‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 4)Chapitre 38 sur 64 · DES ^UBSTAKCES ANIMALES ACIDES · texte numérisé non relu

DES ^UBSTAKCES ANIMALES ACIDES

lamineax., etc. L*air ne raltère poini* Il est peu solable dans Teau et dans l'alcool à la température oïdinaire ; il Test beaucoup plus dans ces liquides bouillans : aussi se précipite -t- il de ceus-ci en partie, ptr le refroidiseement , sous forme de cristaux.

Il forme , avec tous les alcalis , des sels solubles que la plupart des acides décomposent : c^est pourquoi , lorsqu'on dissout ces sels dans Teau , et qu'on verse un acide Unt soit peu fort dans la dissolution , on voit tout-4-ooup Tacide ammodque se déposer en poudre blanche cristalline. Il ne trouble point les dissolutions de nitrate d'argent , de plomb , de mercure , et ne décompose celles des car« bonaies alcalins que par la chaleur.

1816. Etat naturel^ Préparation. — L'acide amniotique n'existe point dans les eaux de l'amnios de la femme : on ne sait point d'ailleurs s'il existe dans d'autres eaux d'anmios que celles de vache.

Les eaux d'amnios de vache étant composées d'eau proprement dite, d'une matière^animale jaunâtre , visqueuse, très*soluble dans l'eau-, incristallisable , insoluble dans l'alcool \ d'acide ammotique , de sulfate de soude, de phosphate de chaux et de magnésie , il faut , pour en extraire l'acide amniotique, les faire évaporer jusqu'en consistance de sirop très-épais , et traiter à plusieurs reprises le résidu par l'alcool bouillant : l'acide se dissout dans celui-ci^ et s'en sépare presqu'entièrement par le refroidissement. ' On peut eacdre se le procurer en réduisant , par l'éva* p(«ation , les eaux de l'amnios aa quart de leur volume ^ et les laissant refroidir : l'acide qu'elles contie^meut cris^ talliseen grande partie. A la vérité , l'acide que l'on obtient ainsi est ooloDéten jaune par un peu de' matière ani-* maie ^ mais il suffit de le laver dans une pdite quantité d'eau pour enlever cetlle matière , qui est u^ès -soluble ; et le rendre blanc.

DE L*ÀC11>K LACTTQVE. 3c)g

La proportion des piîncipes de Tacide amnioiique n'a point encore été déterminée* Il est tans «sages. {Ann, de Chim,, U XXXIII ) p. 379. )

De fAddù lactique*

1816 ii5. L'aoide lactiqne ) dont Schéek annonça Texis* tence dans le petit-lait aigri, en 1780 , est doué, snivam cet illustre chimiste , des propriétés suivantes : concentré le plus possible, il ne cristallise point ; il reste sous forme de sirop ou d'extrait. Sa saveur n'est point forte : cependant il rougit le tournesol d'une manière très - sensible* Soumis k Faetion du feu dans une cornue , il fond y se boursoufle , se décompose , et donne les mêmes produits que les acides v^étaux* L'eau et l'alcool le dissolvent facilement \ il forme des sels déliquescens avec la potasse , la soude , l'ammoniaque , la baryte , la <[ihaux ^ la magnésie, l'alumine, l'oxide de plomb. Lorsqu'on le met en' contact avec le zinc et le fer , il les attaque et les dissout , en doniuiit lieu à un dégagement de gaz hydrogène. Son action sur le bismuth, le cobalt, l'antimoine, l'éuin, le mercure , f argent et l'-or ^ est nulle.

L'acide lactique existe non-seulement dans le kil, thaïs encore libre ou combiné , d'après M. Berselius , dans touè les fluides animaux et la chair musculaire. Voici le pt^-^ cédé par lequel Schéele Tobtient. Après avoir réduit le petit-lait à un huitième , et séparé par le filtre le fromage qui ae dépose dans le cours de l'évaporatîon , il sature la liqueur par l'eau de chaux , précipite par ce moyen le phosphate de chaux quMle tient en dissolution , la filtré de nouveau , y syoute peu à peu de l'acide oxalique très^ étendu d'eau, jusqu'à ce qu'elle cesse de se troubler , la fait évaporer en consistance de siix>p , et traite le résidu p«r Talcool rectifié , qui ne dissout que l'acide lactique.

4oO DE» SliBSTAJfCBS AITIMÀLES ACIDCS.

Pour Tavoir plus pur encore , M. Benelius conseille de feire digérer la dissolution alcoolique arec du carbonata de plomb , de la décanter au bout de quelque temps , et d'y faire passer un courant de gaz hydrogène sulfuré. Ce gaz précipite le plomb du lactate. qui se forme , et qui reste seul uni à Talcool ; évaporant ensuite celui-ci jusqu'en consistance de sirop ^ on a Tacifle lactique aussi pur que possible.

