IV
5l4 DB Ll DMEITIOR ET DB .SES PBODUITS*
Dix-$ept parties de ces sels coatiennent : carbonate de soude, 5; hydro-chlorate de soude , 4 f sulfate de son^ de, a ; phosphate ammoniaco-magnésien , a ; phosphate de chaux , 4*
i868. Excrémens des oweaux-— C'esl à MM. Four-» croy et Vauquelin que nous devons ce que nous saronsde plus précis sur les excrémens des oiseaux; ils y ont trouvé une grande quantité d'acide urique. Cet acide en forme la partie blanche et comme cristalline ; il ne proyienl poiut de la matière fécale proprement dite , mais de Fnrîne , qui y dans ces sortes d'animaux , se confond avec cette matière , en raison de leur organisation. Il est £icile de Textraîre ) il suffit pour cela dç traiter les excrémens par Teau alcaline , de filtrer la liqueur et d*y verser do Tacide hydro-chlorique (i8io).
1869. La présence de Tacide urique dans les excrémens des oiseaux a permis d'expliquer Forigine du guano ^ matière que Ton emploie comme engrais avec tant d avantage au Pérou , et qui a été rapportée de ce pays par MM. Humboldt et Bonpland : qu il nous soit permis de citer ici ce que disent ces sa vans voyageurs.
« Le guano se trouve trèsrabondamment dans la mer n du Sud , aux îles de Chinche , près de Pisco ; mais il D existe aussi siir les côies et ilôts plus méridionaux , à » Ilo , Iza et Arica. Les habitans de Chancay , qui font le » commerce du guano, vont et viennent des lies dcChinche » Cil vingt joui's ; chaque bateau en charge i5ooà[20oa » pieds cubes. Une vaneça vaut à Chancay i4 livres , à » Arica i5 Kyres tournois.
» 11 forme des couches de 5o- à 60 pieds d'épaisseur r » que Ton travaille comme des mines de fer ocracrf. Ce» « mêmes îlots sont habités par une multitude d'oiseatox r n surtout à^ardea, de phenicopterus y qui y couchent /* » nuit j mais leurs excrémens n'ont pu foimer > depui»
I>r. l.A. MATIÈnR FKCALK. 5 1 5
1» trois siècles , que des couches de 4 ^ ^ lignes d'épais-* M seur. Le guano serait-il un produit des bouleyersenienë p du globe , comme les charbons de terre et les bois fos- » siles ? La fertilité des côtes stériles du Pérou est fondée » sur le guano , qui est un grand objet de commerce; » Une cinqnatitaine de petits bàtimens , qu^on nommer )i guaneros , vont sans cesse chercher cet engrais , et lé M porter sur les côtes : on le sent à un quart de lieu de )) distance. Les matelots , accoutumés à cette odeur d'am-^ )> moniaque , n'en souiTrent pas : nous étemuions sans » cesse en nous en approchant. C'est le maïs surtout pour » lequel le guano est un excellent engrais. Les Indiens » ont enseigné cette méthode aux Espagnols. Si Ton jétta )) trop de guano sur le maïs, la racine en est brûlée et » détruite. »
Fi-appé de Vexistence de Tacide urîque dans les exc^émens des oiseaux , et voyant qu'il servait de caractère à res excrémens , M. Humboldt remit une certaine quantité de gnanoà MM- Fourcroy et Vauquelin pour en faire l'analyse et y rechercher l'acide nrique. Il réâultc de leurs expériences que le guano est formé :
1^. D'acide urique , qui en fait le quart , et qui est en hartie saturé d^amnioniaque et de chaux 5 2°^ d'acide oxalique saturé en partie par l'ammoniaque et par la potasse ; 3**. d'acide phosphorique ccfmbinéaux mêmes bases et à la chaux ^ 4^. de petites quantités de sulfates et d'hydrochlorates de pousse et d'ammoniaque^ 5**. d'un peu de matière grasse; 6". de sable en partie quartzeux et en parue ferrugineux. (Voyez jdnn. de Chimie, t. lvi,
On peut en conclure que cet engrais n'est, pour ainsi dire, autre chose que des excrémens d'oiseaux.
