‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 4)Chapitre 62 sur 64 · SECTION VII · texte numérisé non relu

SECTION VII

Des Matières molles et solides.

De la Matière cérébrale.

1963. La matière cérébrale est une pulpe en partie blanche et en partie grise , qui se trouve contenue dans la boiif osseuse du crâne , et qui donne naissance à la moelle épi-

BB LÀ MATlkHlS GÉRÉBHÂLE.' 633

nîère ainsi qu'à tous les nerfs ] elle parait être , en général , d'autant plus abondante dans les animaux , qu^ils ont plus d'intelligence. C'est une des matières du règne animal qui se putréfie le plus facilement , car il est difficile de la conserver fraîche en été pendant vingt-quatre heures : c'est aussi Tune de celles dont l'incinération est la plus longue. M. Yauquelin , qui a analysé la matière cérébrale de l'homme, l'a trouvée formée de 80,00 d'eau, 4^^^ dema^ tière grasse blanche , 0,70 de matière grasse rouge, 1,1 a d'osmazôme ^ 7 ,00 d'albumine , 1 ,5o de phosphore uni aux matières grasses blanche etrougè , de 5, 1 5 de soufre, et de dilTérens sels , entre autres de phosphate acide de potasse, de phosphates de chaux et de magnésie. {Ann, de Chim,, t. Lxxxi,p.65.)

Parmi toutes ces substances , il en est trois dont nous n'avons pas encore étudié les propriétés : l'une est la matière grasse blanche, l'autre la matière grasse rouge, et la troisième l'osmazôme.

La matière grasse blanche est concrète , mais molle et poisseuse ; l'aspect en est satiné et brillant ; elle tache les papiers k la manière des huiles *, elle est soluble à chaud dans l'alcool ; elle ne s'y dissout pas sensiblement à froid ; elle ne se. dissout pas non plus dans une solution de potasse caustique ; elle ne rougit point la teinture de tournesol ; mais 6i on la calcine , elle acquiert bientôt cette propriété à un très-haut degré ; l'acide qui se forme est de Tacide phosphorique. Si , au lieu de la calciner seule , on la calcine avec la potasse ou le nitrate de potasse , on obtient alors du phosphate de potasse.

La matière grasse rouge possède, comme la matière grasse blanche , la singulière propriété de donner naissance à de l'acide phosphoriquc par la calcinaliou. Elle est un peu plus soluble à chaud et à froid dans l'alcool que la matière grasse blanche. Elle dilTcxc surtout de >la matière grasse

634 ^^ llATlàEES MOLLBS ET SOLIDES.

bla&cLe par moins de consistance et par une odeur analo(;iie à celle delà matière oérâurale » mais bien plnsfoite; de sorte qn^il est probable que c*est par elleqnelattaûère cérébrale est odorunte. Toutdbis ces différences sont trisfaibles : anssi M. Vauqtielin n'assure-^il pas qu'on doive considérer ces deux matières grasses comme esss&tidlemem distinctes Tune de l'antre. Oh les obtient comme il finit :

On fait bouillir k plnsienrs rq>rises de Fakool lu li matière cérébrale ) on filtre à chaque fois i on réimkks liqneivs , et on les laisse i*efroidîr ; il s^en.dépose une mati^ plus ou moins lamelleuse : c*est la matière grasae blanche. ETaporantensnite jusqu'en coDsistancedeboaillie la liqueur alcoolique qui contient la matière grasse rouge €t Tosmazâme, et mettant cette bouillie en contaettrec l'alcool à fnndy l'osmasôme se dissout toute eatiini tandis qu'il ne se dissout presque pas de matière gm» rouge.

n ne sera question de l'oemazdme que plus tard (1977 his) y sous le nom de matiète extradîi'e du bouiUof^»

A quel élat le phosphore est-il dana ces deux matîto ' n n*y est probablement nji à l'eut d'acide ni à l'eut iti phosphate « puisque ces matières ne rougissent point U teinture de tournesol \ qu'en les traitant par une £siolaiion chaude de potasse , il ne se forme point de jhmf^ et ne se dégage point d'ammoniaque , et qu'on ne peftt j démontrer la présence d'aucun sel. Il faut donc qu'A y aoit^ comme dans la laitance de carpe , uni aux principes mêmes de ces matières ^ et considéné comme l'un deox*

C'est ce corps qui rend la matière cérébrale ai difficile i incinérer : en s'acidifiant , il recouvre de totUes parts ks molécules combustibles 9 et les protège contre l'actioad^ l'air : aussi favorise-t-on singulièrement rincinésalioDt& lavant de temps en temps le charbon.

DB Li veau; 635

De la Peau.

1964* La peau est composée de trois parties appliquées les imes sur les autres : de Tépiderme ou cuticule , du tissu rédculaire et du derme ou vraie peau. Celle-ci est placée immédiatement sur la chair : au-dessus d'elle se trouve la seconde , et la première est extérieure.

ig65. Epidémie, *-^ L'épiderme est une membrane minée, blanche, élastique, sèche, transparente, écailleuseï beaucoup plus distincte dans Thomme que dans la plupart des autres animaux. Il se sépare assez facilement du reste de la peau par la macération dans Teau chaude. Soumis à la distillation , il donne beaucoup de sous-carbonate d'ammoniaque; il est insoluble même dans Teau bouillante*, il Test également dans Talcool. Les acides sulfurique et hy^ dro-chlorique étendus lattaquent i peine 3 la potasse et la soude le diss ol vent complètement.

1966. Tissu rétieulaire. *-^ Ce tissu , siège des papilles nerveuses destinées à la perception du tact , est si fin , qu'il est impossible de le séparer , et que plusieurs anatomisies en ont nié Texistence r c'est dans ce tissu que parait résider la matière colorante de la peau des nègres.

1967. Derme , ou Peau proprement dite. '—* Le derme est une membrane^ épaisse , dure , assez dense , composée de fibres entrelacées et disposées comme les poils d'un feutre. Chauffé dans une cornue, il se fond, se boursouffle, se décompose, et donne de l'huile très-fétide , du sous-carbonate d'amnA>niaquc , etc. Mis eu contact avec les acides étendus d'eau , à la température ordinaire , il se ramollit, se gonfle, devient presque transparent, et se dissout en partie ^ il se comporte de la même manière avec les dissolutions alcalines^ il éprouve aussi, jusqu'à un certain point , de semblables phénomènes par son séjour

636 DBS MÂTlfe&XS UOLLZS 'ET SOLIDES.

dans YesLVL froide. L^eau bouillante; , après Tavoir gonflé; finit par le dissoudre presque entiàrement : en se refroidissant, la liqueur se prend en gelée. Cest même en traitant ainsi les rognures de peaux qu^on prépare une grande quantité de colle - forte pour le besoin des arts

Cette colle nous parait être un produit dé Vaction de Teau suif le derme , car celui-ci est absolument însolubk dans Feau froide , et n^est même complètement aUaqoé par Teau bouillante que dans un espace de temps asseï considérable. L^alcool, Téther , les huiles , ne sonlpini capables d'en opérer la dissolution.

xg68. Du Tannage. *-^ Le tannage est une opâation par laquelle on combine le tannin avec la peau proprement dite. La peau tannéeprend le nom de cuir. L'art de ta&ner les peaux peut être divisé en quatre parties.