L'acide que M. Bracdnnot a proposé d'appeler acide nancéique a beaucoup de rapports avec l'acide lactique , ainsi que je l'aï observé dans ma première édition : les expériences que M. Vogel a faites à cet égard tendent à confirmer cette assertion. ( Joum. dePharm. , tom. ni ,

De l* Acide formiquc^

L'acide dfs fourn^is a été- l'objet d'un grand nombre de fechercbes , et cependant les chimistes ne sont point d'accord sur ses propriétés. Le3 uns yeu]ent que ce ^it de l'adde acétique , «t les. au4ves un acide parti^uliec. Ce qui 4pune maintetianc beaucoup de prépondérance à cette dernière opinion et çe^ qui doit la faire adopter , ce sont )es expériences de Suersen , publiées dans le Journal de Gchlen^ lom. iv, pag. i; celles de Gehlen lui-même, qui ont paru par extrait dans les Annales. de Chimie, t. Lxxxiiiy p. ;2o8 , et celles de M. Doebereiner« (jénum de Chim* et de Phys.» tom. ^x, pag^ ^a^.) . Pour se procurer l'acide formique pur, Gehlen sature le suc exprimé des fourmis par le soûs^carboiOAte de potasse ,. verse dans la liqueur du sulfate de fer au mmxinujan d'oxidation, la filtre, l'évaporé en consistance de sirop y et la distille dans une cornue de verre , avec une suffisante quantité d'acide sulfurique. Le produit qui passe dans le l'éeipient est uès-acide et sans odeur sensible d'acide svl***

DE LUCIDE FORICIQUE. 4^1

ftirenx. Il le met en contact avec du carbonate de cuivre , fait évaporer la dissolution , et en relire de beaux cristaux bleus , quHl considère comme àviformiate de cuivre. C'est de celai-ci qu'il extrait Tacide pur et le plus concentré possible , en le décomposant, à Taide de la chaleur , par les f de son poids d'acide sulfurique , dans une cornue munie d'un récipient , et le rectifiant au moyen d'une seconde distillation. De i3 onces de formiate ainsi traité , il a retiré plus de 6 onces et demie d'acide formique pur. Suivant M. Doebereiner , Tacide tartrique , en agissant par l'intermède de l'eau et de la chaleur sur le peroxide . de manganèse , passe en partie à l'état d'acide formique : on obtient alors tout à la fois du. gaz carbonique qui se dégage , de l'eau et de l'acide formique qui se vaporisent et se condensent dans le récipient , du formiate et du tartrate de manganèse qui restent dans le vase distillatoire. Lorsqu'on fait intervenir l'acide sulfurique , l'acide tartrique se transforme tout entier en acide carbonique , en acide formique et en eau : les meilleures pi^oportions à employer sont : I partie d'acide tartrique cristallisé , ^ parties { de peroxide de manganèse , ^ parties 7 d'acide sulfurique concentré , et 6 à 7 parties d'eau. Ce mélange pourrait donc être employé pour, la préparation de l'acide formique , si , comme tout porte à le croire , cet acide est H'un des produits de l'action de l'acide tartrique sur le peroxide de manganèse.

Cet acide est incolore \ son odeur est aigre et piquante; sa saveur est assez forte ; sa pesanteur spécifique à ao^ est de 1,1 16, par conséquent un peu plus grande que celle de l'acide acétique. 11 est toujours liquide , même à une très-basse température , et rougit tout de suite les couleurs bleues végétales.

Chauffé dans une cornue , il entre bientôt en ébullitioii et se vaporise sans se décomposer. Il se combine IV. • 26

4oS DBS tUBSTAlfCCS ÂNIUÂLES ilCIDCS.

avec Peau en toutes proportions , produit de rétlier avec Valcool comme Tacide acétique , forme avec les alcalis, les terres et les oxides métalliques , des sels solnbles dans Teau , pour la plupart cristallisables , qui , sniTant MM r Suersen et GeKleu , diffèrent , sous plusieurs rapports, des acétates* Enfin ce qui le distingue surtout de Tacide acétique , c'est que , mêlé avec Tacide sulfuriqoe concentré , à la température ordinaire, il se convertit ta €au et en oxide de carbone , et que , chauffé doocemeot avec le nitrate d'argent ou de mercure, il les réduit en donnant lieu à de Teau et à du gaz carbonique.

M. Berzelius, qui en a fait l'analyse, le regarde comme composé de 2,86 d'hydix>gène, 64,67 d'oxigène et 33,4? de carbone , composition qui s'accorde parfaitement avec la transformation de cet acide en eau et en gaz oxide à» carbone. (^Théorie des Proportions chimiques.)

De l* Acide caséi(fue.

Nous avons fait voir précédemment comment on par-' vient à se procurer le caséate d'ammoniaque en dissola* tiondans l'alcool (179^ bis). C'est de cette dissoluiioD qu'on retire l'acide caséique. Mais comme elle contient çnmème temps'du phosphate, de l'acétate d'ammoniaque et de la gomme , il faut commencer par l'abandonner à elle-même dans un bocal étroit, et y ajouter tous lesdenx jours une petite quantité d'alcool concentré. Par cette addition , on détermine le dépôt d'une liqueur sirupeuse qui n'est autre chose qu'un peu de gomme. Au bout de quinze jours, on décante la dissolution, on l'évaporé, puis on délaie le résidu dans l'eau , on mêle celui-ci a^ec la huitième partie environ de son poids de carbonate deplomb^ et l'on fait bouillir le tout pendant quelques minutes : 1 ammoniaque se dégage entièrement sdus forme de car- Ibonatc , et il se produit du phosphate , de l'acétate et du

DE L* ACIDE CASÉlQnE. 4^3

cas^te de plomb. L'acétate et le caséate étant solubles , tandis que le phosphate ne Test pas , il est aisé de les sëparer par le filtre. Si donc on fait passer ensuite un courant de gazthydrogène sulfuré h travers la liqueur , on * précipitera le plomb. Enfin , si ou la filtre de nouveau et qu^on la réduise en consistance sirupeuse ^ on volatilisera tout Tacide acétique ainsi que l'excès d'hydrogène sulfuré > et l'on obtiendra l'acide caséique pur.

