‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 107 sur 182 · DES BULBES · texte numérisé non relu

DES BULBES

frétés de pommes de terre qui lui avaient été remises parla Société d'Agriculture de Paris, dans rintention de connaître principalement les quantités relatives d’amidon, de parenchyme , et de matière extractive ou de matière soluble dans l’eau que chacune d’elles pouvait contenir.

Il résulte de ses expériences :

Que les pommes de terre ne contiennent qu’un centième à un centième et demi de parenchyme pur , et que deux à trois centièmes de matière extractive.

Que les plus amilacées renferment vingt-huit pour cent de fécule, et que celles qui le sont le moins en renferment près de la cinquième partie de leur poids.

Enfin que, sur 5oo parties,, elles perdent lorsqu’on les dessèche; savoir : les plus aqueuses, 388; et les moins aqueuses , 335 (a).

C’est en rapant les pommes de terre, et lavant la pulpe sur un tamis fin, que l’on peut estimer facilement les quantités d’amidon, de matière extractive et de parenchyme que ces tubercules contiennent. L’eau entraîne l’amidon , qui ne tarde point à se déposer; elle dissout la matière extractive, dont on la sépare par l’évaporation. Quant au parenchyme, il reste sur le tamis; une petite partie seulement passe à travers; on l’enlève par un nouveau lavage. A la vérité, le parenchyme, dans cet état, contient une très-grande quantité d’amidon; et c’est pour cela qu’il est tout aussi propre que la pomme de terre à être mêlé avec la farine pour faire du pain ; mais il suffit de Ve traiter par l’eau bouillante pour transformer la fécule en gelée et la tenir en suspension dans l’eau.

( a ) Ces résultats sont sans doute fort interessans ; mais il nous semble qu’ils le deviendraient bien pins encore, et rffi’on en tirerait des conséquences plus immédiatement tuiles, si l’on cultivait comparativement tonies les variétés de pommes de terre dans chacun des terrains qui sont essentiellcuteut différons les uns des autres, et si on les soumettait ensuite à l’analyse,

Nous ne suivrons pas M. Vauquelin dans l’analyse qu’il a faîte de la matière extractive ou de la matière soluble dans l’eau; nous rapporterons seulement, d’après lui , que le suc ou plutôt le lavage des pommes de terre écrasées contient un assez grand nombre de substances ; «avoir :

i°. De l’albumine colorée, qui fait environ les 7 millièmes de la pomme de terre;

5°. Du citrate de chaux dans la proportion d’environ i! 2 millièmes;

3°. De l’asparagine, dont la quantité n’a pas été exactement déterminée à cause de sa solubilité : elle fait environ le millième de la pomme de terre;

4". Une résine amère , aromatique et cristalline, en trèspetite quantité;

5°. Du phosphate de potasse et du phosphate de chaux ;

6°. Du citrate de potasse et de l’acide citrique libre ;

70. Une matière azotée qui peut faire les 4 ou 5 millièmes de la pomme de terre. Cette matière possède des propriétés assez remar quables : sa saveur est analogue à celle des champignons comestibles; elle est insoluble dans l’alcool dépblegmé; elle n’est coagulée ni par les acides, ni par le chlore , ni par la noix de galle. On ne peut la confondre avec l’albumine altérée par une longue ébullition. M. Vauquelin se propose de revenir sur cette matière et de la désigner par un nom particulier. ( Journal de Physique pour ie mois d’août 1817.)

Des Fucus.