La première a pour objet de les écorner et de les laver.

La deuxième consiste à les débourrer, ou bien à enlever le poil qui les jrecouvrç : à cet effet , on les plonge, à la températui*e ordinaire , dans une dissolution très-faible d'alcali ou d'acide^ pendant un certain nombre de jours: elles se gonflent , se distendent , et leurs porcs s'ouvrent de manière qu'on peut en arracher facilement tout le poU' Lorsqu'on se sert de liqueur alcaline , c'est la chanxqn'o" emploie ; lorsqu'on se sert de liqueur acide , on fait usage quelquefois d'eau aigrie par un mélange de ferîne d'orge et de levure; d'autres fois de jiisée, c'est-à-dire, d'ew aigrie par son contact avec la tannée ou le tan usé (a);

(a) On appelle tannée le tan dont on s'est déjà servi pour lanncr kl peau:L , et qui est par conséquent privé de tannin. En le mettanlenoontKl avec Teau , celle-ci finit par s'acùîilier. L^acide qui se forme est probaw* ment de Tacide acétique»

DE LÀ PEAtr« 687

quelquefois enfin de jusée aignisëe d'acide sulfurique. Certains tanneurs opèrent encore le débourrement en pla* çant les peaux les unes sur les autrçs , dans un lieu dont la température est élevée : bientôt il s'établit une fermentation qui produit sur la peau le même effet que les alcalis et les acides ; cette manière de débourrer est connue sous le nom de pivcédé à V échauffe. Dans tous les cas , on met ensuite les peaux sur lé cbevalet, où, à Taide d'un couteau rond qui ne coupe ni du milieu ni des talons , on enlève non-seulement le poil , mais encore l'épiderme. La séparation de l'épiderme est nécessaire , car ce corps ne se combinant point avec le tannin empêcherait celui-ci de pénétrer du côté du poil,

3^. Lorsque le poil est enlevé , l'on plonge les peansf dans tine eau courante pour les ramollir ; puis on les échame et on les étire , ce qui se fait en enlevant la chair Avec la faux , les plongeant de nouveau dans l'eau y mais seulement pendant quelques heures , et les pressant foi*tementavcc le couteau rond. Cette dernière manipulation a encore pour but de séparer les restes d'épiderme et de faire sortir, lorsqu'on s'est servi de chaux , la portion de cet alcali qui a pu pénétrer dans le tissu de la peau.

4^. Les peaux destinées à former des cuirs à œuvre i telles que celles de veau pour empeigne , celles de vache pour baudrier, doivent être tannées iAmédîatemeut après avoir subi toutes les préparations dont nous venons de parler \ mais celles que Ton destine à former des semelles et autres cuirs forts , doivent en subir encore une autre que l'on appelle gonflement : celui-ci s'opère en plongeant les peaux dans des dissolutions faibles d'alcali ou d'acide, de même que pour le débourrement : par ce moyen , on ouvre davantage les pores de là peau : elle devient plus épaisse , demi-transparente , et capable de recevoir une plus grande quantité de tannin.

G38 DES MÀTIEKES MOLLES BT SOLIDES.

5^* An gonflement succède \e passement, qui s'exécute en tenant les peaux, pendant quelque temps, dam mie eau où Ton a mis quelques écorœs.

6^. Enfin Ton procède au tannage. Cest au mojend'écorce réduite en poudre , et qui y sous cette forme , prend le nom de ton ^ qu'on fait celle dernière opération : Vécorce 'que Ton emploie le plus souvent est celle de chêne.

L'opération se fait ordinairement dans descn?esroiida ou carrées , qui prennent le nom dejbsses , et qui penYCot être construites en bois ou en maçonnerie ) lean ioA sont à fleur de terre. Pour les cuirs forts , Ton ctaUit d'abord au fond de la cuve une couche de 16 câUioiètRs de tan qui a d^jà servi ; Ton recouvre cetle couche dW , autre de 27 millimètres de tan neuf. Sur celle-ci Toa étend une peau \ sur eette peau Ton forme une seooade couche de tan neuf, et ainsi de suite jusqu'à ce que h fosse soit pleine ; puis on recouvre le tout de 16 cenûmètres de tannée ou tan usé que l'on foule aux pieds, et l'on fait couler de l'eau dans la fosse par un petit coodiDi en bois qui se rend jusqu'à la partie inférieure. Peu â pn le tannin pénètre dans les peaux et s'y nuit. Lorsqu'on juge que Le tan ne contient plus de principe astringenl, ce qui a lieu au bout de deux à tix>is mois , on le renoavdk en vidant la fosse et en la remplissant de nouveau '^nuôs comme cette nouvelle quantité de tau n'est point eooore suifisante , il faut la renouveler elle-même au bout de trois à quatre mois ; et celle*ci exigeant plus de temps povrse dépouiller de tannin que la seconde, et à plus forte raisea que la première , il s'ensuit que les peaux restent en fosse au moins un an« On pourrait éviter de r^ionveler le taUt en l'arrosant avec de l'eau chargée' de tannin lorsqu'il serait épuisé de ce principe : de cette manière on rendnK l'opération beaucoup plus prompte.

Le procédé de tannage que nous venons d'exposer n<^

DEg TISStJS CELLULAIRE^ MEMBAAlfEUX , etC. 639

pa$ le 96ul qui soit suivi. Il en ^t deux autres qui sont pratiqués, Tub depuis loiig-teiups , et Tautre depuis vingtr quatre à vingt-huit ans* Le premier consiste à cofadre les peaux comme des sacs, à les remplir de tan etd^eau, k fermer les sacs et à les coucher dans des fosses pleines d'eau da tan. Deux mois suffisent pour cotte sorte de tannage, qu'on appelle tannage au sippage, ou apprêt à la danoise. Le second a été suivi en grand , pour la première fois , par M. Séguin : dans ce procédé , on commence par mettre les peaux en contact avec des eaux chargées d'une trèspetite quantité de tannin , et on les en retire au bout de quelques jours pour les plonger dans d'autres eaux qui en sont de plus en plus chargées $ après quoi on les met en ùwe pendant ^x semaines.

Des Tissus cellulaire , membraneux , tendineux > aponéi'ivtique , ligamenteux.

