se procure la matière colorante. (Annales de Chimie et de Physique , tom. ï , pag. 9. )

« Prenez , dit-il , le caillot du sang bien égoutté sur un » tamis de crin, écrasez-le dans une terrine avec 4 partie» >» diacide sulfuriqué étendu de 8 parties d'eau , et faites » chauiFer à 70^ centigrades pendant cinq à six heures, » Filtrez la liqueur encore chaude , et lavez le résidu » avec autant d'eau chaude que vous «vez employé d'acide ; » concentrez les liqueurs jusqu'à ce qu'elles soient i^é^ » duites à moitié \ alors versez-y de l'ammoniaque jusqu'^ ^ ce qu'il ne reste plus qu'un léger excès d'acide. Après » avoir agité la liqueur , laissez-la reposer , et vous aurez » un dépôt de couleur rouge pourpre.

» Vous décanterez la liqueur quand elle sera chaire , et )> vous verserez de l'eau sur le résidu , ce que vous répé- » terez jusqu'à ce que les derniers lavages ne précipitent ^ plus le nitrate de baiyte.

38o DBS StJBftTAVCES ÂHIMiXES SBVTHES.

» Le précipité ainsi lavé sera jeté sur un filtre , et Ion- "» qu^ilsera égoutté sur du papier Joseph^ on renliven » avec un couteau d*ivoire , et on le mettra dans unecap- » suie où on le laissera sécher : ce sera la partie colorante » pure du sang.

» i^. Elle n*a ni odeur ni saveur sensibles ;

li a9. Délayée dans Feau^ elle a une couleur ronge' » vineuse, mais ne s'y dissout point ;

n 3^. Sèche, elle parait noire comme du jayet, dont )i elle présente la cassure et le brillant ;

» 4^. Ainsi desséchée , elle se dissout très-bien dans les n acides et les alcalis , et communique tme couleur rouge- B pourpre à ses dissolutions;

» Sa dissolution dans Tacide hydro-chloricpie ne troQ' » ble point la solution de Thydro-chlorate de baryte ; ce » qui prouve qu'elle ne retient point d'acide snlfuriqne

> quand elle a été bien lavée ;

» 5^. L'acide gallique pur et le prussiate de potasse » n'apportent aucun changement dans la couleur des dis* n solutions acides de cette matière , ce qui annonce qu'elle » ne contient point de fer; tandis que , dans la liqaeor 1» de laquelle ce principe a été précipité , ces deux résc- » tifs montrent à l'insUnt Texistence du fer en quantité » notable.

» 6^. L'infusion de noix de galle qui contient le fan- » nin précipite la dissolution de matière colorante dans

> un acide , mais n'en change pas la couleur.

» 7^. Soumise au feu , dans un appareil fermé, elle ne » change ni de forme ni de couleur; elle exhale tme s> odeur semblable à celle des matières animales , foonut » du carbonate d'ammoniaque, et une huile ronge-pour- )» pre , mais presque pas de gaz.

)» 8^. Après avoir éprouvé ainsi l'action de la chalenr , B elle ne se dissout plus dans les acides ni dans les alcalj5*

DB Ll UATXEaB COLOfiijrTX DU 8ÀZC&. 38 1

» Elle est réduite k Fétat cliarbonneux. Comme cette ma- » tière ne change pas sensiblement de yolome dans cetie » opération , elle doit contenir beaucoup de charbon.

9 9^. Cette matière étant par elle-même insoluble dans » Feau , il faut que j dans le sang , il y ait quelque sub- M stance qui en opère la dissolution : c'est probablement 9 de Talcali ^ car il n^en faut qu'une très-petite quantité » pour dissoudre cette matière.

n Cependant , comme la couleur du sang se dépose à la » longue du lavage de son caillot , il semblerait qu elle

> n'y serait qu'en suspension.

» lo^. La dissolution du principe colorant du sang dans n Tacide nitrique étendu d'eau n'éprouve pas de chan- » gement dans sa couleur ; le nitrate d'argent ne la trouble » pas-, mais l'acétate de plomb y forme un précipité bruu ' » et la décolore entièrement.

» 11^. Le caillot du sang qui a bouilli plusieurs fois » avec l'acide sulfurique se dissout entièrement dans une » petite quantité de potasse, d'où l'acide hydro-chlorique » le précipite entièrement , à moins qu'on ne mette un » excès de ce dernier : alors la solution conserve une » couleur rouge.

