DES LIQUEURS ACIDES
diffërentes. Il me semble donc que tout ce qu'on peut dire de plus raisonnable à ce,t égard , c^est qu'il s'en forme peut-être moins en été qu'en hiver.
La dissolution des calculs, dans la vésicule humaine y' par Téther uni à Thuile essentielle de térébenthine , nç doit pas paraître plus vraisemblable que celle des calculs de bœufs nourris d'herbes fraîches j si l'on considère qu'à la température de 36 à ^o^y l'éther doit se séparer en grande partie de l'huile essentielle et se volatiliser ; que , d'ailleurs, on ne peut prendre cette mixtion qu'en petite quantité ; et que , quand bien même on la prendrait à forte dose, il ne saurait en arriver jusqu'à la vésicule, ou qu'il en arriverait si peu que l'action dissolvante serait nulle. Cependant il parait , d'après l'observation du docteur Durande et de M. Gujton , que l'huile de térébenthine éthérée , plus d'une fois , a fait disparaître tous ceux qui se trouvaient dans ce viscère (3° vol. de la Chim* de Dijon, pag« 322) \ mais n'est-ce point en favorisant le transport de la pierre dans les intestins ? Ce qui tend à le faire croire, c'est que MM. Durande et Guy ton ont remarqué que deux malades guéris par ce remède avaient rendu de véritables calculs fiar le bas, quelque temps après en avoir fait usage..
Des Liqueurs acides^
1923. Les liqueurs acides sont au nombre de trois dans l'homme : l'humeur de la transpiration , l'urine et le lait: la première est celle qui est le moins compliquée dans sa composition , et l'urine celle qui Test le plus«
De l'Humeur de la transpiration.
1924* L'humeur de la transpiration est séparée du sang dans la peau par des vaisseaux exhalans : tantôt elle se dé*
Sg*» DES LtQtEtTKâ ilCIDEd.'
gAgc d'une manière insensible , et tantôt en assez grsmie quaniité pour apparaître sous la forme de gouiteleUe» : dans ce dernier cas elle prend le nom de sueur,
ipaS. La sueur de Fhomme , dans Tétat de santé , roQ" gît d'une manière très*-sensible le papier et la teinture de tournesol. Cependant la saveur en est toujours plutâc franche et semblable à celle du sel marin, qu'acide. Quoiequ'incolore ^ elle fait tache sur les tissus qui la reçoiirent* Son odeur est toute particulière, et devient insupportable lorsqu'elle est concentrée : c'est ce qui a lieu surtout lorsqu'on la distille. Elle estformée de beaucoup d'eau, d'aune petite quantité d'acide acétique, d'hydro-chlorates de soude et peut-*être de potasse , de très-peu de phosphate terreux, d'un atome d'oxide de fer , et d'une quantité inappréciable de matière animale.
M. Berzelius la regarde comme de l'eau tenant en dissolution des hydro-*chlôrate8 de potasse et de soude, de l'acide lactique , du lactate de soude , et un peu de matière animale. {AnJialesde Chimie , t. lxxxix, pag. »o.)
Sanctorius est le premier qui se soit occupé de oonstater la quantité d'humeur que nous rendons par la traospilotion : son travail est remarquable , surtout par leaombie d'années qu'il y consacra. Pendant trente ans , il eut la patience de peser tous les alimens qu'il prenait , tons les cxcrémens solides et liquides qu'il rendait, et de se peser lui-même tous les jours plusieurs fois. Il trouva que toutes les vingt-quatre heures son corps revenait sensiblement au même poids , ce qu'il perdait la totalité des alimens pris^ savoir: les 5 huitièmes par la transpiration et les 3 huitièmes par les cxcrémens. Ces expéiiiHices furent répélécs dans presque toutes les parties du monde , enjr consacrant toutefois beaucoup moins de temps que Sanctorius^ mais c'est en France seulement que l'on a considéré séparéincntla transpiration cutanée et la transpiration pul-
D& L*HUli£<jk IHS LA TftASi&PIlUlTIOlf. byZ
monaire : Cette rechercUe^ esjt dUe à Lavoîsiér et k M\ Seguîn. M. Ségoin 9e rei^fermait dans un sac de tafToL-is gommé , lié au-dessus de la tète > et ofiTrant une ouverture dont on collait les bords autour de la boudie avec un mélange de térébenthine et de poix. Au moyen de cette disposiliou^ rUumeur seule de la transpiration pulmonaire éiait r^etée dans Tair : pour en connaître la quantité , il suiSsait donc à M. Séguin de se peser avec le sac, dans une balance très-sensible • au commencement et à la fin de Texpérience, En répétant Texpérience hors du sac , il déterminait la quantité totale de Thumeur transpiréc -, de sorte que , en retranchant de celle-ci la quantité d^hunieur transpiréepar le poumon^ il obtenait la quantité d'humeur transpirée, par la peau : il tenait compte d ailleurs des aUmens qu'il prenait, des excrémens solides et liquides qu'il rendait ^ et , eii général , autant que possible , de toutes les causes qui pouvaient avoir de l'influence sur la transpiration, ,. ■
Voici les résultats attxquelsces deux chimistes sont parvenus : nous les citeK>ns tels que M. Séguin les a rapportés. {Ann. de Cinm. , t. xc, p. i4-)
4( Premier résultat. — Quelque qtiantité d^alimens » que Ton prenne , quelles que soient les variations de » l'«itmosphère , le même individu , après avoir augmenté j> en poids de toute la quantité de nourriture qu'il a prise , » revient tous les jours , après la révolution de vingt- > quatre heures ^ au même poids, à-peu-près, qu'il avait » la veille , pourvu toutefois qu'il soit d'une forte santé , » que sa digestion se fasse bien , qu'il n'eograisse pas ^ 3» qu'il ne soit pas dans un état de croissance ^ et qu'il » évite les excès.