• 1969. Ces diilérens tissus n'ont été examinés chimiquement que d'une manière très^superficielle* Toi^t ce qu'on en sait de général et de positif, c'est qu'ils contiennent de l'azote , et qu'en les faisant bouillir dans l'eau ^ ils se convertissent en tout, ou au moins en partie, en gélatine \ propriétés par lesquelles ils se rapprochent de la peau proprement dite.

1970. Tissu cellulaire» — * Le tissu cellulaire surpasse (»i finesse la gaze la plus légère : c'est lui qui lie les unes aux autres les fibres musculaires , etc. , et que l'on aperçoit sous forme de lamelles transparentes lorsqu'on vient h. \cs écarter. Sa transformation en gélatine s'opère facilement.

11971. Membranes. —L'on désigne par le nom de membrane , ou tissu membraneux , des parties blanches , minces^ transparentes! ou opaques, dont l'aspect n'est

64o DÉS MiTIÈHES MOLLES ET SOLIDES.

point argenté , qui enferment ou recouvrent des viscères , et qui sont destinées à contenir des liquides , à séparer les dijQTérentes parties du corps, etc. Nous citerons comme exemple la plèvre et le péricarde dans la poitrine; le péritoine dans Tabdomen^ la dure-naère, la pie-mère, Faraclmoïde dans le crâne; le périoste autour des os. On en distingue trois classes : les muqueuses, les séreases et les fibreuses. Toutes se dissolvent presqu^entièrement dans Teau bouillante : toutefois celles qui sont fibreuses résistent pendant très-long-temps à Faction de ce liquide.

Ï972, Tendons. — Ce sont des espèces de cordons bril- )ans , nacrés , tenaces , denses , capables de porter on poids considérable sans se rompre , formés de fibres qui s'attachent d^une part à celles des muscles , et de Fantre au périoste. Traités par Teau bouillante , ils finissent par se dissoudre entièrement.

Lorsqu^on les dessèche , soit en les abandonnant à l'air, soit en les plaçant dans le vide sec, ils se réduisent an moins à la moitié de leur poids, diminuent beaucoup de volume, prennent la dcmi-lransparcnc<î de la corne et une couleur jaune un peu rougeâtre, deviennent roides et perdent leur extrême souplesse; mais si, après les avoir desséchés , on les plonge dans Teau pendant douze à vingt-quaire heures^ ils absorbcjit ce liquide et reprennent leur poids primitif et toutes les propriétés qui les caractérisaient. M. Chevreul, à qui ces expériences sont dues ., a prouvé que Teau avait , sur les propriétés de beaucoup d'autres tissus animaux , la pème intlueuce que sur les tendons. ( annales de Chimie et de Physique , tom. xix , p. 33. )

1973. Aponesf roses.— IjQs aponévroses sont des variétés des tendons. Au lieu d'être, comme ceux-ci, sous forme de cordons , elles sont sous forme de membrane»^ elles enveloppent souvent les muscles , et sont faciles à reconnaître par leur aspect satiné.

-ùv TisstJ ctAwùrtEtJX. 64 f

1954» Ligamens. — Les ligamens sont formés de Gbrea trèa-fortes , très-denses et tlrès-ëlastiqué^ , qui joignent en-^ semble les os dans les différentes articulations. Ils résistent beaucoup pltts à Taction de Teau que les tissus précédens t cependant ils s'y dissolvent en partie et lui donnent la propriété de se prendre en gelée par le refroidissement*

Du Tissu glanduleux^

1 975 . Le foie de bœuf est la seule glande qui ait été ana-« lysée avec quelques soins* Sa composition chimique, d'après M. Braconnot^ a beaucoup d'analogie avec celle dcL cerveau. En effet, ce chimiste a trouvé, i^. que 100 parties de foie étaient composées de i8^'|*,94 de tissu vascu** laîi-e et de membranes ^ et de 81'*'^ ,06 de parenchyme; a^. que 100 parties de parenchyme ou de substance propre du foie contenaient 68^"^ ,64 d'eau , iio, 19 d'albumine desséchée , 6,07 d'une matière peu azotée , soluble dans l'eau et peu soluble dans l'alcool ; 3,89 d'huile phosphorée , soluble dans Talcool et analogue à celle du cerveau ; 0,64 d'hydro-chlorate de potasse sans aucun indice de sel marin , 0,47 de phosphate de chaux ferrugineux ^ o, 10 de sel acidulé , insoluble dans l'alcool , et formé d'un acide combustible uni à la potasse ; d'un peu de sang. L'albu-^ mine forme donc plus de la cinquième partie du parenchyme , tandis qu'elle ne forme pas la seizième partie du sérum du sang.

Disons un mot de l'analyse. En broyant le foie dans un mortier, le délayant dans l'eau tiède et filtrant le tout à travers un tamis de soie très-fin , le tissu vasculaire et les membranes resteront seuls sur le tamis ^ La liqueur, exposée ensuite à la chaleur de Teau bouillante , laissera précipiter l'albumine ibèlée intimement on unie à l'huile ; puis , au moyen d'un linge serré , on séparera le coagu- Itim, que l'on exprimera et qu'on lavera «onvenaWe- IV. 4»

64^ I>B9 MlTIÈmU MOLLES ET SOLIDES.

ment, etc. Pour extraire Thuile de cclui^ , il saSn de le mettre en contact à cbaod , soit avec l'ako^l , sût «m Tessence de térébenthine : Thuile se dissoudra et s'abtiendra par évaporation. Tontes les antres matîèrei le trouveront dans les eaux de lavage. Nous ne suivroaspi Tauteur dans leur séparation. (^ Annales d^ Chimie di€ Physique, t. x, p. i8g.)

Du Tissu musculaire ou des Muscles.

1976. Les muscles , organes qni^ par leur contnciioii loigours soumise à la volonté , donnent aux animaux la ^^ culte de se raouVoir , constituent ce que Ton désigne sons le nom de chair dans le langage ordinaire. Indépendani' ment de la fibre qui en fait la base et dont tes pnçriétés sont les mêmes que celles de la fibrine , on y trouve in tendons qui Les terminent et les attachent aux os, des apcttévroses qui le» enveloppent^ du tissu cellttkireqm lie les filamens fibreux les uns aux autres , du tissn adipeux , des vaisseaux sanguins , des vaisseaux Ijmpkaih ^ues ^ des nerfs comme par toute Torganisation , de la outière extractive , une petite quantité diacide libre , qui ^ selon Mk Berzelius, est Vacide laetique, et des sebde diverse nature. Ea dernier résultat 3^ ils sont donc composés de fibrine y d'albumine , de matière extractive , de graisse , de substances capables de passer à Tétat de gêitine , d'acide , et de différens sels.

