‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 4)Chapitre 37 sur 64 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

Des Acides lemaires et quaieniàires qu'on rencontre ioui formes dans les animawx , et de ceux qn^on peHiJ^rmer en traitant tes subsiunées du règne ' animal pat dis^ers torps.

1S08. Ces acides sont au nombre de vingt -six 5 savoir: l'adde unique , Tàcide pyro-ufique , Taclde purpuriqué i

marganque

cîde pbocénîque , l'acide butyrique , Tacide caproïque , l'/ieide capriqiie , Vacîde bîrciqtie , Tacîde sébaciqùe , Tacîde cholèslérique , Tacide prwssîque ou bydro-cyanîque , l'a4îide chioro-cyanique , • raclde hydro-cyanîque-ferruré

388 DES 817SSTAKCES AHIMàLCS kCïlfTS^

OU l'acide hydro-cyano-ferriqne ; et les acides acétique j }>enzoïque , malique , oicalique. Les quatre derniers ont été examinés dans la chimie végétale ; nous allons étudier les vingt-deux autres.

Parmi ces vingt- deux acides , les neuf premiers différent entièrement des corps gras , et sont plus ou moins oxigénés; les dix qui suivent le sont à. peine, et se rap* prochent , au contraire , beaucoup des graisses *, les addes prussiqueou hydro-cyanîque , chloro-cyanique , bydroçyanique fçrruré ou hjdro^cyano-ferrique ne le sont nullement : de là Tordre que nous allons suivre.

AATICLE PBEia£R.

Des Acides plus ou moins oxîgénés, et très^dîfferens des corps gras par leurs propriétés.

De l'Acide urîque^

1809. Historique. — • C'est à Scbéele qu'on doit La découverte de l'adde urique ; il la fît en 1 776 , en analysant les oalculs de la vessie de l'homme. Croyant que les otl* culs étaient toujours formés de. cet acide , il le nomma acide lithique , dénomination à laquelle on a renoncé depuis qu on sait que ces concrétions renferment beaucoup d'autres substances. Bergmann , M. Pearson , Fourcrqy et M. Vauquelin , M. Williams Henry et M. Prout, «ont ceux qui, après àchéele, ont étudi^avec le plus de soin les propriétés de l'acide urique.

JEtat naturel. — C'est cet acide qui se dépose qudquefois des urines humaines, sous forme de p<>adre jaunâtre , peu après qu'elles sont rendues , et qui s'attache tellement aux vases qu'on a peme à l'enlever, même par le frottement 5 c'est lui qui constitue tous les calculs ^ toutes les couehes de calculs urinaiws de l'homme, qui

DV l'àCIOB VIIIQVS. 389

sont Jannàtres et dont la poussière ressemble à la sciure de bois ; c'est également lui qui forme toute la partie blanche qu^on distingue dans les excrémens des oiseaux (classe d'animaux dans lesquels les urines sont rendues avec les excrémens). M. Vauquelin Ta observé récem-* ment en grande quantité dans les urines blanches et boueuses que rendent les serpens. M. Brugnatelli Ta rencontré uni à l'ammoniaque dans les matières excrémentitielles de la falène du verre à soie , et dans la dragée ou Iei>lancdu même insecte. M. Robiquet l'a découvert dans les cantharides. Enfin , il parait que c'est ce même acide qui) uni à la soude , compose les calculs arthritiques. On voit donc que jusqu'à présent l'acide urique n'a été trouvé', pour ainsi dire , que dans les urines de l'homme , des oiseaux et des serpens.

1810. PrqEiaration.— «Le meilleur moyen d'obtenir l'aade urique pur est de se procurer des dépôts d'urines hu-* mainesnon putréfiées, ou des calculs urinaires jaunâtres, de les broyer , de les traiter à chaud par un excès de dissolution de potasse ou de soude caustique , de filtrer la liqueuf , et d'y verser de l'acide hydro-chlorique : à l'instant , l'acide urique , qui est peu soluble , se précipite en flocons blancs qui perdent peu à peu de leur volume et se transforment en petites paillettes brillantes^ aussitôt qu'il est précipité, on le rassemble sur un filtre et on le lave jusqu'à ce que l'eau qui passe à travers ne trouble plus la dissolution de nitrate d'argent : dans cet éut , il est pur^ il ne reste plus c[u'à le dessécher à une douce chaleur.