On rencontre dans plusieurs grattes des dépôts semblables de Gente formés par des chauves-souris, Nous^cÎK
5iG un LA DicrsTioîc et de ses produits.
terons pour exemple les groties d'Arcis-sur-la-Cure , près d'Auxeri^. *
1870. Excremens de poules. ^-^M. Yauquelîn, en comparant , sous le rapport de leur nature et de leur quaniké, les parties terreuses des excrémens des poules à celles des alimens qu^elles prenaient , est parvenu à des résultats remarquables. ( Annales de Chimie , t. tcxtx , p. 3. )
La poule sur laquelle il fit ses expériences mangea en dix jours 433***^ ,838 d^ayoine , contenant :
grammes.
Phosphate de chaux ^,^4i
Silice • 9,182
Elle pondit 4 œiifs^ dont les coquilles pesaient i9;98$
et étaient fiormées de carbonate de chaux.. . 1 7^970
Phosphate de chaux • . • . . t^'Sg
Gluten 0;639
Elle rendit des excrémens qui donnèrent*. • . 22^558
de cendre ^ composée de :
Carbonate de chaux ,•.. 2^547
Phosphate de dhaux • n ,^4
Silice 8,067
Ainsi la poule a donc rendu , soit par les excrémens , soit par les coquilles ,
Carbonate de chaux.» • ...*•• 20^^
Phosphate de chaux. • . • • • * . t3,o83
Silice » , • ^j'^
gramiues.
Cest*a-dire , t^i i5 de silice de moi 03 qu^dlle n*apns. Vii 7? '% de phosphate de chaux \ de plosqu '< tao^4^7 ^^ carbonate de chaux/ n a pris.
I)*où M* Vauquelin conclut , en supposant que lies expériences soient exactes , qu'une portion de chaux , diacide phosphorique et de carbonate de chaux , doit èîie
elle
DES GAZ IKTESTIAAUX. Sl'J
formée dans Tacte de la digestion et de ranimalisation de Tavoine.
Nous nous permettrons de faire une observation à cet égard ; c'est que, pour arrivera des résultats rigoureux, il aurait fallu nourrir la poule pendant long-temps d'avoine avant d'analyser ses excrémens et les coquilles de ses œufs -, car Ton peut supposer avec vraisenxblance que le carbonate de chaux et l'excès de phosphate de chaux que Tana' lyse y démontre , provenaient des alimens que la poule avait pris , et des matières terreuses qu'elle avait avalées la veille ou quelques jours auparavant (a). L'on pourrait en-» core les attribuer à quelques parties de son corps , en supposant , avec presque tous les physiologistes , que le corps de tous les animaux soit susceptible de rénovation dans un certain espace de temps (i).
Les excrémens du boa constrictnr^ lesquels se trouvent mêlés à l'urine , comme chez les oiseaux , ne sont presque formés que d'urale d'ammoniaque, d'après le docteur Prout ; ils en contiennent plus des -— de leur poids. (^Ann, de ChinUe et de Physique^ tom. xiii , p. /p.)
Des Gaz intestinaux.
Les gaz intestinaux n'ont encore été soumis à l'analyse que par M. Jurine de Genève , par MM. Chevreul etMagcndie^ parM. Vauquelin, et par MM. Lameyranet Frémy.
i^. M. Jurine a fait ses expériences sur le cadavre d'un fou mort de ifroid dans sa loge et ouvert aussitôt. Il a trouvé que le gaz intestinal était composé d'oxigèae,d'azote,
{d) Oo sait que le< poules avalent coiitinueU<sm«nt , en mangeant , des petits fragmens de terre et de pierre. En général , les oiseaux ne peuvent prodiiire d'anfs qu^autant quHis prennent une certaine quantité de terre calcaire! du moins c*e6t ce qui semble résulter des expériences de plusitsurs piiy biologistes, et particulièrement de celles du docteur Fordyce.