1977» Il sera facile ^ d'après eela , de comprendre Faction dcFeau froide et de Teau bouillante sur la chair musculaire. L'eau froide , même par une longue macéiation t ne devra dissoudre que l'albumine des vaisseaux sangnÎB^ et lymphatiques , la matière extractive , l'acide et différons sels : quant a l'^iu bouillante , elle coagulera en graodf partie l'albiiiaâne , fendra la graisse qui se rassemblera a la surfac/q-du liquid&y et dissoudra la matière extracûre)

les mêmes sels que r«au froide ^ .^t uzie. partie de$ lUtsw apouévpolîqiie , cellulaîirf et tendineux , qu'elle çen* yeriîra en gélatine : aussi ne tronve-t-on dans le meilLsuF bouillon que ces différentes su})^ançes* Dans to^^ Ifi^ cas, la fibrine reste» à-peu-près intacte. Cçst à la ma • tîèrc extractive que le bouillon doit sa saveur agréable* Toutefois la gélatine ^ après Feau, ^n fait la nu^eaj^epar* )ie « et c^est pourquoi , par la concentration , il se pren4 eu gcl^e.

1977 bis. Pour SQ procurer cette matière eslractivei dont Thouvençl a parlé il y a long-temps ♦ il faut s'y pren^ dre comme il suit : on divise la chair et on la met ^'abofd en contact avec deux ou trois fois son volujsie d'eau froide pendant une à deux heures , en ayant soin de la malaxer de temps en temps ^ ensuite on décante cette premiàre. mui que Ton remplace par une seconde^ et méioA par une lt<^ir sième : Talbuaune, la matière extractive , divers. seU ^ l'acide se dissolvent. Toutes les eaux étant réunies sont soumises à l'évaporation dans une capsule de pçrcelaimef* Bientôt l'albumine commence à se coaguler ^ et le çoagu*lum coAtinne d'avoir lieu pendant presq)Ub9 toui. le temps de l'évaporation y qu il faut ménager , surtout lotsqn'eUe louche à sa fin* On enlève les écumes k mesure qu^^U^ se forment, et l'on ne filtt^ qu'à l'époque çA il M se.s^pare plus sensibLemeot d'albumine. Alors la liqueur , très*r«r duite et d4ià ^ès-colorée , doit être exposé^ à une douc^ chaleur « jusqu'à ce qu'elle soit en consisC^nce sirupeuses L'extrait, qu'on obtient ainsi n'est, plus qu'Ui^ mplaàgede maiièré extractive et de sels primitivement dissous. En le traitant par l'alcool concentré » à la t^mpératuife ordinaise» et Élisant évaporer la dissolution alcooliqn^, on en séipare la matière extnictive presque pure. .

.. Dans cet état, cette matière est d'un brOfkift^nàtre; jar mais clic ne se prend en gelée comme la gélatine -, sa saveur

644 i>^ MâTtimes molles bt solidbs^

tt son odeur sont les mAmes que celles du- bouilloa: aussi lé bouillon est^-il d*autinit meitleur qu'il en coutieiit dt- YànUge*, elle s*y trouve, par rapport i la gélatine, à^peih près dans la proportion de i A 7.

Soumise à Faction du feu , elle se fond , se boursodk, se décompose , donne du sous-carbonate d'ammonisqiue, et un ebarbon très-volnmîneux contenant du sous-carbonate de soude qui provient , selon M. Berzelius , du bcute de soude qu'elle renferme. Elle ne se putréfie quetTè94eatement. L*eau etTalcool la dissolvent avec facilité. Sa dit- 'solution aqueuse est ti*oablée tout-ft-coup par Tinfusionde noix de galle , par le nitrate de mercure , par Tacéute et le niti*ate de plomb.

En supposant que cette matière extractive soit réeUe* ment particulière, ou du moins contienne une matière animale distincte de toutes les autres , on pourrait appeler celle-ci osmazôme*

1978* M. d'Arcet, qui est parvenu à extraire ibas prix 3o pour 100 de gélatine pure des os , a présenté une série d'observations dignes de la plus grande attention sur remploi qu'on en peut faire dans ta préparation du bonilIoD. Nous citerons les principales. On sait que 1 00 kilogrammes de viande contiennent, terme moyen , 80 kilogrammes de chair, %o kilogrammes d'os, et qculs donnent dans les liospices 4oo bouillons d*un demi-litre chacun , et 5o Vio' grammes de bouilli. Or , l'expérience prouve que l'on fait la même quantité de bon bouillon avec a5 kilogrammes de viande et 3 kilogrammes de gélatine sèche : il doit donc y avoir un grand avantage is'en servir. A la vérité, l'on obtiendra 37 kilogrammes 7 de bouilli &ï moins ; mais Ton aura en plus ,• moyennant 3 kilogrammes de gélatine , dont le prix est de i5 fr. » j5 kilogrammes de viande , lesquels peuvent fournir 5o kilogrammes de T6û.(yénnaïesée Chimie, tom. xcii , pag. 3oo. )

DC LÀ XATICKIS KXTRiCTTTB D0 BOfTILLOU. 645

Quelques personnee ajani élevé des doutes sur les qualités nutritives de^ la, gélatine , M- d' Arcel a prié la Sacîéii de rÉcde de Médecine de vouloir bien charger pluaîeors de ses memlires deiiûfe k cet égard toutes. les expériences qu'ils jugeraient convenables. Ces expérience» ont étéfaicea à rhospicedeXUinique tnteme de la Faculté , et continuées sons les yeux des commissaires pendant trois mois. Les commissaires rapportent : « que Ton a préparé le bouillon » avec le quart de ia viande qir on employait ordinaire- 3» ment ^ que Ton a remplacé par de la gélatine et des lé- » gumes les trois autres quarts , qui ont été ^onnés en T6ii, 3> et que les malades 9 les convalesœns , et mêmes les gens » de service, n'ont pas aperçu de difierence entre ce s> bouillon et celui qu'on leur, donnait précédemment:

JS A '

p qu'ils ont été aussi aboi^damment nourris et très-satis^ » £aits d*avoir du r6ti au lieu de bouilli. » ( AniÛMles dm Chimie , tom. xcii , pag. 3oo. )

En mêlant la gélatine avec une certaine quantité de Jus de viande et de racines , M. d'Arcet est aussi parvenu à préparer des tablettes de bouillon meilleures que toutes jcelles qui ont été faites jusqu'ici. ( Voyez les divers usages de la gélatine retirée des os , article Os (198a). Mieux vaudrais encore ne faire des tablettes de bouillon qu'avec la .viande seules elles seraient beaucoup plus sueeulentes , se conserveraient mieux et donneraient un bouillon pins sa<*- Toureux. M. Proust a fait à cet égard des expériences dont les résultats ont été publiés Annales de Chimie et de Physique, t.xviii, p. 170.