Cet acide est un peu jaunâtre ; sa saveur est acide ^ anâère , et a quelque chose de celle du fromage. Evaporé convenablement , il se prend en une masse transparente , grenue , dont l'aspect est mielleux; décomposé par le feu dans une cornue , il donne tous les produits des matière! animales. Il est très-soluble dans l'eau et même dans l'al^ cool. Le chlore ne trouble point sa dissolution aqueuse ; Vinfusiou de noix de galle y produit un caillé blanc fort épais.

L'acide nitrique convertit facilement l'acide caséique en acide oxalique ; il se forme aussi ^ selon M. Proust , un peu d'acide benzoïque et une grande quantité de matière jaune amère. La formation de celle-ci n'a rien d'extraordinaire : il n'en est pas de même de celle de l'acide da beiyoin.

L*eau de chaux , l'acétate de plomb , l'hydro-chlorate d^étain , les sels de fer, de cobalt, de manganèse, de zinc, de cuivre , ne sont point troublés par l'acide caséique; il produit , au contraire , un précipité blanc dans la solution de sul^limé corrosif, un précipité jaune dansl'hydroclilorate d'or , et un précipité blanc qui peu â peu devient Jaune et passe au rougeàtrc , dans le nitrate d^argent.

Cufin , en s' unissant à l'ammoniaque , il forme un sel Jjicristallisable , dont la saveur est salée , piquante , amère , analogue à celle du fromage , et mêlée d'un arrière-goût de Tiande rôtie, qui devient sensible surtout quand on ne

4o4 PES SUBSTAKGES AMMALES ACIDES.

met que des parcelles de sel dans la bouche. Ce sel a une singulière tendance à passer à Tctat acide ; car lorsqu'on le sature, du jour au lendemain il reprend la propriéié de rougir le tournesol. La potasse le décompose , en dégage Tammoniaque, et dès-lors sa saveur caractéristique, qui rappelle celle du fromage , disparaît tout de suite. Les fromages faits le contiennent . en abondance ] cest par lui qu^ils sont sapides ; il les assaisonne ^ sans loi , ils n'auraient rien de ce goût piquant qui les fait rechercber. ( M. Proust , Annales^ Chimie et de Physique, l, X, p. 29.)

De l'Acide (panique.

Il paraît , d'après les expériences de M. Gay - Lussac et du docteur Liebig , que les poudres fulminantes obtenues en traitant le mercure ou l'argent par l'alcool et l'acide nitrique, sont des cyanatcs qui ont pour bases des oxidos de. ces métaux. L'acide ne peut être obtenu pur : aussitôt qu'on cherche à le dégager de ses combinaitipns , il se décompose. ( l^oyez les additions, vol. v.)

De plusieurs autres Acides animaux,

Indépendamment des acides qui précèdent , il en est quelques autîes qui , à diverses époques, ont été annoncés comme nouveaux : tel est particulièrement ladde que M. Chaussier a retiré du ver à soie en 1781 , et qu'on a appelé a^^ide hombique {Mémoires de Dijon,

. 1783 , t. Il , p- 70) : de ce nombre sont également lacide de la punaise , celui de la sauterelle , etc. ; mais les propriétés qu'on leur connaît , loin de pouvoir les faire regarder comme des acides distincts , permettent de croire

,que la plupart au moins sont analogues à l'acide acétique*

H^ LkClUE SÉBACIQME. ^oS

▲BTlCLK II «

I^es acides qui ne contiennent que peu d'oxigène, et qui se rapprochent des graisses par leur nature.

Ces acides sont au moins au nombre de dix 5 savoir r Facide sëbacîque , qui est le plu^ anciennement connu ; l'acide cholestérîque , Facide stéarique, Facide margarique, Facide oléique, Facide phocënîque, Facide butyrique , Facide caprîque , Facide caproïque , Facide hîrciqne. La découverte des huit derniers est due à M. Chevreul. Tous contiennent beaucoup de carbone et d'hydrogène ; tous sont trés-inflammables , très-solubles d^ns' FalcooK Les acides phocénîque, butyrique, capriquè, caproïque, hircique sont très - volatils : ils dislilleût avec

l'eaa. '

De r Acide séhacique. ^1

18 17. L^acide sébacique tire son nom du mot latin se-hum^ suif : c'est un produit de la distillation des graisses- Cet acide est sans odeur*, sa saveur est faible, sa pesanteur spécifique plus grande que celle de l'eau \ il rougit d'une manière très-sensible la teinture de tournesol ; il cristallise en petites aiguilles blanches qui n'ont que trèspeu de consistance.

Soumis à Faction du feu , il fond comme une espèce de graisse , se décompose et se vaporise en partie. L'air ne l'altère point.

Il est bien plus soluble dans Feau à chaud qu'à froid : aussi de Feau bouillante qui en est saturée se prend-elle, en masse par le refroidissement. L'alcool en dissout , à la température ordinaire , une grande quantité.

Il forme y avec les alcalis , des sels neutres solubles : SI Von verse de Facide sulfurîque , nitrique ou hydrocliïocique, dans une absolution conccnu ce de scbaïc , il

4o6 DES SUBSTANCES INIMlLES ACIDES •'

s'en dépose tout-à-coup une très-grande quantité d'acide eébacique.

Enfin il précipite les dissolutions d*acétate et de nitrate de plomb , d'acétate et de nitrate de mercure, et celle de nitrate d'argent . Telles sont les propriétés qui le carac-* térisent.

