‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 4)Chapitre 61 sur 64 · DU LAIT · texte numérisé non relu

DU LAIT

coiigiilenl & la températnre ordinaire, et sur tout à Vaide de la chaleur : quelques goatles d*un acide fort suffisent même pour en. coaguler un litre. L^acide agit toiyours en •'unissant à la matière easéeuse , et en formant un com-. posé insoluble. Cest sur cette propriété qu est fondée la préparation du petit -lait artificid. L'on prend du lait écrémé ; lorsqu'il est presque bouillant , Ton y jette une cuillerée de vinaigre par litre : à Tinstant même la liqueur ae coagule et le petilrlait se sépare. Mais comme , dans cet état , le petit-lait est trouble , il faut le passer à travers un tamis de crin très.-serré , j «goutçr un blane d'œuf délayé dans quatre à cinq fois son poids d'eau , en supposant toiigours qu'on n'opère que sur un litre , porter la liqueur k Tébullition , et la jeter tout de suite sur un filtre de papier gris.

L'alcool , versé en grande quantité dans le lait , le coagule aussi à la température ordinaire : ce n'est point sur la matière easéeuse que se porte son action , c'est sur la matière aqueuse.

n en est de même de tous les'sels neutres très-solubles , du sucre, de la gomme, pourvu toutefois que l'opération se fasse k chaud.

U serait j>ossible cependant que quelques sels coagulassent le lait par leurs Qxides qui s'uniraient à la, matière easéeuse : l'acétate de plomb parait être dans ce cas , car il n'en faut que très-peu pour produire le coagulum. '

La potasse, la soude et surtout l'ammoniaque , loin de. coagukr le lait, font disparaître sur-le-champ 1« eoagiilum formé par les acides , propriétés que ces bases alcalines doivent à l'action dûsolyante qu'elles exercent sur la matière cUséeuse.

1929. Mille parties d^ lait écrémé , d'une pesanteur spé* cifique de i ,o33 , contiennent, suivant M» Berzelius : eau^

OOO DES LIQUBU&S ACIDES.

y^ijji \ matièFe casëeuse avec quelques traces de bemre ^ a8)Oo ) sucre de lait , 35 ,00 ^ hydro-chlorate de potasse, 1,70) phosphate de potasse , o,a5 ; acide lactique^ acétate de potasse avec un vestige de lactate de fer , 6,00 } phosphate terreux^ o,5. ^

La matière caséeuse donne , par Tincinëration, 6,5 ponr 100 de son poids de cendres formées de phosphates terreux et d*un peu de chaux pure. M. Berzelhis pense , oomiBe nous Tavons éijk fait remarquer » que cette cendre est un produit derindn^ration .Pour nous, nous admettons qu^eUe est toute formée dans cette matière»

Suivant le même chimiste , 1 00 parties de crème , d'une pesanteur spécifique de i ,0^44 j sont formées de : beurre, 4,5 'j fromage , 3,5 ] petit-lait, Qti^o, lesquels ga renfermoil 4)4 ^^ sucre de lait et de scU< {Awu de Chim. , t. lxxxix,

igSo. Lait de femme. -^ Le tait de femme difl^te du lait de vache en ce qu il contient plus de sucre de laic el de crème, et beaucoup moins de matière caséeuse que celuici : aussi sa saveur est-elle plus douce, ne se ooaguie*t-il que trèsrdifficilement , et a-t-il p^u de consistance , surtout lorsque la crème en est séparée.

igii. Laitde cAèi/re.<^-Lelaitdechèvrealaplusgr»ide analogie avec celui de vache ; il se comporte de même avec tous les réactifs ; il ne parait en différer que par une pku grande consistance et une odeur particulière^

193^2. Lait de brebis» —-Le lait de brebis contient plus de crème que cehd de |vache \ mais cette crème donne un beurre qm n a pas beaucoup de consistance. Le lait de brebis difiere encore du lait de vache en ce que la matièpe caséeuse quHl contrent a un aspect graisseux et visqueux ; c'est avec cette sorte de lait et celui de chèvre qu^on fait les fromages de Roquefort. {Hfémoire de M. Chaptal , Ann. de Chim^. , t. iv , p. 3i. )

Ï>U LAIT* 60 f

1933. Lait Hànesse, -— Ce lait 86 rapproche plus de celui de femme que de tout autre ^ il en a la consistance , Todeur et la saveur ; comme lui 9 il est très-doux et contient beaucoup de sucre de lait ; mais il renferme un peu moini de crème et un peu plus de matière caséeuse : aussi est-il susceptible de coagulation par Talcool et les acides \ la cràme qu'on en retire fournit, par une longue agitation , un beuiTe mou , blanc et insipide ; oe beurre est doué de la propriété remarquable de pouvoir se mêler facilement avec le lait de beurre , et d^en être de nouveau séparé par Tagitatioa , pourvu , toutefois ,, qu on tienne le vase dans Teau froide,

1934. Lait de jument. -—Ce lait a une consistance qui tient le milieu entre celle du lait de femme et celle du lait de vache; la crème qui s'en sépare peu a peu ne fournit point de beurre par l'agitation ; les acides le coagulent facilement.

C'est avec cette espèce de lait qu'on prétend que les Tartares préparent une sorte de liqueur vineuse. Pallas dit même que y a défaut de lait de jument , ils se servent de celui de vache , mais qu'alors ils obtiennent une liqueur moins forte ; ils y ajoutent sans doute quelque matière particulière ; car le lait , aban«» donné à lui-même , n'éprouve point de fermentation spt« ritueuse.

1 935 • Usages. -^hes usages du kit sont très-nombreux : il est employé comme aliment dans une foule de circonsiances j il fournit la crème , le beurre, le petit-lait, le sucre de lait ; évaporé jusqu'à siccité et mêlé aux amandes et au sucre , il constitue la frangipane ; quelquefois on s'en sert pour clarifier les liqueurs •, par exemple , on s'en est servi avec succès pour clarifier le sirop de betterave 5 M. Cadet Dt^vaux en a proposé l'emploi dans la peinture en détrempe ( Ttaitésur les f^ernis , par Tingry, tom. 11 , pag. 273);

6oû DKS LlQnBU13 ICIDES.

enfin , c^est avec le lait que Ton fait tontes les espèces tk fromages.

Dans les fromages mous on nouveUemeat iaits , la ns*lièrecaséense n^a point subi d'altération; il n'en est pasde même dans les antres : nous ne pouvons pas rapporter cous les détails de leur fabrication ; nous nous contenteioDs de citer ceux cfui sont rdatifs à la pr^^ration du fromage de Brie. Aussitôt que le lait est tiré du pis de la vacke , on le coule à travers un tamis de soietrès-fi|i, et ou leporteà la laiterie, oà il est yersé dans une terrine ; ensuite on y agoute mi peu'de présure délayée dans une petite portion de lait^ et on Tabandonne i lui-même : par ce moyen il se caille en yingt*quatre heures ; alors on le fait égoutter sur une claie d*osier , dans un moule cylindrique en bois , jusqu a ce* qoLil ne s'en sépare phis de sérum y ce qui a lieu au bout de quelques jours; à cette époque , on le sale et on l'emporte de la cave pour l'exposer au grand air , à la tempe*raturede i5 à^o^; là, on le retourne au moins tous les deux jours ,.en ayant soin d'en saler la partie supérieure. Lorsqu'il est bien imprégné dé sel et qu'il est sec, ou le reporte à la cave et on le dépose sur un lit de foin , où, de ;temps en temps on le retourne de nouveau jusqu'à ec qu'il soit fait ou qu'il soit devenu gras. Dans cet état, on y rechercherait en vain la. matière caséeuse ; elle a éprouvé une véritable décomposition ; elle est transformée eaoxide i;aie0Ua7,enc^éate, acéliaté^ carbonate d'ammoniaque,etc.: aussi , eu. traitant le fromage par les alcalis , surtout œloî qui est tràs-AVfmoé, en dégagei-t-ou de l'ammoniaque. C'est au caséaieammiwiacal.qne lefromage doit sa principale sa«

yeur . ( Pnauat. V:9y . Mjotdère caséeuse et Adde casciquen)

ff De t Urine.

1936. L'urine.est un liquide sécrété du sang artériel par les reius. Conduite par les uretères dans la vessie , cUcesi

bieiilAt portée au deboi-s par le canal de Turètre. Elle a pour fonction, ainsi que la sueur, de débarrasser les ani* maux des matières qui pourraient leur être nuisibles : la quantité qu'on en rend est d'autant plus grande qu'on prend plus de boissons et qu'on transpire moins.