\çf]%his* Suivant M. BerthoUet^lorsqu'après avoir en* levé , par des ébullitions successives , tout ce que la chair contient de soluble , et qu'après l'avoir exposée au-dessus de l'eau dans une certaine quantité d'air , on la fait bouillir de nouveau avec de l'eau , pour la mettre une seconde fois en contact avec l'air et répéter cette expérience plusieurs

6^ I»» M^lttuU MOLLES Btr'êOLlteS.

{um 9 îl en rémheque la «haïr «^nrhèt^e , que Vek w diarge ètt ^êz ckrbni^OB «t d'aune odeur iiilecle, et que latt ditMit <an» nuiUève ^i a la propitélé de prëdpher h laDniD; nuis ai^ aiwcrfe e«i ttème ledip» qne ees pbéno* B»èiias peidbaCfieB à peii dé laar iiacmitté , et ^pe h dur ftttli par prandm Vadaur ai k avfanr da vfeax fronuge.

1978 asn TraMa pur Tacida «ulferiqtte 9 la chair su* liii daa akénaâom remafcpKibleâ obaenrées en i8m pr M. Bracoimût. (>i>/u dit Chim^ ec ^ I^^m ^t^^U p. 1 18. ) Saa aspérienaes ont ^téfiikeâ 9«ir 3e grammes & matière. Laobair^ aryaiiiétébieuditlftte, latée&plosieQn repriaea avaa Ibemicanp d'ean > ^expÂaiée gradnellenient a ferteiMBt danattne toile, fm mise aa'centact et broyée, l la taaapéwiwra ordinaim , avac 80 grammes d*acide snUanpm cottcaitrë ) ^la s'y «6t pfunallie M pfe8tpi\sntUrewœat diaaûui^ aaaa ancun d^égagaatient de gttz snUîirenx : pour favoriser la solution de^elqtiia grmneanx, fem^ laflage a éiâ dianfiS doocetnent , puia on )*a laissé téroréh. Après tpaai ^on a cnlefé one petite eouclie de gratsiiK qnl a^dtait raiaesiblée i la sarfaoe de fa ISifieiM*^ on a étoA ceUe^ d enviion un décilitre d'eau , et on a (ait Ixraiffit le toat pendant neuf heures , en ayant aoîn de remphcfr l'ean A mesore qu'alla se vaporisait. Alors la nout^k Sqneur <ut saturée par la emia 9 filtrée et évaporée. L'estnk qn'dla a fotnmi avak «ne saveur marquée de boniDtm, ^ xi'audt point «acre ; la potasse en d^ageait de FamBOniaqna ^ dtendu d^eau et expoaé à une douce èlialeixr longtemps continuée, il ne se putréfiait point; mis en cootact avtc de Takool bouillwt , il se dissolvait en prtie, d l'alcool iaiissait déposer, par son retour à la températmv atnbîanie , «ma matière l:)landie particuKèrc. C'est ccue matière , dont le poids était d'environ un gramme , (p £iit le principal olyet des redierches de l'auteur ; il la rf- ^tda comme nouvelle et la désigne par le nom de leucini

DE LA MÀTlÈtl BKTRiCTlVC 1)Q BOUILLÛK. 647

{Xnneocy blmc). Dans cel étal, l«i leitcine n'est point parfiiitemeiit pare; elle contient on pea de matière animale précipkable par «ne infusion de noix de galle: il fimtdonc la redissoudre dansTean , y ajouter qnelqties gouttes d'infusion, ou plutôt en {elle quantité que la dissolution neprécipite ni par Tinfusion même ni par la liqueur primitive. Amenée à ce point , la dissolution donnera la leucine en Tévaporanl eouTenablement.. Les propriétés que cette substance possède sont les suivantes : elle a une saveur agréable de jus de viande ou de bouiUoo ; sa densité pavait être moindre que celle de Feàu. Chauffée dans une petite cornue de verre , elle fond , mais seulement bien audessus de 100 degrés , répand une odeur de viande grillée » se sublime en partie sous forme de petits cristaux blancs , grenus, opaques » eidu reste se désompose «p pcodutsjoit. de Thuile , derammoniaque» etc.. j&a dissolution dans Veau n'est troublée par aucun sel métallique , si ce p est le nitrate de mercure. Lorsque cette dissolution est faite dans Teau tiède, et qu'on l'abandonne à une évapora lion spon^ tanée, il se forme à sa surface beaucoup de petits cristayx , isolés , aplatis , qui ressemblent à des moules de boutons.^ Enfin la leucine est capable de s'unir à l^acide nitrique et de former un composé que M. ^acdunot appelle acid^ nitrO'leucîque. Qu'on dissolve' en effet la leucine dans. l'acide nitrique, et qu^on évapore la dissolution jusqu^à un certain point, elle se prendra ea une masse cristalline, sans qu'il se dégage de vapeur nîtretîse , et même sans qu'iL se produise pour ainsi dire de gaz.. Si Ton presse cnsui^< cette masse dans du papier Joseph' , et qu'on la r^dlssolve* dans l'eau , on retirera de celle-ci , par la conc^itration y, des aiguilles fines, divergentes , presque ineblores :. ce sera le nouveau composé acide. M. Braconuot Ta à peine ^tu* dié : il a vu seulement qu'il était différent de raclde uitrôsacchuriqne, qu'il s'unissait bien aux bases , qu'il formait

64^ DES MiLTIÈRES MOLLES ET SOLIDES.

avec elles des sels qui fusaient sur les charbons ardcns, que le nitro-leucate de chaux et celui de magnésie éuient inaltérables à Vair. ( Voyez les observations faites au si^ de ces acides , pag. 36^ de ce volume.)

Lorsqu*on traite, CQmme nous venons de le dire, h chair musculaîi^ par Tacide sulfurique, il se forme diverses substances , outre la leucine. Sans compter rammoniaque d^à nommée , il y en a au moins deux : Tune reste en dissolution dans Talcool avec une certaine quantité de leucine; Tautre est insoluble dans ce reactif. AiottUms actuellement que , tant qu'on n'aura point fait Tanaljsede toutes ces substances, et qu'on n'aura point comparé lenr poîds k celui de U fibre, il sera impossible d'étaUirli théorie de leur formation , etc.

*J)es Cheveux, des Poils y de la Laine, des OngkSf

de la Corne.