Pour en obtenir une quantité très-sensible , il faut dis-* tiller 3 à 4 kilogrammes de suif ou d*axonge dans une cornue de grès de 7 à 8 litres , recevoir dans un ballon, par le moyen d'une allonge , les produits qui peuvent être condensés , et qui sont formés d'une grande quantité d'huile et de graisse altérée y et d'une petite quantité d'acide acétique et d'acide sébacique ^ traiter à plusieurs reprises ce produit par de l'eau bouillante , agiter la liqueur pendant quelques minutes , la laisser refroidir , la décanter à cbaque fois, et y verser un excès de dissolution d'acétate de plomb : il en résulte sur-le-cliamp un précipité blanc et floconneux de sébate de plomb , qui doit être réuni sur un filtre , lavé et séché. Alors on introduit le sébate dans une fiole avec son poids d'acide sulfurique étendu de 5 à 6 parties d'eau \ on expose celte fiole à une temp^ rature d'environ 100 degrés^ l'acide sulfurique s'empare de l'oxidc de' plomb , et met en liberté l'acide sébacique qui reste en dissolution ; on jette le tout sur un filtre ^ et l'acide sébacique cristallise par refroidissement ; mais y comme il est imprégné d'acide sulfurique , il faut le laver jusqu'à ce qu'il ne communique plus à l'eau la propnété de précipiter par le nitrate de baryte. Amené à ce point , il ne s'agit plus que de le faire sécher à une douce chaleur.

Composition, «—L'acide sébacique n'a point encore été analysé; -mais il est évident qu'il ne doit pas contenir d'azote , puisque le suif n'en contient point : il n'est donc fprmé que d'hydrogène , de carbone et d'oxigène. Le car-i

BE l'àCIDC CBOLESTÉIII^^UB. /^OJ

bon^ est en grande quantité , et Thydrogène est en excès par rapport à Toxigène.

n est sans usages , et a été découvert par M. Thenard^ Cet acide ne doit point être confondu avec celui qui était désigné par ce nom avant Tépoque que nous venons de citer. Celui-ci , auquel on attribuait une odeur forte et repoussante , n'est que de l^acide acétique , ou de Tacide hydro-cUorique , ou de la graisse gazéifiée ou altérée sui- "vant le procédé qu'on emploie pour le préparer. ( Ann» de Chimie, t. xxxix , p. igS.)

De r Acide cholestériquck

1817 bis* Lorsqu'on traite, par Tacide nitrique, la matière grasse des calculs biliaires de l'homme ^ que M. Chevreul a proposé d'appeler cholestérine , il se forme , sui- ▼ant MM. Pelletier et Caventou , un acide particulier qu'ils appellent cholestérique. Pour l'obtenir^ ils font chauffer la choleslérine avec son poids d'acide nitrique concentré : bientôt celle-ci se trouve attaquée et dissoute ; il se dégage eu même temps beaucoup de gaz oxide d'azote , et la liqueur , par le refroidissement , et surtout par une addition d'eau, laisse déposer une matière jaune, qui est l'acide cholestéiique impur ou imprégné d'acide ni-^ Crique. On peut le purifier par plusieurs lavages à l'eau bouillante. Cependant , après l'avoir lavé , il vaut mieux en opérer la fusion au milieu de l'eau chaude , y ajouter . une petite quantité de carbonate de plomb, faire bouillir le tout pendant quelques heures , en décantant et renouvelant l'eau de temps en temps, mettre ensuite la masse restante et desséchée en contact avec de l'alcool , et faire évaporer la dissolution alcoolique : le résidu que l'on obtient est l'acide cholestérique le plus pur possible.

Cet acide est jaune-orangé lorsqu'il est en masse , et

4o& DES SVBSTÀTCCES AT^IMALT^S ACIDK5.

CQ aiguilles blanclies dont il est diflicile de détenuiner la forme , lorsqu^on le dissout dans Falcool et qu^oH abandonne la liqueur à une évàporation spontanée. Sa saveur est très-faible et légèrement styptique ; son odeur rappelle celle du beurre -, sa pesanteur spécifique est plus grande que celle de Talcool et moindre que celle de Feau.

Exposé au feu , il entre en fusion à 58^ , et ne se décompose qu à une température bien supérieure à celle de Teau bouillante , en produisant de Thuile, de Teaa, de Facide carbonique , du gazbydrogène carboné , maispc^int de trace d'ammoniaque.

Il est très-soluble dans Falcool , dans les éthers suVarique et acétique , dans les Huiles volatiles de lavande , de romarin, de térébenthine, de bergamote, etc. ^ il est ^ an contraire , insoluble dans les huiles fixes , d'olive , demande douce , de ricin , etc. ^ il Test également dans les acides végétaux , et Test presque entièrement aussi dans Teau : celle-ci en dissout cependant assez pour rougir ht teinture de tournesol.

Soit à froid , soit à chaud , Facide nitrique le dissout sans Faltérer \ Facide sulfurique concentré , dans ua espace de temps assez long , ne fait que le charbonner.

Il parait que Facide cholesténque est susceptible d'aïiion avec la plupart des bases salifîables : il en résulte des sels dont nous nous contenterons de dire quelques mots. Tous sont colorés , les uns en jaune , les autres en jaune-orangé , les autres en rouge. Les cholestérates de potasse, de soude, d'ammoniaque, sont très-solublés et déliquescens ; la plupart des autres sont, au contraire , insolubles ou très - peu solubles. Il n'en est aucun qui ne puisse être décomposé par tous les acides minéraux , excepté Facide carbonique , et par la plupart des acides végétaux , de telle manière qu'en versant Fun de ces acides dans une dissolution de choleslé-

DE l'acide CIIOLESTÉTIIQUE. 4^9

rate , Tacide cholestérique se sëpare à Tinstant même en flocons. Les cholestérates solubles forment des précipités dans toutes les dissolutions métallicpes dont la base a la propriété de former un sel insoluble ou peu solublc avec Tacide cbolestérique ; les précipités varient selon Fespèce de métal , et quelquefois selon son degré d'oxîgénation. En général y les couleurs sont plus brillantes lorsque les précipités sont encore humides : par^ exemple, le cholesté'rale de baryte est d'un rouge vif au moment de sa préci-»* pitation ; il en est de même de celui d'alumine : tous deux, par la dessiccation^ deviennent ternes et sombres.