Sa composition est très-variable dans les divers animaux^ On y rencontre toi^jours dé Teau et du mucus , et presque toujours de l'urée.

L'urine bumainc est celle qui a été le plus examinée : aussi est-ce de cette urine que nous nous occuperons prin-* cipalement.

1937. Urine Aumame.— L'urine bumaine est composée d'eau , d'urée , de mucus de la vessie , d'une très-petite quantité d'une autre matière animale difficile à isoler^ d'a-^ cide urique , d'un autre acide que les uns regardent comme de l'acide phospborique , les autres comme de l'acide acétique , et d'autres comme de l'acide lactique ^ d'hydrochlorates de soude et d'ammoniaque , de phosphates de soude , d'ammoniaque , de chaux et de magnésie , de sulfates de potasse et de soude 9 et , selon quelques autres<;hi-imistes , de silice , de lactate d'ammoniaque , de soufre ^ d'acide carbonique, de résine* et d'une substance noire particulière.

On distingue deux espèces d'urine : celle que l'on rend immédiatement après le repas ,' et celle qu'on rond le ma^ tin : celle*ci estbien plus chargée que la première.

1938. L'urine a étél'olitjet des recherches d'une fouift de chimistes. Ceux qui ont le plus contribué à crt éclirîrot l'histoire sont Rouelle le cadet , Scliéele , Crwîckshankss Bei^mann, M. Wollaston, Pourcroy et M. VanqUeUii ^ M. Proust /.M. Berzelius. RouéUe le cadet y découvrit l'urée en't773'5; Schéele , trois ans après , y démontra l'existence -du phosphate- de diàux et de l'acide urique : 4:'esi à cet acide j|u il attribua la* fondation de tous les caU

6o4 ^^ LiQUBUllS iCTOES*

cuIa. Cruickshanks reconnut la présence d'une maûêic sucrée dans Turine des diabétiques. Bergpiann prouva que tous les calculs urinairesn^'étaient point formés d'acide urique , comme Tavait cm Schéele , mais qu'ils contenaient très-souvent en: outre du phosphate de chaux. M. WoHaston, Fourcroy et M. Vauquelin allèrent plus loin ; ik firent voir y le, premier , qu'on devait mettre au nombre des matériaux des calculs urinaires l'oxalate de cfaaox , le phosphate ammoniaco-magnésieu etFoxidecystique; et les deux autres , qu'on devait y mettre aussi Turate d'ammoniaque et la silice (1954)* Fourcroy et M. Vauquelin û" rent , en outre , l'analyse de INiriue , examinèrent ses priacipes conslituans , et parvimrent , par un procédé simple et facile , à en extraire l'urée pure« M. Proust prouva que l'acide rosacique entrait qudquefois dans sa compo* sition; il y reconnut en outre la présence de l'adde carbonique, du soufre, d'une résine et d'une substance noire particulière. Enfin , M. Berzelius la soumit à une nouvelle analyse , d'après laquelle il admet qu'elle contient de l'acide lactique , du laciaie d'ammoniaque et de U silice.

193g. La eouleur de l'urine varie du jaune dak^ a l'orangé foncé. Sa paveur est salée et un peu acre. Elle a une odeur qui est connue de tout le mende et que certains alimens font varier : c'est ainsi que. les aspeiiges la rendent désagréable , tandis que la térébenthine , la résine, les baumes , la rendent analogue k celle de la violette : dans tous les cas , elle devient fétide et ammor niacale dans l'espace de quelques jours, en raison des altérations qu'éprouve l'urée. L'urine est quelquefois légèrement filante 9 ee qui est du au: mucus qui entie dans sa composition ; elle prend ce cavtaetère surfout dans, les affections calculenses, et toutes, les fcMS que la vessie est irritée par une cause quelconque. Elle rougit oonstammed,

Dfi l'urihe. 6d5

la couleur et le papier de tournesol ; et constamment anssi sa pesanteur spéci&qne est un peu plus grande que celle de Teau.

L'urine ne possède point toi:gours ces propri^iës au même degrë ; elle les présente d'autant plus qu'elle est plus concentrée : ainsi , l'urine du matin est plus colorée , plus» sapîde , plus odorante , plus pesante, plus acide que l'urine de la boisson. r

L'urine laisse ordinairement déposer , quelquefois immédiatement après qu'elle est rendue , mais le plus souvent dans l'espace de quelques heures , un sédiment jaunâtre qui s'attache fortement aux parois des irases , et qui n'est qu^ de l'acide urique , substance que nous savons être plus soluble à chaud qu'à froid , et dont la quantité varie dans le liquide urinaire (a). Abandonnée à elle-même pendant quelques jours , à la température ordinaire j l'ui^e 'qu'elle contient se décompose, lui donne une odeur presque- in* supportable , y développe de l'ammoniaque qui en sature Tacide , en précipite tout le phosphate de chanx, et en partie le phosphate ammoniaco»magnésien; la quantité d'alcali produite peut être même assez grande , a une certaine époque , pour redissoudre tout l'aeide urique qui s'était précipité d'abord : c^est cet alcali qui pique si fortement les yeux , surtout en été , dans les latrines qui ferment mal ; il se forme en même temps du carbonate et de l'acétate d'ammoniaque.

De semblables phénomènes ont fieu presque instantané-

es) Le docteur Prout , en examinant les s^dîmens ronges de Turine, les trouva formés d*nrate d*ammoniaque , on d^iraie de soude, méUs à plus ou moÎDs de phosphate ; il y rencontra aussi une petite quantité de purpurate de soude ou d'ammoniaque i il assure même en avoir retiré de l'acide nitrique. Suivant lui , leur couleur serait toujours due aux purpura tes et non k Tacide rosacique que d'autres ohimistcs ont admis. {Ann^ â» Chim, ec âe Pfys, , t« xiv, p. 44^* )

6o6 I^ES LtQUBUKS ACIDÊ^.

^enilorsqu^oa fait bouillir rurine;iU aie prodiiisentmâmey en partie 9 au-deasons de la chaleur de rëbulliLion, el Teau , en se dégageant, emporte toigours des madères qitt la rendent odorante et susœplîble de putréfkctioii.

Lorsqu'on, pousse TéTaporation assez loin , et ^ on laisse refroidir la liqueur y il s'en sépare une grande quantité de cristaux coloréspar Turée, et appelés autrefois sels fusibles y sels natifs , sels microscomiques de TuriDe. Ce» cristaux sont un mélange de phosphates de soude et d'ammoniaque , de sel marin et d'hydro-chlorate d'ammoniaque , de sulfates de potasse et de soude : len les traitant par l'alcool , on leur enlève presque toute la matière colorante, et ou achève de les purifier en les dissolvant dans l'eau et les faisant cristalliser.

Gmcentrée davantage , l'urine , par un nouveau refroidissement , peut encore donner lieu à utt§ nouvelle cristallisation ; mais alors , en la soumettant une troisième fois k l'action du feu , elle se trouve bientôt réduite en un liquide sirupeux, d'un brun foncé, qui contient beaucoup d'urce , puis en un extrait plus foncé encore , qui «ttire l'humidité de l'air , et qui , calciné, donne beaucoup de carbonate d'ammoniaque et uu charbon très-salin , difficile à incinérer en raison de la grande fusibilité des sels qu'il renferme.

: L'eau se mêle à l'urine en toutes proportions ; il n'en est point de mètne de l'alcool : versé en grande quantité dans l'urine , il la troubla , et en précipite l'acide 4uiquc 9 les phosphates terreux , et peut-élre d'autres sels encore.

Les dissolutions de potasse, de soude et d'ammoniaque ia troublent aussi sur-le-champ , en saturant l'adde qui en lient dissous les phosphates terreux: Tèau de baryte, Ji'eau de sirontiaue , l'eau de chaux , opèrent non-seulemenl la précipitation des élémens de ces sels , mais encorç

DB lIuRIKE. 607

celle de Tacide phospboriqiie des phosphates de sonde et d^ammoniaque. La baryte^ et peut-être même la strontiane, précipitent en outre Tacide des sulfates de potasse et de soude , en sor.te que le précipité produit par ces trois der* nière^ bases estbien plus abondant que celui qui proyient des premières.