18/1. Propriétés. — L'acide urique ainsi préparé est solide^ d'un blanc jaunâtre , en poudre lamelleuse , sans odeur , sans saveur , spécifiquement plus pesant que l'eau et sans action , bien sensible du moins , sur la teinture de tournesol.

Soumis à l'action du feu dans une cornue de verre , il

3<)0 1>I'S SUBSTANCES ÂKIMALES ACIDES.

96 décompose , et donne d^abord de rhydro-cjanate et du carbonate d'ammoniaque crbtallisés , et en même tcmjks de Vacide hydro-cyaniqne j puis une liqueur épaisse y empyreumatiqiie , qui omitient beaucoup de pjro * unte acide d'ammoniaque , et qui se solidifie à mesure qu'elle ae refroidit \ bientôt après il se sublime des lames blanches et brillantes qui ne soût formées , pour ainsi dire, que d'acide pyro-urique , ou du moins qui contiennent à peine du pyro-urate d'ammoniaque ; vient enfin miebaik empyieumatiqne très-coloréc : du i^este, il se dégage des gaa et il se produit un résidu charbonneux comme dans toutes les distillations de matières animales. ( MM» Chevallier et Lasiaigne, Annales d^ Chimie et de Physique, U XIII ,pag^ x55.)

L'air n'exerce aucune action sur l'acide urique k k teuf pérature ordinaire. L'eau , à celle de i5 à i6^, n'eu dis* sont que la 17K>^ partie de son poids ', bouillante , die en dissout la xi5o^ partie, et en laisse déposer, par le refroidissement , sous forme de petites lames : il est absolument insoluble dans l'alcool.

Les sels qu'il est capable de former avec les bases sa* lifiables ne sont solubles y d'une manière trfes^sensible , qu'autant que ces bases le sont elles-mêmes , et qu'elles scmt en excès. Presque tous les acides ont la propriété de les décomposer. En effet , si l'on verse un excès d'acide qui ait tant soit peu de force dans une dissolution de soiis«iinite alcalin, dissolution que l'on peut toujours obtenir i firoid, et à plus forte raison à chaud, l'acide urique en sera préci" pité tout-à-coup , comme nous l'avons dit précédenuncnt.

Lorsqu'on traite l'acide uri.quepar l'acide nitrique bouillant , ces deux acides se décomposent récifu^oqaement , et de cette décomposition résultent de l'eàu, du gaz carbonique , de l'azote et de l'oxide d'azote , de l'acide prussiqne ou hydro-cyaniquc , de l'acide purpurique , de l'ammo'

niaque ^ et pcut-ét{c des acides acéiique , malique et oxa* liqne. A une certaine époque, la liqueur devient très^rose et comme carminée : cette couleur est due , suivant M. Vauquelin , à la présence d^une matière parliculière.

Si Von projette de Tacide urîque dans un flacon plein de chlore gazeux humide , il se forme en peu de temps «Je Thydro-chlorale d^ammoniaqne , de Voxalate d^ammo* niaqne , de Tacide purpurique , de Tacide carbonique , de Tadde bjdro-chlorique et de Tacide malique : on obtient Je même résultat en faisant passer ce gas à travers de Teau teoABt Tacideurique en suspension. L'iode produirait sans donie des effets analogues*

Enfin , quand on fait chauâcr un mélange d'acide ucique et d'un excès de chlorate de potasse , il se dégage du gai& azote , et il se prodoit non-seulement de l'eau , du ga& acide carbonique , mais encore du gai acide nitreux : la combustion a peu d'activité.

i8ia. Coii]^H)iûio/i.««L*acideurique estforméen poids^ suivant M. Bermrd , de :

Azole. ..«.«..^ «•• 39^i5

Carl>ooe. • .«•••• < • 33,6»

Oûgène «...». i^y^j

llydrogéDC 1. » 8>34

( Thcse préseniée à laSacuUid» MédeeŒC de Alodtffeiiitr,. Icij juiliel 1S17.)