Il n^existe point de cholestérate d'or : à peine a-t-on yersé du cholestérate de potasse dans une dissolution d'hydro-chlorate d'or y que ce métal apparaît à Fétat mé* tallîque.

£n analysant le cholestérate neutre de baryte, MM. Pelletier et Caventou ont trouvé qu'il était composé de loo d'acide et de 56,25 de base 5 d'où il suit que dans les cholestérates neutres Ja quantité d'oxigène de l'oxide serait à la quantité d'acide comme i à 17, 33 , ou que l'acide cbolestérique saturerait environ trois fois et demie moihs de baryte que l'acide sulfurique : cependant ils ont observé, d'une autre part , qu'en traitant le cholestérate de plomb ' par l'acide sulfurique , on obtenait autant de sulfate de plomb que de cholestérate. Ils pensent, d'après cela , que, quand l'acide cbolestérique s'unit à l'oxide de plomb , et » en général ,- à tous les oxides qui ont peu d'affinité pour Voxîgëne , il se passe quelque chose de semblable à ce qui a Heu dans la réaction de l'oxide de plomb et de l'acide oxalique (i36i bis). {Voyez, pour plus de détails, 1© Joum* de Pharm, , t. m , p. 29^.)

4 10 BES tUBSTlNCES llCIMÀLES ÀCIDEa.

De l'Acide stéarique*

1818. Cet acide , étant le produit caractéristique de h saponification du suif, M. Chevreul , à qui la déoofivertt en est due , a cru devoir lui donner le nom de stéarigue, dérivé de ariix^^suif.

Propriétés. — • L'acide stéarique est blanc , insipide, inodore. Sa densité est moindre que celle de Tean. 11 entre en fusion à 70^ , et forme un liquide incolore , lim« pide, qui cristallise en belles aiguilles entrelacées, brillantes , du plus beau blanc. A froid , il est sans action sur la teinture de tournesol ; à chaud , il la rougit promptement.

Chauffé dans le vide d'un baromètre , dont le bout fenné est courbé en forme de cornue, il b6ut et se volatilise tans s'altérer^ mais soumis à la disullation dans une cornue , il se volatilise et se décompose en partie , en donnant lieu à un très-petit résidu charbonneux , et à tous les produits qui proviennent de la décomposition des corps gras.

L'acide stéarique est insoluble dans Teau; il est, sa contraire, très-soloble dans Falcool, surtout à cfaand*, il s'y dissout même en toutes proportions au-dessus de 70^ En se séparant lentement d'une solution alcoolique, il te dépose en larges écailles blanches , brillantes. L'esn le précipite sur-le-champ de cette solution.

La plupart des corps gras sont probablement aussi ca* pables de le dissoudre.

L'acide stéarique brûle à la manière de la die , lorsqu'on le chauffe suffisamment avec le contact de l'aif •

L'acide nitrique le décompose à un certain àegré de chaleur , et l'un des produits de la décomposition paraU êU'c un acide analogue à celui qui provient dé 'Faclion de l'acide nitrique sur le suif.

DE l'agIDB STÉAIIQVB* J^lt

État naturel y Préparation. -— L'acide stéarique ne se trouve point dans la natui*e : c'est en saponifiant les graisses de mouton , de bœuf , de porc , qu'on le forme : onpi^end joo parties de graisse de porc purifiée, loo parties d'eau, et 25 parties de potasse caustique \ on met le tout dans . une capsule, et on Vèxpose à une température d'environ loo^ , en ayant soin de remplacer l'eau qui s'évapore et de remuer de temps en temps la matière , jusqu'à ce que la saponification soit achevée, c'est-à-dire , jusqu'à ce que la masse soit homogène , demi-transparente, et fasse, avec Teau bouillante , une dissolution limpide. La graisse se trouve , par ce moyen , transformée en acides stéarique ^ Diargarique, oléîque et en glycérine. Alors on recueille le savon ; on le sépare , autant que possible , de l'eau dont il est imprégné , et on le meta froid en contact avec le double de son poids d'alcool d'une densité de 0,821 , qui dissout l'oléate de potasse, et attaque à peine le mar-^ garate et le stéarate. Après vingt-quatre heures de macération , la liqueur est jetée sur un filtre, et le filtre lavé avec de l'alcool.

Pour pouvoir ensuite séparer le stéarate et le margarate l'un de l'autre, et même de la petite quantité d'oléato qii^ils retiennent , il faut les traiter par une assez grande quantité d'alcool bouillant pour les dissoudre ^ laisser refroidir la dissolution , faire égoutter le dépôt qui se forme, le redissoudre dans l'alcool chaud , et traiter ainsi plusieurs fois le dépôt qu'on obtient : le margarate finit par rester tout entier dans la dissolution , tandis qu'une partie du stéarate se précipite : on reconnaît qu'il est pur par la propriété qu'il a de donner un acide fusible à 70^.