^979- Cheveux, — C'est à M, Vauquelin que nous commes redevables de tout ce que nous savons sur la da^ turc des cheveux. Il résulte de ses expériences (Ann.de Chim. , i, Lviii, p. 40 '

1°. Que les cheveux noirs sont formés de neuf solv stances différentes \ 5a voir : d'une matière animale senh blable au mucus , qui en fait la plus grande partie ] d'une petite quantité d'huile blanche concrète , et d'une auue d'un noir veixlâtre , épajisse comme le bitume \ d'un pen de phosphate de chaux,, de carbonate de chaux, d'oxidede ■ manganèse et de fer oxidé ou sulfuré j d'uncquantité notable de silice et d'une quantité plus coi^sidérable de soufre.

a^. Que les cheveux rougçs ne diffèrent des choircw noirs qu'en ce'qu'ils contiennent de l'huile rouge au lieu d'huile tl'i;n noir verdàtre, et moins de fer et de manganèse.

3^, Que ceiix qui sont blancs renferment nn peu 4^

DES CBBVEUX, DES POILS, DE Li LAlMB^v^tC. 64g

pfaosphalede magnésie y et Gontiennent d'ailleurs les mêmes substances que ceux qui sont noirs ou rouges , moins rhuile Goloi*ëe.

4^. Que les noirs doivent leur couleur à Fhuile noire et probablement au fer sulfuré ; les rouges , à Thuile rouge, et les blancs , à ce qu'ils ne contiennent ni huile colorée ni fer sulfuré.

Soumis à la distillation , les cheveux se décomposent , donnent de Thuile^ du carbonate d'ammoniaque , etc. , et 0,28 à o,3o de charbon. L'air ne les altère point. Il n'est aucune substance animale qui résiste autant qu'eux à la décomposition putride. Ils ne se dissolvent dans l'eau qu'à un certain nombre de degrés au-dessus de loo^ : aussi n'en peut-(Hi opérer la dissolution dans ce liquide qu^au moyeu du digesteur de Papin. Toutefois il ue faut pas trop élever la température \ 6ar le mucus , qui constitue la miycurc , partie des cheveux , loin de se dissoudre , se décompose-^ rait et se transformerait en acide carbonique , en carbo* nate d'ammoniaque , etc. Dans tous les cas , il se dégage une certaine quantité de gaz hydrogène s^ilfuré ; îl s'en dégage d'autant plus que la température est plus élevée j ce qui semble annoncer que ce gaz est du à un comment cernent de décomposition.

L'eau chargée d'une petite quantité de potasse caustique, par exemple , de 4 centièmes , dissout bien mieux les cheveux que l'eau pure. Lorsqu'on traite ainsi les cheveux noirs et les cheveux rouges, il se dégage^ pendant la dissolution , de l'hydro-sulfure d'ammoniaque , qui provient ^ans doute de ce qu'une petite portion de la matière se décompose, et l'on obtient ^ savoir : avec les cheveux noirs, un résidu noir formé d'huile épaisse , de fer et de soufre i et avec les cheveux rouges , tin résidu composé d'huile jaune , de soufre et d'un atome de fer.

]Les acides agissent diversement sur les cheveux. L'acide

€Sù VKS XATikaZS HOLLCS ET SOLims.

5ulf«iriquo el l'acide hydro- clilorique, ëtendos d^eiitt, spi^ s'élre colorés en roee , les dÎMolvent* L'acide nitriqw ki jaunit d'abord ; il les dissout ensuite à Faide d'une dmot chaleur , en isole l'huile , et les décoispose complétemoit: de cette décotnposidon résultent de l'acide oxalique, dt l'acide sulfuriqueen raison du soufre que contienneoi les cheveux , de la matière amère, etc. (177a). Le preoùer e£GBt du chlore est de les blanchir ; bientôt après il les ramollit, et les réduit en pâte visqueuse et transparcsie comme de la térébendiîne.

L'alcool bouillant nous offire aussi des phénomeDes remarquables dans son action sur les cheveux pi en disfiovt les matières huileuses : celle qui est blanche se dépose, par le refraidissemeut de la dissolution , sous fofme k petites lames brillantes ; celle qui eêi noire ne s'en sépue que par l'évaporation ; il en est de mène à» celle qoi ot rouge. On remarque qu'en traitant ainsi les chereaxios* ges pendant long-temps ils deviennent bruns ou cbauiu foncés.

Enfin , mis en contact avec les cheveux ronges , cbâuist et blancs, les sels de mercure , de piomb, de bîsmnih, ou leurs osîdes , les font passerau noir ou àvt violetfoecé: alors il se forme sans doute un «ulfure métallique. Lon« qu'on veut faire usa^ des sels ^ il faut les étendre dW grande' quantité d'eav; lorsqu'on vent se servir des ond^ il faut les employer très^divisës et récemment précipité. J'ai vu quelquefois la recette suivante réussir asMsl^* L'on prend une partie de litharge réduite en poudre w^ fine , une demi-partie de chaux éusinte et une partie de craie; après avoir mêlé ces iras eubstancerlntimemoi^ on délaie le mélange dans l'eau , de manière à lui dooser la consisunce d'une bouillie épaisse; 00 applique une p^^tile couche de cette bouillie sur du papier , et l'on s'en sert pour mettre les cheveux en papillottes à la manière ordi-

BU<TI»U CiRttLiGtKiDfnC. 65 I

Mut) : au bout de quatre beores^ i'efiet est produh; on ààe les papillottes y et Foaenlèire le mélange avec au peigne et de Teaji*

196b. Ongles j cornes, épiderme, laine et poils en général. -^ Tomes ces sabtftatiees sont forraëes , sntranC M. Vauquelin , d ue grande quantité de mucus , semblable à cdmi xfû entve dans la composition des cheveux , et d^uué pelbe quantité d'iLUile à laquelle elles doivent leur souplesseet lenrâaflticité. {Annales de Chimie , tom. LVin, pag, 6a* )

ru cartilagineux.

198 j« Ce tisau» qui est solide^ l>laoc» deihi-trànsparent, laiteux comme Topale, facUe a couper, comprea^ aible , élastique » placé ordinakement aux exirémilés articulaires deBx>s , n'a été que peu examiné. Il est probable qu'il «st formé , o<»ime les tissus préoédens , d une ma* tière animale analogue au muous, dMn peu d'buile et de linéiques matières salines* Ce qui nous autorise à le croire, c^est q^e teUe est la'compoMtîon des os cartilagineux dû squaluf maximus , d'après M« Qievreul , et probablement de tous Jesos c«rûii^t<ei|X des poissons. (JBidletin de la Sixiépé phHofBOiique , x8xi , pag. 3ii8*)L'eanqn^ilo9ii.t tic|it a uoei^niAde ittAiwKiGè sur ses propriétés (i^T^)»