Les fucus , plantes qui végètent dans la ruer, ont été examinés par plusieurs chimistes , surtout depuis qu’on sait qu’ils contiennent de l’iode. Les recherches les plus étendues à cet égard ont fait le sujet d’une thèse soutenue en 1810 par M. Gauthier de Claubry. lia analysé six espèces de fucus ; savoir : le fucus saccharinus ,, 1 e fucus digi tenus ,

DES LIC IIE K S.

le fucus vesiculosus , le fucus serratus le fucus s il i quos us 5 ] ejucus filum ; toutes lui ont fourni, i°. de la marmite, qui y avait déjà été observée par M. Yauquelin-, 20. plus ou moins de mucilage, d’albumine et de matière colorante verte • 3°. un grand nombre de sels , parmi lesquels il faut distinguer l’hydriodate de potasse, et le carbonate de soude. De quelques espèces, il a encore retiré d’autres matières. (Yoy. Ann. de Chim t. xcm, p. y 5., n3.)

Des Lichens .

1728. Les lichens sont si difîérens des autres plantes , que nous devons les considérer en particulier. Jusqu’à présent , ils n’ont encore été l’objet que d’un petit nombre de recherches chimiques. Georgi, Amoreux, Proust, Wes* tring et Berzelius, sont presque les seuls chimistes qui s’en soient occupés.

La plupart des lichens contiennent une grande quantité d’une matière capable de former gelée , et analogue à la gomme selon les uns , et à la gélatine selon les autres. On en retire au moins 0.5 pour 100 des lichen islandicus , farinaceus , glaucus , phy sodés > hirius , pulmonarius ; le lichen prunastri en contient tant, que ses branches deviennent transparentes comme une membrane lorsqu’on les met en macération dans l’eau. Il paraît que tous les lichens à larges feuilles en contiennent aussi beaucoup.

On rencontre assez souvent encore de la résine et une matière colorante dans les lichens.

Enfin , tous renferment une certaine quantité de fibr* et de matière terreuse.

Suivant M. Berzelius , le lichen d’Islande est composé cle : siiop mêlé d’un peu d’extractif et de sel végétal, i,5 ; principe amer, 0,1 ; extractif soluble dans l’eau , mêlé de sels à base de chaux, o,58 5 extractif soluble dans le carbonate de potasse, 2,825 substance coagulable de la na~

DES CHAMPIGNONS. 46g

turede la gélatine, 20,23 ; gomme formée par l’ébullition, 0,49; squelette insoluble , 14,00.

Les Islandais font leurprincipale nourriture de ce lichen* ils le trient , le lavent, le font sécher et moudre ; après quoi ils en délaient la farine dans de l’eau, la laissent en contact avec celle-ci pendant vingt-quatre heures, la font bouillir ensuite avec du lait ou du petit-lait , et obtiennent airusi une bouillir qu’ils mangent froide. Deux parties de farine de lichen sont aussi nourrissantes qu’une partie de farine de froment.

M. Westring est parvenu , au moyen des alcalis, à séparer l’amer de ce lichen, et par conséquent à rendre cet aliment meilleur et d’un usage plus général. M. Berzelius , qui a répété ses expériences , assure qu’il suffit pour cela de verser, sur 5oo grammes de lichen divisé, 8 kilogrammes d’eau et 4 kilogr. de lessive contenant environ 82 grammes de sels ; d’abandonner ce mélange à lui-même’ pendant vingt-quatre heures , en ayant soin de le remuer de temps en temps , de décanter ensuite la liqueur, puis d’exprimer le lichen avec les mains , de le rincer deux ou trois fois , de le mettre en contact avec de l’eau pendant vingt-quatre heures comme avec la lessive , et de le sécher. (Voyez Ann . de Chimie , tom. xc , p. 3 16. )

Traités par divers corps , mais surtout par la chaux , î’hydro-chîorate d’ammoniaque et l’eau, les lichens prennent un grand nombre de teintes ; quelques-unes de ces couleurs sont employées : telle est celle du Lichen roccella , qui est violette.

Des Champignons.

172g. Ce n’est que depuis quelques années qu’on a tenté de les soumettre à l’analyse. Les premiers essais en ce genre sont dus à M. Bouillon-Lagrange ; ils ont été faits sur le bolet us lafix , sur le bolctus igniarius , avec

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