Pour extraire l'acide de ce stéarate , on fait chaufier ce 3e\ dans une capsule avec de l'eau et de l'acide hydro-chlo"* rique. Celui-ci s'empare de la potasse, et l'adde stéairique vient si? réunir au-dessus du liquide aqueux 3 dès

4ia. DES SUBSTAKCES AKIMÀLKS ACIDES.

que cet acide est fige , on l'enlève et on le lave avec de Teau jusqu'à ce qu'elle ne précipite plus le nitrate dar-. gent. Si l'acidte était mêlé de quelques matières étran-. gères j il faudrait le faire fondre et le filtrer dans du papier Joseph, privé de sous-carbonate de chaux.

Au lieu de traiter la graisise saponifiée par Talcool froid , dans l'intention de séparer l'oléatc de potasse , Ton pour* rait encore , et ce procédé est même le plus économique y dissoudre d'abord la masse savonneuse dans l'eau bouillante , et verser la dissolution dans tme grande quantité d'eau froide. Par ce moyen , presque tout l'oléate resterait dans la liqueur avec de l'alcali et un peu dé margarate et de stéarate , tandis que la migeure partie de ces denx derniers sels se précipiterait à l'état acide, mêlée seulement à une très-petite quantité de sur-oléate. D'ailleurs ^ en. suivant ce procédé , il faut toi^gohrs avoir recours a l'alcool pour opérer la séparation du bi-stéarate et du bimargarate de potasse. ( F^o/ezce que nous avons dit plus haut.)

Coi7^5itio/t. — Suivant M. CheVreul , l'acide stéarique n'est sec qu'autant qu'il fait partie des combinaisons salines. Dès qu'il devient libre , il s'unit à une petite quantité d'eau. M. Chevreul la rend sensible en cliaufianl l'acide dans un tube de verre avec le protoxide de plomb.-

loo parties d'acide sec sont formées de 7 ,3^ 7 d'oxîgèoe^ de 80,145 de carbone , et de 12,478 d'hydrogène^ ou Wcu de 1 volume d'oxigène ^ i4 volumes de vsfpeur de carbone , 27 volumes d'hydrogène. En passant à l'état d' hydrate, elles absorbent 3,52 d'eau. {Vcy^ez, pour plus de détails, louvrage de M. Chevreul. )

Des Stéarates.

L'acide stéarique s' unit à la plupart des bases salifiabfe, rt forme des stéarates neutres et des bi-sléarates dccom-

DES STÉABÀTE^.' ^l3

posab^es par un grand nombre d acides. On observe cependant qu^il peut dégagera loo^ , et même à une température inférieure , Facide carbonique des sous-carbonates alcalios.

La quantité d^oxigène de Toxide est à la quantité d'acide comme 3 à loo dans les stéarates neutres , et conune 3 à 200 dans les stéarates acides.

Stéarates de potasse. — Le stéarate neutre de potasse 5^ obtient en cbauflant dans une ci^sule a parties d'acide stéarique avec 2 parties de potasse à Falcool dissoutes dans ao parties d'eau. Le sel , par le refroidissement, se sépare , sous forme de grumeaux, d'une eau-mère alcaline qu'on décante. On soumet le stéarate à la presse entre des papiers Joseph, puis on le fait dissoudre dans quinze fois son poids d'alcool d'une densité de 0,821 , d'où il se dépose pur et cristallisé , en petites paillettes ou en larges écailles très-brillantes , à mesure que la liqueur se refroidit.

Li'éther bouillant enlève une partie d'acide stéarique au stéarate de potasse -, l'alcool le dissout sans l'altérer. Qu^nt à l'eau , son action varie en raison de sa quantité e( de Ba tenipératiu>e. Le stéarate ne forme qu'un mucilage opaque avec dix fois son poids d'eau froide; il se dissout dans TÎngt-cinq fois son poids d'eau bouillante *, par le refroidissement, la solution se prend en masse nacrée et visqueuse. Si l'on étend cette solution limpide de mille fois ou plus son poids d'eau froide , le stéarate se décompose eu potasse qui reste dissoute dans l'eau avec des traces pre8qa'insens;îbles d'acide stéarique, et en bi-stéarate insoluble qui 8^ dépose en petites écailles nacrées. Le même pbénoméne aurait lieu , mais seulement par le refroidis-; sèment , si au lieu d'eau froide on employait l'eau bouillante. C'est en étendant ainsi d'une très-grande quantité d^eau la solttiioû de 3téarAte qu'on se procure le stéarate acide.

4l4 ^^ SUBSTANCES A5tMÀL£S ÂCID«S<

Des pliënomènes curieux naissent du contact du tonr^ nesol arec Facide stëarique ou les stéarates de potasse, i^. Que Ton mette &, chaud , en contact avec Tacideslcarique, un excès d'extrait concentré de tournesol , il se formera du stéarate neutre de potasse qui se précipitera ; qu'on répète cette expérience avec l'extrait étendu d'eau , ce sera du bi-stéarate qui prendra naissance : dans les deux cas , la liqueur restera bleue : pour qu'elle rougit , il faudrait que Tacide fut prédominant. 2^. Que l'on dissolve du bistéarate de potasse dans de l'alcool faible , et qu'on verse goutte k goutte, dans la solution, de l'extrait aqueux de tournesol , celui-ci passera au rouge , parce qu'il cédera son alcali au bi-stéarate , qui deviendra stéarate neutre; que Ton ajoute de l'eau au liquide rouge , la couleur bleue reparaîtra, et il se déposera du bi-stéarate de potasse en petites paillettes.