L*Bcide oxalique passe pourètre le seul acide qui , au bout'd'un certain temps, produit un léger nuage dans Turine ; il sWit à la chauK du phosphate calcaire , et forme un oxalate que les acides • faibles ne peuvent point dissoudre. Il serait possible cependant que Tacide fluorique fut dans le m(ème cas. Si Vurine était concentrée , Tacide nitrique j formerait tout-à-coup des cristaux de nitrate d'urée j et les autres acides agiraient d'ailleurs sur cette substance comme nous Tayons dit précédemment

Presque tous les phénomènes que nous offre Furine avec les sels dépendent des phosphates de soude et d^ai^aanoniaque , dèa hydro-chlorates des mêmes bases j et des sulfates de potasse et de soude qu'elle renferme : lorsqu'il y a action , ce sont j[>rcsque toujours de nouveaux sels qui se forment , et qui , étant insolubles , se déposent. ' Le dép6t occasioné par le nitrate de mercure est rose et a beaucoup fixé l'attention des anciens chimistes.

Enfin le tannin forme un léger précipité dans l'urine y. dû sans doute à sa combinaison avec le mucus (aj.

' X940. Mille parties d'urine sont composées , selon M. Berzclius, de

(a) Les. Mémoires de Fourcroy et de M. Vauquclîn sur rurine et les calculs se trouvent dau3 les Anna/es âe CTiUnie , tome xxxi et xxxii , et dantf Utt uénnales du Muséum d'Histoire naiureUe ; celui de M. Wol-* Inston sur les calculs est imprimé dans les Tranê^/çliona phii^fopffiques de 1797 ; et celui de M. Berzclius sur l'analyse ie Turine , dans les Ann» de Chim. f tome lxzxix , page aa.

6o8 DES LIQUEURS ACIOBI^

Eau « 933^60

Urëe * ••• 3o; 10

Sulfate de potasse. .««i •....• ' 8^71

Sulfate de soude. . .•.•«.•.•••«.•..«••.. 3^t6

Phosphate de soude. .•••••..•«..« - 2,94

Sel maria « 4>4^

Phosphate d'ammoniaque. ••..,.•.•• 1 ,65

Hydro*chlorate d'ammoniaque. , ifio

Acide laolique libre* .*•»• •

Lactate d'ammoniaque.

Matière animale soluble dans l'alcool^ et qui

accompagne ordinairement les lactales. . ) î7>i4 Matière animale insoluble dans l'alcool. . • • Urée qu'on ne peut séparer de la matière

précédente. ...••• •

Phosphates terreux , avec un vestige de chaux. 1^00

Acide urique. ..•••.•..• 1^00

Mucus de la vessie • o^3a

Silice o,o3

Uacide lactiqne , le lactate d^aaimoniaqae et la silice,' ne sont encore admis dans Turine que par M. Berzelius. C'est à cet acide qu'il attribue la propriété qu'elle a de rougir la teinture dje tournesol , et de tenir en dissolution le phosphate de chaux et le phosphate ammoniaco-magnésien^ mais la plupart des chimistes pensent qu'elle la doit à de l'acide phosphorique. Pour moi Je suis porté à «croire qu'elle la doit, en partie au moins , à de l'acide acétique » parce que , de quelque manière qu^on la traite , on en retire toigours une certaine quantité de cet acide. A la vérité , elle le produit facilement^ mais n'est-ce pas une raison pour croire qu'elle peut en contenir de tout formé? (jénn, de Chim,, t. lix, p. 269.)

DE l'uRIHE. 609

Diaprés M. -Pronst , Turine contiendrait , outre tes svib^ stances que Ton y a admises jttsqu*à présent ,' du sonffe, de Tacidè carbonique , de la résine et une substance lioire particulière.

On reconnaît la présence du soufre en faisant chauflbr rnrine dans une bassine d'argent : celle-ci noircit et sa surface se convertit en un sulfure d*argent qtli s*en Sépare en écailles.

L*acide carbonique s'obtient en faisant passer- sous nne* cloche Técume blanche et Tolumineuse qui recoui^ Tu** ' nue au moment où elle commence à bouillir.

On se procure la résine en versant de Tacide suUuriqae* ou hydro-chloriqnesur de l'extrait d'urine^ cetu^ matière se précipite sous l'apparence d'une huile noire et épaisse. On la purifie en la lavant à l'/eau chaude. Cette substance ' purifiée a une couleur fauve , l'odeur et la saveur amère des urines; elle est très- soluble dans les alcalis ; sa diss^ • lution dans l'alcdol ne blanchit presque point par l'eau. Elle donne , à là distillation , un peu d'eau , une huila épaisse et aboiîdante, accompagnée d'une légère odeut* amniohiacale, et laisse 0,46 de résidu charbonneux.

M. Proust regarde cette résine comme le princi^ eiEK

lorant et odorant des urinesr "

La substance noire s'obtient' en lavant à grande eau la résine \ ces lavages en séparent la matière noire sous fotitfe ' de poussière. ^Ses propriétés sont les suivantes :

Elle est itïsoluble dslns l'eau etdans l'alcool; k potasse la dissout très-^prompteinent , sans dégagement d'ammo-» niaque; lés acidesT-en précipitent sous la forme d'oacaiUé noir qui, séché , ressemble à de l'asphalte eonoasstf. Vàê*' donne, k la distillation, de l'eau ^très-peud'^ammoniaqlM»^' > vin peu d' huile et oy€5 de chaibon. (Ann* de^Chini^ etde ^Ay5. , t. xit, p. 357.)

Nous admettrons volontiers , avec M. Proust la présence ' IV. 39 ^

6lO DBS LIQUEITRS AC1DB8.

ciu soufre et de Facide carbonique daus les arines^ maïs nott^rXie pouvons partager son opinion reladvement à U résmp et à la substance noire , par la raison toale simple que Fourcroy et M. Yauquelin nous assurent qa^on obtie|it;Cea deux matières en iraitant Turée par les addes l^rç-chlorique et sulfurique.

.^ .194' ' L'urine n'a d'usages dans les arts qoe lorsqu'elle est putréfiée : alors on s'en sert quelquefois pour diraisser. la laine , pour disspudre l'indigo et se prpcuier du sd ao^moniaç*

Garftctites que pri^erUe Furinc dans certaines maladie» ou pet «... t effet de quelques alimens.

( ïP»^ Dans la jaunisse^ *«- L'urine , pendant la jaunisse, es)^, 4'mpJ^Q|^ orangé. Il 0^ est demème de la plupart des autres' parues du corps nl^ttitellement plus ou moins blanclkes. C^ e(kt est attribué au passage de la bile dans Je s^utig* .Les preuves apportées en faveur de cette «^iiiiKHi laiiAP^^ trop à désirer fovir q^'ôn ptdsse l'admettre.

a?. Dc^ Thydropisie ^générale. •— Alors l'urine est ts^9<^aargée de .matière albumineuse.

3^. Dans le rachitis. — -. Suivant Fourcroy , dans 09ll9rmal«[4}^', 0^ l^.o^ so rampljiissent , le phosphate de chiPR'ï^ndj^ dans l'urine/ ..

4^« Dans JUi gaatùe^ "*- M» Bçrthollet a trouvé que Uu- ^n9^4e^ gP¥Ke)^x contçt^^it moins di'acide que celle des autRespefsopQet ^ excepté .4iafi§:l^€fas de paroxysme.

i$ifK')D^t^rl^affeetio7^ikirstériques. -<-r L'usine coole ahM>4ainme]H.y et n'est, «^lijfrgée que detrès-<pea dTarée: a^SMe^l-eUepresque sa^^ couleur.

z&^à Ddni les Jièyre^. nerveuses. — *- L*urine est aidenle, rouge , et laisse déposer un sédiment rosacé qui contient beattootip d'acide rosAcique (i8t4)« Celle qu'on rend à la

DES CAnÀCTERBS DE l^uhine, ctc. 6l c

fin des noaladies inflammatoires possède surtout 'ces propriétés.

^\ Dans la dyspepsie, — - Uurine se putréfie rapide-? ment y et précipite abondamment par le tannin.