Si Von transforme ces poids en volume , l'on trouve «]uc la vapeur de cai^bone est au gaz azote comme 2 à i , résultat qui est le marne que celui que M. Gay-Lussae avait publié aupaïuvant dans le 96^ volume des. yinn^ de Chim.^ rag. 53.

394 ^^S SUBSTAIÏCES AKIHALCS iCIDËS.

saltfiables, et de là le nom diacide purpurique sous lequel il Ta désigné. M. Vauquelin sW assuré qu il étail v^incolore, que les sels qu'il produisail avec presque loos les oxides étaient blancs ^ qu il contenait plus d'oxigène que lacide urique ; il a pensé en conséquence que le nom diacide purpurique était impropre , et que celui d'ocûfe urique oxigéné serait plus convenable*

Touten blâmant lepremier de ces noms, noua iM pouvons adopter le s^nd , par la raison toute simple queFacidepar» purique n'est point de Tacide urique» plua deTosigène.

Pour se procurer Tacide purpurique « il faut ptrendre, d'après M* Vauquelin , cinquante parties d'acide uriqne pulvérisé et les faire dissoudre successivement , à Taide d'une douce chaleur, dans un mélange de loo parties d'acide nitrique à 34^ , et de loo parties d'eau. La dîssolatiou s'opère avec une grande effervescence et finit par pi*endre une bell^ couleur rouge écarlate. Lorsqu'elle est faite , on la sature peu à peu par un lait de cbaux \ elle se fonce en couleur et laisse déposer , aussitôt que le pobit de saturation est sensiblement atteint , un sel blanc, cris* tallin et brillant : c'est un sous-purpurate de cbanx. L'^oamère est rouge, et si l'on y verse de l'ammoniaque, il s^en précipite un sous-purpurate calcaire qiû , an lieo d'être blanc comme le premier , est teint en rouge par une matière colorante avec laquelle il est combiné , et qm, dans le traitement de l'acide urique , prend naissance en même temps que Tacide purpurique.

L'acide pui^purique ne doit être extrait que du sous* pnrpurate blanc , et même auparavant il est bon de parilier ce sel en le redissolvant dans de l'eau bouiHaule à laquelle on {goûte assez diacide acétique pour saturer Texces de base. Par ce moyen le purpurate devient plus soiobk et cristallise par refroidissement.

Ainsi purifié, M. Vauquelin prescrit d'en opérer la dîsso*

DE l'àcidb AOSACIQUE. SljS

lution d«ns vingt-quatre fois son poids d*eau, et d^sgouter à la liqueur 3o grammes d^acidp oxalique : il en résulte de l*oza)ate de chaux insoluble et de Tacidepurpurique libre très «soluble ] mais comme la liqueur filtrée retient un pea d'oxalate de chaux , elle doit être évaporée à siccité , el le résidu mis en contact avec Talcool : Tacidel purpurique senl se dissout, de sorte qn^alors il est facile de Favoir parfaitement pur.

Cet acide est incolore, sans odeur, très^-sapide, trèssoluJble dans Veau et Talcool. Il ne cristallise que difficilement. Il se fond à une douce chaleur, prend Taspect d'une gomme , et reste sec , cassant et transparent après son refroidissement. Il sature parfaitement les alcalis , et forme des sels incolores qui possèdent des propriétés trèsdistinctes.

Lorsqu'il est impur, ou uni i la matière colorante qui se forme en même temps que lui dans le traitement de Fa* cide urique par Tacide nitrique , il forme an contraire des parpnrates colorés.

loo parties d'acide purpurique blanc sont composées , suivant M. Vauquelin , de 87,34 de charbon , do 129,34 d'oxigène, de 17,22 d'hydrogène, et de i6,o4 d'azote.

Nous n'entrerons pas dans de plus grands détails sur les propriétés de cet acide : ceux qui voudront les connaître d'une manière plus particulière devront consulter les observations de M. Vauquelin. (Mém. du Muséum d'flist. nat., tom. vu, pag. 253; et tom. ix, pag. i55.)Ils pourront aussi lire une petite note publiée par M. Lassaîgnc , ^n/ts de Chim. et de Phjs, , t. xxii , p. 334-

De l' Acide rosacique»

iSii, Historique ^ Propriétés, — I/acidc rosaciquc , Tiù lire son nom de sa couleur, fut découvert par M. Proubt

SgG DES SUBSTA9GES Â5IMÀLES A.CIDES.

en 1798 {/inn. deChim., u xxxvi, p. !&58), et étudié par M, Vauquelîn en 1811 , et far M, Vogel en 1816.