(Ji) i)aus te mémuire cité , il y a des crreuis ds nombre: qu'il tii facilo d\tp€rcef oir avec un peu d^attcutiou.
5l8 DE LA DIGESTIOIf BT DB SES PRODUITS.
ij'acîde carbonique et de gaz hydrogène sulfuré ; que la quantité diacide carbonique était plus grande dans l'esto-hiac et dans l'intestin grêle que dans le gros intestin , et ^l'au contraire celui - ci contenait plus d^azote que TinTtestiu grêle et Testomac. Ces résultats ne sont pas tout-à— fait d'accord, comme ou va le voir , avec ceux de MM. Chevreul et Magendie.
a**. Les gaz que MM. Chevréul et Magendie ont analysés proven^iiént de quatre individus qui venaient d'être suppliciés. Ils ont pris les précautions convenables pour tiepas mêler ceux de l'cstotnac avec ceux de l'intestin grêle» et ceux-ci avec ceux du gros intestin. Dans tous les cas , ils les ont toujours recueillis sur le mercure. Voici les résultats qu'ils ont obtenus, tels qu'ils les rapportent eux-mêmes. ( Ann, de Chimie et de Physique , tom. ii ,
pagt a94- )
a Dan^ une première série d'expériences faites sur Je
cadavre d'un jeune homme de vingt-quatre ans qui, deux
l}(!ures avant sou supplice , avait mangé du pain de prison,
flu fromage de Gruyère , et bu de l'eau rougie , nous avons*
prouvé dans l'estomac :
Gaz o:çigène ^ • > i )QO
— acide carbonique. . . • • ~ i4>oo
— hydrogène pur 5,55
— azole. . . t é 7'?45
Total. .•..,..... 100,0a L'intestin grêle du même individu contenait :
Craz oxigèue ,«.....,.,...,.. 0,00.
— acide carbonique , 24^39
— hydrogène pur , 65,53
r— tîzote • • • T • 20,08
Total.,...,,.... 100,00.
DES CkZ IKTKSTINA9X. S19
Le groft ititeistia da même contenait :
Gaz oxigène 0;00
— acide carbonique « « ^ . ^'ifio
— hydrogène carboné et quelques traces d'hy-
drogéoe sulfure'. •»••..«••••« 5^47
•~ azote .•.., «.•• Si ,o5
Il €
Total • • 100,00
)) Dans: une troisième suite d^expëriences faites sur un «tyetdc vingt-trois ans qui avait mangé des mêmes alimens <tau même instant , nous avons trouvédans Tintestin grêle :
Gaz oxigène. •••.•.•.•.••••«..• o^oo
— acide carbonique ••••. 40|0o
*— hydrogène pur • ^... bijiS
— axole « . . • 8,85
Total 1 00,00
Noos avons rencontré dans le gros intestin :
Oiigène. . • o^oo
Acide carbonique 70,00
Hydrogène pur et hydrogène carboné 1 1 ,60
Azote i8,4o
Total •••• 100,00
L'estomac ne contenait qu'une bulle de gaz qu^il a éta impossible d'analyser.
Le styet de la quatrième série d'expériences était un Jeune homme de vingt-huit ans qui y quatre heures avant d'être exécuté , avait mangé du pain , du bœuf bouilli , des lentilles , et bu du vin rouge.
Son intestin grêle contenait :
Gaz oxigène o^oa
«— acide carbonique. • • ,a5,oo
— *• hydrogène pur.; • • • ' 8,4^
Total •.'••.•.. ioO|Oo
5^0 DE LÀ DIUESTlOtf ET DE SES TUODUITS.
Sar cet iudividu , nous avons analysé sépavément le g»x du cœcum et celui du rectum.