8^. Dans le diabètes sucré. — Les individus attaquée de la maladie connue sous le nom de diabètes sucré , iqslladie dont le siège est dans les reins , ont une soif inextin-» guible. Comme, ils prennent une grande quantité de bois-^ son y ils rendent beaucoup d'urine. Xteuc urine est sucrée, et ce qui u^est pas moins remarquable , c'est qu'elle :ue contient pas sensiblement d'urée ni diacide urique ; que les réactifs les plus sensibles y indiquent à peine des. traces de phosphate et de sulfate ; qu'elle rpugit à peine la teinture de tournesol ; enfin , qu'on n'y trouve , pour ainsi ' dire , que de l'eau en très-grande quantités, du sucre et du sel matin. Le sucre , qui, d'après M* Chevrcul, est toujours analogue au sucre de raisin ^ en fait tantôt ladiK-septième, tantôt la vingtième , et tantôt la trentième partie. Le s^l marîh y est toujours bien moins abondante A ces £a.its ^ dont la découverte résulte des travaux de Willis , Pool , DobsoB y Cawley , Cruickshanks , Franck le fils , Nicolas et Gueudeville, etc. (a) , il faut ajouter cpi'en ne donnant aux diabétiques que des alimensanimalisés , leur urine change assez promptemeut de nature ; que d'abord, comme Vont observé IVIM. Dapuytren et Thenard , on y trouve une matière albumineuse dont la quantité va toujours en croissant pendant quelques jours , et qui parait être un signe non équivoque de la guérison de la maladie^ qu^en* suite l'albumine disparaît peu à peu ; qu'alors le rein commence à sécréter de l'urée , de Vacide urique , etc. , et qne l'urine ne tarde point à être «embUbleà celle d'un ■ ■ — '■ ■ — -^ — ' '-■■-'■'■■

(a) Cruickshanks et MM. Nicolas et Guendeyille sont ceux qui nous ont donné , les premiers , une bonne analyse de ces sortes d'artae.

6l2 ' DES LIQUEUBS ACIDES.

individu sain ; que néanmoins le malade , pour prévenir une rechute , doit encore observer long-temps le régime animal , et ne rien prendre enfin de.ee qui peut faire reparaître le diabètes. {^Annales de Chim, , t. xliv, pag. 45» et t. LiK, pag. 4'*)

9^k Dans le diabètes non sucré. •— Ckitre le diabètes sucré dont nous venons de parler , les médecins en distinguent un antre non moins remairquable , dans lequel les urines sont insipides. Celui-ci ne parait différer du précédent qu^ence que Turine contient du sucre dont la saveur est à peine sensible.

1 o^. Par certains alimens ou par certains corps ininn duits dans Vestmiac. — > Nous avons d^à dit que les asperges rendaient Turine fétide , tandis que la térébenthine , les résines , les baumes, lui comniuniquaient tme odeur de violettes. Elle prend , avec le camphre , Todeur propre i ce corps même, et il est plus que probable qu'elle en tient alors une petite quantité en dissolution. Ce qui tend i le prouver, c'est que , en introduisant quelques grains d'hydro-feiTo-cyanate de potasse dans Testomac ,bientôt les urines précipitent en bleu par les dissolutions de fer. M. Brande , à qui c^tte observation importante est due, s^est assuré qu'on ne retrouvait aucun vestige de ce ad dans le sang \ d'où il a conclu que, pour arriver à la vesûe, l'faydro-ferro-cyanate de potasse suivait une autie route que celle de la circulation.

Des VaxiéiÀs de turine dans les animaux.

1943* Les urines de cheval^ d'âne , de vache , de cbameau , de lapin, de cochon d'Inde, de castM*, de quelques oiseaux , de lion , de tigre , et de quelques animaux phibiçs , sont les seules sur la composition desquelles ayons des notions certaines.

DES VAMÉTÉa D^ l*'u&l]IB BAN» LES AllIMÀUX. 6l3

1943. Uurine de cheval. -— L'urine de cheval^ analysée d'i^ord par Rouelle le cadet, Ta été ensuite fiar Foureroj et M. Vauqueliu^ pap M. Brande, et en6 j par AI* Chevreul. Il résulte des veGherches de Fourc/'oy et M. Vauquelin , et de celles de M. Chcvreul , qu'elle est eomposéede carbonates de chaux , de magnésie , de soude , de benzoatede soude, de sulfate et d'hydro-chlorate de po<> tasse , d'urée , de mucilage , d'huile rousse. {^Mémoires de r Institut , an 5 ^ Annales de Chimie ^ tome lxvii » pag. 3©3.)

Cette huile parait exister dans les urines de tousles animaux herbivores.^ et leuc donner l'odeur et là. couleur qu'elles ont \ elle se vaporisé en soumettant Furine à la dîsUUation.

1944^ Urine de vache. *— Rouelle est le pi^emier qui ait fait l'analyse de cette urine :. illa regarde comme composée dJeau y d'ufiée y d'une autre matière animale qu'il appelle exiractiyey de sulfate , d'hydro-chlorate ^ benzoate, carbonate de potasse ; elle contient sans doute aussi des carbonates terreux et de l'huile*

1 945 • Urine de chameau.. — C'est aUssi-i Rouelle que BOUS devons la première analyse qui ait été faite- de l'urine de chameau. Il la croyaix , ainsi que L'urine de vache ^ for- Biéc seulement d'eau y d'urée , etc. (1944) • M..Chevneul , en l'examinant de nouveau,, en a retiré de l'eau en. grande quantité ,. une matière animale coagulable par la chaleur.,, des carbonates de chaux et de magùésie, de la silice, des. traces de sulfate de chaux , des traces d'oxide de fer , du carbonate d'ammoniaque provenant sans doute de l'altération de l'urée , de l'hydro-chlorate de potasse , du car-^ bonate de potasse et du sulfate de soude eu petite quantité , du sulfate de potasse en grande quantité , de l'acide beuzoïque uni sans doute à la potasse , de l'urée , une huile odorante rousse. {^Ann. do Chim. yU lxvh, {>. 3oa.)

6l4 1>ES LIK^UEVILS ACIDES.

. 1 946. Urine de lapin. — Suivant M. VaiMjuélîn , l^irîne de lapin est formée d'eau , de carbonates de cbaux, de miagnésié et de potasse , de sulfate et d'hydro-chlorate de potasse , d'urée très-altérable y de mucilage , de soufre.

Elle contient sans doute aussi une certaine quantité d^huilc rousse. .

*947* Urine de cochon dUnde. — L'urine de cocbon d'Inde , sur laquelle M. Vauquelin n'a pu faire que quelques essais , en raison de la' petite quantité qu'il a eue à sa disposition , parait être analogue aux précédentes : x>n n'y trouve ni phospbates ni acide urique ; elle renferme de Turée , du carbonate de cbaux et des sels à base de potasse.

19^8. Urine de castor. — ^ Cfelle-ci , d'après le même cbimisle y est formée d'eau , d'urée , de mucus animal , de bcnzoateet de sulfate de potasse , de carbonates de cbaux et de magnésie, d^hjdro-cblorate de potasse ou* de soude, peut-être d'acétate de magnésie , d'un peu d'oxide de fer et d'une matière colorante végétale : elle contient probablement aussi de l'huile. {Ann. de Chim. , t. lxxxiï, p. Ï97O

1 g49- Urine de lion, — Celle urine, qui a été analysée par M. Vauquclin , est composée d'eau , d'urée, de mucus animal , de phosphates de soude et d'ammoniaque j de phosphate de chaux en'petite quantité , de sulfate dépotasse en grande quantité , d'hydro-chlôrale d'ammoniaque, d'un peu de sel marin. {Ann. de Chim. , ibid.)

igSo. *Urine de tigre. — M. Vauquelin a trouvé cette urine en tout semblable à celle du lion. (Ann. de Chitn* , îbid. )

igSi. Urine des oiseaux. ^^Toni ce que nous savons de précis sur l'urine des oiseaux est dû à Fourcroy , à M. Vauquelin et à M. Wollastou. Ce sont les deux premiers de ces chimistes qui ont démontré l'existence de

DES TÀKIÉTÉS Dl L^UllIlfB DAlTS iBS AlIlMÂUX. '6r5

i'acide urique dans ces sortes d^urinc ; ils ont trouvé délie d'antmcbe , dont ils ont particulièrement fait Tanalyse ^ composée d'acide urique , de sulfate de potasse, de-sutfate de chaux, d^hydro- chlorate d'ammoniaque, d'une matière animale , d^une substance huileuse , et peut^tre d'acide acétique : Tacide urique en fait à -peu -près la soixantième partie. Il s'en faut de beaucoup que Turine humaine en contienne cette quantité.