» la^. Quand, par des lavages réitérés à l'eau froide V » on a enlevé de la masse du sang la plus grande partie i> de l'acide sulfurique , le résidu se dissout abondam-

V ment dans l'eau chaude ^ mais la dissolution qui en ré-

> suite n'a pas une couleur rouge : elle est , au contraire p 9 hnme.

» iV. L'albumine du sang qui contient de la matière » Goloranle la dépose , par le repos , au bout d'un certain

V temps , et la liqueur devient jaime-verdàtre. Mais si » oeife matière colorante reste dans l'albumine jusqu'au

* moment où celle-ci commence à se décomposer, elle

* te redÎMOUt , et la liqneur reprend une couleur écar*

H82 1)F.S SUtiSTAWCES ANIMALES TTÉUTHE*.

to late , parce que rammoniaque qui se développe par h >> putréfaciion produit cet effet , et la dissolution j qui est » rouge y devient écarlate en se mêlant à Talbumine, qui )» est jaunâtre.

» 1 4®. Si sur ralbumîne du sang de boeuf on verse a par- » ties d^alcool froid , et qu'après avoir filtré la liqueur et )> égoutté le coagulum , on le fasse bouillir avec ^ à 8 par- » ties de nouvel alcool , celui-ci se cdlore en beau jaune » de citron ; enfin , si Fou réitère trois ou quatre fois la » même opération ^ Talcool cesse de se colorer , etFalbn^ ^> mine devient blanche.

)> L'alcool évaporé dans une cornue laisse une huile » grasse , d'une couleur jaune , d'une saveur douce et » d'une consistance molle.

» i5®. D'après les expériences de M. Brande, et la )> miennes , qui en sont une confirmation , dont ^ khyé- » rite , elles n avaient pas besoin , le sang doit sa couleur » à Une matière particulière dé nature anituale , produite y> par les forces vitales , et particulièrement par Tinfluence » de la respiration ; et l'opinion des médecins et des chi- » mistes qui , jusqu'à ces derniers temps , attribuaient i » la présence du fer cette propriété , doit être abandonnée, » au moins comme en étant la seule cause , puisque l'on y> peut obtenir cette substance isolément exempte de ce y> métal. »

Du Picrotneli

i8oi. Etat naturel» — - Le picromel^ ainsi appelai cause de sa saveur , est tme substance propre à la bîie de ]a plupart des animaux , mais que ne renferme point toutefois celle de l'homme ^ du moins d'après «mes expériences*

Il est sans couleur ^ et a le même aspect etla même 000* sistance que la térébenthine épaisse \ sa saveur est d'ah^ acre et amère, puis elle devient sucrée 3- son JoAeor est

DU picnoMÉL. 383

nauséabonde , et sa pesanteui" spécifique plus grande que celle de leau.

Soumis à ractîon du feu , le picromel perd une partie de sa viscosité , se boursouf&e , se décompose en ne donnant point ou que très-peu de carbonate d'ammoniaque. II se conserve pendant- long - temps sans subir la moindre altération. Exposé à Tair , il en attife légèrement Thumi-* dite: par conséquent il est très-soluble dans Teau. L'alcool le dissout aussi avec facilité. Chauffé légèrement avec les acides hydro-chlorique , nitrique , sulfurique , con- Tenablement affaiblis , il forme un composé visqueux suf lequel Teau n'a que très-peu d'action. Les alcalis et la plapart des sels n'en troublent point la dissolution ; et il ft y a guère que le nitrate de mercure , l'acétate de plomb avec excès d'oxide et les sels de fer qui aient cette propriété. L'infusion de noix de galle ne la possède point. De tous ces caractères , le plus saillant réside dans les phénomènes qu'il nous offre avec la ' résine de la bile et la soude.

Lorsqu^on dissout a parties et demie dé picromel et Bue partie de résine dans l'alcool , que l'on fait évaporer" la dissolution jusqu'à siccité , l'on obtient un composé qui est soluble dans l'eau. Si l'on ajoute du sel marin à la <lissolution , elle deviendra plus stable; si on l'évaporé ensuite et si l'on calcine le résidu , il en résultera un char- I)OQ très-alcalin et qui contiendi'a évidemment du souscarbonate de soude : d'où l'on doit conclure , i^. que la résine de la bile est soluble dans le picromel ; 2^. que la résine, le picromel et la soude sont capables de former un composé très - intime ; 3^. que le picromel et la résine peuvent décomposer le sel marin. Ces diflTérens faits nous seront très-utiles par la suite pour expliquer le plus grand nombre des résultats qui nous sont offerts par la bile.