Le cœcum présentait :
Gaz oxigéne ....,•,,• 0,00
^^ acide carbonique .<^«« •••• i s?^» -
— hydrogène pur JySo
-*- hydrogène carboné t2,5o
— azole 67, 5o
Tolal 100,00
Le rectum, çputQuait :
Gaz oxîgène o^oo
— acide carbonique 4^^^^
— hydrogène carboné 11,18
— azole 4^î9G
Tolal 1 00^00
Quelques (r^ces d'hydrogène sulfuré se sont manifestées sur le mercure avant Texpérience. »
Il suit donc de là que les gaz de Testomac sont un mélange d^oxigène , d'acide carbonique , d'hydrogène pur et de gaza^ote \ que ceux des intestins gi'èles n en diflei^iu qu^en ce qu'ils ne contiennent pojut d'oxigène , et que ceux des gro$ intestins didèrent de ceux-ci en ce que, outre le gaz carbonique, le gjAt, azote et Thydrogéne, ils. rcuferipent du gaz hydrogène carboné et du gaz hydrogène sulfuré ^ enfin , qu'en géu/érnl , l'acide carbonique est plus abondant dans le gros intestin que dans tout le
reste du tube intestinal.
3®. M, Vauqueliu n'a analysp qvfi des" gaz prov€»ant
d'animaux morts de ma1adiç3 ; ^n. effet , il ^'a jouons à
Tanalyse^que les j[a2; ^rp.ux^.daus le tube iotesdual et dans
rabdene»-de l'éléphant mort, sui Muséum d'Histoire na- »i ...» • ■*
DES GAJÔ IM'ESTIKAUX. 5 '21
turelle le i5 mars 1817 ; Fanalyç^ n.eQ à étë même coiii^ mencée que vipgt-quatre heures apojte la mort de Tanimal V qui alors était extrêmement météorisé. Le gaz du tube in* testiual était très -fétide, et s'est trouvé composé de 7^ diacide carbonique , de aS d'hydrogèùe carboné , d'un peu d'hydrogène sulfuré , d'un peu d'azote et d'air.
Celui de l'abdomen était également très-infect. M. Vauquelin y a trouvé 55 parties d'acide carbonique , 4^ ^^ gaz azote , une petite quantité d'hydrogène sulfuré et d'une matière animale très* fétide. (Journal de Pharmacie y tom. III y pag. 2o5.)
4^' Les bestiaux qu^on laisse paître dans une pièce do trèfle ou de luzerne humide deviennent quelquefois telle-ment enflés qu'ils périssent promptement , si l'on ne s'em« presse de les secourir. Cette maladie , due à une grande quantité de gaz qui se développe dans le canal intestinal ^ est connue sous le nom de météorisation ou d^empanse^ meiU. Quelle est la nature des gaz qui se forment dans ce cas? Voilà ce que MM. Lameyran etFrémy ont recherché. Leurs expériences ont été faites sur une vache : celte vache étant extrêmement gonflée , ils en ont retiré les gaz en lui faisant la ponction ; ils les ont trouvés formés de 80 d'hydrogène sulfuré , de i5 d'hydrogène carl>onë et de 5 d'acide carbonique ou d'air. Il eçt facile de concevoir , d'après cela , pourquoi l'on guérit presque tout-à-coup les animaux en leur faisant avaler un gros d'ammoniaque délayé dans 4 onces d'eau : c'est que la migeure partie des gaz est absorbée tout-à-coup par l'alcali.
Il est à remarquer que , lorsque l'herbe est sèche , au lieu d'être humide , ces eflets sont beaucoup plus lents et moins dangereux. La quantité de gaz qui se développe est bien moins considérable , et l'animal ne périt , pour ainsi dire 9 que par indigestion. Suivant MM. Lameyran et Frémv, il faut encore administrer l'ammoniiKjiie 5 mais
S'i% DV BAlfG.
il faut , quelque temps après , donner !2 on 3 gros d'étber xnélés avec 3 ou 4 cuiHen^es d^huile : par ce moyen , tous les accidens disparaissent peu à peu. (^Bulletin de Phar^ maciej tom. i, pag. 358.)