Il parait , d'après les recherches de M. WoUaston ,' que la quantité d'acide urique , dans les urines des oisôiiix , Tarie en raison de la nature des alimens , et qu'elle est bien plus grande lorsque ces alimens sont très-azotés *que lorsquHls ne le sont pas , ou qu'ils nele sont que peu. En efief, les excrénens d'une poule qui ne vivait que d'herbes n'efi contenaient que'21 centièmes ; ceux d'une poule vivant libi'e dans la basse-cour d'une ferme en contenaient davantage'; ceux d'un faisan uniquement nourri d'orge en renfermaient i4 pour 100 ; ceux d'im faucon nourri de chair en étaient presque entièrement formés , et ceuxtl'un gannetne vivant <iue de poisson , en étaient entièrement composés. {Ann. de Chîm. , t. lxxvi , p. 3i.)

yqSi bis. Uriné des animaux amphibies .'^■^M. John Davy,'en soumettante l'analyse les urines de plusieurs espèces de la classe des amphibies , a Vu qu'elles contenaient presque toutes de l'acide urique. Cet acide a été Ux>uvé aussii paj: le docteur Prout dans les urines du boa con^ strictovy et par M. Vauquelin dans celles de plusieurs serpens. ( Ann. de Chim. et de Phys. , tom. xviii , p. 107 ;

t. XIII , p. 4^ 9 6^ ^- x^i 9 P* 44^* )

Urine du fœtus de vache, — De cette urine M. Lassaigne n'a retiré que du mucus en grande quantité , de la sjnatière animale incristallisable , de l'hydro - chlorate de soude et de potasse , du sulfate de potasse et de l'acide lactique.

6l6 Dfl* LI<2V£umS ÀCID£ft.

195a. n résulte de toutes ces observations , 1®. qoe preffque tomes les espèces d'urine analysées jusqu'à ce jour eouliennent de Turée ; a^. que les urines des herbiTOies ne coQtieiuieut ni acide urique ni pho^bates ; qu'dles renferment des benzoates et des carbonates ; qa^elles sont alcalines , et qu'elles doivent leur odeur et leur couleur i une btdle particulière ^ 2^. que celles de rboaime,des <Hseaux et des amphibies j sont les seules ou il existe de Tacide urique , et qu'on ne trouve de phosphates que dans les urines huoiaines et celles des mammifères car« nivores*

A la vérité , M. Brande a annoncé l'existence de Faoîde urique dans l'urine de chameau , et ceUe du phosphate de chaux dans toutes les urines des herbivores (^jinn. de Chimie, t. lxvii y p. a66) ^maisM. Chevreul ayant depuis ce temps fait l'analyse de l'urine de chameau ^t de l'urine de cheval , dans l'intention de savoir si elles contenaient de l'acide urique ou du phosphate de chaux , ses recherches ne lui en ont pas fait découvrir les moindres traces. Ifoûs avons cité pré<iédemment les résultats de M. Cheyreul ; nous allons citer actuellement ceux de M. Brande.

Urine do Chameau» Vrine de Faehe,

Eaa." 75 Eaa. • 65

phosphate de chaux, hydro^Io-l Phosphate de'cfaaox.. • • - 3

nte d^amiiKmwquc, tulfÎBite del g Hydro-chlorate de pocasae. * * * <» ^ potasse I urate de potasse, car-f Hydro-chlorate d'ammODiaque. f

boaate de potasse '. ....J Sulfate de potasse.. 6

Hydro-chlordCe de potasse 8 Carbonate de potasse ^ #

I]rée.***-' *" 6 Carbonate d'ammoDiaque.-**- ' ^

Urée. -• 4

Urine de Chet^aL

Dtitc '.

Carbonate de chaux , carbonate de I ^^^ .i- c^^^^l.^ » -^„ -.i. » ,u !%• «oude , sulfate de ^ude , bydro- l *^'» *"^°««* «-pea-prcs , de I a-

€:hlorate de soude , benzoate de ionde, phosphate de chaos.

|>B8 CALCULS liaiMAlAE6 D£ L^ifOMlift. 617

Des Calculs ntii 2s de l'homme.

1953. L'on connait 8oa8 le n(xnde calculs ou àepUrres urifudres de V homme, des concrétions qui se fonnent dans Turine humaine , et qu'on rencontre le plus souvent dans la vet ie , assez souvent aussi dans les reins, rare* ment dans i uretères, plus rarement encore dans le canal de Turètre.

Qtelqaes-uns ne sont pas plus gros que la tète d'une '■ épingle : d'autres , mais en petit iM>mbre , sont si Tolumir zieux qu'ils distendent la vessie ; presque tous ont la forme d'un sphéroïde ou d'un ovoïde quelquefois légèrement aplati ; il n'y a que ceux qui se développent dans les reins , les uretères et le canal de l'urètre , qui , se trouvant comprimés , prennent une autre forme. Ceux des reins , surtout lorsqu'ils ne sont pvint entraînés dans la vessie par l'urine , s'étendent par des br^inches et des ramifications dans le bassinet , se moulent dans sqs divisions , devieur nent très-irréguliers , et nous offrent quelque ressemblance avec les madrépores.

Leur couleur et leur densité varient en raison de leur nature : il en est de blancs , de jaunes , de jaunes-rqageatres, de gris- cendré , de noirâtres \ ils pèsent spécifique ment de i^2i3 à 1,976.

Plusieurs ont une surface lisse et polie \ d'autres en ont une qui est graveleuse ; d'autres sont chargés de petits tu- Lcrcules ou de pointes. Leur dureté est aussi très-variable : les plus durs soiit formés de chaux unie à l'acide oxalique.

Ils sont sans odeur , à moins qu'on ne les frotte , sans saveur, sans action sur les couleurs bleues. Enfin tous sont formés d'un grand nombre de couches superposées , au centre desquelles se trouve un petit noyau.

6l8 DSft CALCULS ITElffàlftES DS l'hOIOCV*

1954* Les calculs ne sont pas tot^ours composés iTadJe iiriqae , comme le croyait Schéele , ou d'acide uriqoe etde phosphate de chaux , comme le pensait Bergmann* Hait autres substances peuyent encore en faire partie , ainsi que Font prouvé Fourcroy, MM. WoUaslon, Yaiii[oeIiii et le docteur Marcet ; savoir : le phosphate ammonÎMXH magnésien, Toxalate de chaux, Turata d^ammoniaqne, la silice , Toxide cysti<{ne i et trois autres matières animales.

Donnons les caractères qui distinguent chacui de ces corps dans les calculs.

i^. Acide urique. •*— JaunAtre ou d'un jaune rongeitie, surtout lorsqu'il est mouillé ; donnant , lorsqu'on le scie, une poussière analogue i là sciure de bois ; brûlant sans résidu ; ne dégageant point d'ammoniaque avec les dissolutions alcalines ; formant , par la trititration , des composés onctueux avec celles qui sont concentrées \ se dissolvant facilement^ même à froid , dans celles qui woX étendues et en excès , et possédant alors la propriété d a être précipité par iesaddes en flocons blancs qui, recueilBs sur un filtre , ne tardent point i apparaUre en pailkttes brillantes.

a*. {Trateifammonûi^ue.-^ D'un gris de cendre, brûlant sans résidu , d^geânt une forte odeur d'ammoniaque avec les dissolutions alcalines , et- se comportant d'ailleurs comme l'adde urique avec ces dissolutions.

3®. Oxide cy'rtï^ue. — L'oxide cystique est en cristaux confus , demi-^ransparens , jaunâtres , sans saveur ; il ^ rougit point la teinture de tournesol ; il a quelque analogie, pour l'aspect, avec les calculs formés de phosphate ammoniaco-magnésien; mais il est beaucoup plus compacte «[ne ces calculs ne le sont ordinairement. Distillé à feu nu, ii donne du sous-carbonate d'ammoniaque , une huile fétide et pesante , et un charbon noir spongieux ; il est donc

forme , comme l'acide urique et toutes les matières animales , d'hydrogène , d^oxigène , de carbone et d'azote ; peut-être contient -il moins d'oxigè^e que cet acide : d'ailleurs , on l'en distingue facilement par la fétidité particulière des produits de sa distillation ^ ce dernier carac- ' tère est si remarquable , qu'il suffitmème, pour reconnaître Foxide eystique , d'en chauffer au chalumeau une petite portion.

Outre ces propriétés, l'oxide eystique en présente encore l)eaucoup d'autres dont plusieurs ^ont remarquables.

Il est insoluble dans l'eau , l'alcool , les acides tartriquc, citrique et acétique , ainsi que dans le carbonate neutre d'ammoniaque ; mais il se dissout très-bien dans les acides nitrique , sulfurique , phosphorique , oxalique , et surtout dans l'acide hydro-chlorique. ,

La potasse , la soude , l'ammoniaquCi la chaux , et même les carbonates de potasse et de soude saturés , le dissolvent aussi très-facilement.

Il est évident , d'après cela, quWpeutle précipiter de ses dissolutions acides par le carbonate d'ammoniaque , et de ses dissolutions alcalines par les acides citrique et acétique.