Stéarate de soude. -— > Le stéarate neutre de soude se prépare comme celui dépotasse, mais en employant 30 parties d'acide stéarique , i3 parties de soude et 3oo parties d'eau.

Ce sel est sous forme de cristaux brillans ou en placpes demi-transparentes; il est soluble dans resprit-de-rin. L'éther bouillant en enlève un peu d'acide ; l'eau froide ne le dissout ni ne l'altère. L'eau bouillante en Cfpère la dissolution; mais par le refroidissement, ce sel se irouv* transformé en bi-stéarate et en alcali, lorsqu'il y a deux ou trois mille fois autant d'eau que de stéarate. C'est <£s cette manière qu'on se procure ce sel acide, qui est blanc , insipide , insoluble dans l'eau et très - soluble dans l'alcool.

De r Acide margarique.

18 18 bis. U acide margarique a éié ainsi appelé jw M. Chevreul , de /Aapya|st*jj; (perle), parce que l'un de se»

DE l'aCIDB MÀKGAniQnE. 4l5

caractères est d^avoir Taspect de la nacre de perle , et de le communiquer à plusieurs des combiùaisons qu^il forme avec les bases salifiables.

Propriétés. —Ses propriétés physiques sont les mêmes que celles de l'acîde sléarîque , si ce n'est qu'il fond à 60^ , et qu'il cristallise par le refroidissement en aiguilles entrelacées , qui sont plus rapprochées que celles de l'acide siéarique et moins brillantes.

L'acide margarique est insoluble dans l'eau ; il est ex-* trémement soluble dans l'alcool et dans l'éther ; il s'unit AUX bases salifiables et forme des sels qui ont beaucoup d'analogie avec les stéarates. Il rougit la teinture de tour-^ nesol^ et décompose à chaud les sous-carbonates de potasse et de soude.

Chauffé dans une cornue^ il bout, dégage une vapeur élastique qui se liquéfie et se solidifie ensuite^ il produit aussi de l'huile cropyreumatique, etc., et ne laisse qu'un très- petit résidu charbonneux.

Etat naturel y Préparation, ^^'Vsiciàe margarique ne s'est trouvé, jusqu'à présent , tout formé que dans le gras des cadavres : on pourrait l'en extraire *, mais il vaut mieux, pour se le procurer, traiter l'une des graisses saponifiahles , par exemple^ la graisse de porc, par la potasse. Li^opération doit être exécutée comme nous l'avons dit en parlant de la préparation de l'acide stéarique. L'acide margarique uni à la potasse reste dissous avec du stéarate et de Toléate de potasse dans les lavages alcooliques faits a chaud : en les faisant concentrer et refroidir on obtient, 1^. un dépôt formé de ces trois sels ; 2®. une dissolution, de ces trois sels *, mais il y a cette différence entre le dépôt et la matière dissoute , que, dans le premier , le sur-oléate est en petite quantité , tandis qu'il est la partie dominante de la dissolution. Après avoir traité le dépôt par l'alcool chaud , si Ton fait refroidir la dissolution ^ et si

4l6 DBS SUBSTANCES AHIMÂLES ACIDES.

on la soumet au même cercle d'opérations , on finit par avoir, i^. dubi-stëarate de potasse -, 2^. du bi-marçarale de pousse, dont l'acide est fusible à 56 ou 60^. Il ne faut plus alors que traiter le bi-margarate par Tacide hydrochlorique pour en extraire Tacide mai^arique en se conformant à ce qui a été dit pour l'extraction de Tacide stéarique (i8i8).

Lorsqu'au lieu de graisse de porc , ou de bœuf , ou de mouton , l'on se sert de graisse d' homme , il ne se forme que des acides oléique et margarique , et dès-lors la préparation de celui-ci est très-simple; car l'oléate de potasse se dissout très-bien à froid dans l'alcool , tandis que le margarate ne se dissout qu'à peine.

Composition. — M. Chévreul regarde l'acide margarique comme un hydrate qui contient , de même que Facide stéarique , 3,52 pour 100 d'acide sec. Abstraction faite de cette eau , il est composé de 8,937 d'oxigène , de 79,o53 de carbone et de 12,010 d'hydrogène. C'est cette composition, essentiellement difierentedc celle de l'acide stéarique, qui établit entre ces deux acides les principaux caractères qui les distinguent , et d'après lesquels M. Chévreul a été conduit à en faiie deux espèces.

. Margaraies.

L'acide margarique, en s'unissant aux bases saL'fiables, fiorme des sels neutres et des sels acides qui ont la plus grande analogie, avec les stéarates : aussi , quand on cou— nait les propriétés des uns est-il facile de prévoir les propriétés des autres. Ils sont soumis aux mêmes lois de composition-, on les obtient de la même manière. Ils se comportent , â très-peu de chose près , de même avec l'eau , l'éiher , l'alcool : cepe^ndant le margarate neutre et le bimargarate de potas&e sont ti'ès-sensiblement plus soliii>It.*s dans l'alcool , et c'est sur cette propriété qu'est fondé le

t>E L^AGIWK OLÉIQUE. 4^7

moyen de les séparer et d'isoler les acides stéarique et margarique.

2>e V Acide oléi^ue^

Propriétés, ^-^ L'acide oléique a Taspect d'une huile ' incolore : de là le nom que M» Chevreul lui a donné. Sa densité est de 0,898 à 19^» Il a une légère odeur et uiie ' légère saveur rance ; il se prend , a quelques degrés audessous de o^, en une masse blancbe formée d'aiguilles.