1802. Préparation,'^ C'est de la bile de bœuf qu'on

384 I>C' 8UBSTAKGfiS AKIMÀLE8 SECTRES.

extrait le picromel : cette bile , outre le picromel , la ma* tière résineuse et un peu de matière jaune , renferme beaucoup d'eau et une petite quantité de soude , de phosphate , d'hydro-chlorate , [de sulfate de soude , de phosphate de chaux et d'oxide de fer. Il faut d'abord y verser un excès de dissolution d'acétate de plomb dtt commerce : par œ moyen y on précipite toute la matière jaune et toute la résine unie à Foxide de plomb ] on précipite également l'acide phosphorique et l'acide sulfuriquedu phosphate et du sulfate de soude. La liqueur étant filtrée ^ on y verse du sous-acétate de plomb : à l'instant le picromel s'empare de l'excès d'oxide de ce sel , et se dépose sous forme de flocons blancs. Ces flocons doivent être lavés k grande eau par décantation^ recueillis sur un filtre, dissous dans le vinaigre distillé. Alors , à travers la dissolution , Ton fait passer du gaz hydrogène sulfuré pour séparer le plomb ] l'on filtre la liqueur , l'on en chasse l'acide acétique par l'évaporation , et on obtient pour résidu le picromel pur.

Composition.*^ Suivant M. Thomson , le picromel serait composé de 54)53 de carbone, 4^,65 d'oxigine, 1,82 d'hydrogène^ mais je suis porté à croire que dans cette analyse il s'est glissé quelques erreurs.

Le picromel est sans usages.

Du Sucre de lait.

i8o3. Propriétés* — Le sucre de lait est une substance qu'on appelle ainsi parce qu'elle a une saveur douce et qu'elle n'existe que dans le lait. On ne doit point la confondre avec le sucre proprement dit , car elle ne fermente point*

Le sucre de lait est solide , sans odetfr , spécifiquement plus pesant que l'eau ; il cristallise ordinairement en pa-

Dtl SUCRB DB LilT» 385

ralléllpipèdes réguliers ^ terminé$ par des pyramides à quatre faces , blancs , demi-t]:aiisparen8 y durs y croçpiant sous la dent , et <pii ^ projetés sur les charbons incandescens , décrépitent , se boursouiflent et se charbonnent.

Lorsqu^on le grille jusqu^au point de le caraméliser, il devient beaucoup plus soluble dans Veau , incristallisable, et acqxiiert , pour ainsi .dire , toutes les propriétés de la gomme. (M. Vauquelin, Bulletin de Phairn, , t. m , p. 49* ) Chaufle plus fortement il entre en fusion , se dé^ compose^ et donne tous les produits qui proviennent de la distillation des matières végétales , sans trace sensible d^ammoniaque. Exposé à lair, il n'en attire point Thumidité et ne s'altère en aucune manière. L'eau , à la tem^ pérature ordinaire , en dissout à-peu-près la neuvième partie de son poids ; Feau chaude en dissout davantage ^ de sorte que ^ par le refroidissement , elle en laisse déposer sous forme de cristaux. La potasse et la soude le rendent beaucoup plus soluble. L'alcool conceotré n'en dissout qu'une quantité presqu'insensible. Il .n'çst préci*pité de sa dissolution aqueuse par aucun sel , par aucun alcali j par aucun acide 3 l'infusion de noix.de galle ne produit non plus aucun nuage dans cette dissolution ; mais l'alcool, en raison de son affinité pour Teau, la trouble fortement au bout de quelques minutes , et en scpare un grand nombre de petits cristaux de sucre de lait* Xraitépar l'acide nitrique , il donne absolument les mêmes l^roduits que la gomme y c'est-à-dire , des acides, acétique, ^^aalique , mucique, oxalique , etc. (1460). Enfin il peut, ^ ^mme l'amidon, être transformé en sucre analogue à <î"^elui du raisin , lorsqu'on le fait bouillir avec quatre fois ^^n poids d'eau aiguisée de a , 3, 4 ^ ^ P^^** '^^ d'acide s^urique. Il paraît que l'acide hydro - chlorique peut pi'oduire aussi le même effet. (M. Yogel , j4nn. de Cl^im.^ %* l'Xxxiî , p, i56. ) /

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