Les diverses combinaisons de l'oxide c5^stîque avec les ficides cristallisent en aiguilles divergentes , et se dissolvent facilement dans Tcau , pourvu toutefois qu'elles n'aient point été altérées par aine trop grande élévation 4c température.

Il suiEt d'une chaleur de loo® pour décomposer celle tju'il forme aveci'acide hydro-chlorique, et volatiliser l'acide.

Les combinaisons de Toxide eystique avec lés alcahV cristallisent aussi ] mais l'auteur n'ayant eu à sa disposition qu'une très-petite quantité de matière , n'a pu déterminer la forme des cristaux.

620 DES CALCULS UBIliilRES DE L*fK>MllE. .

EnGn l'acide acétique , versé dans mie dissolution diaudfl et alcaline de cette substance , a donné lieu à un précipité ciîstallin qui s'est formé par degré, à mesure que le refroidissement de la liqueur s'est opéré. Les cxisiaox obtenus étaient des hexagones aplatis-^

C'^st en raison de la propriété qu'a Toxide cysti<pie de s'unir aux acides , et parce qu'on le trouve dans la vessie, que M. Wollaston l'a appelé ainsi* ( Annales de Chimie, tom. Lxxvi> pag. ai.)

4^. Oxalate de chaux* — Gris 9 et quelquefois d^ui brun foucé , en raison de la matière animale qui raccompagne 3 toi^ours disposé en couches ondulées ; présentant extérieurement des tubercules rarement aigus et le plus souvent arrondis et anal(^es à ceux des^ mÀres ; donnant, lorsqu'on le calcine , un résidu blanc de chaux ou de carbonate dcdchaux , facile à recoi^naitre \ savoir : la chaux par sa saveur ftcre , et le carbonate de chaux par reflecvescence qu'il produit avec les acides, elc. Cerésida, lors.* ' qu'il n'est composa que de chaux , équivaut i-peu*près as tiers du poids du calcul. ' * .•

M. Lassaigne a annoncé il y a quelque temps que ce sel faisait partie des hippomanes ou madères blanches , molles et visqueuses qui nagent dans la liqueur de l'aZ/oAtoïde* (Ann. de Chim. et de Pfgrs., t. x, p. aoo.) Mais cet oxalate ne se formerait-il pas aux dépens de cette liqueur même , qui est analogue à l'urine (1899) , et sa formation ne serait-elle point accidentelle ?

5^. Silice. — Même aspect que l'oxalate de chaux ^ si

V ce n'est qu'elle est moins colorée ; facile à en distingaer ,

parce qu'elle ne perd presque rien par la calcination , et

que le résidu est insipide , inattaquable par les acides ,

vitrifiable par les alcalis , etc.

6^. Phosphate ammoniaco^magnésien.^-^ Blanc , crisr talliU) demi-transparent, vitriiiable par une chaleur rouge.

DES CALCULS URINAIRCS DE l'hOM^E. . 6^%!

laissant dégager de lammoniaque par la trituration av(\2 les alcalis en liqueur, ne s'y dissolvant point, se dissolvant au contraii*e dans Facide sulfurique.

7^. Phosphate de chaux. — Blanc , opaque , non cris-* tallisë, non vitrifiable, ne perdant presque rien par la calcination , ne laissant point dégager d'ammoniaque par sa trituration avec les alcalis, insoluble dans ces substances^ insoluble aussi dans Tacide sulfurique , formant avec lui un magma épais en donnant lieu à un grand d^agement de calorique , soluble dans Tacide nitrique et dans Tacide hydro-cUorique;

8®. M. le docteur MarcdMans uu grand nombre d'analyses de calculs qu'il a eu^casion de faire , e(ki a rencontré deux d'une espèce nouvelle et de nature animale, qu'il presse d'appeler : l'un , calcul fihrineux , parce qu'il esl composé d'une matière dont les propriétés sont analogues i la fibrine ; et l'autre , oxide xanthique (de (avdoc, jaune), parce qu'il forme un composé de cette couleur avec l'acide nitrique. Mais comme M. Marcetn'aremarqué qu'une seule fois chacune de ces variétés , et qu'il ne se dissimule pas qu'elles pourraient être des productions accidentelles, nous ne les décrirons point , et nous renverrons ceux qui voudbront les connaître au Mémoire même de l'auteur , ou à l'extrait qui en a été publié dans les Ann. de Chim. et de J^hjrs. ,t* xiir,*p. i4*

9^. Matière animale autre que Voxidecystiquey Toxide jcanthique et la matière fibrineuse, *^ Cette matière n'a point encore été isolée ; elle existe dans presque tous les calculs , et particulièrement dans ceux d'oxalate de chaux, qu'elle colore en brun et. dort elle lie toutes les parties. Ne proviendrait-elle pas du mucus de la vessie, al"> léré? . »

lo^. Urate de soude. — Ce sel fait aussi partie des cal- ,culs urinaires , d'après M. Liudbergsou: c'estdu mains ce

€a2i DES ciLcuift imiiÀiitEs DB L^aonc*

queM.Berzeliusaamioncé dans une lettre écrite à M. Ber« tlioUet. {Annales de Chimie et de Physique y fjota. xiv^ page i92« ) S'il existe , il doit être très-rare et a:vec exois d'acide.

1955. Les calculs sont formés , tantôt dVne senle sdIh stance , et tantôt de. plusieurs qui , presque toigoors y se trouvent superposées de telle sorte que la plus inaoloUe est an centre : 'On ^e peut donc avoir une. idée de leur nature qu^en.les sciant. Fourcroy , qui a analysé pins de »x cents calculs 'avec M.Yauquelîn, en reconnaît douze espèces. On peut en admettre trois nouvçUes depuis ipie M* • WoUaston et M. Marceiapus ont prouvé que œctains calculs étaient formés les uns d^oxide cystique y d'autres d'oxideiamliique, et d'autres de matière fibrinense. Noos allons énoncer ces di£Gérentes espèces , et le nombre qui s'en ^t trouvé dans les six cents calculs analysés par les deux cbimistes' français que, nous venons de citer»

i'^ Espèce^ Acide, iirique ^ environ un quart.

2^. Urate d'ammoniaque ^ rare.

3^. Oxalate de cbaux ; teviroû un cinquième.

4^. Oxide cystique^ très^rare : il n'a presqu^encore éié observé que par M. WoUaston. M. Robert , pharmacien en dbef iù rhôpital de Rouen , croit aussi l'avoir rencoatié. ( Journal de Pharmacie y t. vu , p. 1 70*)

5^. Oxide xanthique ^ très-rare : il n'a encore été vu qu^ttne seule fois par le docteur Mârcet., ^ :6^.. Calculâbrineux. — Il n'a égalementété trouvéqa*aDe seule fois par le docteur Marcet.

' '^^. Acide urique et phosphates terreux en couches distinctes ; environ un douzième. -

• 8^. Acide urique et phosphates t^reûx mêlés intimement ; environ un quinzième.

• £f. Urate d'ammoniaque et phosphates en couches dlistînctes \ environ un trentième.

DBS CALGirXS URISIIRBS Dl^ l'hOVME. 6^3

10*. Urate d^ammoniaque et {Aiosphate^ terreux mêlé» intîmement ; environ un quaranU^e*

II®. Phosphates terreux en couches fines ou mêlés inti^ mement ; environ un quinzième.

i2®« Oxalate de chaux et acide urique en couches trèfr* distinctes; environ un trentième.

i3®. Oxalate de chaux et phosphates terreux en couches distinctes^ environ un quinzième*

. i4^. Oxalate de chaux » acide urique ou urate d'ammo- ' Iliaque ^t phosphates t^refix} environ. un soixantième.

i5®. Silice., acide urique , urate ampioniacal et phoS"« phates terreux \ environ un trois centième.

Le phosphate calcaire, le phosphate ammoniaco-magpé*

aien et la silice n*ont point encore été trouvés isolés (a). .

1956. Après avoir fait connaître la nature des différons

calculs trouvés jusqu^à ce jour, essayons 4e présentoir la.*

thécM'ie de leur formation.. .