Chauffé dans le vide , il se volatilise sans éprouver d'allération \ distillé à la manière ordinaire , il se décompose ^ du moins en partie.

L'eau ne le dissout pas sensiblement ; l'alcool d'une densité de 0,822 le dissout , au contraire , en toutes proportions. Il s'unit facilement aux acides stéarique et mar- ^arique, et forme des combinaisons dont l'alcool froid sépare beaucoup d'acide oléique et peu des deux autres acides. Comme les acides margarique tt stéarique , il rougit le Tournesol et décompose les sous-carbonates.

État naturel y Préparation», - — De même que l'acide margarique , l'acide oléique fait partie du gras des cada- -vres , et de même que lui aussi , il vaut mieux , pour se le procurer , traiter l'une des graisses saponifiables , la graisse de porc, etc. , par la potasse. On doit se rappeler qu'alors il se produit tout à la fois dts stéarate, margarate et oléate , et qu'en traitant à froid le savon par de l'alcool ai 0,8a I , on dissout l'oléate et on attaqua à peine les deux siutres sels. Si donc l'on fait évaporeb doucement la liqueur alcoolique, et si l'on reprend le résidu , à la température ordinaire , par de l'acool très-concentré , l'oléate se dissoudra avec Jcs traces de margarate et stéarate ^ mais par un second, et, au besoin , par un troisième traitement «einblable au premier, on purifiera sensiblement ce sel. Il ne s^agira plus alors que de le décomposer par une dissolulY. 27

4l ^ 1>ES SUBSTàKCES AMMALSS ACIDEâ.

lion aqueuse d'acide tartrique. Celui-ci s'unit à la potasse,' et Tacide oléique qui en est sëparé vient nager sur le liquide aqueux. On enlève Tacide oléique avec une pipette ; on Tagite avec de Teau chaude pour le laver ; on le recueille ensuite dans un petit vase , et onFexpose i des degrés de température de plus en plus bas , qui doivent être insuffisans pour congeler la totalité de la masse* Après chaque exposition de Tacide à un certain degré de froid , il est nécessaire de le filtrer dans un papier lavé à Facide hydro-chlorique , afin de séparer Facide margarique qui s'est congelé.

Composition. — L'acide oléique , tel que nous venons de l'examiner, contient, suivant M. Chevreul, S^gS d'eau pour loo d'acide sec. Abstraction faite de celle-ci , il est composé de 7,699 d'oxigène, de 80,94^2 de carbone^ de 11,359 d'hydrogène.

Des Oléates.

L'acide oléique s*unit à la plupart des bases salifiables , et de là résultent des oléates neutres , des sur-oléates , et nuelquefois aussi des sous-oléates. L'on connaît un sousoléate et un oléate neutre de plomb , des oléates neutres et des sur-oléates de potasse et de soude.

Les oléates sont tellement composés , que la quantité d'oxîgènc de l'oxide est a la quantité d'acide comme 3 i 100 dans les oléalea'neutres , et comme 3 à 200 dans les sur-oléates : la capacité de saturation de l'acide oléique est donc la même que celle des acides stéarique et margarîque.

Oléates de potasse, — I^'bléate neiutre de potasse se prépare , à la manière du stéarate de potasse, en cliauâaht dans une capsule i partie «J'acide oléiqûê avec i pavtié àc potasse à l'alcool, dissoute datji 5 pârliés d^eaû^ etc. {l^oy. la prf'paralioli *dù stéarate.)

X>ES OLÉATES. 4^9

Ce sel est pultérulent , incolore , et presque sans odeur 5 isa saveur est amère et alcaline.

Une |)^rtleâ'oléate s^c forfne atec 2 parties d'eau froide uiie gelée transparente , et avec 4 parties d'eau également ftoidé uîi liquide sirupeux. Il se liquéfie peu à peu dans un espace saturé de vapeur : cet oléate est donc très-solu- Jble : îl ^ratt cependant que , dissous dans une très-grande quantité d'eau , il finit par se réduire à la langue en potasse ^lii reste danjj la dissolution , et en stfr-oléïite gélatineux qui se dépose.

Presque tous les acideâ précipitent l'acide oléique de sa dissolution dans la t>ofasse. L'acide carbonique lui-même {produit cet eflet à la tetnpératurie de 5*^.

Lorsqu'on verâe des eauit de chaux, de baryie, de étrontiane , dans une solution d'oléate de potasse , il se forme à llnstant des oléates insoluble^ de ces bases. C'est également ce qui a lieii avec h. plupart des sels métalliques solubles autres que ceux à bases de potasse et de soude.

Uoléate acide de potasse ne se prépare pas en traitant roféatetteutre patl'eîtu : il faut le faire en unissalit l'acide â la base. Les proportions que l'on doit employer sont io3,5 pâi^tîéS^ d'acide ôîéîqué , 4oo parties d'éau, 9^21 de potàsrsé tê^é. En fkisàrit digérer le mélange & une douce cMfetJtf* , îé àel se fdriùé à ï'insfkilt et produit une fnasse gélatineuse.

Otéutes dé soude. — L' oléate neutre de soude se fait co^itie'le stéarate neutre de potasse , eli cbàufi^nt dans une càpsttle i partie d'acide oléique avec 0,66 partie éé stAjde à Tâlcool dissoute dans 5 parties d'eau, etc. {Voy^ Ta pté^ratioiùr dû stéarate neutre de potasse , p. 4i3- )

Ce sel en incolote , pï^squ' inodore-, sa saVeUr est amère et alcaline.

, II attire l'humidité de l'air , mais ne se liquéfie point

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