Cet acide est solide , d'un rouge de cinnabre très-vif, inodore; sa saveur est faible : cependant il rougit d'une manière très-sensible la teinture de tournesol»

Mis sur les charbons incandescens , il se décompose, et donne lieu à une vapeur piquante qui n'a rien des màiiiies animales : il paraît donc qu'il ne contient pas d'azote , cm du moins qu'il n'en contient que peu. Il est très-soluble dans l'eau ; sa dissolution dans l'alcool s'opère facilement. Il se combine avec les bases salifiables , et forme des sels solubles , non-seulement avec la potasse , la soude et Tarn* znoniaque , mais avec la baryte , la strontiane et la chaux, il produit un précipite légèrement rose dans l'acétate de plomb ; enfin il se combine avec l'acide urique , et cette combinaison est si intime , que l'acide urique, en se précipitant de l'urine , entraîne tout l'acide rosacique, encore bien que celui-ci soit très-soluble.

Telles sont les propriétés que M. Vauquelîn lui a recofi* nues. {Annales du Muséum d'Histoire naturelle, t. xvii^ p. iZijOVL Bulletin de Pharmacie, t. m, p. 4 16.) M« Vogel lui attribue les suivantes :

i^. L'acide sulfurique concentré le convertit en une poudre d'un rouge foncé , le dissout , et l'amène ensoiu; i l'état d'une poudre blanche insoluble dans l'eau y laquelle réunit toutes les propriétés de l'acide urique.

2^. L'acide sulfureux lui donne également cette belle nuance d'un rouge vif. Ce rouge, qui, avec le temps» augmente d'intensité dans Tacide sulfureux , est constant et inaltérable.

3^. L'acide nitrique le transforme également en acide urique.

4^. La dissolution de nitrate d'argent dans laquelle on « délayé de l'acide rosacique lui communique y au boutda

DE L* ACIDE AMHIOTIQVB. igj

«pielqoes heures , une couleur dW brun fauve; au bout de vingtrcpiatre heures > il reste une poudre d'un vert bouteille.

L'acide urîque partage cette propriété jusqu'à un certain point.

On volt^ abstraction faîte de la couleur et de lactlon des acides sulfurique et sulfureux , ^oute M. Yogel , que Taciderosacique ne difil&re pas beaucotq[>de Tacid» qrique«- Ç Journal de Pharmacie, tom. ii, pag 27.)

i8i4- Etat naturel, Préparation.^'lA Rciàe rosacique est très-rare : on ne le trouve que dans quelques urines. C'est lui qui , uni à Tacide urique, se dépose de celles qu'on rend dans le cours des fièvres intermittentes et des fièvres nerveuses , souvent sous forme de sédiment rosacé , et quelquefois sous forme de cristaux roiigeàtres. Peut-^tra est-ce lui qui colore les urines que l'on connaît sous le noia ai urines ardentes. #

. On l'obtient pur en se prc^urant une certaine quantité du dépôt coloré dont nous venons de parler , lavant ce dépôt avec'de l'eaii pour en séparer le liquide urinaire, traitant ensuite ge même dépôt par l'alcool bouillant y et faisant évaporer la dissolution.

L'analyse n'en a point encore été faite ; il est sans usages.

De V Acide amniotique.

18 15, Historique, Propriétés. ^^MM.. Buniva et Vaufjuélin , en analysant l'eau de l'amnios de la vache , en 1797, ^^^ trouvé un acide particulier auquel ils ont donné le nom diacide amniotique.

Cet adde est solide , blanc et brillant , sans odeur ; sa saveur est faible ; il rougit légèrement la teinture de tdurjiesol, et cristallise en aiguilles.

Exposé au feu , il se boursouffle , se décompose , et donne du sous^carbonate d'ammoniaque , un charbon vo^

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