Si Ton introduit dans la vessie Un cprps .étranger, par. exemple , un petit caillou , ce corps attirera les substances les moins solubles qui entrent dans la composition de Tu* rine , de même qu'un cristal attire des particules salines , et il deviendra le contre d'un calcul q^i se formera dans ui^ espace de temps plus .ou moins considérable '«0. qui' le prouve, c'est qu'il existe certains calculs qui ont pour, z^ys^ , tantôt des épingles à friser , tantêt des Cure-dents , et que toutes les fois qu'une sonde séjourne trop long* temps dans la vessie, elle se recouvre d'une. croûte terreuse. La question se réduii.donc à faire comprendre com-» mçut set forme le noyau dans ces organ^^

(a) m. Pietro Alemanî dit avoir trouvé an calcul urinaire Ibrmé , sur 100 parties , de 5i de magnésie , ao de silice , 1 1,84 de phosphate de fer, 4 de carbonate de magnésie , 3» 16 de substances volatiles. Je doute fort que la matière sur laquelle M, Pietro a opéré ffkt un véritable calcul, (^fn/t. d& Chim*i t. Lxv y p. àaa.}

Glk^ DES CiLGVLS UIIIIIÀIRES DE l'uOMUE.

Lorsqu^il est composé diacide uriqtie , ce qui arrive le plus souvent , sa formation a toujours lieu dans les ràns. En effet , G^est dans cet organe que Turine est sécrélée dn sang artériel. Or , il se produit dans quelques circonstances plus d'acide urique que cette liqueur n'en peut dissoudre ; il doit donc s'en déposer une certaine quantité. TantAt le dép6t reste dans le i:ein , tantât il est entraîné dans les uretères , souvent dans la vessie ; et de là les calculs qui ont pour si^e ces différentes parties de l'appareil nrinaire. Quelquefois aussi il est porté au dehors , sous forme de petits graviçrs , par le canal de l'urètre : il en résulte alors l'affection connue sous le nom de grai^elle.

* Est- ce également dans le rein que se forment les noyaux composés d'oxalale de chaux , d'urate d'ammoniaque ,'etc.?

Nous manquons de données pour répondre à cette question : nous remarquerons seulement qu'on rencontre <h^ dinairemcnt dans la vessie les calculs au centre desqads ils se trouvent.

• Il est facile toutefois de concevoir la formation de ces divers noyaux.

- L'oxalate de chaux , l'urate d'ammoniaque, l'cnade i^stique 9 etc. , qui ne sont point des matériaux oonstans deTurine, s y trouvent dans quelques circonstances, plUisqu'ils font quelquefois partie des calculs ; mais œs corps sont insolubles : ils doivent donc pouvoir se d^>0ser'et attirer à eux les matières étrangères.

- Le phosphate de chaux et le phosphate ammonîaeomagnésien existent toi^ckirs dans l'uritië; ils y smit dissous à la faveur d'un excès d'acide : celui-ci peut être neutralisé par de l'ammoniaque provenant de la décomposition d'une certaîne quantité d'urée , ou même par une certaine quantité d'am'moniaquçxj^i ^e formerait en même temps que. Turiue ; ^et. dés4ors il y i^urail dépôt de ces deux sels.

DBS CALCULS tJIllNAlIVES SIS l'hOMME. 6i5

Quant à la silice ^ il suffit , pour en concevoir la présence dans les calculs , d'observer qu'elle est tenue parfois en suspension intime dans Teau , et que , selon M* Berze^ lîus , elle fait même toigours partie de Turine.

Enfin il paraît que la matière animale , qu'on trouve en assez grande quantité dans les calculs muraux , et qui existe d'a}|leurs dans presque tous les autres , joue aus»i un rôle dans leur formation ; il semble qu'elle en lie toutes les parties , et que , sans elle , leur réunion ne se ferait que difficilement.

1957. Tout cela étant conçu , supposons, pour plus de clarté , qu'un noyau d'acide urtque soit transporté de^ reins dans la vessie , et qu'il y séjourne : de quelle natura sera le calcul qui se formera ? Sa nature dépendra de celle du liquide urinaîi'e. Si l'acide urique domine dans ce li- • quide , ce sera cet acide qui se déposera ; si les phosphates «ont , au contraire , prédominans , et s'ils sont à peine re^ tenus par l'excès d'acide , ils se sépareront en pufftîe et viendront couvrir le noyau d'acide. Ce qu'il y a de remarquable dans cette formation , c'est que , comme nous l'avons d^à dit , ce sont toujours les substances les plus insolubles qui se trouvent au centre : ainsi, dans im calcul qui serait formé de silice , d'oxalate de chaux , d'uraie d'ammoniaque , d'acide urique et de phosphates , ces substances seraient disposées , en. général ,' de telle manière que la silice serait au centre 5 puis viendraient successivement les autres substances dans l'ordre où nous venons de les énoncer (a).

igSS. 11 est difficile, pour ne pas dire impossible , de dissoudre la pierre dans la vessie , pour peu que son vo-

{a) L^acide urique étant un peu soluble Jans l'eau , on pourrait croirer qu'il devrait se déposer après les phosphates , qui , par eux-n&dmes , y soiil insolubles ; mais ceux-ci sont très-solublcs dans Tcxcès diacide. IV. 4o

6%6 PBS C1LCUL& UftlVAlRBS Ï^B X.'BOMn.

lume sok considérable ; mais il^est poasibls d'ea préraùr la formation dans le plos grand nombre de caa. Eîne&t, noua avons m que la plupart des calculs avaient pour noyau Tacide urique, que ce noyau se fonuait dans le rein, et qu'il ne se formait que parce que Furine ne eonlcnait pointiassev d'eau pour pouvoir le dissoudre. CoDaéqnonmeiitt lorsqu'on est atteint de la gravelle, les dinrétiqnes ou les boissons aqueuses , pris en quantité convenable , peuvent être employée avec succès : c'est ainsi qu'agissent sans doute certainçs eaux qui passent pour être lithnntriptiques : telles sont particulièrement les eaux de Gontrexeville ; par conséquent encore il convient de mettre k malade au régime v^étal^^ afin qu'il se forme le moma diacide possible.

Ces moy^is curatifs ne son^ pas les seuls que Ton con^ naisse* M"* Stepkens a indiqué les pilules sav<mnenses; Hartley , la potasse on la soude ; Wilt , l'eau de ehanx ; Mascagni et le docteur Styprian Luiscius de Leyde y le carbonate de potasse ; sir Everard Home et M. Hatchettt la magnésie. ( Annales de Chimie , tome lxx , pag. 3m ; et tome lxxv , page ao4« ) En faisant usage de ces remèdes , l'urine devient toigours alcaline \ de sorte qn^on pourrait supposer que c'est par l'excès d'alcali que l'acide urique searouve dissous^ Mais il parait , d'après les ex* périenoes de M- Brande ^ que la magnésie agit tout autrement : suivant lui , elle modifie tellement lacdon des reins > que, dans la sécrétion de l'urine, il ne se produit presque plus d'acide urique, et que la maladie ne reparaft poiut. S'il en était ainsi , ce remkle serait bien préfoaUe aux autres ^ jcar ceux-ci font seulement disparaître la oriae du moment sans influer sur les crises à venir j en un mot, ils détruisent Teflet sans anéantir la cause. Toutefois , il est certain que la magnésie n'a pas toigours une action eflScace j je l'ai vu emplojifcr sans aucun succès.

CiLCCLS PB LA GLANDE PROSTATE, '627

igSg. Si le noyau ëUil de Turate d^ammoaiaque , les remèdes précéiens pourraient èlre employés avee le même socoès que lorsqu'il est diacide urique ; mais s'il était com« posé de phosphate de chaux ou de phosphate ammoniaco^ magnésien'^ ils ne conviendraient point , puisqu au lieu da • favoriser la dissolution de ces sels « on eu favoriserait au contraire la précipitation : il vaudrait mieux faire usage d'acides faibles. L'on ne connaît point encore de substances au moji^n desquelles on puisse s'opposer au dépôt de l'oxalate de chaux ni de la silice : heureusement que les calenls qui ont pour noyau ces matières sont bien moins nombreux que ceux dont le noyau est l'acide urique, {Voy^, pour plus de détails , d'une part , les Recherches physio^ logiques et médicales, sur les causes, les symptômes et le traitement de la grauelle, par M, Magendie ; et d'antre part , V Essai sur V Histoire chimique et le Traitement des maladies calculeuses , par le doeteur Marcel. )

Calculs de Us glande prostate,

igSg bis. Ces calcul» paraissent être formés, d'apt^ès les expériences de M. WoUaston , de phosphate de chaux au môme état do saturation que dans les os. Leur volumo varie entre celui d'une tèie d'épingle et celui d'une noi* sette \ leur forme est plus ou moins sphéroïdale et levv couleur d'un brun jaunâtre : cette couleur prévient de U sécrétion de la glande même , et leur donne l'apparence extérieure des calculs formés d'acide urique^ mais il est fa*^ cile de les en distinguer , soit en les ontsniani , soii en lias calcinant , soit en les traitant par la potasse , etc.