)» Deuxième résultat. — Lorsque , toutes les autres y> circonstances étant les mêmes , la quantité d'alimens » varie, ou lorsque ^ les quantités d'alimens étant sem- IV. 38
S(^ DES LIQUBVIIS ACIDBS.
-n blables, les efleis de la transpiration différent entré -» eux , la quantité de nos excrémens aogmenle on dîmi- )i nue 9 de telle sorte que tous les jours , à la mèmeheniey D nous revenons à-peu-près au même poids , ainsi que » nous Tavons dit ci-dessus ; ce qui prouve que, pourvu > que la digestion se fasse bien , les causés qui concourent » à la perte de nos alimens se secourent mutuellement , D et que , dans Tétat de santë , Tune se charge de ce que % l'autre ne peut pas faire.
» Troisième résultat. -—Le défaut de tonne digestion 41 est une des causes les plus directes de la diminution de » transpiration.
» Quatrième résultat, -— Lorsque la digestion se ùit » bien , et que les autres causes sont semblables , la qB«iyi tité d'alimens nMnflue que peu sur la transpinitioB : il y> m'est arrivé très-souvent de prendre à mon dîner denx 1» livres et demie d'alimens solides et liquides ^ d^en ti prendre d'autres fois quatre livres , et d'obtenir dans » ces deux cas des résultats peu différens entre #ux.
« Il faut cependant observer que cet énoncé n'est ^rai » qu'autant que la quantité de boisson ne varie pas con-r » sidérablement dans ces dçux circonstances.
» Cinquième résultat. — • C'est immédiatement après % le diner que la transpiration est à son minimum.
» Sixième résultat. — Lorsque toutes les autres cîrii constances sont semblables, c'est pendant la digestion % que la perte de poids occasion^ par la transpiration ;> insensible est à son maximum.
» Cette augmentation' de transpiration pendant 1a d>- » gestion , comparativement avec la perte qui existe lorsv qu'on est à jeun , est , terme moyen , de a grains 7- par « ihinute.
» Septième résultat. '^^horscpie les circonstances sont » le plus favorables, la perte de poids la pins considérable
1>£ L^ RUMEUR DE Li TRàNSPIRÀTION. SgS
1) qu^ocçasione U transpiratioB insensible ést^ suivant » nos observations , de 3^ grains par minute , consëquem^ » ment de 3 onces 2 gros 48 grains par heure , et de 5 livres A en vingt -quatre heures, en supposant toutefois que )) notre perte de poids soit égale pendant tous les mom'ens » de la journée , ce qui pourtaut est démenti par les faits» )> Cependant , pour ne pas entrer dans des détails trop ^y étendus y on peut dire que la perte de poids la plus con-« » sidérable qu^occasionc la transpiration iusensible est » de 5 livres en vingt-quatre heures.
» Huitième résultai. — Lorsque toutes les circon* .)) stances accessoires sont le moins favorables , pourvu I) toutefois que la digestion se fasse .bien , notre perle de ^> poids la moins considérable est , suivant nos expé- M riences , de ii grains par minute, conséquemment de » i once I gros i:^ grains par heure, et de i livre ii onces » 4 gros en vingt-quatre heures.
» Neusfième résultai* -— Immédiatement après les re-
» pas 9 la perte de poids occasionée par la transpiration
)» insensible est de lo grains t2 dixième^ par minute , dans
» les temps où toutes les causes extérieures sont le plus
p> défavorablesà la transpiration , et de iggrains i dixième
)> par minute lorsque ces causes sont le plus favoi^bles
» ^ et que les causes intérieures sont égales.