Du Tissu.os^eux^

t^î. 'Composition. *— Les os, séparés de leur cartilage,, de leur périoste , de la moelle qui existe au centre de ceux qui sont longs , de la matière mollasse et rougeâtre qu^on appelle diploê, et qu*on trouve entre les deux tables gui constituent les os plats | de toutes les parties , en lin mot, qui leur sont étrangères , doivent être considérés , en général , comHQbe un tissu cdlulaire fort épais dont les cavités contiennent beaucoup de sous -phosphate de chaux ,

€5% BBS MlTtBRBS MOLLES BT SOLimiS.

l>eaucoop moins de soua^arbonate calcaire , très-pen de phosphate de magnésie , quelques traces d^alundne ^itir lice , d'^oxide de fer et d'oxide de manganèse (a).

ig83. Historique. -<- La déoou?erte du phospliite de chaux dans les os date de 1771 \ elle est due à Sdiéek et à Gahn. Celle du phosphate de magnésie, de Nsmine , de la silice , de Toxidç de fer et de Vonde de manganèse , appartient k Foureroy et i. M. Yauqodin : ils la firent de 1800 à 1807. On ne sait pas prédséiiientâ quelle époque fut faite celle du carbonate calcaire : qontt i celle de la matière animale , elle remonte aux temps les plus reculés.

1984. Propriétés, '— Les os sont solides , blancs, issipides , inodores , d'une contexture lamelleuse , ductiles jusqu'à un certain point , plus durs et plus denses que toaies les autres parties de l'économie animale. Leur forme varie singulièrement, dét^rmkie celle du squelette, etpareonséquent de l'animal même.

Calcinés dans une cornue, ils se décomposent sâns se déformer, noircissent^ perdent &«pen*près les trois septîèmes de leur^^ids , deviennent casaans , et foumisseot tons les produits provenant de la distîllatioii des matières animales. Chaufies dans des vaisseaux ouverts , ils s'enflamment , noircissent d'abord comme dans ^des vases fermés , perdent un peu plus de leur poids que dans ces sortes de vases , et se transforment enfin en une substance bhoche et si friable , qu'il suffit de la presser entre les wns pour l'écraser. Cette substance était considérée par k^ anciens chimistes comme une terre particulière qu*ilssp-

{a) M. Morichîni et M* Berxelîas admettent aoaô on peu 6»iM»^ chaux dans les os : cependant Fourcroj et M.Vaaqaelin n'ont pu déooufnr la momd|re trace de ce sel dans ces organes \ ils ne l'ont trouvé d'une b>* nière sensible que dans les os fossiles , oà M. Moridbîni en a annoacé , k premier ; la présence.

nv Ttssu OSSEUX. 6St

pelftieut terre des os : elle est ëyidemment formée ^d'aprèi te que uotts «Tons dit prieédemment , de phosphates de chatix et de magpiësie , de carbonate de chaux , d almnmeV de silice , d'oxides de fer et de mangan^. Exposés à Fair « i la température ordinaire j ou enfouis dans la terre , les os 6nissent par se déliter , s*exfolier et tomber en poussière (a).

Lorsqu'on les traite par Teau bouillante ; sous la près* sion de 0*^,76 , on ne dissout qu'une portion de leur matière animale , à moins quHls ne soient ripes et que Tébulliiion ne soit soutenue pendant long-temps ; mais lorsque Texpérience se fait dans la marmite de Papin , cette matière se dissout complètement, et les os deviennent aussi friables que par la calcination ; ils sont même réduits en une sorte de bouillie. Mis en contact avec les acides éten* dus d'eau , surtout avec ceux qui dissolvent fiicilement le phosphate de chaux , le phosphate de magnésie , le car* bonate de chaux , les os se ramollissent et deviennent peu à peu, quelle que soit leur grosseur, demi-transpaiisns et aussi flexibles que le jonc ; ils ne sont plus alors corn* posés que de tissu cellulaire. Cest en les faisant digérer dans Tacide hjdro*chlorique faible , pendant sept à huit jours , renouvelant 1 4icide au besoin dans cet intervalle , les plongeant ensuite quelques instans dans Teau bouillante, puis les essuyant et les exposant à un courant d'eau froide et vive , que M« d' Arcet en extrait la matière animale pure, qu'il «convertit en colle à la manière ordinairei

1985. Proportion des principes constituans* •— Lapro^

(d)' On a trouTé » dans un tombeau de Téglise de Sainte-Genevîive » des os qui pouvaient ayoir sept cents ans , et qui étaient devenus acides et de couleur pourpre. L'acide qu^ils contenaient était Pacide phoapho^ riqoe ; il était nni au phosphate de chaux. (Fourcroj et M. Vauquelii» > 'AnH4ii€$ d€ Chimie, tom. uiTtP* >S0<}

porUoa des priftcipce cttHSlHuiiBs des os n^esi peint ptfen sëmettt la même dans les divers animattx ; elle est smtoA tràsHrariaUe daiM le même individu aax diverses époijoe de la vie : lorsqu'il est jeune 9 la substance cellulnreai ftéptmdéntnte y lorsqu'il est avancé en Age, c^est sa cmtraire le plKMpbate de chaux qui prédomine : aussi ks si commencent-ils par ressembler à une sorte de caidlsge, deviennenit-ils ensuite fermes , scJtides, etânissem-îli par £tre , pour ainsi dire , eassans.

On peut conclure des différente recbefchea de Foir* croy et M» Vauquelin , que les os de bcenf sont canpoiéi d'envinmSodelJSsucdlulaire) 37 de phospkale deebiaf 10 de carbonate de cfaeux 9. 1,3 de pboflpbate de msgMât, de traces d'alumine , de silice y d'oxide de fer 9 d'oxide di manganèse, et qu'il parait que teUe est aussi , à peade chose près , la composition des os de laplupart des antres animaux parvena» i Fàge adulte. {Aummles duihsém if Histoire naturelle , vit , 367 •)

C'est en calcinant un poids donné d'os bien dessécbéii juaqu'àce qu'ils deviennent blancs et qu'ils ne (ksKrt ]^us efierveseence avec les aeides , pnia les pescat 1^ ]sk caktnation j que l'on détermine la quantité de wiif^ animale qu'ib ceutienssent. La différence entre les te poids se compose , à la vérité, de celte matière <{se k feu détruit et de l'acide carbonique da caribonate de t^haïux.; anais , comme on parvient facilement à conisiQ* le poids de cet acide , il suffit de le retrancher de k ^ férence obtenue pour avoir celui de la matière vota» même*

Les os étant calcinés 9 sionlesmeten^ontaet^àlatcn' pérature ordinaire , avec le vinaigre disiUIé , on ae d^ composera et on ne dissoudra que le carbonate de clwiff 1 de sorte qu'en filtrant la dissolution , kvant le résidu , ^ versant du sous-carbonate de potasse dansles liqucanï*»^

mj TISSU ossfiut. 655

liies ) on reTormera et on précipitera tout le carbonate oal« faire , qui , sur loo , conttient 43,4 *■ d'acide. Dans le cas où le vinaigre aurait dissotts un peu de phosphate, il suffirait d'ajouter d'abord un peu d'ammoniaque à la dissolution pour séparer ce sel.