Je dois syouter ici que l'on me remit 9 il y a <piieh|tt6S années, comme provenant de la prostate, un tout petit calcul dont je ne pus soupçonner la nnture à Tasp^et » et que je trouvai formé d'oxalate de chaux : cet oxalate

€a6 DES C01iGEÉTIOK8 UAIITÀIKES DES ANIUlUX.'

ëtait remarquable en ce qu'il était blanc y pea compacte et sans protubérance. Depuis , j*ai eu occasion de faire Tanalysede plusieurs autres calculs surTorigine desqneb je n'avais aucun doute : tous venaient de la prostate , et tons étaient composés de phosphate de chaux , de quelques traces de carbonate de chaux et d'un peu de madèfe animale.

Des Concrétions urinaires des animaux.

ig6o. Ces sortes de concrétions ont été beaucoup moins examinées que les précédentes ; mais si Ton considère que les urines des animaux ne contiennent que peu de suIh stances insolubles par elles-mêmes , il deviendra probable que les concrétions qui peuvent s'y former ne doivent pas être très-variées»

CeUes qui se produisent dans la vessie des herbivores sont composées , en général , de carbonate de chaux , et assez souvent d'un peu de carbonate de magnésie : leur friaVlité est ordinairement très-grande.

Celles des carnivores sont d'une autre nature : Fourcroy el M. Vauqiielin y ont toiyours trouvé du phosphate de chaux \ M. Bénédict Prévost a reconnu le phosphate de chaux et le phosphate ammoniaco - magnésien dans une ccmcrétion de petite chienne. (^Ann. de Chim.etde Phys. ^ t. VI , p. ai 8. ) M. Gauthier de Claubry a vu que plusieurs calculs provenant de divers chiens contenaient , outre ces deux phosphates , une certaine quantité de carbonate de chaux. Enfin, M. Lassaigne assure qu'un calcul, extrait de la vessie d'un chien par MM. Dupuy et Barthélémy, professeurs k l'Ecole d'Alfort , était composé d'à* rate d'ammoniaque et d'un peu de phosphate de chaux. (^Ann. de Ckim. et de Phjs. , t. ix j p. 324-)

DES COnCRÉTIOlCS INTESTINALES. 6*9

Des Concrétions inlesUnaies.

1961. Il se forme assez souvent , dans les intestins et dans Testomac des animaux j des concrétions dont la nature est très-variable , et auxquelles on donne le nom de bézoards. Ces concrétions ont été principalement analysées par Fourcroy et M. Vauquelin. Ils en distinguent sept espèces. (4^ vol. du Muséum d'Histoire naturelle, p. 329.)

La première est composée de phospliale ammoniacomagnésien et d'un peu de matière animale. Quelquefois elle présente çà et là des fibres végétales. Sa coulcui* est d'un gris brun , sa compacité assez grande , sa texture rayonnée , son poids souvent très -considérable, sa forme sphéroïdale quand Tintestin ne renferme qu'un seul calcul , et triangulaire , en raison des frottemens produits , quand il en renferme plusieurs. C'est dans les animaux herbivores , et particulièrement dans les^hevaux , qu'on rencontre ces sortes de calculs. Le pnosphate de magnésie provient des alimens dont ces animaux se nourrissent. L'ammoniaque sans doute est un produit de la digestion.

La deuxième espèce n'est formée que de phosphate de magnésie et d'un peu de matière animale ; elle est demi-* transparente , jaunâtre , en couches concentriques , bien moins fréquente que la première , et plus rare aussi que la troisième.

La troisième est un phosphate de chaux légèrement acide^ contenant quelquefois un peu de phosphate de magnésie. Celle-ci est formée de couches concentriques très-fragiles et qui se séparent facilement les unes des autres : elle est blanche , légèrement soluble dansTeau , et rougit le tour** uesol d'une manière sensible.

i63o DES COffCnÉTlOlTS VEI1fAllt.Ç9 DES ASlllÂUX*

La quatrième ne parait être autre chose <{ue des gmmeaux de matière jaune de la bile ^ adhérens les uns anx autres.

La cinquième est fusible ^ très-combustible ^ décomposable par le feu , et plus ou moins analogue aux matîera résineuses. Les couches dcmt elle est formée sont lisses , polies , douces au toucher et très-cassantes. C'est k cette espèce qu'appartiennent les bézoards orientaux auxquels on attachait tant de prix autrefois , en raison des vertus médicales dont on les supposait doués. Elle a souvent pour noyau des coques d'un frait gros au plus comme une noisette. Elle nous vient d'Asie ou d'ÂiVique» On suppose qu'elle est due à des résines séparées des végéuux qui servent d'alimens aux animaux dans les intestins desquels elle se trouve. Ces animaux sont presque toiyouis inconnus.

La sixième espèce provient évidemment dit boletm ignieuius, dont les débris encore très-distincts sont liés par un suc atiimal. Cette espèce , formée » comme preM|ae toutes les précédentes , de couches concentriques , est très^ l^ère , et quelquefois recouverte d'une croûte de phosrphate ammoniaco*magnésien.

La septième est composée de poils que les animaux avalent quelquefois et qui s'agglutinent i, elle est jaunâtre : on la désigne ordinairement par le nom à^egagropite.

1961 bis. On rencontre aussi quelquefois des concrrétions autres que des calculs biliaires dans les intestins de l'homme : leur formation parait dépendre de circonstances accidentelles. Voici ce qu'on lit à ce si\jel dans l'ouvrage d^à cité du docteur Marcet«

i^. Qu'un calcul de la grosseurd'une noix , blAno dans l'intérieur , léger ^ spongieux , très-friable , sans <^iicbes distinctes , formé principalement d'un mélange de pfaos^ phate de chaux et de phosphate ammoniaco -magnésien ^

BES COXCCEÉTXOtrs lUTimWALES. 63f

a été U*ouvé dans le rectum d^un enfant né avec un anus imperforé , et dans lequel il paraissait y avoir une communication entre le rectum et la vessie.

a^ Que M. Brande a eu occasion d'observer iï y a quelques années , chez un individu qui faisait pat gottt xm nsage journalier de la magnésie , des concrétions considérables qui étaient entièrement composées de carbonate de cette terre y et auxquelles le mucus servait de lien.

3^. Que les docteurs Marcet et Wollaston ont fait l'analyse de concrétions qui avaient jusqu'à un pouce et de- DÛ de circonférence y et qui étaient de nature caséeuse.

4^« Enfin qu'on trouve en Ecosse , dans la basse classe du peuple qui mange du pain d'avoine , des concrétions en couches concentriques et alternatives , formées d'une part d'un mélange de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien , et d'autre part d'une substance veloutée, compacte et brunâtre, provenant des petites arêtes situées i l'une des extrémités de la semence de l'avoine.

A ces observations , il faut ajouter celles qui ont été faites plus récemment par M. Braconnot et M. Robert. M. Braconnot rapporte qu'ayant eu occasion d'analyser beaucoup de concrétions intestinales rendues par une fille de trente-six ans , il a trouvé que ces concrétions, qui avaient la forme de pralines et la grosseur de petites noisettes , étaient composées d'une matière analogue au bois. {Ann. de Chîm. et de Phjrs. , t. xx , p. 194* )

Quant à M. Robert » il pense que les petites concrétions qui lui avaient été remises par M. Flaubert étaient formées de mucus. ( Journ. de Pliartn. , t. vu > p. i6i . )

632 DIBS MlTlknES MOLLES ET SOLIDES.

Des Concrétions arthritiques.

2g6a* Jjes personnes siûettes depuis long^tempsàla goutte nous offîrent parfois , dans leurs articulations , <ies dépôts mous et friables qui ressemblent à de la craie. Ce n*est que depuis 1797 que nous en connaissons la nature; alors M. Wallaston les soumit à l'analyse^ et trouva qa ils étaient formés diacide urique et de soude.

Depuis cette époque , M. Vogel eut Toc'casion d'analyser une de ces concrétions ,qui contenait , outre de Turatede soude , de Turate de chaux et un peu de sel marin. (JSsi* letin de Pharmacie j t. m , p. 568.)

Concrétions salivcUres.

Un calcul salivaire de cheval, analysé par M. Lassaigne, s* est trouvé forAié de 84 de carbonate de chaux , de 3 de phosphate de cliaux , de 9 de matière animale et de 3 d'eau. Les mômes principes ont été rencontiés dans ceux de vade et d'éléphant,

Des autres Concrétions qu'on rencontre dans la

animaux^

f^oprez 1920 et 1989,

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