• » Ces différences dans la transpiration après les re-
» pas , suivant que les cause» qui y influent sont plus
» ou moins favorables , ne sont pas dans le même rap-
y> port que les différences qu'on observe dans tout autre
)> moment , lorsque les autres circonstances sont semr
)> blables ; .mais nous ne savons pasi à quoi tient ce phé-r
» nomène.
» Dixième résultat.- — La transpiration cutanée dé-» î> pend immédiatement et de la vertu* dissolvante de l'air » environnant, et de la faculté dont jouissent les vais-*
$'gA BBS LIQUEVHS ACIDES.
» 'seaux exhalans de poiter jusqu'à la surface de k pean tt rhumeur trauspirable.
» Onzième résultats, -—Si nous prenons le terme moyen » de toutes nos expériences ^ nous trouvons que la perti tt de poids occasionée par la traAspî ration insensibkest )> de 18 grains par minute , ^et que, sur ces 18 grains, il j 1» en a , terms txïoyeti y onze qui dépendent de la transpi- )i ration tmtanée , et sept qui doivent -être attribués a la » transpiration pulmonaire.
» Douzième résultat. —La transpiration pulmoiuirei » relativement au volume des poumons ,^est bien plus con- » sidérable que la transpiration cutanée, compa^atiT^ » ment à la surface de ta peau.
» Treizième résultat. — Lorsqtie toutes les autres ci^ » constances sont égales , la transpiration pulmonaire est » à-pcu-ppos la même avant et immédiatement apH'^ ^ *» repas*
» Si Fon prend un terme moyen ,* Toti trouve que » lorsque la transpiration pulmonaire est , avant lecUser, » de 17 grains % dixièmes par minute , ^k est, après h m' dîner > de 17 grains 7 dixièmes.
» Quatorzième résultat. — Toutes les -circonsiancei » intérieures «étant égales , c'est dans Fhiver que k fwk m de nos cxcrémens solides -est le moin^ considérable. >
t^u Lcdu
19^6. Le laît est un liquide opaque , blanc , June p^ «aitteur spécifique un peu plus grande que celle i^ I'c»™j et d'une saveur douce . Ce liquide est sécrété par les glandes mammaires des femelles des animaux connus sotis le nom de mammifères^ il est desâné à nourrir leurs petits : atu» sa formation a^t-clle lieu immédiatement «près hvff^' sanre.
1927. Ela général, it est toujours composé d'eau, de natîère oaséeuse, de sucre- de lait, de matièire- grasse:^ de différens sels et d*une< très-petite quantité d'acide (a). Toutefois ^ dans quelque» otrconstances , il dêit contenir d'autres matières ; carFon sait quelesalimena ou les matières qu'on inti*oduit dans Feslomac , et Fétat moral des nourrices , ont beaucoup d^nfiuenceau» ses propriétés^ ks alliaeées , les crucifères , lui communiquent leur odeur»; h gratiofe lerendpurgatif; l'absinthe^ amep; latitliymale*, ftcre , eto. ; on prétend même que certaine» matières colorantes , tcHes que la garance, I- indigo , peuvent en mo«difierla teinte. Le chagrin, la pewr-, le saisissement | etc. ^ sont capables d^enawèteF-le- cours.
La matière caséeuse et là matière butyréuse ne sont pour ainsi dire que suspendues dans le lait , et de là sans doute lii cause pour laqudle il est oj^aque et. susceptible de coar< gulatiou spontanée»
Les chimistes qui'ont lè pltis étudié le làîlsont Schéelè^ Parmentien, M, Déyeux, Fourcpoy, M. Vauqueliu , M. Béi:- . zelius. ( f^o/ezles Mémoires de SÎïhéelo^ tom. h ^ pag. 5 1 ; le Traité d^ MM ^ Parmentiei; et Déyeux sur le lait ; les IVIémoiresde-l'ibstilut*^ tom.^yir^ P^-^ ^^ y^^ leSvdfrinofoF. do Chimie, tom. Lxxxfx, pag. 4'*)
Le lait de vache étant le plus commui:^ etcelùidont tesr l^vopriélé» sent le- imeux coimues,, nous en garleroqs.. d'abordl
1938. Lait de Apache* -^ Sèumià i Fé^aporatiôn, il'se Corme è sa surface une pellicule composée princip^len^ci^^ de matièFe caséeuse , et qui , lorsqu-'oUrFènlèvo , est bientôtremplacée par-uuedutpe :c*est cette pellicule^ qui, a'opp<K sant- a^ libre dégageaient de W videur , doAue aiv kit la propriété de se soulever à la température de^l'ébullitioiai
•»*^»^i""^*i^^^»*i»^wpi"«^^"ti«^"i^— ™^"^r"
(a) Du moins le lait di vacke est teu)Dursié^remcDt.actdt«