Pour obtenir le phosphate calcaire , il faudra dissoudre dans Tacide hydro-chlorique faible les os calcinés et d^ traites par Tacide acétique , filtrer la liqueur , et y verser de l'ammoniaque y qui précipitera ce sel , plus l'alumine, l'oxide de fer, l'oxide de manganèse , plus tout l'acide phosphorique du phosphate de magnésie et une partie de la base de ce sel à l'état de phosphate ammoniaco*magnésien. L'antre partie de magnésie restera dans la liqueur, d'oà elle sera séparée^ par la potasse , du muriale ammoniacomagnésien qui la contiendra. Les deux précipités ainsiobtenus étant lavés séparément et réunis ensuite au phosphate qui pourrait provenir de la dissolution acétique , seront séchés et calcinés , et la magnésie libre prendra sa place : l'ammoniaque du phosphate amoioniaco se volatilisera. Si donc alors l'on pèse la matière calcinée , et qu'on en défalque la quantité d'alumine, d'oxide de fer , d'oxide de manganèse , de phosphate de magnésie , on aura celle du phosphate calcaire.

Quant aux quantités d'oxide de fer , d'oxide de manga* nèse , d'alumine, de silice et de phoq>hate de magnésie , le meilleur moyen de les connaître est le suivant : c'est de prendre une nouvelle portion d'os calcinés , de les dissoudre dans l'acide hydrorchlorique , de verser dans la solution , d'abord de l'alcool , puis un mélange de a parties d'alcool à 3o^ et de i partie d'acide sulfurique , en se conformant k ce qui a été dit à ce sujet ( vol. m , p. i38) -, de ccue manière , on décompose eu une seule opération tout le phosphate de chaux , etc. , et de là résulte un clépot abondant qui , lavé avec de l'alcool à 0,9^)0 de den-

656 t>CS MATlfentS SOLLKS ET SOLIDC^;

nié , ne renferme plus que le sulfate calcaire proveunil des os. Dans les liqueurs se trouvent Facide phosphore quç^ Texcës diacide sulfurique , la silice , les suUktesde magnésie ^ d'ftlumine , de fer , de manganèse. Par Tammontaqne, on précipite la magnésie, Valamine, elles oxides de fer et de ùuinganèse; savoir : la magnésie à Fêtât de phosphate ammoniaco-magoésien ^ Talumine et \o oxides , libres de tonte combinaison. Lorsque leprécij^ié est lavé, on le traite par une solution de potasse caustique bouillante , qui s'empare de Tacide pbospborique et &•* f sont Falumine en tout ou partie \ après quoi , l'alcifi ayant été enlevé par des lavages , Topération s^achère, comme nous Texposerons avec détail (ai64). De la quaai fité de magnésie Ton conclut celle de phosphate de cette base* .

U n'y a donc plus que la silice à retfpnver. Eli4tt{i>pO' sant que Talcool n'en opère pas la précipitation , ce qui est probable , elle doit rester en dissolution dans la liqaesr ammoniacale , d'après Fourcroy et M. Vauquelin. Ces chimistes prescrivent de faire évaporer cette liqnear a siCtÀte <^' de jeter de l'eau sur le résidu : le tout se dis' sout, sauf une matièi^ noire qui, parla caidnatioa, devient blanche , et possède alors toutes les propriétés de la silice.

1986» Usages • -«^ Les os sont employés dans imasseï grand nombre de circonstances. On en extrait le pko^ phore , et on peut également en extraire l'acide phosphorique. C'est en les calcinant , les pulvérisant , les lavantet les moulant, qu'on prépare les coupelles. Calcinés et Inès broyés, on s'en sert auasi pour faire des trochisques.Om*

cassés ou divisés , ils forment un excellent engrais^) ^ toutefois ne devient fertile que la deuxième ou la troi' sième année. Us fournissent, lorsqu'on les fait tfy^^ vase clos , un noir qui est très-recherché parles raweui>

DU TISSU OSSEUX. jSS^

de sucre (a). En traitant les pieds de bœuf par Veau bouil^ lante , on en retire une huile recherchée pour le graissage des mécaniques et les fritures (i856). Dépouillés de leur partie terreuse par les acides , et réduits à leur tissu cellulairil ils peuvent entrer dans la composition du bouillon et des tablettes de bouillon, et Ton peut les employer pour faire de la colle , propre non-seulement aux usager de la colle ordinaire , mais encore à ceux de Ja colle de poisson ) par conséquent à la préparation des gelées » des crèmes, des blancs-mangers , au collage des vins , de la bière , etc. L'huile animale de Dippel , que Ton ordonnait autrefois en médecine , n'est autre chose que de Thuile qui provient des os de cornes de cerf, décomposés par le feu. Elnfin i c'est en distillant les os mêlés à toutes sortes

(a) n est prouvé aajourd^hiii : i^. que la propriété décolorante qtm possèdent les os calcinés est inhérente au carbone ; a<^* qu^eile est d'antant plus grande que le charbon est plus divisé et ofif e plus de sur£ice ; 3^. que comme par Paction de la meule on ne saurait diviser intimement le charbon^ il est impossible par cela même que le charbon provenant de la caldnation d'une substance végétale ou animale pure acquiert par la trituration les propriétés décolorantes à un haut degré ; 4°* <|u^i^ len acquiert très-facilement au contraire en mettant toute substance végétale ou animale avec des matières salines qui isolent en quelque sorte les molécules , et empêchent ensuite les particules charbonneuses de se réunir ; 5*. que» parmi toutes les matières qu^on peut employer k cet effist , la potasse est une de celles dont l'action est la plus grande , et que c'est ainsi qu'agissent eux-mêmes les sels calcaires qui font pai-tie des os ; 6^. que la force décolorante des différens charbons , établie pour une substance , suit généralement le même ordre ponr les autres | mais que la difiérence qui existe /entre eux diminue à mesure que les liquides sur lesquels on les essaie sont plus difficiles k décolorer; 7**. que le charbon agit sur les matières colorantes en se combinant avec elles sans les décomposer , comme ferait l'alumine , et que l'on peut , dans quelques circonstances , faire reparaître la couleur et l'absorber alternativement. ( f^of raies Mémoires publiés par ' MM. Bussy et Payen , Mémoires qui ont obtenu , savoir : celui de M. Bussy, le premier prix , et celui de M. Payen , le deuxième prix sur la question mise au concours à ce sujet par la Société de Pharmacie. (Tourna/c/e Pharmacie f t. yiii , p. 25; et 278.)

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